Disclaimer: vous savez tous que Harry et son univers n'appartiennent qu'à J.K. Rowling et que je ne touche aucun subside de cette histoire

Merci aux lecteurs qui auront surmonté mon absence et à tous ceux et touts celles qui m'ont soutenu durant l'écriture de cette fic.


Chapitre XXXVIII L'anneau

Ginny ne posa pas de questions, elle avait compris l'origine de ce phénomène, tout comme Harry. L'anneau avait protégé la mémoire de Harry contre les assauts de Voldemort. C'était l'anneau qui lui avait rendu également ses souvenirs. Elle n'avait pas besoin d'en savoir plus. Ce qui avait déclenché tout ça ? Les deux jeunes gens s'en doutaient, après tout l'artefact était censé représenter le pouvoir de l'amour et y puiser sa puissance, alors… Ils s'endormirent blottis l'un contre l'autre. Les autres pouvaient bien attendre un peu pour apprendre la nouvelle.

Lorsque Harry descendit prendre le petit déjeuner main dans la main avec Ginny, c'est le plus naturellement du monde qu'il salua chacun par son prénom. Kingsley fut le premier à s'étonner des progrès de Harry, mais douta sincèrement être responsable de cette brusque réminiscence :

- Harry, je peux te parler une minute en privé ? demanda-t-il au jeune Potter.

- Et pourquoi en privé ? protestèrent Ursula Pomfresh, Mrs Weasley et les jumeaux qui étaient également présents dans la cuisine du Quartier Général.

- Pas de panique, je vais tout expliquer à tout le monde, sourit le jeune homme devant la curiosité des membres de l'Ordre.

Harry s'étonna tout d'abord de l'absence de certains membres de l'Ordre, mais les mines sombres qui apparurent à l'évocation du nom d'Alastor Maugrey firent comprendre à Harry que le temps des réponses viendrait plus tard.

Maintenant qu'il devait parler devant une assemblée, Harry ne souriait plus du tout. Le trac et la gêne avaient repris le dessus et avaient coincé sa glotte à mi-chemin, comme pour l'empêcher de parler et de respirer en même temps. Finalement, Harry décidé de concentrer son regard sur Ginny qui l'encourageait silencieusement :

- Comme certains ont pu le constater, j'ai pleinement retrouvé la mémoire pendant la nuit, commença-t-il. Aussi incroyable que ça puisse paraître, c'est cet anneau qui m'a sauvé, révéla-t-il en désignant le bijou.

Harry raconta alors sa rencontre avec l'empreinte de l'esprit de Godric Gryffondor, avec Albus Dumbledore et ses aïeux. Il expliqua l'histoire de la lignée spirituelle de Godric Gryffondor, avant d'en arriver à l'anneau proprement dit :

- Il s'agit d'un objet magique qui tire sa puissance de l'amour : celui que son porteur ressent et celui qu'il inspire. Lors de mon combat mental contre Voldemort, je me suis accroché au souvenir de Ginny, à l'amour qui nous unit… C'est ce qui a activé l'anneau. Il a protégé ma mémoire en l'enfouissant profondément dans mon esprit. C'est ce même pouvoir qui l'a réveillé lorsque j'ai embrassé Ginny hier soir, mentit Harry.

- Alors pourquoi ne s'est-il pas déclenché lorsque tu embrassais Ginny avant de perdre … demanda Ron avant de pousser un juron particulièrement grossier : Hermione venait de lui écraser le gros orteil sans ménagement.

Harry fit comme s'il n'avait pas entendu la question, mais remercia son amie du regard et évita les regards soupçonneux que lui jetait Ron en massant son pied douloureux.

- Tu sais si cet anneau a d'autres pouvoirs ? demanda Kingsley, de plus en plus intrigué par l'artefact.

- Je n'ai aucune certitude, répondit Harry, mais vu la puissance que j'ai ressenti lorsqu'il s'est activé hier soir, je pense qu'il nous réserve d'autres surprises.
- Pourrait-il s'agir du « pouvoir inconnu du Seigneur des Ténèbres » ? s'enquit le professeur McGonagall.

- Je ne le crois pas, répondit Hermione à la place de Harry. D'après le professeur Dumbledore, malgré toutes les épreuves qu'il a traversées, Harry possède depuis longtemps ce pouvoir : celui de l'amour. Il a conservé sa capacité à aimer et à se faire aimer. L'amour est un sentiment totalement étranger à Voldemort et c'est ce qui va le perdre, affirma la jeune fille avec conviction. L'anneau n'est qu'un catalyseur qui pourrait correspondre à une phrase de la prophétie : « l'un mourra de la main de l'autre ».

L'assemblée resta silencieuse devant l'explication de texte fournie par Hermione. Certains en sondaient encore ses implications. Minerva McGonagall acquiesça avec fierté à la clairvoyance et la subtilité d'analyse de son élève.

- Reste que pour atteindre Voldemort, il faut d'abord se débarrasser de ses Horcruxes, rappela Remus Lupin.

- J'y ai déjà réfléchi, rétorqua Harry. Si les Horcruxes sont des lambeaux de son âme et que lui-même ne peut supporter de me posséder trop longtemps à cause de cet amour en moi, il se peut que ses Horcruxes ne le supportent pas mieux…

- … En utilisant le pouvoir de l'anneau, tu pourrais détruire ses lambeaux d'âme, compléta Ron qui comprenait enfin les conséquences d'une telle découverte.

- Et c'est grâce à notre petite sœur que Harry va faire sa fête à Voldemort, triomphèrent Fred et George.

- Neutraliser ou tuer Voldemort est une chose, si tant est que cela soit possible, tempéra Arthur Weasley. Encore faut-il s'assurer qu'aucun de ses Mangemorts ne prenne la relève. Or nous savons que l'ambition n'est pas chose rare parmi eux. Rappelez-vous ce que nous avons appris sur Severus Rogue qui est loin d'être un enfant de chœur.

Ron ne put se retenir de grincer des dents au nom de l'ancien professeur de Potions.

- Ajoutons également que tous les Horcruxes ne sont pas en notre possession, nota Tonks. Nagini reste hors de portée, tant qu'il demeure dans les parages de son maître et nous ne savons pas où se trouve la coupe d'Helga Poufsouffle.

- Il y a une piste que nous n'avons pas encore explorée, intervint Ursula Pomfresh.

- Laquelle ? s'enquit Kingsley.

- Anthony Caldwell, répondit laconiquement la Médicomage.

- Le Moldu ?!!! s'étonna Ron.

- Mais oui ! s'exclama Ginny. Il faut aller enquêter sur l'île où les Mangemorts l'ont torturé. Où était-ce déjà ?

- Guernesey, répondit Kingsley, du moins dans ses proches alentours.

- Et pour ce qui est de la taupe au sein de Sainte Mangouste ? demanda Ron. Elle a peut-être déjà averti Voldemort que nous avions retrouvé Anthony, il pourrait avoir déjà effacé ses traces.

- L'enquête avance, mais rien de probant pour le moment. Soit la taupe a cessé toute activité pour le moment, soit Voldemort a obtenu ses renseignements d'une toute autre manière, répondit Ursula Pomfresh.
- Une taupe ? s'exclama Harry.

- Nous avons pensé qu'une personne de Sainte Mangouste avait informé Voldemort de ton état d'extrême faiblesse après le siège d'Azkaban, ce qui l'aurait incité à attaquer ton esprit, lui expliqua Hermione. Nous avons enquêté sur le personnel de Sainte Mangouste dans cette hypothèse.

Le jeune Potter réfléchit quelques instants puis hocha la tête négativement. Chacun avait pensé un instant qu'il aurait peut-être pu remarquer quelque chose avant sa perte de mémoire et ainsi apporter des éléments supplémentaires à l'enquête. Mais ce nouvel espoir s'évanouit lui aussi.

- Quelle est notre situation face à Voldemort ? demanda Harry autant pour changer de sujet que pour se mettre au fait des derniers événements.

- La Bataille de Glastonbury nous a coûté cher, mais moins qu'à Voldemort, répondit Kingsley sur un signe de Minerva McGonagall l'enjoignant à faire une synthèse pour le jeune Potter. Nous avons perdu beaucoup des nôtres, dont de précieux éléments, comme Alastor Maugrey et Sturgis Podmore qui a succombé à ses blessures. En tout, plus d'une vingtaine de combattants de l'Ordre du Phénix ont péri face aux Mangemorts. Mais Voldemort a perdu le soutien des loups garous après la mort de Fenrir Greyback. Nous ne pensons pas que les Géants puissent à nouveau lui venir en aide, mais qui sait ? Quant aux créatures magiques, là c'est une autre paire de manches : il peut en invoquer à loisir, mais d'après Charlie, il ne peut pas disposer de dragons. Ses collègues roumains ont pris des dispositions pour l'en empêcher. S'il parvient à s'en procurer, ils viendront d'Asie, pas d'Europe.

- Et les Mangemorts ? s'enquit Harry.
- Nous en avons capturé et tué un bon nombre, mais peu d'entre eux faisaient partie de sa garde rapprochée, si ce n'est Peter Pettigrow que l'on a retrouvé empalé sur une queue de Manticore.

La description de la mort de Queudver poussa Remus à se renfrogner. Harry le remarqua. Il voulut en connaître la raison et se promit d'en parler plus tard avec lui.

- J'ai également pu constater pendant la bataille que Voldemort a changé de lieutenant : Rabastan Lestrange a été limogé au profit de Rogue.

Cette fois, les grincements de dents vinrent à la fois de Ron et de Harry.

- Rien sur Malefoy ? demanda le jeune Potter.

- Le père est toujours enfermé dans un endroit tenu secret depuis le siège d'Azkaban. Pour ce qui est du fils, personne ne l'a vu pendant la bataille.

Où était passé Drago ? Depuis l'attaque de Bellatrix Lestrange sur le Chemin de Traverse, personne ne l'avait vu ou n'avait entendu parler de lui. Certes, l'Ordre du Phénix avait pu constater qu'il avait participé à la torture d'Anthony Caldwell, mais rien de plus. Voldemort l'avait-il tué ? Ecarté ? Ou bien lui avait-il assigné une autre mission ? Harry n'avait jamais aimé les silences prolongés de Drago Malefoy. Lorsqu'il jouait profil bas à Poudlard, d'ordinaire c'était pour jouer un mauvais tour. Que préparait-il désormais ?

- Pour les Détraqueurs, continua Shacklebolt, aucun d'entre eux n'a été vu depuis ton intervention à Glastonbury. Mais je ne me fais pas d'illusions, Voldemort saura bientôt les ramener sous sa coupe.

- Je ne serais pas étonné, s'il se servait d'eux dans un avenir proche pour une petite démonstration de force et semer la panique parmi la communauté sorcière, commenta Arthur Weasley.

- Et du côté du Ministère ? rebondit Harry.

- Comme nous l'avions prévu, Scrimgeour s'attribue tous les mérites, répondit Lupin. Mais la Gazette du Sorcier semble moins encline à le suivre sur ce terrain qu'elle ne l'était avec Fudge. Elle publie des témoignages de sorciers habitant le voisinage de Glastonbury et vient de ressortir ses histoires sur le Vengeur.

- Tiens, ça faisait un moment qu'ils n'en parlaient plus, remarqua Fred. Où en est-on de la liste des créatures jugées dangereuses ?

- Il semble qu'ils se soient remis sur la piste Potter, dit Ursula en tendant une série d'articles découpés à Harry dont le dernier en date titrait :

Harry Potter, Vengeur et véritable héros de Glastonbury

Contrairement à ce que le Ministre de la Magie, Rufus Scrimgeour, a déclaré ces derniers jours, les forces du Ministère n'ont pas brillé lors de ce que l'on s'accorde à appeler désormais : la Bataille de Glastonbury. Cantonnées à Bridgewater, à plusieurs miles des combats, les unités de la Brigade Magique et du Service de régulation des créatures magiques n'ont pas bougé d'un pouce pendant l'affrontement qui aurait opposé l'armée des ténèbres à une puissante milice civile du nom d'Ordre du Phénix, d'après nos sources.
Notre reporter, Miles Focus, présent sur les lieux, a pu nous rapporter des clichés saisissants, montrant des dragons aux prises avec des Basilics, des Manticores et des chimères. Aucun membre de cet Ordre du Phénix n'est malheureusement reconnaissable sur ces photos, excepté le Survivant, Harry Potter.
Lors d'un duel contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, le jeune homme a su déployer une puissance magique hors du commun propre à faire reculer le Seigneur des Ténèbres en personne. Notre photographe affirme même avoir vu le jeune homme le blesser grièvement à l'aide d'une épée.
Difficile alors d'imaginer quelqu'un d'autre dans le rôle du Vengeur, ce personnage mystérieux qui nous a débarrassé de nombreux Mangemorts violemment certes, mais efficacement, avant cette bataille. Et ce, malgré les protestations de Minerva McGonagall, directrice de l'Ecole Ministérielle de Magie.
Le Ministre de la Magie a nié la présence de toute milice de volontaires civils sur le champ de bataille. Pour le Ministère, seule la Brigade Magique a su faire preuve de la puissance magique nécessaire pour contrecarrer les plans de Vous-Savez-Qui. «Mais j'enjoins officiellement Harry Potter à rejoindre nos rangs dans la guerre qui nous oppose à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Mais s'il est effectivement le prétendu Vengeur, qu'il cesse immédiatement ses activités criminelles et barbares et qu'il se rende aux autorités», ajoute Rufus Scrimgeour à l'adresse du Survivant.

Harry resta muet quelques instants.

- Comment peuvent-ils penser que c'est moi qui commet tous ses massacres ? s'exclama-t-il outré.

Ginny se détourna un instant pour dissimuler la honte qui se dessinait sur son visage. Mais elle n'eut pas besoin de se justifier, Ron lui sauva la mise :

- On y a tous pensé à un moment ou à un autre, tenta-t-il d'expliquer. Tu avais disparu, tu étais amnésique et en état de choc, avec pour seul souvenir celui de l'agression mentale de Voldemort. D'autres auraient certainement pété un plomb !

- Et n'oublie pas que la Gazette t'a déjà décrit comme un déséquilibré mental, rappela Hermione.

- Quelqu'un s'est-il intéressé à cette histoire pendant mon absence ? demanda Harry.

- Plus depuis que tu es revenu, répondit Kingsley. C'était une des pistes que nous suivions pour te retrouver, mais elle n'était pas très concluante, ni convaincante.

- Il faut mettre une équipe là-dessus le plus vite possible, s'enflamma Harry, et neutraliser ce « Vengeur ».

- Même si ses méthodes sont discutables, il faut quand même avouer que le Vengeur nous a rendu service, objecta Ron.

- Tu as pensé à ce qui pourrait arriver si tout le monde adoptait son comportement ? s'emporta Hermione.
- Il y aurait plus de gens à résister à Voldemort ? proposa Ron.

- Non, il y aurait surtout plus de purges sauvages, une fois la victoire acquise. Les gens se lanceront dans une parodie de justice, avec des exécutions sommaires après des procès expéditifs, s'il y a procès ! s'exclama Hermione.

- Hermione a raison, intervint Harry. Si ce n'est pas arrivé après la première guerre, c'est parce que Croupton s'en est chargé lui-même. Sirius n'a même pas eu droit à un procès.

- Nous ne sommes pas comme Croupton, rétorqua Ron.
- Si nous laissons faire ce Vengeur, alors nous ne valons pas mieux, contra sentencieusement son père.

Harry, lui, s'était soudainement tu et ne suivait plus l'échange qu'il avait provoqué. Il semblait plongé dans ses pensées.
- Harry, tu as autre chose à soumettre ? s'enquit Kingsley qui reconnaissait là l'attitude d'un futur enquêteur.

- Oui, Hermione vient de proposer sans le vouloir une piste qui pourrait nous mener au Vengeur.

- Mais bien sûr, s'écria Hermione en se tapant le front de sa main bandée, les partisans de Croupton !

- Tu crois qu'ils auraient pu se radicaliser à ce point ?! s'étonna Ginny.

- C'est la seule piste que nous ayons, à part refaire le trajet meurtrier du Vengeur, répondit le jeune Potter.

- Et pour ce qui est de Voldemort ? demanda Ursula.

- Nous partirons pour Blackscale, dès que l'état d'Hermione se sera amélioré, annonça Harry.

En prononçant ces mots, Harry savait lui-même combien il était hasardeux de penser guérir la lycanthropie. Mais comme tous ceux réunis dans la pièce, il conservait l'espoir de retrouver Hermione débarrassée de ce fardeau.

- Nous nous y attelons, le rassura Lupin., avant d'entraîner Horace Slughorn et Hermione à sa suite pour retourner au laboratoire installé dans l'ancienne bibliothèque de la maison Black.

Pendant trois semaines, le trio de chercheurs travailla d'arrache-pied pour trouver un remède à ce nouveau mal qui touchait Hermione mais également cinq autres membres de l'A.D. . Hermione ne se battait pas que pour elle, elle luttait pour ses camarades. Il fallut toute la diplomatie de Remus Lupin pour l'obliger à ne pas passer des nuits blanches sur les grimoires et au-dessus des chaudrons. Ron, lui se rongeait les sangs et tentait d'aider sa petite amie du mieux qu'il pouvait.
Comme pour beaucoup de découvertes, la solution au problème se révéla grâce à un coup de pouce du destin. Alors que le Professeur Slughorn préparait pour la énième fois une version modifiée de la Potion Tue-Loup sous l'œil attentif de Remus Lupin, Hermione analysait une griffe de loup-garou infecté prélevée sur le champ de bataille.

La maladresse de Tonks fit le reste.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda la jeune Auror penchée par-dessus l'épaule d'Hermione.

- Une des griffes de Greyback, répondit la jeune fille. Nous en avons prélevées plusieurs sur son cadavre et ceux de ses « hommes ».

- Qu'est-ce qu'elles ont de particulier ? Je ne vois rien d'intéressant là-dedans.

- Elles possèdent un minuscule canal pour injecter le virus qui crée les loups-garous. Un peu comme un crochet de serpent, répondit Hermione. Elles sont reliées au système sanguin des loups-garous, qui contient le virus en question.

- C'est ce truc-là ? demanda Tonks en saisissant une fiole translucide.

- Attention !... cria Hermione.

Mais il était déjà trop tard. Tonks avait échappé la fiole qui retomba dans la Potion Tue-Loup en préparation et s'y déversa.

- Je suis désolée, je ne l'ai pas fait exprès, s'excusa aussitôt Tonks.

- Quand on est aussi maladroit, Miss Tonks, on ne met pas les pieds dans un laboratoire, la tança Slughorn.

- Attendez, Professeur, l'arrêta Hermione. Il se pourrait que Tonks ait involontairement trouvé la solution qui nous échappe. Regardez.

La jeune fille désigna une partie du liquide viral qui ne s'était pas déversé dans le chaudron, mais dans un pot où reposait une solution à base d'aconit. Le liquide semblait s'évaporer rapidement, provoquant une fumée rose.

- Ne respirez pas la fumée, s'exclama Remus qui écarta violemment tout le monde avant de jeter un sort de bulle d'air autour de la fumée et de faire voler le tout vers une paillasse.

- Je vais tout de suite analyser cette échantillon, annonça-t-il. Hermione, de ton côté, vois ce qu'il en est pour le pot d'aconit.

La jeune fille s'exécuta avec l'aide Slughorn. Tonks qui ne comprenait que trop qu'ils avaient besoin de calme, se retira sur la pointe des pieds en veillant à ne pas provoquer d'autre accident.

Peu avant le dîner, les trois chercheurs descendirent au salon avec un sourire optimiste.

- Il semble que nous ayons trouvé un remède, déclara Remus. Il n'en est qu'au stade expérimental, mais nous sommes confiants.

- Et tout cela grâce à Miss Tonks, reconnut d mauvaise grâce le Professeur Slughorn.

- Dans toute découverte, il y a toujours un peu de chance, professeur, lui rappela Hermione.

Horace Slughorn acquiesça.

- Voilà une excellente nouvelle ! s'enthousiasma Minerva McGonagall.

- Quand le remède sera-t-il opérationnel ? s'enquit Kingsley Shacklebolt.

- D'ici demain dans le meilleur des cas. Au pire, dans deux jours, répondit Remus. Mais…

- Mais ?... répéta Harry.

- Il va falloir le tester sur un humain avant de pouvoir être sûr. Le virus lycanthropique ne touche que les humains.

- Je vous ai déjà dit que j'étais volontaire, s'irrita Hermione.

- Mais il nous faut l'approbation du Commandement, Hermione, lui rappela calmement Remus.

- Miss Granger est une sorcière adulte. Elle est en droit de prendre cette décision, aussi risquée soit-elle. Mais je n'en attendais pas moins d'une élève de ma maison, répondit le professeur McGonagall pour donner son assentiment.

- Je n'ai aucun droit à m'opposer à la volonté d'Hermione, enchaîna Kingsley. J'espère toutefois que le maximum de précautions sera pris.

- Comme pour chacune de nos expériences, le rassura Slughorn.

- Si Hermione est sûre d'elle et du remède, je ne vois aucune raison de lui refuser le droit d'être son propre cobaye, dit Harry.

Seul Ron semblait opposé au projet de sa petite amie.

- Moi je suis contre, mais de toute façon, tout ce que je pourrais dire ne te fera pas changer d'avis, alors… Sois prudente, dit-il avant de quitter la pièce.

Les trois chercheurs travaillèrent sur le remède à ce virus particulier pendant encore deux jours. Lorsqu'ils eurent la conviction qu'il était au point, Hermione but une Potion Tue-Loup renforcée à l'aconit concentré. Quelques instants après, elle ressentit des vertiges, avant de sombrer dans un profond coma.

Pendant trois jours et trois nuits, Ron veilla à son chevet. La jeune fille semblait reprendre conscience par moments, mais simplement pour prononcer des paroles incohérentes. Slughorn et Lupin vérifiaient et revérifiaient toutes les étapes de la préparation du remède. Mais ils en arrivaient toujours à la même conclusion. Il avait été correctement fabriqué.

Le quatrième jour, Hermione s'éveilla enfin. Remus et le Maître de Potions procédèrent immédiatement à des analyses. Hermione voulut se joindre à eux, mais Ron le lui interdit formellement. Quelques minutes plus tard, Remus et Slughorn revinrent :

- Miss Granger, permettez-moi de vous féliciter pour votre excellent travail… Et votre guérison, lui dit le Maître de Potions.

Ron n'en croyait pas ses oreilles. Hermione était guérie !

- D'ici peu, nous administrerons la potion à vos camarades atteints, ajouta Slughorn.

- Aucun effet secondaire ? s'inquiéta Hermione.

- Il se peut que vous montriez, comme William Weasley quelques séquelles, telles qu'un goût prononcé pour la viande saignante et une sensibilité accrue au magnétisme lunaire, mais rien de grave.

- Laissons-les, Horace, l'enjoignit Remus en entraînant le professeur avec lui. Il me semble que ces deux jeunes gens ont besoin de fêter cette nouvelle à leur façon. Allons plutôt l'annoncer au reste de l'Ordre.

Lorsque Remus referma la porte de la chambre, Ron serrait tendrement Hermione dans ses bras.