Hello !

Voici un nouveau chapitre où Mayline va découvrir la vie de Bard ^^

Merci à tous ceux qui me suivent et un grand merci à ScottishBloodyMary pour sa précieuse aide

Bonne lecture

08/05/2015

Chapitre 38 : Bard

J'étais installée dans la barque avec les autres et observais les alentours, bercée par les clapotis du lac qui s'étendait sous le ciel sombre. La brume s'était installée, s'accrochant à la surface des eaux calmes telles de longs filaments moirés. Elle était si épaisse que je n'y voyais rien.

« Attention ! » Cria Bofur en voyant un gros rocher provenant de ruines.

« Que cherchez-vous à faire ? Nous noyer ? » Demanda Thorïn qui se méfiait du batelier.

« Je suis né et j'ai grandi sur ces eaux, Maître nain, si je voulais vous noyer, je ne le ferais pas ici », répondit l'homme.

« Il m'énerve cet homme du lac, il est arrogant, on pourrait s'en débarrasser en le jetant par-dessus bord », marmonna Dwalin.

« Parce-que toi tu n'es pas arrogant peut être ? » Me moquai-je.

« Bard ! Il s'appelle Bard », fit Bilbon d'un ton excédé.

« Bah... Comment le savez-vous ? » Demanda Bofur.

« Mayline et moi le lui avons demandé », répondit Bilbon.

Je vis Kili me regarder puis lancer un regard noir à Bard, ce qui me fit largement sourire. Il était jaloux ? Eh bien, j'allais le laisser imaginer des choses pendant un petit moment. J'émis un petit rire en goûtant à la saveur de ma douce vengeance pour le coup de Tauriel.

« Peu importe comment il s'appelle, je ne l'aime pas », marmonna Dwalin.

« On n'est pas obligés de l'aimer, seulement de le payer. Allez les gars, retournez vos poches », ordonna Balin.

« Je n'ai rien moi, c'est Gandalf qui s'occupait de moi financièrement », le prévins-je.

« Ce n'est pas grave », répondit Balin avec un sourire compatissant.

« Qui nous dit qu'il ne va pas nous trahir ? » Demanda Dwalin.

« Personne », souffla Thorïn.

Mon regard se porta sur Bard. Il avait l'air honnête, et étrangement, je lui faisais confiance même si je ne le connaissais que depuis peu.

« Il y a un petit problème, il nous manque dix pièces », expliqua Balin.

« Gloin, allez ! Donne ce que tu as ! » Ordonna Thorïn.

« Hein ? Pourquoi moi ? Je suis sur la paille à cause de cette aventure ! Que… »


Mais plus personne ne l'écoutait, car au loin se dressait la Montagne Solitaire. Gloin accepta finalement de payer et donna sa bourse à Balin.

« C'est merveilleux », soufflai-je.

« Oui, là-bas se trouve notre royaume », murmura Thorïn, visiblement ému.

« Vous allez bientôt renter chez vous », fis-je avec un grand sourire.

« Oui, chez nous », répéta-t-il en posant une main sur mon épaule et en me regardant dans les yeux.

Je compris alors qu'il parlait de moi aussi. Thorïn m'acceptait pleinement parmi les siens. L'émotion était tellement forte que je me mis à pleurer toutes les larmes de mon corps. Thorïn me souriait tout en me caressant la tête affectueusement, tandis que les nains riaient, la joie revenue dans la compagnie.

« L'argent, vite ! Donnez-le-moi ! » Fit tout à coup Bard.

« Nous vous paierons quand nous aurons nos provisions, pas avant ! » Décréta Thorïn.

« Si vous tenez à votre liberté, faites ce que je vous dis. Il y a des gardes », expliqua Bard.

A ma grande surprise, tous les nains et Bilbon se cachèrent dans les tonneaux. Comme j'étais humaine et qu'il manquait un tonneau, j'éveillais moins les soupçons. Je demeurai donc aux cotés de Bard. Le batelier passa un marché avec un homme, et les pêcheurs se mirent à remplir les tonneaux de poissons, tandis que je m'efforçais de ne pas rire en imaginant la tête de Thorïn face à cet affront. Nous repartîmes en direction de la ville alors que les nains se plaignaient dans leurs tonneaux emplis de poissons visqueux à souhait.

« Halte ! Contrôle de marchandise ! Documents s'il-vous-plaît ! Oh ! C'est toi, Bard ! » Fit le douanier, son ton s'adoucissant soudainement.

« Bonjour, Percy », répondit Bard.

« Quelque chose à déclarer ? » Demanda Percy.

« Rien, sinon que nous sommes gelés », fatigués et pressés de rentrer, répondit Bard.

« Qui est cette adorable jeune fille ? » Demanda Percy en souriant.

« Mayline ! » Lui répondis-je en lui rendant son sourire.

« Qu'elle est mignonne, cette enfant. Voilà ! Tout est en ordre », fit Percy en tendant un certificat.

« Oh non, voyons... » Le coupa un homme très laid en prenant le document.

Il était petit, le dos plus voûté que celui d'une vieille sorcière rabougrie. Ses cheveux bruns et ternes encadraient son visage en maigres mèches filasses et grasses. Un sourcil unique planait au-dessus de ses petits yeux perfides et vifs. Je ne pus réprimer une grimace de dégoût en le voyant.

« Chargement de tonneaux vides, provenant du royaume des forêts. Seulement, ils ne sont pas vides, n'est-ce pas Bard ? Si je me souviens bien, tu es enregistré en tant que batelier, pas en tant que pécheur », débita le répugnant bonhomme en saisissant un poisson d'une main sale, laissant à découvert l'œil de Bombur.

L'homme ordonna de vider les tonneaux et les gardes s'exécutèrent.

« Non ! Arrêtez ! Il y a des gens qui meurent de faim ! » Criai-je.

« Qui est-vous ? » Me demanda l'insecte sournois, me détaillant de haut en bas avec un regard plutôt douteux, ce qui me mit mal à l'aise.

« Mayline, une cousine éloignée de ma défunte femme. Mais revenons aux poissons, Alfrid », fit Bard. « Que pensez-vous que fera la population en apprenant que vous et le Maître jetez des poissons dans le lac ? »

Le dénommé Alfrid ordonna d'arrêter avant de s'avancer vers moi.

« Mademoiselle Mayline, vous devez vous rendre au bureau du Maitre afin de déclarer votre visite. Je serai ravi de vous y conduire, belle demoiselle » dit-il avant d'exécuter un baise-main dont le bruit de succion menaça de faire remonter mon estomac dans ma gorge.

Je sentis tous les poils de mon corps se dresser à son contact, et avec un effort surhumain, je réussis à ne pas retirer ma main et à lui sourire.

« Désolé Alfrid, mais Mayline est épuisée à cause de son voyage. Je la ramène chez moi pour l'instant, je l'emmènerai voir le Maître plus tard », fit Bard en me prenant par les épaules, collant mon dos contre sa poitrine pour m'éloigner d'Alfrid.

« Très bien, j'espère avoir vite le plaisir de vous revoir, Mayline » répondit-il avec un regard lubrique et parfaitement répugnant.

Alfrid et ses gardes repartirent tandis que je fixais ma main, celle qu'il avait touchée de ses lèvres, d'un air dégoûté.

« Tout va bien, Mayline ? » Vous êtes toute blanche, fit Bard.

« Tout compte fait, j'aurais préféré être dans un tonneaux rempli de poissons », lui répondis-je en esquissant une grimace de dégoût tout en lui montrant ma main.

Bard éclata de rire alors que j'essuyais ma main sur ma veste tout en me plaignant allègrement. Une fois descendue de la barque, j'aidai les nains à sortir tandis que Bard achetait le silence d'un témoin.

« Vite ! Venez ! » Fit Bard.

Nous traversâmes la ville sans nous faire repérer, ou presque, car il est vrai que treize nains et un hobbit ne passent pas inaperçu.

« Papa ! La maison ! Des gardes la surveillent », fit un jeune garçon en courant vers Bard.

« Mayline, vous allez venir avec moi, vous autres, suivez mon fils. Il ne faut pas qu'on vous voie entrer chez moi. »

Je suivis Bars jusqu'à son logis, je me demandai comment les gens pouvaient vivre dans un tel seuil de pauvreté. J'avais du mal à soutenir leurs regards. Nous arrivâmes enfin chez lui et je vis deux jeunes filles accueillir leur père.

« Père, où étais-tu ? » Demanda la cadette.

« C'est bon, fais les entrer ! » Ordonna Bard à son fils.

« Que se passe-t-il ? » Demanda l'aînée.

« Votre père nous aide à nous cacher, mes amis et moi », lui expliquai-je rapidement avant de suivre le fils de Bard.

J'eus un fou rire incontrôlable en voyant Dwalin sortir des toilettes.

« Je vais te tuer Mayline, si tu n'arrêtes pas de rire comme une bécasse des plaines ! » S'énerva Dwalin.

Je remontai l'escalier en riant afin de mettre de la distance entre ce nain à l'aura meurtrière et moi. Bard offrit des vêtements aux nains avant de partir chercher les armes tant demandées. Je séchai les cheveux de Kili avec une serviette que m'avais apportée l'adorable cadette, lorsque Bard revint et étala les armes sur la table.

« Nous avons payé pour des armes ! » S'exclama Gloin en reposant l'arme de pacotille sur la table. Il jeta un regard mauvais sur les harpons et autres pics de pêcheur répandus sur le bois.

« Les armes sont à l'armurerie », déclara Bard.

« Bien, allons-nous en ! » Fit Thorïn.

« Vous n'irez nulle part », lança Bard.

« Qu'avez-vous dit ? » S'énerva Dwalin, le sommet de son crâne chauve virant dangereusement au rouge griotte.

« Des gardes surveillent la maison, vous partirez durant la nuit », expliqua Bard avec calme.

« D'accord, nous attendrons, je vous remercie pour l'aide que vous nous avez apportée », fis-je en souriant.

Bard me rendit mon sourire avant de quitter la maison. Je vis Kili s'asseoir avec difficulté et décidai de le rejoindre sur un large banc recouvert de couvertures.

« Tu ne vas pas bien », fis-je en m'asseyant à ses côtés.

« Ce n'est rien, je t'assure », me répondit-il, les dents serrées.

« Tu mens très mal », lui fis-je remarquer.

Il m'adressa un sourire penaud, j'effleurai sa joue tout en le regardant dans les yeux.

« Tu devrais te reposer, je vais en faire de même pour pouvoir te soigner plus tard », lançai-je en me levant.

« Tu veux bien dormir à mes côtés ? » Me demanda Kili, me retenant par le poignet.

Je m'allongeai à ses côtés avec précaution pour ne pas le bousculer.

« Je ne suis pas en cristal », dit-il avec un petit sourire insolent.

« Tu es sûr que je ne vais pas te faire mal ? » Lui demandai-je.

« Je suis sûr que si », me répondit-il d'un ton taquin. « Mais je m'en fiche, viens là ! »

Je posai ma tête sur son épaule tandis qu'il passait un bras autour des miennes et me serrait contre lui. Je l'enlaçai avec précaution alors qu'il fermait les yeux. Son visage pâle et crispé devint serein et sa respiration s'alourdit. Il s'endormit rapidement et je ne tardai pas à en faire de même.