Bonjour !
Voilà le second chapitre promis.
Un grand merci à Chocolate Kangoo (x2), Incarndu91, Skylia, Minea Line, Hikaru. Valentine, Kimo gaig et Jylle pour leur review !
Encore merci pour les mises en alert et favoris ^^
Chocolate Kangoo : Ouaip, j'étais très à l'heure xD
Oui, les ailes doivent être super douces 0.0, Vincent est un héro et Stefen est un psychopathe !
Amour, cookies et chatons !
[Courage ! xD]
Kimo gaig : voilà la suite, en espérant qu'elle te plaise ! Bisous !
Skylia : Haha, je sais que la fin était prématurée, mais je ne me voyais pas rajouter 2000 mots de conversation avec Rufus xD
Ah ça, pour être crispé il l'était !
C'est vrai que les histoires d'amour restent encore au second plan pour le moment. Je trouve ça difficile de les faire passer en premier lieu car il faut une raison bien définie pour caser les différents personnages ^^
Moi aussi j'en veux bien un ! :3
Je corrige ça dès que j'ai le temps ) n'hésite pas à les signaler, il est fort possible qu'il en reste malgré la relecture de ma béta chérie.
Tu as commencé les Fleurs du Mal alors ? J'adore Baudelaire (Baudi-chouchou 0.0), après la poésie en général je ne sais pas, pas beaucoup plus que ça en tout cas xD Après j'ai pris ce vers parce que j'avais aucune idée de titre. J'aime beaucoup le poème Lesbos, même s'il y a ici aucun lien entre le chapitre et le poème ^^
En parlant de fin frustrante… rendez-vous en bas :P Merci encore et gros bisouille :3
Chapitre 33
Chaos
Le lendemain, après une nuit de sommeil que je n'espérais pas vu mon état de stress, je retrouvai Vincent attablé devant une tasse de café.
- Tu es toute pâle, ça ne va pas ? s'enquit-il.
- Un peu de stress, je dirais… marmonnai-je.
Il soupira.
- C'est normal
Je finis par m'asseoir au bar, le ventre trop noué pour avaler quoique ce soit. Ma dragonne essayait de me remonter le moral, sans beaucoup d'efficacité. Le vampire ne me força pas à manger quoique ce soit et je lui en fus reconnaissante. Assise au bar, les yeux dans le vide, je regardais le temps passer. Il ne fut rythmé que par le lever des différents membres de la maison. Ils me laissèrent tranquille, comprenant que j'avais besoin de solitude. Ce ne fut que vers huit heures que Vincent vint me faire signe que l'on devait y aller. Je me levai avec délicatesse, les yeux baissés.
- Détend-toi Alix, tout va bien se passer, commença Barret. Vincent est là, Rufus ne pourra rien te faire.
Je hochai la tête avant de suivre le brun dehors. Le vent froid me fouetta le visage, faisant voleter mes cheveux autour de ma tête. Si ça faisait classe sur Vincent, Cloud ou Tifa, moi ça m'empêchait juste de regarder où je mettais les pieds.
- On en a pour un petit moment à pied pour arriver à la tour SHINRA.
- On est attendu à quelle heure ? murmurai-je.
Il commença à avancer à un bon rythme alors que je lui emboitai le pas.
- À aucune. On est attendu, c'est déjà ça. Rufus nous recevra de toute façon.
J'étais un peu étonnée, mais je ne dis rien. Entre ce que je trouvais normal et ce que eux trouvaient normal, il y avait un monde. Littéralement. Nous progressâmes à bonne vitesse. Perdue dans mes pensées et obnubilée par mon stress, j'arrivai à suivre mécaniquement le vampire. Mes pieds semblaient fonctionner tout seul, ce qui n'était pas rassurant. Je ne repris réellement conscience que devant l'immeuble qu'occupait l'entreprise. Immense, il dominait nettement la ville et ses alentours et il était clairement neuf.
- Il a été détruit pendant que nous chassions Sephiroth. Rufus l'a reconstruit presque à l'identique.
Intimidée, je suivis le vampire alors qu'il grimpait vivement la volée de marche menant à l'imposante porte vitrée du hall de la SHINRA Enterprise. Les gardes au visage sec qui gardaient les portes nous laissèrent passer sans questions. Soit nous étions réellement attendus, soit Vincent avait un laissez-passer permanent. L'intérieur était à l'image de l'extérieur : riche, immense, froid. La moquette, épaisse et bleue, étouffait les bruits de pas des nombreux employés qui arpentaient l'entrée de l'édifice. Un comptoir d'accueil occupait la majorité du côté gauche de la pièce et il y travaillait un nombre impressionnant d'hôtesses, hommes et femmes, qui répondaient au téléphone ou tapaient à l'ordinateur. Du milieu de la pièce partait un imposant escalier à double révolution menant à l'étage supérieur. À sa gauche, deux ascenseurs étaient visibles, et leurs portes s'ouvraient et se refermaient à un rythme soutenu.
- C'est… démesurément grand, commentai-je.
Vincent hocha simplement la tête, avant de se diriger vers les ascenseurs. Je lui emboîtai de nouveau le pas, jetant des regards furtifs autour de moi. Les gens nous dévisageaient avec plus ou moins d'importance, mais n'essayèrent pas de nous arrêter.
- Mais qu'est-ce que la serveuse du Seventh Heaven fait ici, et avec Valentine en plus ? entendis-je à un moment.
C'est vrai qu'il y avait de quoi se poser des questions. Le vampire m'entraîna vers un troisième ascenseur, qui jusque là était caché à mes yeux par une imposante plante verte.
- Même les plantes c'est du n'importe quoi ici, marmonnai-je.
Nous grimpâmes dans l'ascenseur, qui se referma dans un petit « cling » derrière nous.
- Celui-là va nous mener au quarantième étage. De là, nous prendrons un deuxième ascenseur qui lui nous conduira au niveau du bureau de Rufus.
Je n'étais pas franchement rassurée, autant par la proximité de l'entrevue que par le fait d'être enfermée dans une boîte aussi petite. La claustrophobie de ma dragonne se propageait avec une facilité déconcertante jusqu'à moi.
- Il n'y avait pas plus rapide ? grognai-je alors que l'engin prenait doucement son essor.
- Il y a, mais l'ascenseur était occupé. Et celui-ci devrait te plaire.
Je ne compris l'exacte étendue de ses propos que lorsque que nous débouchâmes brusquement à l'extérieur. Je ne m'en étais pas rendu compte, mais les parois étaient faites de verre et offraient un magnifique aperçu sur la ville alors que nous montions doucement. Je me jetai presque sur la surface transparente, les yeux écarquillés, époustouflée par ce que je voyais.
- C'est… Merci ! dis-je à Vincent et me retournant vivement vers lui.
Il cligna des yeux, apparemment un peu surpris. Je me replongeai dans la contemplation du paysage. C'était grandiose car je n'avais jamais vu la ville sous cet angle. Les immeubles, certes très gris, réfléchissaient la lumière du Soleil. La scène devait être époustouflante au coucher de l'astre ou de nuit, quand les lumières illuminaient la ville. Du coup, la montée me parut bien rapide et ce fut avec regret que je quittai la vitre. L'étage auquel nous étions tranchait clairement avec le hall. Du carrelage blanc avait remplacé la moquette et les gens semblaient travailler dans des boxes assez spacieux. L'endroit était lumineux, mais peu chaleureux.
- Que faites- vous là ? fit brusquement une voix à ma gauche.
Je me tournai immédiatement vers le nouveau venu. C'était un homme de forte stature, vêtu d'une tenue que j'identifiai comme étant celle du SOLDAT. Son sourire était avenant mais tout, depuis sa posture jusqu'à ses yeux, me laissa deviner qu'on n'était pas les bienvenus.
- Dranforse, le salua Vincent. Nous allons voir Rufus.
Il nous jeta un regard dédaigneux.
- Avec cette prolétaire ? Que lui veut Rufus ?
Bon, alors, la prolétaire c'était moi. Et Rufus voulait probablement me zigouiller. Ou m'enfermer dans un labo. Ou les deux à la fois.
- Rien qui ne vous concerne, lui répondit le vampire.
Il me toisa de haut en bas.
- Bien. Vous savez où se trouve l'ascenseur.
Et il fit demi-tour. Ce fut à ce moment-là que j'aperçus l'épée noire dans son dos. Je suivis Vincent avec inquiétude alors qu'on traversait tout l'étage. Toutes les personnes que nous croisâmes portaient l'uniforme du SOLDAT mais personne n'essaya de nous arrêter. Je me réfugiai presque dans l'ascenseur tant l'ambiance me mettait mal à l'aise.
- Qui était-ce ? demandai-je à Vincent aussitôt la porte de l'ascenseur close.
- Dranforse est l'actuel Général du SOLDAT.
- Je ne l'aime pas ! déclarai-je.
Je retins de justesse le « je préfère Sephiroth » qui me brûlait les lèvres.
- Pourquoi donc ? s'enquit-il.
- Il pue la suffisance.
Il hocha la tête.
- Je suis d'accord avec toi.
Je lui jetai un regard surpris.
- Il n'est pas très aimé du public, à cause du genre d'attitude qu'il a eu avec toi.
- Prolétaire, hein ? grognai-je.
Il soupira.
- Il ne respecte guère que Cloud et moi. Ne répond jamais à ses provocations, il est très fort malgré ce qu'on pourrait croire.
Je lui fis signe que j'avais compris. Lorsque l'ascenseur s'ouvrit de nouveau, je sentis clairement la boule du stress me nouer le ventre et la gorge. Allons bon, ce n'était pas le moment de flancher. Je ne fis pas gaffe à mon environnement alors que Vincent se dirigeait vers celle qui devait être la secrétaire personnelle de Rufus.
- Rufus nous attend, lui dit-il calmement.
- J'étais au courant pour la jeune femme rousse vous accompagnant, mais pas pour vous Monsieur Valentine. L'attendez-vous ici ou dois-je apporter un siège ?
- Je l'accompagne mais le siège ne sera pas nécessaire.
Je vis la femme appuyer sur un bouton, puis un grésillement emplis l'air.
- Monsieur, votre rendez-vous est là.
- Faites-la entrer Emilie.
La femme fit un signe de la main et Vincent se dirigea vers l'imposante porte qui donnait sûrement sur le bureau du président de la SHINRA. Il me poussa pour que je passe devant alors que je sentais son aura devenir plus forte. Brusquement, une vague d'image rapide me vint en tête, poussée par la dragonne. Du peu que je compris, elle m'ordonnait de relever la tête et d'être fière. Même si je ne compris pas à quoi cela allait bien pouvoir servir, je lui obéis sans discuter. Ce fut donc d'un pas que j'espérais assuré que je franchis le seuil du bureau. La pièce était immense, mais surtout très lumineuse ce qui me mit en confiance. Un immense bureau d'acajou se tenait au milieu, et derrière lui était assis un homme blond, vêtu d'un costume-cravate blanc-beige assez saisissant. Bel homme, même s'il faisait pâle figure à côté de Vincent, il commença par m'adresser un sourire suffisant avant de remarquer Vincent.
- Valentine ? Je ne vous attendais pas.
- J'accompagne la jeune femme, fit-il.
- Bien. Assied-toi, ordonna-t-il en se tournant vers moi.
Je pris mon temps pour obéir, mais je finis par m'assoir sur l'unique siège, confortable il va sans dire, de la pièce. Le vampire se calla derrière moi, les mains sur le dossier. Son aura dansait dans mon dos, mais ne me touchait pas.
- Comment t'appelles-tu ? commença Rufus.
- Alix Duberger, lui répondis-je simplement.
- Âge ?
- Dix-neuf, vingt dans pas longtemps.
- Profession ?
- Etudiante.
- Bien. Je pense, Alix, que tu sais pourquoi tu es ici, je me trompe ?
Une vague de chaleur monta en moi, provenant de la dragonne qui essayait de m'encourager. Il fallait que je reste fière.
- Je pense que je sais, en effet.
Ma réponse eut pour conséquence de faire se caller un peu plus confortablement le patron de la SHINRA dans son fauteuil.
- Et si tu commençais par tout me raconter ? proposa-t-il.
Ne sentant pas d'objection provenir du vampire derrière moi, je commençai mon récit, depuis ma chute dans le nœud de vipère jusqu'à la scène d'hier. De nouveau, mon meurtre me fit monter la bile à la bouche, mais ma colocataire réprima ce sentiment au fond de moi. D'abord on sortait de là, ensuite on verrait pour les remords. A la fin de mon récit, Rufus me dévisageait avec incrédulité.
- D'un autre monde ?
- C'est exact, confirmai-je.
Je voulais bien croire que la pilule était lourde à faire passer.
- Et Cloud t'a laissé en vie.
- Il faut croire.
Je vis le regard du blond changer drastiquement. Si son sourire restait avenant, ses yeux gris (et splendides au demeurant) devinrent froids comme la glace.
- Tu comprends que ta situation est… particulière ?
- Elle l'est.
- Tu comprendras donc sûrement que des mesures vont devoir être prises.
Je sentis les mains de Vincent serrer un peu plus fort le dossier de la chaise. Il n'aurait pas été là, je me serais sans doute recroquevillée en attendant la sentence.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler, Rufus, lui rétorquai-je aussi calmement que possible.
Au moins, ma voix ne tremblait pas.
- C'est « vous », « Monsieur », « Monsieur Shinra » et à la grande limite « Monsieur Rufus », mais certainement pas « tu » ou « Rufus », me fit-il glacial. Ai-je été clair ?
- Aucunement, lui répondis-je sur le même ton. Tu me tutoie depuis le début de cet entretient, je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas de même.
- Parce que tu es ici chez moi, et dieu merci je fixe encore les règles dans ma propre demeure.
- Il n'est pas question de règles, mais de respect.
Ma propre audace me stupéfiait, mais il fallait que je montre à Shinra que je ne me laisserais pas enfermer dans un labo, ou pire encore.
- Là n'est pas le sujet pour lequel je t'ai convoqué. Il y a plus grave à traiter.
Je plantai mon regard dans le siens, le laissant poursuivre sans rien dire.
- Que tu viennes d'un autre monde, passe encore. Mais après ce qu'il s'est passé hier, je me dois de prendre des mesures coercitives envers toi.
Je sentis la grosse boule revenir au galop. Nous y voilà donc.
- Et que comptes-tu faire ? essayai-je calmement de demander.
- Déjà, te faire passer une batterie de tests, pour connaitre l'ampleur des dégâts. Ensuite, étudier un peu plus en détailles ce dragon que j'ai pu voir sur les enregistrements de Reno.
- Il en est hors de question, coupa Vincent.
Rufus lui jeta un regard agacé.
- Excusez-moi, Valentine, mais il se trouve que…
- Que je suis la personne la mieux placée pour savoir que ce n'est pas une bonne idée.
Les deux hommes s'affrontaient du regard pendant que je reprenais mon souffle. Ça semblait mal parti…
- Votre cas est différent, souffla enfin Rufus. Vous connaissiez l'entité que vous portez avant que Hojo ne vous la greffe. Nous ne connaissons rien de ce dont ce dragon…
- C'est une dragonne, coupai-je.
- De ce dont cette dragonne est capable de faire, reprit Rufus, non sans me jeter un regard noir.
- J'ai été enfermé dans un laboratoire pendant un mois, et il est fort probable que certains des scientifiques viennent de chez toi, sifflai-je. Commence par interroger tes hommes, on discutera de moi après !
- Cela a déjà été fait, me répondit-il, le regard brusquement plus doux. Je sais que je peux te paraitre injuste, mais je peux t'assurer que ce qu'on t'a fait ne vient pas de chez moi. Malheureusement, je dirige encore la meilleure équipe de scientifique du pays, et je suis donc le plus à même de t'aider.
- Comment veux-tu m'aider ? En m'enfermant ? Et te servant de ce que tu vas apprendre pour faire une armée de moi ? criai-je presque.
La dragonne poussait mes émotions à leur paroxysme, ce qui me donnait l'impression de passer d'un extrême à l'autre sans aucune logique.
- Si cela peut nous aider à enrailler le surplus de monstres, oui, je le ferai ! me rétorqua-t-il sur le même ton.
- Sauf qu'Alix n'a jamais été créée dans le but d'aider à cette tâche. Elle est au contraire le point culminant du projet scientifique voulant mener à votre perte.
Rufus se calma aussitôt et fit signe à Vincent de lui fournir plus d'explications, ce qu'il fit sans rechigner.
- Alors, souffla-t-il enfin, tu n'es pas capable de nous aider.
- Il n'a jamais dit ça, repris-je. Je suis capable de vous aider, car j'ai encore mon libre arbitre. Nous avons les mêmes ennemis, après tout. Nous voler dans les plumes ne serait pas un choix très judicieux.
Rufus me détailla quelques instants, avant de soupirer.
- Je pense bien que si les membres d'AVALANCHE ne t'ont pas encore tuée, c'est que cela doit être vrai. Mais tu dois comprendre que tu es un problème. Tu mettrais le chaos dans les rues rien que par ta présence, le peuple ne t'aimera jamais !
- Je ne mettrai pas le chaos. Je mettrai le bordel, le désordre, le bronx, le dawa, le foutoir, la merde mais certainement pas le chaos. Il y a une seule personne ici qui peut faire le Chaos, alors laissons-lui ce droit.
Ma tirade me surprit moi-même, mais au moins Rufus avait cessé de me harceler. Du côté de Vincent, par contre, un grand bouleversement eut lieu, car son aura changea du tout au tout. Jusque là antithétique car calme et menaçante à la fois, elle se mit à vibrer fortement. Mais au lieu de me sentir mal à l'aise, cela me rassura. Elle vint même à un moment m'effleurer, ce qu'elle ne faisait pas jusqu'alors. C'est à ce moment-là que je compris que l'aura de Vincent rigolait. Il y avait un problème avec Chaos.
- Je vois, reprit Rufus, glacial. Dois-je comprendre que tu ne nous laisseras pas faire ?
- Oui. Tu ne m'enfermeras pas dans tes laboratoires, Rufus. Pas tant que j'aurai toute ma tête.
Il hocha sèchement la tête avant d'appuyer sur un bouton de son téléphone. Aussitôt la porte s'ouvrit pour laisser passer sa secrétaire.
- Emilie, montrez la sortie à ces personnes.
Je compris que nous venions d'être congédiés. Je me levai rapidement, brusquement pressée de sortir de ce bureau. Cette fois, ce fut Vincent qui dû m'emboiter le pas vers les ascenseurs alors que je remerciais d'un geste Emilie. Ce ne fut qu'une fois dans la boite métallique que je m'aperçus que mes mains tremblaient et suaient abondamment. Avais-je été stressée à ce point ? Nous ne décrochâmes pas un mot avant d'avoir mis un pied hors de la SHINRA. Une fois sur le parvis, je respirai un grand coup, essayant de finir de me calmer. Je repris la route derrière Vincent alors qu'il se dirigeait d'un pas vif vers le Seventh Heaven. Mais sur le chemin, il bifurqua brusquement dans une petite ruelle sombre.
- Je ne sais pas si je dois te féliciter pour ton audace ou te mettre une taloche.
Son ton était glacial, mais l'éclat dans ses yeux me fit comprendre que j'allais garder ma tête.
- Désolée, soufflai-je quand même. Tu penses que… je m'en suis tirée ?
Il soupira.
- Tu t'en es très bien sortie, ne t'inquiètes pas. Mais tu ne t'es pas faite un ami, crois-moi.
- Je suppose, fis-je, que quoique j'aurais pu dire, il ne m'aurait pas aimée du moment où je refusais d'être examinée. J'ai du mal à le cerner.
Il fit un petit geste qui me fit comprendre que ça irait.
- Rufus n'est pas complètement mauvais, comme pouvait l'être son père. Il a surtout des mauvais rapports avec nous. L'épisode des Géostigmats lui a mis un peu de plomb dans la cervelle. Il n'est plus aussi buté qu'avant. Son intelligence n'est pas à prendre à la légère.
- J'ai peur qu'il me tende un piège, avouai-je.
- Il y a des chances que cela arrive. Si jamais il te convoque, n'y va jamais seule. Demande-moi de t'accompagner.
Je hochai la tête, surprise.
- D'a… D'accord !
Nous reprîmes notre marche mais le vampire nous fit emprunter un réseau de petites ruelles assez malodorantes et sales.
- On aura plus vite fait par ici vu le monde dans les rues, même si c'est bien moins agréable et beaucoup plus long. m'expliqua-t-il, devançant mes questions.
Le chemin me parut plus long que ce matin. Le stress devait avoir bien déformé mes perceptions, car cela faisait une heure déjà que l'on marchait. Ce fut une agitation qui rompit la monotonie de la situation. Je bondis presque au côté de Vincent, alors que ma dragonne se dressait dans mon esprit, tous les sens aux aguets.
- Des monstres ! murmurai-je.
Vincent hocha la tête. C'était bien ma veine, je n'étais pas armée à cause du rendez-vous de ce matin !
- Reste derrière moi, souffla le vampire.
De toute façon, pour le coup, je n'avais pas le choix.
- Il y en a beaucoup ? demandai-je quand même.
- Trop pour que tu ne sois pas menacée.
Je déglutis vivement alors qu'il dégainait Cerbère. Ma dragonne me fit un signe mental lorsque les premières créatures apparaissaient devant nous. Elles sortaient d'une plaque d'égout mal ajustée à une dizaine de mètres de nous. Quadrupèdes, elles avaient la tête d'une chimère à la FullMetal Alchemist. Mélange étrange entre un porc-épic et un lévrier, elles portaient des épines violettes sur le torse, les côtes et le dos, ainsi qu'au bout de la queue. Une crinière de poils rouge leur donnait un air d'Orc à la Seigneur Des Anneaux assez époustouflant.
- Des Zenthes. Méfie-toi de leurs attaques, elles peuvent nous empoisonner.
Chouette programme en perspective.
- Je fais quoi ? soufflai-je.
Il y avait cinq monstres. Les Zenthes avaient l'avantage du nombre, mais l'étroitesse de la ruelle jouait en notre faveur.
- Tu bouges le moins possible. Un mouvement busque et c'est la guerre.
Il leva d'ailleurs son arme à trois canons avec délicatesse alors que sa voix grave mais glaciale me clouait au sol. Le regard un peu vide des créatures se fixa alors sur lui.
- Attention au poison, me souffla-t-il une dernière fois.
Et il tira. Le bruit du coup de feu manqua de me faire sursauter, mais la balle traversa sans difficulté la tête du premier monstre. Par contre, cela rendit les autres bien plus méchants. Je n'osais pas bouger, ne serait-ce que cligner des yeux, de peur de me faire remarquer. Vincent releva toujours aussi doucement son arme, visa et tira une seconde fois. Comme pour la première, la balle traversa le crâne du monstre. Mais ce fut aussi le signe de l'assaut. Sans attendre plus longtemps, les trois créatures restantes se jetèrent pêle-mêle vers nous, dans un crissement assez désagréable de leurs griffes sur le béton, bien décidées à défendre leur peau. D'un ample mouvement, Vincent me tira de sa main gauche derrière lui se plaçant ainsi devant moi, tandis que de la main droite il tirait de nouveau. Cette fois, la balle transperça la cuisse de l'une des Zenthes, ce qui la fit chuter. Par effet boule de neige, les autres tombèrent aussi, s'entremêlant dans une scène qui aurait pu être drôle mais qui, pour le coup, ne l'était pas du tout. La Zenthe blessée par Vincent poussa un cri étrange qui me hérissa le poil et Vincent l'abattit aussitôt, la trouvant sans difficulté au milieu de l'amas de membres de ses congénères.
- Merde ! jura-t-il.
Je ne compris l'origine de cet énervement que lorsque d'autres monstres commencèrent à surgir de la plaque d'égout.
- C'est pas bon ! glapis-je.
La dragonne m'indiqua alors la bouche d'égout, son attention entièrement focalisée sur elle. Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait exactement, tout ce que je captais clairement était son désir de se rapprocher de la plaque en métal.
- Ce n'est pas possible ! hurlai-je dans ma tête, je vais me faire tuer, je ne suis pas armée !
Elle m'ignora royalement. De son côté, Vincent continuait à tirer, prenant garde à ce que je reste constamment dans son dos. Et en plus je faisais le boulet !
- Si seulement les types des voieries faisaient leur boulot correctement, cette plaque serait fermée à l'heure qu'il est ! grogna-t-il.
Un éclair de lucidité me parcourut alors. La plaque, mais c'est bien sûr ! Sous la pichenette mentale de ma dragonne, contente que j'aie enfin compris, je bondis alors de derrière Vincent, priant pour que les monstres soient trop surpris par mon arrivée en fanfare pour m'attaquer, pour foncer vers la plaque. Je ne pus éviter le jet violet qui me passa au dessus de la tête que grâce à l'aide de ma colocataire qui me força à me baisser.
- Le poison ! soufflai-je.
Maintenant bien moins sûre de moi, j'évitai comme je pus les deux monstres bondissants vers moi. Ce furent les balles tirées par Vincent qui me sauvèrent.
- Alix ! rugit-il d'une voix me laissant entendre qu'il était en colère contre moi.
Alors même qu'il tuait des Zenthes à tour de bras, d'autre sortaient encore de la bouche d'égout. Je l'ignorai, lui et sa voix glaciale, pour sauter alors sur la plaque de fermeture de tout mon poids. Un « CRAC » sonore m'apprit que je venais sans doute de fracasser la tête d'une autre Zenthe avec la plaque métallique. Par contre, mon mouvement avait attiré l'attention de la totalité des monstres qui avaient eu le temps de sortir. Ils se jetèrent alors sur moi, furieux qu'on vienne leur couper leur retraite. Moi, allongée de tout mon long sur ma plaque d'égout, je commençais sérieusement à me demander pourquoi j'avais encore une fois écouté cette foutue dragonne. Il restait six monstres et je n'avais pas d'armes, même pas un caillou à leur lancer. Mais je n'eus même pas le temps de lever un sourcil que brusquement le vampire surgissait devant moi. Juste à temps pour se prendre en pleine figure un jet violet, jet qui aurait dû me revenir.
- Vincent ! hurlai-je.
L'homme tituba dangereusement devant moi alors que je bondissais pour le retenir.
- Alix, j'ai pris trop de dégâts. Fuis, souffla-t-il.
- Je ne vais pas t'abandonner ! marmonnai-je. C'est pas trois monstres de rien du tout qui vont me faire peur.
- Fuis, souffla-t-il de nouveau. Fuis loin de moi.
Une grimace de douleur transfigura le visage du brun, très pâle, avant qu'il ne se mette à tituber. Les créatures, le voyant aussi affaibli, se réunirent pour l'assaut final. Avant que je puisse prendre le temps de faire quoique ce soit, Vincent me poussa vivement sur le côté. Il se mit alors à briller comme un petit Soleil, ce qui me fit venir les larmes aux yeux. Je détournai la tête, inquiète au souvenir de la seule autre explosion de ce genre, celle qui avait eu lieu à Canyon Cosmo.
Quand enfin la lumière déclina, je fixai à nouveau mon attention sur Vincent et je sentis mes pupilles s'écarquiller de surprise. Ce n'était plus Vincent qui se tenait à présent devant moi, mais autre chose. Autre chose qui fit de la poussière des Zenthes encore présentes. Autre chose qui se tourna alors vers moi pour me dévisager. Je me sentis hoqueter alors que je détaillais ce qu'était devenu Vincent. Plus grand qu'avant, il devait mesurer bien deux mètres. De larges ailes rouges et déchiquetées pointaient de ses épaules, alors que ses cheveux étaient devenus une étrange sculpture tout aussi rouge au sommet de son crâne, formant une sorte de couronne. Ses doigts étaient crochus et une drôle de lumière émanait d'une boule au niveau de son cœur. Mais le pire était son visage. Deux marques couraient sur ses joues, comme des balafres, et ses dents ressemblaient maintenant à des canines de vampire. Ses yeux étaient à présent d'un jaune presque animal qui me fit frémir.
- Chaos… murmurai-je.
Le doute n'était pas permis. Un sourire torve étira les lèvres du démon.
- Tiens, mais qu'avons-nous là ? susurra-t-il.
Sa voix était à mille lieux de celle de Vincent. Rocailleuse et gutturale plutôt que grave et profonde, mais pas dénuée de beauté. Je compris seulement à ce moment-là à quel point le démon était dangereux. Je ne lui répondis donc pas, peu désireuse de m'attirer ses foudres.
- Elle est devenue toute timide la petite dragonne ? continua-t-il.
- Vincent… soufflai-je. Comment va Vincent ?
Chaos eut une moue agacée.
- Il va très bien, malheureusement.
Il reporta alors son attention sur moi, me scannant vivement du regard.
- Je suis étonnée que tu aies écouté mes conseils, me signala-t-il de sa voix étrange.
- Conseils, quels conseils ?
Il ricana.
- Je vois que ni Vincent ni ta dragonne ne t'ont prévenu de nos… conversations.
- Conversations ? marmonnai-je.
Des images affluèrent alors en masse dans ma tête. De ce que je comprenais, ma dragonne et Chaos pouvaient communiquer entre eux sans difficultés. J'en apprenais tous les jours…
- J'ai beaucoup aimé la partie sur moi.
Ben tiens…
- Saisissant de voir que tu ne me crains pas.
Je perçus à ce moment-là l'aura du démon. Il n'y avait plus le rouge sang qui caractérisait Vincent, il n'y avait plus que du noir. Un frisson mauvais courut le long de mon dos. Je craignais Chaos, mais c'était comme faire face à un prédateur que vous saviez apprivoisé.
- Je pourrais te faire tellement de choses…
Il s'approcha vivement de moi mais je ne bougeai pas, stupéfaite. Je compris aussitôt l'amère vérité : j'étais complètement à sa merci. Je ne pouvais pas le battre ou lui échapper. En un mot comme en cent, j'étais foutue. S'il décidait de me tuer, je ne pourrais rien faire à part regarder ma mort arriver. Il s'arrêta alors brusquement au milieu d'un pas et ricana.
- Oh, tu l'entendrais m'invectiver pour ne pas que je te touche. C'est presque touchant. Et dire qu'il ne peut rien faire contre moi !
- Je ne te crois pas ! lançai-je bravement.
Il ricana à nouveau alors que je priais intérieurement pour que Vincent ait encore un minimum de contrôle sur le démon.
- Tu te crois tellement au-dessus de moi. Je ne suis pas ta petite dragonne insignifiante.
- Il m'avait semblé pourtant que tu avais peur d'elle hier soir.
Rien qu'à son regard je compris que j'avais dépassé les bornes. Il réduisit considérablement la distance entre nous deux, me coinçant ainsi entre le mur et lui. Je dus me dévisser le cou pour arriver à fixer sa figure.
- Tu peux crier, susurra-t-il. Personne ne t'entendra.
Je me fis violence pour ne pas le pousser loin de moi. Je me sentais enfermée et la claustrophobie me prit à la gorge.
- Je ne compte pas crier, fis-je. Puisque je ne suis pas menacée.
Il enragea alors et leva la main. Je serrai les dents en attendant la baffe, qui ne vint jamais. Il baissa lentement le bras, l'air ailleurs.
- Non, non, je ne vais pas te frapper. Il se pardonnera toujours d'avoir pu te frapper. Ça, il ne se le pardonnera pas.
Je n'eus pas le temps d'analyser sa phrase que le démon se pencha vers moi et… m'embrassa. Je sentis mes yeux s'agrandir sous le choc, alors que mon cerveau n'imprimait pas. D'une main, Chaos maintenait mon visage pour ne pas que je me dégage, alors que ses lèvres jouaient fortement avec les miennes. Le baiser était rude et sauvage, sans la moindre trace de douceur. Je restai quelques secondes hagarde, incapable de réagir d'une quelconque manière : le démon venait de détruire toute velléité de rébellion. Il m'avait coupé autant le souffle que le sifflet, me choquant avec plus de force que s'il m'avait giflé. Et lorsqu'enfin je trouvai en moi les ressources pour réagir et repousser mon agresseur, le démon me lâcha, ce qui manqua de me faire tomber au sol. Je tremblai de peur et de choc, ne tenant debout que grâce à un instinct de conservation vieux comme le monde. J'étais trop sonnée pour réagir et il en était de même pour ma dragonne, qui ne savait pas dans quoi ranger ce qui venait de se passer. Le démon m'adressa un sourire qui me fit froid dans le dos, avant de disparaître soudainement.
-A-
Il me fallut un bon moment pour reprendre mes esprits, assise dans la ruelle. Je m'étais laissée glisser contre le mur à la disparition de Chaos, mes jambes ne tenant plus et mon cerveau en mode repos. Mes pensées tourbillonnaient dans mon crâne sans la moindre forme de logique, me rendant presque nauséeuse. Ma dragonne, comprenant qu'elle ne pouvait rien pour moi vu qu'elle ne comprenait rien à la situation, avait préféré se réfugier au fin fond de mon être. Quand enfin je pus faire un peu de tri, je dégageais plusieurs choses importantes. J'étais toujours vivante, je ne savais pas où j'étais, j'étais seule, Chaos avait pris le contrôle sur Vincent et il embrassait comme un dieu même s'il manquait cruellement de douceur. Je crois que c'était le dernier constat qui me troublait le plus, à vrai dire. Je savais que je n'aurais pas dû apprécier le baiser du démon, mais c'était plus fort que moi. Il savait parfaitement ce qu'il faisait, dosant sa force pour se faire pressant et s'imposer mais sans me faire mal. J'avais successivement chaud puis froid et mes tremblements mirent un moment à se calmer totalement. À ce moment-là, je finis par me relever et à ramasser tout ce qui trainait, fourrant tout les objets laissés par les monstres pêle-mêle dans mes poches. Peu sûre de moi, je repris doucement le chemin en tanguant un peu. Il ne manquait plus qu'à retourner au Seventh Heaven.
-A-
Je ne poussai la porte du bar qu'en milieu de soirée. Je m'étais complètement perdue dans Edge et j'avais erré sans fin au milieu des petites ruelles avoisinantes.
- Alix ! souffla Tifa en me voyant sur le pas de la porte. Bon dieu, mais où étais-tu passée ? On était mort d'inquiétude.
- Je me suis perdue, avouai-je.
La barmaid se jeta presque sur moi, me scannant du regard.
- Tu vas bien ? me demanda-t-elle.
Je hochai la tête.
- Alix, s'enquit à son tour Cloud. Où est Vincent ?
- Aucune idée, je l'ai perdu aussi.
Je préférais ne pas leur dire pour Chaos : c'était les affaires de Vincent, pas les miennes.
- Tu es venue jusqu'ici toute seule ? s'exclama Barret.
- Ben oui, c'est pour ça que je me suis perdue ! m'expliquai-je.
- Tu es complètement folle ! marmonna Nanaki.
- Alix, c'est dangereux là-dehors, fit Tifa.
- J'ai bien vu ! marmonnai-je à mon tour.
- Je ne parle pas des monstres, Alix ! me coupa-t-elle.
Je lui jetai un regard étonné.
- Je ne crains rien, ma dragonne leur fait peur.
Et c'était la vérité. Personne n'avait osé m'aborder, et vu mes sensations je supposais que ma dragonne avait fait le ménage autour de moi.
- Ce n'est rien, je suppose, commença Cloud. Et pour Rufus ?
- Je ne suis pas enfermée dans l'un de ses labos, donc tout va bien, conclus-je.
Ils poussèrent un soupir de soulagement. Je montai alors dans ma chambre, espérant prendre un peu de repos après cette journée lourde en émotion. Je me laissai choir sur le lit, mais à peine assise ma dragonne me sauta dessus en répétant la phrase de Tifa sur les dangers non-monstrueux.
- Dis, soupirai-je. Tu sais comment on fait les bébés ?
La réponse fut « oui » vu les scènes qu'elle me montrait alors que je grimaçais fortement. Allez, ce n'était pas la mer à boire d'expliquer la différence entre viol et relation consentie à un dragon, si ?
- Tu sais, chez les humains, ça fonctionne à peu près pareil, repris-je.
Notre discussion dura un bon moment, tellement il était dur de tout lui faire comprendre et assimiler. Ce fut une série de coups frappés à la porte qui me sortirent de mes pensées.
- Oui ? répondis-je.
Mon incrédulité fut immense quand je vis Vincent pousser la porte de la chambrette.
- Vincent ! m'écriai-je. Tu vas bien ?
Il ne me répondit pas. Il avait l'air gêné et fautif, bien que ce soit difficile à dire au vu de son visage à moitié mangé par sa cape.
- Je te dois des excuses, je crois, soupira-t-il enfin.
Je fronçai les sourcils.
- Des excuses, mais pourquoi ?
J'étais véritablement confuse.
- Pour ce qu'il s'est passé ce matin.
Je clignai plusieurs fois des yeux, avant de faire le lien.
- Je t'en dois aussi, je n'aurais pas fait n'importe quoi tu n'aurais pas dû intervenir et tout se serait passé pour le mieux.
- Je ne voulais pas que tu me vois comme ça, soupira-t-il, mortifié.
Je me redressai doucement.
- Et pourquoi donc ? Tu m'as bien vu sous forme de dragon, non ?
- Je ne voulais pas que tu vois ce côté de ma personne, je suis désolé.
Je secouai vivement la tête.
- Mais je ne te comprends pas ! Comme si j'allais te juger sur ça ! Vous êtes deux personnes différentes Chaos et toi, comme moi et ma dragonne. Sauf que Chaos il parle, c'est tout.
Il me jeta un regard las.
- Je t'ai embrassée, je n'aurais pas dû.
Je me levai alors pour venir me planter devant lui. Il me sembla étonnant pendant un moment qu'il se sente coupable des actes de Chaos mais je me souvenais assez bien avoir agi de même quand ma dragonne faisait des choses qui ne me plaisaient pas. Voir quelqu'un d'autre au contrôle de son corps était une expérience assez désagréable.
- Oui, et tu embrasses vachement bien d'ailleurs. Enfin, Chaos embrasse vachement bien, même s'il ferait mieux d'apprendre un peu la douceur.
Comprenant qu'il ne se pardonnerait pas, je me hissai sur la pointe des pieds pour venir planter un baiser sonore sur sa joue.
- Voilà, comme ça on est quitte ! m'exclamai-je avant de sortir de la pièce.
- Je crois qu'il n'a pas trop apprécié mon compliment ! gloussai-je intérieurement.
Ma colocataire répondit à mon hilarité par un grognement joyeux.
-A-
Un mois s'écoula après ça. Un mois tranquille et presque trop reposant après toutes ces péripéties. Il ne se passa pas grand-chose, à part mon rapprochement significatif avec Nanaki et, à mon plus grand étonnement, Vincent. C'était les deux personnes qui me comprenaient le mieux dans le groupe. Le premier à cause de ses origines animales, et le second à cause du problème que vous connaissez. Nous pouvions passer des heures à parler littérature. Je fis aussi un grand bon en avant avec Sephiroth et Genesis. Celui-ci continuait de m'entraîner mais ne me monopolisait plus comme c'était le cas au tout début. Je passais généralement la première partie de la nuit avec le Général, avant que le rouquin ne vienne me chercher pour l'entraînement. Celui-ci avait d'ailleurs fortement changé de nature. Je faisais toujours des mouvements, mais ceux-ci n'étaient plus désordonnés et possédaient maintenant un véritable but, offensif comme défensif.
- Tu es naturellement agile, mais il te manque la vitesse. Elle viendra avec le temps, mais le plus vite sera le mieux, commentait régulièrement mon coach.
J'enchainais donc des mouvements d'escrime, mais sans tenir d'arme. Ça me donnait plus l'impression de danser que de m'entrainer véritablement. Quand j'avais fait part de ce sentiment à Genesis, celui-ci m'avait répondue, pince-sans-rire, qu'il vallait mieux que je les maitrise sans avant de me blesser toute seule en essayant de les faire avec une arme. On avait aussi parlé de Loveless ensemble, et c'était sans doute ce qui avait déterminé notre entente cordiale d'aujourd'hui. Quand je lui avais dit que la symbolique des trois amis étaient pour moi qu'une manière détournée de faire ressortir le profond mysticisme de la pièce, il m'avait toisée avant de se mettre à me bombarder de questions. Le plus dur fut de tout lui expliquer sans passer par la culture de mon monde d'origine.
Cloud continuait aussi de m'entrainer. Je cachais comme je le pouvais mes nouvelles connaissances en escrime, me contentant de lui taper dessus comme une bourrine. J'essayais aussi d'améliorer ma rapidité.
- Tu es de plus en plus rapide dans tes coups, me fit-il d'ailleurs remarquer.
- C'est vrai ? demandai-je avec espoir.
Il hocha la tête pour confirmer.
- C'est rassurant, cela veut dire que tu fais des progrès, fit une voix derrière nous.
Je me tournai vivement pour découvrir Barret et Vincent qui nous toisaient.
- On finira peut-être par faire quelque chose de toi, continua le colosse de sa voix bourrue en m'assenant une bourrade.
- Tifa vous appelle pour déjeuner, nous expliqua le vampire.
- Ça tombe bien, je meeeeeurs de faim ! m'exclamai-je.
- Alors c'est ici que tu l'entraînes ? fit Barret à Cloud. Je voulais venir vous chercher, mais je ne savais pas où vous étiez, alors j'ai demandé à Vincent de m'accompagner.
Je souris doucement. Il est vrai que le vampire venait encore régulièrement me relever.
- D'ailleurs, m'écriai-je dans sa direction, je suis toujours debout !
- C'est un progrès immense, me rétorqua-t-il de sa voix froide.
Je lui tirai la langue comme toute réponse, vexée par sa voix distante et impersonnelle.
- Bonjour ! fit brusquement une voix derrière moi.
L'attention du groupe se porta alors directement sur les nouveaux venus. C'était un groupe d'hommes armés vêtus comme des personnes voyageant beaucoup. Celui qui venait de parler possédait un sourire édenté du plus bel effet.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit durement Cloud.
Il ne semblait pas les aimer.
- J'aimerais savoir si la jeune fille là est bien celle dont tout le monde parle.
Moi ?
- Que voulez-vous dire ? marmonna Barret.
- Vous savez, celle qui se change en dragon…
Oh oh…
- Que lui voulez-vous, siffla immédiatement le colosse.
- Moi, personnellement, rien. Mon employeur, par contre…
Avant d'avoir le temps de comprendre quoique ce soit, les hommes en face de nous dégainèrent dans un ensemble parfait leurs lames de leur fourreau. Dans une organisation qui me laissa pantoise, la moitié des hommes se jetèrent sur Cloud, Barret et Vincent, me coupant ainsi d'eux. Prise d'un instinct subite, je dégainai moi aussi, mais pas assez vite pour intercepter la lame du chef qui venait vers moi et qui me transperça la poitrine gauche. La douleur fut immédiate alors que j'entendais les membres d'AVALANCHE hurler mon prénom. Je m'effondrai au sol, enfonçant ainsi un peu plus l'épée dans mon corps, crachant un jet de sang. Je vis le sourire goguenard de l'homme en face de moi avant de sombrer dans les ténèbres les plus noirs qu'il avait été donné de connaitre.
Fin du chapitre 33
Si vous me tuez, vous n'aurez pas la suite ! Les tomates et les pierres sont dans les paniers là-bas.
A bientôt les gens, et aillez pitié de mon âme.
Play List : Les murs de poussière et Encore et Encore de Francis Cabrel, Mademoiselle chante le Blues de Patricia Kaas.
