Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi (et j'y tiens, vous ne les aurez pas).
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Note de l'auteur : Salut tout le monde et merci pour vos reviews ! Ongil Nyatar, si tu lis, je crois que le nombre de chapitres restants que je t'avais donné dans une précédente RàR doit être revu à la hausse ^^ Je ne vais plus donner de chiffres (étant donné que je me plante à chaque fois), mais cette fic sera vraiment beaucoup plus longue que ce qu'elle était prévue au départ. Allez savoir pourquoi… En tout cas, désolé du retard, un ou deux repas de famille et un mal fou à écrire ce chapitre se sont ligués pour me ralentir.
RàR anonyme : Merci à ep, klaude et Talanthyr pour leurs reviews et leurs encouragements.
Chapitre 38 : De qualités et de défauts
Si Harry avait demandé à Cloé d'attendre le mardi pour venir pour la première fois manger à sa table, c'était pour profiter que la veille soit sa seule soirée libre pour être en forme, au cas où quelqu'un –comme Nott, au hasard– prenne vraiment mal l'invitation. Cela s'était cependant avéré inutile, puisque Nott ne semblait plus prendre tous ses repas dans la Grande Salle. Harry avait remarqué qu'il revenait chaque soir dans la salle commune à la limite du couvre-feu, et descendait immédiatement au dortoir. D'après Owen, il avait entrepris de s'entraîner au duel pour être certain de lui faire mordre la poussière.
— D'ailleurs, tu ne crois pas que tu devrais faire la même chose, Harry ? lui avait conseillé Daphné. Nott y ira à fond, cette fois.
— Parce que tu crois que je vais me retenir ?
— Non, mais tu devrais faire attention. Ce n'est pas un débutant.
— Écoute Daphné, laisse tomber. Je suis le meilleur, Nott pourrait avoir un niveau mondial qu'il n'aurait toujours absolument aucune chance contre moi.
— Harry… commença-t-elle, mais il ne lui laissa pas le temps de dire ce qu'elle voulait.
— Et puis, qui te dit que je ne m'entraîne pas ?
Daphné parut interloquée.
— Mais, quand ça ? Avec toutes tes retenues et le reste, tu n'as sûrement pas le temps de faire quoi que ce soit. Tu dois avoir quoi, trois soirs de libres par semaine ?
— Deux. Et c'est largement suffisant, crois-moi.
— Tu sais ce que c'est, ton plus grand défaut, Harry ? intervint Drago, assis à côté d'eux dans la salle commune.
— Arrête, on dirait que tu insinues que j'en ai vraiment.
— Ta confiance te perdra, Potter.
— Un jour, peut-être, mais celui qui me battra n'est pas encore né.
La discussion se termina ainsi, même si Harry voyait clairement que ses deux amis étaient incrédules devant sa certitude d'être le meilleur. Il regarda sa montre et jura à voix basse. Il était presque l'heure de sa retenue avec McGonagall, et en plus il avait une lettre à envoyer à Ginny pour savoir si elle comptait toujours venir à leur entraînement du lendemain. Il avait compté la croiser pendant la semaine pour lui en parler, mais elle était sans arrêt collée à Crivey, alors ce n'était pas simple de s'approcher sans se faire incendier du regard par toute une bande de Gryffondor agressifs. Certaines personnes étaient vraiment étroites d'esprit.
Le lendemain, Harry vit depuis sa place le hibou de l'école qu'il avait réservé descendre vers la table rouge et or. Après avoir lu son message, Ginny leva les yeux et croisa son regard, avant d'hocher la tête. Harry sourit imperceptiblement en retour et détourna les yeux quand un griffie se retourna. Il se demandait comment elle réussirait à échapper à ses chiens de garde, mais après tout elle avait de la ressource, alors il pouvait bien lui faire confiance.
Harry se reconcentra sur son petit déjeuner, mais fut bientôt distrait de nouveau par l'arrivée d'une chouette qui lui était inconnue, à sa propre destination, cette fois. Il ouvrit l'enveloppe et saisit la première lettre, négligeant la seconde dans un premier temps.
Cher Mr Potter, lut-il,
Nous avons bien enregistré votre demande, et vous avons d'ores et déjà ajouté à notre dossier. Vous trouverez ci-dessous un récapitulatif de vos exigences, aussi veuillez nous avertir si jamais une erreur s'y est glissée. Dans le cas contraire, nous avons plusieurs propositions à vous soumettre, qui pourraient potentiellement correspondre à votre demande, et n'attendons qu'une réponse de votre part pour organiser une visite selon vos disponibilités.
Avec l'expression de nos sentiments distingués,
Dylan Forsale, agence immobilière des Sept Lutins, Cardiff.
Harry sourit encore plus largement en lisant cette lettre. Il prit la deuxième feuille et vérifia les informations notées, qui correspondaient toujours à ce qu'il voulait.
— C'est quoi, cette lettre, Harry ? demanda Daphné.
— Un petit truc qui devrait me faciliter la vie pendant les prochaines vacances.
— C'est-à-dire ? l'encouragea Drago.
— Regarde.
Harry leur tendit la lettre et patienta le temps qu'ils la lisent et comprennent ce qu'elle impliquait. Quand ils se tournèrent vers lui, Drago arqua les sourcils et demanda confirmation :
— Alors tu veux déménager ?
— Ouais, je doute que mon père soit très content de nous revoir aux prochaines vacances, moi et ma sœur. Et comme je n'ai pas l'intention de squatter chez les Weasley comme elle a fait à Noël, je me suis dit qu'il fallait que je trouve un endroit où aller.
— Pas envie d'aller chez les Weasley, hein ?
— Arrête de dire n'importe quoi et amène-toi, Drago, fit Harry d'un ton las, on a Botanique. À plus, Daphné.
— Une seconde, le retint-elle. Comment tu vas te débrouiller pour aller visiter des maisons avant les vacances ?
— Je sais pas, je suppose que j'irai y faire un tour un weekend.
— Et comment tu vas faire ça ? On n'a pas le droit de quitter le château, remarqua Drago.
— Mais je ne vais pas sortir du château, je vais rester tout du long dans ma chambre. Quel dommage que personne ne puisse le vérifier !
Plus tard ce jour là, Harry répondit à Forsale, lui faisant savoir qu'il était disponible le dimanche après-midi suivant. Hedwige parut plus que satisfaite d'avoir du travail, puisque cela faisait plusieurs fois qu'il envoyait un hibou de l'école à sa place. Harry se massa inconsciemment le lobe de l'oreille où elle lui avait montré sa reconnaissance pour ce congé forcé. Il avait vraiment une chouette violente et avec un sale caractère, songea-t-il en allant vers la Salle-sur-Demande.
Il avait demandé à Ginny de venir directement, puisqu'à présent elle connaissait un peu mieux la salle, mais était venu un peu plus tôt pour son bénéfice personnel. Après tout, il était peut-être sûr de lui et absolument certain que Nott n'avait pas la moindre chance de le battre, mais cela ne l'empêchait pas de reconnaitre que cela pourrait lui faire du bien de se dérouiller un peu. Une fois dans la salle, Harry inscrivit une rune de protection à l'arrière de chacun des cinq pantins qu'il avait demandés, puis une autre pour les faire bouger tout autour de la salle.
Il s'amusa ensuite à leur lancer des sorts, puis à éviter ou bloquer ces derniers quand ils rebondissaient sur son bouclier pour lui revenir dessus à toute vitesse. Son challenge personnel était de réussir à jeter le plus de maléfices possibles avant d'avoir à bouger pour ne pas se faire toucher par son premier. Un excellent moyen d'améliorer sa rapidité, aussi bien que sa visée et son aptitude à se défendre. Ce n'était pas pour rien que c'était l'entrainement habituel des Aurors, dès lors qu'ils n'avaient pas de coéquipiers avec qui échanger des sorts. Être le fils de leur chef n'avait pas que des inconvénients, après tout.
— Harry ? entendit-il après un moment.
Il bloqua les dernières décharges de magie qui lui venaient dessus et regarda vers la porte pour constater que, comme il l'avait entendu, Ginny était arrivée. Il désactiva les runes animant les mannequins et lui demanda de l'attendre encore un peu :
— Salut Ginny. Tu peux m'excuser deux petites secondes ? Le temps de prendre une douche rapide et j'arrive.
— Pas de problème.
Il sortit de la Salle-sur-Demande et se dépêcha de se rendre dans ses appartements pour se laver et se changer. La douche était vraiment nécessaire, car son petit exercice était plutôt épuisant. Un petit quart d'heure plus tard –il était du genre rapide–, il revint dans la salle lavé, changé et les cheveux encore un peu humides, et s'installa en face de Ginny.
— Écoute Ginny, commença-t-il sans la regarder après quelques minutes de silence embarrassé, pour ce qui s'est passé à la fête de samedi, je voulais te dire que j'étais désolé.
— C'est bon, l'interrompit-elle. Tu étais saoul, moi aussi, fin de l'histoire.
— Très bien, accepta-t-il lentement.
Il n'était pas mécontent de cette réponse, mais un peu surpris, plutôt. Il s'était attendu à ce que Ginny lui en veuille plus que cela pour l'avoir laissé en plan comme il l'avait fait –même si ce n'avait pas été volontaire. Il trouvait aussi étrange qu'elle lui parle sans montrer la moindre émotion, puisqu'elle avait à cet instant un visage fermé digne d'un Occlumens.
— Bon, on commence ? proposa-t-elle. Qu'est-ce que tu m'as réservé, aujourd'hui ?
— Attends une seconde, il y a autre chose qu'il faut que je te dise avant.
— Ah bon ? Quoi ?
Pour la première fois de la soirée, Ginny montrait un peu de sentiment, de l'étonnement en l'occurrence. Elle devait avoir oublié la raison pour laquelle ils s'étaient un peu disputés pendant la fête, mais Harry savait qu'il devait lui parler de ce qui était arrivé à Cloé.
— C'est au sujet de pourquoi j'ai empêché Zabini de revenir à Poudlard.
— En quoi ça me regarde ?
— Il a essayé de s'en prendre à Cloé, termina-t-il sans prendre en compte son intervention. Et c'est aussi pour ça que je ne veux pas qu'elle vienne aux soirées.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
Harry la regarda, un peu tristement, et vit dans ses yeux qu'elle avait déjà compris, même si elle ne voulait pas y croire.
— Exactement ce à quoi tu penses. Apparemment, il y avait de bonnes raisons pour que lui et Nott soient amis, lâcha-t-il sur un ton mordant.
Harry attendit quelques minutes pour laisser le temps à Ginny de digérer la révélation, mais elle parla juste quand il allait changer de sujet :
— Comment elle fait ? Pour avoir l'air aussi heureuse, je veux dire.
— Je suppose que ça finit par passer avec le temps, au moins un peu. Elle n'est pas sortie de sa chambre pendant plus d'une semaine. Et après ça, elle a eu des cauchemars pendant des mois.
— Je la comprends, entendit-il, pas complètement à son intention.
— Je crois que ça s'est un peu calmé quand elle a réussi à en parler. Enfin, à l'écrire, puisque j'étais à Poudlard à ce moment là. En tout cas, quand je suis revenu chez moi pour les grandes vacances, je ne l'entendais plus pleurer la nuit.
— Est-ce que tu lui as parlé de… enfin, de moi et…
— Non, je ne voulais pas lui rappeler ça, et de toutes façons ce n'est pas à moi de le raconter à qui que ce soit.
Harry fit taire la petite voix qui lui rappelait qu'il l'avait quand même révélé à Drago et Daphné, et ce sans demander son avis à la première concernée. Un peu d'hypocrisie n'avait jamais fait de mal à personne –en tout cas pas à lui, c'était certain.
— On pourrait parler d'autre chose, s'il-te-plait ? demanda Ginny. Il serait peut-être temps de commencer, tu ne crois pas ?
Harry la fixa une seconde avant d'acquiescer. Étrangement, elle semblait être revenue à sa personnalité habituelle, plutôt que la jeune femme froide et fermée qui était entrée.
— Ouais. J'ai pensé que tu pourrais commencer par le Serpent de feu. C'est un sort assez dur, mais très utile, puisque tu ne peux l'éteindre qu'en arrosant directement la baguette de celui qui le lance.
— Ou en lui jetant des flammes vertes à la place, nota-t-elle.
— Tu peux aussi utiliser le maléfice du Dragon, c'est vrai, sourit-il. Mais je te garantis que celui-là n'est pas de ton niveau.
— Qu'est-ce que tu en sais ? répliqua-t-elle vivement. Si toi tu peux le lancer, je ne vois pas pourquoi je n'en serais pas capable.
Harry réfléchit en se demandant si c'était une bonne idée, le Dragon étant vraiment un sort dangereux. La seule raison pour laquelle il n'était pas classé en tant qu'Impardonnable était pour ne pas le faire trop connaître, car il provoquait encore plus de dégâts quand il n'était pas contrôlé. Sans parler du fait que l'Avada n'était qu'une plaisanterie en comparaison, en termes de pouvoir nécessaire.
— Je ne voudrais pas te vexer, Ginny, mais il y a des sorts à peu près cent fois plus faciles à lancer que celui-là, et que tu ne connais même pas.
— Par exemple ?
— Par exemple les deux ou trois que j'avais l'intention de t'apprendre en premier, dont le Serpent de feu. Essaie déjà de marcher, avant de vouloir courir, ajouta-t-il, assez fier de sa comparaison.
— D'accord, mais à une condition. Si j'arrive à maitriser deux des sorts que tu veux m'apprendre en moins d'un mois, tu m'enseignes ce maléfice du Dragon. Qu'est-ce que tu en dis ?
Harry hésita, réticent à ce que la connaissance de ce sort quitte sa famille. Après tout, c'était une spécialité Potter depuis des décennies –au moins–, et presque personne d'autre n'avait jamais su comment le jeter sans finir vidé de toute magie. Mais, une minute, pensa-t-il. Depuis quand se souciait-il que les secrets de famille le restent, secrets ? En plus, qu'est-ce qui pourrait énerver son père plus que de savoir qu'il avait enseigné un maléfice pareil à une Weasley, celui-là même qu'il lui avait interdit ne serait-ce que de lancer en public s'il pouvait l'éviter ? Ce fut surtout cela qui le décida :
— Pari tenu. Si je juge que tu peux lancer correctement le Serpent de feu et, disons, le maléfice de Déviation d'ici un mois, je t'apprendrai le Dragon.
— Et bien sûr, tu n'essaieras pas de me ralentir ?
— Si je ne voulais pas réellement que tu progresses, on ne serait pas là, Ginny, remarqua-t-il en prenant un air vexé.
— Juste pour être sûre. On ne sait jamais ce que vous êtes prêts à faire pour un pari, vous les Serpentard.
Harry dut se retenir pour maintenir un visage blessé en entendant cela. On ne pouvait rien dire de plus véridique que ce que Ginny venait d'affirmer. Les quelques paris qu'il avait fait avec Drago en étaient de belles preuves : malgré leur amitié, aucun d'eux ne s'était privé de faire des coups bas à l'autre pour s'assurer la victoire.
— Si je te donne ma parole, ça suffira, ou celle d'un Serpentard n'est pas assez bonne pour toi ?
— Celle d'un Serpentard, non, mais la tienne devrait aller, je crois, répondit-elle en lui tendant la main.
Harry sourit sournoisement en la lui serrant :
— Attention, Weasley. Tu as déjà un petit ami, alors n'essaie pas de me draguer, ça ne marchera pas.
— Tu prends tes rêves pour des réalités, Potter. Alors au lieu de dire des âneries, si tu me disais exactement comment on lance ce Serpent de feu. J'ai un pari à gagner, moi !
-~~O~~-
Près de trois heures plus tard, Ginny retombait lourdement sur le fauteuil où elle avait été assise précédemment, pantelante. Harry s'installa un peu plus gracieusement en face d'elle, un petit sourire en coin aux lèvres devant l'état dans lequel se trouvait la rouquine. Lui-même transpirait légèrement, pas à cause d'un hypothétique effort qu'il aurait fait, mais simplement parce les nombreux essais de Ginny pour lancer le sortilège avaient nettement fait grimper la température. Même si elle n'avait pas encore réussi à créer un vrai Serpent –c'était plus une queue de lézard à ses meilleurs essais–, il y avait bel et bien des flammes, avec les conséquences prévisibles.
— Je peux savoir… ce qui te fait rire ? haleta-t-elle, les sourcils froncés.
— J'étais juste en train de me dire que tu étais plus douée que je ne croyais. Il y a des gens qui essayent pendant des semaines avant de faire sortir une étincelle.
— Tu parles de toi à la troisième personne, maintenant ?
— Mais bon, ne t'excite pas trop, il y en a aussi qui réussissent parfaitement ce sort au bout d'une seule soirée, continua-t-il sans faire attention à son commentaire. Et cette fois, oui, je parle de moi à la troisième personne.
Ginny se contenta de grogner en réponse, l'air profondément agacé. Après lui avoir laissé une petite minute pour reprendre complètement son souffle, Harry reprit la parole :
— Plus sérieusement, ce n'était vraiment pas mal. Je pense que si tu continues comme ça, tu devrais avoir maîtrisé la création des flammes d'ici la semaine prochaine.
— C'est vrai ? sourit-elle. Je parie que tu regrettes d'avoir parié, maintenant !
— Je n'ai jamais dit que tu maîtriserais le sort, j'ai juste parlé de créer des flammes. Ça ne te servira pas à grand-chose si tu ne sais pas les contrôler. Donc non, je n'ai pas peur pour mon pari.
Elle se renfrogna, perdant du même coup le sourire vainqueur qu'elle venait d'afficher. Harry ricana mentalement, s'amusant de voir à quel point il était simple de faire croire tout ce qu'il voulait à son amie, puisque c'était lui l'expert, ici. S'il le voulait vraiment, il lui serait très facile de ralentir son entraînement au point qu'elle en finisse presque par régresser au lieu de l'inverse. Heureusement pour elle qu'il tenait plus à ses amis qu'aux secrets de sa famille. Par contre, il n'allait pas se mettre à trop la féliciter, sinon elle finirait par ne plus se donner à fond.
Regardant sa montre, il fut une nouvelle fois ébahi de voir le temps qu'ils avaient passé à s'entraîner, même si pour lui l'exercice s'était résumé à superviser les essais infructueux de la Gryffondor. Il était temps d'y aller, alors il annonça, faisant mine de renifler une odeur désagréable.
— Bien, ce n'est pas que je m'ennuie, mais je crois qu'il faudrait vraiment que tu ailles prendre une douche avant de dormir, Ginny. Tu pourrais réveiller tout ton dortoir rien qu'à l'odeur.
— Va te faire voir, Potter, grommela-t-elle. J'irai faire un tour à la salle de bain des Préfets en revenant.
— Pourquoi pas la tienne ?
— Réfléchis, tu penses vraiment que qui que ce soit croira que j'ai passé la soirée à réviser avec Luna si je reviens à plus de minuit en disant que j'ai besoin d'une douche ?
— Tu n'as dit à personne que tu t'entraînais ?
Il était surpris, il n'aurait pas cru que Ginny soit du genre à cacher des choses à ses amis comme ça.
— Bien sûr que non, répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel. Qu'est-ce qu'ils auraient pensé si je leur avais dit que je passais ma soirée avec toi, à ton avis ?
— Ah oui, j'oubliais que les griffies n'étaient pas capables de voir plus loin que les évidences.
— Franchement, Potter, tu le croirais, à leur place ? douta-t-elle.
— C'est vrai qu'à la réflexion, j'aurais du mal à imaginer que tu puisses résister à mon charme, mais bon, ce n'est pas non plus si exceptionnel. Tes amis te font si peu confiance ?
— Ils te font si peu confiance, rectifia-t-elle. Je ne pense pas que quelqu'un qui ne te connait pas puisse ne serait-ce qu'imaginer que tu sois capable de m'aider sans que ça te rapporte quelque chose à toi aussi.
Harry adorait vraiment la réputation qu'il avait chez les Gryffondor. C'était à se demander pourquoi ils ne déposaient pas une pétition pour le faire renvoyer. À la réflexion, peut-être que certains avaient essayé.
— Bref, on parlait d'autre chose, au départ, recentra-t-il. Tu ne peux pas aller à la salle de bain des Préfets, le couvre-feu est passé.
— Et alors ? Ce n'est quand même pas toi qui va me parler du règlement, non ?
— C'est mon boulot de faire respecter le règlement, je te rappelle, dit-il en tapotant son insigne. Mais je ne parlais pas de ça. Tu n'as jamais essayé de prendre un bain après le couvre-feu ?
— Ben si, plusieurs fois après un entrainement de Quidditch.
— Après celui des préfets ?
— Euh, non, pourquoi ? demanda-t-elle sans comprendre.
— La porte se bloque immédiatement à minuit pile, même s'il y a encore quelqu'un dedans.
— Ça sent le vécu, se moqua Ginny.
— Je me suis fait avoir l'an dernier. Je ne me suis réveillé que quand quelqu'un est entré le lendemain.
— Et qui est-ce que tu as traumatisé à vie ?
— Hé, je ne traumatise personne, moi ! Si tu veux savoir, deux heures plus tard, je sortais officiellement avec Padma Patil, répondit-il avec un sourire lubrique au souvenir de cette matinée précise.
— C'est bon, passe-moi les détails, fit Ginny d'un air dégouté. Je crois que je vais me contenter d'éviter cette salle de bain pour ce soir. Ou pour toute ma vie, peut-être.
— Si tu crois qu'on était les premiers à en avoir profité… Mais bon, tu as raison, il vaut mieux que tu évites. Tu n'as plus qu'à aller aux vestiaires de Quidditch, je crois.
— T'es vraiment drôle, dans ton genre, toi. Comment veux-tu que j'entre sans les clés ?
— J'en ai un jeu dans ma chambre, je peux te les prêter pour ce soir, proposa négligemment Harry.
Ginny hésita une fraction de seconde avant d'accepter et de le suivre. Heureusement pour eux que le château était vide à cette heure, ou bien la machine à rumeurs de Poudlard se serait mise à tourner à plein régime si quelqu'un les avait vus se promener tous les deux à plus de minuit, ayant l'air d'avoir pas mal transpiré auparavant. Malgré ce que Harry avait prétendu un peu plus tôt, il n'y avait pas que les Gryffondor qui seraient sautés aux conclusions un peu trop vite. Quand ils entrèrent dans le salon des Préfets-en-Chef, ils eurent cependant la très mauvaise surprise de constater qu'ils n'étaient pas seuls.
— Ah, Potter, l'accueillit Granger sans le regarder, ce n'est pas trop tôt. Avec qui est-ce que tu couchais, cette… ?
Elle leva enfin les yeux, et resta bouche bée en remarquant qui le suivait.
— Ginny ? Mais je croyais…
— Écoute, Hermione… commença la rouquine.
— Tu nous as dit que tu allais travailler avec Luna ! répliqua l'autre, le ton cette fois plus accusateur qu'incrédule. Alors qu'en fait tu étais… tu couchais avec ce…
— Ce n'est pas ce que tu crois, Hermione ! se défendit Ginny.
— Ah oui ? Et qu'est-ce que c'est, alors ? Tu vas me faire croire que ce n'est pas Potter, mais Luna déguisée, c'est ça ?
— Évite de devenir insultante, Granger, si tu veux bien, intervint Harry, légèrement amusé de la réaction de son homologue féminin. Si tu peux me confondre avec Loufoca, tu as encore plus besoin de lunettes que moi.
— Ne l'appelle pas comme ça ! le réprimandèrent en même temps les deux Gryffondor, ce qui le fit sursauter.
Apparemment, elles n'étaient pas assez en colère l'une contre l'autre pour ne pas réussir à se mettre d'accord contre lui. Harry ne savait pas s'il devait se sentir flatté d'être aussi talentueux pour les énerver, ou vexé qu'elles soient si promptes à se liguer contre lui. Décidant d'être prudent, pour une fois, il leva les mains devant lui en signe de paix et déclara :
— D'accord, d'accord, ne vous énervez pas. Si ça ne vous dérange pas, je vais aller me coucher maintenant, puisque votre petite dispute ne me concerne pas. Bonne nuit les griffies.
— Attends une seconde, Potter ! l'arrêta Granger. Tu ne sors pas d'ici tant que vous ne m'avez pas dit ce que vous faisiez ensemble dehors à cette heure.
— Et tu peux me rappeler en quoi ça te regarde, déjà ?
— Harry, s'il-te-plait, n'en rajoute pas, soupira Ginny. Hermione, on était dehors parce que Harry me donne des cours de duel, c'est tout.
— Pas la peine de mentir, Ginny, je ne suis pas idiote.
Là, à l'instant, Harry se le demandait. Pour être tout-à-fait honnête avec lui-même, il avait toujours trouvé que Granger était douée d'une certaine logique et plutôt intelligente –même s'il ne l'aurait pas avoué sous la torture, cela allait de soi. S'il avait dû choisir une seule et unique Gryffondor capable de concevoir qu'il puisse devenir ami avec Ginny pour une autre raison que de vouloir coucher avec elle, il aurait pourtant été certain que c'aurait été Granger. Après tout, non seulement elle avait su depuis le début pour Cloé, et donc était au moins consciente qu'il n'était pas totalement comme il le faisait croire, mais en plus elle était censée être la meilleure amie de Ginny.
— Quoi ? n'en revint pas la rouquine susnommée. Tu ne me crois pas ?
— Écoute Ginny, j'ai essayé de me convaincre que je me faisais des idées, mais là c'est trop. D'abord tu le défends sans raison, ensuite tu passes tes soirées avec lui sans prévenir personne, et maintenant tu mens à ton petit ami pour le rejoindre. Désolé, mais là, tu me déçois, Ginny.
— Mais puisque je te dis que je ne sors pas avec Harry !
— Essaie de réfléchir une petite seconde, Granger, se décida à parler Harry, sans vraiment savoir pourquoi. Si on avait été occupés à coucher sensemble, tu ne crois pas que tu nous aurais vus sortir de ma chambre, au lieu d'y entrer ?
— Je suppose que vous ne vouliez pas faire ça devant Malefoy ! rétorqua-t-elle du tac-au-tac.
Harry cligna les yeux de surprise, ne comprenant absolument pas pourquoi elle parlait de Drago maintenant. Puis il crut deviner, et espéra aussitôt se tromper, ou il serait vraiment dans les ennuis jusqu'au cou.
— Tu veux dire que Drago est venu me voir ce soir ? Quand ?
— Maintenant, Harry, intervint une voix profondément amusée venant de la porte de la chambre de Harry avant que Granger n'ait eu le temps de répondre. Et je dois dire que je m'attendais pas à apprendre quelque chose d'aussi intéressant. Alors, comment c'était ? s'enquit-il avec un sourire plus que pervers.
Harry sentit lentement –ou peut-être pas si lentement que ça– la colère monter en lui. C'était déjà suffisamment ennuyeux d'avoir à ôter ces idées de la tête de Granger sans devoir en plus traiter avec Drago en même temps.
— Décidément, vous faites la paire, tous les deux, grommela-t-il. Alors maintenant, vous allez bien m'écoutez, tous autant que vous êtes, parce que je ne le dirai qu'une fois : JE. NE. SORS. PAS. AVEC. GINNY ! C'est peut-être un peu trop difficile à accepter pour ton pauvre petit cerveau, Granger mais il se trouve qu'il est possible d'avoir des amis du sexe opposé sans forcément coucher avec eux. Mais bon, je ne peux pas t'en vouloir, le seul ami que tu as jamais eu est Weasley et tu sors avec lui, persifla-t-il.
Harry regarda avec satisfaction Granger ouvrir la bouche, choquée, avant de repartir dans sa propre chambre sans un mot. Ginny, elle, ne semblait pas apprécier la manière dont il avait traité son amie :
— Tu étais obligé d'être aussi méchant ?
— Je te signale que c'est toi qu'elle accuse de tromper son petit ami avec moi. Tu ne vas pas me dire qu'elle ne le méritait pas.
— Comme tu le dis, c'est mon problème, alors j'aimerais bien que tu ne t'en mêles pas, lança-t-elle avant de quitter la salle commune à la suite de son amie.
— Foutu caractère, marmonna Harry.
— Alors, Potter, tu aurais pu me dire que tu sortais avec elle finalement. Ce n'est pas bien de cacher des choses à son meilleur ami.
— Ferme-la et amène-toi, Malefoy, il faut qu'on parle.
Sans lui laisser le choix, Harry saisit Drago par le bras et le fit sortir de force des appartements des Préfets-en-Chef.
— Oh là ! Calme, Potter ! Il fallait le dire si tu voulais que je te laisse seul avec la rouquine, j'aurais compris tu sais.
— Tu insinues encore une fois que je sors avec elle, et je te jure que tu le regretteras.
Harry le fixa dans les yeux en disant cela, pour bien lui faire comprendre à quel point il était sérieux. Drago sembla saisir, parce qu'il perdit immédiatement son sourire narquois.
— Honnêtement Harry, tu peux me dire pourquoi tu réagis aussi mal ? Tu ne vas quand même pas me dire qu'elle ne te plait absolument pas ?
— Drago…
— D'accord, c'est bon. Mais dans ce cas, réponds juste à une question : pourquoi ?
— Pourquoi quoi ? répondit Harry sans comprendre de quoi son ami parlait.
— Elle est canon, sur ça je sais qu'on est du même avis, expliqua le blond. Si comme tu le dis tu la considères comme ton amie, c'est qu'elle doit être plus que supportable dans une conversation, et elle a du caractère. En d'autres termes, c'est exactement le genre de fille que tu aimes, alors donne-moi une bonne raison pour ne pas sortir avec elle.
Harry soupira de dépit, effaré de voir à quel point son meilleur ami pouvait se montrer têtu quand il le voulait. Mais en même temps, admit-il pour lui-même, il n'avait pas non plus totalement tort : Ginny était tout-à-fait son type.
— Arrête de faire cette tête, Harry, je suis sérieux, continua Drago, l'air agacé. Si je te connais à moitié aussi bien que je le pense, tu es absolument d'accord pour te la faire, alors donne-moi une bonne raison pour ne pas provoquer Granger avec ça à chaque fois que j'en ai l'occasion.
— Tu veux une raison ? Parfait, alors en voilà une : je ne veux pas que Ginny perde ses amis simplement parce que Nott a essayé de la violer et que je lui donne des cours de duel pour qu'elle puisse se défendre s'il recommence. T'es content ?
Sa réponse eut au moins le mérite de couper le sifflet à l'héritier de Malefoy. Pour un moment, seulement, parce qu'il reprit rapidement un sourire narquois en disant :
— Et après tu te demandes pourquoi je crois que tu tiens à elle ? Harry, rappelle-moi la dernière fois que tu t'es inquiété des amies d'une fille, déjà ?
— Je m'en inquiète parce que c'est une amie, c'est tout, balaya Harry.
— Tu n'as pas l'air de trop t'en faire pour le fait que Theo me fasse la tête, pourtant, argua Drago.
— Ça, c'est parce que si tu traînais toujours avec ce salaud, tu pourrais m'oublier.
— Et pourquoi, tu peux me dire ? Ah oui, c'est vrai, parce qu'il a choisi de s'attaquer à ta précieuse petite Weasley.
— Drago, ne commence pas à le défendre ! éclata Harry, de plus en plus en colère. Tu sais très bien que ce n'est pas la seule raison.
— D'accord, tu le détestais déjà avant. Mais tu sais très bien que c'est à partir de ce jour là que tu t'es vraiment mis à le haïr. Quand il a attaqué ta sœur, tu t'es contenté de l'humilier un peu. Cette fois, tu l'as carrément défié dans un duel à mort ! Et pas la peine de t'enflammer, je ne dis pas que ce n'est pas mérité.
— Ce n'est pas pour ce qu'il a fait à Ginny que je l'ai défié, grommela Harry, qui détestait avoir à se justifier. C'est lui qui a ensorcelé le balai de Cloé et qui l'a envoyée à l'infirmerie deux fois en d'une semaine.
— Quoi ? Tu es sûr de ça ?
— Évidemment que j'en suis sûr, pour qui tu me prends ?
Harry était vraiment énervé par cette conversation dans son ensemble, et il en avait assez d'écouter son meilleur ami essayer de le convaincre qu'il était attiré –voire plus, si on lisait entre les lignes– par Ginny Weasley.
— Je te fais confiance si ça concerne ta sœur, reprit Drago, mais on ne parlait pas de ça au départ. Si je résume, Weasley est canon, c'est une de tes meilleures amies, tu tiens à elle au point de ne pas vouloir qu'elle se dispute avec ses autres copains, tu l'invites secrètement dans ta chambre depuis avant que tu aies cassé avec Greengrass, et tu lui fais assez confiance pour la nommer marraine de ta sœur, mais même avec tout ça, tu ne veux pas sortir avec elle. J'ai bon ?
— Oui ! Une minute, réalisa Harry, comment tu sais depuis quand Ginny vient me voir ?
— Daphné me l'a dit l'autre jour, mais bref. Bonne nuit, Harry, tu me diras quand tu auras arrêté de te voiler la face.
— Hé, attends ! le rappela Harry alors que Drago faisait demi-tour. Pourquoi tu étais venu, déjà ?
— Ah oui, c'est vrai. Je voulais savoir si tu étais partant pour un petit pari sur le match de dimanche.
— Tu veux parier quoi ?
Il n'était absolument pas convaincu que ce soit une bonne idée, compte tenu du dernier coup fourré qu'il avait fait à son meilleur ami en matière de pari. En plus, il savait qu'il y avait assez peu de chances que les Catapultes gagnent, puisqu'il n'avait pas entendu parler d'un changement d'attrapeur depuis le match des Canons. Il n'était pas très enclin à jouer quoi que ce soit sur une partie qu'il pensait perdre.
— Oh, je sais pas, pourquoi pas un petit gage comme la dernière fois ? proposa Drago.
— Rêve, Malefoy.
— Tu te dégonfles ? provoqua-t-il.
— Non, c'est juste qu'avec l'attrapeur qu'on se traîne, on n'a presque aucune chance, sauf si le vôtre est manchot.
— Donc tu te dégonfles. Ça ira pour cette fois, je veux bien épargner ta fierté, à demain Potter.
— Mouais, c'est ça.
Harry regarda son meilleur ami retourner vers les cachots avant de retourner dans ses propres appartements. Comme lui et Drago étaient restés juste devant le tableau et qu'ils n'avaient rien vu, il supposa que Ginny n'avait pas encore fini de parler avec Granger. Il entra dans sa chambre et fut surpris d'entendre du bruit venant de sa salle de bain. Il s'apprêtait à entrer pour voir qui cela pouvait bien être quand son cerveau se remit en marche et qu'il comprit. Il se demanda alors comment il avait pu ne pas avoir eu plus tôt l'idée de proposer sa salle de bain personnelle à Ginny.
Harry alla s'allonger en l'attendant, mais n'eut guère le loisir de réfléchir à toute cette soirée avant qu'elle ne ressorte, encore en train de se passer une serviette dans les cheveux. Elle sursauta quand il lui adressa la parole, comme si elle avait oublié chez qui elle était présentement :
— Je ne sais pas si tu es au courant, mais le vert et argent te va très bien, Ginny, l'accueillit-il, faisant référence aux couleurs de la serviette qu'elle avait sûrement empruntée dans un de ses placards.
— Oh, tu es revenu. Oui, je ne savais pas où tu rangeais les clés, et puis ensuite je me suis dit que ça ne servait à rien de me fatiguer à aller jusqu'aux vestiaires alors qu'il y avait une douche libre à portée de main. Comme je ne pouvais pas te prévenir…
— Ouais, tu as bien fait. Alors, Granger a fini par comprendre ?
Ginny se rembrunit visiblement à sa question, et Harry se demanda ce que le rat de bibliothèque avait bien pu dire comme idiotie, cette fois. Elle n'avait quand même pas continué d'affirmer que lui Ginny sortaient ensemble, non ? La jeune fille s'assit sur le fauteuil des visiteurs, comme Harry avait commencé à l'appeler en lui-même.
— Oui, elle a finalement admis qu'on n'était pas ensemble, même si elle n'en revient pas que tu aies accepté de me donner des cours.
— Tu ne lui as pas dit pourquoi, n'est-ce-pas ?
Ce n'était qu'à moitié une question, car il connaissait déjà la réponse.
— Non, et elle n'a pas vraiment apprécié. Elle a dit qu'elle en avait assez que je lui cache des choses, que je ne la considérais plus comme une vraie amie depuis que je te connaissais. Vraiment idiot, quand on y pense, puisque je n'aurais jamais commencé à vraiment te parler si Ron et elle ne m'avaient pas laissée tomber en début d'année.
— Et dire que les gens pensent qu'elle est intelligente.
— Elle l'est, la défendit Ginny. C'est juste qu'elle te déteste un peu trop pour te faire confiance. Ça peut se comprendre, vu comment tu la traites.
— Excuse-moi, mais si quelqu'un a des raisons de me détester à Gryffondor, ce serait plutôt toi. Mais bon, c'est ton problème, après tout, si tu préfères ne pas lui en vouloir…
— Au moins, elle a accepté de ne rien dire à personne pour nos rendez-vous.
— Comme c'est gentil de sa part ! persifla-t-il.
— Harry, s'il-te-plait, fit-elle d'un ton las, avant de pousser un long bâillement.
— Il commence à se faire tard, nota-t-il platement en la voyant faire. Tu veux rester pour la nuit, ou tu retournes à ta salle commune ?
— Il vaut mieux que j'y aille, je pense. Bonne nuit, et merci pour ce que tu fais.
— De rien.
Il la regarda partir avant de retomber en arrière sur ses oreillers. Malgré lui, les paroles de Drago lui revinrent en mémoire, et il y réfléchit sérieusement, pour une fois. En toute honnêteté, c'était vrai qu'il avait toutes les raisons possibles et imaginables de vouloir sortir avec Ginny : elle était belle, il appréciait son caractère, elle s'entendait bien avec lui et sa sœur, ça rendrait Cloé folle de joie, et la moindre d'entre elles était que ça tuerait le frère Weasley à coup sûr. Mais est-ce que tout ça valait le coup de risquer de perdre son amitié ?
