Nous touchons à la fin de cette fanfiction, c'est le dernier chapitre avant l'épilogue. J'espère qu'il vous plaira, surtout n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Merci à tous ceux qui ont suivi cette histoire, ça m'a énormément encouragé ! Sans plus attendre, je vous laisse découvrir le chapitre et vous souhaite une bonne lecture ! :)


38

Le dernier sortilège

Le soleil se lève lentement à l'horizon. Le vent de novembre est toujours présent. Le froid me lèche le visage et on peut apercevoir les nuages se masser au-dessus de nos têtes. Bientôt ils déverseront la pluie sur l'Angleterre. Dans ma main, ma baguette si fidèle depuis le jour où je suis allée chez Ollivanders.

Luwin m'invite à rentrer à l'intérieur pour ne pas attraper froid. Depuis notre salon j'entends Seb parler avec Dumbledore. Ils discutent depuis plusieurs bonnes minutes. Dumbledore ne veut pas intervenir. Mais Seb est de mon côté. Nous agirons. J'entre dans le salon au même moment où Dumbledore s'écrie :

« Ne laissez pas la folie de votre femme vous aveugler ! »

Ils se taisent tous les deux en m'apercevant mais je ne relève pas la dernière phrase de Dumbledore. Je me contente simplement de me poster dans un coin et d'écouter.

« Vous perdrez face à lui, continue Dumbledore. Ca ne servirait strictement à rien de les attaquer maintenant.

_Nous savons qu'ils redescendent en direction de Londres. Nous pensons qu'ils visent le Ministère.

_Non, ils ne cherchent qu'à attirer l'attention et c'est exactement ce que vous faites. Ils veulent créer la peur, Voldemort…

_Pas ce nom ici ! Rugit Seb.

_... il ne cherche qu'à rassembler des adeptes encore et encore ! Il veut nous terrifier, nous faire abandonner tout espoir de lutter contre lui. Et son plan fonctionne à merveille ! Comment réagira le monde si le chef des Aurors meurt ce soir-là ? Les pertes ne font que nous accabler chaque jour et je vous assure que le monde est prêt à tomber entre ses mains. Nous ne tenons que grâce à cette lueur d'espoir qui réside encore alors ne la gaspiller pas pour une vengeance. Je sais que vous souffrez de la mort de votre fille et je vous comprends. Mais ne le laissez pas vous aveugler !

_Et qu'est-ce que vous proposez ? J'interviens. Attendre ? Encore attendre, c'est ça ? Attendre notre heure ?

_Oui ! Persiste-t-il. Nous devons nous rassembler nous aussi. De la même façon que Vol… qu'il rassemble des adeptes au sein des Mangemorts nous devons nous rassembler nous aussi. Nous ne sommes pas nombreux et nous sommes surtout éparpillés, cachés. Il suffirait d'une simple organisation pour redonner du courage dans les cœurs et notre nombre augmentera. Nous le vaincrons mais pas en agissant bêtement sous un sentiment d'impulsivité.

_Vous n'avez toujours pas trouvé votre « professeur de Divination » ? Je lance à moitié en ricanant car l'idée me paraît encore plus bête que ce qu'il vient de dire.

_J'ai trouvé un professeur remplaçant pour assurer les cours à Poudlard mais pas le professeur que j'espérais… M'avoue-t-il. Je continue néanmoins de chercher.

_Oui, vous cherchez. C'est tout ce que vous faites : chercher. Et bien je vous félicite mais moi, je ne compte pas continuer à rester cloîtrer chez moi derrière ma barrière magique en cherchant. Non, je ne les laisserai pas m'atteindre encore une fois.

_Vous êtes épuisée, je vous comprends…

_Non ! Vous ne comprenez pas ! Je vous l'ai déjà dit : vous n'avez perdu aucun proche. Vous ne savez rien de cette douleur qui hurle et hurle encore comme une éternelle punition. »

Il ouvre la bouche pour répondre et puis se ravise. Ses yeux vont de Seb à moi par-dessus ses lunettes en demi-lune. Enfin, il remet sa cape sur ses épaules tout en disant :

« J'espère que vous saurez faire le bon choix. »

Il quitte le salon, Luwin le raccompagnant dehors. Lorsque la porte se referme derrière lui, ni Seb, ni moi ne disons un mot. Il se passe un moment où le silence est roi. C'est un silence lourd qui semble peser sur nos épaules. Enfin, Seb s'approche tout en me prenant les mains me dit :

« Je vais y aller maintenant. Nous savons où les trouver et cette fois, je te promets de ne pas partir tant qu'il y aura un mangemort encore debout.

_Laisse-moi venir, je mérite autant que toi de venger notre fille.

_Non, reste ici. Je ne pourrais pas me concentrer si tu es là.

_J'ai le droit de venir ! Je proteste. C'était ma fille autant que la tienne ! »

Il se contente de m'embrasser sur le front avant de partir. Alors là il peut se mettre la baguette dans l'œil s'il croit que je vais rester les bras croisés une fois de plus. Depuis le début de la semaine, j'ai pu participer à leurs réunions pour savoir vers où se dirigeaient les mangemorts. J'ai vu toutes les horreurs qu'ils ont commis même après la mort de Mathilde. Je connais leur stratégie et je n'accepterai pas qu'on me mette sur la touche.

Alastor a bien évidemment protesté contre ma présence à leurs réunions mais il oublie que Seb et moi venons de perdre notre fille. Notre lien est désormais plus fort que ce qu'il prétend. Je lui prouverai d'ailleurs que je ne suis pas comme ces mangemorts.

Je me précipite aussitôt vers le vestibule et enfile ma cape tout en attrapant mon balai au passage. Luwin arrive les oreilles dressées, inquiet.

« Madame, vous devez rester…

_Tais-toi, c'est un ordre ! Je ne laisserai pas Seb venger seul la mort de Mathilde, je viens et il n'y a rien à redire là-dessus.

_Mr. Sebastien vous a demandé de rester ici.

_Luwin, si c'était toi qui avais perdu ta fille est-ce que tu resterais chez toi à prier pour qu'on la venge pour toi ?

_Madame, vous ne pouvez pas y aller. Ce n'est pas votre métier, vous allez…

_Tais-toi ! Je hurle plus fort en le repoussant de mon chemin alors qu'il tente d'agripper ma cape pour me retenir.

_S'il vous plaît, madame !

_Lâche-moi tout de suite ! C'est un ordre ! »

Il me lâche et s'effondre au sol. Je n'ai encore jamais vu un elfe pleuré. Il se couvre le visage de ses mains continuant à me supplier de rester. Je refuse et sors aussitôt. J'enfourche mon balai et m'élance dans le ciel. Seb n'a pas pu aller bien loin. De toute façon, je sais déjà par où il compte passer pour repousser les mangemorts.

Le Ministère est dans leur cible, c'est ce que j'ai compris de leurs réunions. Je file donc à travers le vent pour rejoindre les autres Aurors là où Seb a dû aller. Je passe par la forêt et me mets à l'abri des branches pour couvrir ma présence.

Durant le trajet, je me rappelle ce qu'Alastor disait sur moi : « Vous êtes une femme qui sombrez chaque jour dans la folie parce que vous ne supportez pas les horreurs que vous voyez. » Dumbledore l'a lui-même dit : « Ne laissez pas la folie de votre femme vous aveugler ! » Je ne suis pas folle, j'ai simplement vu et vécu ce que personne d'autre n'a vécu. J'interdis toutes ces personnes de me juger car personne ne peut comprendre ce que j'ai traversé.

J'aperçois enfin un groupe non loin de moi. Je décide de me poser à terre et de me cacher derrière un buisson. Je n'ai même pas besoin de regarder pour comprendre qu'il s'agit des Aurors. Je perçois la voix de Seb. Je me rapproche à petits pas en me cachant derrière les troncs d'arbres et tends l'oreille pour mieux les écouter :

« Les mangemorts sont partis d'Ecosse cherchant un moyen de faire tomber Poudlard. L'école est protégée par des sortilèges, et j'ai envoyé à Dumbledore certains d'entre nous. Comme les mangemorts ne sont pas arrivés à trouver une brèche pour Poudlard, ils ont décidé de redescendre en passant par certaines villes dont Brighton quand ils sont arrivés au sud. Pourquoi le sud ? Pourquoi ne pas s'arrêter à Londres pour le Ministère, hein ? Parce que leur maître se trouvait là-bas. »

J'écarquille les yeux. Je n'avais encore jamais eu vent de cette histoire. Je commence à croire que Seb ne m'a pas tout dit là-dessus, ce qui se comprend dans un sens. Alors s'ils remontent en ce moment vers Londres… ils sont accompagnés par leur maître en personne ? Jackpot ! Je rêve de voir ce Lord Voldemort et de lui dire tout ce que je pense, il ne m'écoutera pas et il me tuera sans aucun doute mais je rêve de le voir une dernière fois. Je veux voir ce qu'il reste de Tom Jedusor et je veux voir jusqu'où ses sombres côtés se sont développés. Je veux l'entendre s'énerver une dernière fois parce que je le défierai encore et toujours. Oui, même si son simple nom me fait frémir je resterai fière et je continuerai de le défier jusqu'à la fin. Toujours garder la tête haute comme le dit ma grand-mère.

Soudain une main se referme sur mon bras et me retrouve extirper de ma cachette et traînée au sol avant qu'on ne me jette comme une vulgaire poupée de chiffon. Je redresse la tête pour découvrir Alastor qui semble prêt à m'enterrer vivante. A côté, Seb et plusieurs autres Aurors qui me contemplent avec curiosité. Mais Seb lui… Seb est furieux.

« Pourquoi tu n'es pas restée là-bas ? Tonne-t-il.

_Je ne te laisserai pas la venger seul, je veux être là !

_Alors c'est donc pour ça que nous sommes ici ? Rugit Alastor à son tour.

_Pas maintenant… Grogne Seb.

_Je ne vous savais pas aussi fou qu'elle ! S'exclame-t-il. Vous allez foncer droit dans leur piège pour venger votre fille ? Réveillez-vous ! Vous ne la vengerez pas si vous mourez !

_Je vous ai déjà dit que ce n'était pas à vous d'en décider ! Je m'énerve à mon tour en me relevant.

_Vous feriez mieux de me parler sur un autre ton ! Me crache-t-il.

_C'est à ma femme que vous vous adressez ! Rugit Seb.

_Non c'était votre femme ! Maintenant ce n'est qu'une simple folle animée par je ne sais quoi. De la vengeance, de la peur, de la colère, ou même encore un trop grand élan de courage mais elle agit de façon stupide ! »

Je m'élance vers lui ma baguette levée mais un Auror me rattrape pour me ceinturer. Il me tire en arrière tandis que j'essaie de me débattre. Alastor crache au sol avec mépris et Seb élève la voix pour ramener tout le monde à l'ordre.

« Ne compte pas sur moi pour accomplir à tous les deux votre envie de vengeance, dit enfin Alastor en prenant son balai. Je ne mettrai pas en danger la mission qui nous a été confiée pour venger la mort aussi cruelle soit-elle de votre fille. Dumbledore avait raison, il faut attendre et se rassembler.

_Alastor tu restes ici ! » Lui ordonne Seb mais l'Auror est déjà sur son balai.

Seb frappe du pied fou de colère alors qu'Alastor s'éloigne dans le ciel. J'ai cessé de me débattre depuis un certain temps. Je n'ai plus peur de ce qui m'attend mais plutôt de la réaction de Seb. Celui-ci fait les cent pas devant nous marmonnant quelque chose d'inaudible.

« Tu peux la relâcher, Ralph. » Dit-il ensuite à l'Auror qui me tient.

Ce dernier me relâche mais reste toujours à mes côtés sans doute au cas où je tenterai quelque chose contre l'un d'entre eux. Nous regardons tous Seb attendant ses ordres. Lui-même ne semble pas savoir ce qu'il doit faire.

« C'est sûrement un piège, avoue-t-il. Ca paraît trop facile mais… et si ce n'était pas un piège ? S'ils arrivaient jusqu'au Ministère déjà infiltré ? Cette fois ceux qui se cachent iront rejoindre leur camp et nous aurons perdu. »

Il se masse la tempe d'un air si fatigué que j'aimerais un instant pouvoir faire quelque chose pour l'apaiser. Il semble exténué et il m'arrive même de me demander s'il possède encore la foi au fond de lui. Il n'a pas l'air d'y croire lui non plus. Pourtant aucun autre Auror ne bouge et tous attendent sa décision.

« Nous allons y aller parce que c'est notre devoir mais je comprendrais très bien si vous ne vouliez pas venir. »

Je regarde tour à tour les Aurors. Quelques uns décident de partir mais la majorité reste dont le Ralph à mes côtés. Cela me soulage un peu. Nous ne serons pas seuls pour les affronter au moins.

Alors nous remontons sur nos balais et nous avançons en silence. Je sens mon souffle s'accélérer mais mon cœur, lui, reste étonnamment calme. C'est peut-être parce que je sais ce que je vais trouver là-bas.

Je sais ce qui m'attend.

La route est encore longue, nous ne nous arrêtons à aucun moment. Je remarque que les Aurors sont organisés en vol pour couvrir l'avant comme l'arrière ainsi que tout ce qui pourrait arriver d'en-haut. Seb ne m'adresse pas un regard, il est furieux ou alors il n'ose pas me regarder. Peut-être qu'il ne comprend pas ma décision mais je sais que j'ai fait le bon choix. Je n'aurais jamais pu continuer de toute façon.

Nous arrivons prêt d'une clairière quand un Auror tombe soudainement de son balai frappé par un sortilège. Alors pris par surprise, surgit de nulle part une trentaine de silhouette volant dans les airs. Impossible de les reconnaître, elles sont toutes encapuchonnées. Ils laissent derrière eux une épaisse fumée noire. Toutes les silhouettes nous cernent bien avant que nous ne nous en rendions compte. Elles forment un vaste cercle dans lequel nous nous sommes élancés inconscients du danger.

Seb vire aussitôt de mon côté et m'oblige à me retourner. Il me fait signe de le suivre au milieu des cris, des éclats de lumières vertes qui jaillissent de tous les côtés. Je ne songe même pas à l'endroit où je me trouve. Les arbres tournent et les branches me piquent le visage m'entaillant la chair mais je continue de me cramponner à mon balai tandis que Seb sort sa baguette pour répondre aux sorts des adversaires.

Je l'imite pour lui prêter main forte mais il vire de mon côté, m'obligeant à me concentrer sur ma trajectoire.

« Fais demi-tour ! Me hurle-t-il.

_C'est trop tard maintenant ! » Je réplique en foudroyant l'une des silhouettes d'un sort.

Seb semble impressionné par ce que je viens de faire comme si c'était la première fois qu'il se rendait compte qu'effectivement je sais me battre. Bien sûr, j'ai eu notre plus grand ennemi comme professeur ! C'est lui qui m'a enseigné tout ce que je sais sur les sortilèges de combat et de défense.

Je le cherche des yeux en vain. Plusieurs silhouettes foncent dans ma direction. Je suis obligée de m'écarter de Seb qui a déjà beaucoup à faire de son côté et fonce au milieu des branches. Ainsi camouflée je jette un coup d'œil par-dessus mon épaule pour me rendre compte que trois d'entre eux continuent de me poursuivre. Un jet de lumière verte passe tout prêt de mon oreille alors que je fais une embardée pour tenter de les semer.

J'émerge par-dessus les branches et me retourne pour lancer un sortilège qui n'atteint personne. Les trois silhouettes encapuchonnées continuent de me poursuivre. D'autres sortilèges de mort me sont lancés et je dois me coucher sur mon balai pour m'en protéger. Les sortilèges sifflent à mes oreilles. Je réplique avec un sortilège explosif qui me permet de m'échapper.

Je vole plus loin d'eux jusqu'à ce que deux de mes poursuivants me rattrapent. Je lance un sortilège de Stupéfixion qui se répercute sur celui du mangemort. Tous les deux explosent en une pluie d'étincelles. Impossible de pouvoir les admirer car l'autre tente de me faire tomber de mon balai avec un nouveau sortilège.

Je fais une nouvelle embardée les entraînant tous les deux vers le champ de bataille. En passant, un Auror foudroie l'un d'entre eux. Je me retourne et jette un jet de flamme derrière moi. Le mangemort restant vire et disparaît derrière les branches. Mon soulagement ne dure qu'un instant car il réapparaît soudainement et me percute de plein fouet. Je sens tout mon corps passer par-dessus le manche de mon balai et seuls mes réflexes me permettent de ne pas m'écraser au sol. Je m'accroche à mon balai, les pieds balançant dans le vide, je sens déjà que je perds de l'altitude. Je fonce droit vers le sol sans savoir si je dois continuer à me tenir au manche ou si je ferai mieux de me laisser tomber.

Non, je ne veux pas abandonner. Je n'abandonnerai pas tant que je n'aurais pas eu ce que je voulais. Dans une tentative désespérée, j'élance mon corps pour attraper mon balai par les jambes. Je me retrouve dans la même position qu'un koala sur sa branche. Je force mon corps à se retourner et me voilà de nouveau sur mon balai.

« Impedimenta ! » Je lance au mangemort qui arrive.

Les jambes du mangemort se raidissent avant que je lui lance le sortilège d'Incarcerem. Désormais ligoté par une puissante corde, il part s'effondrer au sol et j'entends un craquement quand le corps atterris.

« Impressionnant » Commente une silhouette encapuchonnée.

Cette voix je ne la connais que trop bien. Mr. Rosier, le père de Druella, que j'ai si souvent côtoyé. Il était l'un de mes héros durant mon enfance car le père de Druella a toujours eu cette allure impressionnante. Je grimace et fonce droit sur lui en lui lançant un sortilège de Stupéfixion qui part toucher une autre silhouette.

Je continue de le poursuivre et ne cesse de lui lancer tous les sorts qui me viennent en tête. Il se retourne de temps en temps pour m'en lancer quelques uns dont l'un finit par m'entailler l'arcade. Je sens soudainement un sortilège de mort me frôler l'épaule. Je fais une brusque embardée et perd tout contrôle de mon balai. Le paysage tourne et je n'arrive pas à retrouver mes repères. Le sol est proche désormais et dans un ultime effort je tente de ralentir ma chute avant de heurter la terre. Je me relève sans même imaginer une seule fois que je puisse avoir mal. Je me suis familiarisée avec la douleur depuis quelques temps.

La silhouette de Mr. Rosier vient se poser au sol non loin de moi. Je plonge pour éviter un nouveau jet de lumière verte. Je le sens me frôler une nouvelle fois ce qui commence à m'inquiéter. J'inspire un grand bol d'air avant de me relever en parant un de ses sortilèges et puis coure me réfugier derrière un tronc d'arbre. J'évite une nouvelle fois un sortilège de mort. Ok, cette fois c'est du sérieux. Ils veulent vraiment tous nous tuer.

J'inspire encore une fois avant de sortir de ma cachette :

« Bombarda Maxima ! »

La puissance de l'explosion me projette au sol. Je n'ai pas eu le temps de penser à me boucher les oreilles. Je me retrouve déséquilibrée sentant bien que l'une de mes oreilles ne fonctionne plus. Je mets un temps avant de trouver l'équilibre pour me relever. Ne plus entendre de l'oreille gauche me perturbe beaucoup plus que je ne l'aurais pensé. Je clopine jusqu'au lieu de l'explosion et trouve Mr. Rosier étendu au sol agonisant.

Je jette un coup d'œil aux alentours, il n'y a personne. Alors je profite de ce moment pour révéler le visage de mon adversaire à la lumière du jour. Mr. Rosier m'adresse un regard brûlant de cruauté. Je ne l'aurais jamais cru capable de pouvoir paraître aussi misérable. Il lui manque pratiquement la moitié de son corps mais heureusement le buste est là. Je le regarde avec un regard non peu fier.

« Qu'est-ce que tu attends ? Fais-toi plaisir et achève-moi. »

Je m'accroupis prêt de lui sans le quitter du regard et savoure ce spectacle de le voir tellement souffrir. Il a l'air de quelqu'un qui aurait préféré mourir que de se retrouver dans cet état. Comme je le comprends ! Moi aussi je ressens ça et pourtant le devoir m'ordonne de rester en vie. En revanche, lui…

« Alors tu comptes rester ici à me regarder mourir ? Me lance-t-il avec mépris. Bien sûr, tu dois savourer ! Je n'imagine même pas combien tu dois te réjouir… »

Je ne réponds toujours pas même s'il ne dit que la vérité. Je continue d'admirer mon œuvre et je dois avouer que le voir souffrir à ce point, voir son visage se tordre de douleur me rend encore plus heureuse que je ne l'imaginais.

Soudain, il se met à tousser et crache du sang au sol qui se perd dans la flaque de sang au sol. Il y en a tellement que même la terre n'arrive pas à tout absorber. Je reste devant, les genoux dans la boue et le sang pour m'assurer que cette pourriture mourra bel et bien dans d'atroces souffrances.

Il se met à respirer plus fortement, le visage se tordant à chacune de ses respirations. Ca doit être vraiment atroce ! Mais je ne prends pas pitié et attends jusqu'à la dernière minute. Je vois petit à petit la vie s'éteindre dans son regard et quand je ne discerne plus rien dans ses yeux, je me lève et le laisse pourrir ici. J'espère que les corbeaux se régaleront bien !

Je retourne au champ de bataille où l'on continue de se battre avec autant de hargne. Je ne reconnais personne tant ils virent et volent à une rapidité impressionnante. J'aperçois enfin un groupe d'Auror à pied dont Seb. Comme moi, ils ont dû tomber de leur balai. Ils combattent un autre groupe de mangemorts.

Je coure les rejoindre et lance un jet de flamme qui les fait reculer. Ralph, l'Auror qui m'avait retenu de me jeter sur Alastor, m'adresse un signe de tête en remerciement. Je suis le groupe tout en me protégeant derrière des buissons ou des rochers. Seb vient me rejoindre derrière l'un d'eux pour me demander :

« Ca va ?

_Et toi ? »

Il opine de la tête avant de sortir et d'abattre un mangemort. Je sors moi aussi pour lancer un sortilège de Stupéfixion. Nous finissons par réussir à en abattre certains. Je me courbe pour éviter leurs sorts et pare les autres avant d'attaquer à mon tour.

« Regardez là-haut ! » Hurle Seb en désignant le ciel avant de parer le sortilège d'une des silhouettes.

Je lève les yeux juste un instant pour voir descendre du ciel une épaisse et immense fumée noire qui fonce droit sur les Aurors encore sur leur balai. Je les entends hurler, j'entends leur corps se fracasser sur le sol. C'est lui. Je le sais. Cette immense fumée, ces cris de terreur, la peur qu'il provoque dans tous les cœurs. C'est lui. Il est là. Il est enfin arrivé. Je voudrais rejoindre le ciel pour aller le défier une dernière fois.

Soudain, Ralph reçoit le sortilège de mort en pleine poitrine. Le pire c'est que je n'ai même pas le temps d'essayer de retenir son corps qui tombe car je dois me protéger d'un autre. Je me baisse pour éviter un jet de lumière verte avant de lancer un nouveau jet de flamme. L'un des mangemorts qui s'était approché s'enflamme aussitôt en hurlant alors que les autres reculent. Un autre Auror réussit à en stupéfixier un quand un autre encore réduit en cendre la baguette d'un mangemort.

L'un d'eux tentent de s'échapper mais je le poursuis et finis par le faire tomber par un sortilège. Je coure toujours prête à l'achever lorsqu'il me stupéfixie. Je tombe au sol et lève les yeux pour voir le mangemort retiré son masque. Ses cheveux blonds tombent autour de son visage et ses deux yeux bleus me fixent avec étonnement.

« Kim ? Demande Jayce en regardant autour de lui. Mais… mais qu'est-ce que… »

Je ne le laisse même pas parler d'avantage et lève ma baguette :

« Impedimenta ! » Je hurle.

Il pare mon sortilège, son expression s'étonne encore plus. Je me relève avec la ferme intention de ne pas le laisser s'en tirer cette fois. Il n'y a plus d'amitié ni rien qui tienne. Je lève une nouvelle fois ma baguette mais il me désarme. Je regarde ma baguette volée à quelques mètres de là en songeant que cette fois c'est fini.

Je me retourne vers Jayce qui a pointé sa baguette sur moi. Elle est bien dirigée vers ma poitrine prête à assassiner une personne de plus. Pourtant, rien ne vient. Je scrute alors le regard tourmenté de Jayce et réalise qu'il ne pourra pas le faire.

« Pourquoi tu es là… ? Marmonne-t-il plus pour lui-même que pour moi. Je ne peux pas… mais je le dois… »

Tandis qu'il s'interroge lui-même, je tente de reculer d'un pas pour me rapprocher de ma baguette. Si j'arrive à reculer encore de quelques pas, je pourrais peut-être réussir à l'avoir. Il suffirait d'être rapide et surtout de ne pas hésiter.

Je fais encore une fois un pas en arrière mais Jayce le remarque et ajuste sa baguette sur moi. Je ferme les yeux craignant qu'il ne se soit décidé à exécuter les ordres de son maître. Toujours rien. Il n'ose pas.

Alors une voix terriblement furieuse ressemblant à un sifflement et répandant dans mon corps un frisson de frayeur, résonne à nos oreilles :

« Je savais que tu me trahirais ! »

Le corps de Jayce s'envole à plusieurs mètres et part s'écraser loin de nous. Je n'ose plus bouger. Cette fois, il est bel et bien là. La fumée noire autour du corps disparaît pour laisser apparaître face à moi un homme, la peau pâle comme la mort, les yeux rouges des flammes de l'enfer, et le visage pareil à celui d'un serpent. Voldemort.

Il est beaucoup plus impressionnant que je ne l'aurais cru. Je ne m'attendais pas à le retrouver plus transformer que la dernière fois. Je pensais qu'il aurait gardé une certaine humanité sur son visage auparavant si charismatique. Je n'arrive même pas à croire que la chose qui se trouve devant moi ait pu être le Tom Jedusor que j'ai connu à Poudlard.

« Ta présence Kim est une véritable surprise, m'avoue-t-il avec un rictus. Mais au fond elle ne m'étonne pas tant que cela. Je me demandais simplement si tu serais assez folle pour suivre ton abruti de mari. Dis-moi, est-ce qu'il a un instant cru pouvoir nous arrêter ? »

Sa question le rend hilare. Je ne vois pas très bien ce qui peut le faire rire à ce point. Je n'ai jamais vu Tom rire ou rarement. Je n'arrive toujours pas à faire le lien entre l'élève brillant de Poudlard et le monstre devant moi. Peut-on changer à ce point ? Non. Il était déjà comme ça bien avant. Il ne fait que montrer son vrai visage sous cette forme.

« Tu ne dis rien, ça m'étonne. Ca ne te ressemble pas de rester muette. Tu es peut-être pétrifiée d'horreur…

_Ne t'imagine pas un seul instant que tu me fais peur. Je n'ai jamais eu peur de toi. »

Mensonge ! Mais j'ai au moins le mérite de voir son sourire disparaître de son visage. Ses yeux rouges me scrutent comme s'il essayait de lire dans mes pensées. Je me souviens parfaitement de ses dons de Légilimens. Mais peut-être que comme la dernière fois, j'arriverai à le bloquer…

« Tu mens, lâche-t-il finalement et mes espoirs de superpouvoirs capables d'empêcher les intrus dans mon esprits s'envolent.

_Peut-être mais je suis ici !

_Oui, je me demandais d'ailleurs jusqu'à quand tu comptais rester cacher derrière cette barrière magique… Astucieux n'est-ce pas mon idée d'utiliser ta fille pour te faire sortir ? »

Je serre les poings et les dents. Non, il ne m'atteindra pas. En tout cas, je ne lui laisserai pas voir qu'il m'atteint.

« Ramasse ta baguette, m'ordonne-t-il alors.

_Tu ne me tues pas ?

_Non, non, je veux avoir le plaisir de te voir résister avant de t'achever. Je veux te voir t'accrocher à la vie comme tu t'es accrochée au cadavre de ta traîtresse à son sang de fille ! »

Je pourrais courir aller ramasser ma baguette mais c'est pertinemment ce qu'il veut que je fasse. Même si je meurs d'envie de sentir la sécurité que me procure le touché de ma baguette, je ne bouge pas. Je lui lance un regard meurtrier mais ne bouge pas. Son expression se décompose. Il n'a toujours pas l'habitude qu'on lui résiste. Je sais qu'il n'aime pas quand je ne lui obéis pas.

« N'essaie même pas de me désobéir, me prévient-il avec un sifflement.

_Je ne suis pas l'un de tes serviteurs, je peux donc faire ce que je veux.

_Ramasse ta baguette !

_Non !

_Ramasse-la ou je t'assassine sans même te laisser croire que tu t'es défendue !

_Non ! »

Fou furieux, il lève sa baguette. Je ferme les yeux. Je suis prête.

Mais le sortilège ne m'atteint jamais car on me bouscule au sol. Je pousse un cri de douleur sous le coup de chute. En rouvrant les yeux, Seb m'aide à me relever et m'entraîne en courant. Je ramasse ma baguette au passage. Sans même savoir où se trouve notre ennemi je suis Seb tenant sa main fermement dans la mienne.

Derrière moi j'entends notre ennemi rugir et je sens toute sa puissance augmenter. Tous mes poils se dressent quand je sens sa présence et sa magie infiniment puissante se rapprocher. Seb me pousse dans un buisson rempli d'orties avec un ordre :

« Reste là. »

Puis il continue à courir sans moi. Je sens les épines des branches se planter dans ma peau. Je tente de m'agripper à quelque chose pour me relever mais tout ce que je touche me brûle la peau. Je finis enfin par sortir de ce buisson, les jambes tremblantes après toutes les piqûres. Mes doigts saignent après avoir saisi les épines tout comme mes chevilles.

Je regarde autour de moi mais n'aperçois pas Seb ni Vous-Savez-Qui. Je décide alors de continuer sur le sentier et coure jusqu'à trouver Seb à terre face à Vous-Savez-Qui. Il lève sa baguette. Non ! Je refuse de perdre Seb ici, j'ai déjà perdu trop de monde. Je lève alors ma baguette et tente le maléfice d'Impedimenta que notre ennemi pare sans même m'adresser un seul regard. Quoi ? D'une main. D'une main il a repoussé mon maléfice !

Je serre les dents de rage quand la scène semble se passer au ralenti. Je vois Seb qui se relève sous le rire de Vous-Savez-Qui et lever sa baguette avant de se faire désarmer sans même comprendre ce qui lui arrive. Seb tombe à terre sous un sortilège quand résonnent les éclats de rire de notre ennemi.

Les larmes me montent aux yeux. Seb ne mérite pas d'être humilié de la sorte ! Il ne mérite pas de perdre la vie ce jour-ci. Laissant toute ma colère monter en moi, je sens ma baguette se lever pour se pointer sur lui et sans même m'en rendre compte, je prononce :

« Avada Ke… »

Un éclair fuse dans ma direction et m'aveugle la vue. Je tombe au sol avant d'entendre un autre sortilège et un corps s'effondrer au sol. Je sais que c'est Seb qui vient de perdre la vie. Je n'ai même pas besoin de regarder pour savoir. Les pas de Lord Voldemort s'approchent de moi. Ses yeux semblent chercher à comprendre un mécanisme comme s'il n'arrivait pas à expliquer la situation. Enfin, un sourire se dessine aux coins de ses lèvres comme s'il venait de trouver la solution :

« C'est fou ce que l'amour peut faire ! Tiens, tiens ! En voilà une bonne surprise ! Bravo, Kim, tu m'as impressionné quand je t'ai entendu. Toi, celle qui osait me faire la morale vient de s'oublier pour… pour quoi ? Ah oui ! L'amour, ricane-t-il. Comme si l'amour pouvait me vaincre, moi !

_Sait-on jamais… Je marmonne toujours à terre. On a essayé toutes les stratégies et toutes les armes mais aucune n'est parvenue à t'atteindre alors pourquoi pas l'amour ? »

Il me relève d'un coup de baguette. Je me retrouve soudainement sur mes deux pieds alors que Voldemort recule avec un rictus. Je serre ma baguette dans ma main. C'est le moment de venger tous ceux que j'ai perdu. Je ne jette pas un regard au cadavre de Seb étalé au sol, je ne veux pas être déconcentrée.

J'attaque en première. Il pare mon sortilège. J'attaque une nouvelle fois. Il pare encore. J'attaque encore une fois mais comme mes attaques précédentes, il lui suffit d'un geste de sa baguette pour stopper mes sortilèges. Je souffle et me rends compte que je suis hors d'haleine. Les autres combats m'ont épuisé et je prends petit à petit conscience que je suis bien loin de faire le poids.

Néanmoins, je continue de lancer mes sortilèges. Il ne semble pas en tenir compte et fait simplement voler sa baguette entre ses mains pour les envoyer plus loin. Il réussit même à en retourner un contre moi. Je m'écroule au sol et je sens ma joue me brûler.

« Moi qui croyais que tu avais enfin compris que seule la magie noire te permettrait de te sortir d'affaire… Soupire-t-il déçu. Tu n'as toujours pas compris ? J'ai pourtant essayé de t'enseigner cet art mais apparemment tu n'as pas décidé d'approfondir ton talent. »

Je geins en silence tout en me relevant. J'ai mal aux coudes, aux côtes, et aux jambes. J'ai mal, si terriblement mal. A ma douleur intérieure s'ajoute désormais une douleur physique qui me fait trébucher plusieurs fois avant de réussir à me tenir debout.

Il s'avance en secouant la tête l'air navré. Je tente de le repousser d'un sortilège qu'il pare encore une fois. Non ! J'agrippe ma baguette à deux mains et laisse couler toute mon énergie à l'intérieur pour le tenir loin de moi. Mais il avance comme si ce n'était qu'un vulgaire obstacle sur son passage. Je sens la puissance de sa baguette qui repousse tous les efforts de la mienne. Dans un dernier espoir je jette un jet de flamme. Les branches et les feuilles au sol prennent feu et c'est comme si elles m'aidaient à le tenir loin de moi par cette barrière. Les flammes nous séparent désormais.

« Tu t'accroches encore. » Observe-t-il tout en levant sa baguette.

Je me redresse ignorant la douleur et lève ma baguette à mon tour pour lancer un autre sortilège. Nos deux sorts se percutent et explosent en une pluie d'étincelles. Et ce même manège recommence encore et encore jusqu'à ce que je sente la lourde force de sa magie peser sur moi. Je continue néanmoins de maintenir mon sortilège et me remémore tout ce que j'ai enduré à cause de lui pour me donner la force de résister au sort qu'il a lancé.

Ma baguette faillit. Je la sens trembler entre mes doigts. Trembler de peur. Trembler de faiblesse. Trembler jusqu'à exploser en milles morceaux. Et je la regarde disparaître. La seule qui avait été à mes côtés du début à la fin venait d'être réduite en cendres. Mais je n'ai pas le temps de m'apitoyer sur mon sort. Très vite, mon esprit devine que je n'ai plus aucune protection face au Seigneur des Ténèbres qui se tient devant moi avec un sourire tellement orgueilleux que je regrette immédiatement de ne pas avoir approfondi mes talents de magie noire pour le réduire lui aussi en cendres.

Ses deux yeux rouges flamboient devant moi alors qu'il savoure ce moment tant attendu pour lui. Je me relève tant bien que mal, prête à mourir dans l'honneur. Jamais je ne m'inclinerais devant lui.

D'un seul geste, il réduit mon courage en miettes et m'envoie voltiger à quelques mètres. Je retombe sur le sol et sent la terre me brûler le bras sur lequel j'essaie de me redresser.

Il s'avance d'un pas déterminé et traverse les flammes qui nous séparaient jusqu'à présent sans le moindre effort. Son corps prend feu mais il se reconstitue aussi vite qu'il ne brûle. N'y a-t-il donc aucune limite à son pouvoir ?

« Tu ne me vaincras jamais ! Jamais !Jure-t-il avec un sourire en coin. Tu ne comprends donc pas ? J'ai vu et j'ai vécu dans ma vie bien plus d'horreurs qu'on ne peut connaître en une vie. Je suis invincible, immortel ! Jamais tu ne me vaincras toi ni personne d'autre. Et en hommage à Serpentard, je donnerai à ce monde corrompu par ces misérables moldus, un sorcier à sa hauteur ! »

Un autre geste de sa baguette et je me retrouve suspendu par un pied à tournoyer dans les airs comme une vulgaire poupée. Tout est flou autour de moi et la forêt ne cesse de tourner. Je ne vois que deux points rouges qui me fixent en savourant ce moment. Puis je retombe au sol et sens mon nez craquer sous le coup de la chute. Je geins en essayant d'être la plus silencieuse possible mais tout mon corps brûle de douleur.

« Alors... qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? » Siffle-t-il en passant sa baguette sur ses lèvres se délectant du spectacle de ma souffrance.

Dans un ultime effort, j'essaie de ramper vers le corps de Seb pour lui prendre sa baguette. Mais je sais déjà que c'est en vain. Bientôt mon corps est ramené en arrière jusqu'à ses pieds, il me traîne comme un vulgaire chien et m'assène un coup de pied dans le ventre qui m'arrache un hurlement.

Mon esprit va et vient entre conscience et inconscience mais je m'efforce de rester éveillée. Je ne m'avouerai pas vaincu. Son ricanement me donne le courage de le défier du regard et de lui cracher aux pieds. Cette fois il lève sa baguette sur moi et des spasmes de douleur se mettent à me parcourir le corps. C'est comme si ma chair se mettait à brûler, et à bouillir intérieurement. Je hurle et me tortille pour essayer d'échapper à la douleur. Enfin elle s'arrête et c'est comme si on venait de m'extirper mon squelette.

« C'est amusement comme certaines personnes tiennent à la vie. Certains appellent la mort en criant, et d'autres comme toi continuent à me résister et à me regarder comme si le fait de me juger leur permettrait de me blesser. »

Il s'agenouille prêt de moi et écarte les mèches de mes cheveux pour dégager mon visage. Là il m'agrippe la gorge de ses mains et je sens ses ongles se planter dans ma peau. Il m'oblige à me relever me soulevant au-dessus de lui et tout mon corps panique lorsque l'air me manque.

« Je vais te le dire : ceux qui résistent sont mes victimes préférées. J'ai encore plus de fierté à les tuer len-te-ment. C'est impressionnant comme le courage peut se révéler de taille chez un être aussi faible tel que toi. Vraiment, tu m'as impressionné Kim, et je t'en remercie. »

Mon corps commence à se raidir et mes pensées divaguent. Je tente par tous les moyens d'échapper à son emprise en vain. Seuls mes pieds sont libres mais ils ne font que battre dans le vide.

« Tu m'as prouvé que tu étais plus forte que je ne le croyais et je te félicite. Mais tu n'es pas assez forte pour me vaincre, tu ne l'as jamais été. »

Et je me retrouve une nouvelle fois à voler dans les airs, projetée comme une marionnette avec laquelle on ne voudrait plus jouer. Je sens mon corps se fracasser au sol. Je ne sais pas si je me suis cassée quelque chose ou si c'est simplement la douleur qui me paralyse au sol.

Il s'approche à pas lents savourant cette vision de mon corps sur le point de rendre l'âme. Je le sens en moi. La respiration a du mal à passer, elle est lourde et brûlante pour mes poumons, et le simple fait de trembler de douleur me fait encore plus souffrir. Une quinte de toux me prend violemment et j'ai l'impression d'étouffer. Néanmoins lorsqu'il lève sa baguette et s'apprête à me faire souffrir jusqu'à ce que je le supplie de me tuer, je trouve encore la force de lui dire :

« Personne n'est immortel et personne n'est infaillible, même pas toi. Il y aura bien un jour quelqu'un qui te surpassera. »

Une quinte de toux me reprend et je sens un goût de sang dans ma gorge. Il est arrivé jusqu'à moi, ses pieds nus me frôlent et il m'observe de toute sa hauteur, ses doigts crispés sur sa baguette. Je continue sur ma lancée, savourant mes derniers instants pour le défier une énième fois :

« Un jour, quelqu'un de plus fort que toi te vaincra et ce jour-là, crois-moi je te regarderai de là-haut en souriant et je t'attendrai de pied ferme avec tous ceux dont tu as massacré la vie. J'applaudirai cette personne qui aura plus de pouvoir que tu n'en auras jamais car ta plus grande faiblesse Tom Elvis Jedusor...

_Ne m'appelle pas comme ça !

_Ta plus grande faiblesse Tom Elvis Jedusor... »

Coup de pied dans le ventre. Je crache tout le sang qui s'était accumulé dans ma gorge mais je ne perds pas pour autant ma volonté :

« Ta plus grande faiblesse Tom Elvis Jedusor... »

Et encore un coup de pied. Je geins et je me roule sur le sol en criant contre mon corps qui brûle, et brûle tellement. Je rassemble encore une fois mon courage et persiste :

« Ta plus grande faiblesse Tom-Elvis-Jedusor

_Ça suffit ! Tonne-t-il en faisant trembler le sol sous moi et un nouveau coup me mord le ventre. Ne m'appelle pas comme ça ! Je ne suis pas celui-là ! Arrête de t'amuser à me défier ! Quand arrêteras-tu de te croire supérieur à moi !?

_JAMAIS ! Je hurle à mon tour en me retournant d'un coup ignorant la douleur qui grandit en moi et enflamme dans mon corps. Jamais je ne cesserai de te défier ! Jamais ! Tu peux bien me prendre tout ce que j'ai mais je serai toujours libre de faire ce que je veux ! Je ne m'inclinerai pas devant toi, personne ne m'obligera à me soumettre. Et si ça ne te plaît pas, tu n'as qu'à me tuer. Qu'est-ce qui peut bien me rester de toute façon ? Tu ne comprends donc pas ? Tu m'as tout prix, et quand je te dis tout, c'est tout. Mais je persisterai toujours à te dire que ta plus grande faiblesse c'est que tu es incapable d'éprouver la moindre bonté, tu ne sais rien de ces choses-là et je te plains. Tu dis que tu as vécu tout ce que l'on ne peut pas vivre en une vie mais moi je dis que tu n'as rien vécu. C'est ce qui te perdra, ton inhumanité finira par te détruire. Ton pouvoir se retournera contre toi et ce jour-là, une personne te vaincra.

_Je suis immortel ! Siffle-t-il. Si tu fais référence à ce que Dumbledore attend si impatiemment, sache que je ne le crois pas capable de me vaincre un jour.

_Oh si tu y crois ! Sinon pourquoi ne jamais attaquer Poudlard ? Hein ? Pourquoi donc ne pas entrer de force à l'intérieur de l'école ? Voilà donc une belle démonstration des immenses pouvoirs du grand Lord Voldemort ! Il a peur… d'un vieillard ! »

Il lève sa baguette alors que je me protège de mon bras par réflexe comme s'il pourrait l'empêcher de me faire du mal. Mais rien ne vient et je me risque à regarder les yeux rouges de Voldemort qui abaisse peu à peu sa baguette. Il s'agenouille une nouvelle fois à côté de moi avec un sourire en coin.

« Tu as du cran pour me parler sur ce ton, mais tu ignores toute l'immensité de mon pouvoir. Tu as toujours cru tout savoir mais tu ne sais rien.

_C'est le fils abandonné par sa mère dans un orphelinat de moldu qui dit ça ? Le fils d'un moldu, c'est ça ? Comment peux-tu juger les autres alors que tu n'es toi-même qu'un sale Sang-Mêlé. »

Et je lui crache le sang dans ma bouche à la figure. La lumière dans ses yeux rougeoie. Il ne s'attendait pas à ce que j'en sache autant, je le lis dans son regard. Ses doigts se crispent sur sa baguette et j'en profite pour lui adresser un dernier sourire en coin avant qu'il ne me frappe d'un dernier sortilège.


Voilà. C'était le dernier chapitre. Pas trop déçu ? Il reste encore l'épilogue qui ne fait que quelques pages, il sera raconté du point de vue de Marlène. Oui, elle est encore en vie la pauvre... A la fin de cet épilogue, je ferai une sorte de « blabla » pour éclairer certains passages de la fanfiction. Donc si vous avez des questions, n'importe lesquelles, c'est le moment de me les poser pour que je puisse y répondre ) Bien sûr, vous avez toujours la possibilité de me les envoyer par message privé si vous le souhaitez ! Je reste ouverte à toutes sortes de remarques aussi, bonne ou mauvaise, qui peuvent m'aider à m'améliorer.

Sur ce, j'espère que ce chapitre vous aura plut ! L'épilogue sera mis en ligne ce week-end normalement donc j'espère à bientôt ! :)