Chap 38 – Règlements de comptes
« Severus, je... » commença Draco, son visage défait.
Des bruits de pas et de voix résonnèrent dans le couloir et Snape leva une main pour l'interrompre, contrarié.
« Pas maintenant. Vous allez venir avec moi, tous les deux. Tout de suite, » fit-il en poussant les deux garçons dans la direction opposée aux voix.
Les deux adolescents ne se firent pas prier et filèrent vers l'escalier, le Maître des potions sur les talons. Le soulagement le gagnant peu à peu, Harry se risqua à jeter un rapide regard à Draco.
Le Serpentard, lui, ne semblait pas du tout rassuré, et Harry crut voir que ses mains fines tremblaient légèrement. Un juste retour des choses, songea-t-il, un petit sourire aux lèvres. C'était le monde à l'envers : Snape qui le défendait, et Malfoy, le roi des Serpentards, qui craignait la colère de son directeur de maison ! Oh, oui, c'était parfaitement jouissif !
Ou du moins, cela l'aurait été s'il ne s'était pas lui-même mis dans ce pétrin en se promenant seul, désobéissant ainsi à Snape. Son sourire s'évanouit. La colère visible du professeur n'était peut-être pas seulement dirigée contre Draco, après tout...
Absorbé par ses pensées, il sursauta quand une silhouette apparut subitement devant eux, profitant d'une porte dérobée. L'instant d'après, il soupira : non, il n'avait rien à craindre de cette apparition là !
« Mes enfants, je suis heureux de vous voir, » fit Dumbledore de sa voix douce. « Severus, je présume que tout va bien ? »
« J'emmène MM. Malfoy et Potter dans mes quartiers pour une petite discussion. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, bien sûr, » ajouta-t-il.
« Certainement pas. Vous me tiendrez au courant de ce qui pourrait ressortir de cet entretien, n'est-ce pas ? »
« Evidemment. Des nouvelles de notre invité indésirable ? » demanda Snape
« J'ai bien peur que non, il a pu s'enfuir et transplaner rapidement sans que nous puissions retrouver sa trace, » répondit Dumbledore d'un ton d'excuse.
« J'espère pouvoir vous fournir plus d'information dans quelques instants, » fit Severus avec un regard appuyé en direction de Draco, qui pâlit un peu plus encore si c'était possible.
« Bien, j'attendrai de vos nouvelles, » acquiesça Dumbledore en reculant pour leur laisser le passage. Le directeur de Serpentard hocha la tête, et prenant à nouveau les adolescents par l'épaule, il se remit en route.
Les donjons de Serpentard n'avaient jamais paru aussi rassurants à Harry, et il était clair que Draco, de son côté, appréhendait un peu plus à chaque pas l'arrivée dans les quartiers de Snape.
A voir sa réaction quand ils franchirent les portes des appartements du maître des potions, Malfoy était familier des lieux et Harry sentit une pointe de jalousie le tarauder. N'avait-il pas appelé Snape Severus, quelques minutes auparavant ?
Le professeur leur indiqua le salon, et les deux garçons prirent place dans les fauteuils les plus éloignés l'un de l'autre. Quelques instants plus tard, deux verres volèrent jusqu'à eux pour se poser sur la table basse et le silence se fit, pesant.
« M. Malfoy, » commença Snape d'un ton traînant, « expliquez moi donc quelle excellente raison vous aviez de vous trouver précisément à cet endroit, à cet instant, à savoir au beau milieu d'une attaque, alors que votre présence était requise en cours de Métamorphoses, à l'autre bout du château ? »
Draco s'agita nerveusement et passa une main dans ses cheveux.
« Severus, écoute, ce n'est pas ce que tu crois, » commença-t-il.
Tu ? songea Harry ? Malfoy se permettait de tutoyer son Homme en Noir ? Mais Snape allait certainement y remettre bon ordre...
« Pour l'instant, Draco, je crois que tu es coupable de tentative de meurtre dans l'enceinte de Poudlard, pour le moins, » répondit Severus d'un ton glacé, annihilant les illusions d'Harry. Oui, Snape et Draco se tutoyaient et s'appelaient par leurs prénoms... c'était absolument révoltant !
Mais sans doute n'était-ce pas le plus important à cet instant.
« Je... il ne s'est rien passé, d'accord, et j'ai sauvé Potter, ce n'est quand même pas comme si j'avais tenté de lui jeter un avada kedavra ! » se défendit le Serpentard.
« En effet, je ne m'attends pas à ce que ton courage te permette ce genre de fantaisie. Faire entrer un assassin dans Poudlard, en revanche... » fit Severus.
Draco se replia dignement sur lui-même et Harry sut que Snape avait vu juste.
« La Salle sur demande ! » s'écria-t-il. « Il était dans la salle sur demande, juste avant que Loki ne m'attaque ! »
« Est-ce vrai, M. Malfoy ? » demanda Severus, l'usage du nom de famille du garçon dessinant un sourire satisfait sur les lèvres d'Harry.
Il y eut un long silence.
« Je vois, » fit Snape d'une voix lente. « Ce sera donc le Veritaserum . Prends le verre devant toi, Draco. »
« Non ! » s'exclama le garçon. « C'est illégal ! »
« Illégal ? Pas dans le cadre d'une enquête menée par les Aurors, non. Et s'il faut en arriver là, alors autant appeler immédiatement le Ministère. Tentative de meurtre dans une école, sur la personne d'Harry Potter... ce ne sera même pas Azkaban. Je soupçonne que les Détraqueurs se déplaceront en personne jusqu'au Ministère pour appliquer la sentence sur place. »
Draco, face à lui, semblait prêt à vomir, le visage crispé.
« Severus, tu ne peux pas me faire ça... »
« Non, vraiment ? Il m'avait pourtant semblé dans une lettre récente que nos positions respectives étaient claires. »
« Je... tu n'aurais pas du revenir, je n'ai pas le choix, Severus, il ne me laisse pas le choix... »
Sans un mot, il dénuda son avant bras gauche, exposant la marque. Harry ne put s'empêcher de frémir, mais Snape, lui, ne laissa pas paraître la moindre émotion. En réalité, il semblait plutôt s'ennuyer.
« Très joli tatouage, Draco. Je suis sûr que tu as été très fier de le recevoir. »
« Oh, inutile d'être aussi arrogant, tu as le même au même endroit, pour autant que je sache ! » siffla Malfoy entre ses dents. « Et tu sais très bien ce que ça signifie... je n'ai pas le choix ! » Le ton était presque suppliant cette fois.
« J'aimerais mieux comprendre, » fit Severus, impitoyable, « ce qui peut pousser un jeune homme de seize ans à souhaiter la mort d'un de ses camarades ? »
Comme s'il ne le savait pas, songea Harry avec un brin de rancœur. Comme s'il n'avait pas souhaité la mort de James au même âge...
« Ca n'a rien à voir avec lui, » répondit Draco d'un ton méprisant. « C'est ce qu'il représente. Il ne doit pas empêcher le Seigneur des Ténèbres... » il s'interrompit, déglutissant avec peine. Visiblement, le changement d'allégeance de son ancien mentor était une réalité difficile à accepter pour le jeune homme.
« Tu reconnais donc avoir tenté de tuer Harry, » reprit Snape de sa voix dure.
« Je... d'accord, d'accord, c'est moi qui ait fait rentrer Loki. Mais c'est moi aussi qui ait fait en sorte que Potter tombe dans cette trappe et que ce cinglé ne puisse pas l'avoir ! Il allait le tuer, Severus, ce n'était qu'une question de secondes, Potter n'avait aucune chance et c'est moi qui lui ait sauvé la mise ! » s'exclama Draco avec véhémence.
Le dégoût qu'Harry lu sur le visage de Severus le rassura autant qu'il fit blêmir Malfoy. Mais il y avait quelque chose dans son expression, comme un écho... Dumbledore, se rappela soudain Harry. C'était la même expression que Dumbledore avait eu quand Snape était venu se rendre à lui, le supplier de sauver Lily. L'histoire se répétait, songea Harry, mais Draco avait-il en lui la force et les convictions qui avaient permis à Snape de se racheter ? De plus d'une façon, il en doutait. Et de toute évidence, Severus aussi...
« Le sauver après l'avoir mis en danger de mort ? Bel effort, Draco... mais je doute que cela suffise devant un jury, » répondit le professeur.
A ces mots, Malfoy laissa tomber sa tête entre ses mains, le regard au ras du sol. A cet instant, il ne restait plus rien d'aristocratique dans son maintient…
« Je ne voulais pas le faire. Je ne veux pas... je ne sais pas. Je ne sais pas, Severus. Mais je ne l'ai pas laissé mourir. »
Cette fois, le maître des potions sembla s'adoucir et décroisa les bras pour venir s'asseoir à son tour dans un fauteuil.
« Commençons par le commencement, » soupira-t-il. « Qui t'as ordonné de faire rentrer Loki à Poudlard ? »
« Mon père, » répondit Draco, vaincu. « Sur les ordres du Seigneur des Ténèbres. Il m'a dit que c'était le seul moyen de se racheter... »
« Se racheter ? » demanda Severus.
« Après ce qu'il s'est passé au cimetière de Godric's Hollow, tous les mangemorts présents ont été... sévèrement punis, » expliqua-t-il. « Pour avoir manqué à leur devoir. Une douzaine de mangemorts, des barrières de protection, et il a suffit d'une seule personne pour tout faire rater, » fit-il avec dégoût, secouant la tête. « Il était fou, Severus, fou furieux. J'ignore ce qu'il s'est passé ensuite, je sais juste qu'il a disparu dans la nature, parti se replier quelque part, en sécurité. Mais la position de Père est difficile, à la fois au Ministère à cause de l'enlèvement, et auprès du Seigneur des Ténèbres à cause de l'évasion. C'est un véritable désastre, » soupira le garçon.
Le petit discours plongea Harry dans ses pensées. Draco avait raison, Lucius l'avait enlevé en plein Ministère... comment se faisait-il que le sorcier ne soit pas encore en prison ?
« Lucius a prétendu avoir agi sous imperium », lui expliqua Snape sans qu'il ait eu à poser la question. « Mais étant donné les circonstances, même ses plus fidèles soutiens au Ministère ne peuvent le défendre sans passer pour de parfaits crétins. »
« Il n'y a pas une âme qui vive qui soit dupe, pas même le niffleur de service du gardien, » siffla Draco. « et maintenant, le seigneur des Ténèbres menace de détruire tout ce qu'il nous reste... et... Severus, je n'ai pas le choix, il nous tuera tous. »
Snape prit une grande inspiration, s'adossant confortablement à son fauteuil.
« Tu n'as pas le choix, mais tu as cependant sauvé Harry au dernier moment, comme tu l'as fait remarquer. Pourquoi ce changement? »
« Je ne veux pas être un meurtrier, » souffla Draco. « Et je ne veux pas finir à Azkaban, j'ai vu comment était Bellatrix à sa sortie et... je ne sais pas comment elle était avant, mais ce n'est certainement pas une bonne publicité. »
"Non, effet," fit Severus, songeur.
Harry pouvait sentir que le professeur était légèrement amusé, et particulièrement concentré. Le moment, de toute évidence, était grave. Draco lui faisait-il penser à lui même au même âge ? C'était probable, mais Harry espérait de tout cœur que ce n'était pas le cas, car Snape se tromperait lourdement. Draco ne lui ressemblait en rien, il n'était qu'un petit aristocrate prétentieux et bien trop gâté, un adolescent qui n'avait jamais eu à affronter ses responsabilités et découvrait à présent la réalité des choses et de la cause qu'il défendait. Rien, là dedans, qui puisse faire de lui quelqu'un comme Snape...
« Draco, sais-tu où se trouve Voldemort en ce moment ? » demanda Severus.
« Non, » répondit rapidement le garçon, « et même si je le savais... » Il s'interrompit, jetant un coup d'œil rapide à son verre. « Notre famille n'est plus dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres. Je doute que même Lucius le sache. »
« Draco, » fit Snape, visiblement ennuyé, « il va falloir à un moment ou un autre choisir tes allégeances. Tu ne peux pas te permettre de jouer sur tous les tableaux. Te rends-tu compte de la situation dans laquelle tu t'es mis ? »
« Trop bien, » murmura Draco sans le regarder.
« Reprenons, » soupira Severus. « Comment as-tu fait rentrer Loki à l'intérieur de Poudlard ? »
« Comme Potter l'a dit, par la Salle sur Demande. Il y a un tunnel qui mène à Pré au lard. Nous avions rendez vous... »
« Et comment savais-tu qu'Harry serait là ? »
« Je ne le savais pas, » avoua Draco. « Je devais juste faire rentrer ce... Loki. Il devait se charger de Potter, ou... de ce qu'il trouverait. »
« C'est à dire ? » demanda Snape, sa voix glaciale.
« Je ne sais pas au juste, » fit Malfoy en évitant son regard.
« Draco, réponds moi. Qui d'autre ? » Le ton ne laissait pas beaucoup de place à la négociation et Draco prit une grande inspiration, levant enfin les yeux.
« Toi. Il devait tuer Potter en priorité, et toi ensuite. Dumbledore était aussi une option, ou a défaut n'importe quel Gryffondor ou Poufsouffle, » avoua-t-il.
« Je vois, » fit Snape d'un air songeur. « J'ai donc pris une certaine valeur sur le marché des gens à abattre. Quoi d'autre, Draco ? »
« Vous trouvez que ce n'est pas assez ? » demanda amèrement le garçon.
Snape l'observa un instant, son regard fouillant le sien, jusqu'à ce que l'adolescent baisse les yeux.
« Que comptes-tu faire à présent ? » demanda Snape d'une voix neutre.
« C'est plutôt à toi que je devrais demander ça, » grinça le garçon. « Tu comptes prévenir les Aurors ? »
« Cela dépendra de toi, je suppose, » répondit le maître des potions. « Tu as d'abord exécuté les ordres de Voldemort avant de changer d'avis et de sauver son pire ennemi. Ta loyauté semble pour le moins vacillante... c'est une chose que je peux parfaitement comprendre. Je suppose que la réalité des Mangemorts ne t'est jamais apparue aussi concrète, n'est-ce pas ? »
« Ce n'est rien de le dire, » souffla Draco.
« Et le vent de la défaite souffle... un vrai Malfoy sait toujours de quel côté se placer, » continua Snape d'une voix suave.
« Il n'est pas question de défaite, Snape ! » s'exclama Draco. « Le Seigneur des Ténèbres est puissant, ce n'est pas un contretemps qui va y changer quelque chose ! Il finira par l'emporter... »
« En es-tu vraiment convaincu ? » demanda Severus.
« Bien-sûr, » répondit le garçon. Mais même Harry pouvait sentir le doute dans sa voix.
« Il n'est peut-être pas au courant ? » souffla-t-il à Severus, assez fort toutefois pour que Malfoy l'entende.
Le professeur lui jeta un regard agacé, avant de se retourner vers l'autre adolescent.
« Draco, que sais tu des raisons pour lesquelles Voldemort se terre à présent ? »
« Se terrer ? » ricana le garçon. « C'est une plaisanterie. Il prépare simplement les prochains mouvements à l'écart des mangemorts habituels. Je te l'ai dit, il n'a vraiment pas apprécié ce qu'il s'est passé au cimetière. »
« Vraiment ? » insista Severus. « Et l'as tu vu depuis ce fameux soir ? »
Draco haussa les épaules.
« Non, comme quasiment tout le monde. »
« Et il ne t'est pas venu à l'idée qu'il y avait peut-être une raison à cela ? » demanda Snape, ironique. Ce fut au tour de Draco de lui jeter un regard ennuyé.
« Un mangemort n'est pas censé se poser ce genre de question, » répondit-il.
« Et c'est ce que tu es ? Un mangemort ? » fit doucement Snape.
Harry retint sa respiration, et Draco bondit de son fauteuil.
« A quoi riment ces questions stupides ? Evidemment que j'en suis un, tu l'as vu toi même ! » s'insurgea-t-il.
« Ce n'est pas une fatalité, Draco, » répondit Severus sans se départir de son calme.
« Pas une fatalité ? Tu penses peut-être être libre parce que tu as trahi le Seigneur des Ténèbres ? Personne ne lui échappe, Severus, il n'y a pas de porte de sortie ! »
« Et pourtant, te voilà en train de tout faire pour éviter d'obéir à ton maître et contrarier ses plans… la façon dont tu as sauvé Harry au dernier moment, Draco ? Que cherchais-tu, si ce n'est une porte de sortie ? »
« Je n'ai pas… arrête, tu sais très bien que c'est la seule véritable solution ! » reprit Malfoy, de plus en plus nerveux à chaque phrase.
« Je ne le sais pas, non, » répondit Snape. « Je suis même convaincu du contraire. »
« Tout le monde ne peut pas être un traître, » siffla le garçon.
Harry sentit Severus se crisper aussitôt. La remarque avait touché juste.
« Quoique j'ai fait, » fit-il finalement, « je l'ai toujours fait en fonction de mes convictions. Et quoique tu décides aujourd'hui, Draco Malfoy, tu vas devoir réfléchir. Comment Loki a-t-il réagi quand il a vu Harry lui échapper ? »
« Mal, » répondit le garçon avec une grimace. « J'ai essayé de le convaincre que j'avais fait cela pour lui faciliter la tache. Soit il me prend pour un imbécile, soit pour un traître. Je crois qu'il penchait plutôt pour la première solution quand il est parti. »
« Parti ? » répéta Severus.
« Il est reparti par la Salle sur Demande, de la même façon qu'il était entré. Je ne l'ai pas accompagné, il avait pris son autre forme… trop rapide pour moi, » admit Draco.
« Et il a donc probablement filé tout droit vers celui à qui il doit rendre des comptes, si ce n'est pas Voldemort lui-même, » conclut Snape.
« Je ne sais pas, » fit Draco, « Loki est peut-être le nouveau jouet favori du Seigneur des Ténèbres, mais je doute qu'il rende des comptes à qui que ce soit. Il n'est pas comme les autres, il est… sauvage. »
Pendant un instant, Severus resta à fixer le vide, tapotant sa joue de son index. Spectateur muet mais attentif, Harry pouvait sentir la curiosité du professeur. Un instant plus tard, toutefois, il se secoua de sa transe pour se tourner à nouveau vers son élève de Serpentard.
« Est-il marqué ? » demanda-t-il. Draco hésita un instant avant de répondre.
« Non. Je te l'ai dit, il est différent. Indépendant. Ce n'est pas vraiment cela, mais je ne trouve pas le mot juste. Tout semble le laisser indifférent, il a toujours cet espèce de sourire qui me donne froid dans le dos… ce n'est pas vraiment un Mangemort, plutôt un mercenaire, mais il fait beaucoup pour la cause. »
« Et pour quelle raison ? »
« Je l'ignore, » répondit Malfoy en secouant la tête. « Mais dans tous les cas, j'ai à peu près autant envie de l'avoir comme ennemi que Greyback. Il est… terrifiant. Et il n'a peur de rien, pas même du Maître. »
« Voilà bien l'énigme génétique la plus intéressante de ces dernières années, » murmura Snape comme pour lui-même. Puis, après un instant : « Alors, quel est ton plan, Draco ? » demanda-t-il d'une voix désinvolte.
Le Serpentard se redressa, défiant son directeur de maison du regard. Mais aucune réponse ne vint, et un petit sourire cynique gagna le visage de Severus.
« Eh bien, M. Malfoy, contemplons un instants vos choix de carrière possibles. Les options, en réalité, sont assez réduites… une première possibilité est bien sûr de retourner au Manoir Malfoy et d'annoncer à Lucius que la mission a échoué, et comment. Nul doute que Loki vous aura d'ailleurs devancé. Reste à savoir si Malfoy Senior sera aussi crédule que le loup des bois… et curieusement, j'en doute. »
Devant lui, Draco avala difficilement sa salive mais ne baissa pas le regard.
« Il restera alors à Lucius l'option d'appuyer son fils ou de le vendre à Voldemort, » poursuivi Snape sans pitié. « Hum. Une situation que je n'aimerai décidément pas avoir à affronter. Que penses-tu qu'il choisira, Draco ? »
« Ne sois pas stupide, » répondit le garçon entre ses dents. « Il ne me vendra pas. »
« Probablement pas, en effet, » acquiesça Severus. « Ce qui lui laisse l'option de la disgrâce auprès de son maître. Une option également fort peu enviable par les temps qui courent. »
« Il trouvera un moyen, » fit Draco. « Il en trouve toujours. »
« Peut-être, » répondit le professeur, « ou peut-être pas. Reste cependant une autre option, et j'ai l'impression très nette, Draco, que c'est celle que tu as déjà choisi. »
Cette fois, l'adolescent pâle ne put soutenir le regard de son interlocuteur.
« Tu pourrais te rendre au camp de la Lumière, et quitter les rangs des mangemorts, » fit doucement Snape. « Tu ne veux pas en faire partie, Draco, tu le sais aussi bien que moi. Les bribes de pouvoir que Voldemort leur accorde ne sont qu'une illusion, un appât, sans commune mesure avec ce que tu abandonnes. Tu n'es pas un héros, tu n'es qu'un esclave au service d'un fou, tu n'es même plus un membre de la lignée des Malfoy, tu es un pion. Une marchandise. »
A ces mots, le visage de Draco se contracta de fureur et il bondit sur ses pieds, baguette à la main, visant le maître des potions. Si celui-ci ne fit pas un geste pour l'en empêcher, il ne fallut en revanche qu'une seconde à Shadow pour bondir sur la table basse et s'interposer entre les deux sorciers, feulant en direction du garçon.
Surpris, celui-ci baissa sa garde, ses yeux rivés sur le chat.
Shadow sentit une main se poser sur son dos et son poil hérissé revint se plaquer sur son dos, apaisé.
« Tout va bien, Harry, » fit Snape d'une voix douce.
Avec un regard en arrière pour l'Homme en Noir, Shadow abandonna à contrecœur sa position et retourna sur le fauteuil où il se transforma sous le regard de Malfoy, les lèvres pincées.
« Draco, donne-moi ta baguette, » reprit Severus.
Le jeune homme tourna la tête, mais ne fit pas un geste pour obéir.
« Tu sais que j'ai raison, » continua le professeur. « Et tu sais qu'il ne gagnera pas cette guerre. »
« Depuis quand… » commença Draco d'une voix hésitante. « Depuis quand est-ce que tu as trahi notre camp ? »
« Depuis la mort des Potter, » répondit Snape calmement. Mais Harry pouvait sentir l'onde de tristesse qui parcourait le sorcier à cette évocation. La mort de Lily…
« Et depuis tout ce temps, tu espionnais pour Dumbledore ? Tu savais… tu savais… et tu n'as rien fait pour m'en empêcher ? » fit le garçon, la mâchoire serrée.
Cette fois, Harry était sûr de voir sa main trembler. Et quand il se tourna vers Severus, il put voir le regret et la culpabilité dans son regard.
« C'était impossible, Draco, » fit-il. « Je savais que tu aurais immédiatement été reporter à ton père, et ma situation était trop délicate pour prendre ce risque. »
« Tu as préféré prendre le risque de me laisser devenir l'un d'entre eux… et ce que tu as dit, un esclave ! Cette Marque… il… je lui appartiens ! »
Severus soupira et secoua la tête.
« Tu as fait tes choix, Draco. Mais aujourd'hui, tu en as un autre, tu peux tout changer. C'est le moment où jamais, et tu as déjà fait un grand pas en avant aujourd'hui. Je sais à quel point il est difficile de renier ses choix… mais écoute ta conscience, Draco. Elle t'a déjà guidée dans la bonne direction. »
« Je ne veux pas devenir un espion, Severus, je ne suis pas comme toi… je n'y arriverai pas, » répondit nerveusement Malfoy en se rasseyant, « Ce n'est pas que je ne sois pas un bon occlumens, mais il s'agit de mon père et de ma mère ! Et Dumbledore ne me croira jamais de toute façon. Il ne m'aurait déjà pas cru avant, mais avec cette marque sur mon bras… »
« Il se trouve que je porte la même, comme tu l'as justement fait remarquer, » fit Snape. « Et il ne s'agit pas ici de convaincre le directeur. Après tout, c'est la vie d'Harry que tu as mis en danger aujourd'hui, c'est à lui de décider si tu mérites cette chance ou pas. »
Draco sursauta, comme s'il venait seulement de se rappeler la présence d'Harry. Les regards des deux Serpentards fixés sur lui, Harry se trémoussa inconfortablement. Son regard vint chercher celui de Malfoy, tentant d'y déchiffrer les résolutions du garçon.
Les yeux gris ne cherchèrent pas à le fuir, mais Harry n'y lut que de la résignation, un soupçon de peur et de désespoir, et l'impression très nette d'être piégé comme un rat.
Draco ne cherchait pas vraiment à faire avancer une cause, réalisa-t-il, il voulait se mettre à l'abri, hors de danger, loin des réalités qu'il venait de découvrir de la vie de mangemort.
Il n'était pas si difficile d'avoir pitié de Draco à cet instant, et il pouvait sentir que Severus ne tenait pas à le laisser retourner vers son maître… mais c'était Malfoy, Draco Malfoy, celui à qui tout souriait toujours et qui n'aurait pas levé le petit doigt pour aider Harry si la situation avait été inversée. Et par ailleurs…
« Qu'y avait-il, dans cette lettre ? » demanda-t-il lentement. « Severus a parlé d'une lettre, tout à l'heure. »
Draco détourna vivement son regard paniqué vers le maître des potions.
« C'était un avertissement, Severus ! Pour vous ! Si Père avait su que je l'avais envoyé, j'aurais eu de sérieux problèmes ! » plaida-t-il.
« Alors pourquoi avoir pris le risque, Draco ? » demanda Snape.
« Pour ne pas que vous veniez ! Pour vous protéger ! »
« Et ? » insista Severus.
La garçon rougit et détourna le regard.
« Il y a autre chose, n'est-ce pas ? » continua le professeur. « Nous devons tout savoir, Draco, il n'y a pas d'autre solution. »
« Si je vous le dis, je suis mort, » souffla Malfoy.
« Pas si nous te protégeons. C'est ta dernière chance, Draco, ta seule chance. Tu ne peux plus faire demi tour maintenant.. »
« Il y a une raison pour laquelle Père ne m'a pas envoyé à Durmstang cette année, » fit le jeune homme d'une voix basse. « Le Seigneur des Ténèbres m'a confié une mission à Poudlard. » Il s'interrompit, avant de reprendre, frénétique : « Vous devez me protéger ! Je ne peux pas retourner là-bas après avoir révélé tout cela ! »
« Finis d'abord ce que tu as à dire, » répondit Harry d'un ton menaçant. Quelque chose lui disait qu'il n'allait pas du tout aimer ce qu'il allait entendre.
« Je… je dois faire mes preuves. Espionner. Faciliter… tout ce que je peux. Mais surtout, je dois apporter la tête de quelqu'un… » fit nerveusement Draco.
« La mienne ? » demanda le Gryffondor.
« Non. Ce serait un plus, mais le Seigneur des Ténèbres ne s'attend pas à ce que j'y parvienne. »
« Qui, alors ? » insista Harry.
Draco fixa soigneusement son regard sur la table basse.
« Severus. »
Le silence s'installa dans le salon, finalement rompu par le maître des potions.
« C'est assez logique, » fit-il d'une voix neutre, « un traître, depuis peu, proche d'Harry Potter et que tu connais depuis toujours. Un bon choix, à tous points de vue. »
« Comment as-tu pu t'imaginer qu'il te laisserait t'en tirer comme ça ? » explosa Draco, « Evidemment, il fallait que tu reviennes, et au milieu des Serpentards ! Et avec lui ! » fit-il avec un geste vers Harry.
« Et toi, » interrompit celui-ci d'une voix basse et chargée de fureur, « comment as-tu pu t'imaginer que tu pouvais venir ici, tenter de tuer Severus et espérer t'en tirer ? Comment ? »
Draco lui jeta un regard hésitant, avant de se reprendre.
« Tu n'as aucune idée de ce que c'est, Potter ! On ne m'a pas donné le choix, c'était ça ou mourir, et regarder ma famille mourir ! J'ai essayé de le prévenir, c'est pour ça que j'ai envoyé cette lettre ! Tu n'imagines même pas les risques que j'ai pris en le faisant, sans parler de te sauver la peau tout à l'heure ! »
Harry serra les dents, tentant de contenir sa fureur. Le sale petit serpent… et dire qu'il était là, depuis tout ce temps, avec pour seul but de tuer Severus ! Et il était là maintenant, tentant de gagner son absolution, et Snape qui restait là sans rien dire, comme si tout cela n'avait pas eu d'importance… il lui sembla que l'atmosphère venait subitement de se charger d'électricité, et les verres sur la table se mirent à trembler, cliquetant en chœur avec le lustre et une carafe de cristal.
Du coin de l'œil, il vit Severus se lever et s'approcher de lui, avant de poser une main sur son front, ébouriffant ses cheveux.
« Ca suffit, Harry, » fit la voix calme du maître des potions. « Ressaisi-toi. Tout va bien. »
« Non, tout ne va pas bien ! » cria le garçon. « Il envoie des tueurs après vous ! Ici même, à Poudlard ! »
« En matière de tueur, » fit Snape d'une voix sarcastique, « Voldemort aurait certainement pu trouver plus redoutable que Draco Malfoy. Je doute qu'il s'attende à ce qu'il réussisse, il s'agit plus d'une mise à l'épreuve… et d'avoir un espion dans la place. »
« Vous persistez à considérer Malfoy comme un enfant de chœur ! » s'insurgea Harry. « Vous n'avez pas assez de preuves ? C'est un mangemort ! Et ce n'est pas non plus une lubie qui lui a pris, il l'a toujours voulu, c'est ce qu'il est ! »
« Je doute que M. Malfoy lui-même sache ce qu'il est, » répondit doucement Severus. « Mais je suis bien conscient des travers de Draco. Personne n'est parfait, Harry, mais tout le monde mérite une seconde chance un jour où l'autre. »
Harry secoua la tête, refusant de regarder le maître des potions dans les yeux. Ce fut Draco qui rompit le silence en s'avançant vers lui, une expression déterminée sur le visage.
« Si je retourne là-bas maintenant, ils me tueront, » fit-il d'une voix rauque. « Est-ce ce que tu souhaites, Potter ? »
« Tu trouveras un moyen de t'en sortir, comme toujours, » répondit Harry sans le regarder.
Draco siffla entre ses dents, et Severus le prit par les épaules pour le forcer à le regarder.
« Peut-être, oui, mais certainement pas sans une punition d'abord, » fit-il. « As-tu vraiment envie de vivre cette vision, Harry ? Et ce n'est même pas le plus important. Draco a fait le premier pas pour changer et se joindre à nous, pour quitter Voldemort. Que tu le croies ou non, cela demande beaucoup de courage. Désires-tu vraiment le renvoyer vers son Maître, faire de lui un mangemort à part entière, et peut-être le trouver un jour sur ton chemin ? Est-ce vraiment une bonne stratégie ? »
Présenté comme cela, Harry supposait que non. Et aussi fort qu'il puisse détester Draco, même lui ne méritait pas d'être renvoyé à Voldemort. Qu'il ait souhaité le devenir à une époque, cela ne faisait aucun doute, mais les gens changeaient… il fixa un instant le visage calme de Severus. Oui, les gens changeaient.
Il se tourna vers Draco, tachant de garder son visage impénétrable lui aussi. Il avait certainement un long chemin avant d'arriver à imiter Snape sur ce point…
« L'autre jour, dans la salle de bain de Mimi Geignarde, qu'est-ce que tu faisais ? »
Severus les dévisagea d'un air inquisiteur, mais Harry n'en dit pas plus. Draco, en revanche, rougit violemment.
« Je venais de rencontrer Loki. Il y a eu un problème et il s'en est pris à moi. Quelqu'un l'a rappelé et il est reparti sans que j'ai eu l'occasion de le faire rentrer, » expliqua-t-il à contrecœur.
« Rappelé ? Comment ? » demanda Severus.
« Il y avait quelqu'un avec lui, j'ignore qui. Probablement quelqu'un qui s'était caché près de la Cabane Hurlante, mais j'étais trop occupé à essayer de rester en vie pour faire attention. »
« Et malgré tout, tu es retourné lui ouvrir, » fit lentement Snape.
Draco secoua la tête.
« Je te l'ai dit, je n'ai pas le choix. Il tient mes parents. »
« Ce qui ne nous laisse pas beaucoup de possibilités, » admit le professeur.
« Honnêtement, je me fiche pas mal de ce qui arrivera à Lucius, » grommela Harry en frissonnant. « Mais si on veut que Draco soit en sécurité, mieux vaudrait peut-être prétendre qu'il est prisonnier, qu'il s'est fait prendre à aider Loki. »
« C'est une idée raisonnable, » fit Snape en hochant la tête. Confusément, Harry sentit le soulagement du maître des potions et sût qu'il avait fait le bon choix. Celui que Severus espérait, en tout cas…
« Je ne peux pas rester éternellement prisonnier, » protesta Draco, qui s'était toutefois détendu. « Père tentera de me récupérer, de faire intervenir le Ministère… »
« Mais il n'a que peu de poids actuellement, et je présume qu'il comprendra rapidement ta position », acquiesça Severus. « Honnêtement, je doute qu'il mettra beaucoup de convictions à te ramener une fois qu'il aura compris. Ta vie serait trop en danger. »
Le jeune Serpentard avala difficilement sa salive.
« Il va probablement me renier. »
« Probablement, oui, » admit Severus. « Mais ce ne sera que pour la forme. Quoi que puisse être Lucius Malfoy… il t'aime profondément. Dès qu'il en aura l'occasion, il reviendra vers toi. »
« Excusez-moi, mais je n'avais pas tellement eu l'impression que Lucius était du genre à faire des demies mesures, » protesta Harry, l'image du Manoir Malfoy et du cimetière encore trop présente dans sa mémoire. Snape hocha la tête.
« Lucius est un parfait Mangemort, mais sa famille passe avant tout, » expliqua-t-il. « Par ailleurs, je soupçonne qu'il ne sera pas tout à fait mécontent de ce petit revirement de situation. »
A quelques pas de là, Draco grogna.
« Une tactique comme une autre. Très Serpentard. Mais tu as probablement raison, Severus, » fit-il, son visage s'éclairant.
« Je ne suis pas certain de comprendre ? » demanda Harry, méfiant.
« En ayant leur fils unique de notre côté, la famille Malfoy place ses pions dans les deux camps. Quel que soit le vainqueur, ils auront des arguments pour plaider le retour en grâce de l'autre partie, » expliqua Snape.
« C'est écœurant, » fit lentement Harry, au bord de la nausée. « Parfaitement écœurant. Qu'est-ce qui nous prouve que ce n'est pas exactement ce que ce petit serpent cherche ? Il se fiche de notre cause comme de son premier balai ! »
« Je doute que Draco ait eu assez de courage pour cette petite mise en scène, pour être honnête, » répondit Severus. Derrière lui, Draco renifla d'un air méprisant mais ne nia pas.
Harry secoua la tête, dégoûté.
« Je suppose que c'est la meilleure option pour le moment, » fit-il.
« Probablement. »
Refreinant une grimace, le Gryffondor se tourna vers son rival.
« Il vaudrait mieux pour toi que ce ne soit pas un autre de tes plans, Malfoy. »
« Ce n'en est pas un. Je suis piégé, Potter, même toi tu devrais être capable de le voir. » grinça Draco.
« Cela suffira pour le moment. Nous allons régler cela dans le bureau du directeur. Harry, tu nous accompagnes, » lança Snape en désignant la porte d'entrée.
« Est-ce qu'on ne pourrait pas passer par la cheminée ? » demanda nerveusement Draco.
« Non. Les élèves sont dans les couloirs à cette heure, cette promenade sera une excellente démonstration de la situation actuelle. »
« Oh, je vois. En tant que prisonnier, bien évidemment, » fit Malfoy entre ses dents.
« C'est l'idée générale, oui, » répliqua Severus. « Et maintenant, ta baguette. »
Draco sursauta, sa main venant automatiquement se poser sur sa baguette, mais sans la dégainer.
« Non, tu ne peux pas me demander cela ! »
« C'est la première condition, Draco. Donne-moi ta baguette immédiatement, » fit calmement Snape.
« Tu ne t'imaginais pas qu'on allait te laisser te balader dans Poudlard armé, alors que tu as avoué toi-même être là pour tuer Severus ? » siffla Harry, qui sentait la colère monter en lui à nouveau.
« Ca suffit, Harry, » fit sévèrement le professeur. « Draco, immédiatement. »
Il y eut une seconde de silence pendant laquelle Harry se demanda si le Serpentard allait finalement changer d'avis et tenter de s'enfuir ; mais, lentement, Draco prit sa baguette et la tendit à Snape.
« C'est une sage décision, Draco, » fit celui-ci en la rangeant dans ses robes. Harry sentit son soulagement à ces mots.
Severus fit un pas en arrière pour les laisser passer et Draco s'avança, les traits tirés. Avant qu'il n'ait pu gagner l'entrée, toutefois, Harry le rejoignit et le tira par la manche.
« Avise-toi ne serait-ce qu'un seul instant de regarder Severus de travers, Malfoy, et je te le ferai regretter, » siffla le Gryffondor. « Tu n'as pas idée à quel point. »
Avant que l'autre garçon n'ait pu riposter, il s'était effacé pour le laisser passer et se dirigeait vers Snape. Une seconde plus tard, un chat noir au poil légèrement hérissé sautait sur l'épaule du maître des potions.
Le sorcier lui jeta un regard noir de reproche, mais ne dit pas un mot tandis qu'ils se dirigeaient vers le couloir, Malfoy en tête, sous la menace de la baguette d'obsidienne de son directeur de maison.
Les couloirs étaient effectivement fréquentés à cette heure, et Harry décida rapidement que se faire poursuivre par un loup enragé était un faible prix à payer pour ce spectacle. Le front haut, Draco passa au milieu des Serpentards sans ciller ni se retourner une seule fois, sous les regards perçants et parfois moqueurs de ses camarades. Fidèles à leur réputation, ceux-ci ne firent guère grâce à leur icône déchue… quelques moqueries et sifflets fusèrent, et l'ouïe aiguisée de Shadow capta quelques petites remarques bien senties. « Bien mérité… pas trop tôt… traître… plus si fier… comme son père… imbécile… mangemort… »
Mais sa satisfaction retomba rapidement en constatant que la moitié des regards haineux n'étaient pas dirigés contre Malfoy, mais bien contre lui et Snape qui poursuivait son chemin, impassible.
La traversée des étages supérieurs, en revanche, fut plus tumultueuse. La rumeur semblait s'être rapidement propagée et les élèves de toutes les maisons s'étaient réunis pour assister au spectacle. Et décidément, Malfoy n'était guère plus populaire chez les Poufsouffles et les Serdaigles que chez les Gryffondors, constata Harry. Les quolibets se faisaient plus bruyants au fur et à mesure qu'ils avançaient et que la rumeur se propageait, et Snape fut bientôt obligé de lancer des regards menaçants de part et d'autre pour calmer l'excitation générale.
Shadow, sur son épaule, triomphait. Tout du moins, jusqu'à ce qu'un sort ne jaillisse de la foule, manquant de peu d'atteindre Draco qui fit un bond sur le côté, sa main cherchant instinctivement sa baguette.
Snape jura et lança un protego sur lui-même et Malfoy qui s'était rapproché, tandis qu'autour d'eux les élèves cherchaient fébrilement le coupable. Sans attendre, Severus poussa Draco par l'épaule.
« Celui qui a tenté cela aura à en répondre, soyez-en certains », siffla-t-il en toisant le groupe d'élèves. « Et maintenant, dispersez vous ! Vous n'êtes pas au spectacle ! Les herzats de troll que je surprendrai encore à traîner dans les couloirs dans dix secondes en seront quittes pour une dissertation sur les propriétés des yeux de manticore dans la potion d'éviscération ! »
Il y eut un murmure sourd parmi les élèves, et tous se mirent à chercher l'issue la plus proche. Du moins, presque tous.
« Il n'y a pas d'œil de manticore dans la potion d'éviscération, professeur » fit une voix calme.
« Mlle granger, » grogna Snape, « vous vous portez volontaire ? »
« Il n'y a pas non plus de potion d'éviscération, » continua la jeune fille.
« Il pourrait bien y en avoir une très prochainement si vous ne disparaissez pas dans la seconde ! » répliqua Severus en se mettant en route. Sur son épaule, le chat lança un regard plein de sympathie à son amie.
« Professeur, est-ce que je peux vous aider ? » se décida enfin à demander Hermione. « Vous voulez que j'emmène Harry ailleurs ? Ou que je vous escorte ? »
« Merlin, et puis-je savoir ce qui a pu vous laisser croire que j'avais besoin d'une escorte ? » demanda Snape, visiblement irrité.
« Je ne sais pas au juste, » répondit honnêtement Hermione, « mais un loup a été vu dans Poudlard il y a quelques minutes et j'ai croisé le professeur Lupin qui semblait hors de lui. Si Poudlard est à nouveau attaqué, je pense qu'Harry sera la première cible et vous semblez avoir déjà les mains pleines, sans vouloir vous offenser, professeur. »
« Je contrôle parfaitement la situation, Mlle Granger, et non, Poudlard n'est pas attaqué. Ou tout du moins, plus. Quant au professeur Lupin, je ne vois pas ce que vous attendez d'autre d'un loup-garou. Les sautes d'humeur font partie de sa personnalité. »
La jeune fille serra les dents, mais ne bougea pas.
« Quoiqu'il en soit, professeur, avec votre permission… »
« Avec ma permission vous allez rejoindre votre salle commune. » fit ironiquement Snape, ignorant les griffes pointus qui perçaient à travers ses robes. « Et sans attendre, si vous ne voulez pas que je retire des points à votre maison, »
Les lèvres d'Hermione se pincèrent en une ligne blanche.
« Comme vous voudrez, professeur. J'espère seulement que le professeur Lupin ne trouvera pas Loki. Il est très occupé à le chercher, actuellement. »
Snape laissa échapper un soupir irrité.
« Très bien, Mlle Granger, rendez vous utile et allez trouver le loup-garou de service. Dites lui de monter dans le bureau du directeur immédiatement. Je me demande d'ailleurs pourquoi cet imbécile n'y est pas déjà… incapable de respecter les ordres, comme toujours. »
La jeune fille se raidit, mais hocha la tête.
« Harry, tout va bien ? »
Le chat noir cligna des yeux, la tête sur le côté dans ce qui représentait son meilleur sourire. Hermione le lui rendit, avant de finalement se décider à se mettre en route. Elle disparut au bout du couloir sous le regard agacé des deux Serpentards.
« Cette fille doit vraiment apprendre à se mêler de ses affaires, » grommela Draco.
« C'est certain, » répondit Snape. « Mais ce n'était pas là le but de Mlle Granger. Peu importe, en avant, inutile de traîner dans les couloirs. Vos fans semblent de sortie, M. Malfoy. »
Le garçon se remis en route sans un mot, le dégoût clairement visible sur son visage, et Snape aurait pu jurer avoir entendu le chat sur son épaule pouffer de rire.
Le reste du trajet se déroula sans embûche et les trois sorciers pénétrèrent dans le bureau du directeur qui les attendait, solennel, devant la cheminée.
« Eh bien eh bien » fit-il alors que Draco Malfoy s'avançait pour lui faire face traînant légèrement les pieds. « Nous avons donc là une affaire qui dépasse le cadre des Maisons, Severus ? »
« Si vous considérez qu'une tentative de meurtre en fait partie, alors oui » répondit le directeur de Serpentard.
« Oh, vraiment ? M. Malfoy ? »
« Ce n'est pas tout à fait cela, je n'ai cherché à tuer personne » protesta Draco. « Et j'aimerai que l'on se rappelle que j'ai sauvé Potter, une bonne fois pour toutes ! »
« Voici qui promet d'être intéressant » répondit Dumbledore de sa voix calme. « Si vous voulez bien vous asseoir, jeune homme ? »
Se composant une expression digne, Draco prit place dans le fauteuil le plus proche avec grâce. Snape, à ses côtés, croisa les bras sur sa poitrine et resta debout, au grand plaisir de Shadow, au premières loges pour le spectacle.
Il ne fallut que quelques minutes à Draco pour relater l'incident, et à Severus pour expliquer l'arrangement dont il avait été question. Mais à la surprise d'Harry, le directeur ne sembla pas particulièrement ravi de l'idée.
« Vraiment, Severus, je ne sais pas si c'est raisonnable, » fit-il lentement.
« Raisonnable ? » répéta Snape, glacial. « Vous préféreriez renvoyer Draco au Seigneur des Ténèbres ? »
« Je n'ai pas dit cela, » dit Dumbledore avec un geste d'apaisement. « Mais votre idée de faire rester M. Malfoy à Poudlard me semble pour le moins risquée. Il vient après tout d'avouer avoir envoyé un loup tuer un de ses camarades. »
« Et que préconisez vous ? » grinça Snape.
« Le crime est grave, il me semble que l'exclusion serait la moindre des mesures à prendre, en ces circonstances, bien qu'il ne soit évidemment pas question de renvoyer le jeune Draco à son maître… ou en l'occurrence à ses parents. »
« Oh vraiment ? » fit Severus d'une voix soudain bien trop calme. Shadow sentit son cœur se mettre à battre plus fort. La colère subite qui avait envahi l'homme en noir avait quelque chose de terriblement amer, de terriblement rouge… « Eh bien, il me semble que le cas s'est déjà présenté dans les annales de Poudlard, et ce sous votre règne, directeur. Un élève envoyé par un autre à une mort certaine dans l'antre d'un loup, cela vous rappelle t-il quelque chose ? »
Il sembla à Shadow que le directeur avait sursauté, ses épaules soudain raides.
« Severus, il s'agit de tout à fait autre chose, et dans le cas dont vous parlez, le drame a été évité par un proche du fauteur de trouble… »
« Draco a également évité le drame en sauvant Harry au dernier moment » fit Snape d'une voix suave. « Je vois, pour ma part, beaucoup de ressemblances entre les deux affaires. Et si ma mémoire est bonne, aucun des coupables du cas précédent n'a été renvoyé de Poudlard. »
Shadow tressaillit. C'était donc cela… le regard malheureux de Dumbledore, l'étincelle de défi dans celui de Snape… Severus utilisait sa propre histoire pour sauver Draco.
« Il y avait toutefois une différence, » fit finalement le directeur. « La Marque, Severus. M. Malfoy, si j'ai bien compris, la porte. »
« Il n'est pas le seul dans ce cas » rétorqua Snape. « Et une fois de plus, je crois qu'un rapprochement serait tout à fait intéressant. Où serait-ce juste une question de maison ? Qu'un directeur de maison favorise la sienne semble relativement justifié, mais qu'en est-il du directeur de l'école, Albus ? N'êtes-vous pas censé les représenter toutes de manière impartiale ? »
« Severus, » répondit Dumbledore d'un ton d'avertissement, « vos insinuations sont déplacées et infondées. Tous les élèves de ce collège sont traités à égalité, quelque soit leur maison. Il s'agit ici d'une affaire grave, de la mise en danger d'un ou plusieurs élèves, d'une attaque délibérée et préméditée ! »
Snape ne répondit pas, et se contenta de fixer le directeur d'un air plein de défi, une ombre de sourire figé sur son visage. Quelques secondes passèrent, les deux professeurs se toisant tandis que les élèves retenaient leur souffle.
Ce fût Dumbledore qui baissa le regard le premier, soupirant.
« A quoi songez-vous au juste pour la suite, professeur ? Vous serez d'accord avec moi pour dire que la faute de M. Malfoy ne peut toutefois pas rester impunie. »
« Pas plus qu'il ne peut retourner avec ses camarades à Serpentard, non, » admit Severus, clairement satisfait de sa petite victoire. Shadow pouvait sentir qu'il était apaisé à présent, et également plus serein. La victoire, après tout, n'était peut-être pas si petite que cela, songea-t-il…
« Je suggère que Draco reste pour l'instant dans les cachots, en tant que prisonnier, » continua Snape. « Et ce sous la bonne garde de M. Rusard, ainsi que des différents directeurs de maison. »
A ces mots Draco tressaillit et jeta un regard désespéré à Snape.
« Les cachots, Severus ? » demanda Dumbledore, surpris. « Ils n'ont pas reçu de locataire permanent depuis bien longtemps ; ils sont certes habitables, mais je doute qu'ils constituent un environnement très sain à long terme. »
« Une semaine, » trancha Snape. « De cette façon, nous aurons le temps de gérer à la fois le Ministère et la famille Malfoy, et de décider de la suite des évènements. »
« Severus, c'est une plaisanterie, je ne vais pas rester une semaine dans cette espèce de cave insalubre ! » s'indigna Draco, qui s'était soigneusement tu pendant les délibérations.
« Dois-je vous rappeler, M. Malfoy, que vous avez tenté de faire tuer un élève ? » demanda Snape d'un ton glacial. « Auriez-vous oublié mon petit discours de bienvenue sur le sujet ? Non ? C'est ce que j'espérais. A présent vous allez affronter les conséquences, qu'elles vous plaisent ou non. Et quoique vous puissiez penser de la solidarité des Serpentards, n'oubliez jamais la règle de base : les intérêts des uns s'arrêtent là ou commencent les intérêts des autres. Une leçon précieuse, croyez-moi, et ce n'est que le début. »
Le regard de Draco navigua un instant entre les yeux noirs du professeur et ceux, verts et rieurs, du chat. La surprise et la trahison étaient claires sur son visage, et Shadow sentit une douce chaleur l'envahir. Severus avait défendu Draco, oui… mais il allait tout de même lui faire payer son attaque contre lui.
A leurs côtés, Dumbledore soupira.
« Je suppose qu'il ne me reste plus qu'à envoyer un hibou à la famille Malfoy. Lucius voudra reprendre son fils, bien évidemment. »
« Et il faudra donc appeler le Ministère, » conclut Snape. « C'est inévitable, dans ce cas. Quant à… »
La porte du bureau fut ouverte à toute volée et les quatre sorciers se retournèrent pour voir entrer un professeur Lupin échevelé, à bout de souffle et visiblement fou d'inquiétude.
« Il est là ? Vous l'avez trouvé ? » demanda-t-il aussitôt.
« Peut-être vaudrait-il mieux appeler Argus avant de continuer cette conversation, » suggéra Snape.
« Une sage idée, » acquiesça Dumbledore en faisant signe à Rémus de s'asseoir, avant de se diriger vers la cheminée. Un instant plus tard, Argus Rusard pénétrait dans le bureau, l'air satisfait.
« Où est-il ? Où est-il ? Ahhhhh ! » apercevant Malfoy, il se frotta les mains. « Viens ici, toi ! Au cachot, mon garçon, tonton Rusard va bien veiller sur toi, oh que oui ! »
Draco se leva lentement, non sans un dernier regard désespéré pour son directeur de maison. Mais Snape resta inflexible et le garçon suivi le concierge vers la cheminée, semblant avoir soudain perdu dix bons centimètres.
Rusard le suivit en riant tout bas, visiblement satisfait, et les flammes vertes se refermèrent sur eux, laissant un grand silence dans le bureau.
Ce fut Rémus qui, de manière prévisible, le rompit :
« Vous avez des nouvelles ? » demanda-t-il fébrilement, ses mains tordant nerveusement sa veste élimée.
Snape lui jeta un regard méprisant, mettant un pas de plus entre eux.
« Je regrette, Rémus, » fit doucement Dumbledore, « je crains que Loki n'ait quitté les lieux immédiatement après avoir été repéré. »
« Mais il est possible qu'il… enfin… j'ai suivi sa trace, à l'odeur, et elle était très présente à plusieurs endroits. »
« Draco Malfoy lui a permis de rentrer et de sortir grâce à la Salle sur demande, » expliqua le directeur, « mais cela fait bien une heure qu'il a pu s'enfuir. »
« Merlin, » soupira le loup-garou. Puis, tournant son regard vers Shadow : « Harry, est-ce que tu vas bien ? Il ne t'a rien fait, n'est-ce pas ? »
Le grondement qui sortit de la gorge de Snape coupa court à toute réponse.
« Espèce de parfait petit imbécile ! Je croyais que vous étiez censé contrôler cet animal ? Je croyais que ce genre d'attaque ne devait plus se reproduire ? »
« Voyons, Severus, soyez raisonnable… » commença Dumbledore. Mais les deux professeurs l'ignorèrent, et Rémus bondit sur ses pieds, chancelant.
« Je suis tellement désolé, je n'ai pas eu le temps, j'ignorais qu'il s'apprêtait encore à… Oh, Merlin, je te demande pardon Harry, je t'assure que je ferai tout ce qui est en moins pouvoir pour l'arrêter ! La prochaine fois qu'il sera là… »
« La prochaine fois ! » rugit Snape, la fureur dessinant des plaques rouges sur son visage. « Si jamais cette bête remet les pieds à Poudlard ou où que ce soit à moins de cent mètres d'Harry, je l'abattrai avant qu'il n'ait eu l'occasion de dire bonjour ou merci ! »
A ces mots, Shadow sauta à terre et se retransforma.
« Non, Severus, s'il te plait ! » plaida-t-il. « J'aurai pu me défendre, tout à l'heure, quand il m'a sauté dessus, mais je ne voulais pas prendre le risque de le blesser, il faut laisser une chance à Rémus ! »
Mais le garçon réalisa aussitôt que ce n'avait pas été la bonne chose à dire. Si Snape avait été furieux avant, ce n'était rien en comparaison des vagues de rage qu'il sentait parcourir le maître des potions…
Severus tourna son regard noir vers Rémus qui semblait tétanisé.
« Vous avez entendu, sombre demeuré ? Voilà ce que vos beaux sentiments ont fait ! Splendide stratégie, sentimentalisme criminel qui a faillit coûter la vie à mon fils ! » cria-t-il.
Les quatre sorciers sursautèrent à ce mot, Snape y compris. Sa colère sembla retomber, mais seulement pour une seconde.
« Je ne le permettrai pas, Albus, » fit-il en se tournant vers Dumbledore. « Je me fiche de tous vos plans et de belles théories familiales, vous avez tous perdu la tête. Si je croise Loki, la dernière chose qu'il aura l'occasion de voir sera un éclair vert. »
« Severus, je t'en supplie, laisse lui une chance ! » implora Rémus « Je sais que je peux le faire changer ! »
« Une chance ? » gronda Snape. « Une chance de tuer Harry ? Cette comédie a assez duré, je n'ai pas changé d'avis sur les loups et autres loup-garous depuis l'époque où j'étais élève dans ce collège ; Albus, vous m'avez confié la protection d'Harry, assumez-le ! » Puis, alors que Dumbledore s'apprêtait à répliquer, il leva son bras gauche et plaqua sa main sur son avant bras couvert. « Il y a une raison pour laquelle je porte ce tatouage. Ne me prenez pas pour un chien de salon, directeur. Jamais. »
Les lèvres de Dumbledore se refermèrent et il hocha la tête, ses yeux étincelants.
« Rémus, mon garçon, peut-être vaudrait-il mieux que nous parlions de cela plus tard. »
« Mais c'est vous qui m'avez fait venir ! » protesta le professeur.
« Non, c'est moi, » répliqua froidement Snape. « Pour éviter que vous ne continuiez à ameuter tout le collège sur le loup qui nous a attaqué, et votre relation avec lui. Mlle Granger a eu l'intelligence de venir me trouver pour me prévenir de votre comportement suspect. »
« C'est tout à fait déplacé ! » se défendit Rémus. Mais Dumbledore ne chercha pas à le défendre cette fois. De toute évidence, le maître de la scène à cet instant était Severus, et Harry s'en sentit subitement fier. Sans préavis, il se changea à nouveau en chat et sauta sur l'épaule de son Homme en noir.
Rémus s'avança maladroitement.
« Harry, je ne peux pas te dire à quel point je suis désolé… je voudrai vraiment te parler, quand tu auras le temps. N'hésite pas à venir me voir, je peux t'assurer que tu seras en sécurité. Je t'expliquerai tout ce que tu souhaites savoir. » Il prit une grande inspiration et se tourna vers Snape qui l'observait, les bras croisés, le regard plus froid que jamais. « Severus, je te présente toutes mes excuses pour ce qu'a fait Loki. Je veillerai à ce que cela ne se reproduise plus, de toutes mes forces. Harry est très important pour moi, j'espère que tu le sais… »
Severus hocha imperceptiblement la tête, et Rémus recula vers la porte.
« Tenez-moi au courant si vous avez des nouvelles. Je serai dans mes quartiers, à votre disposition. »
Le loup-garou avait l'air si malheureux à cet instant que Shadow fut tenté de bondir pour le réconforter. Mais la mauvaise humeur de Snape commençait tout juste à redevenir sous contrôle, et ce n'était probablement pas le moment de le provoquer de cette manière… Rémus sortit, accompagné par Dumbledore qui lui parlait tout bas, et Harry songea que c'était la première fois qu'il trouvait une ressemblance entre le professeur et Draco Malfoy : leur air absolument piteux en sortant du bureau.
Dumbledore ne tarda pas à revenir vers eux, seul, et Shadow crut voir une certaine appréhension sur les traits du directeur. Il ne tarda pas à comprendre pourquoi quand Snape laissa à nouveau libre cours à sa colère.
« Albus, pouvez vous m'expliquer comment une brèche aussi énorme dans la sécurité de l'école a pu être laissée de côté ? » tonna-t-il.
« Severus, mon garçon, vous admettrez que cette entrée était un des secrets de Poudlard quasiment impossible à deviner, » tenta de l'apaiser le directeur.
« Mais en tant que directeur, vous en aviez connaissance ! »
« J'ai bien peur que non, » soupira Dumbledore. « Si vous prenez ma place un jour, vous verrez que le manuel du directeur de Poudlard est pour le moins succinct, et ne fait mention que des passages secrets découverts par les directeurs successifs. J'ai été le premier étonné en apprenant l'existence de ce tunnel et j'ignore comment M. Malfoy a pu en avoir connaissance. »
Severus se mit aussitôt à faire les cent pas, le chat perché sur son épaule dans un équilibre précaire.
« Hagrid, c'est forcément Hagrid. J'aurai volontiers accusé les Maraudeurs, mais je présume que même Lupin n'est pas assez stupide pour donner ce passeport pour tuer à son fils. »
« Severus, nous n'en savons rien, inutile de faire des hypothèses dans le vent, » fit Dumbledore. Mais rien ne semblait pouvoir calmer le professeur de potions.
« Inutile ? Ce collège est une passoire ! Comment suis-je censé laisser Harry et les autres élèves circuler librement si ce tueur peut entrer à tout moment ? » s'écria-t-il.
« Le tunnel sera fermé dès ce soir, j'y veillerai, les elfes sont d'ores et déjà en train de s'occuper du problème. L'école est bien surveillée, Severus, vous le savez, Harry doit rester sur ses gardes mais les risques restent minimes… en dehors bien-sûr des élèves du collège qui voudraient s'en prendre à lui. »
Et en particulier des Serpentards, songea Harry. Il pouvait sentir Snape bouillir de colère, mais il ne répliqua pas.
« Demain, je me chargerai de faire le tour de l'école en compagnie des autres directeurs de maison. Nous chercherons chaque faille, chaque petite menace potentielle, et nous tacherons d'y remédier, » décida-t-il d'un ton morose.
« Je suis certain que vos collègues seront ravis de vous accompagner, » acquiesça Dumbledore. « Cependant, cela devra attendre un jour ou deux. Il y a une question qui a été longtemps repoussée et qu'il faut à présent examiner, j'en ai peur, concernant la succession des Dursley. Le Ministère m'a contacté aujourd'hui, l'affaire devient urgente. »
Shadow se raidit à ce nom. Les Dursley… la maison ! Il l'avait complètement oubliée !
La main rassurante de Snape vint frôler son flanc et il s'ébroua, attendant la suite.
« Harry devra se rendre demain si possible sur place pour décider de ce qu'il souhaite garder, et faire de la maison. Accompagné, bien entendu, d'une escorte, » fit Dumbledore.
Aussitôt, le chat leva une patte et tapota le crâne de Snape avec enthousiasme. Le directeur, qui affichait précédemment un air aussi sérieux et grave que les circonstances l'exigeaient, paru soudain avoir le plus grand mal à se retenir de rire.
« Je crois que tout le monde a compris, » fit Severus avec une grimace. « Ca suffira, Harry. Je viendrai. »
Satisfait, le chat se réinstalla.
« Demain matin, donc, si possible, » acquiesça Dumbledore avec un sourire en coin. « Et Harry, peut-être devrais-tu rendre visite à Mme Pomfrey pour vérifier que tu n'es pas blessé ? »
Shadow répondit d'un miaulement grave en secoua énergiquement la tête. Pas maintenant. Il n'était pas blessé, et il ne voulait pas quitter son homme en noir ! Dumbledore et les autres auraient beau dire ce qu'ils voulaient, la vision d'un énorme loup blanc le poursuivant dans les couloirs pour le réduire en charpie était encore trop fraîche.
« Harry va rentrer avec moi pour l'instant et nous verrons après cela si c'est nécessaire, » trancha Snape. Depuis quand était-il si autoritaire, se demanda Shadow ? Mais pour l'instant, il n'y voyait aucune objection. « Au fait, avez-vous des nouvelles des papiers ? » demanda le professeur au directeur.
« Ils sont en bonne voie, mon garçon, » répondit Albus. « J'attendais votre feu vert. »
« Vous l'aurez ce soir, » fit Snape en hochant la tête, laissant un Shadow particulièrement frustré de ne pas comprendre. Un miaulement aigu à son oreille le rappela à l'ordre. « Ca suffit, sale bête. Tiens toi bien, nous redescendons et je ne veux pas de comédie dans les couloirs ! »
Décidément, songea le chat, Severus n'était pas de bonne humeur… pourtant, c'était bien lui qui venait de manquer de se faire dévorer !
« Me-o-ow ! »
« Je songe très sérieusement à acheter une muselière. »
« MEOOOOOW ! »
« D'accord, d'accord, très bien, tout ce que tu veux mais épargne mes tympans. Calme-toi, Harry, nous redescendons aux donjons pour discuter de notre excursion de demain et tu seras libre de faire ce que tu voudras. Albus, je vous demande juste de m'accorder cette fin de semaine pour m'occuper des affaires en cours, après quoi je reprendrai mon poste. »
« Etes-vous sûr que c'est bien raisonnable, mon enfant ? » demanda Dumbledore, les sourcils froncés.
« Ma magie est revenue à un niveau suffisant, il n'y a aucun raison pour que je diffère mon retour plus longtemps. Je m'arrangerai pour entraîner Harry le soir et pendant les périodes libres. De plus… » il eut un fin sourire. « vous ne voudriez pas priver mes élèves de ma présence plus longtemps ? »
Dumbledore rit doucement et hocha la tête.
« Comme vous le préférez, Severus, bien évidemment. Mais si vous estimez que votre travail avec Harry est plus important, vous ne devez pas hésiter. »
« Harry gagnera plus à assister normalement aux cours, dans la mesure du possible, qu'à rester isolé. Rester seul ne lui vaut rien, comme l'a prouvé la mésaventure d'aujourd'hui, » répliqua Snape.
Shadow fit mine de s'intéresser subitement à Fawkes, sa queue battant négligemment la mesure. D'accord, il s'était peut-être un peu égaré hors des limites autorisées… mais quoi, il ne pouvait tout de même pas rester confiné dans la Tour toute sa vie !
« Dans ce cas, j'attends votre message ce soir, » fit Dumbledore. « Pour l'instant, je vais m'assurer que le calme est revenu et que la sécurité est optimale dans l'enceinte de Poudlard. »
« Sage décision, » fit ironiquement Snape. Les yeux du directeur brillèrent de quelque chose qui n'était ni du plaisir ni de l'humour, mais Severus n'en tint pas compte et se dirigea vers la sortie, Shadow sur son épaule.
La porte se referma sèchement derrière eux et le sorcier descendit les escaliers d'un pas raide. S'il y avait une chose dont Shadow était sûr à cet instant, c'était que Snape était particulièrement satisfait, une satisfaction qui lui laissait un goût étrange dans la bouche… des images du bureau du directeur défilèrent dans sa tête ; un bureau légèrement différent, un Dumbledore un peu plus jeune et un Snape encore adolescent bouillant de rage et d'impuissance. Ce jour-là, Severus était sorti de la pièce avec un sentiment d'amère défaite et de profonde injustice ; une blessure qui venait seulement de se refermer, réalisa Harry. D'une certaine façon, l'homme venait de régler ses comptes, et Dumbledore l'avait sans doute bien compris.
Ils avaient à peine eut le temps de faire quelques pas dans le couloir qu'ils croisèrent McGonagall, se dirigeant à grands pas vers le bureau, l'air préoccupé. Son visage se détendit toutefois en apercevant le professeur et le chat toujours perché sur son épaule.
« Severus ! Est-ce que tout va bien ? » demanda-t-elle, empressée.
« Personne n'est mort ni blessé, si c'est là votre question, » répondit le sorcier avec mauvaise humeur.
« Merlin soit remercié, » soupira McGonagall. « La cible était elle bien votre… chat ? »
« Qui d'autre ? » grinça Snape.
« Je ne comprends pas, nous avions pourtant pris toutes les précautions possibles… »
« Eh bien, ce n'était pas suffisant. Je suggère que nous fassions le tour des failles que peut présenter le château dès demain, après-demain au plus tard. Ce genre d'attaque n'est pas tolérable ! »
« Ais-je bien compris, un de vos élèves serait impliqué dans l'attaque d'aujourd'hui ? » poursuivi la sorcière.
« En effet, » admit Severus. « Il est sous bonne garde au fond des cachots à l'heure qu'il est. Et puisque nous en sommes au compte rendu des maisons, je vous serais reconnaissant de museler votre loup-garou de service ; il n'est plus question que ce genre d'attaque se reproduise ! »
« Severus, je sais que vous désapprouvez la présence de Rémus au château mais vous devez être raisonnable, nous avons besoin de lui, en particulier maintenant… il est temps de laisser ces rivalités de jeunesse de côté. »
« Désapprouver ? » rugit Snape, la colère le gagnant à nouveau. « Je ne la désapprouve pas, je la réprouve, et nous avons là une fois de plus la preuve qu'un loup-garou au collège n'est qu'une source d'ennui et de danger pour les élèves ! Mais puisque celui-ci semble avoir marqué son territoire chez vous, avisez-vous donc de le faire stériliser, voilà qui devrait résoudre la moitié du problème ! »
Et sans attendre de réponse, le professeur tourna les talons sous le regard indigné de McGonagall et se dirigea vers les donjons, ses robes noires virevoltants dangereusement autour de lui. Les rares élèves qui rodaient encore dans les couloirs ne perdirent pas de temps pour s'enfuir, ne connaissant que trop bien la menace que représentait un Snape furieux.
Mais l'aura menaçante du maître des potions, également connu sous le surnom de vampire des donjons, n'eut aucun effet sur Sybille Trelawney, qui courut à la rencontre du professeur, les yeux écarquillés.
« Je l'avais vu ! Je l'avais vu ! Je vous avais prévenu, M. Potter, un grand malheur, le sinistros ! » s'exclama t-elle, en extase devant le chat.
« Sybille, je suis persuadé d'avoir entendu une de vos boules de cristal vous réclamer, » fit sèchement Snape sans s'arrêter.
« Severus, vous ne comprenez pas, le Grand Chien est après lui ! Il faut absolument le protéger des ombres jaunes qui le guettent ! Une purification, immédiatement, avant que le grand malheur ne s'abatte ! Je l'ai vu, je l'ai vu dans les feuilles de thé, le combat entre le loup et le chat, les frères ennemis, deux destins perdus et retrouvés qui… »
« Et cela vous aurai ennuyé de prévenir quelqu'un, à tout hasard le directeur, que vos précieux talents avaient trouvé une utilité pour la première fois en trente ans de service ? » cingla Snape, qui accéléra légèrement l'allure.
« Vous n'êtes qu'un hérétique inculte et totalement hermétique à l'art subtile de la divination ! » glapit Trelawney. « Ne voyez vous pas que ce garçon a un destin exceptionnel et tragique devant lui ? Je l'avais prédit, les ombres qui… »
« Sybille, » l'interrompit Severus en s'arrêtant net, « rendez-vous utile, et demandez donc à vos boules de cristal, feuilles de thé et autres sympathiques artefacts par quelle porte dérobée le Grand Sinistros va-t-il frapper la prochaine fois. Je veux une localisation précise, ainsi qu'une date et une heure. Et bien entendu, le moyen de contrer l'ombre en question. »
« Mais enfin, c'est impossible, » bafouilla la jeune femme en trébuchant sur ses robes. « La divination est un art de l'interprétation, pas un horaire de chemins de fer ! Je ne peux que supposer… prévoir… »
« Eh bien dans ce cas, commencez à fouiller méthodiquement votre fichue tour à la recherche de toutes les issues possibles, et tenez vous à distance de mon chat si vous ne voulez pas être vous-même victime d'un destin cruel à base de potions ! » aboya Snape en se remettant en route, laissant sa collègue bouche bée et pétrifiée.
Shadow, sur son épaule, jeta son meilleur regard félin-et-mystérieux, jubilant intérieurement. Les prédictions de Trelawney lors de sa troisième année avaient bien failli lui coûter sa relation avec Sirius, sinistros malgré lui, et son irritation à entendre à nouveau ces stupidités avait été proche de celle de Severus.
Ce fut avec soulagement qu'ils pénétrèrent enfin dans leurs appartements, sans avoir croisé d'autre cible pour la colère de Snape.
Sans attendre, Shadow sauta à terre et se retransforma.
« Merlin, je ne veux plus jamais sortir d'ici, » soupira Harry en se laissant tomber sur le canapé. « Cette journée était totalement dingue. D'abord Loki et cette attaque, et puis Malfoy… vous croyez qu'il est sincère ? Qu'il veut vraiment changer de camp ? » demanda-t-il.
« Draco veut seulement sauver sa peau et son âme, » répondit Severus en posant deux verres sur la table basse. « Il n'a pas l'étoffe d'un mangemort, contrairement à son père. Lucius aurait du le savoir depuis longtemps ; mais je suppose qu'il n'a guère eu le choix. Quoiqu'il en soit, c'est à nous de faire en sorte qu'il épouse sincèrement notre cause à partir de maintenant. Tu as fait le bon choix, Harry, je suis fier de toi. Je me doute que ce n'a pas été une décision facile. »
Harry grimaça.
« Oui, eh bien, je n'avais pas tellement le choix non plus, pas vrai. Je ne peux pas dire que ça m'enchante, mais je n'allais pas le laisser retourner au camp d'entraînement des jeunesses Voldemoriennes… »
Severus hocha la tête en se détendant dans son fauteuil.
« Quoiqu'il en soit, la suite ne sera pas facile pour Draco. Il faudra continuer à le surveiller de près, et à l'encourager. »
« Quand il sera sorti de son cachot, vous voulez dire, » fit Harry avec un large sourire.
Snape s'autorisa un demi-sourire.
« Je me doutais que cette option te plairait. Une fois de plus, c'était nécessaire. Serpentard ou pas, il n'est pas question que je laisse un de mes élèves s'en prendre à toi et s'en tirer à bon compte, Harry, mon discours de début d'année était tout à fait sincère, j'espère que tu le réalises. »
« Maintenant, oui, » répondit Harry, sentant une douce chaleur l'envahir. « J'avoue que j'avais un peu peur … vous savez, Malfoy, votre préféré… mais oui, je suppose que je suis rassuré maintenant. »
« Je connais Draco depuis sa naissance, » acquiesça Severus, « c'était un petit garçon très intelligent, mais il a toujours été capricieux et bien trop orgueilleux pour son bien. Les résultats de son éducation, évidemment. Je n'ai malheureusement jamais eu beaucoup d'influence sur lui, le faire obéir est souvent un véritable défi… »
A nouveau, Harry grimaça.
« A ce sujet, je suis désolé, Severus. Pour être sorti sans escorte, je veux dire. Je sais que tu me l'avais interdit, j'ai juste… » il haussa les épaules. « Je n'avais pas de raison valable, en fait. »
« Non, tu avais juste envie de te promener dans le château comme bon te semblait, » soupira Snape, « et je ne peux certainement pas te le reprocher. Je t'ai laissé plus d'une fois te promener seul quelques minutes ces derniers jours, Harry, je ne tenais pas à ce que tu te sentes en permanences en danger dans l'enceinte de Poudlard. Une erreur, visiblement, mais que je compte rapidement réparer. Mais jusqu'à nouvel ordre, reste toujours avec tes amis ou un adulte, même dans ta salle commune ou le dortoir. Sirius Black avait bien réussi à y pénétrer, après tout… »
« Vous voulez dire que… je peux continuer à dormir là bas si je veux ? » demanda Harry, qui n'en espérait pas tant.
« Je peux difficilement t'en empêcher, » répondit le professeur. « Et ce ne me semble pas déraisonnable, je présume que McGonagall montera bonne garde à partir de maintenant, dans tous les cas. »
« Sans doute, » admit Harry. « Mais… ça vous dérangerait si je dormais ici ce soir ? »
La petite étincelle de plaisir du professeur n'échappa pas au garçon, qui se sentit doublement heureux de l'avoir demandé.
« Tu peux rester ici tant que tu le souhaites, Harry, tu le sais bien. Le directeur n'y voit pas d'objection. »
« C'est peut-être idiot, mais je crois que je me sentirai plus en sécurité, » admit le garçon. « J'irai chercher mes affaires après le repas. Il faudra quand même que je raconte ce qu'il s'est passé à Ron et Hermione, ils m'en voudraient à mort. Mais après… »
Il sourit.
« Je rentre à la maison. »
Un chapitre betaé en urgence et en pleine nuit ( payé double ) par QuidamSnape, qui a fait du super boulot ;-)
J'espère que les amoureux de Draco seront contents, parce que je ne suis pas prete de le sortir de ses cachots celui la, je suis nuuulle en Draco ( et en Rémus et en Ron, je sais, mais Rémus je me soigne ) ! Et encore plus en Draco en mode SOS ! Bon, il reviendra tout de même, on a besoin de lui… plus ou moins !
Au passage, le nouveau chapitre que j'ai traduit de Une Année Sans Pareille, d'Aspen, est publié : faites une rapide recherche google c'est facile, et ça vaut le coup !
A voir aussi un magnifique Fanart de Dreyy sur mon LJ, une spleeendide aquarelle !
Et un gros merci comme toujours pour les super reviews que je continue à recevoir, ça me booste toujours autant pour écrire, et je viens de commencer une nouvelle fic pour remplacer Journey, qui sera probablement bientôt disponible sous le nom de All The Way From Hell ! Je sais, encore un titre en anglais, on dira que c'est une marque de fabrique ! ;-)
Oh, et pour une des questions qu'on m'a posée et qui me revient : je n'ai pas réussi à caser cet épisode ici, mais non, Snape n'a pas oublié l'affaire de la queue verte ! Malheureusement pour Harry…
Un gros, énorme merci à QuidamSnape et par avance à Dalou pour les fautes qu'on a du laisser, et Pacha, j'espère que tu vas bien et que tu nous reviendra bientôt ! Chuis inquiète, moi !
Prochain épisode : un petit tour chez les Dursleys aux conséquences inattendues…
Restez en ligne !
