Titre : Unlocking Harry Potter. Libérez Harry Potter.
Disclaimer J.K. Rowlings a créé Harry Potter et son univers. L'auteur de cette histoire, Sarini, m'a gentiment autorisée à traduire sa fiction.
Spoilers : Cette histoire se déroule après l'Ordre du Phoenix et inclut des informations des cinq premiers livres. Le Prince de Sang mêlé et les Reliques de la Mort n'étaient pas sortis à l'époque où cette fiction a été écrite. Par conséquent, considérez que ces deux derniers livres n'existent pas quand vous lirez cette histoire.
Rating : M. Ne vous attendez pas à de longs lemons graphiques mais c'est un SLASH et certaines scènes seront plus ou moins citronnées. Si vous n'aimez pas, ne lisez pas.
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Unlocking Harry Potter
Chapitre trente sept
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Bonne lecture !
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Harry cligna des yeux. Ce n'était pas du tout ce à quoi il s'attendait.
Un hibou lui avait amené une lettre dans le dortoir avant que quiconque ne soit réveillé. Charlie lui avait écrit immédiatement après l'attaque sur la réserve de dragons pour le rassurer sur le fait que personne n'avait été blessé, du moins aucun des dresseurs. Harry s'était donc attendu à entendre Dumbledore lui parler du succès de la dernière invention des jumeaux Weasley, et non à ce qu'il lui explique les bases d'un rituel liant un enfant à son parent.
Il relut à nouveau les données du rituel. La douleur lancinante de sa cicatrice à son réveil ce matin avait été suffisante pour qu'il comprenne que la nuit avait été rude. L'idée que Snape accepterait de faire cela… pour lui… Harry ne savait pas comment réagir. Malgré tous les progrès réalisés dans leur relation, c'était toujours très maladroit à l'exception des moments où Harry était dans une douleur intense ou de quelques instants le jour de Noël. Alors, toutes leurs inhibitions s'effaçaient et les autorisaient à agir comme Harry supposait qu'un père et un fils le feraient. Peut-être serait-ce différent s'ils avaient la possibilité de montrer autre chose qu'un extrême dégoût l'un pour l'autre dès qu'ils se trouvaient en public.
Il étudia attentivement du regard Dumbledore puis son père. Il y avait énormément de tension dans la pièce. Autrefois, Harry pensait que Dumbledore savait tout sur tout, mais à présent, il savait que l'impressionnant sorcier en savait seulement suffisamment pour paraître omniscient. Dumbledore n'avait découvert l'intention de Snape de pratiquer ce rituel que la nuit précédente, quand il avait failli être trop tard pour émettre la moindre objection.
« C'est le seul moyen de rompre la connexion, » déclara calmement Harry, c'était bien une affirmation et non une question.
Son père le regarda avec une expression illisible, « Mlle Granger continue toujours ses recherches. »
« Depuis combien de temps cherche-t-elle une solution ? » Demanda Harry à Snape.
Il soupira et leva les yeux comme s'il calculait dans sa tête, « Quatre mois. »
Harry secoua la tête. Ils ne connaissaient pas Hermione. « Alors, c'est tout ce qu'il y a. » Snape et Dumbledore haussèrent tous les deux leurs sourcils et Harry manqua de rire devant la similitude de leurs expressions. Il se demanda à quel point Dumbledore avait été une figure paternelle pour Snape, et en déduisit que cela faisait de lui le grand père honorifique d'Harry. Il eut plaisir à imaginer cette relation.
« Hermione connait cette bibliothèque mieux que Mme Pince à présent. En deux mois, elle peut faire l'inventaire de tous les livres susceptibles d'être en rapport avec ses recherches et les lire. Quand elle t'a donné ceci, » Harry leva le grimoire, « elle avait déjà éliminé toutes les autres possibilités. S'il y avait quoi que ce soit d'autre, elle te l'aurait dit. Elle a seulement voulu reprendre tout ce qu'elle avait déjà lu dans l'espoir de trouver quelque chose qu'elle aurait manqué, et je peux vous garantir qu'elle n'a rien manqué. »
Dumbledore eut l'air déçu, « Quelle est ton opinion sur le rituel, Harry ? »
« Je pense que c'est non seulement notre meilleure option, » Harry frotta sa cicatrice, « mais que c'est notre seule chance. »
Le regard de Snape se troubla et Harry se tortilla sur son siège, « Comment cela ? »
« Ma cicatrice ne me fait pas uniquement mal à cause des émotions qu'elle génère, elle me fait mal par… sa seule présence, » Harry était de plus en plus frustré. N'avaient-ils jamais pensé à cela ? Snape avait l'air surpris. Il ne devait pas le savoir, ou avait peut-être oublié cet aspect du lien. « Je peux à peine voir et bouger, sans parler de réfléchir ou penser, quand il est à proximité de moi. Si nous ne détruisons pas ce lien, je ne serai jamais capable de le tuer. »
« Tu as raison, bien sûr, » répondit pensivement Dumbledore en sirotant lentement son thé. « Le lien que tu partages avec Voldemort interfère avec ton sommeil et tes études. Tes notes baissent, Harry. Il est donc temps d'agir, avant que tu ne tombes trop bas pour pouvoir rattraper ton retard comme tu l'as déjà fait. »
Harry hocha la tête, « Je vais diminuer les antidouleurs. Cela devra presque me tuer avant que le rituel ne puisse fonctionner, n'est-ce pas ? »
L'expression de Dumbledore était grave quand il acquiesça et le visage de Snape était tendu. Aucun d'entre eux ne dit un mot. Harry prit un scone sur le plateau d'argent posé sur le bureau de Dumbledore et essaya d'empêcher les miettes de tomber sur ses genoux, en vain. Snape le remarqua aussitôt et secoua la tête en signe de désapprobation. Harry lui lança un regard comme pour lui dire, 'Eh bien, j'ai pratiquement été élevé dans une étable… en fait, j'ai été élevé dans un placard de rangement'. Snape agita sa baguette et les miettes disparurent.
« Madame Pomfrey peut te mettre sous un charme de surveillance, » déclara Dumbledore. « Tu dormiras dans les quartiers de ton père. Si tu sens quoi que ce soit d'étrange pendant la journée, tu iras immédiatement à l'infirmerie. »
« Le grimoire dit que ça éliminera tous les autres liens pour l'enfant…, » Harry regarda Snape avec une note d'espoir dans les yeux. « Est-ce que ça va… ? »
Harry vit la main droite de Snape tressaillir, comme s'il résistait à l'envie de frotter la Marque sur son avant-bras gauche, « Nous n'en saurons rien avant d'avoir pratiqué le rituel. »
Harry baissa les yeux et mordit sa lèvre inférieure, « Je sais que nous avons besoin de toi… en tant qu'espion… mais si le rituel a cet effet-là… J'en serais ravi. Je ne veux pas te voir sur la couverture du Prophet… comme Karkaroff. »
Une main puissante ébouriffa les cheveux d'Harry et serra gentiment son épaule, « Quel que soit le résultat, je ferai de mon mieux pour éviter cela. » Harry tourna la tête sur le côté et regarda Snape. L'homme grogna et Harry eut l'impression d'avoir entraperçu un sourire, « J'ai évité ce destin pendant plus de vingt ans. Je pense pouvoir réussir à continuer ainsi pendant quelques années supplémentaires. »
Harry sourit. Il commençait à discerner quand Snape était désinvolte ou sarcastique. Il allégeait souvent les dangers auxquels il faisait face, sans doute pour rendre le fait de leur faire face plus facile.
« Donc… maintenant nous voulons que Voldemort soit vraiment furieux, » Harry se trémoussa avec un gloussement et un petit rire s'échappa de la bouche du Directeur. « Savons-nous à quel point il peut sentir ce qui vient de moi ? »
« Notre hypothèse est qu'il n'en est pas affecté, » répondit Dumbledore. « Ton empathie est peut-être la seule raison pour laquelle tu peux identifier ses émotions, et depuis qu'il a ton sang dans ses veines, il peut te toucher sans avoir la moindre douleur. » Ce regard légèrement triomphant était de retour, celui que Dumbledore avait montré pendant un instant quand Harry avait décrit le rituel de renaissance de Voldemort et ses conséquences. « En utilisant ton sang, il a renforcé le lien entre vous d'une certaine manière, mais il a aussi éliminé ce qui aurait pu lui permettre d'en obtenir aisément des informations. Il a mal calculé son affaire. »
Harry et Snape haussèrent tous deux leur sourcil devant cette information. Depuis ce jour-là, Harry s'était demandé ce qui pouvait avoir résulté de bon du rituel de renaissance de Voldemort. La nourriture disparut et Harry supposa que la réunion était terminée.
« Je me demandais si tu pouvais m'aider avec mon essai sur les propriétés des crins de licorne, » demanda Harry à son père.
Snape lui sourit véritablement cette fois. Harry avait découvert que son père aimait beaucoup partager ses connaissances avec lui quand il montrait un certain intérêt, « L'as-tu apporté avec toi ? » Harry souleva son sac à dos et la Cape d'Invisibilité. Snape sourit, « Donne-moi la Cape. L'entrée des quartiers du staff est plus proche. »
Dans les quartiers du Professeur de Potions, Harry fronça les sourcils et essaya de saisir le concept que lui expliquait Snape, « Alors… les crins d'une jeune licorne, avant qu'ils ne blanchissent, ne sont pas aussi puissants parce que les jeunes licornes sont plus confiants. » Il leva les yeux de son parchemin, « Mais je pensais que les jeunes étaient plus purs que les licornes adultes. Cela ne devrait-il pas rendre leurs crins plus puissants ? »
Snape secoua la tête, « Ce n'est pas la pureté de la licorne qui change quand les licornes vieillissent, mais leur connaissance du monde. La pureté des jeunes licornes est une pureté naïve. La pureté des adultes est rendue plus forte parce qu'ils ont été témoins des impuretés du monde autour d'eux. »
Harry hocha lentement la tête. Ça avait du sens, « Ok, je pense que j'ai compris. Est-ce que des crins de licornes, des larmes ou du sang, pourraient avoir des réactions similaires avec le venin de basilic que des larmes de phœnix ? »
« Explique ton raisonnement, » Snape avait l'air suffisant et Harry eut très envie de jurer. Il ne lui donnait jamais de réponses franches et directes pendant ces séances de tutorat.
Harry prit une grande inspiration et essaya d'organiser ses pensées, « Le phœnix et la licorne ont certaines propriétés magiques qui sont similaires. Ils sont tous les deux perçus comme des créatures de la Lumière. Ils fournissent tous les deux des ingrédients pour des potions de guérison… et n'ont pas besoin d'être tués pour fournir ces ingrédients. Les larmes, crins, plumes, sang, ou quoi que ce soit doivent être donnés volontairement. » Harry frissonna quand une image traversa son esprit, La Chair du Serviteur, donnée volontairement.
« Harry ? » L'invita doucement Snape à poursuivre, le sortant de cette spirale infernale.
Les yeux d'Harry revinrent sur ce qu'il regardait et il les leva vers le visage préoccupé de son père, « J'étais juste en train de penser… Wormtail. »
Snape hocha la tête, « Tu tiens peut-être quelque chose. Dans la plupart des cas, les crins ou poils de licornes sont utilisés en potions. Il est pratiquement impossible d'obtenir des larmes et du sang, d'ailleurs je ne peux pas me rappeler d'emblée d'une potion qui les utilise. Les crins ne pourraient lier aucun élément de basilic de la manière dont les larmes de phœnix le font. »
« Pourquoi sont-ils si difficiles à obtenir ? » Demanda Harry. « Il y a au moins un troupeau de licornes dans la Forêt Interdite. »
Snape lui lança un regard dur, « Combien de fois au juste es-tu allé dans cette Forêt ? »
Harry rit, « Une fois en Première Année… en retenue avec Hagrid, une fois en Seconde Année avec Ron quand nous avons fait la connaissance d'Aragog l'acromantula. » Harry leva les yeux, tentant de ne pas regarder le visage de son père, mais son amusement teinté néanmoins d'une pointe de chagrin fut facile à ressentir. « En Troisième Année, je suis resté à la limite de la Forêt cette nuit de pleine lune. Hagrid m'a montré les dragons avant la première tâche et Victor et moi étions encore à la limite de la Forêt quand Crouch s'est montré. » Snape renifla.
« C'est l'année dernière que j'y suis le plus allé, cependant. Nous avons eu un cours dans la Forêt là où les Sombrals sont nourris Hagrid nous a présenté son 'petit' frère, » Harry leva les yeux au ciel, « pendant un des matches de Quidditch et Hermione et moi y avons amené Umbridge dans l'espoir d'obtenir de l'aide. Je n'y suis pas allée une seule fois cette année, donc ça fait… huit fois. »
Harry se risqua enfin à regarder son père. Snape secouait la tête et… riait ?
« Je pense que James approuverait, » déclara Snape avec ce qu'Harry savait être un profond amusement. « J'apprécie néanmoins ta restriction cette année. La Forêt est moins sûre que jamais. » Harry hocha la tête et Snape le regarda comme s'il n'était pas certain de continuer. « Les crins de licornes peuvent être obtenus de manière volontaire assez aisément. Les sorcières sont celles qui ont le plus de chances, parce qu'elles sont mieux tolérées. La pureté du sorcier ou de la sorcière est importante, cependant, quand on essaie d'obtenir du sang et des larmes. » Harry se sentit rougir. Ils s'aventuraient dans un territoire fragile. « Comme les licornes ont tendance à vivre dans des endroits tels que la Forêt Interdite, demander à un enfant d'aller chercher ces ingrédients est dangereux… et il a très peu de sorciers ou sorcières adultes qui soient encore vierges… ou qui soient prêts à admettre ce fait. »
« Ah, » répondit Harry. « Je vois. »
« Oui, » dit Snape succinctement. « Inclus tes théories dans ton essai. Les idées originales sont bien plus intéressantes à lire que des faits régurgités. N'hésite pas à partager cette pensée avec Mlle Granger pour son prochain essai. »
Le père d'Harry se leva et alla chercher quelques livres, mettant efficacement fin à cette conversation, au grand soulagement des deux sorciers. Harry se sentait un petit peu coupable de relâcher ses barrières d'empathie quand il était près de Snape et de le lire quasiment en continu, mais s'il ne le faisait pas il ne saurait jamais ce que son père pensait réellement. Ils travaillèrent encore silencieusement pendant quelques heures et Harry écrivit deux autres ébauches de son essai, terminant finalement avec un écrit qu'il pensait pouvoir lui obtenir un 'A' ou peut-être même un 'E' s'il avait de la chance.
Il commença à emballer ses affaires afin d'aller manger dans la Grande Salle, avant de sortir sur le terrain pour le premier entrainement de Quidditch du trimestre. Il faisait encore froid dehors, et le vent de ce début de Février était mordant, mais Ron voulait prendre un bon départ.
« Attends un instant, » Harry se retourna et vit Snape lever les yeux de son livre avec une expression calculatrice. « Peux-tu déjà choisir de lire une personne au milieu d'une foule ? »
Harry hocha la tête mais rajouta tout de même, « Les grandes foules peuvent être difficiles. La Grande Salle est hors limite, bien trop de monde. Pourquoi ? »
« Je voudrais que tu gardes un œil sur Draco Malfoy, » déclara Snape fermement. « As-tu perçu un changement dans son comportement ? »
Harry y réfléchit un instant. Il y avait eu un léger changement depuis qu'il avait rembarré Malfoy dans ce cours de Potions au début de l'année. Les insultes et piques échangées avaient continué, mais ne franchissaient pas une certaine ligne qui avait été dessinée. Dernièrement cependant…
« Il est plus calme, » déclara Harry, réfléchissant toujours attentivement, pas vraiment concentré sur quoi que ce soit dans la pièce. « Il continue de nous insulter à chaque fois qu'il nous aperçoit, mais il n'a plus autant de messes basses avec les autres Serpentard qu'avant. » Il leva les yeux vers son père et vit qu'il hochait la tête, « Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? »
« Très probablement, » répondit Snape. « Je savais à son âge que je n'avais aucun autre choix que celui de prendre la Marque des Ténèbres et que je n'en voulais pas. Il y a plusieurs étudiants dans cette école qui sont probablement dans la même situation. »
« Tu crois qu'il ne veut pas suivre les traces de son père ? » Demanda Harry, un peu incrédule. Il n'avait jamais entendu autre chose que des louanges sur le Seigneur des Ténèbres de la part de Malfoy pendant des années.
« C'est une possibilité. » Comme s'il savait ce qu'Harry pensait, Snape poursuivit, « Aux yeux et aux oreilles de tous sauf James et Lily, j'étais le candidat parfait pour la Marque des Ténèbres. Ton parrain était convaincu que je ne pouvais être que noir. »
Harry sourit, « C'est un peu un oxymore, non ? » Snape lui sourit en réponse. « Je vais voir ce que je peux faire. Je n'ai plus que quelques classes avec lui à présent. Je suppose que je te verrai ce soir. »
Snape hocha la tête, « Tes camarades de dortoir ? »
« Neville, Dean et Seamus doivent suspecter quelque chose, maintenant, » Harry rongea sa lèvre inférieure. « Je leur fais confiance… Vraiment. Il y a beaucoup de choses pour lesquelles ils auraient pu me causer des ennuis. Le reste de la Tour ne sait rien au sujet de ma cicatrice et Seamus est une pipelette sans espoir. »
« Tu envisages de le leur dire ? » Snape eut l'air intrigué, mais également méfiant.
Harry se sentit déchiré, « Si tu ne devais plus être un espion pour l'Ordre… est-ce que cela serait encore un secret ? »
Il y eut un silence douloureux. Harry examina ses pieds, n'osant pas relever la tête de peur de voir ses espoirs s'envoler. Tout ce qu'il avait jamais voulu était que quelque chose soit normal dans sa vie… et rien n'était plus éloigné du normal que sa vie ne l'était. Il lui vint soudainement à l'esprit qu'il avait vraiment été élevé par les Dursley. Il voulait exactement la même chose qu'eux, être normal, seulement leur définition du terme était différente.
« Si je le pouvais, Harry, » déclara doucement Snape juste à quelques pas de lui. Comment arrivait-il à se déplacer aussi silencieusement ? « Je l'annoncerais fièrement à tout le monde sur la première page du Prophet. »
« Vraiment ? » Harry leva les yeux pour les plonger dans ceux de son père et remarqua qu'ils étaient légèrement humides. Les émotions qui s'écoulaient de lui… tristesse et envie. Fièrement, pensa Harry, et sa fréquence cardiaque augmenta légèrement, Il est fier de moi !
« Vraiment, » répondit Snape. La tristesse et l'envie s'effacèrent et Harry sentit l'amusement envahir à nouveau son père. « Nous allons devoir travailler sur ton côté Serpentard. Ton esprit et tes émotions sont peut-être bien protégés mais ton visage montre tout ce que tu penses et ressens. » Harry essaya d'imiter l'apparence impassible que Snape semblait toujours avoir, mais ne réussit qu'à faire rire le Maitre des Potions. « Va manger. Nous travaillerons là-dessus une autre fois. »
L'entrainement de Quidditch fut brutal et glacial. Ron et Ginny firent enchainer les exercices à l'équipe jusqu'à ce que leurs mains s'engourdissent de froid. Harry ne pouvait se souvenir que de deux occasions où il s'était senti ainsi, la fois où il avait volé jusqu'au quartier général avant sa Cinquième Année et ce match pluvieux en Troisième Année avec les Détraqueurs. Ils restèrent en l'air tout l'après-midi et chacun d'entre eux se précipita vers les douches quand ils atterrirent enfin et furent autorisés à partir.
« Ginny, Ron ! » Les appela Harry après qu'ils aient tous rangé leurs balais. Il pencha la tête pour indiquer qu'il voulait leur parler en aparté du reste de l'équipe. Les trois amis restèrent en retrait et marchèrent ensemble vers le château. Une fine brume commençait à tomber. « Que dites-vous d'un diner dans les cuisines ce soir ? »
Ron haussa juste les épaules et Ginny lui lança un regard interrogatif, « Une raison particulière ? »
« Je voudrais vous parler à Hermione et vous deux à propos de certaines choses, » dit Harry, prenant soin de rester vague.
« Je vais chercher 'Mione, » Ron changea de direction pour aller à la bibliothèque plutôt qu'aux douches. « Rendez-vous là-bas dans, » il regarda sa montre, « disons une heure ? »
Harry et Ginny hochèrent la tête et continuèrent leur chemin vers la Tour, « As-tu reçu des nouvelles de Charlie dernièrement ? » Lui demanda Ginny.
Harry tourna les yeux vers elle, se rappelant qu'elle était celle des Weasley qui avait toujours su ce qui se passait avant tout le monde, « Pas grand-chose. Avec l'augmentation des attaques menées sur les colonies, il est bien assez occupé. Y avait-il quelque chose d'intéressant dans le Prophet ce matin ? »
Ginny secoua la tête, « Rien de neuf. Tu es toujours le Sauveur, Fudge exhorte chacun à soutenir le Ministère, et des Moldus disparaissent. »
Harry ferma les yeux et baissa ses barrières afin de s'assurer qu'ils étaient bien seuls. Il s'avança un peu vers elle et murmura, « J'ai reçu une petite note ce matin de lui et des jumeaux. Ils ont attaqué la Roumanie hier soir. Ça a été un échec complet. Tout le monde va bien et les trucs Patronus ont parfaitement bien fonctionné. Tous les trois y étaient. Charlie m'a demandé de vous transmettre le message, à Ron et toi. »
« Est-ce ce que tu voulais nous… ? » Demanda Ginny, les yeux un peu écarquillés. Trois de ses frères avaient participé à une bataille pendant qu'elle dormait paisiblement dans son dortoir.
« Ce n'est qu'une partie de ce que j'ai à vous dire, » soupira Harry. « Certaines choses se… compliquent. Je vous en parlerai à tous les trois en même temps. »
La douche lui fit un bien fou, l'eau chaude chassa le froid qui semblait avoir envahi son corps jusqu'à la moelle de ses os. Si Harry n'avait pas eu d'endroit où se rendre, il serait bien resté sous l'eau chaude pendant des heures, jusqu'à se transformer en un pruneau géant. Après s'être habillé, il prit le chemin des cuisines tout seul, pensant que Ron et Ginny utiliseraient tous les deux leur salle de bain de Préfets respective.
« Alors qu'est-ce que vous en pensez ? » Demanda Harry avec prudence.
Ron haussa les épaules, une réponse habituelle de sa part. Il n'offrait que rarement un avis avant les autres à moins que le sujet ne le passionne réellement. Ginny et Hermione échangèrent un regard. Ce fut Ginny qui prit la parole, « Tu connais Seamus et Dean mieux que moi. Neville va sans doute paniquer un peu, mais je ne pense pas que cela lui pose de problème. »
Hermione hocha la tête, « Ils ont déjà vu que Snape se soucie de toi. S'ils ne savaient rien au sujet de Charlie et toi, ils pourraient suspecter… mais cela pourrait même le rendre plus probable… »
« Hermione ! » Harry et Ron s'exclamèrent comme un seul homme. Harry pouvait sentir le dégoût qu'il ressentait trouver écho chez Ron. Ginny était pliée en deux de rire. Harry fronça le nez, « C'est… c'est juste… beurk, dégoutant ! » Ron hocha la tête avec ferveur pour montrer son accord sur cet état de fait.
Hermione sourit et embrassa chastement Ron sur la joue, « James ne partageait certainement pas votre avis. »
« Ça suffit, » déclara Harry fermement, « je vais tout leur dire ce soir. Berk ! Hermione ! Je pense que j'ai besoin d'un bon Oubliette maintenant. »
Harry se prit la tête dans les mains pendant que les autres, Ron y compris, riaient à ses dépens.
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Note de traduction : Apparemment, vous aimeriez bien que Draco soit au minimum neutre, voire franchement du côté de la Lumière… Moi aussi... On verra bien si nos souhaits se réalisent…
J'aime beaucoup ce moment entre père et fils autour du devoir d'Harry. Et je ne sais pas si c'est votre cas, mais j'attends avec impatience ce rituel.
Je vous souhaite une excellente semaine et vous dis à bientôt !
