Bonjour à tous,
J'ai failli oublier de publier aujourd'hui après un petit week-end bien chargé! Mais heureusement, je me suis reprise à temps. Encore une fois, nous suivons le petit chemin de Draco et sa confrontation avec Vous-savez-qui (un jour, j'arrêterai peut-être de m'acharner sur lui).
merguez: Ah merci! J'ai besoins de beaucoup de motivations ces temps-ci donc ça me donne la force!
luffynette: Merci :)
Je tiens à remercier également un Guest qui m'a fait remarquer l'anomalie sur l'apparition des noms (une fois de plus) dans le chapitre. Donc je le remet à jour en espérant que ça n'aura pas empêcher à ceux qui l'ont déjà lu de l'apprécier. Et je m'excuse si il reste encore des trous, mais malheureusement, je ne suis pas infaillible et très fatiguée!
J'espère que vous n'êtes pas tous débordé comme moi, même si je sais que c'est la période de l'année donc courage à tous et à toutes et je vous attend!
Bonne lecture,
Letki
Draco prit une profonde inspiration alors qu'il se tournait vers son maître. L'homme était assis avec nonchalance sur son siège, celui-ci était d'ailleurs plus grand et plus imposant par rapport aux autres. Un de ses pieds aux ongles démesurément longs et noirs dépassaient de ses robes et était posé sur l'accoudoir de la chaise alors qu'il s'appuyait contre le dossier en examinant le blond de ses yeux rouges. Pour couronner le tout, il faisait tourner sa baguette entre ses doigts, faisant tressaillir le blond à chaque fois que la pointe s'attardait un peu trop longuement dans sa direction. Pourtant, même si Draco le craignait, il ne ressentait plus la peur viscéral qu'il avait à chaque fois qu'il était convoqué il y a de cela plus d'un an. Et il ne savait pas si c'était car son démon avait changé de visage ou si c'est car il connaissait l'identité du seigneur des ténèbres. Tom Marvolo Riddle, l'orphelin au cœur brisé. Draco vérifia du coin de l'œil que Nagini ne trainait pas la salle avant de s'avancer de deux petits pas hésitant vers le seigneur des ténèbres et de s'incliner.
-Mon seigneur, dit Draco avec plein de déférence, je suis enceinte de bientôt 5 mois.
La réponse claqua dans l'air faisant tressaillir le blond.
-Et ce n'est que maintenant que tu reviens ?
La voix du Lord tonna comme un grondement dans la pièce, alors qu'il dardait son regard rougeoyant dans les yeux gris déjà rendu humide par la peur et la nervosité. Avant même qu'il n'ait pu se défendre, Draco sentit comme une main invisible se refermer sur sa gorge et il eut l'impression d'étouffer. Incapable de parler, il se débattit vainement dans les airs, s'agitant et faisant claquer ses robes alors qu'il bougeait les bras d'un air ridicule. Rapidement, il entendit son cœur battre dans ses tempes et ses forces faiblir. Il se rendit compte sans trop de surprise qu'il avait déjà beaucoup moins de résistance que la veille.
-Il risque de perdre l'enfant, intervint Rokwood en entourant les frêles épaules de Draco de ses mains pour le soutenir. Le moindre choc lui fera faire une fausse couche.
Quand le sort se leva, le blond retomba dans ses bras comme une marionnette désarticulée alors qu'il se mettait à tousser. D'une main tremblante, Draco défit les boutons de son col et prit une profonde inspiration en s'appuyant de tout son poids contre Rokwood qui le maintint debout. Il détestait cet état de faiblesse.
-Mon seigneur, croassa Draco avant de s'interrompre pour tousser de nouveau. Ça ne c'est pas passé comme prévu …
-Approche.
-Quoi ? Couina Draco d'une petite voix.
-Je n'aime pas me répéter.
Dracco s'approcha rapidement, craignant la colère du maître. Celui-ci tendit sa main vers lui et Draco s'immobilisa qu'une fois arrivé à sa portée. Il ferma les yeux, se préparant de nouveau à la sensation désagréable que provoquait le contact avec le Lord et cela ne manqua pas. Il serra les dents quand la douleur et la nausée revinrent alors que le Lord se saisissait du col de sa robe pour l'écarter.
-Ton cher époux te battait-il ? Demanda le Lord en passant ses doigts glacés sur les marques violacées qui ornaient sa peau et les cicatrices présentes sur son ventre
Draco eut des sueurs froides. Ces marques étaient du à sa confrontation avec les mangemorts. Mais si le Lord apprenait qu'il le fuyait … il ne donnait pas cher de sa peau. Alors autant qu'il croit que c'était du à Sirius. Surtout que ce n'était pas totalement faux.
-Cela … fait partie des complications dont je devais vous informer, je-
La gifle le prit par surprise et il tomba lourdement sur les fesses. Il dévisagea le Lord alors qu'il se levait et commençait à marcher dans la salle. Le voir s'éloigner n'avait rien de rassurant pour Draco, le seigneur des ténèbres était en territoire conquis et il savait qu'il dominait totalement cette situation. Draco se releva prudemment, sa joue le brulant encore du contact mais il n'osa pas poser sa main dessus.
-C'est de cela que je voulais vous entretenir maître, dit-il en reprenant la conversation comme si rien ne c'était passé, la conception ne c'est pas passée comme prévu maître. Black … Black m'a lancé une malédiction, expliqua-t-il, et l'utilisation de la magie noire l'a rendu … vraiment fou. Je n'ai pas pu m'échapper tout de suite. Mais je suis à la recherche d'un livre mon seigneur.
-Quelle malédiction ? Demanda Rokwood alors que le seigneur des ténèbres le dévisageait vaguement intéressé.
-Je ne sais pas, dit Draco.
La douleur le pris par surprise. Il baissa les yeux vers sa main et prit un long moment à comprendre que son petit doigt et l'annulaire de sa main gauche n'étaient plus raccrochés à son corps. Il écarquilla les yeux et referma sa main sur les bouts tranchés dans le réflexe un peu idiot d'endiguer la douleur. Le sang coula en un flot ininterrompu sur le sol et il manqua de s'étrangler en tentant de retenir son cri de douleur. C'est les genoux tremblants qu'il s'agenouilla pour ramasser ses doigts avant que Nagini ne les mange. Il se redressa ensuite alors l'horrible impression qu'il allait tourner de l'œil. Il n'avait même pas vu le seigneur des ténèbres lancé le sortilège.
-Tu sais peut de chose finalement Draco, susurra le lord Noir. Dis moi quelque chose d'intéressant où c'est autre chose que je trancherai la prochaine fois, menaça-t-il en glissant la pointe de sa baguette sur le coup gracile de l'adolescent qui retint son souffle.
Il respirait très fort et de manière chaotique. Sa main le lançait affreusement. Il avait l'impression que son cœur battait dans son doigt. A chaque pulsation ça lui faisait un peu plus mal. Il du s'y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à parler de manière cohérente tant la douleur était forte.
-Cette malédiction est entrain de me tuer, continua-t-il en tentant de rester stoïque, je ne mènerai pas à terme cette grossesse.
-Je te tuerai avant, dit-il en levant sa baguette vers le blond. Avad-
-J'ai quelque chose qui vous appartient ! Cria Draco en levant ses mains en avant pour lui faire signe d'attendre. Maître ! Attendez !
Le sang se mit à couler le long de son poignet et à coller ses vêtements sur sa peau. Il ne voulait même pas regarder à quoi sa main ressemblait. Il avait l'impression de réfléchir à toute vitesse sous l'effet de l'adrénaline. Il devait absolument rendre son maître de meilleure humeur.
-C'est ta dernière chance.
Draco glissa sa main valide dans son vêtement et en tira son médaillon. Le blond senti un certain réconfort à tenir cet artefact dans sa main. Il sentait les remous dans son ventre, c'était une preuve indéniable qu'il était encore bien vivant et son bébé, quoi qu'il puisse être, également. Il avait l'impression que le contact oblitérait la douleur.
-Je l'ai trouvé chez Black, dit-il en tendant le médaillon au seigneur des ténèbres.
Bien que recouvert de son sang, le bijou continuer à briller d'un aspect sombre qui le rendait reconnaissable entre tous. Le lord noir ouvrit puis ferma la bouche avant de faire deux grandes enjambées pour le rejoindre et lui arracher le bijou des mains. Il le détailla, le tournant et le retournant dans ses mains avant de partir dans un grand rire tonitruant et terrifiant. Il écarta ses bras dans une impulsion et serra un Draco pétrifié dans une étreinte glacée. Draco ressentit une seconde douleur cuisante et il colla sa main à son torse pour se rendre compte que ses doigts avaient été recollé, comme si on avait brulé les bords de la cicatrice pour les souder avec la peau de son doigt manquant. Il lui faudrait prendre quelques potions pour éviter le rejet mais ça revenait au même. Le seigneur des ténèbres l'avait soigné.
-Sais-tu ce que c'est ? Demanda-t-il alors que ses yeux brillaient d'une joie malsaine devant le bijou. Sais tu seulement ce que tu viens de faire ? Répéta-t-il avec une pointe d'hystérie.
-Le médaillon de Salazar Serpentard, répondit Draco prudemment alors que sa voix faisait encore des trémolos du à la douleur. Il a été profané malheureusement. Sûrement par Regulus Black qui vous l'a volé. Mais j'ai bon espoir de trouver la malédiction lancée sur le bijou dans le livre que je recherche.
-Comment le sais-tu ? N'ais pas peur, parle.
-Et bien … ce n'est qu'une hypothèse mais comme ce bijou est un héritage de Serpentard, que la dernière famille descendante de Salazar Serpentard c'est éteinte il y a un peu plus de 70 ans, ce qui correspond, s'il y a eut une dernière naissance à cette époque, à l'âge d'un homme mûr au moment de votre monté en puissance et que vous êtes le seul fourchelangue connus hormis Potter … j'ai émis l'hypothèse que ce bijoux vous appartenait. Et pour la malédiction, l'elfe de maison des Black qui est sensible à la magie noire m'a affirmé que ce qui … mon enfant est atteint d'un mal similaire à celui qui repose dans le bijou.
Il avait failli parler de « chose » en parlant de son bébé mais il c'était reprit au dernier moment. Quoi que cela puisse être, il refusait de le considérer autrement que comme son enfant pour une raison trop égoïste pour se l'avouer. Ce bébé lui donnait du courage, le courage de s'enfuir, le courage de se tenir debout devant son maître, et le courage d'espérer qu'à eux deux, il pourrait être heureux.
-Brillant, le félicita-t-il avec un délice certain. Tu fais partie du peu de personne à connaître une partie de mon identité Draco. Je te félicite, dit-il d'un ton presque tendre qui fit frémir le blond de dégout. Et tu m'as ramené mon précieux bijou …
Draco ne lui avoua pas qu'il connaissait son identité. Ni qui l'avait mis sur la piste. Trop risqué.
-Maître, tenta Draco maintenant qu'il était de bonne humeur. Je suis à la recherche d'un livre, celui qui expliquera ma malédiction.
-Quel livre ?
-In secreta vitae et mortis. Je sais qu'il y en a un au ministère de la magie et l'autre exemplaire est détenu, selon la légende par le détenteur de la pierre de résurrection. Comme le ministère est à vous peut-être pourrez vous trouver ce livre. Sinon j'ai bon espoir de pouvoir retracer sa lignée comme je l'ai fais pour la famille Serpentard, si vous le permettez je-
-C'est avec ce livre que Black t'a maudit ? Le coupa-t-il en posant sur Draco un regard brillant de convoitise.
-O-oui.
Draco poussa un cri quand les boutons de sa robe sautèrent et par réflexe, il repoussa les mains squelettiques du seigneur des ténèbres avant de se mordre la langue en ramenant ses mains contre ses cuisses. Il avait les larmes aux yeux en voyant son ventre arrondi ainsi dévoilé. Il avait l'impression qu'on lui arrachait une partie de son intimité alors qu'il n'avait aucun mal dans sa jeunesse à se balader en caleçon parmi ses pairs à Poudlard. Il du se faire violence pour ne pas bouger quand la main se posa sur son ventre et constata avec une certaine crainte mêlée de plaisir que Voldemort sursauta également quand le remoud caractéristique se fit sentir sous sa peau.
-Fascinant, redit-il encore une fois en caressant la peau tendue sous ses doigts, 4 mois et si vif … impossible. Raconte moi tout, ordonna-t-il d'un ton qui ne souffrait aucune réplique.
Alors Draco lui compta son calvaire depuis l'intervention de Rokwood au ministère. Son empoisonnement aux potions qui value malencontreusement une punition à Rokwood qui avait mal géré les délais d'ingestion, son accord avec Sirius pour tenter de bâtir une vie de couple, son essai de le mettre dans son lit et le soir même, l'agression, la malédiction puis le comas. Et enfin, la folie naissante de Sirius jusqu'à ses aveux sur la nature incertaine de l'enfant et ce qu'il comptait en faire. Voldemort l'écouta attentivement sans cesser de toucher cette peau pale qui ondulait doucement sous ses doigts, du moins jusqu'à ce que Draco vomisse une fois de plus à ses pieds. Il comprit avec encore plus d'intérêt si possible, que le bébé réagissait à son contact et à partir de là, son attitude vis à vis de Draco changea du tout au tout.
-Ne t'inquiète pas pour ce livre, dit-il aussi gentiment que puisse l'être un seigneur des ténèbres, nous nous occuperons de tout. Rokwood, tu es retiré de tes missions, tu t'occuperas du confort et de la santé de … que dis-je, jusqu'à la naissance de l'enfant. Qu'il soit installé comme il se doit dans sa chambre et je veux un rapport hebdomadaire des avancés.
Draco se laissa ensuite raccompagner dans sa chambre, le regard dans le vide et se sentant étrangement absent. Il avait déjà pris une potion contre la douleur et son corps lui semblait tout engourdit. Cette situation était tout simplement surréaliste à ses yeux. Il pensait éveiller l'intérêt du seigneur des ténèbres certes, mais pas obtenir sa protection et le confort.
Il se sentit bêtement reconnaissant une fois que la porte fut fermer et bien qu'il soit de nouveau prisonnier (ça ne faisait aucun doute), il se sentit bien plus libre que durant tous les mois qu'il avait passer au Square. Il était chez lui.
Il se dirigea vers la salle de bain et pour la deuxième fois de la journée, se glissa dans un bain brulant en prenant garde à garder sa main blesser hors de l'eau. Ses doigts avait été soigné et bandé mais on lui avait dit d'être très prudent. Il mit un masque dans ses cheveux, un sur son visage et appliqua la lotion de rasage. Il avait songé à laisser ses poils repousser mais … il était finalement habitué à son corps imberbe d'une part et d'autre part, il songeait à son bébé.
Les grossesses masculines, bien qu'existante, étaient rarissimes dans le monde magique (du moins du côté purement sorcier, les couples de créatures magiques étaient familiers à ce phénomène). Les couples homosexuels employaient généralement l'adoption par le sang ou faisait des enfants à une femme choisie pour ses bons gènes. Alors bien qu'existant, Draco imaginait que ce serait un sujet très difficile à aborder pour son enfant à naître et cela le serait encore plus si celui qui l'a porté, en l'occurrence lui, était virile et barbu. Donc c'est en songeant à son bien être qu'il se dit que privilégier son apparence androgyne serait préférable.
Il resta dans le bain jusqu'à ce que l'eau devienne froide. Il rinça ses cheveux et retira délicatement son masque avant de se sécher. Il prit le temps de s'occuper de ses cheveux qu'il décida également de garder très long puis gagna la chambre le corps entouré d'une serviette. Il s'arrêta devant un grand miroir qui trônait en face de son lit et s'observa.
Il avait l'impression qu'un étranger lui faisait face. Trop beau, trop fragile, trop doux. Il toucha du bout des doigts ses joues rendues roses par la chaleur de la salle de bain, ses yeux gris brillant étrangement entre ses cils blonds, puis glissa ses doigts le long de sa mâchoire pour finir par pincer violemment sa lèvre inférieur. Il n'aimait pas ce qu'il voyait. Même si il se disait que c'était pour le mieux, il ne pouvait s'empêcher d'associer cette apparence aux longs mois passé au Square et il avait tout, sauf envi de s'en rappeler. D'un geste rageur, il se débarrassa de sa serviette en agitant les bras exagérément. Un geignement de frustration s'échappa dans sa gorge et il finit de nouveau à regarder son reflet, le souffle rendu court par sa soudaine agitation.
Cependant, il se figea et lentement, se mit de profile. Il observa dans le miroir la courbe de son corps et sursauta presque en faisant face à son ventre arrondi. Il posa sa main sur sa peau sans réussir à y croire réellement et plaqua sa main sur sa bouche alors que ses yeux s'embuaient. Il le sentait sous sa paume, cette légère courbe, son bébé.
Cela rendait la chose incroyablement réelle et soudain : il eut peur pour la suite.
Le lendemain, la du blond porte s'ouvrit alors qu'il finissait de sécher ses cheveux. Terence et Zacharias, les deux mangemorts qui gardaient la porte l'attendaient. Il s'excusa auprès d'eux, prenant le temps de tresser ses cheveux avant de se lever pour les rejoindre. Aujourd'hui, une robe vert sapin avec des arabesques noires avait été déposée sur son lit avec un pantalon noir droit et prêt du corps et une chemise grise. Il avait noué sa tresse avec un ruban et l'autre était attaché à son cou pour masquer les bleus. Sa broche était cachée dans sa manche. Il avait prit le temps de regarder l'état de ses doigts et avait soupiré de soulagement en constatant que la blessure étant encore rougeâtre signe qu'il n'y avait pas de rejet (pour l'instant du moins). Il faudrait encore qu'il passe à l'infirmerie pour qu'on fixe son doigt convenablement.
Il était tôt devina Draco en devinant l'air contrarié de Zacharias. Terence, fidèle à lui même paraissait plutôt enjoué et demandait à Draco ce qu'il faisait de ses journées. Il avoua que la chambre était entièrement vide et que son seul plaisir était donc prendre soin de lui ce qui lui attira un grognement moqueur de la part de l'autre mangemort.
-Où allons-nous ? Demanda-t-il en l'ignorant délibérément.
Draco avait décidé d'être gentil avec Terence. Vu le physique du mangemort et son jeune âge, le blond pouvait imaginer sans peine qu'il n'était pas la recrue la plus populaire. Il était trop gentil, trop optimiste et vu l'empressement qu'il avait à discuter avec lui, Draco en déduisait qu'il avait du mal à se faire des amis. C'est pourquoi Draco le laissait babiller tranquillement, lui répondant quand cela était nécessaire et lui lançant des petits regards indulgents qui faisaient se trémousser de gêne le garçon. Il était sûrement son aîné de deux années, mais Draco se sentait tellement plus vieux par rapport à lui et dans la manière qu'avait le petit mangemort de s'adresser à lui, ce ressentit devait être également partagé. Draco en espérait se faire un allié, et pourquoi pas, un ami. Oui, cela sonnait bien à ses oreilles. Depuis quand n'avait-il pas parlé à un ami de son âge ?
-Dans l'infirmerie, répondit Terence avant de tourner brusquement son masque de mangemort vers lui. Tu es blessé ?
-Non, répondit-il, un check up. J'ai passé un an chez l'ennemi, il faut s'assurer que tout va bien, ajouta-t-il quand il vit que sa réponse ne satisfaisait pas le mangemort.
-Oh … ça a du être difficile.
-Tu parles, railla Zacharias, il ressemble à une putain de fille. Je te parie ma paye qu'on l'a choyé et baisé à tout bout de champ.
-Par définition Zacharias, répondit sèchement le brun surprenant Draco, si on l'a « baisé à tout bout de champ » pour reprendre tes vilains mots, cela ne signifie pas qu'il était consentant, surtout en sachant qu'il c'est enfuit. Par définition, c'était difficile. Et je n'aime pas quand tu es grossier.
-Terence ! Aboya le Poufsouffle en détournant le regard tout de même.
Draco fut étonné de voir Zacharias s'écraser ainsi devant le jeune garçon. C'était étrange compte tenu de leur différence de gabaries et d'attitude. Draco envoya un regard plein de reconnaissance au plus jeune qui paru s'en réjouir derrière son masque. Apparemment, lui aussi désirait avoir un ami.
La discussion ne continua pas car ils arrivèrent à l'infirmerie. Les deux garçons le laissèrent devant les portes où il fut récupéré par Rokwood. L'homme était particulièrement prévenant avec lui et bien que Draco apprécie l'attention, il n'aima pas le baisemain, ni qu'il lui tire sa chaise. Son visage se ferma peu à peu mais il resta poli.
-Avez vous mangé ? S'enquit l'homme en s'asseyant en face de lui.
-Non, répondit Draco.
-Boco !
Une elfe de maison portant un chiffon de cuisine comme robe, apparue dans l'infirmerie et s'inclina profondément devant eux. Rokwood lui ordonna de leur servir un petit déjeuner, en lui glissant quelques indications sur le régime alimentaire adapté au blond avant que l'elfe ne reparte. Ils n'eurent pas à attendre longtemps avant d'être servi et Draco attendit prudemment que Rokwood commence à manger avant de le faire. Au début, il resta modéré dans ses choix et surveillait l'homme du coin de l'œil, mais la faim finit par le rattraper si bien qu'il finit par en oublier la présence gênante de son interlocuteur.
-Vous avez de l'appétit c'est bon signe.
Il arrêta sa fourchette à mi chemin de sa bouche et releva les yeux vers l'homme. Rokwood était un homme indéniablement âgé, mais il restait un bel homme. Ses cheveux grisonnant et les petites rides au coin de ses yeux marron ne faisaient que rajouter un peu de charme au personnage. Si ce n'est son visage, il avait une carrure normale mais qui était agréablement mise en valeur par ses robes strictes d'employé du ministère. Draco écarquilla les yeux avant de se rendre compte d'un détail important qu'il avait pourtant oublié.
-Vous travaillez au ministère ! S'exclama-t-il en oubliant totalement la remarque qu'il avait faite précédemment.
-Je me demandais combien de temps vous alliez prendre avant de vous en souvenir. Après tout, nous avons pourtant eut une altercation plutôt … mouvementée dans les toilettes.
Draco ne pu s'empêcher de rougir de honte à se souvenir. Il n'avait rien pu faire et avait été renvoyé chez lui, drogué à l'aphrodisiaque et à la potion de conception, avec pour ordre d'exciter son époux.
-Vous avez failli réussir, avoua-t-il tout de même en plongeant son regard dans la tasse de thé.
-J'imagine que ça a débloqué la situation si vous en êtes à quatre mois aujourd'hui.
Draco serra sa tasse, refusant de le regarder. Rokwood n'insista pas en voyant le visage du blond se refermer.
-As-tu déjà fait des examens médicaux ?
Il choisi d'être familier avec le blond et qu'au vu des endroits de son corps qu'il serait sûrement amener à vérifier. Draco en fut très mal à l'aise mais consentit tout de même à être tutoyé. Cependant, lui préféra rester au vouvoiement, pour justement garder une certaine forme de distance avec cette personne qui serait surement, enfin plutôt inévitablement, amené à regarder son anus.
-Oui, dit Draco, mais le médicomage qui s'en chargeait a été ensorcelé par Black.
-Comment ça ? Demanda-t-il alors que l'étonnement faisait se hausser ses sourcils.
-Elle était incapable de voir autre chose que le fait que j'étais en bonne santé quand bien même je me vidais de mon sang à ses pieds. Alors j'imagine qu'elle ne voyait pas non plus les bonnes images du bébé.
-Black est allé aussi loin …
Rokwood sembla pensif un instant mais se reprit bien vite. Une fois que Draco eut finit son thé, il lui demanda de s'allonger sur une table d'osculation et de retirer ses robes. Les elfes de maisons débarrassèrent le petit déjeuner pendant ce temps. Draco se retrouva en caleçon sur le petit matelas, il se retint à grand peine de frissonner alors que l'envie de dissimuler son corps aux yeux de Rokwood était puissante. Cependant, le mangemort ne semblait n'avait aucun intérêt pour lui car il ouvrait plusieurs livres qu'il disposait autour du blond sans jamais lui lancer un regard. Il disposa également quelques outils que Draco préféra ignorer pour ne pas ressentir en plus de la gêne, l'envie de s'enfuir en courant.
-Prêt ? Demanda finalement l'homme en se penchant au dessus de lui.
Draco hocha la tête et tint les bords du matelas pour garder son calme. Il souffla longuement et son esprit se libéra un peu des sentiments qui le polluaient. Il fut surpris de voir que Rokwood commença par s'occuper de sa main.
-As-tu retrouvé des sensations.
-J'ai mal, répondit-il.
-Peux-tu le bouger ?
-Je n'ai pas essayé.
-Je vais essayé de renforcer la guérison, mais je crains que tu ais perdu quelques sensations et une partie de ta mobilité.
Draco déglutit bruyamment mais il s'estimait heureux d'avoir encore ses doigts. Ça aurait pu être bien pire.
-Faites.
-Si tu remarques quoi que ce soit, ou si tes doigts changent de couleur, vient tout de suite à l'infirmerie.
-Oui.
Draco ferma les yeux alors qu'il sentait Rokwood évolué à côté de lui et manipuler sa main. Bientôt, le bandage fut de nouveau placé sur sa main et Rokwood prit sa température et lui fit un prélèvement sanguin pour vérifier que les rats ne lui avaient transmis aucune maladie. Il vérifier également sa cheville avant de finalement s'intéresser à sa grossesse.
-La grossesse est apparente. C'est une grosseur qui est cependant inférieure aux normes pour ce stade de la croissance du fœtus, dit-il en tournant la tête vers un livre qui se trouvait au dessus de Draco après avoir mesuré son tour de taille avec un mètre magique.
-Vous ne vous y connaissez pas en grossesse ? S'étonna Draco.
-Je travail au ministère gamin, pas à Sainte-Mangouste.
Draco ferma sa bouche et prit une profonde inspiration. Cela ne présageait rien de bon pour la suite.
-Mais il te reste 4 mois et quelques si j'arrive à découvrir ce qu'il t'arrive, d'ici là, j'aurais appris comment faire sortir le bébé correctement, répondit-il en tournant la page.
-Je m'en remet à vous, dit Draco d'une voix qui était un peu chevrotante vers la fin.
L'homme lança un sortilège qui afficha une image au dessus du ventre de Draco. Le blond comme le mangemort restèrent longtemps à fixer l'image sans savoir qu'en penser. Rokwood continuait à tourner les pages de son livre les sourcils froncés jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait. Il prit quelques annotations dans le calepins et tourna l'image dans tous les sens possibles et inimaginables jusqu'à être satisfait.
-Ça a l'air correct. Mais à ce stade … je crois qu'il m'est impossible de dire ce qui cloche. Dit moi exactement ce que tu ressens depuis le début.
Draco lui raconta précisément tout ce qu'il ressentait et cela fut noté sur un parchemin. Rokwood nota également le nom de quelques livres à côté de la liste des symptômes et le sort s'arrêta.
-Je reviendrai vers toi dans une semaine. S'il y a le moindre souci, fait moi appeler.
Draco fut raccompagné dans sa chambre par les même mangemorts qui l'avaient escorté. Cette fois-ci, le chemin se fit en silence et Draco fut soulagé une fois la porte fermée. Cet examen médical l'avait laissé perplexe et quelque peu inquiet. Il était terrifié à l'idée de devoir accoucher avec quelqu'un d'incompétent à ses côtés. Il aurait même préféré avoir Danitza à ses côtés. Même si elle l'aurait laissé mourir par inadvertance, au moins elle représentait un visage sympathique. Il fallait qu'il se change les idées alors il alla frapper à sa porte pour attirer l'attention des gardes. Tout de suite, le petit Terence apparu et c'est tout souriant derrière son masque de mangemort qu'il demanda à Draco ce qu'il pouvait faire pour lui alors que son partenaire rallait dans son coin.
-J'aimerai me promener des les jardins.
-Ah … je ne sais pas si ça va être possible, répondit le garçon. Mais je verrai ce que je peux faire.
Draco du attendre le retour du Lord pour que la demande lui soit soumise et il passa 3 jours moroses enfermé dans sa chambre. Ses repas étaient apportés directement là, ainsi que des livres, essentiellement sur l'histoire de la magie et à son plus grand étonnement un sorcière hebdo. Il avait regardé le magasine avec dégout pendant un long moment avant de finalement l'ouvrir avec un soupire dépité quand l'ennuie se fit trop fort. Il avait observé les mannequins hommes et femmes avec désintérêt et lu des articles plus insipides les un que les autres, le laissant avec une frustrante sensation d'avoir perdu son temps. Alors, quand Terence frappa à sa porte le matin du quatrième jour, il fut très heureux quand ce dernier lui dit qu'il pouvait aller se promener.
Il traversa son manoir avec joie (qui se tinta d'amertume en voyant tous ces étrangers arpenter les couloirs comme s'ils étaient chez eux) et gagna finalement l'immense jardin des Malfoy. Il prit une profonde inspiration en allant dehors et poussa un soupire de bien être. Le temps était un peu fraie mais c'était agréable et bien vite, il abandonna sa lourde robe officielle pour une tunique bleu ciel plus légère (qui cachait cependant toujours sa broche qui ne le quittait plus). Il confia les vêtements abandonnés à un elfe de maison et après une dernière hésitation, se délesta également de ses chaussures avant de fouler l'herbe humide du pied.
Ne se souciant pas de la présence des deux mangemorts qui le suivaient comme son ombre, il arpenta le jardin de long en large, humant les fleurs, essayant d'amadouer les paons, s'émerveillant face à une coccinelle pour finalement, s'allonger dans l'herbe pour apprécier tout simplement le contact avec la nature.
-On dirait que ça t'amuse réellement d'être dehors, fit remarquer gentiment Terence en s'asseyant à côté de lui quand il remarqua que Draco n'avait pas l'intention de se relever.
-J'ai l'impression de revivre ! S'exclama le blond avec plus d'enthousiasme qu'il l'avait à la base voulu, en plus d'un an, c'est seulement la deuxième fois que je vois de l'herbe.
Il ne put s'empêcher d'avoir un petit rire heureux à cette déclaration et il mit ses deux mains à plats sur le sol pour s'imprégner totalement de la sensation de l'herbe fraîche sous ses doigts. Dans toute son euphorie, il ne vit pas le regard que se lancèrent les garçons à cette révélation et ne fit pas attention non plus quand Zacharias s'assit à côté de Terence un peu plus prêt que ne l'autorisait la pudeur.
-Tu étais réellement prisonnier ? Demanda l'ancien Poufsouffle avec une certaine gêne.
Ils avaient entendu les rumeurs que racontaient les mangemorts à propos du blond. Certain disait qu'il c'était enfui par lâcheté, d'autre par amour, d'autre par manque de pudeur pour reprendre plus joliment le terme. Et d'autres disaient tout autre chose. Que Draco Malfoy avait été prisonnier du camp adverse et qu'il avait miraculeusement réussi à s'enfuir. Ou encore qu'il était en mission pour le seigneur des ténèbres. Mais la plus part n'y croyaient pas. Après tout, qu'avait à offrir Draco en tant que prisonnier ? Certains disaient son corps, d'autres que c'était pour faire pression sur les Malfoy mais cela avait tout de suite été démentit. Draco Malfoy, au plus grand étonnement de tous, avait demandé à être déshérité il y a plus d'un an de cela, c'était un mangemort travaillant à Gringott qui leur avait dit. Cela les laissait encore plus perplexe quand aux rumeurs sur le blond. Finalement, personnes ne savaient ce qu'il lui était réellement arrivé et cela rendait Terence plus que curieux.
-C'était tout comme, répondit évasivement Draco.
Être dehors le rendait si heureux qu'il s'ouvrit sans penser à tout le décorum qu'exigeait son rang ou son affiliation avec la maison Serpentard. Il était simplement reconnaissant de voir le soleil et de toucher de l'herbe et c'est tout naturellement que les mots s'échappèrent de sa bouche sans qu'il ne songe une seule seconde à les retenir.
-Je n'avais pas le droit de sortir, expliqua-t-il, je ne pouvais pénétrer que dans 4 pièces, ma chambre, la cuisine, le salon et la salle de bain. Il y avait bien la bibliothèque mais des sorts ont été placés pour m'empêcher de toucher aux livres, précisa-t-il. Je n'étais entouré que des gens qui me haïssaient et se méfiaient de moi, c'était réellement usant. Et mon époux … c'est la pire charogne que la terre ait portée, termina-t-il avec la voix pleine d'amertume.
-Quoi ?!
Il releva la tête, surprit face à l'exclamation que poussèrent les garçons et compris qu'il en avait trop dit. Il pesa le pour et le contre et finit par se dire que cacher la vérité ne servait à rien. Cela se saurait tôt ou tard.
-Je suis marié à Sirius Black.
-M-mais …
Il rigola doucement face à l'air totalement perdu de Terence alors que Zacharias se crispaient. Le blond se demanda brièvement pourquoi ils gardaient tous leur masque au manoir, enfin sauf les mangemorts de haut rang mais la pensée lui échappa aussi vite qu'elle était venue.
-Tu es réellement un traître ! S'exclama Zacharias en pointant sa baguette sur le blond.
-Si seulement j'avais eu le choix, soupira Draco en reposant sa tête sur le sol sans ce soucier de l'agressivité du garçon.
-Explique toi Malfoy … enfin Black, je ne sais plus !
-Black, le corrigea Draco en montrant son alliance. Draco Lucius Black.
Draco leur expliqua son histoire en éludant les quelques détails personnelles et plutôt sordides du contenu. Zacharias finit par baisser sa baguette et il serra inconsciemment le poignet de Terence. Le jeune homme resta pendu au lèvre du blond tout le long et finit par lui demander d'une petite voix s'il pouvait toucher son ventre.
-Vas-y, autorisa Draco en soulevant légèrement sa tunique.
Timidement, le garçon s'approcha et posa sa main à plat sur son ventre, fronçant les sourcils sous la concentration. Le contact était léger, timide et Draco le sentait à la fois curieux et dégouté.
Les grossesses masculines étaient connues du monde sorcier bien que rare. Sur les 27 cas recensés depuis la création de la potion de conception (il y a de cela 2 siècles), 13 parents porteurs étaient devenus cracmol durant les 9 mois de grossesses. Sur les 13, 9 étaient décédés et sur les 9 décédés, 5 enfants avaient survécus. Sur les 14 parents ayant gardé leur magie, celle-ci était devenue instable pour certain et il y eut 2 cas de décès en couche. En fin de compte, seul les couples les plus puissants avaient réussis l'exploit de concevoir ainsi, et les autres étaient souvent liés à une créature magique. Il eut notamment un couple formé d'un calice et d'un vampire, le sang du vampire permis à son conjoint et aux jumeaux qu'ils attendaient de survivre. Il y eut également une étude qui prouva également que les couples de sang-pur avaient également plus de chance, en dépit de leur puissance magique, de mener ce type de grossesse à terme. L'hypothèse principale étant que les sang-purs, malgré tout ce qu'avançait Dumbledore et compagnie, était des êtres plus « magiques » que les sang-mêlés et les né-moldus, et cela, indépendamment de la puissance de l'individu.
Draco avait d'ailleurs lu dans un des livres qu'on lui avait fait parvenir sur l'histoire de la magie, qu'un chercheur français avait réussi à prouver durant le 18eme siècle que les cracmol nés parmi les sang-pur était plus sensible à la magie et possédait plus de capacité que les cracmol né de sang-mêlé ou de né-moldu. Ils vivaient d'ailleurs plus longtemps (entre 10 et 30 ans de plus). Draco avait trouvé tous ces essais fort intéressant et c'était inexplicablement senti concerné, surtout connaissant le degré de consanguinité élevé dans le mariage qu'il entretenait actuellement.
-Il est dur, fit remarquer Terence en appuyant légèrement sur la peau de son ventre.
-C'est normal, répondit Draco, mon ventre doit s'adapter à la taille du bébé alors forcément, la peau est tendu par la place qu'il occupe.
-Il ne bouge pas ? Demanda Zacharias en regardant son ami toucher le ventre légèrement arrondi avec curiosité et répulsion à la fois.
-Il est trop petit ! S'exclama Terence.
Le jeune serpentard finit par retirer sa main et Draco remit sa tunique en place. Il se sentait étrangement apaisé et une bouffée d'amour le prit par surprise en songeant à son bébé à naître.
-Et bien d'habitude il s'agite beaucoup le petit bonhomme, rigola Draco en passant tendrement sa main sur la peau tendue de son ventre.
-Mais c'est pas normal !
-Et bien, c'est surtout quand j'étais chez les Blacks ou dans le manoir, ou quand le maître ou Sirius me touchait, expliqua-t-il après un instant de réflexion. Il est calme dans le jardin, j'oublie même qu'il est là.
-Tu m'étonnes, s'exclama Zacharias d'un ton bourru, ça empeste la magie noir ici, il y a de quoi rendre malade n'importe qui.
Draco acquiesça avant de soudainement relever la tête. Il se releva brusquement et sans attendre que ses gardes du corps (ou geôlier) réagissent, il se mit à courir vers le manoir. Il y entra à toute vitesse, dépassant un groupe de mangemort qui en sortait et se précipita vers l'infirmerie.
-Rokwood ! Hurlait-il en s'approchant de la porte. Rokwood ! Rokwood !
Il allait attraper la poignée mais la porte s'ouvrit sans qu'il n'ait eut le temps de le faire, ou de s'arrêter. Dans un geste maladroit pour s'éloigner, il trébucha sur son propre pied et serait sûrement tombé lamentablement si un bras solide ne l'avait pas rattrapé.
-Il ne me semble pas que vous ayez l'autorisation de vous balader seul dans les couloirs.
Draco rougit en se rendant compte qu'il avait abandonné ses gardes du corps qui allaient surement se faire incendier par sa faute et son rougissement s'accentua en voyant le regard sévère que lui lança son sauveur. C'était Rabastan Lestrange qui arrivait à l'infirmerie. Draco se demanda pourquoi jusqu'à ce qu'il voir le sang coulant de son flanc droit. Il se redressa brusquement, inquiet d'avoir accentué le saignement et s'excusa auprès de l'homme qui en s'émue pas une seule seconde de son air concerné. Il s'assura simplement que Draco avait retrouvé son équilibre avant de le pousser de son chemin. Draco remarqua qu'il faisait léviter derrière lui un mangemort inconscient dont le sang coulait abonnement des jambes. La robe noire collait à la peau et Draco refusa de s'attarder sur ses blessures sous peine de vomir sur le champ.
-Retournez dans votre chambre, ordonna l'homme en faisant avancer le corps flottant dans la pièce sans jeter un seul regard au blond.
-Je dois parler à Rokwood, expliqua Draco en rougissant de se voir ainsi congédié comme un enfant.
-Et bien entre, dit ce dernier qui patientait toujours devant la porte de l'infirmerie.
Les deux hommes pénétrèrent dans la pièce et Draco alla s'asseoir silencieusement sur une chaise alors qu'un mangemort (apparemment affecté aux soins) s'approchait des blessés. La robe de Rabastan fut retirée et Draco vit avec horreur qu'une côte perçait la peau qui c'était déchirée sur quelques centimètres. D'autres côtes semblaient également cassées et la peau visible à cette endroit là, c'est-à-dire, celle épargnée par le sang, était violacée. Draco frissonna et détourna les yeux, incapable de supporter le spectacle alors que le mangemort se laissait soigner sans se plaindre. Il poussa tout de même des grognements de douleurs quand le médicomage manipula ses os pour les remettre en place et le blond se sentit mal en entendant le bruit des os. Il allait sûrement vomir. Puis brusquement, plus rien. Ni bruit ni odeur.
Il leva les yeux, surpris de ne plus rien entendre et se tourna dans tous les sens avant de finalement reporter son attention sur le blessé et le médicomage. Il vit Rabastan abaisser son bras qui tenait sa baguette pointée sur lui. Draco allait lui demander si c'était lui qui venait de le plonger dans le silence quand il vit la côte sortie, pénétrer lentement dans la peau alors que le mangemort se tendait, le visage transpirant sous la douleur. Rabastan souffla, serrant les dents pour ne pas hurler et foudroya le blond du regard avant de lui faire signe d'un geste bourru de se retourner. Draco sursauta et fit rapidement volte face pour tomber sur Rokwood qui s'installait à son bureau. Il eut le temps de voir que l'autre homme avait été recouvert d'un drap et il se sentit coupable. Aurait-il survécu si il n'avait pas heurté Rabastan ? Il ne le saurait jamais et il espéra cruellement qu'il ait été déjà mort avant que le brun ne croise sa route.
-Qu'y a-t-il ? S'inquiéta l'employé du ministère.
-Est-ce possible que la magie noire influe sur ma malédiction?
-Bien entendu, répondit Rokwood en lui lançant un regard qui lui donna l'impression d'être un profond débile. C'est le principe d'une malédiction.
-Non, ce n'est pas ce que je voulais dire, répondit Draco d'un air agacé, est-ce possible que ce soit la magie noire qui accélère … on va dire ma maladie ?
Le mangemort ne répondit pas, le regardant d'un œil nouveau avant de lui dire de l'attendre. Draco attendit longuement. Le médicomage avait finit son travail et Rabastan se reposait maintenant sur un lit, le ventre bandé et des potions pleins l'estomac. Draco l'observa pour passer le temps et il se dit que le plus jeune des frères Lestrange était décidemment le plus mignons. Mais il semblait avoir mauvais caractère. Il donnait l'impression d'être un homme sévère, et du peu que Draco savait, il était également un combattant redoutable car efficace.
Si Bellatrix connaissait des sorts vicieux et attaquait avec fourberie et cruauté, lui était direct et d'une précision chirurgicale. Il n'aimait pas perdre de temps et jouer avec ses ennemies ne l'amusait pas, et c'était ce qui le rendait si effrayant. Il tuait machinalement et ce geste était pour lui aussi mécanique que de se brosser les dents. Du peu que Draco avait entendu dire durant son séjour au Square, si Bellatrix était une sadique, Rabastan était ce qu'on qualifiait d'une machine à tuer. Il avait plus de mort à son actif que la majorité des mangemorts. Un parfait soldat. Il exécutait les ordres sans chercher plus loin et sans se poser de questions.
Soudainement Draco craint un peu à l'idée d'avoir bousculé cet homme. Après tout, il ne le connaissait pas. D'autres comme MacNair ou Avery n'aurait pas hésité à le molester un peu sous le prétexte qu'il se baladait dans un couloir. Peut-être devrait-il se méfier. Mais l'homme avait placé un sort de silence pour épargner son estomac … alors peut-être n'était-il pas mal intentionné ?
Penser lui donnait le tournis, alors il se tourna vers le bureau et il n'eut pas longtemps à attendre avant que Rokwood ne revienne les bras chargés, d'objet diverses et varié.
-Prends ça, lui ordonna Rokwood.
Draco prit une plume de paon et caressa du bout des doigts les petites plumes douces et brillantes. Il adorait la sensation et c'est en s'oubliant un peu qu'il caressa son visage avec un certain ravissement. Le raclement de gorge du brun le ramena à l'instant présent et il reporta immédiatement son attention sur son « médicomage » attitré en prenant un visage neutre.
-Prends ça, continua Rokwood en lui prenant la plume des mains.
Il se sentit mal à l'aise en prenant la plume noire que lui tendit le mangemort. La couleur n'était pas inspirante mais mis-à-part ça, il ne ressentit pas grand chose. Rokwood lui reprit la plume des mains immédiatement avant de lui donner un collier à tenir. Draco ne ressentit rien de particulier, c'était un simple collier, bien que magique, à n'en pas douter. Puis Rokwood lui donna un autre médaillon. Draco ressentit immédiatement qu'une malédiction rongeait le bijou et il le déposa prudemment. Il valait mieux éviter de jouer avec ce genre de magie.. Puis, Rokwood lui tendit en dernier deux baguettes. Il les tint l'une après l'autre avant d'en redéposer une prestement alors qu'il tâtait son visage. Il saignait du nez.
-Fascinant, déclara Rokwood en lui tendant un mouchoir que Draco appliqua immédiatement sur son nez. Je t'ai donné successivement, une plume de paon, une plume de sang, un collier de protections mineures, un médaillon frappé par la malchance, une baguette dont le dernier sort jeté était un sort de soins et l'autre dont le dernier sort était le sort de mort. Il semblerait monsieur Black, que nous ayons découvert une première découverte : tu es ultra sensible à la magie. Cependant, il semblait que certaines choses t'affectent plus que d'autres. Il nous reste à déterminer quelles sont ces choses avec exactitude.
