DÉPART
Pov Jasper
Assis sur mon siège, je scrutais le ciel par le hublot en me demandant ce que je faisais là, plus le temps passé, plus je me sentais perdu. En fait, je me posai de plus en plus de questions, cela faisait plus d'une semaine que cette fille était venu au camp et depuis, j'avais l'impression de ne plus être le même. La douleur ne semblait pas vouloir quitter mes entrailles, une partie de moi la haïssait encore plus qu'avant pour m'avoir rendu aussi faible, je n'étais pas le genre d'homme à me laisser tomber à genoux aussi facilement, cette sensation de picotement désagréable le long de ma colonne vertébrale, l'impression qu'une partie de moi m'avait été arraché... je ne savais pas si je devais tuer cette fille ou m'agenouiller devant elle pour la prier de prendre ma vie, la seule chose qui me semblait clair été ma douleur. Maria avait beau m'assurer que l'effet de son pouvoir aller s'estomper, je sentais bien que mon état ne faisait qu'empirer.
Quel genre de pouvoir était capable de rendre cette fille si importante pour ma bête? J'étais parvenu à la laisser dans sa cage, mais bon dieu! Ça n'avait jamais été aussi difficile. J'avais l'impression que ma bête en moi était devenu mon pire ennemie, nous ne marchions plus de concert, c'était lui contre moi et qu'une minute d'inattention de ma part suffirait à perdre la partie ainsi que tout le contrôle que j'étais parvenu à acquérir si difficilement.
L'avions était maintenant sur le point d'atterrir, je ne connaissais pas les plans de Maria dans les détails, mais je savais que je pouvais lui faire confiance même si tout ce dont j'étais sur, c'est qu'elle voulait prendre la place de ces imbéciles, c'est un projet qu'elle nourrissait depuis de nombreuses années et il était grand temps qu'il devienne réalité. Je devais donc faire profile bas, je savais qu'Alice m'attendait en espérant que je lui tombe dans les bras, je n'avais que très peu de souvenirs de cette voyante, je savais que j'avais été marié pendant plusieurs décennies avec elle, que je l'avais rencontré après être parvenu à m'échapper de l'emprise d'Isabella, qu'à ce moment là, je n'avais aucun souvenir de mes années avec Maria et que c'était pour ça que je n'étais pas revenu à elle. Après tout ce temps avec elle et cette drôle de famille, Isabella avait apparemment essayé de me reprendre et elle était parvenu de nouveau à me voler mes souvenirs de mes années avec Alice, merde! Je ne me souvenais même pas m'être marié!
Merci à Martha qui était parvenu à récupérer quelque un de mes souvenirs, bien enfuit dans mon esprit... toute cette merde était un vrai bordel, mais j'avais une confiance absolue en Maria, après tout, malgré les années, elle était venu me sauver dès qu'elle avait apprit que j'étais en difficulté et elle m'avait rendu ma place assez facilement, c'est exactement ce que j'avais avec elle, une place, une raison d'être, des projets, un avenir...
Alors pourquoi ma bête me torturait-elle à ce point? Elle devrait être heureuse de pouvoir tuer à profusion, de pouvoir étancher sa soif selon ses désirs, pourquoi vouloir tout risquer, tout perdre juste pour revoir cette fille qui avait voulu me voler ma vie, m'enlever par ce que dans son esprit malade, je lui appartenait...
Mienne! Hurla la bête
Non! Une fille dont je n'avais aucun souvenir ne pouvait pas être ma compagne, une fille qui avait manipulé mon esprit au point de le transformer en passoire ambulante ne pouvait pas être importante!
Je secouai la tête pour revenir à la réalité, j'étais sorti de l'aéroport comme un putain de robot, mais il était temps de ramener mon attention sur ce qui était vraiment important, ma mission, jouer le jeu avec la voyante, ne pas autoriser Aro à me toucher et accepter de faire parti de sa garde merdique pour prendre le plus d'information possible, merci à mon don, il me permettrait d'inspirer confiance sans avoir à être lu par cet imbécile en robe.
Un taxi m'emmena jusqu'au château, je tentais de me détendre, de ne pas penser à elle, surtout, ne pas penser à elle...
Lorsque le taxi se gara près de la place, je balançai quelques billets au chauffeur et me pressai de sortir, à peine avais-je refermé la portière qu'un petit bout de femme se jeta dans mes bras!
- Jazzy! Hurla t-elle en plein milieu de la rue
Et que la partie commence!
- Chérie, roucoulai-je en la serrant dans mes bras, tu m'as manqué
Elle recula légèrement pour me regarder, je ressenti une pointe d'incrédulité mélangé à la joie, je poussai une forte dose de confiance sur elle tout en lui servant mon plus beau sourire teinté d'hypocrisie et elle colla ses lèvres sur les miennes. Putain! Je trouvai la sensation étrange, cela faisait un bon moment que je n'avais pas baiser! Cette fille bien qu'ayant l'air de fonctionner au super n'était pas laide et pourtant son baiser ne me donnait pas envi d'en voir plus, peut-être trop déganté pour moi? Pourquoi diable m'étais-je marié avec cette fille? Bordel! Cette Isabella avait vraiment dû me bousiller le cerveau!
- Viens Jazzy, tout le monde nous attend! S'écria t-elle en me tirant par le bras
Pauvre de moi! Comment vais-je faire pour supporter ça? Et puis c'est quoi ce surnom ridicule? Jazzy?
- Je te suis chérie
Elle m'entraina jusqu'à la porte donnant sur l'enceinte du château, Maria m'avait dit que je n'étais jamais venu ici, pourtant, il me semblait avoir déjà foulé ce jardin... étrange...
Elle me conduisit dans un couloir, nous croisions plusieurs vampires en chemin, ils semblaient être relativement nombreux à l'intérieur, ce qui m'avais surpris en revanche c'est le manque de surveillance à l'extérieur, je n'avais senti l'odeur que d'une dizaine de vampires tout au plus, même Maria entoure son camp d'un nombre important de gardes pour se protéger, j'aurais imaginé que la sécurité de cette famille royale serait plus importante que ça...
Enfin, nous nous arrêtions devant une porte...
- Jazzy?
- Oui?
Merde, je n'avais même pas pris la peine de l'écouter!
- Est-ce que ça va?
- Désolé ma chérie, je suis un peu nerveux...
- Tu n'as pas à t'inquiéter, nous allons être très bien ici, je te parlais justement de ça, Sulpicia possède une garde robe absolument prodigieuse, je vais lui en emprunter une pour la soirée, je t'es dit qu'il y avait une soirée pour te souhaiter la bienvenue?
Putain de merde sainte! Est-elle en train de me parler de sa prochaine tenue?
- Je suis sur que tu seras magnifique ma chérie, roucoulai-je en pressant mes lèvres sur sa tempe
Elle me gratifia d'un sourire et ouvrit la porte donnant sur une salle immense, il n'y avait pas moins de seize gardes autour de la pièce et devant nous se tenait une estrade sur lequel reposer trois trônes avec nos bonnes vielles majestés assis paresseusement dessus...
- Nous vous attendions avec impatience! S'exclama celui du milieu
- Je suis si heureuse Aro, enfin nous allons pouvoir nous détendre, déclara Alice en saluant les trois clowns, Jasper, m'interpella t-elle en se tournant vers moi, tu sais que tu es destiné à rejoindre la garde avec moi? Maria te la expliqué?
- Oui chérie, Maria m'a dit que tu tenais à vivre ici et je tiens à vivre à tes côtés...
- Nous sommes donc bien d'accord major, intervint Aro en se levant de son trône pour s'avancer vers nous, tu feras parti de la garde et tu nous seras fidèle
- Bien sur, confirmai-je en souriant
Il s'approcha de moi et me tendit la main en souriant à son tour, je lui envoyait une forte de dose de confiance et le regarda en arquant un sourcil
- Si tu veux que je te fasse confiance Aro, il faudrait d'abord que tu m'accorde la tienne, la loyauté est quelque chose de très important pour moi, nous ne nous connaissons pas encore, mais lorsque je m'engage à quelque chose, je tiens ma parole, je n'aime pas que l'on se méfie de moi alors que je n'ai rien fait pour mériter cela, plaidai-je en appuyant mes paroles d'une vague de culpabilité
- Tu as raison major, désolé, c'est une vieille habitude, expliqua celui-ci en reculant lentement. Bien, je ne sais pas si ta femme t'a expliqué, mais ce soir, nous fêtons votre arrivé dans la garde à toi et à Alice
- Je te remercie pour cet accueil
- Je t'en prit mon cher, ma douce Alice, pourquoi ne pas emmener ton mari visiter vos appartements?
- Très bonne idée, souffla Alice en me prenant la main
Je saluai les rois et suivit Alice dans les couloirs du château, j'avais imaginé qu'il serait bien plus difficile de gagner leur confiance...
- Ho, Jazzy, roucoula Alice en me tirant vers elle, tu m'as tellement manqué! Tu n'as pas idée.
Elle ouvrit une porte donnant sur une chambre absolument gigantesque, je m'y sentis de suite mal à l'aise, le style ressemblait bien à cette fille, un mélange de rose et noir... beurk! Elle m'arracha mon sac des mains et le balança à l'autre bout de la pièce, puis elle me repoussa jusqu'au lit en me grimpant dessus, j'avais vraiment intérêt à trouver quelque chose pour l'éloigner de moi avant d'avoir envi de lui arracher la tête, par ce que je n'étais pas homme à me laisser monter dessus de la sorte! Merde! Est-ce que je l'avais laissé faire ça pendant nos années de mariage? Comment aurais-je pu supporté d'être traité de la sorte? Où aurai-je bien pu trouvé la patience nécessaire pour supporter cette folle?
- Jazzy, j'ai tellement envi de toi, soupira t-elle avant de m'embrasser
Et merde! Si je lui envoi une dose de léthargie, elle va forcement se rendre compte que ça viens de moi, je pourrais me contenter de la faire jouir avec mon pouvoir mais encore, elle allait forcement trouver ça bizarre... putain de merde!
C'est lorsque je crus que tout était perdu qu'enfin, quelqu'un vint à mon secours en frappant à la porte...
- Merde, murmura t-elle en se décollant de mon corps, je reviens Jazzy
Ho non, pitié, perds toi en route!
Je me redressai sur le lit pour voir qui avait eu la bonté de me sauver, même sans le savoir, mais Alice ne prit pas la peine d'ouvrir complétement la porte, je ne pus qu'entendre la conversation...
- Qu'est-ce qui se passe! Grogna Alice, j'ai enfin retrouvé mon mari, pourrait-on me laisser tranquille quelques jours?
Quelques jours?
- Désolé Alice, mais Aro te demande, depuis qu'elle est ici, il semble que nous soyons pratiquement tous incapable d'utiliser nos dons...
- Bordel, alors c'est à cause de cette garce! Siffla t-elle, non depuis quelques jours, mes visions sont troubles, est-ce que Gabriel tient le coup?
- Oui, pour le moment ça va, heureusement qu'elle est affaiblie par la faim sinon nous serions tous déjà mort, expliqua la voix féminine derrière la porte
- Bon, dis à Aro que j'arrive
Alice referma la porte et se tourna vers moi en m'adressant un sourire désolé
- Désolé Jazzy, je dois retourner voir Aro, je peux te laisser ici?
- Alice, je ne suis pas un enfant, je pense que je vais en profiter pour aller me nourrir
- Ho, et bien dans ce cas, retourne dans l'aile est du château par le couloir où nous sommes arrivé, tu y trouvera sans doute Heidi, elle te conduira au garde manger
- Garde manger? Répétai-je
- Oui, nous avons toujours quelques humains au sous sol, tu dois bien te douter que les frères ne sont pas du genre à aller à la chasse!
- Personnellement, je préfère aller à la chasse moi même, rétorquai-je en me levant du lit
- Mais Jazzy, tu ne peux pas chasser à Voltera! Pleurnicha t-elle en se collant à moi
- Et bien j'irai en dehors de la ville, dis-je en haussant les épaules
Elle couru sa langue le long de mon cou en soupirant, je pouvais sentir l'odeur de son excitation et je ne pus m'empêcher de foncer le nez, pourquoi cette fille me rebuter tant? Même si son comportement était repoussant, j'aurais pu au moins me vider les couilles... mon cerveau devait vraiment être détraqué pour ne pas sauter sur l'occasion, d'autant que cela faisait aussi parti de ma couverture...
- Bien, je regrette juste de ne pas pouvoir rester dans ce lit avec toi
- Nous aurons tout le temps, ma chérie, promis-je avec une soudaine envi de régurgiter mon dernier repas
- J'y compte bien, ricana t-elle en se dirigeant vers la porte
Enfin, elle me fit le plaisir de quitter la pièce, non sans m'avoir adressé un dernier sourire plein de promesses, merde, comment vais-je supporter ça?
Je fis le tour de la chambre et me dirigea vers la porte du fond donnant sur la salle de bain, je décidai de prendre une douche avant de visiter le château. Il y avait tout de même une bonne nouvelle, si comme l'avait dit la femme venu rendre visite à Alice, les pouvoirs de tous les gardes étaient en pannes, je ne sais pour qu'elle raison d'ailleurs, je n'aurais peut-être pas besoin de me méfier du lecteur d'esprit, je me demandai pourquoi j'étais l'un des seuls à pouvoir jouir de mon pouvoir et j'étais très curieux de connaître la raison de ce trouble... attends, elle a bien dit, depuis qu'elle est ici? Était-ce Isabella qui causait tant de souci à la garde?
Je me pressai de sortir de la douche, j'attrapai une serviette pour la mettre autour de ma taille et retournai dans la chambre pour prendre des vêtements de rechange dans mon sac.
En moins d'une minute, j'étais habillé et j'arpentai déjà les couloirs du château, je décidai d'aller fouiner d'abord dans l'aile est, histoire de savoir quoi dire si j'en arrivait à me perdre.
Je suivais l'un des couloirs qui était à droite de la porte par laquelle nous étions entré dans le château, mais soudainement, je me sentis vraiment mal, la douleur dans ma poitrine tout comme les picotements longeant ma colonne vertébrale se firent plus intense chaque seconde, comme lorsque cette fille avait pénétré dans le camp, je me sentais faible et irrésistiblement attiré vers un escalier, je descendais lentement les marches pour me retrouver deux étages en dessous, je ne pouvais m'empêcher de suivre l'attraction, elle était si forte...
- Que fais-tu ici, toi! Entendis-je derrière moi
Je me retournai pour voir un vampire aux cheveux noir me scrutant avec ses deux billes pourpres, apparemment ce mec devait soit avoir des couilles en béton pour me parler comme ça, soit ne pas savoir qui j'étais...
- Je me promène, répondis-je nonchalant
- Tu es qui au juste pour te permettre de te promener librement ici?
- Pour toi, le major Whitlock, crachai-je exaspéré
- Major? Murmura celui-ci en clignant des yeux, celui qu'on appel le dieu de la guerre?
Ce mec se serait pissé dessus s'il avait encore été humain, putain pathétique!
- Pour te servir, connard!
Il n'eut pas le temps de me répondre qu'une grognement strident fit littéralement trembler les murs autour de nous, je m'avançais vers le couloir d'où venait les cris sans prendre la peine d'écouter d'avantage l'imbécile et vit un attroupement de vampires devant une porte au fond du couloir, il y en avait au moins dix, au moins par ce que je savais qu'ils y en avait d'autre à l'intérieur de la pièce.
- Putain! S'écria l'un d'entre eux, si la torture ne fonctionne pas, on va vraiment finir par être dans la merde!
En un millième de seconde, ma vision se brouilla, sans comprendre pourquoi, je fus incapable de retenir la bête plus longtemps, le dieu de la guerre m'avait totalement évincé de mon propre corps...
