Chapitre 38 – Soulèvement d'une immortelle

Mon cri était perçant et venait du fond de mes entrailles. Il représentait toute ma souffrance et ma peine. Je sentais aussi la colère prendre possession de tout mon être à une vitesse extrême. Comment Démétri avait-il pu me mentir sans aucun scrupule, comment les chefs Volturi avaient-ils pu prendre une sanction si radicale ! La seule humaine qui était au courant de leur condition, c'était moi. Il me semblait que le préjudice avait été réparé en me transformant. Je ne comprenais plus ce que souhaitait Aro. Etait-ce une vengeance ? Avait-il trouvé ce prétexte pour anéantir Carlisle et son clan ? Ma famille, ils avaient décimé les êtres auxquels je tenais plus que tout au monde. Comment supporter une perte aussi lourde et qui m'anéantissait mais aussi qui faisait naitre en moi une rage incommensurable. Ils ne pouvaient pas être morts, c'était impossible et inimaginable, pas les Cullen, pas Edward…

- Non ! Criai-je à nouveau le cœur blessé empli de haine. Ils n'avaient pas le droit. Ce ne sont pas des juges mais des bourreaux, comment ont-ils pu tuer toute ma famille ! Ils m'on enlevé toutes les personnes les plus chers à mon cœur. Je n'ai plus personne. Il ne me reste plus que mon fils à présent. Soufflai-je l'âme en peine.

Une main se posa sur mon épaule, je relevai la tête pour croiser le regard de Mikelangelo dans lequel se mélangeaient plusieurs émotions dont la compassion.

- Calmez-vous, Isabella, la sentence n'a peut-être pas encore été exécutée car il est encore tôt. Cependant je dois vous informer que votre fils et la compagne de Mr Cullen ont été capturés aussi, peu de temps après votre mariage. Ils les ont rattrapés au bout de seulement quelques centaines de kilomètres.

Cette nouvelle était à double tranchant, elle était rassurante du fait que ma famille était peut-être encore en vie mais d'un autre côté je venais d'apprendre qu'E.J. était en danger alors que je l'imaginais en sécurité près d'Esmé. C'était donc toute ma raison de vivre que l'on venait de condamner. Si j'avais été encore humaine, je crois que mon cœur aurait cessé de battre à jamais et je me serais meurtrie dans le chagrin.

- Oh mon Dieu non, E.J., non pas lui ! Pas mon fils, il est à l'aube de sa vie ! Ils ne peuvent pas me l'enlever lui aussi.

C'était déjà un déchirement de devoir m'éloigner de lui mais de savoir qu'on me l'enlevait et que son avenir était en péril était insoutenable.

- Je suis désolé madame, de vous apprendre de bien tristes nouvelles. S'excusa Mikelangelo toujours à mes côtés.

Des émotions différentes bataillaient à l'intérieur de moi, le désespoir, la peine, la colère, pourtant il fallait que je me reprenne car tout espoir n'était peut-être pas encore perdu comme Mikelangelo venait de me le dire. Il fallait que je réagisse vite, que je me batte pour les sauver tous.

- Pour quand est prévu l'ex…exécution ? Demandai-je avec beaucoup de difficulté.

- Je ne sais pas exactement mais il me semble qu'elle devait avoir lieu dans la matinée, dans les geôles insonorisées du sous-sol. Ils veulent faire cela en toute discrétion car c'est la première fois que les Volturi éradiquent tout un clan sous leur toit. Me confia-t-il en baissant d'un ton.

- Et surtout, c'est la première fois qu'ils détruisent une famille innocente, droite, honnête et exemplaire. Rajoutai-je amère. Mais je ne vais pas les laisser faire, j'y vais de suite, s'il n'est pas trop tard. Décrétai-je la voix tremblante de doute et de crainte. Je suis la seule à pouvoir les sortir de là.

Je ne perdis plus une minute et esquissai un pas vers la sortie lorsque sa poigne me retint fermement.

- Non, n'y allez pas vous n'avez aucune chance, il y a au moins une trentaine de gardes qui encercle leur cellule, ce serait du suicide même en tant que nouveau né, vous risquez d'y perdre la vie et cette fois-ci à jamais. Tenta-t-il de me dissuader, inquiet.

- Lâchez-moi. Ordonnai-je sèchement en tirant pour récupérer mon bras. Je dois sauver ma famille !

- Vous courrez à votre peine, Madame. Me prévint-il.

- Je serai perdue si je les perds... Répondis-je le cœur meurtri et la gorge nouée.

Je le vis hocher la tête en guise d'assentiment et d'abandon. Il lâcha prise et me laissa partir. Il savait qu'il ne pourrait pas me retenir. Je repris alors ma course mais j'avais à peine franchi le seuil de la porte que je tombai nez à nez avec Démétri accompagné de deux gardes.

- Que signifie tout ce tapage, Isabella ? Explique-moi. Demanda-t-il en soulevant un sourcil interrogateur et en tentant de poser sa main sur mon épaule.

Je l'esquivai d'un mouvement bref.

- Ne me touchez pas, espèce de menteur. Comment avez-vous pu me mentir, j'avais presque confiance en vous. Lui crachai-je envahie par la colère.

- Enfin, Isabella, je ne comprends pas, de quoi parles-tu ? S'enquit-il calmement l'air presqu'innocent mais il ne pouvait plus me tromper, je l'avais démasqué et voyais qui il était réellement.

- Peut-être n'êtes vous pas au courant que ma famille est condamnée à mort ? Peut-être ne savez-vous pas que vos maîtres ont ordonné cette sentence ? Ironisai-je sèchement.

Il baissa les yeux l'espace d'un instant avant de me faire face de nouveau, le visage fermé.

- Comment es-tu au courant ? Demanda-t-il abruptement.

- Peu importe comment ! Je ne laisserai personne décimer ma famille, je préfère plutôt les rejoindre. Appuyai-je en le fixant intensément et déterminée.

Je n'avais pas peur d'y perdre la vie. A quoi bon vivre quand on vous enlève les êtres les plus chers sans lesquels votre existence n'aurait plus aucun sens. Plutôt mourir pour les rejoindre.

- Enfin, Isabella, ils ont transgressé notre loi fondamentale et pour cela ils doivent en payer le prix. Répliqua-t-il platement comme si c'était une évidence.

Je le toisai de haut en bas.

- Vous me dégoûtez. Lui crachai-je en le contournant pour poursuivre mon chemin.

Au moment où je passai à côté de lui ses doigts agrippèrent mon bras pour me ramener en arrière et me plaquer contre le mur violement.

- Tu n'iras nulle part sans mon consentement, tu nous appartiens dorénavant. Me retint-il de force.

- Jamais ! Criai-je de colère en me débattant.

De ma main j'empoignai sa gorge et d'un bref mouvement, j'inversai la situation. Je le plaquai à mon tour contre ce mur. Mes lèvres, à quelques centimètres de son visage, s'entrouvrirent prêtes à lui arracher la gorge.

- Gardes ! Grinça-t-il en appelant ses hommes.

- Il faudra d'abord me passer sur le corps avant de vous en prendre à elle. S'interposa Mikelangelo.

Je lui jetai un bref coup d'œil et le remerciai de son aide et son soutien avant de revenir sur Démétri.

- Traître. L'entendis-je le blâmer.

- Laissez-moi partir ou bien vous signerez votre arrêt de mort, je suis un nouveau-né, Mikelangelo aussi. Vous ne faites pas le poids contre nous. Lui fis-je comprendre.

Il tenta de se dérober mais je pressai plus fort sur sa gorge. Ma pression sur son cou augmenta au fur et à mesure que ma rage se décuplait. J'avais l'impression que d'une seule main je pourrais le détruire. Il finit par lâcher prise et capituler au bout d'un long moment d'affrontement entre nos regards.

Je le jetai alors comme un vulgaire déchet contre ses gardes, les faisant tous tomber au sol, comme une boule faisant tomber des quilles.

- Allez-y, Isabella, je surveille ces trois-là et vos arrières. M'intima Mikelangelo dos à moi.

Il était devenu mon allié, mon protecteur et mon confident. Il venait de prendre de gros risques à cause de moi.

- C'est peut-être trop dangereux pour…

- Ne vous inquiétez pas je sais ce que je fais. Allez partez. M'ordonna-t-il.

- Merci, j'espère que l'on se reverra. Le saluai-je à regret, un gros doute s'insinuant dans ma tête quand à cet espoir que je venais de prononcer, il sonnait faux à mon oreille. J'avais l'impression que c'était la dernière fois que je le voyais.

Il se retourna me fit un sourire sincère accompagné un clin d'œil malicieux et me tourna le dos de nouveau. Je fis de même de mon côté, laissai mes craintes et mes doutes de côté et j'empruntai le long couloir qui menait à la grande salle, passage obligé pour pouvoir accéder à l'étage inférieur. Je débarquai comme une furie, dans la pièce où erraient une dizaine de vampires, en faisant éclater la porte au passage dans un grand brouhaha. J'aurais dû être effrayée par le surnombre mais la rage qui m'habitait m'insufflait le courage de leur faire face, et de les combattre si cela s'avérait nécessaire.

Je filai droit en direction du couloir opposé qui menait aux cachots mais je n'avais pas parcouru la moitié de la distance que le petit groupe d'immortels se retrouva aligné devant moi me barrant l'accès. Ils contrecarraient mes plans et mettaient mes nerfs à vifs. Je n'avais pas de temps à perdre avec eux, chaque seconde comptait si je voulais sauver les miens, si je voulais, je l'espérai, arriver à temps.

Mes poings se fermèrent et mes lèvres se soulevèrent, faisant apparaître mes dents. Je me penchai légèrement en avant, les genoux fléchis, j'étais prête à les recevoir. Un grondement quasi bestial s'échappa de ma gorge, je laissai le côté sauvage de mon être prendre le dessus. Les vampires en face de moi se mirent en position aussi et grondèrent à leur tour, telles des bêtes prêtes à s'entretuer.

L'un d'entre eux s'avança vers moi, la colère avait envahi tout son visage. Il bondit soudain vers moi. Je fis un pas rapide sur le côté pour l'esquiver de justesse. Il se retourna aussitôt pour me faire face et m'empoigna la gorge. Ma main s'accrocha instamment à la sienne en guise de défense et je me mis à serrer de toutes mes forces en poussant un cri de rage tout en le fixant intensément. Je le sentis peu à peu lâcher prise et en profitai pour écarter sa main de mon cou. Il était à présent à ma merci. Je ne perdis pas une seconde et me jetai sur sa gorge lui arrachant de mes dents tout ce qui pouvait relier sa tête au reste de son corps. J'en eu terminé en une fraction de seconde et laissai tomber sa dépouille au sol sans un regard pour ma victime.

Je me campai de nouveau sur mes défenses pour faire face aux autres vampires. Cette fois-ci cela allait s'avérer plus difficile car ils approchaient à l'unisson. Leurs grognements étaient assourdissants et faisaient écho dans l'immensité de la grande salle. Ma détermination s'ébranla quelque peu mais je ne pouvais pas fuir sinon cela signifiait signer l'arrêt de mort des êtres qui m'étaient le plus cher. Je raffermis mes poings, toisai mes ennemis et poussai un nouveau grognement. Je les attendais de pied ferme après tout j'étais plus forte et plus rapide qu'eux. J'avais peut-être une chance de les battre.

Je sentis soudain l'attention de mes adversaires se disperser et les vis regarder derrière moi bien plus en amont. Je tentai une œillade furtive lorsque je sentis le sol trembler sous nos pieds et soudain la grande porte d'entrée explosa en plusieurs morceaux provoquant un nuage de poussière. Sous cette brume de bois, apparut, courant à grandes enjambées, une meute constituée d'environ une quinzaine de loups. Ils fonçaient droit sur nous les babines retroussées et salivantes.

Ils ralentirent leur allure lorsqu'ils arrivèrent tout près de moi. Ils m'encerclèrent en me fixant intensément, j'avais reconnu plusieurs d'entre eux dont Jacob, le loup au pelage brun-roux si particulier. Ainsi donc ils étaient venus eux aussi ? Je n'avais donc pas rêvé lorsqu'Edward avait procédé à ma transformation et que j'avais entendu leurs hurlements, ils étaient bien présents. Mais pourquoi ne s'étaient-ils pas manifesté plus tôt. Je connaissais la répulsion de Jacob à me voir devenir un être au sang froid alors pourquoi avoir attendu jusqu'à ce moment ? Qu'allait-il décider me concernant à présent que j'étais devenue tout ce qu'il détestait ?

Son regard dur était braqué sur moi me détaillant de la tête au pied et n'appréciant pas ce qu'il découvrait. Il se mit alors à soupirer et à baisser la tête. Il avança doucement vers moi pour frotter son pelage contre ma hanche tout en glissant ma main sur son dos puis s'immobilisa. Il dégageait une odeur particulière et je comprenais mieux les réticences qu'Alice pouvait ressentir à l'égard des loups mais j'en fis abstraction. Jacob en faisant ce geste venait de se soumettre au vampire que j'étais devenu et par la même occasion le reste de la meute. Ils étaient ici en alliés pour nous aider à combattre ces Volturi aux lois dictatoriales.

Il se retourna, je fis de même et il s'avança à quelques mètres devant moi. Les autres loups se placèrent à ses côtés légèrement en retrait, s'alignant telle la pointe d'une flèche prête à transpercer leurs assaillants auxquels ils faisaient désormais face.

A présent que les loups m'avaient rejoint nous étions bien plus nombreux qu'eux. Ils ne pouvaient pas faire le poids contre nous. L'espoir gagna du terrain dans mon cœur, nous allions les battre c'était certain.

- Jake. Intervins-je. Nous devons faire vite, ils vont exécuter tous les Cullens, nous devons nous débarrasser d'eux rapidement si nous ne voulons pas arriver trop tard. L'informai-je.

Il ne se retourna pas et ne répondit pas mais je savais qu'il m'avait entendue et sa réaction me le confirma de suite.

Un grognement menaçant s'échappa de sa gorge et ses griffes se déployèrent pour gratter le sol. Il se baissa tel un animal prêt à bondir et se mit à courir à grandes foulées droit sur le vampire qui lui faisait face. Il lui sauta à la gorge, le décapitant d'un seul coup de crocs, ne lui laissant aucune chance de se défendre et de s'échapper. Sur cette attaque brève et brutale, le reste de la meute le suivit et s'approchèrent à leur tour de leur proie.

La ligne de vampires se mit à reculer. Ils commençaient à se douter de leur destinée et tentaient de battre en retraite pour sauver leur peau. Mais les loups ne le voyaient pas ainsi. Un hurlement du meneur sella leur destin et la meute bondit d'un même mouvement sur leurs ennemis fuyant. Les vampires se défendirent du mieux qu'ils purent mais n'étaient pas assez rapides face aux loups. Ils se firent déchiquetés en quelques minutes pour les plus résistants, en quelques secondes pour les plus faibles.

Le combat fut rapide et les loups le remportèrent haut la main. Ils m'étaient d'une grande aide à cet instant, car jamais je n'aurais pu tous les combattre, j'aurais probablement failli à un moment ou un autre. Je m'avançai rapidement pour me retrouver au-devant de la meute afin de les guider vers les geôles qui retenaient encore, je l'espérais, ma famille.

- Suivez-moi. Leur intimai-je en me lançant dans les couloirs pour arriver au grand escalier qui menait en dessous de cette énorme bâtisse.

Je n'eus pas besoin de me retourner pour m'assurer qu'ils me suivaient. Ils m'avaient assez montré leur loyauté et malgré leurs pas atténués sur le sol, je savais qu'ils étaient derrière moi.

Je dévalai les marches à la vitesse de l'éclair, je sentais qu'il fallait que je me dépêche. Plus je m'enfonçai dans les ténèbres de cet escalier et plus la peur m'envahissait. Je n'avais pas peur de me battre mais de ce que je trouverai en bas. J'avais peur d'arriver trop tard. L'espace d'un instant, l'image d'Edward décapité se superposa devant mes yeux. Je fermais les yeux une fraction de seconde pour fuir mes sombres pensées. Je devais garder espoir, il le fallait.

J'arrivai enfin au terme de ma descente aux enfers et fonçai droit vers la petite lueur qui scintillait au fin fond de ce sous-terrain. Je ne prenais pas la peine d'ouvrir les geôles devant lesquelles je passai sans jeter un œil car celle attribuée aux Cullen devait forcément être gardée par une armée d'immortels. Je me concentrai uniquement sur cette lumière qui m'appelait et me guidait vers elle. Je savais que c'était là-bas le bout du tunnel, que ce serait là-bas que tout se jouerait, que ce serait la fin de mon incertitude sur la destinée de ma famille. Il n'y avait que deux possibilités, soit je les perdais à jamais, soit l'éternité se dessinerait devant mes yeux.

J'avais l'impression que ce chemin était interminable et que je n'arriverai jamais à l'atteindre, il était si loin malgré la vitesse à laquelle je me déplaçai. Les loups pourtant très rapides, se trouvaient à quelques dizaines de mètres derrière moi.

Enfin la lueur s'éclaircit devant mes yeux, me laissant découvrir la scène figée dans le temps. Comme Mikelangelo me l'avait prédit, une trentaine de gardes faisait le piquet devant la porte scellée d'une cellule. Je poussai aussitôt un soupir de soulagement. S'ils y avaient des gardes, c'était parce qu'il devait y avoir quelque chose ou quelqu'un à garder à l'intérieur. Je pouvais donc reprendre espoir.

Je ralentis alors mon allure pour laisser le temps à la meute de me joindre avant de me retrouver devant ces vampires, mes ennemis qui retenaient ma famille prisonnière.

Jacob se positionna à mes côtés, la meute juste légèrement en retrait. Nous nous dirigeâmes à l'unisson vers nos assaillants, vers une prochaine bataille qui se voulait inévitable.

Les gardes sortirent de leur état statufié et nous firent face à présent. Ils étaient trois fois plus nombreux que nos précédents adversaires. Arriverions-nous à tous les battre malgré leur surnombre ? Il ne fallait pas en douter.

Nous stoppâmes notre avancée juste à quelques mètres devant eux. Je m'avançai légèrement et pris la parole.

- Libérez ma famille, laissez les Cullen s'en aller. Demandai-je d'un ton autoritaire voir même menaçant.

- C'est impossible. Rétorqua l'un d'entre eux très grand et très carré que je reconnus sous le nom de Félix. Ils sont tous condamnés à mort et attendent chacun leur tour pour leur exécution.

- Vous ne pouvez pas les exécutez, vous n'avez pas le droit ! Répliquai-je dans une angoisse envahissante.

- Au contraire, nous avons tous les droits sur ordre d'Aro. C'est lui qui nous a ordonné de les tuer.

- Relâchez-les ou bien vous pourrez dire adieu à votre immortalité. Les menaçai-je.

Il se mit à ricaner.

- Regardez-moi cette jeune demoiselle qui, sous-prétexte d'être un nouveau-né, se permet de nous menacer avec ses toutous à ses côtés! S'esclaffa-t-il devant son assemblée de vampire. Et bien venez, nous vous attendons, cela nous dégourdira les jambes et nous donnera un peu d'entrainement même si je doute que le combat ne dure très longtemps.

Ils se regroupèrent tous prêts à nous accueillir. J'entendis les loups gronder de nouveau. Ils me dépassèrent en piétinant et s'alignèrent devant moi. Au hurlement du chef de la meute, ils s'élancèrent tous. J'allais leur emboiter le pas lorsque je sentis une résistance. Je baissai les yeux et constatai que Jake était resté à mes côtés. Il me retenait fermement par le poignet à l'aide de sa mâchoire.

- Jake, ce n'est pas le moment de me ralentir, le temps presse. Grondai-je ne comprenant pas son geste. Je n'ai pas le temps de jouer à ton petit jeu ou aux devinettes. Nous devons nous joindre à la meute. Ils ont besoin de nous tous.

Mais il ne m'écouta pas et me força à le suivre en serrant toujours sa mâchoire sur mon poignet. Il me guida jusqu'à une porte et me lâcha enfin pour me faire un signe de tête vers l'entrée. En examinant rapidement cette porte, je réalisai que c'était celle de la cellule et qu'elle était libre à présent sans vampires pour la garder. En effet, la meute en se jetant sur la horde de vampires les avaient fait reculer de quelques mètres qui furent suffisants pour atteindre la porte de la geôle.

- Merci Jake. Lui dis-je avant qu'il ne se détourne et court en direction du combat pour se joindre aux loups. Je comprenais à présent ses attentions. Pendant que les loups occupaient les Volturi à travers le combat, je pourrais en profiter pour libérer ma famille.

Il ne me restait donc plus qu'à ouvrir la porte et les sortir de là. J'allais enfin revoir les miens. J'allais pouvoir retrouver Edward, me jeter dans ses bras, me serrer tout contre lui et l'embrasser à en perdre la raison. Je pourrais le toucher et réaliser enfin que je l'avais retrouvé. J'allais pouvoir retrouver mon fils et j'espérai peut-être aussi pouvoir le serrer dans mes bras l'espace d'un instant sans lui faire courir trop de risques par ma proximité.

J'inspirai une bonne bouffée d'oxygène pour me donner du courage et j'ouvris la porte abruptement faisant sauter les gonds et envoyant la porte dans le mur juste derrière moi dans un brouhaha qui aurait pu masquer le bruit du combat qui faisait rage juste à mes côtés.

J'allais pénétrer à l'intérieur lorsque je sentis une présence derrière moi, je me retournai rapidement et empoignai la gorge de mon assaillant, le faisant décoller de terre. Je serrai très fort jusqu'à entendre ses os se fracturer et tous son corps se briser. Je ne le relâchai que lorsque la vie l'avait provisoirement quitté et le jetai au sol sans un regard.

Je me précipitai aussitôt dans la geôle où tout était obscur. Je jetai un coup d'œil vers le mur du fond mais il n'y avait rien. La cellule paraissait vide. Une angoisse commença à m'envahir jusqu'à ce que je sente leurs présences. Je me retournai rapidement et je les découvris alors, tous plaqués contre le mur de l'entrée prêts à bondir sur moi pour se défendre.

- Bella ! Entendis-je crier une seconde avant que l'on me plaque contre le mur du fond. Comme je suis heureuse de te revoir !

- Moi aussi Alice. Lui répondis-je en l'enlaçant aussi, que c'était bon de retrouver un visage familier.

Je sentis des mains se poser sur mes épaules et je levai la tête. Carlisle et Jasper, souriant, étaient juste à côté.

- Alice, laisse-la respirer, même si elle n'en a pas besoin. Intervint Emmett.

- Emmett. M'exclamai-je dans un énorme sourire et les yeux pétillants.

- Viens par ici ma petite sœur ! Me dit-t-il en enroulant ses bras autour de ma taille et en me faisant tourbillonner.

Lorsqu'il me reposa enfin. Rose se rapprocha de lui et me sourit. Je lui rendis aussi son sourire, c'était bon de les revoir tous.

- Bella, mon enfant, comme j'étais inquiète pour toi. Je suis ravie que tu ailles bien. Intervint la douce voix d'Esmé juste à leurs côtés.

- Merci Esmé. Lui souris-je.

Soudain, comme un doute s'immisçant subitement, mon sourire se figea et une image me revint en mémoire, celle de la derrière fois où je l'avais vu. C'était le jour du mariage et elle emportait E.J. avec elle. Je savais par Mikelangelo qu'ils avaient été capturés, peu de temps après leur départ, par les Volturi. Mais pourquoi E.J. n'était-il pas avec Esmé ? La peur m'envahie aussitôt et je craignis le pire.

- Où, où est E.J. ? Je croyais que les Volturi vous avaient capturés tous les deux ? Demandai-je la gorge déjà nouée.

Son maigre sourire s'effaça à son tour et elle baissa les yeux.

- Que se passe-t-il Esmé ? M'inquiétai-je davantage.

Un autre doute m'assaillit, je fis une brève inspection de la cellule et une deuxième angoisse naquît au fond de mon être.

- Ed…Edward ? Où est-t-il ? Où sont-ils tous les deux ? Demandai-je soudainement accablée laissant échapper un sanglot sans larmes qui nouait ma gorge.

Emmett m'entoura de ses bras puissants pendant que je fixai Esmé, attendant désespérément une réponse. Elle releva la tête et me regarda pour enfin m'expliquer.

- Jane et Alec accompagnés d'une humaine sont venus chercher le bébé. Nous nous sommes bien sûr tous interposés et Edward, au-devant de nous tous, s'est élancé sur eux. Mais c'était sans compter sur le pouvoir de Jane qui l'a paralysé sur le champ et nous avec. Nous n'avons pas pu les empêcher d'emporter E.J. Me narra-t-elle avec beaucoup de souffrance dans la voix.

- Non ! Pas E.J ! Pourquoi tiennent-ils à me l'enlever à chaque fois ? Me lamentai-je. Je suppose que cette humaine est Gianna. J'aurais dû la tuer quand je l'avais à ma merci. Grondai-je en serrant les poings.

- Je ne crois pas que cela aurait été une bonne solution. Intervint Carlisle. Elle est avant tout une humaine.

Il avait probablement raison, cela aurait fait de moi une meurtrière : tuer des vampires était une chose mais tuer des humains en était une autre. Et je devais admettre une chose, E.J. était peut-être en sécurité avec elle pour le moment et elle saurait s'occuper de lui en l'absence de sa famille. Peut-être qu'E.J. réitérera son emprise sur elle pour l'inciter à me le ramener, je l'espérai tout du moins. Cependant, cela n'expliquai pas l'absence d'Edward…

- Et Edward ?

Cette fois-ci se fut Carlisle qui prit le relais en passant son bras autour de la taille d'Esmé dans un geste de réconfort et d'amour.

- Ils sont revenus le chercher quelques heures plus tard, il était vainc de résister avec Jane dans les parages qui à la moindre pensée nous mettait à genoux dans une effroyable torture.

- Où l'ont-ils emmené ?

- Je n'en sais rien. Tout ce que je sais c'est qu'ils devaient revenir nous chercher chacun notre tour…Me répondit-il dans un sous-entendu. Il savait très bien dans quel but. Et il ne me fallut qu'un court instant pour le deviner.

Je plaquai mes mains sur ma bouche devant la terreur qui m'envahie brusquement.

- Oh mon Dieu, non, ils l'ont emmené se faire exécuter ! Non pas déjà, c'est trop tôt, j'arrive trop tard ! Il faut que je les en empêche ! Paniquai-je soudain devant la réalité de la situation.

Je fis brusquement demi-tour et m'apprêtai à sortir de la cellule lorsque qu'un bras puissant me retint.

- Attend-nous, nous t'accompagnons tous. Me dit Emmett une expression très sérieuse peinte sur son visage.

Le restant de la famille s'approcha aussi, tous déterminés à me suivre.

- Très bien. Opinai-je. Mais nous devons faire vite, si nous voulons arrivez à temps pour sauver Edward.

Emmett passa devant et nous le suivîmes tous.

Nous avions à peine franchi le seuil de la porte que le spectacle qui s'offrait à nous, m'accabla davantage. Beaucoup de loups étaient à terre et ceux qui tentaient encore de résister étaient dans un sale état. Il y avait aussi des vampires au sol mais pas assez. En effet Marcus et Caïus étaient venus renforcer les rangs, ces vampires ancestraux devaient contenir une énorme puissance. Jacob se battait toujours mais son pelage était recouvert de sang par endroit et il boitait. L'issue du combat semblait fatale pour les loups.

- Bella, Alice. Faufilez-vous pour aller chercher Edward, de notre côté nous restons pour aider les loups. Nous allons les occuper pendant que vous vous échapperez. Nous proposa Carlisle.

Alice me prit par la main et m'incita à la suivre.

- Viens, suis-moi, je pense savoir où il se trouve.

- Tu as eu une vision malgré les loups? Pensai-je aussitôt.

- Non, cela remonte à quelques jours, avant l'arrivée des loups, j'ai eu une vision sur ces geôles et les pièces attenantes. Edward ne doit pas être loin d'ici.

- Tu l'as vu dans ta vision ? Est-il toujours en vie ? M'enquis-je aussitôt.

- Non, je n'ai rien vu concernant Edward, j'ai juste vu les lieux. Je suis désolée, Bella.

Ce petit espoir qui s'était insinué en moi, s'en était allé en poussière sur les révélations d'Alice.

Nous attendîmes dans un recoin, le moment propice pour échapper à la surveillance des vampires.

Emmett s'avança très sûr de lui et fit face à Félix qui avait à peu près le même gabarit que lui. Le combat promettait d'être très difficile et je priai pour qu'Emmett s'en sorte.

- C'est le moment. Me murmura Alice.

Nous contournâmes tous les protagonistes du combat à très grande vitesse et nous nous engouffrâmes encore plus loin dans les couloirs sombres des sous-sols de cette bâtisse.

Bientôt une immense porte en bois sculpté se dressa devant nous. Nous ralentîmes notre allure avant de stopper juste au pied.

- C'est ici. Chuchota Alice.

- Alors il n'y a pas une minute à perdre. Décrétai-je.

D'une poigne ferme, je pulvérisai la porte et me faufilai à l'intérieur, Alice sur mes pas. Je me figeai très rapidement devant l'horreur de la scène qui se jouait devant moi : Edward se trouvait à genoux, aux pieds de Jane qui lui infligeait les décharges de son pouvoir, d'Alec qui le maintenait par les épaules et d'Aro qui tenait sa tête entre ses mains, prêt à le démembrer.

- NONNNNNNNNN ! Hurlai-je. Edward !

Aro ne pouvait pas mettre fin à sa vie, à mon amour, à ma raison de vivre. Il ne pouvait pas le faire disparaître…

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