Coucou les girls!

Bon, j'espère que la table de la cuisine vous a inspiré! Certaines m'ont prise au mot, je dois vous annoncer que je vais surement arrêter d'écrire cette histoire, parce que certaine le font beaucoup mieux que moi!

Ensuite, je vous dois des excuses parce que j'ai pas répondu aux messages cette semaine. Pas eu le temps... ouais je crains... je suis une auteur ingrate! mais j'ai préféré écrire.

Sinon, dans le chapitre à venir, on est descendu de la table de la cuisine, on met deux trois petits trucs en place encore dans ce chapitre donc c'est pas folichon. Mais proftitez du calme avant la tempête...

Des bises, A dimanche prochain!

SBR


Chapitre 37

Bella

La nuit avec Edward a été torride, fatigante, mais bien que je sois courbaturée, ça ne m'empêche pas d'être remontée comme une pendule après Julian. Edward m'a beaucoup distraite mais je n'ai pas arrêté de penser à ce qu'il m'a dit à propos de son stage et ça me met en colère que mon ex mari profite de lui ainsi.

C'est pour cela que je suis en route vers le bureau d'étude de Whitlock et associés de très bonne heure. Je sais que Julian va rester quelques jours ici, à son bureau et que si je veux l'attraper entre deux rendez-vous j'ai plutôt intérêt à me dépêcher. Quitter les draps a été une vraie torture mais Edward devait repasser chez lui se changer de toute façon.

J'enclenche le frein à main de la voiture après m'être garée un peu brutalement devant la porte vitrée de l'immeuble qui accueille le cabinet d'architecture. La place est réservée aux clients mais je m'en moque royalement.

Un jeune homme est installé derrière un bureau sur la gauche, le hall a été réaménagé depuis ma dernière visite et lui je ne le connais pas.

-Bonjour, je suis madame Swan, je veux voir Julian Whitlock maintenant. Dites-lui que je suis là !

Il me dévisage avec des grands yeux et un peu de crainte c'est vrai.

-Bien sûr, se force-t-il à sourire. A quelle heure avez-vous rendez-vous ? Mes yeux sortent de leurs orbites. Visiblement il est nouveau ici.

-Je n'ai pas de rendez-vous ! Bon, merci quand même ! Je m'éloigne vers le fond de la pièce pour prendre le couloir qui mène au bureau du patron.

-Madame ! Vous ne pouvez pas rentrer ainsi. Il part à ma poursuite mais je suis déjà à quelques mètres de la porte.

-Si si ! Je vous assure que je peux. Conan ? Crie-je dans le couloir en marchant d'un pas décidé.

-Punky ? Arrête de hurler ! Sa voix bourrue du matin me parvient depuis une pièce sur la droite et je vois sa grande stature apparaître devant moi. Il a les traits tirés et les yeux fatigués, ses pupilles sont un peu trop dilatées. Il a eu une nuit agitée, je peux le certifier.

-Laisse, Shawn, c'est ma femme !

-Ex ! Je le corrige d'une haute et intelligible voix et il roule des yeux. Le jeune homme s'éclipse et Julian arque un sourcil.

-Qu'est-ce que je peux faire pour toi baby ?

-Dans ton bureau ! Je lui désigne la porte du fond.

-A vos ordres Miss Swan ex-Whitlock se moque-t-il en obéissant. Que me vaut tes foudres ? Tu veux un café ?

-Non, je viens te parler d'Edward.

-Edward ? Edward Cullen ?

-Oui, tu sais, l'ami de ton fils qui veut collaborer avec toi et que tu essaies de voler !

-Ho ho ho ! Lâche-t-il en mettant ses deux mains devant lui. On va se calmer baby ! Je ne vole personne, qu'est-ce qui t'arrive ? Installe-toi je t'en prie !

-Il m'arrive qu'Edward m'a fait part de tes projets, de vendre son projet. Comment as-tu pu lui prendre ça ? Le projet qu'il t'a présenté lui tient à cœur, c'est la maison de ses rêves !

-Et alors ? Il veut travailler pour moi, il faut que j'y trouve mon compte !

-Ton compte ? Tu n'as vraiment aucune pitié ! Comme si tu avais besoin de ça !

-Écoute Bella, je ne sais pas ce qu'il t'a raconté mais je ne lui vole rien, il aura sa part sur chacune des ventes et crois-moi, au vu de la qualité de sa réalisation, il va se faire un bon paquet de fric ! Ça serait vraiment stupide qu'il crache là-dessus. De plus, il aura ici tous les outils à disposition pour créer de nouveaux projets. Je ne vois pas où est le problème, je lui offre une vraie chance de percer dans ce métier.

-Je sais ça Julian mais tu ne peux pas utiliser cette maison, laisse-lui le temps d'en créer d'autres, celle-là a trop d'importance pour lui.

-Ce n'est qu'une maison.

-C'est sa maison ! Julian, si tes parents ne t'avaient pas avancé l'argent pour la BIPO, l'aurais-tu bradée à un cabinet d'archi ?

-Je l'aurais fait, si je n'avais pas eu d'autres choix, tu le sais parfaitement. Il ne fallait pas qu'il me présente ce projet s'il ne voulait pas que je l'exploite.

-Il voulait te montrer ce qu'il savait faire et tu l'as coincé ! Tu lui offres ce stage, les moyens de réaliser de nouvelles choses, de se lancer, comment te dire non maintenant ?

-Il n'avait qu'à réfléchir avant. J'ai déjà deux propositions pour son projet et je ne l'ai que depuis hier tu te rends compte ?

Je vois des dollars dorés clignoter dans les yeux de Julian et je sais, par expérience, que plus rien ne l'arrêtera désormais. J'ai foutrement envie de le gifler, je déteste quand il est un connard insensible.

-Tu me répugnes Julian. Tu es un monstre.

-Tiens, ce n'est pas la première fois que j'entends ça ! Elude-t-il. Je sais qu'il n'a absolument rien à faire de ce que je peux penser de lui. Bon et à part les rêves de gosse de ton petit protégé, qu'est-ce qui t'amène ?

-Rien, je voulais juste essayer de te faire comprendre que tu allais faire une belle bêtise mais qu'importe, tu es trop borné !

-Quelle bêtise ? Il n'est même pas encore sorti de l'école, je lui offre la plus grande opportunité de sa vie.

-Est-ce que cela mérite de tirer un trait sur ses rêves ?

-La vie est faite de sacrifices, Bella, tu le sais. Mais si vraiment ça te fout en l'air de voir ce gamin vendre contre sa volonté son projet, achète-lui ! Après tout, tu as les moyens non ?

-Idiot ! Je ne vais pas acheter une maison à Edward !

-Pourquoi pas ? Je la fais construire, quand il se sera fait une réputation et qu'il croulera sous les demandes, il aura les moyens de la racheter, tu feras une belle plus-value, s'il la veut vraiment !

-Je n'ai pas l'intention de faire de l'argent sur le dos d'Edward !

-Eh bien tu lui revends à prix coûtant ! Pourquoi tu m'emmerdes ? En plus je suis certain qu'elle te plairait, c'est ce que tu aimes en général. Et sérieusement, tu crois vraiment que tu emmèneras ton pognon dans ta tombe Bella ? Il est peut-être temps de lâcher du lest et de dépenser un peu.

-Combien ?

Le sourire carnassier de Julian n'a plus de fin.

-Ça dépend du prix du terrain, suivant l'endroit où tu veux la faire construire, ici à San Francisco, dans un quartier sympa, avec vue sur mer, ça ira chercher vers le million, par contre dans les terres, au sud de la ville, je dirais dans les sept cent mille sans l'aménagement extérieur mais cette partie ne devrait pas te coûter trop cher.

-C'est stupide comme idée !

-Tu pourras la revendre le double dans dix ans. Je te fais un prix d'ami ! Ce genre de projet peut atteindre deux ou trois millions ! C'est donné à ce prix là.

-Tu n'essaierais pas de m'escroquer Julian ? Il éclate de rire en frottant son menton. Ses grands yeux bleus se plongent dans les miens et je peux jurer qu'il est honnête sur ce coup-là.

-Fais voir ce projet !

Il claque dans ses mains d'un air enjoué et tourne son écran d'ordinateur vers moi.

Après avoir épluché le projet d'Edward avec Julian, je quitte son bureau des étoiles plein les yeux. Tout le monde dit qu'Edward a un talent incroyable, je suis entièrement d'accord avec ça. La villa qu'il a dessinée est absolument stupéfiante. Le mélange parfait du style victorien et colonial avec une touche de modernité. Alors, même si je ne lui en ai pas parlé, les choses se sont un peu précipitées.

Je cherche un terrain, les agents immobiliers qui travaillent pour le cabinet de Julian ne cessent de me faire des propositions. Je n'ai pas encore été voir un seul endroit car avec le licenciement de James, l'organisation des congés d'été, le choix du projet pour la résidence Thomas Paine, l'inauguration de la tour HSBC, le reportage dans le magazine de Jacob, la semaine a été riche en émotions. Et je dois avant tout parler à Edward de ma lubie.

Parce qu'il s'agit simplement d'une lubie. Je suis tombée amoureuse de cette maison, c'est certain, mais c'est complètement stupide d'investir dans un si grand projet alors que dans quelques années je serai seule. Mais je ne peux pas m'en empêcher et Julian a raison, à quoi auraient servi tous les investissements, tout l'argent que j'ai mis de côté si je n'en profite pas ? Et puis je ne vais pas rester dans la Bipo jusqu'à ma mort. Même si je sais qu'il ne le fera jamais, cette maison est à Jasper et il peut me mettre dehors quand bon lui semble.

Si on l'occupe encore aujourd'hui lui et moi, c'est seulement parce que Julian l'a donnée à son fils et qu'il habite à New York maintenant. Je ne sais pas ce que je ferai de la maison d'Edward mais je suis contente d'être la première à l'avoir. Julian m'a assuré bloquer les deux propositions qu'il avait sous le coude pour que j'aie l'exclusivité de cette demeure. Et après quelques études et quelques coups de fil à des connaissances, je sais qu'il me permet de faire une très bonne affaire. J'espère qu'Edward verra ça comme ça.

Heureusement, c'est vendredi et assise derrière le volant de ma voiture je rentre tranquillement vers la maison. Je roule plus lentement qu'à l'accoutumée car je n'ai pas envie d'être seule à la maison. Edward dîne avec son frère et ne viendra pas avant vingt-deux heures. Je suis un peu frustrée qu'il ne vienne pas plus tôt, j'aimerais lui parler de mon projet et de ma semaine en général. Mais je ne peux pas lui en vouloir pour ça, il a aussi sa vie à faire et je ne peux pas me servir de lui constamment. Il est d'excellente compagnie pour me changer les idées même si à chaque fois ça me fait culpabiliser. Je me sers de lui pour palier à l'absence de Jasper et c'est très mal, je le sais.

Je sors de l'autoroute une sortie avant Daly City, il n'y a plus rien à manger à la maison et Edward va râler s'il se rend compte que je n'ai pas mangé. Je ne peux pas non plus me nourrir uniquement de sandwichs, il a raison mais je ne l'avouerai jamais devant lui.

Je me gare sur le parking du supermarché et je descends mollement, je déteste faire les courses. Par chance il est assez tard et la plupart des gens sont déjà chez eux, ou sont partis en week-end. Le temps annoncé pour les prochains jours est au beau fixe, tous le monde a quitté la ville, c'est évident.

Je traverse les rayons du magasin, mon petit panier en plastique sur le bras, le garnissant de quelques légumes, un peu de viande et une boite de céréales. Au rayon boissons, une silhouette très familière et adorée attire mon attention. Je ne devrais pas être surprise de croiser Edward ici, il habite à seulement quelques kilomètres. Mais je suis étonnée qu'il porte une casquette et un jean très élimé.

-Quelle bonne surprise, je ne m'attendais pas à te voir avant ce soir ! Ris-je en le rattrapant alors qu'il s'éloigne vers la caisse. Il se retourne vivement, surpris. Ma bouche reste un peu entrouverte et mon souffle bloqué, quand des yeux verts d'une intensité similaire à ceux d'Edward me toisent avec stupeur. Je reconnais ses yeux mais son nez est beaucoup plus long, sa bouche plus étroite et ses traits plus juvéniles. Ce n'est pas lui ! Je me sens subitement très bête.

-Excusez-moi, dis-je en rougissant, gênée au possible, je vous ai pris pour quelqu'un d'autre.

-Pas de mal ! Sourit-il en se balançant d'un pied sur l'autre. Vous êtes Bella ?

-Oui ? Dis-je avec des grands yeux incrédules. Il rit devant mon air choqué.

-Je suis Antony, Antony Cullen, le frère d'Edward. M'explique-t-il comme une évidence. Il me tend sa main et je le dévisage pendant une longue seconde. La première chose que je me demande c'est « bordel comment est-ce possible de se ressembler autant ? » et la deuxième c'est « comment sait-il qui je suis ? »

-Enchantée, dis-je précipitamment en prenant sa main pour ne pas qu'elle reste dans le vide, ce qui serait parfaitement impoli.

-Plaisir d'vous rencontrer, Edward m'a parlé d'vous. Son sourire n'a plus de fin et je suis vraiment troublée par sa ressemblance avec Edward, je lui en fais part sans pouvoir me retenir.

-C'est dingue ce que vous vous ressemblez ! Il rit de plus belle en jetant sa tête en arrière.

-Il parait oui ! Vous allez chez Edward là ?

-Non, non, je fais juste quelques courses.

-Oh, ouais eh bien, on doit se rejoindre au restau en face dans une petite demi-heure, je suis un peu en avance, vous voulez vous joindre à nous ?

Je regarde le frère d'Edward de manière étonnée. Sa question me désarçonne complètement. Je suis la patronne d'Edward et je trouve ça surprenant qu'il m'invite à dîner avec eux.

-Excusez-moi Antony, Edward vous a parlé de moi visiblement, mais qu'est-ce qu'il vous a dit au juste ?

C'est à lui d'avoir l'air gêné maintenant, il se mordille la lèvre et tire le rebord de la manche de son polo qui barre son biceps. Je reconnais beaucoup Edward dans ce geste.

-Il m'a dit que vous sortiez ensemble depuis quelques semaines.

-Qu'on sort ensemble ? M'écrie-je surprise. Il me regarde sans comprendre. C'est affreusement gênant d'être mise au pied du mur de cette façon.

-C'est ce qu'il m'a dit, oui. Il a plus marmonné que parlé et je vois bien que je viens de le mettre mal à l'aise. Je suis certain qu'il se demande s'il n'a pas fais une boulette.

-Bon, eh bien voilà qui est clair, il vous a parlé de nous. Ma voix est un peu acerbe et le pauvre n'y est pour rien mais moi ça me met un peu en colère qu'Edward ait dévoilé notre secret.

-Ouais, écoutez, je suis désolé. Ça a l'air de vous gêner et je ne sais pas trop pourquoi mais moi je vous juge pas. Si mon frère est bien avec vous c'est tout ce qui m'importe. Et je ne vais pas le crier sur tous les toits, ça me ne regarde pas en fait, je peux faire comme si j'étais au courant de rien et que je vous connaissais pas.

-Non, eh bien non, ce n'est pas ce que je vous demande, je suis juste surprise qu'il vous ait dit que…

-On est plutôt proches lui et moi, je suis son frère donc bon … c'est normal non ?

-Oui, bien sûr c'est normal c'est juste que peu de personnes le savent, c'est assez gênant.

-Désolé de vous avoir mise mal à l'aise. En tout cas je suis content de vous connaître. Il m'offre un grand sourire, honnête et chaleureux.

-Moi aussi, dis-je finalement en lui rendant son sourire.

-Alors ? Ça vous dit de venir grignoter un bout avec nous ? Edward sera content de vous voir j'en suis certain.

- C'est gentil mais non c'est… je ne peux pas, ça serait déplacé.

-Déplacé ? On va juste manger un tacos, vous n'aimez pas les tacos ? Je ris un peu face à son aplomb et cette même manière d'insister que son frère en éludant mes propos.

-Je ne crois pas en avoir mangé depuis au moins dix ans.

-Si vous avez peur de déranger, ce n'est pas du tout le cas ! Ajoute-t-il avec décontraction et c'est juste en face, de l'autre côté de la route, il y a des tables à l'extérieur, bien exposées au soleil et …

-D'accord ! D'accord ! Finis-je par le couper avant qu'il ne me récite tout le prospectus. Allons-y pour un tacos.

-Super ! Je vais appelez Edward pour qu'il bouge son cul. Heu pardon ! Pour qu'il vienne. Je ris un peu jaune en l'entendant corriger son langage. Ça me fait me sentir vieille qu'il fasse ça.

-Je vais payer, je vous attends devant, sourit-il en s'éloignant, son téléphone portable déjà collé à l'oreille.

Je le regarde partir et j'attrape la bouteille de jus d'orange que j'étais venue chercher. Je me dirige vers la caisse en pensant que ça risque d'être extrêmement gênant de me retrouver avec Edward et son petit frère. J'espère que personne que je connais ne nous verra, ça serait plutôt compliqué à expliquer. Cela dit, c'est moins difficile que si j'étais seule avec Edward car là ça aurait vraiment l'air d'un rencart. Juste un tacos avec son frère et lui ça n'a rien de délirant. Je les ai croisés par hasard et on a mangé un bout ensemble, ça se tient. Après tout, je connais bien Edward, il est proche de mon fils, il était à son anniversaire avec toute la famille le week-end dernier. Et puis un tacos avec eux, c'est mieux qu'un wok de légumes toute seule dans le canapé. Bon allez, détends-toi Bella, ça va bien se passer.

Enfin, en espérant qu'Edward soit du même avis que moi.

Je récupère mon sac de provisions après avoir réglé la note et je rejoins Antony qui fait les cent pas sur le trottoir devant le magasin.

-Edward arrive, sourit-il en venant vers moi, je ne lui ai pas dit que vous étiez là ! Donnez-moi votre sac ! Il rit comme s'il avait fait une bonne blague en tendant ses bras vers moi. Je lui laisse le paquet, surpris qu'il soit si serviable.

-Peut-être serait-il mieux qu'il soit au courant quand même non ? Peut-être qu'il voulait dîner seul avec toi. Je marche en direction de mon véhicule aux côtés d'Antony.

-Non, on mange ensemble souvent, pas d'inquiétude, il va être content ! C'est une bonne surprise vraiment ! Je déverrouille mon véhicule et ouvre le coffre pour qu'il puisse poser les courses.

-Merci beaucoup Antony, dis-je en claquant le haillon.

-Je vous en prie m'dame Bella.

-Bella, tu peux m'appeler juste Bella.

-D'accord Bella avec plaisir, sourit-il. On y va alors ?

-Allons-y ! Dis-je avec moyennement d'entrain, je ne vois pas comment faire machine arrière maintenant et puis de toute façon, j'ai envie de voir Edward et son petit frère est vraiment gentil et chaleureux. C'est bête mais je crois qu'il m'aime bien.

On traverse la route en marchant côte à côte et on grimpe les quelques marches qui mènent à la terrasse du snack. Elle court le long de la grosse maison et l'angle du fond donne sur l'océan. La vue est très jolie bien que le bâtiment semble un peu vétuste et le mobilier très cheap. Antony attrape une chaise vide à la table voisine et la rapproche d'une table installée pour deux le long de la balustrade.

-Bella ? Tu préfères la vue sur la mer ou sur ce qui se passe ? On prend toujours cette table avec Ed. Lui il se met là normalement.

-Peu importe ! Il m'invite à m'asseoir à la place d'Edward, face à la mer, en tirant la chaise pour moi d'une manière très galante. Encore un point commun avec son frère. Une fois que je suis assise, il contourne la table et s'installe de l'autre côté. Je suis surprise quand il enlève sa casquette de découvrir qu'il a le crâne rasé. C'est assez étonnant, il ressemble beaucoup moins à Edward du coup et il a l'air beaucoup plus jeune. Bien qu'il soit grand, c'est flagrant qu'il sort tout juste de l'adolescence.

Il m'observe quelques secondes lui aussi. Le silence est même un peu gênant. Trop mal à l'aise sous son regard, je fouille dans mon sac pour sortir mon téléphone et éviter ses yeux curieux. Juste au cas où Jasper appellerait. Je baisse le volume de la sonnerie sans la couper totalement et pose le téléphone sur la table. Il m'a appelé hier donc je doute qu'il le fasse de nouveau aujourd'hui mais s'il a besoin de quoi que ce soit je préfère être joignable.

-Bonsoir ? Qu'est ce que je vous sers ? Demande une jeune femme brune en se plantant devant notre table, sa visière en plastique rouge est parfaitement ridicule mais assortie à sa tenue. Elle s'adresse essentiellement à moi, comme si c'est moi qui décidais, ouais évidement, elle doit penser que je suis sa mère.

-On attend encore quelqu'un, Antony attire son attention. Est-ce possible d'avoir un verre en attendant ? Bella tu veux boire quelque chose ?

-Je vais vous prendre une menthe à l'eau s'il vous plaît.

-Bien et vous jeune homme ?

-Un coca, mettez une bière blonde en bouteille pour mon frère. Merci !

Elle s'éloigne rapidement, ses pieds résonnant sur la terrasse en bois usé. Je reporte mon attention sur Antony, je plisse les yeux car le soleil couchant agresse un peu mes rétines.

-Pensez pas que je vous drague ou quoi Bella mais je vous trouve vraiment très belle !

-Merci ! Dis-je en m'étouffant avec ma salive, je ne m'attendais pas à ça, aussi charmeur que son frère. Il est amusant à me tutoyer un coup et me vouvoyer un autre.

-Et vous avez l'air vraiment gentille ! Je me sens flattée et lui offre un petit sourire. Il est adorable.

- Alors comme ça vous faites des jardins ? S'enquit-il en se laissant aller dans le fond de sa chaise.

-Oui, je suis paysagiste et toi ? Tu pilotes et répares des voitures, c'est ça ?

-Oui, je suis mécanicien sur le circuit de Sunnyvale et je conduis aussi une Mustang, elle est garée là-bas. Il pointe son doigt vers la rue derrière moi. Je me retourne et je devine la voiture de sport bleu électrique stationnée devant.

-Elle est très belle ! Dis-je avec admiration, amusée par les larges bandes blanches qui courent sur le long capot. Tu fais des courses avec ?

-Non pas celle-là, pas assez puissante. Votre fils en a une aussi il parait ?

-Oui, une Shelby, noire et rouge.

-La Shelby c'est la meilleure ! Trop cher pour moi, cela dit !

-Je n'aurais pas mis autant d'argent dans une voiture non plus. C'est son père qui lui a offert.

-Votre 4x4 est loin d'être miteux !

-Il appartient à ma société. Tu es bien renseigné je trouve, est-ce Edward qui t'a raconté tout ça où tu connais Jasper ?

-Non je ne le connais pas, c'est Edward qui me l'a dit.

-Je crois qu'il parle trop ! Ris-je en me demandant ce que diable Antony sait d'autre.

La petite serveuse revient avec nos boissons, je la remercie brièvement et elle repart après avoir offert un grand sourire au garçon devant moi. Il reluque ses jambes quand elle s'éloigne et ça me fait sourire de plus belle.

-Tiens le voilà ! Antony se redresse en agitant sa main et je me tourne de nouveau vers la rue. Edward apparaît en grimpant agilement les marches, les mains dans les poches de son short blanc. Il est beau à tomber avec son tee-shirt assorti parfaitement ajusté et son air décontracté. Ses Ray-Ban sur son nez, je ne vois pas ses yeux mais il marque un petit temps d'arrêt quand il se rend compte de ma présence. Puis un adorable sourire se dessine au coin de sa bouche. Il traverse la terrasse rapidement.

-Eh bien quelle surprise ! Il claque l'épaule de son petit frère qui vient de se lever pour l'accueillir. Antony se rassoit aussi vite quand Edward se tourne vers moi. Il tire la chaise au bout de la table et s'assoit avant de se pencher vers moi, glissant sa main sur mon épaule dans le même temps. Ses lèvres effleurent ma joue délicatement.

-Bonsoir belle créature ! Chuchote-t-il d'une voix suave en laissant son souffle traîner sur ma peau.

-Salut ! Souris-je en frissonnant sous le contact de son index qui glisse le long de mon cou.

-Quelqu'un m'explique ? Demande-t-il en se tournant vers son frère puis vers moi.

Je ris un peu quand Antony ne dit rien et comme je suis persuadée qu'il va le faire je me tais aussi. Si bien qu'Edward nous regarde à nouveau, chacun notre tour, dans l'incompréhension totale et c'est vraiment amusant de le voir se questionner ainsi.

Je croise les yeux d'Antony une seconde, ils pétillent d'une lueur malicieuse et on rit, complices. Heureux de le taquiner.

-Alors ? S'agace-t-il, qu'est-ce que vous faites ici ? Tous les deux ! Comment… ? Je me mords l'intérieur des joues pour ne pas rire davantage alors qu'il s'agace pour de bon.

-Peu importe ! Grogne-t-il en roulant des yeux. Cette bière est pour moi ? Il m'interroge des yeux et je lui fais oui de la tête, les lèvres toujours pincées entres elles pour ne pas rire ouvertement. Il prend une grande gorgée et mes yeux s'égarent sur sa pomme d'Adam saillante qui monte et descend quand il déglutit. C'est fichtrement sexy !

-J'ai croisé Bella à la supérette en face, elle m'a pris pour toi. Finit par expliquer Antony.

-Hum ? Vraiment ? Edward se tourne vers moi en ricanant. Comment as-tu fait pour nous confondre ?

-Vous vous ressemblez beaucoup ! Dis-je en levant les mains devant moi.

-Tu plaisantes ! Il n'a même pas de cheveux et la plupart de ses fringues sont trouées !

-Il portait sa casquette et je n'ai pas regardé ses habits ! Je constate en disant ça que le tee-shirt d'Antony est passablement râpé, les bords de ses manches sont élimés et le col aussi. Les vêtements d'Edward sont toujours immaculés, il n'a jamais un pli de travers.

-Peu importe, tu devais vraiment être distraite, je suis beaucoup plus beau que lui !

Le poing d'Antony heurte brutalement le bras d'Edward. La bière manque de voler à travers la table.

-Putain ! Gronde ce dernier en se tournant vers son petit frère la main en l'air, comme s'il allait lui coller un revers dans la figure.

-Ne fais plus jamais ça ! Je te casse la main !

Antony lui remet un coup immédiatement et Edward ne bronche pas, cette fois il s'y attendait, visiblement. Edward m'a dit qu'il devient un vrai gamin quand il est avec son frère, il ne m'a pas menti. Mais je passe un excellent moment, loin de l'agitation et du stress de la semaine, je me détends parfaitement.