Bonjour tout le monde ! J'espère que vous allez tous bien !
Merci pour les reviews, les follows et les favoris !
Réponses aux reviews :
Marcol'ananas : Je suis heureuse que tu apprécies leur relation et la chapitre, j'espère que celui-ci te plaira ! Merci de ta review !
Luxie : Hey, merci de ta review ! Ton OS est en avancement, ne t'inquiète pas ! J'ai le syndrome de la page blanche pour la fin alors ça m'énerve mais bon. En espérant que ce chapitre te plaise si tu passes par là !
Enjoy !
ARC-3 : VESTIGES DU PASSÉ
CHAPITRE 7 : Fuck apologies
Île de Vaha, Palais Royal…
« Quand va-t-il se réveiller ? »
La voix inquiète de Clara résonna à travers les murs de l'infirmerie.
« Mes médecins lui ont administré l'antidote, comme précisé sur la note inscrite sur la fiole. D'après les dires de la Sage guérisseuse, il devrait se réveiller d'ici quelques heures. Le tout est de ne pas le brusquer et le laisser émerger de lui-même. »
La jeune femme écoutait distraitement le Roi Karich, prostré dans l'entrebâillement de la porte. Elle déglutit doucement, gardant les yeux rivés sur le corps de son camarade alité.
Elle se ressassait ses paroles comme une litanie.
« Si tu n'es pas capable d'assumer tes actes, ne les commet pas. »
La rousse secoua vivement la tête.
Elle comprenait les paroles de Reis, il voulait juste protéger son Commandant de certains sentiments sur lesquels il n'arrivait pas à mettre de mots. Clara se savait amoureuse d'Ace. Folle amoureuse. Et les mots que ce dernier lui avaient dit plus tôt dans la journée ne faisaient que confirmer le fait qu'il puisse lui aussi l'aimer.
Ses yeux se fermèrent et elle inspira profondément.
Même ce foutu Démon avait déclaré que Portgas possédait des sentiments amoureux envers elle. Il y était allé franchement et Clara l'avait royalement envoyé promener, de peur qu'il ait tort.
Mais quand on sait qu'Uranus demeurait évidemment le meilleur homme du monde pour la renseigner sur les émotions des gens l'entourant… À partir de là, il devait avoir raison malgré tous les doutes que la jeune femme avait envers lui.
La pirate soupira et pressa la main de Reis comme pour lui donner du courage.
« Votre camarade est fort, fille de Barbe Blanche. S'il a tenu le coup jusqu'à présent, il se réveillera, soyez-en sûre. »
Les paroles du Roi n'eurent pas d'effet sur Clara qui continua de regarder dans le vide, absorbée par ses pensées.
« Je vais vous laisser, j'ai du travail. Nous nous reverrons au dîner. »
La porte se ferma dans un claquement qui retentit à travers toute la salle.
Quelques médecins s'affairaient dans le fond mais Clara ne les voyait pas. Elle retira sa main de celle de l'alité et se leva, chancelante. Elle porta une main à sa tête. Une vilaine migraine était en train de l'assommer. Ces derniers jours sur l'archipel des Dragons avaient été épuisants pour Ace et elle, ils avaient clairement besoin de repos.
« Mademoiselle, vous partez ? L'apostropha un médecin en se rendant au chevet du blessé.
- Oui, je ne me sens pas très bien. Auriez-vous un cachet contre le mal de crâne s'il vous plaît ? »
Son vis-à-vis hocha la tête rapidement et alla chercher dans une armoire une boîte et un verre qu'il remplit d'eau. Il donna le tout à la jeune femme qui avala un cachet à l'aide de l'eau.
« Les effets devraient bientôt se faire sentir, allez-vous reposer, vous serez tenue au courant s'il se réveille. »
Clara acquiesça et posa le verre à moitié vide sur un plan de travail, puis se massa les tempes vigoureusement.
En sortant de la pièce, elle entendit la voix de son Commandant de substitution résonner dans le couloir tout fait de marbre.
« Clara ! Comment va-t-il ? »
La rousse s'approcha de lui et lui sourit malgré la douleur qui vrillait son crâne.
« Il dort encore. Les médecins ont dit qu'il fallait le laisser tranquille pour qu'il revienne de lui-même. Dans quelques heures il devrait à nouveau être parmi nous. »
Le brun soupira d'aise. Toute la tension accumulée ces derniers jours disparaissaient peu à peu. Il passa une main distraite dans ses cheveux, les balayant en arrière et adressa un sourire en coin à la pirate de la Seizième Division.
« C'est moi ou ça n'a pas l'air d'aller ?
- Un vilain mal de crâne. Ça va passer, t'inquiète pas.
- J'espère… Il ne faut pas oublier que Far Harbor nous attend… »
La jeune femme lui attrapa l'avant-bras pour réduire la distance entre eux deux.
« Dis-moi ce qu'il se passe réellement là-bas, Ace. »
Il fut décontenancé par le ton un peu froid employée par sa camarade de voyage.
« Je… »
Hiken prit la main de Clara dans la sienne et l'emmena loin de l'infirmerie, déambulant dans les couloirs. Ils marchèrent tous deux dans un silence embarrassant puis Clara s'arrêta, confuse. Ses yeux se fermèrent un instant et elle repensa aux auras tourmentées des habitants de Far Harbor. Sans le vouloir, elle ressenti à nouveau leurs émotions et manqua de tomber sous l'effet des informations arrivant jusqu'à son cerveau.
Lorsqu'elle fut enfin débarrassée des présences dérangeantes, Clara se tourna vers Ace et le força à la regarder.
« Tu sais, j'ai senti des choses que je n'aurai jamais voulu connaitre… La douleur, la peur, la mort… Les gens souffrent sur Far Harbor, et personne ne sait pourquoi. Cet appel à l'aide reçu sur le Moby Dick ne prévoit vraiment rien de bon. »
La rousse aux yeux bleus secoua la tête et s'accrocha au bras du brun, les jambes tremblantes. Les effets de ce foutu médicament laissaient à désirer et se faisaient attendre, elle n'en pouvait plus. Sa tête allait imploser.
Portgas la retint avant qu'elle ne manque de s'effondrer sur lui.
« Oi, Clara, tu m'entends ? »
La voix du brun se faisait de plus en plus lointaine et elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Elle se sentait glisser lentement, partir.
« D'après vous, c'est juste dû au stress ?
- Oui, répondit le médecin simplement. Elle devrait bientôt être sur pieds. »
Ace soupira en se gratta l'arête du nez, pensif.
Après son Second, voilà que sa compagne de voyage elle aussi lui faisait défaut. Il devait avouer qu'il se sentait crevé, aussi mentalement que physiquement mais tout de même…
Était-ce seulement la faute au stress, à la tension ?
Non, il devait y avoir autre chose…
Il l'observa tendrement et vit ses paupières s'agiter, sa main tressauter. Depuis que la rousse s'était subitement évanouie, elle ne cessait de s'agiter dans son sommeil, paraissant se battre contre de mauvais rêves.
Clara lui avait bien dit avoir perçu les âmes tourmentées des habitants de Far Harbor et cela lui faisait peur. Il y avait de quoi. Un appel à l'aide, sans plus d'explications, cela laisse perplexe.
Ace s'inquiétait pour la pirate.
Il se prit la tête entre ses mains et expira un bon coup. Lui aussi avait fort besoin de repos.
Le brun sursauta légèrement lorsque les paupières de la pirate s'entrouvrirent. Il de dépêcha d'empoigner sa main brûlante et de la serrer. Une pression se fit sentir et il sut qu'elle allait se réveiller.
« Ace ? »
Sa voix était enrouée. Clara porta son autre main contre sa tête et la retira comme si elle avait touché une flamme.
« Bordel, je suis brûlante… Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Elle le regardait avec un air perdu puis toussa vivement, comme si parler était un effort incommensurable.
Vraiment, ils n'en pouvaient plus tous les deux.
« T'es tombée dans les pommes pendant qu'on parlait. Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu ne te sentais pas bien ? Tu serais allée te reposer au lieu de rester avec Reis. »
Clara secoua la tête et s'éclaircit la gorge avant de prendre la parole.
« Ça m'a pris d'un coup, comme ça.
- Les médecins ont dit que c'était le stress. Expliqua-t-il en délaissant la main de la jeune femme, se grattant la nuque.
- Il n'y a pas que ça. J'ai l'impression que mes maux de tête causés par le déploiement de mon Haki y sont pour beaucoup aussi. Cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé… La preuve que je dois encore m'entraîner. »
La membre de la Seizième Division afficha un sourire triste et Ace ne savait quoi lui dire. Il y eut un petit silence et le Commandant en déduisit qu'Uranus venait probablement de lui adresser la parole, l'engueulant sûrement car elle ne maîtrisait pas encore très bien son pouvoir.
« J'ai appelé Père. »
Elle tourna immédiatement la tête vers lui.
« La mission est maintenue, nous devons aller sur Far Harbor. Ils n'ont pas reçu de nouvelles depuis le dernier appel, et nous devons faire vite. Père ne veut pas laisser une des îles sous notre protection dans le besoin. Dès que toi et Reis seront remis sur pied, nous partons.
- Il ne s'est toujours pas réveillé ? S'inquiéta sa compagne de voyage en se mordant la lèvre inférieure.
- Il a failli, d'après ce qu'on m'a dit. Mais il n'a pas réellement émergé… Expliqua le brun avec un air résigné.
- Et les médecins ne peuvent pas accélérer son réveil ?
- Non, on nous l'a déjà dit… »
Clara tourna les yeux vers le fond de la pièce, où dormait encore le Second d'Hiken. De nouveau, un silence s'installa. Le fils de Gol D. Roger se leva tandis que la rousse le regardait d'une drôle de façon.
« Ace ? Tu pars déjà ?
- Ouaip. J'ai des choses à régler. »
Il vit sa sœur de cœur hausser les sourcils, pas réellement convaincue. Mais il alla tout de même vers la porte, qu'il ferma derrière lui sous les cris de Clara désirant qu'il reste. Bordel, ça devenait de plus en plus dur pour lui de se contrôler en sa présence.
Il sera le poing et le porta devant sa bouche, se retenant de crier d'exaspération.
Mais qu'est-ce qui clochait avec lui ?
Je tousse à en recracher mes poumons sur le sol. Je n'aurai pas dû crier ainsi pour retenir cet idiot de ventre sans fond.
« Bordel de nouilles pas fraîches… Ça fait maaaal… »
Je tousse une nouvelle fois plus calmement et saisi le verre d'eau posé sur la petite table à côté de moi. M'éclaircissant la gorge, je décide de me lever mais un homme en blouse immaculée accourt et me somme de rester au lit encore un peu.
« Je me sens mieux, s'il vous plaît… Ma tête ne tourne plus. »
Il ne veut rien entendre et me repousse gentiment mais fermement dans le lit d'infirmerie.
« Rester là pendant quelques heures, il ne manquerait plus que vous vous évanouissiez à nouveau ! Et vous être brûlante de fièvre ! S'écrie l'homme en touchant mon front.
- Mais puisque je vous dis que ça va ! »
Il n'a que faire de mes supplications et il presse une serviette imbibée d'eau sur mon front pour faire baisser la température. Je gonfle les joues, boudeuse, une fois que le médecin m'a quitté.
Pourquoi Ace n'est pas resté ?
Je veux que cette mission se termine rapidement pour que je sache enfin ce qu'il tient à me dire. Je veux savoir. J'en ai assez de cette situation gênante. Lui comme moi ne savons plus quoi faire en la compagnie de l'autre et ça en devient embarrassant. Nos mains qui s'enlacent à chaque fois que nous marchons tous les deux, son regard qui se fait tendre à la croisée du mien, des paroles murmurées au creux de l'oreille, la façon qu'il a de m'observer, puis de me sourire quand il se rend compte que je le vois…
Tout ça, c'est bien beau, mais qu'est-ce que ça ça signifie pour lui ? Qu'attend-il de notre relation ?
Il est grand temps que je sache enfin ce qu'il se passe dans sa tête et dans son cœur.
« Claraaaa ! On y va ! Dépêche-toi de monter ! »
Je tourne la tête rapidement pour voir Ace m'appeler depuis le pont supérieur de la réplique du Moby Dick.
Je délaisse le Roi Karich qui nous remercie encore pour tout ce que l'équipage fait pour son île et son peuple, puis je grimpe à l'échelle vitesse grand V tandis que le navire s'éloigne doucement du ponton. Une fois arrivée sur le pont, je vois le brun qui marche dans ma direction avec un grand sourire digne d'un D.
« C'est quoi ce sourire ? Je fais alors, haussant un sourcil, moi-même ne pouvant m'empêcher de glousser face à son attitude tellement enfantine.
- Je suis heureux de reprendre le large. Mine de rien, quand nous restons trop longtemps à terre, l'océan me manque. »
Je pouffe et me rapproche de lui, mains sur les hanches.
« L'océan c'est bien, mais une fois que tu l'as dessiné, tous tes dessins se ressemblent ! C'est pour ça que j'aime bien me balader sur les îles où nous nous arrêtons. Je lui explique en embrassant l'horizon du regard.
- En parlant de ça, ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu dessiner… »
Je hausse les épaules en souriant tristement.
Ces derniers temps, je n'ai pas vraiment eu de temps à consacrer à ma passion. Je n'ai même pas pu esquisser ne serait-ce qu'un trait du paysage de l'archipel des Dragons ou de l'île de Vaha.
« Ouaip. À cause de tout ce qui est arrivé, je n'ai pas eu le temps pour ça… Mais je compte bien m'y remettre, ne t'en fais pas. »
Je délaisse l'étendue d'eau pour poser mon regard sur Ace. Nous échangeons une œillade complice. Il fait un pas en avant pour poser sa grande main sur mon crâne et caresser ma chevelure. Lorsqu'il la retire et se détourne de moi avec un signe de la main, je le retiens par sa ceinture, puisque monsieur ne daigne porter une chemise, et l'attire à moi pour caler ma tête contre son dos et entourer son corps de mes bras.
« Qu'est-ce que tu fais ? S'étonne-t-il en essayant tant bien que mal de m'échapper.
- Je te fais un câlin, ça se voit pas ? »
Je l'entends ricaner et poser ses mains sur les miennes. Nous restons un moment comme ça, enlacés, sans rien dire. Je ferme les yeux et hume son parfum. Sentir aussi bon, c'est un crime contre l'humanité.
« T'endors pas, hein. »
J'éclate de rire et le serre un peu plus fort.
J'attends beaucoup de lui en ce moment, peut-être même un peu trop. Mais comme il me l'a si bien dit, je ne dois pas avoir de regret.
« Aucun risque, j'ai bien assez dormi comme ça aujourd'hui, même si je dois avouer que ton dos est plutôt confortable.
- Ça va, je vous dérange pas trop j'espère ? »
La voix rauque de Reis me ramène à la réalité et je m'empresse de retirer mes bras du corps du Commandant pour les serrer contre ma poitrine quasi inexistante, prise en flagrant délit. Je sens sur moi son regard lourd et plein d'accusations. Je sais ce qu'il me reproche. De faire attendre Ace.
Or, il va se confier à moi à la fin de la mission. Je dois donc attendre.
Je riposte en lui lançant une œillade joueuse, comme si je n'avais rien fais. Le pire, c'est ça. C'est que je n'ai rien fait de mal. Plus j'y pense et plus ça me rend dingue que le Second d'Ace puisse imaginer que je joue avec le cœur du fils de Roi des Pirates.
Je me serai bien excusée si j'étais en tort mais ce n'est pas le cas, alors au diable les excuses. Je sais ce qu'il attend de moi, d'ordinaire j'y serai allée franchement, mais pas cette fois.
« Reis-kun, tu ne devrais pas te surmener.
- Merci de vous préoccuper de mon état, Commandant Ace-sama, mais je vais bien. Mieux, en tout cas. Il en faut plus pour se débarrasser de moi… »
Ace secoue la tête en soupirant. Finalement, il a bien choisi son Vice-Commandant, aussi têtu et borné que lui. Ils vont bien ensemble d'une certaine façon.
« Reis-kun, quel est le problème ?
- Nous avons du nouveau du côté de Far Harbor. Le bateau mère a reçu un nouvel appel ce matin. Nous devrions en parler loin des oreilles indiscrètes afin d'éviter que d'avertir tout le navire. »
Mon beau brun se contente d'acquiescer et d'enchaîner le pas à Reis, se dirigeant tous les deux vers la salle de réunion. Je les suis sans bruit, désireuse de savoir ce qu'il se passe. Arrivés devant la pièce, les deux hommes pénètrent à l'intérieur mais le colosse m'observe d'une drôle de façon.
« Je ne crois pas que nous ayons besoin de toi, Cla-san. Tranche-t-il sévèrement en me fixant de ses yeux sombres.
- C'est bon, Reis-kun. Elle peut rester. Elle pourrait avoir de bonnes idées. N'est-ce pas, Clara ? »
Il me lance un clin d'œil qui me met tout de suite à l'aise.
Je hoche rapidement la tête, voulant servir à quelque chose là-dedans.
« Bien, fait le Second en prenant place sur un siège. Nous venons juste de recevoir un appel du Moby Dick, avec les informations suivantes… Donc c'est un villageois qui est parvenu à nous appeler. Il a rapporté la situation de l'île.
- Et quelle est-elle ? »
Je vois le Bras de Fer prendre une grande inspiration et se replonger dans la lecture de son rapport tandis que Hiken l'écoute avec la plus grande attention. Je l'ai rarement vu aussi sérieux. Ça me fait toujours bizarre de voir qu'il n'est pas qu'un grand enfant comme il a l'habitude de nous le montrer.
« Il a dit qu'il y a quelques mois, un équipage de pirates au grand complet a débarqué sur l'île en quête de son trésor ancestral caché. Ils ont décidé d'asservir la population pour les aider à trouver ce trésor. Malheureusement, celui-ci n'est considéré que comme une légende et les habitants ont essayé de dissuader les pirates de le chercher, mais rien n'y a fait. Quelques personnes ont voulu avertir notre équipage afin d'avoir une protection mais ils n'y sont pas parvenu jusqu'à il y a peu de temps, comme l'a prouvé le tout premier appel. Cet homme a dit s'être réfugié sur l'autre versant de la montagne et s'y être caché des pirates. Ces forbans font travailler les hommes et les femmes à la recherche du trésor, ils ont emprisonné, les enfants et les vieillards, confisqué tous les Den Den Mushi et pris totalement le contrôle sur Far Harbor. »
Le visage de Portgas se ferme aussitôt. Bordel, j'étais sûre que la situation allait dégénérer mais pas à ce point. On est vraiment dans la merde.
Nous y voilà, l'île de Far Harbor se rapproche dangereusement… Même de loin elle est impressionnante ! Une montagne s'élève jusqu'aux nuages noirs et remplis de foudre qui cachent le sommet du mont de leurs bras cotonneux, l'encerclant tel un étau qui se resserre petit à petit.
Je ne parviens pas à distinguer une ville où ce qu'il en reste, une forêt dense et ténébreuse recouvre une bonne partie de l'île. Quant à la plage, elle est faite de sable noir, de galets, de cailloux et de roches diverses.
Cette île à un aspect sombre qui me déplaît. Ça ne m'inspire absolument pas confiance. Sans oublier que depuis la réunion de l'autre jour entre Reis, Ace et moi, il y a de quoi s'inquiéter. Reis a passé les deux derniers jours enfermé dans sa cabine à travailler. Je suis allée le voir plusieurs fois pour le forcer à venir manger et j'ai vu qu'il établissait une sorte de plan, quelque chose à quoi on pourrait se tenir au lieu de foncer dans le tas comme Ace le fait tout le temps.
Une soudaine bourrasque de vent me fait perdre mon équilibre et je manque de tomber du bastingage sur lequel je suis assise, les pieds au-dessus de l'eau. Le temps est devenu très capricieux depuis que nous sommes aux abords de Far Harbor. Même la météo nous dissuade d'y aller… En parlant de météo, il commence à pleuvoir.
« Merde, je vais devoir rentrer… »
Je regarde autour de moi, les pirates s'activent pour finir leurs tâches quotidiennes. Quelques-uns préparent l'amarrage, nous allons jeter l'ancre dans la baie à l'ouest, là où disait se cacher Mitch, l'habitant qui a lancé l'appel à l'aide. Il nous y attend normalement… Sachant que les pirates ont établi leur base en ville, de l'autre côté de l'île, à l'est, si nous arrivons par l'ouest il y a de grandes chances pour que nous ne nous fassions pas repérer.
Je secoue la tête tout en prenant les escaliers menant aux dortoirs et à nos pièces personnelles. J'arpente les couloirs, la tête dans la lune.
Uranus ? Tu es là ?
Un grognement à peine étouffé me parvient. Toujours en train de râler celui-ci…
Bien sûr que oui, je suis là… Que me veux-tu encore, femelle ratée ? Et je ne râle pas, j'exprime mon désaccord d'une manière que tu peux comprendre.
Je soupire tout en entrant dans ma petite cabine, allant m'allonger sur le lit, bras derrière la tête.
Il y a une question que je me pose depuis quelques temps. Tu m'as bien dit que si je regarde une personne dans les yeux, je peux parvenir à voir son avenir proche ? Alors pourquoi je n'ai pas de flash, d'images quand je fixe quelqu'un dans les yeux, comme ça l'a fait avec Camie ?
La seule raison valable, c'est que si tu ne t'entraînes pas sérieusement, tu continueras à voir ce futur proche aléatoirement. Il faut que tu t'y essayes sur quelqu'un qui acceptera de te servir d'exemple. Pour reparler de Camie, c'était la première fois que cela t'arrivait, et je pense que le fait que tu sois préoccupée par son sort y soit pour beaucoup.
Les explications du Démon me laissent perplexe. Ne suis-je pas préoccupée par le sort de tous mes camarades ? Par celui d'Ace en particulier ?
Comme s'il lisait dans mes pensées, l'Arme Antique enchaîne.
Ce n'est pas tout. Il faut que tu le veuilles. Comprend bien que sans cette contrainte, tu serais submergée d'informations ! À peine ton regard croiserait celui de n'importe qui qu'il te serait possible de voir son futur proche…
Je suis d'accord mais comment faire pour parvenir à contrôler cet aspect de ton pouvoir ?
Entraîne-toi sur quelqu'un, je viens de te le dire. Fait-il en reniflant de mépris.
Pas la peine d'être aussi dédaigneux, j'ai compris ! Et à part ça, il n'y a rien d'autre que je puisse faire ?
Non, la seule façon pour toi de parvenir à choisir chez qui tu « liras l'avenir », c'est de te concentrer sur une personne et de voir son futur proche à divers moments de la journée. Si tu y arrives à chaque fois, considère cette étape réussie. Et si tu veux encore plus de contrôle, fais le sur d'autres personnes. C'est tout ce que je peux te conseiller.
Je ne réponds pas et fixe le plafond en réfléchissant.
Là tout de suite, je regrette. Je regrette de ne pas m'être entraînée plus tôt sur cet aspect du pouvoir d'Uranus. Que faire si quelque chose de mauvais arrive ? Si j'avais pu l'éviter ? Je crois que je ne me le pardonnerai jamais.
Mes pensées maussades sont interrompues par un grand bruit suivi d'un choc qui fait trembler les murs de ma cabine. Bon… ça veut dire que nous sommes arrivés sur Far Harbor. Je me dépêche de sortir un sac à dos de l'armoire et de le remplir de quelques objets de première nécessité. Avant de sortir, je vérifie que mes deux armes sont bien sûr moi puis je me dirige au pas de course jusqu'au pont. Bizarrement, il ne pleut plus.
C'est la cohue dehors, Ace et Reis sont prêts à descendre à terre avec deux nakamas, Mark et Phil si je me souviens bien. Le reste de la Division vaque à ses occupations quotidiennes, Ace a déjà dû donner les directives de ceux restants à bord.
« Cla-san ! »
Je me retourne et tombe nez à nez avec Ban.
« Sois prudente… »
Je lui tends ma main et il frappe dedans, souriant.
« Promis.
- Garde un œil sur le Commandant, il faut toujours qu'il fonce dans le tas !
- Ne t'en fais pas, je gère. » Affirmais-je en lui faisant un clin d'œil.
Il soupire et retourne à ses affaires après m'avoir lancé un signe de la main. Je souris en me détournant.
« Bon, on y va ? » Fis-je en m'avançant vers le groupe.
Reis saute à terre avec dextérité, bientôt suivi par les deux autres membres de notre groupe ainsi qu'Ace et moi. J'atterris les pieds dans un sable noir semblable à celui d'une plage volcanique. Mon regard se porte instinctivement vers la montagne qui domine l'île. Serait-ce un volcan ? À bien regarder, ça m'en a tout l'air. Du navire, on ne voyait pas bien le sommet, caché par de gros nuages noirs qui nous surplombent encore. Or dorénavant, on peut très clairement voir que de la fumée s'en échappe.
« Vous avez vu, c'est un volcan…
- Espérons qu'il n'entre pas en éruption… Nous avons déjà assez de problèmes comme ça. » Me répond Reis avec un sourire crispé.
Après ma déclaration, tous les regards se tournent naturellement vers le volcan. Je vois mon beau brun soupirer avant de prendre la tête de notre groupe.
Je me sens à découvert sur cette plage. Comme si on nous épiait. Pourtant, il n'y a personne. Mes yeux se ferment brièvement. Je ressens encore les âmes tourmentées des habitants. Bordel, ça en devient inquiétant. Je secoue la tête pour tenter de chasser leurs présences dérangeantes. Je dois me concentrer sur le présent. Si quelqu'un nous observe, je suis la mieux placée pour le savoir.
Tandis que nous avançons jusqu'à l'orée de la forêt, j'analyse l'environnement avec attention, la main crispée sur mon holster. Dans mon autre main se trouve déjà mon poignard, on n'est jamais trop prudent. Haki de l'Observation activé, je guette chaque recoin du paysage. Malgré cette sensation étrange, il n'y a personne à part nous. C'est alors que le Colosse se stoppe avant que nous n'entrions dans la forêt.
« Une fois dans la forêt, on se dépêche de rejoindre Mitch. Ordonne Reis sous le regard consentant d'Ace. Ça vous va ? »
Tout le monde hoche la tête ainsi que Portgas qui enchaîne.
« Il nous attend un peu plus loin. Lorsque nous l'aurons rencontré, nous verrons comment procéder pour la suite. »
Sur ses dires, nous nous mettons de nouveau en marche. Je peux ressentir la pression qui pèse sur nos épaules. Mes frères de cœur sont tendus.
Après quelques minutes de marche à travers les arbres et herbes hautes, nous débouchons sur une clairière, avec en contrebas ce qu'il reste d'une habitation, rongée par l'humidité et la mousse. Je fronce les sourcils.
Le Commandant nous fait signe de nous arrêter. Il se dirige avec assurance vers les ruines de la maison, Reis sur ses talons. Je veux m'avancer aussi mais Ace se retourne brusquement et de son seul regard, me dissuade de faire un pas de plus.
Je hausse un sourcil et recule au même niveau que les deux membres de la Deuxième Division, mon flingue pointé vers les ruines de la maison.
Le fils du Roi des Pirates accompagné de son Second arrivent au niveau d'une porte et avant qu'ils puissent l'ouvrir, un homme que je suppose être Mitch en sort, les yeux grands comme des soucoupes. À la vue de notre équipe, il tombe à genoux, des larmes roulants sur son visage meurtri.
Je vois Ace s'accroupir à son niveau et poser une main sur son épaule tandis que Reis observe la scène en silence. J'abaisse mon arme puis accours à grandes enjambées vers l'homme qui continue de pleurer tout en marmonnant des prières incompréhensibles. Il n'a que la peau sur les os, habillé de vêtements crasseux. Son visage ruisselant de larmes est creusé, vieilli alors qu'il n'a pas l'air de faire plus de quarante ans. Ses lèvres sèches et sa barbe vieille de quelques jours montrent le manque de besoins fondamentaux.
« Les Dieux… Les Dieux ont entendu mes prières… C'est vous, c'est bien vous…
- Vous êtes bien Mitch ?
- Oui, c'est moi qui ai lancé cet appel à l'aide… »
Je tends ma main vers Mitch qui l'attrape fébrilement. Je l'aide à se relever sous les regards des autres.
« Je suis Clara, membre de la Seizième Division. »
Je l'observe alors qu'il se remet difficilement sur pieds.
« Vous êtes blessé ! Intervient un de mes frères de cœur et accourent vers Mitch.
- Oh ça, répond-t-il en désignant sa jambe bandée, ce n'est rien.
- Nous allons vous soigner, Cla-san, je vais t'aider à le soutenir.
- Non Phil, Mark va t'aider. Clara couvrira nos arrières. » Intervient Reis en faisant signe à Mark de venir.
Je réponds au Vice-Commandant d'un signe de tête approbatif.
« Qui vous a fait ça ? Lui demande Ace.
- Ces foutus pirates. Il n'y a pas si longtemps j'ai essayé de m'aventurer en ville mais j'ai été surpris et voilà le résultat. Malgré tout j'ai pu dérober un Den Den Mushi et ainsi vous appeler…
- Ces pirates, c'est ceux dont vous nous avez parlé par escargophone, n'est-ce pas ? L'équipage de Jack Ren le magouilleur ? »
Mitch acquiesce.
« Cet enfoiré de Jack l'embrouille, ce n'est pas la première fois que j'entends parler de lui. C'est un salaud de première ! » S'exclame alors Phil, coléreux.
L'habitant de Far Harbor hoche la tête tandis qu'une grimace de douleur lui tord le visage.
« Dépêchons-nous de le ramener au navire. Ordonne Ace. Clara, Reis-kun, fermez la marche. Je passe devant avec Mark et Phil. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Phil et Mark positionnent correctement l'îlien entre eux deux et commencent à avancer lorsque mon beau brun leur fait signe de s'arrêter, bras tendu devant nous.
« J'ai entendu quelque chose. » Murmure-t-il en me fixant droit dans les yeux.
J'ai compris le message. Je me presse de sonder la zone au Haki, que j'avais relâché auparavant. Les quatre hommes attendent ma réponse, anxieux.
Je ferme les yeux prestement pour mieux sentir l'environnement. Chaque bruit, chaque mouvement, chaque frissonnement est analysé. Et la conclusion que j'en tire ne me plaît absolument pas. Comment ai-je pu ne pas m'en rendre compte ?
Bordel de nouilles pas fraîches.
« Nous ne sommes pas seuls. Lâchais-je, mi-criant mi-chuchotant.
- Putain de merde. Articule doucement le Bras de Fer en laissant son regard courir sur la forêt qui nous entoure.
- À droite ! » Criais-je à leur intention.
J'entends un grand fracas qui vient de la droite, bientôt suivi par le bruit caractéristique d'une mitraillette, puis c'est toute une rafale de balle qui se met à pleuvoir à nous.
J'aime faire des cliffhanger !
J'attends avec impatience vos remarques sur ce chapitre, à bientôt !
Hug !
