Disclaimer: I don't own Merlin.

Music: N/A

"Whom History Won't Remember" Episode: N/A

Traduction : Colinou.

Bonne lecture ;)

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Chapitre 38: Les portes d'Avalon ~Partie 2~

C'est une jeune femme ébranlée et frustré qui entra dans sa chambre d'hôte, à peine midi passé. Ça avait complètement échoué. Elle avait été si proche, si proche… N'eut été ces soldats fouillant les bois, qui avaient par erreur tiré dans sa direction et celle d'Arthur.

Le père de Sophia remarqua son entrée, fronçant un peu les sourcils, surpris.

"Tu n'es pas partie aussi longtemps que je l'espérais."

Elle s'arrêta dans son élan, fronçant aussi les sourcils.

"Nous avons été interrompus."

"Que s'est-il passé ?"

Elle se tourna pour lui faire face, un regard de peur confuse dans ses yeux.

"J'ai presque été tuée. Pendant un moment, j'ai senti ce que ce serait de mourir d'une mort mortelle." Son expression se changea en colère, tandis qu'elle crachait presque les derniers mots. "Il m'a sauvé. Quelqu'un de si fragile, si faible, m'a sauvé ! Je ne peux pas supporter d'être comme cela une minute de plus !"

Aulfric s'approcha de sa fille, parlant de réconfort et d'ambition.

"Tu n'auras pas à le faire. Une fois que son cœur sera tien, les portes d'Avalon s'ouvriront une fois de plus pour nous et nous pourrons regagner notre vraie forme."

"J'ai besoin d'un peu plus de temps."

L'expression d'Aulfric devint maintenant un avertissement.

"Tu dois te dépêcher. Le médecin peut nous voir tels que nous sommes réellement."

Sophia renifla doucement.

"Alors il n'est pas le seul… La dame Morgane m'a confronté. Elle craint ses pouvoirs, mais ça ne la gardera pas silencieuse très longtemps."

"Demain, tu dois finir l'enchantement, sinon notre chance de nous débarrasser de ces enveloppes mortelles sera perdue à jamais."

Père et fille se regardèrent l'un et l'autre pendant un moment, avant que Sophia réponde avec un hochement de tête déterminé.

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Ailleurs dans le château, plus tard dans la soirée, Morgane essayait déjà de déjouer leur plan. S'adresser au roi était hors de question, mais peut-être que parler à Arthur pourrait s'avérer plus fructueux. Ou du moins c'était le plan, jusqu'à ce que, après avoir reconnu devant lui qu'elle avait eu un rêve où il était en danger, il avait ri d'elle en pensant qu'elle était jalouse, oui jalouse, de l'attention qu'il portait à Sophia. Plus qu'assez de lui !

Elle fit irruption dans ses appartements, claquant presque la porte derrière elle, faisant sursauter Gwen.

"Il est à la limite absolue ! Son ego pourrait-il être plus grand?"

Gwen s'approcha, les mains jointes, anxieuse.

"Je le devine, ça ne s'est pas très bien passé."

Morgane se tourna vers elle, soupirant et secouant la tête.

"C'était une perte de temps complète. Il s'est moqué de moi, et maintenant il est convaincu que je suis la rivale jalouse de Sophia."

Gwen grimaça avec sympathie.

"Mais que pouvez-vous faire maintenant ?"

Morgane s'assit à sa table de toilette, ramassant une brosse et la passant dans ses cheveux dans une tentative hésitante de se calmer.

"Je ne sais pas. Gaius pense que ce sont juste des mauvais rêve, rien à craindre. Arthur pense que je suis jalouse. Et je ne peux pas le dire à Uther, parce qu'il pourrait me faire exécuter." Elle posa la brosse, perdue. "Suis-je vraiment simplement en train de me faire des illusions ? Penses-tu que je pourrais devenir folle, que tout ça est une sorte d'hallucination folle."

"Ne pensez pas ça !" Gwen se précipita vers elle, ramassant la brosse et reprenant ce que Morgane avait commencé. "Il y a quelque chose chez eux que je n'aime pas non plus. J'ai vu Sophia, le flattant, sortant de son chemin pour obtenir son attention." Elle baissa un peu la voix. "C'est le discours des serviteurs. Merlin a peut-être couvert Arthur aujourd'hui, mais quiconque le connaît bien sait qu'il s'est lui-même fait mettre au pilori. Sophia prépare quelque chose, et il est aveugle à cela comme Arthur l'est. Merlin semble juste penser que l'engouement d'Arthur pour elle est amusant."

Morgane la regarda à partir de la réflexion dans le miroir.

"Et ça me surprend… Il est normalement beaucoup plus vif que ça, non pas qu'Arthur le sache. As-tu essayé de lui parler ?"

Gwen secoua la tête.

"Je n'en ai pas eu la chance. Il a passé toute la matinée au pilori, et tout le reste de la journée à finir toutes ses corvées à cause de ça."

Morgana soupira.

"Essaye de lui parler demain si tu le peux. Il peut peut-être inculquer une certaine raison à Arthur, étant donné que notre prince semble plus enclin à écouter son serviteur que moi."

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C'est avec beaucoup de perplexité que Gwen se tenait là la matinée suivante, regardant Merlin être bombardé de légumes pourris pour la deuxième journée consécutive. Ça devenait plus qu'une plaisanterie, surtout lorsqu'elle avait besoin de lui parler.

La femme de chambre attendit jusqu'à ce que le lancer cesse, avant de marcher jusqu'au pilori et d'y rester avec ses mains sur les hanches en signe de désapprobation.

"Qu'as-tu fait cette fois ?"

Merlin grimaça, pas à cause de la question. Non, il cracha un morceau de navet moisi qui avait réussi à trouver son chemin jusque dans sa bouche. Ceci fait, il lui répondit avec un sourire.

"J'ai euh… oublié de dire à Arthur qu'il était supposé être à la cérémonie d'adoubement ce matin."

Elle croisa ses bras sur sa poitrine, pas dupe.

"Je ne crois pas, Merlin, et nous le savons tous les deux. Tu l'as couvert pour qu'il puisse sortir avec Sophia hier, et tu le fais encore aujourd'hui. Ce n'est pas juste, il prend avantage de toi."

Merlin soupira.

"Ecoute, je fais juste cela en tant qu'ami, et même s'il ne me l'a pas admis en face, je sais par un fait que quelque part dans cet ego démesuré il me voit aussi en tant que tel. Il a rencontré une fille, il s'est épris d'elle, et il y a des chances pour qu'à la fin de la semaine il l'oublie ou qu'elle le laisse tomber. J'espère que ce sera le dernier cas, parce que je pourrais le taquiner."

Il souriait à ce point, Gwen secouant la tête devant son attitude.

"Ecoute, peu importe les raisons, quand tu quitteras le pilori et te seras nettoyé, viens me trouver. Il y a quelque chose d'important à propos de quoi nous devons parler."

Merlin opina, ou du mieux qu'il pouvait avec sa tête dans le pilori.

"Sûr, je le ferai."

Elle se tourna pour s'en aller, avant de s'arrêter pour regarder en arrière.

"Quand pourras-tu sortir ?"

"Après midi… Uther a ajouté deux heures au temps habituel parce que c'est le deuxième jour consécutif que j'ai oublié. Si j'oublie à nouveau, alors…"

Gwen secoua à nouveau la tête et s'en alla, le laissant à son sort de légumes volants pendant qu'elle allait rapporter cela à Morgane.

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Le médecin leva les yeux du livre qu'il lisait, tandis que son pupille entrait dans les appartements encore une fois couvert de boue puante et de pulpe. Il soupira à cette vue, secouant la tête.

"Pas encore Merlin, sûrement "

Le magicien ne semblait pas impressionné, mais pour une raison différente.

"Vous penseriez que le plaisir de bombarder une même personne avec des fruits passerait avec le temps, mais oh non."

Gaius souleva un peu les sourcils, tandis que Merlin commençait à remplir un bassin avec de l'eau venant du baril à la porte et rinçait la crasse de ses cheveux.

"J'ai entendu qu'Arthur n'était pas à la cérémonie d'adoubement."

Merlin sourit.

"Ouais. Il voulait passer le plus de temps restant possible avec Sophia."

Une note de légère désapprobation.

"Donc tu l'as aidé ?"

"Je suis son serviteur, je dois le faire."

"… Tu n'aurais pas dû faire ça, Merlin" Il y avait quelque chose dans son ton qui rendit le magicien attentif et le fit regarder. "Je crains que Sophia ne soit pas entièrement ce qu'elle paraît."

Merlin fronça légèrement les sourcils.

"Pourquoi ?"

Gaius se leva de sa chaise.

"Que sais-tu sur les devins ?"

Merlin haussa les épaules.

"Pas grand-chose. Ils sont supposés être capable de voir le futur, comme les prophètes."

"C'est, dit-on, une capacité innée. Ceux qui le possèdent sont nés avec. Certains ne sont même pas au courant que ce qu'ils voient est l'avenir. Ça leur vient en rêve."

Gaius s'était maintenant assis sur un banc plus près de son pupille, Merlin fronçant encore une fois les sourcils.

"Qu'est-ce que ça a à voir avec Sophia ?"

"La nuit avant qu'elle et Aulfric arrivent à Camelot, Morgane a fait un rêve… Sophia était dedans."

Les sourcils de Merlin se soulevèrent immédiatement de surprise.

"Avant qu'elle arrive à Camelot ?"

Gaius opina, son ton sérieux.

"J'ai observé Morgane depuis qu'elle est toute petite. Et bien que j'aie essayé de me persuader du contraire, j'ai réalisé que certaines choses qu'elle disait avoir vu en rêve arrivaient." Merlin vint s'asseoir à côté de lui, attentif tandis qu'il continuait. "J'ai gardé le secret devant Uther, bien sûr. Le don de prophétie est trop proche du travail de la magie."

Merlin le regarda.

"Vous pensez que Morgane est un devin ?"

Gaius avait l'air sombre.

"Je ne le pense pas. Je le crains… Morgane a dit qu'elle avait rêvé que Sophia tuait Arthur."

"Est-ce que cela ne pouvait pas juste être un rêve ? Peut-être que la femme que Morgane a vu ressemblait juste à Sophia."

Gaius secoua la tête.

"C'est ce que j'espérais. Mais Aulfric m'a surpris dans sa chambre, et dans un éclair de colère… ses yeux ont changé de couleur."

Merlin était maintenant également concerné.

"Qui sont-ils ?"

"Ce n'est pas qui ils sont qui m'inquiète… C'est ce qu'ils veulent d'Arthur."

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Il s'assit là sur le bord de son lit, les yeux lointain comme s'il était en transe ou plongé dans ses pensées. C'est ainsi qu'il était revenu à la cité avec elle, et même maintenant elle tissait sa toile d'enchantement toujours plus près de lui.

"Notre amour est fort. Vous ressentez la même chose ? Si nous étions jamais séparés…"

"Je ne laisserais jamais cela arriver…"

Arthur la regarda dans les yeux, Sophia pratiquement sur lui, sa voix douce comme elle l'attirait toujours plus profondément sous son emprise.

"Vous pourriez ne pas avoir le choix… Il y en a ici qui ne veulent pas que nous soyons ensembles."

"Je ne les laisserais jamais nous séparer."

"Parce que nous nous aimons."

"Parce que nous nous aimons."

Elle sourit.

"Vous devez demander l'autorisation de nous marier. Comme ça nous pourrons être ensembles pour toujours."

Il continua à la regarder.

"Jusqu'à ce que la mort nous sépare."

Elle déposa un baiser sur ses lèvres, avant de se reculer et de murmurer.

"Tuce hwon frec ure, Arthur." Ses yeux rougeoyèrent lorsqu'elle jeta le sort, ceux d'Arthur faisant de même comme s'ils étaient pris. Puis elle se redressa et le regarda de hauteur. "… Jusqu'à ce que la mort nous sépare…" Elle se dirigea vers la porte, l'ouvrant pour révéler son père faisant les cent pas dehors, répondant à la question non formulée. "Il est prêt. Demain il fera ce que nous voulons de lui."

Aulfric sembla soulagé.

"Bien, tu as bien travaillé. Je dois aller voir les anciens."

A leur insu, Merlin avait été juste au coin, attendant pour voir si l'agitation d'Aulfric avait une raison pour traîner à l'extérieur des appartements d'Arthur. Il s'avéra qu'il en avait une, et elle ne sonnait pas bien. Il attendit jusqu'à ce que Sophia ait fermé la porte à nouveau, avant de suivre Aulfric hors du château, hors de la cité dans les bois au-delà.

Il ne s'attendait clairement pas à être suivi, pas à cette heure tardive et pas quand il était un invité honoré d'Uther. Il marcha pendant presque deux heures à travers les bois, le long de sentiers que Merlin ne connaissait pas, et pourtant il semblait être focalisé sur un certain endroit. Cet endroit se révéla être un petit lac à l'ouest de Camelot, entouré jusqu'à ses bords par des arbres, avec les Montagnes Blanches à peine visibles au-delà, la lune se reflétant sur leur pente.

Aulfric s'arrêta sur la section étroite du littoral, où une courbe de cailloux le gardait clair. Sa voix retentit dans l'obscurité.

"Je demande une audience avec les Anciens Sidhes ! Dotiag-sa ar idbairt do denam!"

Il y eu une lueur soudaine sous les eaux, d'un bleu serein et surnaturel. Des minuscules lumières flamboyantes jaillirent des eaux, voletant dans l'air trop rapidement pour y voir clair. C'est alors que Merlin nota les mouvements étrangement saccadés d'Aulfric, et étant un utilisateur d'une technique similaire lui-même il la reconnut pour ce qu'elle était. Peu importe ce que ces lumières étaient, votre temps avait besoin d'être plus rapide pour être capable de les voir.

Il prit une profonde inspiration, décidant d'utiliser quelque chose qu'il avait pratiqué ces derniers temps. Gaius avait réussi à lui fournir une transcription du long sort utilisé par d'autres sorciers dans le passé pour ralentir le temps, et il l'avait alors inversé pour accélérer son propre temps sans se rendre malade. Le seul inconvénient était que, contrairement à quand il accélérait son temps de la manière habituelle, il ne pouvait pas faire un pas sinon il le briserait. Mais en ce moment, il n'allait pas bouger, il voulait rester et écouter.

"Se folde hit slaweth, se gethyl hit slaweth, se eorth hit slaweth. Hit sy astille, astille und suge... Aet me lec se folde slaweth, for ic beo fleotig..."

Tout fit ceci, les branches mouvant dans le vent, les ondulations de l'eau du lac, tout prenant ce silence étrange qui survient lors de variations du temps. Seuls Aulfric et les lumières flamboyantes semblaient avoir une vitesse normale, les révélant comme étant de petites figures bleues en robes variées. Il fut d'abord séduit par leur vue, flottant avec des ailes irisées comme celles d'une libellule, mais la conversation à venir révéla qu'elles n'étaient pas des fées amicales.

Aulfric les appela.

"Je viens devant vous plaider pour une chance de regagner un passage à Avalon et une vie immortelle !"

Une des fées s'approcha de lui, planant là, ses paroles accablantes claires à Merlin en dépit de la distance de sa cachette.

"Ta punition pour avoir tué un autre sidhe est un corps mortel et une vie mortelle. Tu ne seras jamais autorisé à retourner à Avalon."

Le ton d'Aulfric était suppliant.

"Le crime était mien, pas celui de ma fille."

"Les portes d'Avalon resteront fermée à ta fille. Jusqu'à ce qu'une âme d'un prince mortel leur soit offerte."

Merlin se raidit, forcé de combattre pour maintenir le sort lorsque le mouvement lui fit presque perdre l'équilibre derrière l'arbre… Ils voulaient ça ?

Aulfric n'avait clairement aucun problème avec ça.

"Merci. Une vie immortelle pour ma fille est tout ce que je désire, donc je vous promets que l'âme du meilleur prince de tous. Arthur Pendragon !"

C'est tout ce que Merlin avait besoin d'entendre, tandis qu'il brisait son sort et se tournait pour obtenir une courte longueur d'avance sur l'homme, suffisante pour qu'il puisse courir à Camelot sans avoir à craindre qu'Aulfric l'entende et le voyant comme l'homme qui riait machiavéliquement en ce moment… Il devait le rapporter à Gaius.

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"Avalon ! Ce que tu as vu au lac, c'est Avalon ! Ça doit l'être !"

Gaius avait l'air absolument ébahi, Merlin l'ayant réveillé à l'aube après plusieurs heures de sommeil pour lui-même. Mais bien sûr Merlin n'avait absolument aucune idée de pourquoi ce qu'il avait vu était si spécial.

"Qu'est-ce qu'Avalon ?"

Gaius était toujours en état de choc.

"La terre de l'éternelle jeunesse. Les mortels sont supposés la voir seulement l'instant d'avant leur mort !"

Merlin cligna des yeux.

"Mais je l'ai vu et je suis toujours là."

"Extraordinaire… A quoi ça ressemblait ?"

Ok, c'en était assez. Merlin décida qu'ils devraient aller à l'essentiel.

"Est-ce que ça importe ? Ils vont sacrifier Arthur, et nous ne savons même pas encore qui ils sont."

Gaius, encore secoué à la question à portée de main, se précipita sur un livre qu'il avait lu la nuit dernière.

"Nous le savons maintenant. J'ai trouvé des écritures comme ça en haut du bâton d'Aulfric. C'est de l'Orcan, une ancienne écriture. Ça veut dire 'pour tenir la vie et la mort dans vos mains'. Avec ces écrits sur son bâton et ce que tu as vu au lac, j'ai peur d'en être maintenant certain… Nous avons affaire à des Sidhes."

Merlin le regarda, méfiant.

"Ça ne semble pas être une bonne chose."

"Ils sont les maîtres des enchantements."

"Vous pensez qu'Arthur est enchanté ?"

Gaius opina.

"Presque certainement… J'ai peur que le rêve de Morgane devienne réalité."

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Traduction du sort : 'Le monde ralentit, le vent ralentit, la terre ralentit. C'est immobile, immobile et silencieux… A mes yeux le monde ralentit, car je suis rapide…'