Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Crossroads.
Résumé : La vie est composée de chemins qui se croisent. Même la plus petite action peut chambouler la vie de dizaines de personnes sans que l'on s'en rende compte.
Note : Voici un nouveau chapitre.
Chapitre 36 : Compte-rendus.
Finalement, l'espion avait été trouvé, mais pas par les aurors. Par une enfant qui n'avait rien à faire là. Séraphine Picquery tenait dans ses mains un rapport détaillant toute cette affaire. Affaire… Un bien joli mot pour dire gâchis. Parce que c'était ce qu'était tout cela, un immense gâchis. La mission des aurors en Europe était un piège et ils étaient tombés dedans. Ce n'était pas surprenant lorsqu'on se rendait compte que l'identité d'un citoyen américain avait été usurpée par un fidèle russe de Grindelwald. Et pas n'importe lequel.
Dmitri Lejov. Et c'était sa propre nièce qui l'avait arrêté. D'après les Russes, il s'agissait du beau-frère de Natalia Lejova, ou plutôt de son ex-beau frère. Il était également un partisans de Grindelwald et était plus ou moins soupçonné de la mort de plusieurs membres de sa famille, et cela n'était que la partie visible de l'iceberg. Pas étonnant que sa belle-sœur ait choisi l'exil avec un homme tel que lui dans les parages. Surtout qu'il avait beau être l'ainé de sa fratrie, Lejov avait été remisé derrière son frère dans l'ordre de l'héritage. La naissance d'un enfant de l'héritier officiel de la famille Lejov avait détruit toutes les chances de Dmitri de prendre la tête de sa famille. Bien entendu, le Russe refusait de coopérer. Même après qu'il ait fait plusieurs mauvaises chutes dans les escaliers d'après les aurors. Elle sait qu'elle n'aurait pas dû faire comme si elle ne comprenait pas la véritable signification de ces mots. Mais, elle comprenait la frustration de ses hommes et leurs désirs d'action, de réparation et de vengeance.
Il y avait aussi ceux qui la pressait pour qu'elle nomme un suppléant, ou mieux encore selon leur point de vue, un remplaçant à Percival Graves. Séraphine savait que ce n'était pas une bonne idée. Pas après tout ce qui venait de se passer, les aurors ne l'accepteraient pas. En temps normal, ils n'aimaient déjà pas les politiciens qui se mêlaient de leurs affaires, alors dans le contexte présent… La situation était suffisamment grave pour qu'elle ne rajoute pas de l'huile sur le feu. Il allait falloir qu'elle fasse comprendre à certains politiciens aux dents longues que ce n'était pas le moment de marcher sur les plates-bandes des aurors.
Sans oublier les journalistes qui mettaient leur nez partout. C'était à celui qui obtiendrait le plus possible de détails. Un d'entre eux s'était même fait prendre en train de faire les poubelles. Et elle ne voulait même pas entendre parler de celui qui était actuellement en cellule pour avoir tenté d'entrer dans un endroit fermé au public. Ce n'étaient que les cas les plus marquants de leur « chasse au scoop ». Une chance qu'elle ait fait classifier tout ce bazar. Il y avait des choses qui pourraient mettre à bas le MACUSA. Bien sûr, elle pourrait s'offrir en sacrifice pour calmer la foule en colère, mais, ce n'était pas le bon moment pour qu'elle quitte son poste sans prévenir.
Il y avait aussi Selena Graves qui avait quitté l'hôpital et dormait à l'hôtel avec les siens le temps que les enquêteurs les autorisent à retourner dans la demeure ancestrale des Graves. Il fallait aussi sécuriser ce lieu pour éviter que la famille de Percival devienne une cible facile à atteindre pour n'importe quel détraqué qui aurait une dent contre les forces de l'ordre.
Il fallait prendre en compte également qu'il n'y avait plus que deux semaines avant la rentrée des classes. Chaque état ayant son propre collège de sorcellerie, même si Ilvermorny était le plus renommé, il fallait sécuriser le retour en pension de quarante-huit collèges (1). Et toutes les écoles primaires et universités pour sorciers… Tout cela avait un coût financier et pesait sur le moral d'une population. Pourquoi faire confiance aux dirigeants quand vos enfants sont en danger ? Chez tous, il fallait qu'elle suscite de l'espoir mais surtout une volonté de se battre quoiqu'il advienne. Parce que oui, elle savait que ce n'était que le début.
Et son secrétaire de l'éducation qui revenait une nouvelle fois à la charge concernant le nombre de places limité pour la rentrée des nouveaux premières années à Ilvermorny. La présidente comprenait la volonté de cette école de prendre d'office les élèves nés au Massachusetts, l'État où elle se situait, et les sorciers de première génération, les autres étant acceptés seulement sur dossier. Même avec cela, elle restait le collège accueillant le plus d'élèves aux États-Unis. Certes, politiquement, augmenter le nombres de places là-bas serait une bonne idée, mais, et il y a un mais, cela serait prendre le risque d'appauvrir l'enseignement des jeunes sorciers. Madame Leroy, la directrice des Ressources Humaines du MACUSA, était une fervente pratiquante de la Magie Rouge, magie qu'elle avait appris au Collège de Magie de Louisiane. Et magie non étudiée à Ilvermorny. Chaque école avait sa particularité. En privilégier une serait en fin de compte nuire à l'avenir de la magie aux États-Unis.
Bien entendu, ce n'était le seul problème. Grindelwald… Non, il ne s'était pas échappé, du moins pas encore, mais, sous son apparente arrogance, un nouveau sentiment l'oppressait manifestement ces derniers jours : la peur. On avait rapporté à la présidente que le mage noir dormait très mal. En fait, il dormait pendant une ou deux heures avant de se réveiller comme s'il venait de faire un horrible cauchemar. C'était l'auror Lebeau qui lui avait rapporté la chose. Cet agent du MACUSA avait servi de garde-du-corps de Natalia Lejova durant le congrès des Potionnistes qui avait eu lieu en Angleterre cet automne. La présidente était à son poste depuis assez longtemps pour voir quand on ne lui disait pas tout, et elle était prête à parier que l'auror savait pourquoi Grindelwald avait un sommeil agité. Mais quand elle avait voulu creuser la question, il avait osé les épaules et lui avait répondu que le bulgare devait craindre un « enfer noir ». Séraphine n'avait pas compris cette référence. Cela devait être en rapport à une blague d'aurors ou au folkore de la Nouvelle-Orléans. Il faudrait qu'elle se penche sur la question quand elle aurait le temps… Dans dix ou vingt ans par exemple.
Parfois, elle se demandait pourquoi elle avait dépensé tant d'énergie, fait tant de sacrifices, afin de pouvoir occuper le poste de Présidente du Congrès Magique des États-Unis. Lorsqu'elle était arrivée, elle était convaincue qu'elle allait changer le monde. Et maintenant… Maintenant elle faisait ce qu'elle pouvait pour que les États-Unis ne s'effondrent pas.
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Lettre d'Altair Hell à Aaron Hell datée du 20 décembre 1926.
Cher frère,
Pour cette année encore, je t'annonce que tu n'es pas attendu à la maison pour Yule. Quant à moi, je t'attends le 31, comme chaque année, pour que l'on puisse passer une nouvelle soirée à boire comme des idiots.
Maintenant, je vais te parler d'un sujet pour grave et plus épineux. Comme tu les sais, ni toi ni moi ne sommes mariés et avons des enfants, même illégitimes. Et Père a entendu de parler de l'état de santé de l'époux de Regina. Oui, tu vois où je veux en venir. Il veut récupérer l'un de ses enfants pour pouvoir transmettre le nom des Hell. Tu sais tout comme moi à quel point il s'agit d'une hérésie en rapport aux valeurs de notre famille. Regina n'aurait jamais accepté cela.
Toi et moi sommes de très mauvais oncles, mais, je peux protéger ces enfants de notre père. Je vais lui donner ce qu'il veut. Je vais me mettre officiellement sur le marché en disant que je veux me marier au plus vite.
Je sais que je vais me jeter dans une fosse aux lions, mais, c'est ce qui est juste. Pas pour moi, mais pour les enfants de notre sœur bien-aimée. J'espère que je ne rendrai pas malheureuse la femme que je vais épouser. Avec un peu de chance, je pourrai même l'aimer. Et c'est là que j'ai besoin de toi. Si tu connais une femme qui a besoin d'argent et que tu sais ne pas être une croqueuse de diamants, je serais ravi de la rencontrer. Je sais que tu n'es pas une agence matrimoniale. Je fais juste ce que je peux avec ce que j'ai. En passant, si elle a déjà un enfant, je veux bien l'adopter via la magie rouge pour qu'il soit mon héritier, ou mon héritière, sans que personne ne puisse contester cela. Ce qui veut dire que si elle a déjà un enfant et qu'elle accepte que je le lie à notre famille, nous n'aurons même pas à partager la même chambre une seule fois.
L'autre solution serait que tu te maries. Après tout, c'est toi l'ainé Aaron. J'imagine que tout à coup, tu préfères que ce soit moi qui me passe la corde au cou. Non, cela ne me dérange pas. Tu as toujours été un loup solitaire quand je courais vers la compagnie des autres.
Embrasse les petits de Regina, on se voit le trente-et-un.
Prends soin de toi, cher frère,
Altair Hell.
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Lorsqu'il la vit, il sut qu'il avait peut-être fait une bêtise. Il avait espéré qu'elle ne serait pas tout de suite au courant. Il y avait deux réactions possibles : soit il baissait la tête, soit il faisait comme si de rien n'était. Il choisit la seconde possibilité. Il continua à nouer sa cravate en regardant son reflet dans le miroir.
-Vous n'oubliez rien ?
-Il ne me semble pas, Niniel.
Au contraire, Percival savait très bien ce qu'elle lui reprochait. Il allait bien, il n'avait pas besoin de rester à l'hôpital encore longtemps, quoiqu'en disent les médicomages.
-Vous ne deviez pas faire ça.
Graves se retourna doucement, il s'était attendu à ce que l'Elfe hurle, qu'elle lui dise de retourner se coucher, qu'il était inconscient, pas qu'elle se mette à pleurer doucement en tremblant légèrement. Il avait juste oublié un détail… Elle le connaissait depuis qu'il était bébé. Elle l'avait élevé, avait joué avec lui, lui avait préparé des goûters… Et elle avait cru le perdre. Il n'avait pas pris en compte tous les sentiments de Niniel. Il ouvrit la bouche pour s'excuser sans trop savoir par quoi commencer. Mais, elle se redressa, toutes larmes disparues dans ses yeux.
-Ne vous excusez pas, Maître Percival. Vous n'êtes pas désolé de ne pas obéir aux soigneurs.
Il devait bien reconnaître que c'était vrai. S'il regrettait quelque chose, ce n'était pas sa décision de sortir de l'hôpital aujourd'hui.
-J'ai manqué de prudence, reconnu-t-il.
-Si je n'étais pas une bonne elfe, je vous frapperais jusqu'à vous faire rentrer un peu de bon sens dans la tête.
Il mit un genou à terre pour être à la hauteur que Niniel. Il n'avait aucune honte à admettre qu'il admirait cette Elfe. Il y avait plus de bon sens dans un de ces doigts que dans tout l'être de certains sorciers. Et c'était plus qu'une bonne Elfe, c'était la meilleure. Il savait exactement ce qu'il fallait qu'il lui dise pour qu'elle sorte de ses gonds.
-Mais cela est mon métier.
-Vous êtes le Directeur de la Sécurité Magique du Congrès Magique des États-Unis ! Ce n'est plus votre métier de risquer votre vie !
Percival avait du mal à ne pas sourire pendant que Niniel lui remontait les bretelles. Il la préférait comme cela que déprimée à cause d'erreurs commises par d'autres.
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Ekaterina avait tout le temps qu'elle voulait pour donner une réponse. Tout le temps qu'elle voulait pour prendre une décision. Elle savait que la proposition avait été faite sans arrière-pensée. Mais elle doutait. Si elle acceptait, cela changerait tout. Actuellement, elle avait beau être américaine, elle était l'enfant d'une étrangère. Elle était coincée entre deux identités. Pas assez Américaine et pas assez Russe. Si elle disait oui, elle serait une métisse dans le sens stricte du terme. Avec une adoption par le sang, avec cet acte magique, elle deviendra plus qu'une fille biologique. La fille d'un Américain et d'une Russe, même si sa mère avait été naturalisée. Elle sera la fille de Percival Graves par le sang. Cela changeait beaucoup de choses et rien en même temps.
Kaya se sentait un peu perdue. Elisabeth Graves était géniale comme grand-mère. Selena était déjà sa sœur, tout comme Jonathan était son frère. En belle-sœur, Jane était parfaite. La préfète prenait sur elle pour être toujours souriante et un véritable soutien pour eux tous. Et Percival… Dans le fond, c'était le seul père qu'elle avait un jour connu. Ce n'était donc pas ça qui l'en empêchait. Mais quoi alors ? Le fait de se dire que la famille dont elle avait tant rêvé était déjà là alors qu'elle la cherchait ailleurs. Et ce n'était pas une famille parfaite. C'était une famille faite de bric-à-brac où on trouvait dans l'atmosphère une douce résignation et un amour que l'on se montrait discrètement, avec pudeur. Une famille qui faisait son devoir avec dévotion parce qu'elle ne savait pas comment faire autrement.
Passer Yule à l'hôtel dans une ambiance tendue… Ce n'était pas comme ça qu'Ekaterina imaginait passer ses vancances. Mais, elle n'avait pas le choix. Du moins, pas si elle voulait être fidèle à ce qu'elle pensait être. Plus jeune, elle rêvait souvent de ce que pourrait être sa première rencontre avec un membre de la famille de son père biologique. Elle avait imaginé des grands-parents agréablement surpris, des oncles et des tantes ravis… Bref un rêve de petite fille. De stupide petite fille si elle prenait en compte de l'identité de l'homme qui avait trahi monsieur Graves. Elle était du même sang que l'homme qui avait trahi les États-Unis. Si elle acceptait… Le rite de magie rouge pourrait soit lui accorder un second père, soit effacer totalement le premier. Est-ce que… Est-ce qu'elle pourrait garder le nom que lui avait donné Nikolaï Lejov ? Après tout, même si elle ne l'avait pas connu, il était son père. Même si elle acceptait d'être adoptée, c'était un fait.
(1) En 1926, les États-Unis comporte quarante-huit états : le Delaware, la Pennsylvanie, le New Jersey, la Géorgie, le Connecticut, le Massachusetts, le Maryland, la Caroline du Sud, le New Hampshire, la Virginie, l'État de New-York, la Caroline du Nord, Rhode Island, le Vermont, le Kentucky, le Tennessee, l'Ohio, la Louisiane, l'Indiana, le Mississippi, l'Illinois, l'Alabama, le Maine, le Missouri, l'Arkansas, le Michigan, la Floride, le Texas, l'Iowa, le Wisconsin, la Californie, le Minnesota, l'Oregon, le Kansas, la Virginie-Occidentale, le Nevada, le Nebraska, le Colorado, le Dakota du Nord, le Bakota du Sud, le Montana, l'État de Washington, l'Idaho, le Wyoming, l'Utah, l'Oklahoma, le Nouveau-Mexique et l'Arizona. l'Alaska et Hawaï feront partis des États-Unis qu'en 1959.
