J'avais oublié de copier-coller la note qui va avec le chapitre précédent. C'est maintenant chose faite. C'est à propos de l'incident avec Maugrey qui prend en compte le livre plutôt que le film.
Un chapitre que je publie un peu tard. L'ayant déjà fait lire à Shka, j'étais moins pressé de le publier à mes lecteurs et lectrices inconnus je l'avoue.
Merci à Shka, qui m'a été ma muse sur ce chapitre il n'y a pas d'autres mots. Merci pour tes relectures et tes conseils sans lesquels ce chapitre n'aurait pas autant de profondeur.
N'hésitez pas à m'envoyer un petit mot si vous attendez impatiemment la suite, en attendant prochain chapitre j'espère dans deux semaines.
36- que sais-tu ?
La cuisine rangée, les deux Gryffondors allèrent s'installer sur leur canapé. Ils avaient commencé par parler innocemment du caractère insupportable du Serpentard. Hermione lui soutenait qu'il avait un côté agréable dissimulé sous une épaisse couche de froideur, de sarcasme, d'arrogance, de faux semblant et d'agressivité, mais que, sous ce masque d'indifférence et de suffisance, elle commençait à entrevoir un garçon brisé et terrifié. Un jeune homme qui ne demandait qu'à se faire accepter. Un homme capable de loyauté et de tendresse.
Elle avait beau étayer ses propos d'exemples, elle ne voulait pas pour autant en dire trop à Harry tant qu'il ne lui aurait pas parlé. Si elle lui avoua l'avoir pris plusieurs fois dans ses bras pour le réconforter, elle n'osa pas pour autant lui parler des autres marques d'affection qu'ils s'étaient échangées ni des sous-entendus qu'il y avait parfois dans les paroles du Serpentard, ne sachant pas vraiment comment les interpréter.
Harry n'était pas dupe pour autant, il devinait peu à peu, en son for intérieur, qu'il y avait plus que quelques étreintes entre eux. Ce qui d'ailleurs était déjà trop à son gout. Pourtant il ne se sentait pas le droit de dire quoi que ce soit. Il était plus que conscient d'à quel point son ancienne Némésis pouvait avoir besoin de soutien. Cependant, il ne pouvait s'empêcher de vouloir protéger Hermione de cette fange malsaine dans laquelle Malefoy et lui-même étaient plongés.
- Dis-moi réellement ce qu'il se passe entre Malefoy et toi ! lui demanda-t-il tout à coup.
D'abord surprise, Hermione allait se justifier de son comportement plus qu'équivoque avec le blond quand elle se ravisa. Elle lança un sort pour que Drago ne puisse pas les entendre et fixa Harry avec sérieux et gravité.
- Avant je veux que tu m'expliques à quel point tu savais ce qu'il lui arrivait pendant que tranquillement on passait nos vacances au terrier à préparer notre future expédition.
Harry ne disait rien. Hermione voyait bien que ce que son meilleur ami avait à cacher lui pesait lourdement sur les épaules et que ça avait eu certainement eu une influence sur leur quête.
- Je suppose que ça faisait partie des raisons supplémentaires pour lesquelles c'était si éprouvant pour toi de porter l'Horcruxe sur toi en plus de celui qui était déjà en toi! On n'aurait jamais dû te le faire même approcher ! Quand tu l'avais tu avais deux parties de l'âme de Voldemort en toi. C'était d'autant plus facile pour lui d'avoir de l'influence sur toi, sans compter les souvenirs de ce que tu as vu l'été précédent qui devait forcément se rajouter à ton mal-être. Je suis quasiment sûre que tout comme il t'a montré les meurtres qu'il commettait, il a pris un malin plaisir à te montrer ce qu'il faisait subir à Drago ! je suis sûre également que si tu nous en avais parlé on aurait su quoi faire et que tu n'aurais pas porté ce secret en plus du reste.
Harry était toujours silencieux. Ce n'était pas parce qu'il ne voulait pas parler à sa meilleure amie, mais plutôt parce qu'il ne pouvait pas. Il avait comme une main qui lui enserrait la gorge et qui l'empêchait presque de respirer. Il n'en avait jamais parlé à personne. Pas même à Ginny. Et Voldemort avait emporté ce secret dans sa tombe. Alors, à quoi bon faire resurgir ces souvenirs qui le hantaient déjà suffisamment ? Pourtant il mourait d'envie de se précipiter dans les bras d'Hermione et de tout lui dire. Mais voilà ! Il avait peur justement de ne pas être capable de garder le plus humiliant pour lui.
- S'il te plaît, Harry, insista-t-elle en posant doucement ses doigts sur la joue de son ami en une caresse rassurante. Dans ta lettre tu m'as dit avoir été témoin d'un certain nombre de choses plus horribles les unes que les autres que tu as gardé pour toi. Et je suis quasiment certaine que tu l'as vu faire des choses bien plus horribles que de simples Doloris. J'ai vu ces cicatrices Harry, il en est couvert, mais je suis persuadé que tu sais qu'il n'y a pas eu que ça. Il faut que je comprenne pourquoi tu ne nous en as pas parlé.
Son regard bien veillant plongé dans le sien finit par lui permettre d'enfin pouvoir articuler quelques mots.
- Je l'ai vu ! commença-t-il dans un murmure. Il m'a fait voir ce qu'il lui faisait !
Harry, à nouveau, s'était tu, mais elle savait qu'il lui faudrait du temps pour parvenir à lui expliquer. Alors patiemment elle lui laissa le temps de respirer de grandes goulées d'air.
-Je … je ne faisais pas que voir quand il commettait des meurtres …il me faisait ressentir ses émotions, son envie de tuer, sa haine. C'était comme si c'était moi qui commettais ces atrocités !
Comprenant ce qu'il était en train de lui expliquer à demi-mot, Hermione se précipita pour prendre Harry dans ses bras sans pouvoir réprimer un « noonnn ! », cri rauque qui venait du plus profond de son cœur.
- Je ressentais tout ce qu'il pensait quand il faisait ça Hermione, dit-il en sanglotant tout à coup étreignant de toute sa force la frêle Gryffondor. C'était comme si c'était moi qui lui faisais ça ! ajouta-t-il entre deux sanglots.
Hermione n'avait jamais vu Harry dans cet état. Il lui faisait penser à Malefoy dans la salle sur demande, quand enfin il avait admis à l'inconnue qu'elle était qu'il s'était fait violer.
Son corps tout entier était secoué par les spasmes de ses sanglots. Lui qui était si fort, qui avait survécu à tant de choses, avait fini par craquer.
Une fois de plus, Hermione trouva trop douce la mort qu'avait subie le fou sanguinaire qui avait fait tant souffrir ses deux amis. Comment pouvait-on avoir la cruauté d'infliger ça à des enfants ? Il avait beau avoir 17 ans à l'époque, elle savait qu'Harry n'avait aucune expérience. Il n'avait jamais fait qu'embrasser et caresser les deux seules filles avec lesquelles il était sorti. Imaginer que la première fois de son âme sœur, ait été d'avoir l'impression de violer Drago, était plus qu'elle n'en pouvait supporter. Elle aurait voulu être forte et être capable de le réconforter avec des paroles et des gestes bienfaiteurs, mais à son tour elle explosa en sanglots. Elle s'en voulait tellement de ne rien avoir vu. Elle lui en voulait tellement d'avoir gardé ça pour lui, de n'avoir rien osé lui dire.
Ils restèrent un moment accrocher l'un à l'autre dans une étreinte salvatrice.
Au bout d'un temps qu'elle n'aurait su déterminer, Hermione commença à voir ses larmes se tarir. Elle put enfin calmer, à son tour, Harry avec des gestes tendres, des baisers sur ses joues et sur son front, des caresses, des mots de réconfort lui promettant qu'elle serait toujours là pour lui, que tout irait mieux maintenant qu'elle savait, qu'elle allait l'aider à aller mieux, qu'il n'avait rien fait de mal.
Mais à ces mots Harry s'arrachât à son étreinte et se leva.
-Tu ne comprends pas ! je lui ai fait du mal ! le l'ait violé et j'y ai pris du plaisir ! cria-t-il avec force.
Ses mots, qui résonnèrent sur les murs au papier défraichi, furent heureusement assourdis par le sort d'Hermione.
-Tu n'as rien fait Harry! C'était lui ! C'est ce salop qui vous a fait du mal ! Vous n'y êtes pour rien! Vous n'aviez pas d'autre choix ! Vous avez subi ça sans avoir le moindre moyen de vous défendre !
-Tu ne sais rien Hermione! hurla alors Harry qui n'en pouvait plus. Au début, c'était comme quand il tuait ou torturait quelqu'un, mais quand Malefoy lui a été complètement soumis il s'est amusé à prendre mon apparence avec du Polynectar. Je ne sais pas comment il faisait, mais c'était comme si j'étais dans mon corps. Il ne me laissait pas lui parler, mais j'avais l'impression que certains gestes venaient de moi. Il autorisait mon envie de ne pas faire de mal à Malefoy guider ses gestes, mais dans le même temps il m'envahissait de son désir pour lui. C'était si fort que même réveillé, ça persistait en même temps que le dégout de moi-même de ne pas savoir comment dominer ses pulsions. Je l'ai violé, Hermione ! C'est moi qui l'ai fait avec mon corps, avec presque tout mon esprit. C'était tellement fort que je ne pouvais rien faire d'autre. Je m'en veux tellement !
Harry ne voulait pas lui dire tout ça ! c'était justement ce qu'il craignait de lui avouer, mais ce secret pesait tellement sur ses épaules qu'il n'avait pas pu résister.
Il était encore hanté par le regard suppliant de son ancien ennemi lorsqu'il se rappelait l'avoir fait souffrir, mais le pire pour lui était cette sorte de reconnaissance, presque d'amour qu'il avait vu dans les yeux du Serpentard lorsqu'il avait ce semblant de contrôle et qu'à la place de lacérer son corps trop de fois meurtri, il le caressait et l'embrassait.
Harry espérait que sa meilleure amie le comprendrait. Elle était la seule qui pourrait le comprendre … lui pardonner. Il s'en voulait de lui faire porter ce secret, mais jamais il ne pourrait avouer ça à Ginny! Jamais! Elle ne le regarderait plus de la même façon s'il le faisait. Elle avait été sous l'emprise du mage noir lors de sa première année, mais ça n'avait rien à voir. La part d'âme maléfique du journal était celle qui correspondait à l'adolescence de Voldemort avant qu'il ne soit totalement corrompu et perverti par la magie noire. Et si mourir l'avait en quelque sorte lavé de toute cette magie noire qui était en lui, le remords de ce qu'il avait fait ces nuits-là le hanterait à jamais.
Il regardait Hermione blanchir, conscient que, si elle n'avait pas été assise, ses jambes n'auraient pas pu la retenir.
Elle avait du mal à respirer, du mal à réfléchir. Les mots d'Harry tournaient et tournaient dans sa tête.
Harry lui était tétanisé. Il attendait d'être jugé. Il était terrifié. Si seulement il avait pu se retenir de dire ça ! Sa mâchoire crispée commençait à claquer sans qu'il parvienne à réprimer quoi que ce soit et ses intestins se tordaient d'appréhension.
Puis revenant à elle, Hermione se jeta sur lui pour le prendre dans ses bras à nouveau.
- Comment a-t-il pu vous faire ça ! Je suis tellement désolé pour toi, pour vous !
Avoir enfin pu révéler son secret à Hermione et l'entendre l'absoudre était un soulagement pour Harry. La culpabilité était toujours présente, mais son poids s'en trouvait allégé.
Ils revinrent sur leur canapé toujours dans les bras l'un de l'autre. Elle tenta tant qu'elle le put de le convaincre qu'il n'était en rien responsable de ce qui s'était passé. Puis ils parlèrent de Malefoy et tentèrent de s'imaginer à quel point il devait être difficile pour lui d'être en présence d'Harry. Il n'avait rien montré jusqu'ici et semblait égal à lui-même. Mais elle lui expliqua que le rituel lié à ses cauchemars atténuait considérablement ses émotions quand il ne dormait pas, ne libérant certains souvenirs que lorsqu'il était soumis à certains stimuli. Harry, lui promit alors de faire en sorte d'éviter tout contact avec le Serpentard, en espérant que ça suffirait.
Elle lui raconta le peu de ce qu'elle savait sur ce qu'il avait subi, mais le Serpentard n'était jamais entré dans les détails et elle devinait plus qu'elle ne savait. Harry lui semblait avoir vu et vécu les pires moments de Malefoy, mais Hermione préférait ne pas trahir la confiance de Drago en demandant à Harry des renseignements qu'il s'était jusqu'ici refusé à lui révéler. Harry n'avait d'ailleurs pas non plus envie de se confier à ce propos. Et le sujet fut vite clos, Harry préférant la questionner sur ce qui s'était passé entre elle et leur ancien ennemi depuis quelques semaines.
Hermione lui raconta comment elle avait trouvé la lettre. Comment leur correspondance avait commencé. Elle lui parla de la lettre d'excuse, de leur rencontre dans le noir, des cauchemars, des confidences, du moment où il avait compris qui elle était, de sa tentative de suicide de ce qu'elle avait dû faire pour le sauver, des impardonnables, des disputes, de leur petit marché, du bracelet, des talents de cuisinier de Drago et des prémices de leur amitié.
Harry écoutait patiemment, mais tout au long du récit d'Hermione il avait l'impression que le Serpentard, par sa simple présence auprès d'Hermione, la poussait à faire ou accepter des choses qui ne lui ressemblaient pas.
La suite fut plus encore plus difficile à accepter par Harry parce qu'elle lui parla de la façon dont elle était parvenue à faire diminuer ses cauchemars et des raisons qui l'avaient poussée à l'inviter dans sa chambre de préfète.
Hermione lui expliqua également ce qu'elle avait compris des cauchemars de Malefoy, de leur origine, des potions qu'il prenait maintenant, de Pattenrond, son refus de faire appel à un guide quoi ou qui que ce soit, de l'aide inattendue de Blaise et de tout ce qu'elle avait appris sur lui depuis, à l'exception du secret de ses origines qu'elle avait promis de garder. Elle lui fit part de ce qu'elle avait dit, ou non, à Ginny ainsi que des cours qu'ils avaient partagés ensemble et s'amusa des menaces qu'elle avait proférées à Drago.
La Gryffondor ne lui cacha pas non plus les crises qu'il était capable de faire dans la journée depuis que les cauchemars s'atténuaient et le fait qu'elle ait dut l'emmener avec Blaise dans la cabane d'Hagrid le temps qu'il se reprenne. La réaction d'Hagrid ne surprit pas plus Harry pas que son instinct à vouloir protéger les créatures blessées et dangereuses.
Enfin elle lui décrivit la réaction des autres professeurs qui ne comprenaient pas qu'ils soient devenus amis.
Harry était loin d'imaginer tout ce que son amie avait pu traverser. Et, s'il ne manqua pas de lui servir quelques remarques, il tenta de voir les choses du côté d'Hermione. Elle semblait déjà trop avoir à porter sur les épaules pour qu'il l'accable plus encore. Alors plutôt que de critiquer sa conduite, il la réconforta et l'encouragea même à parler de ce qu'elle ressentait.
Après beaucoup d'appréhension, Hermione fit part à son meilleur ami des doutes qu'elle avait eus depuis l'après-guerre quant à leur amitié. Elle lui parla surtout de sa prise de conscience. Elle lui expliqua à quel point elle s'était sentie seule à Poudlard, loin de lui et de Ron et ce qu'elle avait ressenti quand elle avait pris Drago dans ses bras alors qu'il était au plus mal !
La brune lui avoua que leurs étreintes lui manquaient et qu'être dans les bras de Drago, lui tenir la main, passer une main dans ses cheveux lui faisait autant de bien à elle qu'à lui, car elle avait beau paraitre forte, elle aussi avait besoin de recevoir et surtout de donner de l'affection.
La née-moldue lui expliqua l'importance que représentait maintenant le Serpentard pour elle. Elle lui parla du fait qu'il lui permettait de se sentir à nouveau utile, qu'il lui permettait de combler ce vide qu'elle avait en elle.
Son amie lui confia aussi sa surprise de découvrir autant de douceur et de tendresse chez cet idiot de Malefoy. Elle lui parla du plaisir qu'elle avait à étudier en sa compagnie, du bonheur de pouvoir discuter d'une potion ou d'un sortilège avec lui et du charme qu'avait leur soirée passée en silence à lire, pour ensuite comparer leurs impressions.
Et si Hermione lui dit à quel point elle avait maintenant de l'affection pour le Serpentard, elle préféra garder pour elle ses sentiments naissants envers Drago ainsi que les baisers qu'ils avaient échangés. Ça faisait déjà beaucoup pour Harry à encaisser en une soirée. Mais elle se promettait de lui en parler quand la relation entre son âme sœur et Drago serait moins houleuse.
Ils restèrent un moment silencieux, perdus dans leurs pensées quand Hermione, qui commençait à s'endormir dans les bras d'Harry, voulut tout de même lui faire part de ses pensées.
- Vous ne pouvez pas rester ainsi, Harry. Vous ne pouvez pas continuer à vous détester éternellement comme si vous étiez encore à l'époque de Poudlard ! Vos querelles "d'enfants" n'ont plus aucune importance à côté de ce que vous avez vécu ! Vous partagez un même supplice et je pense qu'au lieu de vous détester mutuellement, vous devriez recentrer cette haine contre celui qui la mérite. Il est mort et vous ne pourrez jamais obtenir justice pour ce qu'il vous a fait, mais c'est lui le coupable. Vous devez vous soutenir plutôt que vous haïr !
Elle avait lâché cette pensée d'une seule traite en y mettant tout son cœur, elle voulait vraiment parvenir à leur faire ouvrir les yeux, et, pour ce faire, elle commencerait par son meilleur ami, car il serait surement moins borné que Malefoy. Elle voulait leur montrer qu'ils se ressemblaient bien plus qu'ils ne le pensaient : ils avaient tous les deux vécu quelque chose d'horrible, cette guerre les avait changés à jamais...
oooOooOOOooOooo
Il était encore tôt quand il était retourné dans sa chambre. Après avoir congédié Kréatur, il avait repoussé l'idée d'étudier et s'était affalé contre un oreiller moelleux dans l'intention de lire, mais ses préoccupations ne voulaient pas le lâcher.
Revoir le balafré n'avait pas été aussi pénible qu'il s'y serait attendu. Il avait eu peur de perdre ses moyens ou pire de refaire une nouvelle crise, mais pour l'instant ses souvenirs restaient pour la plupart enfermés et il ne demandait pas mieux. Ça ne l'empêchait pas d'être plus que mal à l'aise face à lui. Cependant, s'en prendre à lui comme à l'époque de Poudlard lui avait permis de se concentrer sur l'essentiel : il n'aimait pas Potter et celui-ci, le lui rendait bien. Il avait l'impression que tant que leur relation resterait celle qu'ils avaient entretenue à Poudlard les mauvais souvenirs resteraient éloignés.
Caressant Pattenrond, qui l'avait suivi et s'était lové sur ses genoux, il se promit de le récompenser dès le lendemain matin. Le demi-fléreur ne l'avait pratiquement pas quitté depuis qu'il était arrivé au square Grimaud. Et il ne cessait de le sentir apaiser son esprit, repousser ses craintes et calmer ses pulsions. Dire qu'à une époque, il aurait méprisé ce genre de capacités.
Hermione n'était pas remontée à sa suite, Drago l'aurait vu passer par sa porte entrouverte. Elle devait certainement encore discuter avec son « meilleur ami » ou bien lire affalée dans cet affreux fauteuil rouge.
Après la soirée de la veille, il lui était impensable qu'ils reviennent en arrière de plusieurs années et qu'ils passent leur temps à se prendre le bec, tout ça à cause du balafré. Même s'ils se disputaient parfois, bon souvent, ces derniers temps, c'était loin d'être pour des futilités comme ça l'avait été ce soir avec Potter.
Il se demandait bien quoi penser ce cette amitié qu'il avait enfin décidé d'accepter. Il s'interrogeait surtout de savoir si elle lui suffisait. Il était certain que pour elle ce n'était rien de plus.
Tout ça était un véritable casse-tête. Elle l'aidait, en tout cas, elle en avait l'intention. Elle l'avait sauvé, elle avait sacrifié une part de sa pureté pour lancer des impardonnables pour lui. Il y avait aussi son sang qui courrait maintenant dans ses veines et, même si elle disait qu'un sang neuf l'avait déjà remplacé, il ne pouvait se défaire de cette sensation qu'une petite part d'elle serait en lui à jamais. Elle lui faisait du bien. Sa présence près de lui, ses mots, sa douceur parvenait peu à peu à lui redonner espoir, à apaiser sa douleur.
Et puis il ne pouvait pas nier la trouver attirante. Toute née moldue qu'elle soit. Mais s'il tentait quoi que ce soit, il risquait de mettre fin à tout ça et la perdre à jamais. Pourtant, elle était certainement maintenant la seule avec qui, peut-être, un jour, il pourrait se laisser aller suffisamment. La seule avec laquelle il entrevoyait un rapprochement intime. Pas que le sexe lui manque réellement. C'était maintenant tellement effrayant pour lui, qu'il tentait d'y penser le moins souvent possible. Mais il n'avait pas que des mauvais souvenirs. Il se rappelait de tout ce qu'il avait vécu avec Pansy avant qu'elle ne le jette comme une merde de troll. Il aurait tout donné pour redevenir un garçon normal avec des pulsions normales. Il aurait tellement aimé pouvoir à nouveau prendre et donner du plaisir comme n'importe qui. Et, elle était peut-être sa solution !
S'apercevant de l'heure maintenant tardive, après avoir longuement hésité, il se décida enfin à descendre, espérant la trouver en train de lire au coin du feu.
Bêtement il avait espéré qu'elle viendrait le retrouver même si c'était pour le traiter de tous les noms pour son comportement « immature ». Mais elle n'était pas venue, préférant la compagnie de « celui qui a survécu et vaincu ».
Il n'aurait peut-être pas dû autant faire chier Potter, mais un Malefoy ne devait-il jamais avoir de remords ? Quoi qu'il en soit, c'était fait ! Et la tête de Potter quand il lui avait dit qu'il avait posé les mains sur ce qu'il avait de plus précieux valait des galions.
Quant à la « faveur raisonnable » de Granger, il avait certainement perdu une bonne occasion.
Mais une occasion de quoi ? De l'embrasser ? De l'avoir dans son lit ? Certainement pas ! Alors quoi ? S'il était honnête avec lui-même, la tenir juste dans ses bras lui aurait peut-être juste suffi. Pour autant, s'abaisserait-il à ça ? Certainement pas ! Il n'était pas un gamin ! Alors quoi ? Une douche avec elle ? Un massage ? Sans ces cicatrices, ça aurait pu être sympa. Un gage ? Un truc qui l'aurait un peu humilié ? Juste pour la voir rougir ! ... Ce soir, ça ne l'amusait même pas ! Pas après ce qui s'était passé la veille ! Il l'avait probablement déjà suffisamment provoqué pour la soirée.
Il n'avait cependant pas envie d'en rester là. Il ne l'avait pas accompagné jusqu'ici pour faire la conversation à un vieux portrait à moitié sénile !
Quand il arriva dans le salon, il la vit bien dans un des fauteuils à côté du feu. Mais elle n'y était pas seule. Elle était pratiquement vautrée sur Potter. La tête calée contre son épaule, ses longues jambes passées au-dessus de celle du balafré qui l'avait pris dans ses bras, elle semblait dormir. Lui la regardait avec une tendresse écœurante tandis qu'il lui caressait machinalement les cheveux.
Drago, surprit, s'arrêta à peine entré dans la pièce, ne parvenant plus à faire aucun mouvement. Il s'attendait à tout, sauf à ça. Blaise avait bien plaisanté sur le fait qu'elle préfèrerait embrasser Potter plutôt que Londubat, ça ne voulait pas dire pour autant qu'elle l'avait déjà fait ?
Harry, qui l'avait entendu arriver, lui lança un regard interrogatif sans pour autant arrêter de passer ses doigts inlassablement dans la chevelure de son « amie ». C'est alors que Drago vit l'autre main de son ennemi serrer celle de Granger ! Celle de son inconnue !
Drago, s'il restait impassible en apparence, bouillonnait de l'intérieur. De quel droit pouvait-il faire une chose pareille ! Elle était à lui ! Pas à Potter !
Comment pouvait-elle se blottir contre lui comme ça ? Il était peut-être son ami d'enfance, mais était-ce une attitude qu'on peut avoir avec un ami ?
Installés comme ça, ils ressemblaient à un couple de Poufsouffles, pas à des meilleurs amis. Pansy se vautrait sur lui ainsi, mais il couchait avec Pansy !
- Ne la dérange pas elle dort. Elle est épuisée. Dis soudainement Potter dans un murmure sec et autoritaire.
- Elle est au courant, ta rousse, que tu la trompes avec une brune ? cracha Drago avec méchanceté, sortant Hermione de ses songes du même coup.
Il s'était voulu sarcastique, mais Harry, qui n'était pas sans bien connaitre le Serpentard, sut percevoir derrière de la haine, une pointe de Jalousie. Aussi, le survivant se retrouva incapable de rétorquer quoi que ce soit, trop stupéfait de l'attitude du Serpentard. Si la posture dans laquelle ils se trouvaient pouvait porter à interrogations, elle n'avait tout de même rien de choquant. Même si, d'un commun accord, ils ne se montraient pas si proches en compagnie de Ginny pour ne pas la blesser, celle-ci savait à quel point la chasse aux Horcruxes et les épreuves de la fin de la guerre les avaient rapprochés plus encore que deux amis d'enfance.
- Je ne te permets pas Malefoy ! parvint-il enfin à dire tandis qu'Hermione sortait de sa torpeur, essayant de saisir le sujet de cette nouvelle dispute.
- Tu peux aller te faire foutre toi et ton petit cul de sauveur! rétorqua Drago vindicatif.
- Tu n'es qu'un sale con Malefoy ! tu vois le mal partout ! De nous deux je ne pense pas être celui qui a le plus à me reprocher concernant mon comportement avec Hermione. Ce n'est pas parce qu'elle est sensible à ton sort que ça fait de toi une personne convenable pour elle !
- Tu n'as pas à me juger, tu ne me connais pas Potter ! cracha le blond furieux fixant toujours la lionne qui ne lâchait pas la main de son ennemi.
- Je n'ai pas non plus à m'écraser devant toi, je ne suis pas un de tes petits faire valoir, n'as-tu jamais aucun regret, aucun remords peur ce que tu lui as fait subir toutes ces années ?
- Un Malefoy ne regrette jamais ses actes, ne s'excuse jamais ! dit-il comme par réflexe.
- Ce n'est pas ce qu'on m'a dit, se moqua Harry. Je crois même qu'il y a une lettre qui le prouve, mais vois-tu, ce n'est pas une pauvre lettre d'excuse qui effacera les larmes qu'elle a versées à cause de toi !
- Parce qu'elle n'en a jamais versé à cause de vous qui étiez censé être ses amis ? De toute façon son amitié pour ce qu'elle vaut, elle peut la garder !
-Drago ! cria dans un souffle Hermione qui ne comprenait pas vraiment tout ce qui s'était passé.
Furieux, Drago se retourna pour quitter au plus vite la présence des Gryffondors.
Les voir enlacés de la sorte lui avait fait perdre son souffle sur le coup. Jamais il ne les avait imaginés si proches ! C'était pourtant de ce gros nul de Weasmoche, dont elle était censée être amoureuse ? Sans compter que Potter et la rousse étaient quasiment déjà mariés ! Comment pouvaient-ils faire ça ?
Les voir ainsi l'avait mis dans une colère presque hors de contrôle.
Il avait beau tenter de rejeter ce qu'il ressentait. L'image d'Hermione dans les bras du balafré était comme gravée sur sa rétine et ça lui avait fait mal. C'en était presque physique.
Tandis qu'il remontait vers la chambre qu'on lui avait attribuée, il serrait les poings à s'en briser les doigts alors qu'une boule se formait dans sa gorge. Il avait envie de rouer de coups Potter, de lui envoyer un sort de magie noire qui l'aurait maudit sur plusieurs générations…
Il aurait voulu être à sa place. Il aurait voulu la caresser comme lui le faisait. Pourtant ça n'arriverait pas !
Dire qu'enfant, il avait pratiquement eu tout ce qu'il désirait !
Jusqu'à ce qu'il les voit ensemble, une infime partie de lui avait encore un fragment d'espoir que peut être un jour, il pourrait la conquérir. Mais la réalité venait de le frapper. Il n'avait aucun droit sur elle ! Elle appartenait à Potter, à Weasley et à tout leur petit groupe, pas à lui!
Ce qu'il prenait pour une relation de complicité avec elle, n'était rien de plus que des miettes par rapport à ce qu'elle accordait tout naturellement à son meilleur ami, le « sauveur du monde sorcier ». Ce qu'il prenait pour de l'intimité semblait n'être qu'une marque d'affection tout à fait commune pour elle.
Lui qui pensait avoir une place bien à part pour elle, se devait d'admettre qu'il n'était pour elle qu'un ami parmi tant d'autres et peut être même qu'une nouvelle cause à défendre dont elle se lasserait vite.
Pourquoi cela l'affectait autant ? Des filles, il y en avait d'autres ! Et des plus malléables ! des plus dociles ! des moins malines ! de moins …
Il aurait juste dû être déçu. Déçu, et rien d'autre. Alors pourquoi avait-il la gorge serrée, l'estomac noué, la mâchoire soudée? Tout en lui criait sa colère et son impuissance.
Réveillée en sursaut, Hermione ne savait pas trop quoi penser de cette nouvelle dispute. Elle en avait loupé la majeure partie, mais pensait en avoir compris l'essentiel.
Drago était parti en trombe et furieux et elle avait peur qu'il ne se fasse submerger par ses souvenirs.
S'excusant, Hermione se désengonça du fauteuil pour partir le rejoindre et tenter de le calmer. S'il restait là deux semaines, il allait bien falloir qu'il accepte de la voir près d'Harry.
Si elle avait voulu une preuve que le baiser qu'il lui avait volé la veille n'était pas « juste parce que l'il en avait eu envie », mais quelque chose de bien plus sérieux, sa petite crise de jalousie lui en fournissait la preuve. Où était donc passé le Malefoy flegmatique et méchant ?
À peine entra-t-elle dans sa chambre qu'il la toisa d'un regard méprisant.
-Je croyais que c'était l'amour fou avec le rouquin, mais apparemment tu te fais aussi le balafré ! Ils te prennent à deux ou tour de rôle ? Ça ne te gêne pas de faire ça dans le dos de la rousse !
D'abord abasourdie par ce qu'il venait de lui dire elle resta un moment les bras ballants. Puis mue par une fureur incontrôlable, elle voulut le gifler, mais il lui attrapa sans difficulté la main.
- Si en troisième année je ne l'avais pas vu venir et que tu étais au moins aussi grande que moi, ce n'est plus le cas! Alors, ne tente même pas de recommencer et réponds à ma question !
-Tu es sérieux Malefoy ? fit-elle plus que surprise.
Qu'il ait une jalousie déplacée, elle pouvait comprendre, mais penser quelle serait capable de… heurk !
- J'attends, dit-il sans la lâcher en la fixant de ses yeux anthracite qui bouillonnaient d'une fureur froide.
- Même si c'était le cas, et ça ne l'est pas, de quel droit te permets-tu de faire la moindre remarque sur ma vie ?
À peine avait-elle dit ça, qu'il lâcha prise. Son regard se voila d'une tristesse profonde. Il se retourna et attrapa le montant du lit pour crisper sa main dessus.
- Ne t'inquiète pas je ne t'emmerderais plus ! Je ne serais qu'une ombre dans cette maison, dit-il avec amertume.
- Il n'y a pas d'entre-deux avec toi ! souffla Hermione avec lassitude.
La soirée avait déjà été plus que difficile et bien sûr Drago en rajoutait avec ses répliques mélodramatiques ! Mais comment lui en vouloir réellement maintenant qu'elle était consciente de l'importance pour lui des récents liens qui les unissaient. L'amitié était quelque chose de nouveau pour lui. La confiance quelque chose de fragile. Il ne pouvait s'empêcher de douter d'elle et pour toutes ses raisons elle comprenait ses doutes.
Comme à son habitude, il répondait par l'agressivité quand il commençait à avoir peur.
Si à ça, elle rajoutait ce qu'elle avait appris d'Harry, voir son ancien ennemi devait être une épreuve supplémentaire pour lui.
Enfin, il y avait toutes ses allusions qui lui faisaient penser, qu'aussi incroyable que ce soit, l'ancien prince des Serpentards éprouvait peut-être plus que de l'amitié pour elle. Et même si elle ne savait pas trop quoi en penser, c'était tout de même à prendre en compte dans cette soudaine crise.
Tout ce qu'il fallait, c'était le rassurer.
- Je ne fais rien de plus avec Harry qu'avec toi. Ce n'est pas parce qu'on est dans les bras d'un garçon, commença-t-elle avant qu'il ne l'interrompe.
-Désolé, mais j'ai du mal à croire qu'Il n'y a jamais rien eu entre toi et Potter ? fit-il un poil trop agressif
Curieusement la voir avec Potter avait été cent fois plus dur que de l'imaginer coucher avec Weaslaid ! Le rouquin n'était qu'une faignasse colérique empli de testostérone, incapable de faire quoi que ce soit sans l'avis d'un des deux autres. Mais Potter ! Il avait rivalisé avec lui toute son enfance et il lui avait tout volé. Les victoires au Quidditch, l'admiration qu'il aurait pu lire un jour dans les yeux de son père, et dans ces horribles cachots, le peu de respect qu'il avait encore de lui-même, bien qu'il n'en soit pas le véritable acteur, et maintenant il lui prenait aussi Hermione.
- Drago, Harry est… commença-t-elle incapable de savoir quoi réellement répondre.
- juste un ami ! bien sûr ! c'est évident quand on vous voit comme ça ! insista-t-il avec mépris, tout en ayant un regard triste et déçu, si bien qu'en le voyant le cœur d'Hermione se serra.
- Oui ! On est amis, dit-elle d'une voix tremblante d'émotion. Les meilleurs amis qu'il puisse exister ! Harry est la personne dont je suis la plus proche. Même Ron n'a jamais eu autant d'importance pour moi, se surprit-elle à lui répondre.
C'était quelque chose qu'elle avait du mal à s'avouer. Le dire à haute voix lui donna l'impression que son cœur s'était mis en pause quelques secondes. Jamais elle n'avait osé tenir de tels propos, sa relation avec Harry était un sujet sensible, surtout quand ils étaient en compagnie des Weasley.
- Tu ne l'as jamais embrassé ? la questionna-t-il en repensant aux propos de Blaise.
Elle hésitait à lui répondre. Elle ne voulait pas lui mentir, mais elle n'avait jamais parlé de ça à personne.
-Tu ne l'as jamais embrassé ? répéta-t-il avec plus de force.
- Une fois, murmura-t-elle enfin en un aveu douloureux, mais c'était une erreur ! On s'en est aperçu tout de suite et il ne s'est rien passé après, finit-elle dans un souffle, espérant que ça lui suffise.
Mais il ne voulait pas s'arrêter là dans son interrogatoire.
- Et vous n'avez fait que vous embrasser ?
Devant la mine déconfite d'Hermione, il eut sa réponse, mais il ne s'en satisfit pas pour autant.
-Dis-moi ce qui s'est passé !
- Non ! Il était hors de question pour elle de lui parler de choses aussi intimes qui ne concernaient pas qu'elle. C'était une erreur ! Ne pouvait-il pas s'en satisfaire ? Sans avoir réellement honte de ce qu'ils avaient fait, elle s'en voulait vis-à-vis de Ginny et de Ron. Bien sûr, Harry avait rompu officiellement avec elle à l'époque et elle n'était pas encore avec Ron, mais ils avaient eu l'impression de les trahir et ce n'était pas une sensation dont elle était fière.
- J'ai besoin de savoir, dit-il d'une voix presque désespérée sans qu'il ne la contrôle
Hermione avait beau être touchée par cette supplique, elle ne desserra pas les lèvres.
- Tu me le dois, lança-t-il avec hargne.
- Je ne vois pas pourquoi !
- Tu sais très bien pourquoi ! Après tout ce que je t'ai dit, tout ce que tu sais ! Quoiqu'il se soit passé, ce n'est rien !
Sa voix avait beau être sèche, cassante et autoritaire, elle voyait poindre les larmes dans ses yeux à présent humides.
-Jure-moi de ne jamais rien dire à personne ! abandonna-t-elle incapable de le voir une fois de plus si vulnérable, incapable d'être une cause supplémentaire de souffrance pour lui, alors qu'en quelques mots elle pouvait le rassurer.
- Pourquoi ? ragea-t-il, s'attendant au pire. Tu ne t'es pas gênée pour parler de moi.
- Parce que c'était une erreur et que je ne veux pas que ça se sache. Si la presse l'apprend, ce sera terrible pour Harry et Ginny !
- La rousse, elle sait ? demanda-t-il d'un ton sec.
- Je pense que oui. Harry ne lui cacherait pas ça, mais on n'en a jamais parlé toutes les deux, dit-elle avec sincérité.
Drago n'aimait pas vraiment ça, si au départ ce n'était pas son but premier, avoir des infos sur Potter ne pouvait pas faire du mal. Il ne comprenait pas pourquoi tout ça avait tant d'importance pour lui. Mais, plus elle hésitait à lui dire ce qui s'était passé plus une rage sourde et profonde emplissait sa cage thoracique. Peut-être parce qu'il avait d'elle l'image de quelque chose de pur et qu'elle ait pu faire une chose pareille à sa meilleure amie l'emplissait de fureur. Peut-être parce qu'il se mettait à la place de la rousse et qu'il s'imaginait trahit de la sorte… peut-être aussi que l'imaginer en train de trahir son amie l'amenait à sa propre situation à ses propres peurs et qu'il s'imaginait qu'à son tour, c'était lui qu'elle trahirait. Que toute la confiance qu'il avait mise en elle n'était que du vent.
- Je te le jure, je ne dirais rien tant que, toi, tu ne révèleras pas mon secret. Parce que, crois-moi, tu en as déjà bien assez dit sur moi pour une vie entière. Dit-il avec une rage froide qu'il avait du mal à maitriser.
-Tu n'as plus confiance en moi ? demanda-t-elle perdue.
-Tu leur as dit qu'il m'avait torturé. Cracha-t-il avec dédain ne voulant pas s'éterniser sur ce point.
- Ce n'était pas pareil ! ragea-t-elle consciente, tout de même, de lui avoir fait du mal sans le vouloir, même si, a son idée, c'était pour la bonne cause.
- Ça je m'en fous ! cracha-t-il excédé. Au moins tu réfléchiras un peu plus avant de dévoiler mes secrets au grand jour !
Devant tant de hargne, elle resta muette. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui en veuille encore autant et c'était difficile à encaisser. Pourquoi tout le monde attendait –ils qu'elle soit parfaite ? N'avait-elle pas le droit elle aussi à l'erreur ? n'avait-elle pas elle aussi le droit à une seconde chance !
- Alors j'attends !
Hermione commença alors à lui raconter, consciente que seule la vérité parviendrait peut-être à le calmer. Fébrile, elle espérait qu'il la comprendrait, qu'il les comprendrait ! L'idée qu'il puisse juger ce qu'elle avait fait comme étant sale ou malsain la terrorisait. Même si elle n'était pas fière de ce qu'il s'était passé sur certains points, il en était sorti, à son avis, quelque chose de beau et pur qu'elle chérissait au plus haut point. Le fait qu'il puisse salir ce souvenir la terrifiait.
- Pendant qu'on cherchait un moyen d'anéantir Voldemort, on n'arrêtait pas de se disputer à cause d'un artéfact empli de magie noire qu'il nous fallait conserver. Ron nous a quittés. On n'en pouvait plus. On était si fatigués de luter, d'avoir peur. Un soir il y a eu un baiser, puis des caresses. On avait tellement besoin de réconfort, de se sentir vivant, d'avoir quelque chose à quoi se raccrocher. Et puis on s'est regardé, on a hésité à aller plus loin. Faire ça, alors qu'on en aimait un autre c'était comme se dire que jamais on ne les révérait, comme s'il avait déjà gagné et qu'il n'y avait plus d'espoir. Alors on est resté comme ça collé l'un à l'autre sans nos vêtements, à juste profiter de la chaleur et du réconfort de l'autre jusqu'au matin.
Drago l'écoutait patiemment. Ce n'était pas du tout ce à quoi il s'était attendu. Le désespoir, la solitude, il connaissait et il savait à quelles extrémités, à quelle folie cela pouvait conduire. Et être au côté de Potter ces dernières heures avait été pénible. Ça ne faisait pas resurgir dans sa mémoire que des instants dont il était fier à propos de ce qui s'était passé dans les cachots. Il aurait tout donné pour ne plus jamais y repenser, mais, le visage du balafré, ses yeux verts qui le transperçaient à chacune de ses répliques lui rappelaient à quel point on pouvait être faible pour un tout petit peu de réconfort quand on pensait ne plus avoir que l'envie de mourir.
Cependant, l'entendre dire qu'elle avait dormi nue dans les bras Potter l'avait blessé. Il avait beau comprendre ce besoin d'affection quand tout autour de vous semblait sans issue. Mais la savoir aussi intime avec lui alors qu'elle avait paniqué quand il n'avait fait qu'effleurer la peau de ses hanches lorsqu'ils avaient dormi ensemble, lui montrait le fossé qu'il y avait entre lui et Potter.
- On n'a jamais eu honte de ce qui s'était passé, reprit-elle. Et après ça, jusqu'à ce que Ron revienne, on a dormi dans le même lit, collé l'un à l'autre. Plutôt que de nous éloigner, ça nous a encore plus rapprochés. On est plus que des amis et moins que des amants et en même temps plus qu'un simple couple. On est comme des âmes sœurs, des frères d'armes ou quelque chose du même genre. Parfois on explique aux autres qu'on est comme des frère et sœur, mais c'est bien plus que ça.
Drago restait toujours silencieux. Sa rancœur s'était évanouie, mais avait fait place au constat qu'à côté de Potter il n'était rien. Qu'est-ce que valait cette amitié qu'elle lui offrait par rapport à ce qu'elle ressentait pour Potter ? À côté de ça, tout l'amour qu'elle éprouvait ou avait éprouvé pour le rouquin n'était rien ! Alors lui !
Ses intestins s'étaient noués, son cœur s'était rétracté, s'étaient comprimé tout comme ses poumons. Il se sentait vide. Il avait l'impression de ne pas exister, de ne même pas mériter de vivre. Il se sentait insignifiant pour elle. Juste une gêne, un problème à résoudre.
Une fois de plus, Potter le battait à plat de couture.
Drago perdu dans ses pensées ne disait rien, ne semblait pas réagir, juste réfléchir à ce qu'elle venait de lui dire.
Elle se rendait compte que ce qu'elle venait de lui avouer était certainement difficile à concevoir, mais elle espérait de tout son cœur qu'il ne la mépriserait pas pour ça. Qu'il parviendrait à comprendre. Aussi surprenant que ça aurait pu lui paraitre il n'y a rien que quelques semaines, l'avis du blond comptait beaucoup pour elle. Drago comptait beaucoup pour elle ! Pour toutes les raisons qu'elle avait citées un peu plus tôt dans la soirée, mais aussi pour ce petit quelque chose qui commençait à poindre dans son cœur et qui en faisait quelqu'un d'a part pour elle. Quelqu'un qu'elle voulait protéger, quelqu'un qu'elle voulait garder près d'elle, quelqu'un qu'elle ne voulait surtout pas perdre.
Devant son mutisme, n'en pouvant plus, elle tenta quelques mots :
-Parles moi Drago ! dis-moi quelque chose !
Il se repris à ces mots et la regarda de ses yeux anthracites si clair qu'elle se sentie comme transpercée par le jugement qu'il allait annoncer.
-En fait ce ne sont pas mes affaires ! je n'aurais pas dû insister ! Après tout vous faites ce que vous voulez !
Il avait prix un ton détaché, mais pourtant elle le sentait imperceptiblement crispé. Il avait beau être un bon Occlumens, en sa présence il retenait bien moins ses émotions.
Il ne la condamnait pas, mais elle le sentait blessé. Si ce qu'elle pressentait à son propos était vrai, il devait très mal prendre la proximité qu'elle avait partagé avec Harry.
Elle voulait dire quelque chose, mais elle ne pouvait pas l'encourager pour autant. Ce qu'elle éprouvait pour lui était bien trop confus et quoi qu'il pense d'elle c'était fatalement à mille lieux de sentiments amoureux.
-C'est toi qui à insisté, maintenant tu sais ! je compte sur toi pour garder ça secret. Ce n'est pas à moi que tu ferais le plus mal c'est à Harry, à Ginny, aux Weasley. Je sais que tu ne les portes pas dans ton cœur, mais je te connais assez maintenant pour penser pouvoir te faire confiance. Je sais qu'au fond tu es quelqu'un de bien. Quelqu'un que je me mets à apprécier de plus en plus chaque jour. Un ami qui m'est devenu précieux. Alors ne me trahit pas ! tu comptes pour moi Drago Malefoy, mais si tu me trahissais je te ferais oublier jusqu'à ton propre nom !
Il ne savait pas trop comment prendre ces paroles, d'une certaine façon elle lui donnait à nouveau l'impression qu'il comptait pour elle, mais dans un même temps, elle le menaçait et lui faisait bien comprendre qu'il passait bien après Potter et toute la famille des rouquins.
-Je ne dirais rien, ne t'inquiète pas on a chacun une arme pour détruire l'autre, pas besoin de me menacer. J'ai bien compris que tu protégerais ta petite famille quoi qu'il arrive ! dit-il d'un ton qui se voulait désinvolte, mais qu'elle sentait blessé. Maintenant si tu veux bien j'aimerais être un peu seul.
Il avait dit ces derniers mots si sèchement qu'elle ne trouva pas le courage de lui répondre.
Après être sortie en silence de la chambre de Drago, elle redescendit voir Harry pour voir comment il allait. Elle se demandait bien comment elle trouverait le courage de lui avouer ce qu'elle venait de révéler à Drago.
Elle passa un moment à parler de tout et de rien avec son meilleur ami, Pattenrond installé confortablement sur ses genoux, quémandant des caresses à grands coups de tête dans sa main à chaque fois qu'elle cessait de s'occuper de lui. Harry semblait toujours un peu perturbé par cette fin de soirée décidément riche en révélations. Elle essaya donc de lui changer les idées un maximum avec des anecdotes sur ses anciens camarades et professeurs et n'eut pas le cœur de lui avouer avoir révélé avoir parler de leur secret à Drago.
Après s'être quitté une heure plus tard, Pattenrond sur les talons, elle voulut aller voir dans quel était d'esprit était le Serpentard.
Elle était consciente de ne pas avoir été assez délicate. Elle le sentait à fleur de peau et le menacer n'avait pas forcément été la meilleure idée qu'elle avait eue. Mais sur le coup elle avait un peu paniqué et elle avait dit tout ce qui lui passait par la tête.
Maintenant installé dans son lit, Drago essayait de s'endormir. Il n'avait pas pour autant éteint les bougies. Ça avait été l'effort de trop à fournir après cette soirée. Il ne cessait de voir l'image de Hermione dans les bras de Potter, de l'imaginer nue dans ces bras, collés l'un à l'autres comme deux parties de quelque chose de plus important.
Ses yeux fixèrent le plafond un moment, puis il les ferma et mit son bras sur ses yeux et resta immobile.
Il avait l'impression que son cœur se déchirait, qu'on le mettait en miettes. Il avait envie de hurler sans qu'aucun son ne parvienne à franchir ses lèvres, sa gorge était nouée et le faisait souffrir comme si un torrent acide si déversait.
Il se sentait seul, trahi.
Il avait mal.
Elle se fichait bien de lui!
Il ne pouvait s'empêcher de ruminer ses idées noires. Ces derniers temps il avait eu l'impression d'être, à part pour elle, mais il n'était qu'un vulgaire substitut d'amis. Il comprenait mieux pourquoi il la trouvait si câline: en fait, le balafré lui manquait et il avait été là pour pallier à ce manque.
Il entendit alors trois petits coups à la porte qui séparait leurs deux chambres.
Il ne prit pas la peine de répondre, mais elle entra quand même après avoir insisté.
Au bruit qu'elle faisait elle devait être pieds nus. Il ne voulait pas la voir ni même l'écouter et ne bougea pas d'un pouce le bras toujours posé sur son visage. Il valait mieux, car elle ne pourrait certainement pas louper ses yeux rougis. Il n'avait pas pleuré, mais les avait tellement frottés pour empêcher que ça arrive, qu'ils devaient être gonflés.
Elle approcha plus encore et s'assis sur le lit
- Je ne voulais pas te blesser ! commença-t-elle avec douceur.
- Vraiment? Parce que je n'imagine pas ce que ce serait si tu te donnais la peine d'essayer ! répliqua-t-il sans pour autant bouger d'un pouce.
-Tu ne va pas bien ? osa telle demandé après un long silence.
- Pas vraiment ! … non ! admit Drago.
- Je suis désolée dit-elle en passant timidement une main dans ses cheveux blond platine tandis qu'a son tour Pattenrond qui avait suivi sa maitresse, s'installait à côté de lui en malaxant de ses griffes les couvertures dans un ronronnement sonore.
- Tu veux me parler de ce qui te tracasse vraiment, lui demanda-t-elle avec une telle gentillesse que c'en était douloureux pour lui.
Apaisé par la douceur des caresses dans ses cheveux ainsi que par la bienveillante chaleur que dégageait le demi-fléreur, il retira enfin son bras pour la regarder.
- Je ne veux plus parler. J'en ai assez de parler. Je veux juste oublier !
À sa façon de la regarder, elle avait l'impression que Drago attendait d'elle qu'elle lui propose quelque chose. C'était une façon ambiguë et franchement pas claire de demander. Ça aurait été nettement plus simple s'il lui avait demandé directement, mais il s'agissait de Drago Malefoy. Jamais elle n'avait rencontré quelqu'un d'aussi fier et orgueilleux à par peut être le vieux chat de ses parents.
-Qu'est-ce que tu veux de moi Drago ?
Pourquoi posait-elle la question ? Celle à laquelle il se refusait de répondre !
Ce qu'il voulait, c'était l'avoir dans ses bras. Pouvoir glisser ses doigts dans ses cheveux, les faire courir le long de sa nuque pour aller les placer dans le creux de ses reins. Plonger son regard dans le cuivre de ses yeux noisette. Gouter à ses lèvres une fois de plus. Laisser sa langue vagabonder à la recherche de la sienne. Presser son corps contre le sien. L'effeuiller de chacun de ses vêtements superflus, la voir nue sous ses yeux tremblants de désir. Poser ses mains sur son corps, sur sa peau. Laisser une trainée de baisers brulant sur la peau hâlée de son cou pour aller rejoindre doucement la peau plus claire de ses seins. La sentir défaillir entre ses bras.
La renverser sur son lit et la faire sienne une bonne fois pour toutes ! Faire courir ses doigts sur ses seins sur son ventre entre ses cuisses offertes. Couvrir chaque parcelle de son corps de baiser.
Ce qu'il voulait, c'était lui faire découvrir chaque zone érogène de son corps.
Ce qu'il voulait, c'était l'entendre gémir de plaisir à chacune de ses caresses.
Ce qu'il voulait, c'était être en elle et la faire jouir d'un plaisir qu'elle, ne s'imaginait pas être possible.
Mais plus encore, il n'avait qu'une envie l'enlacer pour la garder près de lui et quelle ne le quitte plus jamais.
-Qu'est-ce que tu veux de moi Drago ? insista-t-elle avec plus de douceur encore.
- Toi ! dit-il dans un murmure si faible qu'elle crut mal avoir entendu.
