Dean se réveilla… encore. Aucun bruit. Aucun son perturbateur. Rien qui puisse expliquer son réveil. Il n'était pas si tard… Dehors, il pouvait encore apercevoir la silhouette blanche et lumineuse de l'astre lunaire. Il n'était pas si tard et pourtant il s'était réveillé. Il venait de se réveiller alors qu'il ne s'était jamais senti aussi fatigué. Il se passa une main lasse sur le visage pendant que l'autre glissait sous l'oreiller pour se saisir de la seule chose en laquelle il ait confiance ces derniers temps : son couteau fétiche. Avec la gracilité et l'agilité d'un félin, il sortit la lame de sa cachette, prêt à sauver sa peau et celle de son petit frère. Un rapide coup d'œil alentour lui indiqua l'absence de son frère et, pire encore, l'absence d'un second lit. Il était tout seul et cette sensation lui parut étrangement familière. Le temps de remettre ses idées en place et tout lui revint en mémoire. Ses retrouvailles avec Sammy. Les révélations douloureuses qu'il lui avait faites. Sa décision de faire chambre à part…

"Deux chambres s'il vous plaît !"

Cette décision, il l'avait prise sur un coup de tête. Quand Sam lui avait dit pour Ruby, son sang n'avait fait qu'un tour et il n'avait pas réfléchi. Aux conséquences surtout. Car il savait. Oh oui, il savait… Il savait que faire chambre à part toucherait son petit frère – ce qu'il avait toujours été sentimental ! De mémoire de Winchester, c'était la première fois qu'ils se retrouvaient à deux séparés alors qu'ils n'avaient jamais été aussi proches physiquement. Une sorte de bouderie enfantine. Un 'je t'aime mais faut pas abuser !'. Une attitude pour le moins gamine et on ne peut plus stupide. Il le comprenait aujourd'hui. Oui mais voilà, hier encore cela lui paraissait être une bonne idée. Faire souffrir Sammy. Lui infliger le même châtiment qu'il lui avait fait subir. En lui jetant des horreurs à la figure.

"TU N'ES PLUS MON FRERE !"

En coupant le contact.

"Si tu passes cette porte, c'est même pas la peine de revenir !"

"Bien."

"Bien."

BLAM !

Et cette porte qui claquait encore et toujours dans sa tête lui rappelait qu'il avait déjà perdu son frère une fois et qu'il était peut-être sur le point de le perdre une seconde. Et cette fois-ci, il ne pourrait pas reporter la faute sur son père – dans la justice des vivants, les morts sont toujours innocents. Il serait seul coupable. Il se sentait déjà coupable de toute façon. Ce qui l'inquiétait plus, c'était que son frère le soit aussi. Sam… Sammy avait toujours été une mine d'excuses et de culpabilité et lui, le grand frère, s'était toujours arrangé pour lui faire comprendre que tout n'était pas de sa faute. La mort de leur mère. Sa vie de chasseur. La mort de Jess. Tous les maux de la terre. Rien de tout ça n'était sa faute. Le destin avait simplement pris des détours curieux et douloureux. Oui, Dean avait toujours été là pour son petit frère. A le consoler. A le protéger. A le sauver. Jusqu'ici du moins. Aujourd'hui, son ego avait parlé pour lui et avait laissé le précieux Sammy de côté – il avait largement foiré la mission que lui avait confié son père. Et maintenant, qu'allait-il advenir d'eux deux et surtout de Sammy ?

Une petite voix dans sa tête lui soufflait qu'il connaissait déjà la réponse, mais Dean ne voulait tout simplement pas y croire. Trop dur à imaginer. Insupportable. Inconcevable. Et pourtant… Tout dans cette lettre, lettre qui ne se trouvait pas dans son champ de vision mais dont les mots résonnaient encore dans sa tête, lui paraissait si réaliste… si crédible…

'Hey Dean !'

C'était juste si peu Sammy. Prendre la fuite, oui – comme quand il avait fugué à 10 ans après une énième dispute avec leur père –, mais jamais il ne serait allé jusqu'à de telles extrémités.

'Hey Dean !

Comme on ne se parle plus, je pense qu'une lettre s'impose… Je voulais me rattraper. Je voulais que tout redevienne comme avant. Avant que… J'ai tout foiré, désolé. Mais ce matin, j'ai enfin compris pourquoi. C'est moi ! C'est moi le problème. Qui d'autre ? C'est moi qui t'ai mis au pied du mur. C'est moi qui t'ai mis à l'écart de ma vie alors que tu avais donné la tienne pour moi. C'est injuste et je le reconnais aujourd'hui. Alors je vais réparer cette erreur. Je connais les clauses, alors je vais te rendre ta liberté. Adieu Dean.

Je t'aime, Sammy !'

En même temps, il ne l'avait jamais autant poussé dans ses retranchements. Il l'avait poussé à bout, sans penser aux conséquences (létales). Tout ce qu'il voulait, c'était que Sam comprenne, qu'il ressente sa douleur. Ça avait tellement bien marché que… C'était un cauchemar… Il ne pouvait pas… Non, il ne pouvait pas. Il se souvenait de ce moment mais il se rappelait s'être réveillé après… comme "hier" après avoir appris de la bouche du sheriff la mort de son frère… Non pas de sa main mais de celle d'un illustre inconnu. Le résultat restait invariablement le même. Sam était mort. Seul. Encore. Comme la première fois, cette première fois qu'il s'était juré ne plus jamais revivre. Il se laissa retomber sur le lit et prit sa tête entre les mains. Qu'est-ce qu'il avait fait ? Mais qu'est-ce qu'il avait fait ? Comment avait-il pu… ? C'était son frère, merde ! Son amour. Sa vie. Sa raison de vivre. Serait-il devenu à ce point suicidaire ? Sammy…

Il y eut un léger déclic et d'un coup, "As Tears Go By" des Rolling Stones inonda la pièce de ses douces notes.

"It is the evening of the day…" Génial. J'avais vraiment besoin de ce genre de musique pour me remonter le moral !

La remarque intérieure du jeune homme n'eut guère d'effet sur le radio réveil qui, contre toute attente, haussa le volume.

"Smiling faces I can see

But not for me

I sit and watch as tears go by."

Non mais c'était vrai à la fin. C'était quoi l'idée ? Qu'il se tire une balle ?

"All I hear is the sound

Of rain falling on the ground

I sit and watch

As tears go by…" Je suis qui si je ne suis plus rien ? A quoi rime ma vie s'il n'y a plus personne avec qui la partager ?

"Sammy…"

"I sit and watch

As tears go by…"

"Oh toi ça va!"

D'un geste vif, il envoya valdinguer le malheureux appareil qui, loin de se démonter devant l'humain, usa de ses dernières forces pour effectuer courageusement sa mission.

"I sit and watch

As tears go by…"

"La ferme !" Putain, rien ne va plus. Faites vos jeux. Je parle à un radio réveil.

Il passa une main nerveuse dans ses cheveux. C'était pas possible, il devenait dingue. A trop rêver, il perdait le peu de raison qui lui restait encore. Et pourtant il n'était pas homme à rêver. Et encore moins à cauchemarder. Il laissait ce soin à son petit frère. Sammy… Il se sentait perdu. Ironique hein ? Il s'était mis dans cette position de lui-même, mais aujourd'hui rien n'était plus aussi évident. Surtout qu'il ne savait comment analyser l'absence de Sam. Irréversible ? Simple effet d'une décision antérieure ? Quelle que soit la raison, le fautif restait encore et toujours le même. Lui. Sammy avait eu tort dans cette lettre – fut-elle réelle ou le simple fruit de son imagination. Le problème c'était bel et bien lui. Incapable de vivre seul, il avait ressuscité son frère pour lui faire porter un fardeau bien plus grand. Celui de la culpabilité. Celui de la honte. Celui de la déception. L'injustice n'était pas de vivre à ses dépens, mais de faire souffrir la personne qu'on aime par-dessus tout après lui avoir promis le contraire… Lui aussi connaissait les clauses du contrat… de son contrat. Trop bien même. Il savait les risques encourus si jamais il cherchait à le rompre. Ce qu'il ignorait par contre c'était si faire un énième sacrifice engendrerait les mêmes conséquences… Et il était dans un tel état d'esprit qu'à coup sûr il tenterait bien le diable. Après tout, n'était-il pas invité à sa table incessamment sous peu ? Il était question de quoi ? De semaines ? De jours ? Ça n'avait plus d'importance. Ni pour lui. Ni pour son frère. Ni pour qui que ce soit d'autre. C'était bien plus facile de s'en convaincre quand on était aussi déterminé que lui.

Il resta là, les yeux dans le vague, sans rien de fixer de précis. Peut-être se laissait-il du temps. Peut-être se laissait-il du courage. Peut-être même espérait-il un miracle. Toujours est-il que cinq bonnes minutes s'écoulèrent avant qu'il ne daigne se lever. Et il fallut encore une autre minute pour qu'il mette un pied devant l'autre. Il s'avança de quelques pas, s'accroupit puis farfouilla machinalement dans son sac à la recherche du précieux sésame. Une arme. Son arme. Il resta là à l'admirer quelques instants, laissant glisser sa main sur les formes parfaites du canon. Un frisson le parcourut alors que son doigt effleurait la détente. Et, grisé par cette sensation envoûtante, il se sentit l'âme d'un valeureux guerrier et trouva le courage de porter l'arme à sa tempe.

"Je suis désolé, Sammy… Si désolé…" De t'avoir imposé tout ça. De t'avoir avoué mon amour. De t'avoir entraîné vers le fond avec moi. Pour tout…

Il enleva le cran de sûreté, les larmes aux yeux, et s'apprêtait à tirer quand soudain…

Crois… Solution…?

"C'est la seule et la meilleure. Je l'ai bien assez fait souffrir comme ça. Il sera bien mieux sans moi."

Sûr… Joie… Frère… Tirer… Balle…

"Ça sera juste un mauvais moment à passer, mais il s'en remettra. Il comprendra."

Evidemment…

"C'est mieux pour lui"

Assurément. Mieux… frère… une heure… frère… trois mois…

"De toute façon on ne se parle plus. Qu'est-ce que ça change ? Il est peut-être déjà mort que je ne le sais même pas."

Possible… Mais… quelqu'un… aimer… frère…

"Vous n'avez pas le droit ! Qui vous êtes d'abord pour me juger ?"

Conscience…

"Conscience… Conscience… Conscience de mes fesses, oui ! Qui êtes-vous ?"

"Qu'importe qui je suis. Mon nom ne t'apporterait rien."

"J'aime savoir à qui je parle !" (en braquant son arme sur l'air)

"Je ne devrais même pas te parler…"

"Alors pourquoi le faire ?"

"Car tu es quelqu'un d'important, Dean Winchester…"

"Ah ouais ?! Si c'est vraiment le cas, pourquoi vous ne vous montrez pas ? Vous avez un visage à faire peur ? Vous pensez que je vais vous chasser ? Peur de me faire mal ? "

Il y eut un silence

"L'Autre m'en empêche…"

"L'Autre ? Qui ça l'autre ?"

"Son nom s'est perdu à travers les âges mais…"

"As tears go by…"

"Mais quoi ? "

"Il est resté le même…"

"I sit and watch…"

"Hein ?"

"As tears go by…"

"Oh toi, la ferme !"

"As tears go by…"

"J'ai dit la ferme !"

Sur ce, il vida son chargeur sur le fameux radio réveil qui gisait déjà négligemment sur le sol.

"Intelligent…"

"Quoi ?!"

"Il va pas aimer…"

"Et qu'est-ce que ça peut me foutre? Il l'a cherché non ?"

Silence.

"Non ?"

Il crut entendre un soupir.

"Il est joueur…"

"C'est tout ce qu'il vous inspire et je devrais m'inquiéter ?"

"Les illusions sont le miroir de l'esprit…"

"Hé le maître zen, arrête un peu avec les métaphores. Ça m'aide pas là."

"C'est son terrain de jeu…"

"Vous rigolez !"

"C'est bien toi qui voulais en finir il y a encore quelques minutes…"

"J'ai perdu Sam !"

"En es-tu sûr ?"

"Il est mort. Et même si ce n'est pas vrai, je l'ai perdu quand même. Pour tout ce que je lui ai fait subir. Pour tout ce qu'il endure par ma faute. On s'est retrouvé il y a peu mais… Plus j'y pense… C'est comme si nous étions devenus des étrangers. Je l'ai perdu. J'ai perdu Sammy. Il y a longtemps. Il n'a pas besoin de moi pour vivre sa vie et…"

"Et toi non plus ? Tu n'aurais pas vendu ton âme si ça n'avait pas été le cas…"

"J'ai commis une erreur, d'accord ? Je n'aurais pas dû le ramener. C'était égoïste de ma part…"

"Naturel."

"J'ai déconné. C'était totalement inconscient. Moi mieux que quiconque savais ce que c'était d'être le survivant et qu'est-ce que j'ai fait ? Je me suis laissé guider par mes sentiments et j'ai tout perdu. Ma dignité. Ma raison. Ma vie. Ma raison de vivre."

"C'est humain…"

"Ça pue d'être humain. Ça pue d'être tout court" (pointant de nouveau son arme sur sa tête)

"Ecoute…"

"Je n'veux plus écouter, t'entends ? Je vous ai écouté me faire de la psychologie à deux balles sans broncher, mais là j'en ai ma claque. Alors vous pouvez bien dire ce que vous voulez, ça ne me fera pas changer d'avis ! Ma décision est prise…"

"Ecoute…"

"Je n'vous entends pas…"

"Ecoute…"

"Non !"

"Ec…"

"J'ai dit NON !" (en tirant)

"Intelligent… Deux coups de feu en une soirée… Je te félicite. Ça c'est de la discrétion. Si personne ne s'est douté de quelque chose de louche…"

"Vous n'allez pas me laisser tranquille, pas vrai ? Vous n'allez pas me laisser mourir en paix, hein ?"

"Ce n'est pas dans mes intentions."

Dean soupira

"Je n'ai pas à te forcer. Tu dois comprendre."

"Comprendre quoi ? Que je suis encore baisé ?"

Silence.

"Vous êtes toujours là ?"

Autre… Plus retenir… Ecoute…

"Ecouter quoi ? Hé, machin ?! Ecouter quoi ?"

"It is the evening of the day

I sit and watch the children play

Doin' things I used to do

They think are new

I sit and watch

As tears go by…"

"Oh toi, ta gueule !"

Il y eut un nouveau coup de feu. Puis un autre. Et encore un autre. Et encore… jusqu'à ne plus avoir de balles dans le chargeur. Jusqu'à ne plus sentir son bras. Puis aux balles succédèrent les coups de pieds rageurs. Ce n'était plus une réaction instinctive mais bel et bien de l'acharnement. Si Dean avait été dans un état d'esprit normal, il aurait lui aussi considéré sa réaction comme exagérée. Comme si un radio réveil pouvait-être responsable de tous ses maux !... Mais il était tellement obnubilé par le terrassement de l'abominable affreux qu'il ne vit ni n'entendit quelqu'un entrer. Ce ne fut que quand sa voix se fit entendre qu'il prit conscience de sa présence.

"Dean ?"

Cette voix le paralysa et il suspendit tous ses gestes dans l'air.

"Dean… tout va bien ?!" (inquiet)

Le principal intéressé se mura dans le silence et baissa la tête, résigné. Il n'osait croiser le regard de celui dont il ignorait encore s'il était réel. Il refusait de souffrir de nouveau, de se nourrir de faux espoirs. Il avait beau sentir le souffle de la brise. Il avait beau voir le trou béant qui remplaçait la porte. Il avait beau sentir ce regard si particulier sur lui. Il ne pouvait se résoudre à y croire, partagé entre douleur et soulagement. Ça faisait si mal ! De ne pas savoir. De le voir debout devant lui, inquiet, presque aimant – situation au combien improbable, impossible même. Il n'avait plus qu'à vérifier par lui-même. Se faire sa propre opinion, c'était tout ce qui lui restait.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? Dean ?! Réponds-moi ! Dis-moi quelque chose !"

En guise de réponse, Dean se dirigea de nouveau vers son sac et en retira une autre arme qu'il chargea.

"Dean ?!"

"Je sais pas…"

"Tu…? Tu rigoles j'espère. Ta chambre est sans dessus dessous. Ce machin-là en miettes. T'as vidé ton chargeur sur… sur quoi au juste ? J'accours, te croyant en danger, et toi tu sais pas pourquoi ?" (énervé)

"Pourquoi ?" (en levant les yeux vers son frère)

"Pourquoi quoi ?"

"Rien."

"Je viens de défoncer la porte pour… rien ? Génial !"

"Désolé…"

"Désolé ? DÉSOLÉ ? C'est bien trop tard. Trop peu aussi. Je sais même pas pourquoi je t'écoute encore. Je perds mon temps avec toi."

"J'le savais…" (presque pour lui-même)

"Parce que maintenant tu le sais ?! Putain mais qu'est-ce qui m'a fichu un frère pareil ?!"

"Tu sais, je ne voulais pas écouter cette voix…"

"Une voix ? Quelle voix ?"

"Elle me vantait un avenir tentant. Je voulais tant y croire ! Même si je savais au fond de moi qu'elle avait tort."

"De quoi tu parles ? T'entends des voix ? Tu serais pas en train de devenir fou ?" Ben tiens, quand c'est toi c'est normal. Mais dès que ça touche quelqu'un d'autre…

"Je ne sais pas si je suis fou, mais je n'ai jamais autant eu toute ma tête. Tout est clair maintenant et je sais ce qu'il me reste à faire."

"Attention mesdames et messieurs, le grand Dean fait son show ! Que va-t-il bien inventer aujourd'hui pour se faire remarquer ?" (sarcastique)

Sans faire plus attention que ça à la remarque cinglante de celui qui se disait son frère par intermittence, il arma son revolver.

"Tu comptes chasser quoi ? Le vide ?"

"Non." (d'un calme déconcertant)

"Les idées noires ?" (sourire moqueur)

"Je vais juste rééquilibrer les choses."

"Oooh ! Bien !... Ça consiste en quoi ?"

Pour toute réponse Dean leva l'arme lentement.

"Wo wo wo ! T'es gentil, tu pointes ton joujou ailleurs."

Le regard vide, il laissa le canon poursuivre son ascension jusqu'à effleurer ses cheveux.

"Dean ?!"

"Sam…"

"Qu'est-ce tu fais ?"

"C'est le petit génie de Stanford qui me dit ça ? C'est pourtant clair comme de l'eau de roche, non ? Arme. Tête. Baballe dans la tê-tête."

"Pourquoi ?"

"Pourquoi quoi ? J'aurais besoin d'une raison maintenant ?! Je suis un incapable. Un frère qui n'en est un que quand ça t'arrange et là ce n'est plus le cas. Alors oui, pour ta gouverne, je n'en peux plus. Mais je suis sûr que t'en as rien à cirer. J'me trompe ?"

"Dean…" (pâlissant)

"Tu sais quoi ? Je pensais qu'il y avait quelque chose à sauver dans notre relation mais en vérité, ça fait belle lurette qu'il n'y a plus rien à faire. Je me suis fait des illusions… très féminin, hein ? Je pensais que tu tenais à moi. Faux. Je pensais que je pouvais compter sur toi. Faux. Je pensais pouvoir te faire confiance. Re faux. Je peux savoir ce qu'il me reste ? Qu'est-ce qu'il me reste ? Dis-moi, QU'EST-CE QU'IL ME RESTE ? Rien. Rien. Rien. RIEN !"

"Y'a moi…"

"Toi ? Laisse-moi rire. Tout ce que t'as su faire c'est montrer combien j'étais seul. Seul et égoïste ! Alors, l'égoïste te dit bye-bye !"

Il enleva le cran de sûreté et pressa sur la détente.

"Noooon ! Dean !" (en se précipitant vers lui)

La détonation retentit dans l'air et il y eut un bruit sourd. Celle de deux corps jetés au sol. Puis ce fut le silence.

"SAM ! SAMMY !"

"I..d…iot…"

"Pourquoi t'as fait ça ?"

"Fr…è…re…"

"Ça devait pas se passer comme ça… Ça devait pas se passer comme ça…"

"Suis… déjà… m-mort. Dean… N-nat… tuuu… rel…"

"Non ! C'est moi qui devais partir. C'est moi qui devais partir ! J'ai gâché ta vie. J'ai gâché ce que j'avais de plus beau. Je voulais préserver ta vie et vois où on en est maintenant ! Je…"

"D… D… Dean..."

"Oui ?"

"T'aime…"

"Moi aussi je t'aime. Sam ? Sammy ? SAMMMYYYY !"

Moi aussi je t'aime.

Il y eut un cliquetis et…