Serena vérifia sa coiffure dans le grand miroir au-dessus du lavabo dans la demeure des Waldorf – Rose.

- C'est pour qui tous ces frais ? la taquina sa meilleure amie.

- Personne en particulier, mais on ne sait jamais qui on peut rencontrer dans les rues de Paris. Il vaut mieux mettre toutes les chances de son côté.

Elles avaient prévues de faire du lèche vitrine Faubourg St Honoré et Avenue Montaigne, avant de retrouver Chuck et Nate au Musée d'Orsay.

S n'en revenait toujours pas que les garçons soient partant pour une après-midi rébarbative. Mais Blair savait toujours obtenir ce qu'elle voulait de son fiancé et son meilleur ami le suivait sans trop poser de question.

Un peu de culture ne pouvait pas faire de mal, surtout si le bel héritier Archibald était là.

Elle sourit en se remémorant la façon dont il avait naturellement et négligemment glissé sa main dans la sienne en rentrant de la soirée où ils étaient allés célébrer la fête nationale française.

Et de comment il l'avait embrassée sur les lèvres, tout en pudeur, quand il l'avait raccompagnée jusqu'à sa suite. Il ne lui avait pas sauté dessus et elle avait combattu l'envie de lui demander de rester.

Cette fois, elle voulait prendre son temps pour faire progresser les choses. Cette fois, elle voulait que leur histoire tienne sur le long terme. Et elle était résolue à faire tout ce qui était en son pouvoir pour ça.

- Tu n'as pas invité Max à se joindre à nous au moins ? grimaça sa meilleure amie.

Elle savait que la blonde avait vu les membres du groupe la veille, pendant qu'elle roucoulait dans les bras de son fiancé.

- Qu'est-ce que vous avez tous contre lui ?

- Rien, si ce n'est que Matt a dit qu'il passait son temps à planer.

- Je n'ai pas l'intention de reprendre mes mauvaises habitudes, s'agaça S. Et ce n'est pas parce que Max fume un petit joint de temps en temps qu'il est forcément un junky. De toute manière, il n'y a rien entre nous et il n'y aura rien.

- A cause d'un preux chevalier qui a rappliqué à la seconde quand tu as eu besoin de lui à l'autre bout du monde ?

Serena sourit, on ne pouvait rien cacher à Blair.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, mentit-elle quand même.

- Inutile de faire semblant, j'ai noté la manière dont sa main effleurait la tienne dans la limo en rentrant du feu d'artifice il y a deux jours.

- Je me demande bien comment ? Étant donné que tes lèvres étaient collées à celles de Chuck !

Elle était heureuse pour son frère et sa meilleure amie qu'ils se soient retrouvés, mais parfois, ça devenait vraiment lourd à supporter. Ils passaient leur temps tous les deux et se cajolaient à la moindre occasion.

Rien de neuf sous le soleil avec ces deux-là, elle avait déjà connu ça à une époque. Mais les choses étaient différentes pour elle à ce moment-là. Ils vivaient pratiquement tous les quatre dans le penthouse de l'Empire. Elle espérait de tout cœur que ce temps reviendrait.

La brune fit comme si elle n'avait pas entendu le ton sarcastique.

- Il dit que Nate a beaucoup muri, qu'il prend vraiment ses responsabilités au Spectator au sérieux et qu'il veut s'engager dans une vraie relation, répondit-elle à la place.

- Oh ! Si Chuck le dit, alors … se moqua ouvertement la blonde cette fois, le cœur palpitant tout de même à cette information.

- Au moins, ça c'est une chose dont il veut bien parler, gémit la brune.

Sa meilleure amie interrogea le reflet de Blair dans le miroir.

- Il y a quelque chose qui le turlupine.

- Il vient d'apprendre qu'il avait un frère jumeau et une sœur cachée et de rater une des meilleures opportunités dans sa guerre contre Bart. Tu ne trouves pas qu'il y de quoi être un peu excédé ?

- Si, bien sûr, mais, il y a autre chose. Je ne sais pas exactement mettre le doigt dessus mais je finirai bien par le découvrir.

- Comme toujours, sourit Serena.

Elle quitta la pièce d'eau y abandonnant Blair à ses réflexions.

Chuck était taciturne sans qu'elle n'en connaisse la raison et elle sentait qu'il se fermait à nouveau à elle depuis qu'il était arrivé à Paris la semaine précédente, accompagné de Nate et Serena à sa suite.

Il était préoccupé mais il évitait de répondre franchement à la question quand elle abordait le sujet. La seule chose qu'il avait bien voulu lui dire, c'était que son association avec Jack n'était plus à l'ordre du jour et que le projet proposé par Bianchi était tombé à l'eau.

Cela ne changeait évidemment rien au fait qu'elle était aux anges de le retrouver et de pouvoir se blottir tout contre son corps pour s'endormir le soir. Un sourire flotta sur ses lèvres au souvenir de la tête de Chuck quand sa mère lui avait proposé, non … commandé, de s'installer dans l'appartement au lieu de prendre une chambre d'hôtel.

Il est vrai qu'il y avait de quoi être surpris. Eléanor Waldorf était connue pour être une personne stricte et rigide. Mais, comme elle l'avait dit elle-même, ils étaient fiancés et il était inutile de jouer les hypocrites en prétendant qu'ils resteraient physiquement éloignés l'un de l'autre s'ils ne partageaient pas le même lit la nuit.

Elle rejoignit sa chambre et passa ses bras autour du jeune homme qui finissait de boutonner sa chemise.

Il abandonna son geste pour l'embrasser à la commissure des lèvres avant de glisser langoureusement sur sa bouche.

- Je vais devoir aller me remaquiller maintenant, maugréa-t-elle, sans pour autant l'éconduire.

- On peut rester ici, proposa-t-il avec un regard entendu. Tu n'as qu'un jour de répit avant de reprendre le chemin des bureaux de WD. Et j'ai pleins d'idées pour au moins vingt quatre heures.

Elle sourit, elle ne doutait pas de ça une seule seconde.

- Pas question, répondit-elle en s'écartant de lui pour éloigner la tentation. Ma mère veut que tu restes ici, mais je doute qu'elle apprécie qu'on passe tout notre temps dans la chambre. Et puis, je ne veux pas planter S alors qu'on vient juste de se rabibocher.

Il l'embrassa tendrement.

- Tu pourrais en profiter pour aller voir Matt. Vous ne vous êtes pas revus depuis que vous avez quitté Monaco.

- Ça ne fait que quelques jours et ce n'est pas parce qu'on est jumeau qu'on doit être scotché l'un à l'autre. Et puis, il devait venir retrouver sa mère…

- Et tu n'as aucune envie de croiser Elisabeth, dit-elle en caressant sa joue.

- On n'a plus rien à se dire. Elle a été très claire en quittant New-York, je ne suis pas son fils.

- Elle va peut-être changé d'avis maintenant que tout est découvert.

- Pas moi, dit-il en carrant la mâchoire.

Elle pressa son front contre le sien.

- Je serai toujours ta famille, murmura-t-elle.

Il ne répondit pas mais l'embrassa une nouvelle fois et la tint serrée tout contre lui.

- Vous êtes prêts ? questionna Serena en passant la tête par entrebâillement de la porte.

- On arrive, indiqua Blair en se libérant de l'étreinte de son fiancé.

- Nate est déjà là ? demanda Chuck.

Au moins, il avait son meilleur ami pour l'épauler dans ce scandale. Il avait mis celui-ci au courant des intentions de Brooklyn et ils avaient déjà mis au point une contre-attaque. Cela ne pourrait que circonscrire l'incendie mais c'était mieux que rien.

Le propriétaire du Spectator avait passé des coups de fil ici et là, laissant courir le bruit que Daniel Humphrey, auteur du roman « Inside » était loin d'être une source d'informations fiable auprès des autres éditorialistes et qu'il recherchait de la publicité gratuite pour sa prochaine histoire imaginaire. Ils espéraient qu'en entachant assez sa crédibilité, aucun journaliste sérieux ne ferait paraître ses divagations.

Nate avait également pris la liberté de laissé échapper, en toute confidence, à ses collègues de la presse que sa relation avec Blair Waldorf, ex-princesse de Monaco, avait toujours été un fiasco total sur le plan physique et que ce dernier était vraiment rancunier en la matière, la tenant responsable de ses piètres facultés. Ce qui pouvait laisser présumer qu'il chercherait à se venger de son ancienne petite-amie et de son successeur par n'importe quel moyen, même totalement fallacieux.

- Il est arrivé, il y a dix minutes déjà, répondit la blonde, une sourire jusqu'aux oreilles.

Chuck enfila sa veste et ils se dirigèrent tous vers l'entrée où les attendait leur ami.