The Secret's In The Telling - Chapitre 38 : Motives

By Sakuri


Ron n'était pas le plus rapide des penseurs, mais quand une suspicion particulière lui venait à l'esprit... et à plusieurs reprises alors qu'il s'y attendait le moins... cela entraînait des manifestations des plus intéressantes qui surgissaient dans la vie... même s'il ne pouvait plus ignorer les pensées importunes.

A l'heure actuelle, il était assis avec Harry et Hermione à la table du petit-déjeuner de Gryffondor. Alors que le reste de ses camarades dégageaient un sentiment de soulagement de voir leur Trio se reparler, Harry était plus tendu que jamais. Encore une fois, il était inquiet à propos de Remus qui avait été appelé dans la nuit et n'était pas encore revenu. Le garçon regardait sombrement sa nourriture, prenant un morceau de pain sec et le trempant dans son bol de corn-flakes.

Du coin de l'œil, Ron vit le gênant Serpentard entrer. Il fronça les sourcils, incapable de se débarrasser du ressentiment automatique qui l'emplissait, mais son attention resta sur Harry. Les yeux verts clignèrent et se levèrent lentement pour se poser sur le blond qui traversait la salle.

Le Soupçon pilonna l'esprit de Ron, mais il le repoussa violemment sur le côté, secouant la tête.

Autour d'eux, une douzaine de conversations qui devraient normalement être considérées comme fascinante avaient lieu. Hermione et Ginny parlaient des réunions de l'AD... qui en ressortaient qu'elles avaient trouvées une amélioration qui était au-dessus de l'apprentissage de Snape en tant que professeur de DCFM. Katie parlait à qui voulait l'entendre à propos des matchs de Quidditch qui étaient prévus pour le restant de l'année et de la stratégie qu'ils adopteraient ainsi que les plans qu'elle avait pour intégrer les compétences d'Attrapeur d'Harry. En face d'eux, Seamus menait une conversation sur le sujet généralement passionnant des filles. Sous la table, il faisait passer un magazine contenant certains genres de photo...

Et tout au long de cela, l'attention d'Harry ne dévia jamais du fichu Serpentard. Ron tremblait de frustration pure.

La Suspicion grimpa en lui et il se trouva à se tourner vers Hermione avec une douce expression de panique.

Elle s'y attendait, semblait-il. Calmement, interrompant momentanément sa conversation avec Ginny, elle le regarda avec curiosité. « - Ron, tu as terminé ton devoir du professeur Snape, n'est-ce pas ? C'est à rendre aujourd'hui, tu sais. »

Ses yeux s'écarquillèrent. Devoir... ? Quel devoir ? Pourquoi lui disait-elle que maintenant ?

Il se rappelait vaguement un long titre qui n'avait absolument ni queue ni tête pour lui et qu'ils devaient écrire un rouleau de parchemin entier sur le sujet. Merde ! Snape lui donnerait une retenue pendant un mois s'il n'avait pas quelque chose à rendre pour ne pas mentionner le nombre de point qu'il perdrait... !

« - Je dois y aller. »

Hermione regardait avec un sentiment de satisfaction le roux se précipiter hors de la Grande Salle, sans doute pour une tentative de dernière chance pour faire ce devoir. Elle avait vu le froncement de sourcil qui était lentement apparu sur son visage et savait ce que cela signifiait.

Se penchant vers Harry, elle lui donna un coup dans les côtes, le faisant sursauter. « - Cesse d'être si flagrant ! » Lui siffla-t-elle et s'était détourné de lui alors qu'il réalisait avec incrédulité ce qu'il faisait.


La journée continua et à la fin de celle-ci, Harry se sentait épuisé. Pas à cause du travail en classe... où il avait fait la sourde oreille la plupart du temps... mais à cause de l'inquiétude. Remus avait dit qu'il ne serait probablement pas de retour de toute la nuit et certainement jusqu'à tard dans la journée. Il n'arrivait toujours pas à croire que ça arrivait encore...

Ça avait été un grand moment que lui et Ron avait passé la veille au soir. Il se doutait qu'il aurait complètement perdu son sang-froid si l'autre garçon avait continué à bouder plus longtemps alors qu'il n'avait pas été d'humeur à supporter. À la place, Ron et Hermione lui avaient offert ce confort inutile autant qu'ils pouvaient.

Mais, tout comme il l'avait soupçonné la dernière fois, leur présence n'avait fait qu'empirer les choses. Ils aimaient beaucoup le loup-garou adulte, mais ne seraient pas dévasté de la même manière qu'Harry s'il ne revenait pas. Ils ne savaient pas quoi dire, de peur d'agir trop normalement ou trop joyeusement au cas où il le prendrait pour de l'insensibilité.

Ce qui l'avait conduit ici.

« - Bonjour Lilith. »

Le portrait s'illumina immédiatement, lui offrant un sourire qui montrait beaucoup trop les dents. Harry cacha une grimace. Ce n'était pas quelque qu'il avait aisément admit, mais il soupçonnait que, s'il avait connu la sorcière dans la vraie vie, elle l'aurait vraiment effrayé.

« - Tu m'as laissé tomber la nuit dernière. » Déclara-t-elle avec une moue de mécontentement. Elle avait pris l'habitude de sa présence, tout au moins pendant une minute ou deux durant chaque fin de soirée.

« - Euh, ouais... j'avais quelque chose à régler. »

Elle le regarda des pieds à la tête d'un regard expectatif, le mettant mal à l'aise.

« - Alors... tu peux me laisser entrer ? » Demanda-t-il finalement.

Elle soupira et se balança en avant, ne prenant même pas la peine de mentionner l'existence d'un mot de passe. C'était seulement à Draco qu'elle le demandait, le changeant occasionnellement à son insu juste pour s'amuser.

Harry passa devant elle, frappant par politesse contre l'encadrement pour alerter le Serpentard de sa présence. « - Draco ? »

Le blond était assis sur le canapé, la table basse avancée vers lui et recouverte de parchemins, une plume à la main et rédigeant un quelconque devoir. Il leva les yeux à l'interruption, les prunelles grises clignèrent à plusieurs reprises avant de se concentrer correctement sur le brun.

Il se redressa et s'étira, regardant Harry. « - Alors, le retour du Trio d'Or à son ancienne gloire ? »

Le Gryffondor haussa un sourcil et alla prendre un siège, posant un pied sur le bord de la table, exprès pour embêter le blond. « - Tu n'as pas à sonner si malheureux. »

Le fusillant du regard, Draco lui donna un coup de coude pour qu'il retire le pied fautif. « - Eh bien, je ne suis guère enthousiaste. » Dit-il sèchement. « - Dieu, tu es un idiot Potter... »

« - Qu'est-il arrivé à Harry ? »

« - Je suis vachement en colère contre toi ! Ça sera 'Potter' jusqu'à nouvel ordre ! »

Le Gryffondor leva les yeux et se prépara à la diatribe inévitable.

Effectivement, le Serpentard abandonna sa plume et se tourna vers lui, les bras croisés. « - Je ne peux pas croire que tout ce que Weasley a à faire est de marmonner des excuses et tu fais comme si rien n'était arrivé. Merlin, s'il était à Serpentard... » Avec une satisfaction malveillante, Draco pensa exactement comment le roux aurait été éduqué pour respecter ses supérieurs. « - As-tu oublié comment il a agi la semaine dernière ? »

Harry le regarda ostensiblement. « - Oui, effectivement, j'ai oublié. De la même façon que j'ai oublié tout ce que tu m'as fait durant ces cinq dernières années. » Il sourit avec une ironie désabusée. « - C'est un de mes talents. »

Le blond s'arrêta au milieu d'une phrase, l'air contrarié. Il plissa les yeux. « - Y a-t-il quelque chose que tu voulais ? »

Harry pensa brièvement à ce qu'il avait dit à propos que c'était ce traitement dans lequel il trouvait du réconfort dans les moments de stress. Il n'avait jamais pensé qu'il vivrait assez longtemps pour voir le jour où se disputer avec Draco était tellement thérapeutique et... bienvenu.

« - Depuis quand ai-je une raison d'être ici ? »

Le blond eut l'air impressionné. « - Une fois tu l'as fait. » Souligna-t-il sèchement, se rendant compte qu'il n'y a pas si longtemps que ça, ils auraient évité la compagnie de l'autre à tout prix.

Harry sourit et tout d'un coup, fut beaucoup plus proche. Draco se concentra sur son expression neutre, essayant de ne pas sourire en coin. Oh, c'était amusant. Potter tentant maladroitement de l'embrasser, encore maladroit dans les premières étapes de... tout ça. Il n'était pas prêt à dire 'relation' encore. Il suffisait qu'il ajoute un 'encore' à la fin de toute pensée sur ça...

Calmement, il haussa un sourcil, reculant la tête d'un air taquin. « - D'ailleurs, n'es-tu pas censé être en train de déprimer à propos de Lupin en ce moment ? » Il semblait insensible, mais il savait que le Gryffondor comprendrait sa version codée de 'est-ce que ça va ?'. « - C'est vraiment impitoyable de ta part, Harry. »

Les yeux verts s'assombrirent un moment puis retrouvèrent leur étincelle. « - Ouais, eh bien, tu es une bonne distraction... » Et ça, Draco savait que c'était une version tout aussi codé de 'je ne veux pas en parler'.

Eh bien, il pouvait le faire. Parler n'était guère une priorité...

Agissant avec beaucoup plus de confiance que le Gryffondor, sans passer par les hormones adolescentes qui le rendaient nerveux ou trop impatient et reposant sur ses instincts clairs de loup, Draco se pencha en avant et embrassa l'autre garçon sur la bouche, plaçant une main derrière son cou, ses doigts s'emmêlant dans les mèches noires.

Il se recula après quelques instants, observant avec satisfaction l'expression stupéfaite qu'il avait causé. « - Encore distrait ? »

Les yeux écarquillés, avec un sourire vaguement surpris, Harry hocha la tête. « -... j'y arrive. » Admit-il. Puis, comme s'il réalisait ce qu'ils faisaient, il baissa les yeux alors que ses joues rougissaient. « - C'est... vraiment bizarre. »

Le Serpentard leva les yeux. « - Eh bien, euh... » Murmura-t-il. « - A quoi t'attendais-tu ? Que nous allions glisser vers quelque chose de plus simple ? » Il cacha son propre malaise en injectant une dose de sarcasme, peut-être plus que nécessaire.

« - Non, je ne m'attendais pas à ça... » Il continua à regarder vers le bas, regardant les longs doigts de Draco tripotaient distraitement sa cravate Gryffondor. Ironique, pensa-t-il, que c'était maintenant le blond qui semblait plus à l'aise avec cela, même si Draco avait combattu beaucoup plus difficilement contre ça.

Pendant ce temps, le blond le regarda fixement en fronçant les sourcils. En voyant la lueur d'hésitation d'Harry, il sentit son estomac se glacer. Pouvait-il faire cela ? Cela valait-il même le risque d'essayer... ? S'il se laissait s'habituer à cela... à l'idée que peut-être, peut-être qu'ils pouvaient le faire et que ça pourrait marcher... et puis que quelque chose se passait mal...

Que faire si les gens le découvraient ? L'un d'eux serait-il prêt à souffrir de la publicité inévitable et la controverse qui suivrait ? Pourrait-il supporter de lâcher une autre bombe à sa mère, qui avait déjà eu la gentillesse de lui pardonner la honte d'être un loup-garou... ?

Que faire si Potter n'était pas aussi sérieux qu'il le prétendait ? Certes, il ne pouvait pas l'être. Tout comme Draco, il n'avait jamais fait ça avant. Il ne savait pas ce qu'était la cause. Il ne savait pas ce que ça voulait dire. Pour lui, c'était une expérience. Peut-être était-il gay, peut-être ne l'était-il pas... c'était un moyen commode de le découvrir.

Et même s'il avait l'intention, dans sa noblesse Gryffondor, de continuer cela par curiosité ou quelque chose de plus, il n'avait aucune idée de l'ampleur des attentes de Draco. Et Draco ne pouvait pas l'aider. Il n'avait pas d'autre choix que de considérer à continuer sérieusement dans cette voix que ce qu'il le pensait.

C'était stupide ce qu'il faisait. Et essayant de satisfaire le désir en lui, mais seulement en réussissant à ce que... cette demi-expérience ne pourrait jamais durer. Il ne se leurrait pas en pensant que ça pourrait durer. C'était Harry Potter, destiné à la gloire dans le monde de la Lumière, le héros et martyr sorcier de leur temps, qui épouserait sans doute une jolie fille respectable et procréerait trois ou quatre marmots. Cet avenir teinté de rose n'était certainement pas sous la forme d'un mage noir, homme et loup-garou.

Secouant la tête, Draco commença à se dégager de l'autre garçon, ayant tout à coup envie de distance.

« - Non. » Dit automatiquement Harry et le blond se figea malgré lui.

Et cela n'était-il pas un autre signe qu'il avait raison ? Les contraintes. Elles étaient toujours là même si Draco avait cédé à ce que le loup voulait, cédé et avoué que, oui, il voulait vraiment son compagnon.

Le Gryffondor soupira. « - ... Désolé. » Murmura-t-il quand il réalisa ce qu'il avait fait. « - Je suis en train... »

« - Je sais. » Répondit tranquillement le blond mais n'était pas du tout sûr s'il le croyait ou pas.

Pourtant, aujourd'hui n'était pas le moment pour une autre dispute. Chaque fois qu'il regardait l'autre garçon, il pouvait voir l'ombre d'inquiétude et de stress dans les yeux verts et Draco savait qu'il ne pouvait pas en ajouter plus, peu importe comment il se sentait frustré. Il pouvait être désintéressé. Parfois.

Mettant de côté ses propres sentiments, il afficha un sourire narquois. « - Ouais, eh bien, l'entrainement permet de s'améliorer. » Commenta-t-il. « - Continue d'essayer, Potter. »

Finalement, Harry leva les yeux, amusé, juste à temps pour se retrouver embarqué par une autre brassée de distraction du blond.


Il passa le reste de la journée et jusqu'à tard le soir dans la chambre du Serpentard. Finalement, Draco avait eu le temps de finir ses devoirs qu'il était en train de faire et Harry l'avait regardé faire en silence.

Ils s'étaient embrassés et également légèrement peloté durant une bonne heure et à sa légère mortification, Harry pouvait voir la preuve sur la forme d'un suçon sur la gorge pâle du Serpentard. Il avait rougi en le voyant mais n'avait pas pu s'empêcher de sourire.

Mais alors qu'il aurait pu être contenu avec ce vague élan de bonheur, rien de cela avait calmé ses pensées. Alors que les heures passaient, son esprit devenaient de plus en plus troublé.

Au début, il avait uniquement pensé à Remus, se demandant frénétiquement si l'homme allait bien, s'il reviendrait ou non et quelle horreur allait-il ramener avec lui s'il le faisait.

Puis, alors qu'il continuait à observer son camarade Serpentard, ses pensées avaient fusionnées pour créer de nouvelles inquiétudes.

Remus avait toujours dit que les loups-garous s'accouplaient pour la vie. Et à partir de ce qu'Harry avait recueilli, il n'y avait qu'une seule personne au monde qui pouvait occuper le rôle de 'compagne'. Il n'y avait pas le choix sur cette personne et rien ne garantissait qu'un loup trouve cette personne. Mais quand et s'il le faisait, avait dit Remus, il n'y avait personne d'autre qui faisait l'affaire.

Alors, que diable faisait Draco avec lui alors qu'il devait savoir qu'il avait une réelle compagne quelque part... ?

Harry ne se sentait pas la force de supposer les raisons de Draco cependant, alors il poussa ces pensées hors de sa tête.

Aux alentours du couvre-feu, il remarqua que le Serpentard commençait à somnoler et secoua la tête avec exaspération. Merlin, mais Draco était fatigué ridiculement tôt. Il devait vraiment commencer à le taquiner à ce sujet...

Et donc, il ne fallut pas longtemps avant qu'il se retrouve à regarder dans le vide, Draco s'effondrant à ses côtés, la tête appuyée contre son épaule. Même Vanima était recroquevillée près de la cheminée, profondément endormie et n'étant d'aucun divertissement pour lui.

Il s'étira, essayant de faciliter son dos, sans perturber le blond qui dormait. Presque immédiatement, il sentit quelque chose s'enfoncer dans ses côtes et poussa un soupir de frustration. Agacé, il tordit un bras derrière lui et tâtonna jusqu'à ce qu'il trouve l'objet en cause. Le saisissant, il le sortit et se retrouva avec un gros livre là où il avait été oublié sous les coussins du canapé.

Intrigué, il le regarda avec curiosité. Pourquoi Draco l'avait-il laissé ici plutôt que sur l'étagère dans sa chambre... ?

Le posant sur l'accoudoir du canapé, il examina la couverture. C'était un livre sur les loups-garous, se rendit-il compte rapidement. Cela avait du sens. Remus lui avait probablement donné afin qu'il puisse étudier la malédiction et apprendre ce qui l'attendait.

Il l'ouvrit et fit courir ses doigts sur les pages, retraçant les mots de l'introduction. Lassé, il se dit qu'il n'avait rien de mieux à faire que de lire ça, compte tenu que Draco était parti dans les bras de Morphée tandis que lui restait éveillé.

Le feuilletant, il remarqua que beaucoup de page avaient été marquées. Il alla sur l'une d'elle au hasard, examina le titre du chapitre et haussant un sourcil avant de commencer à lire.

Chapitre dix-huit : Compagne d'un loup-garou…

À suivre…