Onirisme

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Shino soupira. Le temps orageux n'était pas à son avantage. Ses insectes étaient agités, sursautant au moindre coup de tonnerre. Il avait eu un mal fou à les contrôler pour qu'ils attaquent à Himigi alors à l'abri, sous un arbre. S'ils venaient à se confronter sur une clairière, il doutait de pouvoir les manier avec habilité et devrait se contenter d'attaque massive et sans subtilité, ce qu'il exécrait par-dessus tout.

Qu'est-ce qui lui avait pris de se désigner volontaire avec un temps aussi défavorable ?

Il repensa aux codes des Aburame. Chaque clan en avait adopté un depuis que les Uchiwa avaient lancé le concept et vu le résultat chez ces derniers, Shino se demandait sérieusement si c'était intelligent de continuer.

« Article II alinéa 2 : Un Aburame ne refuse jamais une mission. »

Plus loin était dit

« Article III alinéa 5 : Un Aburame doit toujours faire preuve d'un esprit critique et détaché pour ne pas laisser place aux émotions et ce afin d'estimer en tout instant les meilleurs décisions à prendre. »

Shino se demandait si par temps pluvieux, l'article III court-circuitait l'article II ou bien si, quelque soit la situation, l'article II primait sur l'article III.

Foutus codes. Ils sont censés gérer toute notre existence mais sont inapplicables en pratique et ce, quelque soit le cas pratique.

Le cas pratique en question était le dernier survivant du clan Berserker en fureur, la certitude de se faire tuer s'il lui tournait le dos pour s'enfuir, Lee et Temari - gâterie dudit Berserker - comateuse et uniquement vêtu du manteau de Lee.

Foutu cas pratique

Ils débouchèrent sur une vaste clairière. À peine eurent-ils le temps de d'envisager un itinéraire qu'Hishiki déboucha sur leur droite et leur coupa toutes chances de retraite.

Shino expira profondément, cligna des paupières avec lenteur sous ses lunettes fumées. Le combat était inévitable.

Il lança un bref coup d'oeil à Lee, le vit déposer Temari sous un arbre et se relever avant de faire quelques étirements.

Shino porta la main au bouton situé près de son col et le défit, entre son pouce et son index. Il en fit autant avec tous les autres boutons et retira sa veste d'un geste brusque avant de la lancer par terre. Il était torse nu, sous la pluie. Mieux valait qu'il se découvre totalement, pour habituer ses insectes à la pluie.

Aussi pour qu'ils n'aient plus d'échappatoire.

Pour la première fois, Lee voyait Shino sans son manteau. L'Aburame avait toujours décliné les baignades, les Onsens ou toutes autres activités lui demandant de se déshabiller.

À présent, Lee comprenait pourquoi.

Au premier abord, rien d'anormal ne sautait aux yeux. Une musculature fluette et élancée, la peau blanche et imberbe, quelques taches assimilables à des gros grains de beauté, des tatouages aux poignets

Une observation plus poussée permettait de dessiner les nombreuses craquelures parsemant la peau, de voir les grains de beauté se déplacer tranquillement le long du corps, d'apercevoir l'épiderme s'ouvrir à certains endroits pour cicatriser quelques secondes plus tard, de comprendre que ce n'était pas des tatouages qu'il avait aux poignets.

Lee ne s'en offusqua pas. Peut-être aurait-il ressenti du dégoût s'il était encore jeune et inexpérimenté. Ce n'était plus le cas. Il avait vu pire. Bien pire.

Il reporta son attention sur le dernier membre de l'Akatsuki. Il ignorait ses origines mais se doutait qu'il s'agissait plus d'un guerrier que d'un ninja. Sa posture, son chakra, ses muscles imposants, tout laissait à penser que n'était pas fait pour les missions d'infiltration. Ce qui tombait bien car c'était aussi son cas. Restait à savoir qui était le plus fort.

Le combat ne mit pas longtemps à démarrer. À peine avait-il eu le temps de terminer de s'échauffer.

Hishiki avait sauté le sacro-saint dialogue d'avant combat où, selon des règles établies quelques siècles plus tôt, il devait menacer, négocier et enfin prédire leur mort prochaine comme tout bon psychopathe qui se respecte.

Hishiki avait réduit l'écart entre lui et Shino en un rush, balançant son poing avec vivacité. Shino avait été surpris et avait failli encaisser le coup si ses réflexes ne l'avaient pas fait se mouvoir vers la gauche, esquivant le coup de quelques centimètres.

Alors qu'il se déportait, un coup de pied manqua de le cueillir à la mâchoire.

Qu'est-ce que...

Il ne comprit pas ce qu'il venait de se passer. En théorie, vu la position de Hishiki, il n'aurait pu lancer son pied qu'en sacrifiant son équilibre.

Ce qu'il avait fait.

Deux mètres plus loin, le géant s'effondra sur le sol boueux mais loin de s'en soucier, il se releva et reparti à l'assaut de Lee.

Un échange avait Hishiki avait suffi à Shino pour comprendre le style de son adversaire. Il pouvait se résumer en quelques mots : tout sur l'attaque, rien sur la défense.

C'était une anomalie dans le monde des ninja. Un shinobi ne peut se permettre de se sacrifier inutilement. La mission est et reste prioritaire.

Il aurait suffi d'un piège à l'endroit où Hishiki était tombé pour mettre fin au combat de façon simple et brutal.

Un ninja fonçant tout droit sans se poser ce genre de question et tentant le tout pour le tout à chaque assaut ne devait pas exister. Et c'était ce qui le rendait effrayant.

Lee le vit se rapprocher vite, très vite, à une vitesse supérieure que sa corpulence ne le laissait suggérer. Un frisson dansa sur son échine.

Il aurait juré qu'une gigantesque ombre courrait derrière Hishiki, le rendant encore plus imposant.

Lee voulut le frapper, mettre son poing entre lui et le Monstre, avant de comprendre que c'était impossible. Ce n'était pas un petit point lancé sans volonté qui allait l'arrêter. Il fit ce qui lui semblait être la chose la plus censé du monde et esquiva.

Il bascula rapidement sur le côté et se fit cueillir par un coup de genou dans le ventre, ses pieds décollant du sol pendant quelques secondes. Il fut plié en deux et n'eut pas le temps de comprendre que déjà un coup de poing s'enfonçait dans sa joue, l'envoyant dans la boue.

Lee aurait probablement encaissé un autre coup, probablement un coup de pied histoire de lui briser quelques côtes, si Shino n'était intervenu, envoyant la bonne moitié de ses insectes sur le dos d'Hishiki. Leur force, négligeable pris au cas par cas, avait suffi pour le pousser violemment et le faire tomber.

Pendant que les insectes se délectaient du chakra de leur nouvel hôte, Lee se releva et vint rejoindre Shino à une dizaine de mètres plus loin. Il était mal-en-point après un unique enchaînement, la mâchoire déjà branlante avec une terrible douleur lui tordant les entrailles.

Le regard de Shino, éloquent malgré ses lunettes fumées, lui demanda s'il tenait le coup ou s'il devait le considérer comme un poids mort.

« Ça va, cracha Lee, la voix sèche. Je vais tenir jusqu'à la fin du combat. »

Hishiki ne mit pas longtemps à se relever. Son corps nu était couvert d'un mélange de boue et d'insectes, dessinant des contours incertains.

Un frisson parcourut les deux ninja de la feuille à la vue de son sexe.

Il bandait.

Affronter un adversaire n'ayant aucune notion de défense élémentaire était dérangeant en soi, encore plus s'il était nu et recouvert d'insectes mais alors qu'il bandait...

Le Berserker eut un drôle de rire, loin des explosions habituelles. On aurait dit des feuilles mortes sur un trottoir, agité par un léger vent. Un schischi amusant dans la bouche d'un autre, dérangeant dans celle de Hishiki.

Le géant ne les fixait que par intermittence, les insectes dansants sur son visage. Ses yeux étaient injecté de sang.

Il eut un sourire puis ses mains se joignirent, d'abord pour former le signe du cheval, ensuite celui du tigre. Il inspira profondément, engloutissant de nombreux insectes.

Lee et Shino se mirent sur la défensive, prêts à voir arriver un jutsu de feu dont les Uchiwa en avait le secret.

Les flammes sortant de la bouche n'étaient pas impressionnantes, ridicules même si on les comparait à celle de Sasuke ou d'Itachi. Ce n'était pas tout. Elles ne leur étaient pas destinées et étaient dirigées vers son torse. Les insectes prirent feu et le feu se propagea sur le reste de son corps, détruisant la totalité des parasites qui le vidait petit à petit de son chakra. Ensuite, il repartit à l'assaut, toujours à pleine vitesse.

La pluie et la disparition des insectes n'avaient pas suffi pour que le feu s'éteigne et les flammes dansaient sur son corps, le rendant terrifiant.

Mais qu'est ce que c'est que ce type ? pensèrent Lee et Shino en même temps

Lee inspira profondément. Il ne fallait pas qu'il reste impressionner par son adversaire. Shino était pour l'instant inutile, ses insectes n'ayant aucun pouvoir contre le feu. Il allait falloir qu'il gagne un peu de temps. Suffisamment pour que les flammes s'éteignent.

Il ouvrit une des huit portes, se pencha en arrière au moment exact où il allait se prendre le coup. Là, il lança son pied en direction de la mâchoire d'Hishiki et le cueilla comme il en avait cueilli tant d'autre avant lui. En déséquilibre, une main sur le sol, Lee s'apprêtait à faire ce qu'il avait toujours fait. Bondir, aider son adversaire à décoller et le propulser sur le sol.

Hishiki était lourd et malgré la puissance dont il disposait, il ne pouvait atteindre la bonne hauteur en un seul coup de pied.

Lee partit en l'air à la poursuite du corps toujours en feu de Hishiki et au moment où il allait le frapper, encaissa un coup de pied hors norme, le catapultant sur le sol. La seule chose qui lui permit de s'en sortir sans trop de dégât fut le sol, devenu relativement souple grâce à la pluie.

Lee parvint à se relever mais ce n'était qu'un simulacre de station vertical. Le coup de pied à la tête l'avait durement touché, flouant son champ de vison et ses réflexes. Il lança un regard vide vers Shino. Ce dernier ne quittait pas des yeux Hishiki.

Le feu était toujours là. Les flammes continuaient de danser sur Hishiki, recouvrant son corps d'une fine couche de peau noirâtre et suintante.

Pourtant, il continuait de se mouvoir avec toujours la même facilité, le même bagou et ce regard fou n'ayant rien à envier à celui de Juubi.

Le feu réduisait à néant les stratégies de Shino. Ses insectes ne sauteraient jamais sur un adversaire en flammes, par temps de pluie qui plus est. En plus, il ne possédait pas la force à l'impact suffisante pour blesser le Berserker. À ce stade du combat, et ça lui faisait un mal de chien de l'avouer, il n'était qu'un poids mort.

«Bon, je vais le faire, marmonna Lee pour lui-même. »

Il allait ouvrir sept des huit portes. C'était la première fois qu'il allait aussi loin mais au vu de son adversaire, il n'avait pas d'autre solution.

« Shino, il faut que tu l'occupes un peu moins d'une minute. »

Gaara avait eu la gentillesse de laisser Lee ouvrir quatre portes. Il doutait qu'Hishiki en face autant.

Une drôle de grimace tordit le visage de l'Aburame, avant d'acquiescer. Ça allait être difficile mais pas impossible. Il ne pouvait pas le vaincre mais si il s'agissait de l'occuper, ça pouvait être jouable.

Il fonça en direction de Himigi, armant son poing, prêt à l'abattre. Comme prévu, le Berserker le frappa de plein fouet, le transperçant de part en part. Son corps se désagrégea en une foultitude d'insectes et l'original apparut derrière Himigi. Pour quelques secondes seulement.

Les derniers insectes qu'il possédait le recouvrirent des pieds à la tête et son chakra acheva de le rendre invisible. Cette technique était très pratique en théorie mais pompait sur son chakra dans des proportions colossales, amplifié par le temps orageux.

Profitant de son invisibilité, il lança un jeu de shuriken dont il ne se servait jamais, pour tenter de le blesser à défaut de le tuer. Il changea rapidement de position pour éviter de dévoiler sa position. Il devait bouger au maximum pour déstabiliser son adversaire.

Un coup de pied imprévu lui coupa la respiration. Des flammes prirent naissance sur son torse et commencèrent à se propager. Quelques secondes plus tard, un poing vint rencontrer ses côtes et le projeta contre un dans la boue, coupant court au flammes. Shino avait le goût de ses insectes carbonisés dans la gorge.

La pluie devait avoir aidé Hishiki à le repérer.

Même si c'était la seule explication probable, ça n'aurait pas du être aussi facile. Il faisait sombre à cause de l'orage et trouver l'endroit où gouttes réagissait bizarrement était quasiment impossible.

Hishiki le saisit par la tête, ses mains étant plus longue que le visage de Shino, et le plaqua contre un arbre. Les lunettes noires de l'Aburame explosèrent en mille morceau, tombant à ses pieds et dévoilant ses yeux.

Ils étaient différents. L'un s'apparentait plus à un oeil de fourmi, recouvert de mille facette où se déclinait le visage d'Hishiki à l'infini. L'autre était beau. Dessiné d'un coup de crayon appliqué, colorié à l'aide d'un pinceau trempé dans l'encre de chine, il était presque féminin.

Les deux yeux, traduisant à la perfection son héritage mi-humain, mi-insecte, ne fixait qu'une seule et unique chose. Hishiki, dont les flammes commençait à quitter le corps du géant après avoir ravagé son épiderme et pourtant, et dont il ne semblait pas tenir compte.

Foutu Berserker et son analgésie chronique

À ce moment-là, Lee, ayant finalement réussi à ouvrir la septième porte, intervint et frappa Hishiki à la tempe. Le géant ne lâcha pas Shino dans sa chute et l'emporta avec lui pour ne le libérer qu'une fois après avoir touché le sol. L'Aburame alla s'échouer à côté de Temari.

Hishiki se releva et hurla. Le coup ne semblait pas l'avoir affecté ni même le blesser, un comble lorsque sa peau était carbonisée et ses poumons dans un drôle d'état. Il grognait avec une colère infantile, comme un bébé auquel on aurait retiré le morceau de pain dont il se servait pour faire ses dents.

Lee ne s'en préoccupa pas et progressa dans un monde où lu temps n'avait pas de prise.

Son champs de vision ne se réduisait plus qu'à un point comme son maître quelques temps auparavant.

Il vint percuter les côtes de son adversaire et en sentit quelques-unes se cassait sous l'impact. Il fut rassuré. Son adversaire était humain et les humains, on pouvait le tuer. Il ne le savait que trop bien.

Il s'apprêta à enchaîner avec un paon matinal, technique qu'il avait apprise par mimétisme. Il n'avait pas demandé de conseil à son maître. Il devait évoluer par lui-même et commençait à imprégner sa marque à son style de combat. (La seule chose qu'il n'avait pas prise en compte était qu'il était le clone de Gai et par conséquent, imprimer son style équivalait à imprimer celui de son maître.)

Encore une fois, il bougeait à une vitesse invisible à l'oeil, encore plus rapide que face à Gaara. Dans cet état, il ne pouvait que vaincre Hishiki. Jamais il ne pourrait être attrapé et quelques coups suffiraient à se débarrasser du Géant.

Alors pourquoi son adversaire réussit-il à le frapper de plein fouet, sa vitesse accroissant les dégâts de manière exponentielle. Pourquoi son adversaire avait-il réussit à l'étaler alors que la victoire se dessinait devant ses yeux ?

Sa mâchoire, déjà affaiblie, se brisa en mille morceau. Il ressentit le choc se propageait le long de sa colonne vertébrale pour ne finir que dans de ses membres.

Il avait peur. Très peur. Elle le saisit aux tripes, tirant sur ses intestins et faisant des noeuds avec.

Il ne craignait pas la mort. Il ne l'avait jamais craint. Son caractère était profondément trop positif pour envisager la mort comme une extrémité négative. Lorsqu'on l'interrogeait, il répondait que pour lui, c'était la fin du début et non le début de la fin.

À cet instant, une seule chose l'effrayait. La disparition de son nindô. Il venait de prendre un coup critique et se doutait des répercutions que cela pourrait avoir sur son organisme. Plus jamais il ne voulait se retrouver dans la même fosse que celle qu'il avait habitée après son combat contre Gaara.

Il ne lui venait même pas à l'esprit qu'il pourrait mourir avant même de vérifier que son nindô ne s'était pas évanoui. Il ne pensait à rien d'autre. Même la vision de Tenten allongé dans sa chambre d'hôpital et du cadavre de Neji ne parvinrent à se frayer un chemin à travers son angoisse.

Il voulut se relever, faire disparaître ce spleen et affronter sa peur mais son corps ne lui obéit pas.

Il était allongé dans la boue, son occiput baignant dans une flaque d'eau et il ne parvenait à bouger. Il ne savait pas si cette paralysie était passagère ou pire mais dans le fond, ça n'avait aucune importance.

Il allait mourir. Et pas tout seul.

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T'endors pas maintenant Shika, t'endors pas.

Pourtant, à cet instant, c'était la seule chose qu'il désirait. Il avait l'impression que Morphée venait de le recouvrir d'une couverture dont il avait le secret, douce au possible, n'attendant pas son consentement avant de le traîner dans un coma dont il ne ressortirait que quelques siècles plus tard.

Il se visualisa dans le rôle La princesse aux bois dormants et sans qu'il n'y fasse attention, son menton cogna sa poitrine. Il ouvrit les yeux, secoua la tête et se concentra sur la pluie qui lui fouettait le visage.

Bon, trouve un plan ! Un putain de plan dont tu as le secret !

Le problème était simple. Comment se débarrasser de Gobi sans être tué ?

Shikamaru n'avait pas l'ombre du début du commencement d'un plan utilisable et il se demandait même si il en existait un. Le seul plan viable auquel il était parvenu était de jeter Gobi dans un puits sans fond alors qu'il sautait et qu'Ino se défaisait de son jutsu à la dernière seconde. Ce plan conduisait à une nouvelle problématique. Où trouver un gouffre sans fond ? Shikamaru doutait que cela puisse exister au sens physique du terme (La Terre était ronde est dans le meilleur des cas, le trou donnerait sur l'autre côté) et quand bien même cela existait, ce n'était pas comme si par enchantement, il allait s'en dessinait un devant eux.

ll soupira.

Il n'y arrivait pas. Non pas que les idées ne fusaient pas dans sa tête mais aucune n'avaient la moindre petite chance de réussir et/ou n'était applicable.

Sans crier gare, un violent coup de patte l'éjecta lui et le frêle corps d'Ino. Il n'eut d'autre choix que de lâcher les poils du loup et se retrouva en l'air.

Il eut l'impression de tomber au ralenti. Les arbres s'agitaient autour de lui avec grâce et pendant quelques secondes, il crut qu'il était immobile alors que le sol remontait pour le percuter.

Sa chute fut moins douloureuse que prévue. Des feuilles mortes s'étaient entassées dans une espèce de cuvette et le sol était ramolli à cause de la pluie.

L'heureux concours de circonstance ne lui empêcha pas de se briser le poignet droit, lui arrachant un soupir plaintif lorsqu'il tenta de se redresser.

Du coin de l'oeil, il chercha le corps d'Ino. Il n'avait pas réussi à la tenir pendant sa chute et craignait qu'elle ne soit blessée.

Au même instant, le Loup hurla. Il n'était pas à proximité s'il se fiait au bruit et paraissait s'éloigner.

Ce cri glaça le sang déjà frissonnant de Shikamaru.

Il ne savait pas sur quoi mettre cette longue plainte mais il le savait que ce n'était pas bon signe. Ce ne fut que lorsqu'il aperçut une mèche blonde dépassant de derrière un tronc qu'il comprit. Toujours avec cette vitesse et cette acuité dont il était secrètement si fier. Pourtant, ça lui fit mal. Très mal.

Par un habile mouvement des hanches, il parvint à basculer sur le ventre. Son poignet droit heurta le sol mais il n'y prêta pas attention. L'adrénaline avait pris la place de son sang et il ne ressentait aucune douleur.

Par la seule force de ses bras, il rampa jusqu'à l'arbre, un vieux saule pleureur abîmé par les années. Il finit par rejoindre Ino.

Son premier réflexe fut de poser sa main sur sa poitrine, à la recherche d'un quelconque battement de coeur. Il le trouva et se sentit rassurer.

Il porta alors son attention sur le reste du corps et s'il se fiait à l'angle étrange de ses chevilles, elles devaient être brisées. Il ajouta à la liste quelques côtes cassées mais sans pouvoir en être sur.

Il avait trouvé l'origine du hurlement et comme à son habitude, il avait raison. Gobi venait d'accuser les blessures du corps d'Ino. Et elle continuait d'habiter le corps du Bijuu, augmentant l'écart entre eux et lui.

À cet instant, il avait peur.

Allez Ino, retourne dans ton corps. Tu en as assez fait ! Ne vas pas plus loin !

Dans sa tête, sa voix avait un ton étrangement plaintif.

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Un violent coup de poing souleva les quelque cent trente kilo d'Hishiki. Malgré l'étrange état dans lequel il baignait, son esprit s'apparentant plus à un magma d'idée, il comprit que ce coup de poing était différent des autres.

Si à l'impact il n'était pas vraiment puissant, quelques microsecondes plus tard, une force titanesque se propageait dans sa mâchoire.

Bien qu'intéressant, ce n'est pas ça qui excita Hishiki. Il lui préférait grandement l'odeur de cerise remontant à ses narines.

Un visage se superposa à cette odeur et il fut heureux. Le destin s'était décidé de la combler.

Il rétablit sa position et retomba sur ses pieds.

Au lieu de repartir à l'attaque comme il en avait l'habitude, il s'arrêta quelques secondes pour détailler son adversaire. Il ne le faisait pas pour des raisons tactiques ou pour jauger son adversaire. Il ne le faisait jamais, sinon il risquait de perdre son principal avantage à savoir son aptitude à foncer dans le tas sans se poser de questions.

Si cette fois-ci, il avait enfreint cette règle, c'était pour l'observer comme un sculpteur détaillé un bloc de marbre avant d'y apposer son premier coup de burin.

Dans la partie reptilienne de son cerveau, une seule pensée cohérente réussit à poindre. Devait-il la tuer ou se la garder ?

Il courut en direction de Sakura. Cette dernière planta ses pieds dans la boue et prit une garde typique des boxeurs, les deux poings proches de la poitrine.

Le premier poing arriva en direction de sa poitrine, Sakura l'esquiva avec un mouvement ridiculement faible et répliqua avec un coup de poing assez léger.

Elle n'avait pas besoin de mettre beaucoup de force, la vitesse d'Hishiki suffisait. Son poing percuta sa mâchoire, elle la sentit légèrement craquer mais c'était tout.

Hishiki n'avait pas ralenti et elle ne réussi à esquiver que grâce à son petit gabarit qui lui permet de glisser entre l'épaule et le torse d'Hishiki.

C'était limite. Mon coup aurait au moins dû le ralentir. Pourtant, il a continué comme si de rien était.

Elle sauta en arrière, s'éloignant d'Hishiki.

À première vue, son coup avait manqué de profondeur pour pouvoir l'arrêter. Se conter de contrer son adversaire en retournant sa puissance contre lui ne suffirait pas.

Elle n'eut pas le temps de mettre au poing en plan efficace que déjà Hishiki était sur elle.

Elle esquiva le premier coup, asséna un violent coup sur sa mâchoire et, au lieu de tenter d'esquiver, recula pour accompagner son adversaire.

Elle le frappa une nouvelle fois au visage, s'aidant de son chakra pour augmenter sa force d'impact et réussit à le ralentir.

Hishiki tenta un coup de genou qu'elle para du coude, aidée par son chakra pour amortir le choc. Cette technique ne l'empêcha pas de se retrouver propulser dans la boue.

Elle ne prit guère le temps d'évaluer les dégâts et se remit sur pied. Elle venait d'avoir une idée pour combattre son adversaire.

Hishiki chargea vers Sakura, comme à son habitude.

Avant qu'il n'arrive, elle planta son poing dans le sol avec puissance et des rochers s'envolèrent. Elle en attrapa un au vol - façon élégante de dire qu'elle le propulsait d'un violent coup de coude - et courra elle aussi derrière son adversaire, camouflée derrière la roche.

La réaction d'Hishiki fut peu surprenante et il explosa littéralement le minéral d'un mouvement de la main. Des éclats partirent dans toutes les directions et l'un d'eux égratigna Sakura à la joue.

Elle n'y prêta guère attention, esquiva le poing fonçant dans sa direction avant de l'attraper de la main droite et de le tirer vers elle. Là, elle esquiva le second poing avant d'apposer une nouvelle fois son poing dans sa figure. Aidé par l'impulsion supplémentaire qu'elle avait donné à Hishiki, par leur vitesse de collision et par son chakra, elle réussit à le frapper fort. Très fort. Elle sentit toutes ses dents casser les unes après les autres, et le vit basculer en arrière pour s'effondrer au sol.

Elle lâcha un soupir de soulagement qui s'évanouit alors qu'il se relevait.

Mais qu'est-ce que c'est que ce type ? Ce coup de poing aurait étalé n'importe qui, même Naruto.

Sakura, comme Shino auparavant, comprit que la force d'Hishiki était d'une relative simplicité. Un organisme absorbant les chocs sans difficulté, lui permettant de tous miser sur l'attaque, aidée par un entraînement hors norme et une expérience quasi-illimité. Il donnait l'impression d'avoir passé sa vie à combattre, de n'être né que pour ça, lui donnant une capacité d'anticipation proche du sharingan. Sinon, comment expliquer qu'il ait réussi à étaler Lee avec les portes ouvertes ? Aucun oeil, même celui de Sasuke, n'aurait pu percevoir ses mouvements. Il fallait qu'Hishiki connaisse déjà l'enchaînement ou alors qu'il l'ait perçu à l'avance et ça, seule une vie passer à s'entraîner et un talent inné pour combattre pouvait l'expliquer.

Lorsque commencer le combat, l'esprit d'Hishiki régressait et rien ne venait lui traverser l'esprit. Il ne fonctionnait qu'à l'instinct, ne portant aucun intérêt à son adversaire ni à ses techniques, ignorant ses propres blessures, n'ayant pas conscience de sa propre existence et de la mort.

Le seul moyen de l'arrêter était de le tuer.

Ça risque d'être plutôt compliqué...

Elle ne disposait pas de techniques mortelles à proprement parler. Pas de chidori, pas de rasengan. Certes, une dizaine de ses coups de poing avaient le même effet mais encore fallait-il les abattre.

Elle souffla un grand coup et fonça sur son adversaire. C'était l'endroit le plus sur, un peu comme l'oeil du cyclone. Hishiki était rapide et doué pour anticiper mais il n'était pas trop rapide et elle se débrouillait aussi lorsqu'il s'agissait de ne pas encaisser de coup. Si elle voulait le contenir, alors il lui fallait le laisser agir en premier et se contenter de suivre son flux.

C'était risqué et il lui serait facile de se laisser submerger.

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Mais qu'est-ce que tu fous Ino ?

Seulement deux minutes s'étaient écoulées depuis qu'il était tombé mais chaque seconde avait des allures d'éternité.

Ino ne devait pas rester aussi longtemps dans le corps d'un démon. Son pouvoir était déjà limité dans le temps avec les humains alors avec un Gobi... Quelque chose ne tournait pas rond. Il y avait un problème et Shikamaru n'avait aucun contrôle sur la situation.

Il pensait qu'Ino s'était éloignée le plus possible pour assurer leur sécurité mais qu'elle n'arrivait pas à se dégager de l'esprit de son hôte. Peut-être même Gobi avait-il déjà reprit le contrôle de son corps, repoussant l'esprit d'Ino dans les limbes de sa conscience.

Shikamaru frappa le sol du plat de la main, pestant contre sa propre incapacité à faire quoi que ce soit, sa propre faiblesse. Encore une fois, il était inutile. Un putain de génie avec 200 point de QI tous aussi vains les uns que les autres.

Il était en colère. Il sentait son coeur résonner dans sa cage thoracique deux fois par seconde, criant à chaque impulsion. L'adrénaline avait remplacé son sang et sa fureur amplifiait à chaque seconde.

Une petite voix familière se manifesta.

laIsSe mOI SortIR...

Une âpre douleur lui irradia le bas du dos. Il avait l'impression qu'une râpe à fromage était en train de remonter. Il s'efforça de se contrôler. Son méian'' ne devait pas apparaître. Il ne pouvait pas lui laisser le contrôle de son corps, n'en avait pas le droit, aussi difficile cela lui était. Pourtant, une partie de lui aurait rêvé se laisser abandonner aux ténèbres.

Une vieille citation lui revint à la mémoire : « Il y'a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir ; l'excès du malheur procure une espèce de sécurité, havre de grâce pour l'âme du naufragée qui n'ose plus croire. »

Il avait oublié le nom de l'auteur mais la trouvait redoutablement adaptée au contexte. Et aussi adapté soit-elle, il refusait de la suivre à la lettre, de se laisser embarquer par Ça.

Il devait rester concentrer, trouver une solution pour sortir Ino du démon. Il y en avait forcément une, ça ne pouvait pas en être autrement.

Putain, une idée !! Vite, une idée !!

jE pEux t'AIdEr.

« Tais toi. »

jE pEux t'AIdEr.

« Tais toi je t'ai dit ! »

jE pEUx acCedEr à lA coNnExiOn Ino-Gobi... la FaiRE rEveniR...

« Pardon ? Comment ça tu peux accéder à la connexion ? »

Pas de réponse.

Il sentit son ombre descendre le long de ses jambes pour reprendre sa place originelle, celle qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Là, elle commença à se mouvoir et à tracer des mots dans la boue.

L'écriture était malhabile, comme tracer par les mains d'un enfant.

Laisse toi régresser et je te permettrai de remonter le long du fil tissé entre Ino et Gobi. Tu auras le contrôle.

« N'y compte même pas, trancha Shikamaru. J'ai vu ce qu'à donner la dernière régression. Aucune chance que je te laisse recommencer. »

Son ombre ne répondit pas immédiatement, lui donnant l'impression de réfléchir. Du plat de la main, elle effaça les mots qu'elle venait de tracer pour en écrire d'autre.

Je m'excuse pour tout à l'heure. Je n'ai pas fait exprès. Retrouver la liberté m'a fait perdre les sens.

L'ombre effaça ce qu'elle venait d'écrire et ajouta :

Dépêche-toi. Ce fil risque de casser n'importe quand.

Une nouvelle citation remonta de sa mémoire : « Dépêche toi de vivre ou dépêche toi de mourir. »

Cette fois, la citation ne s'appliquait pas à lui. Elle était pour Ino et pouvait être remplacée par : « Dépêche toi de la sauver ou dépêche toi de la tuer. »

La tuer était, d'un point de vue pragmatique, la meilleure solution. Il mettrait fin au problème Gobi par la même occasion. Si Ino et Gobi était toujours relié alors la mort d'Ino provoquait celle de Gobi.

Sans surprise, il ne pouvait s'y résoudre. Personne ne peut tuer un membre de son équipe sans avoir essayé toutes les autres solutions.

« Okay, articula t'il. »

Au fond, qu'est-ce qu'il risquait ?

Il sentit l'ombre remonter petit à petit le long de son échine.

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Sakura avait réussi à tenir deux minutes. Elle était parvenue à esquiver la totalité des coups de Hishiki tout en lui assénant les siens à intervalles régulier, sentant la boîte crânienne de son adversaire céder petit à petit.

Elle ne devait être qu'à quelque coup de la victoire, la vitesse et les réflexes de son adversaire allant en régressant suite au divers trauma subi par son cerveau lorsque Hishiki, au lieu de lancer un coup, la plaqua subitement.

Enfermée dans la routine, elle avait réagi une seconde trop tard et n'avait pas pu l'esquiver tout entier. Elle se trouvait maintenant écrasée sous la centaine de kilos de muscle d'Hishiki et peinait à respirer.

Avant qu'elle ne puisse tenter de bouger, il la saisit par les mains, les enserrant dans une seule des siennes et les bloqua au-dessus de sa tête.Il laissa sa dextre serpenter sur le corps de la kunoïchi avant de serrer le poing et d'armer un coup.

Sakura comprit que c'était game over et concentra son chakra dans la tête, à la fois pour tenter d'amortir le choc mais aussi pour que les soins se lancent le plus vite possible, le tout en tentant d'ignorer le durcissement au niveau du bas ventre d'Hishiki.

Cependant, alors que le poing gigantesque s'abattait sur elle, un flash lumineux éclaira la scène et une main vint bloque le coup à quelques centimètres du visage.

« Tututu... fit Juubi en claquant sa langue. Mon très cher Hishiki, je vois bien que tu n'as pas tous tes esprits mais je tiens à te rappeler qu'un contrat me lie à cette charmante jouvencelle. Un contrat qui met mon existence en jeu. Alors, si tu voulais bien cesser de taquiner ma très chère ici présente pour te concentrer sur la proie dont je t'ai déjà gratifié il y'a peu, et que tu n'as toujours pas consommé soit dit en passant. »

Il fit un grand sourire et Sakura jura voir ses crocs s'allonger.

Les yeux d'Hishiki, vide depuis sa colère, se remplirent petit à petit alors qu'il quittait son mode berserk. Juubi claqua alors des doigts et le corps calciné d'Hishiki se régénéra à une vitesse sidérant Sakura.

Il relâcha Sakura, se releva et se dirigea d'un pas léger en direction de Temari. Il ignora le corps paralysé de Lee pour continuer à son rythme.

Juubi tendit sa main pour aider Sakura à se relever. Elle la repoussa d'une claque rageuse, se releva toute seule et fit mine de foncer en direction d'Hishiki lorsque la main de Juubi sur son épaule la bloqua net.

« Ma douce et tendre, je me suis engagé à vous protéger cependant, je ne suis pas tenu de subir vos caprices. J'ai également des engagements auprès d'Hishiki et comprenez bien que je ne vous laisserai pas intervenir. - Sakura sentit des griffes caresser sa clavicule. - Même si pour cela, je suis réduit à vous arrêter avec tous les moyens non létals à disposition, soit quarante-sept exactement, allant d'une simple corde à une illusion vous plongeant dans les pires atrocités. Alors soyez raisonnable, tournez le tête et bouchez vous les oreilles si le spectacle vous est insupportable, et attendons ensemble l'arrivé de Naruto et Sasuke. J'ignore dans quelles conditions vous les avez quittés mais j'avoue qu'un rapide aperçu de la situation m'enchanterait au plus haut point.

- En échange, vous me laisserez aller m'assurer que les blessures de Shino et Lee ne sont pas mortelles.

- Tout ce qu'il vous plaira. »

Il y eut un silence.

« Très bien, lâcha Shikamaru. Au moment où je suis parti, Naruto dominait très largement Sasuke. Sasuke est exténué à cause de son combat contre Itachi. »

C'était un mensonge éhonté. Sa seule crainte était que Juubi s'en soit rendu compte.

« J'en conclus qu'il ne reste plus qu'un Uchiwa en vie, reprit Juubi d'un ton neutre. Dommage. J'aimais bien Itachi. Sa folie avait quelque chose de romantique, de presque malheureux. Au fait, saviez-vous qu'Itachi m'avait demandé d'augmenter le pouvoir des yeux de son frère ? Quelqu'un d'extrêmement capable cet Itachi. Dommage pour lui. Son frère est devenu encore plus capable que lui semble t'il. On pourrait presque dire qu'il a creusé sa propre tombe avec ses dents. »

Un nouveau silence s'installa. Le visage de Juubi était étrangement sérieux, presque mélancolique, comme si ses paroles avait trouvé un écho en lui-même.

Sakura remarqua que Juubi était pied nu dans la boue, des vers grouillant entre ses pieds.

Son visage se détendit petit à petit et un sourire fendit sa barbe naissante. Au final, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

« Tiens, commença Juubi, tant que j'y pense, est-ce que vous n'auriez pas aperçu un loup géant ? Quelques-uns de vos compatriotes, par ailleurs complices des deux cadavres ou presque traînant sur le sol, et je désespère de le revoir en bon état. Non pas que j'ai un quelconque intérêt à le savoir en bon santé mais, voyez vous, c'est un destrier particulièrement élégant et vous n'êtes pas sans ignorer l'importance que j'attache à l'élégance. Je pense sérieusement que la première impression que l'on laisse est la plus importante... Alors, quitte à vouloir détruire le monde, autant le faire avec classe non ?

- Votre objectif, c'est le monde ? demanda Sakura, interloquée. On se croirait dans l'un de ses pathétiques romans avec un mégalomaniaque méchant complètement dingue. Sans vous vexez, monsieur le mégalomaniaque, bien entendu, compléta-t'elle avec insolence. »

Juubi ne se départit pas de son sourire. Dans le fond, c'était l'impression qu'il donnait et il ne pouvait pas le lui reprocher même s'il n'appréciait guère l'insolence. Sauf la sienne évidemment.

« J'ai déjà eu cette conversation avec un certain Sanbi et même si je vous apprécie, je déteste me répéter. Donc je vais faire court. Détruire le monde n'est pas la fin mais le moyen.

- Le moyen de quoi ?

- De Le faire bouger, conclut-il en pointant le ciel du doigt. »

Un temps. Il vit que Sakura ne comprenait pas. Dans le fond, lui-même ne comprenait pas, ou plutôt, il craignait de ne pas comprendre. Sa plus grande peur était que sa volonté ne lui appartienne pas, qu'il ne soit qu'un pantin dans les mains d'un concept. Et de temps en temps, une pensée venait le titiller sans qu'il ne soit capable de se défaire, le poussant à l'insomnie depuis plusieurs siècles déjà.

Et si son envie de s'assurer qu'il était son propre maître venait d'ailleurs. Et si, lui tout entier n'était pas libre, si toutes ses envies venaient d'ailleurs, alors son envie de s'assurer qu'il était libre venait d'ailleurs aussi. En voulant s'assurer qu'il était libre, il ne faisait que suivre les rouages d'un circuit bien huilé, tous ses mouvements étaient déjà prévues. Il ne faisait que conforter Dieu dans sa toute puissance.

Cette pensée l'horrifiait depuis des siècles et avait joué un grand rôle dans sa vie. Chaque fois qu'il voulait faire quelque chose d'imprévu, un pied de nez au destin, il craignait de n'accomplir que son destin et cela expliquait sa relative inactivité au cours des siècles. Il était paralysé par le concept même de destiné. Au final, lorsqu'il regardait en arrière, il se disait que l'élément déclencheur avait été Kyubi. Avant ça, il créait des démons avec certes l'intention de s'en servir mais sans vraiment avoir le courage de les utiliser. Kyubi lui avait donné ce courage.

Il secoua la tête d'un air las. Il farfouilla dans ses poches à la recherche d'une cigarette. Il n'en avait plus.

« Bien, et si nous allions nous occuper de vos chers camarades ? »

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Naruto avait tenté de partir à la poursuite de Sakura. En un éclair, Sasuke l'avait saisi par le col et l'avait collé au sol.

« Qu'est-ce que tu essaies de faire Naruto ? »

Le blondinet fut surpris par la question. La réponse était évidente.

« Ben, de la rattraper.

- Nous savons tous les deux qu'elle est plus en sécurité sans toi qu'avec toi. Du moins, tant que ce stupide pacte traînera dans les parages. Alors n'intervient pas pour le moment. »

Naruto réfléchit quelques secondes et acquiesça. Sasuke le relâcha et se releva.

« Et maintenant, on fait quoi ô grand génial Sasuke ? demanda Naruto »

L'ironie dans ses derniers mots était évidente pourtant, ils manquèrent d'arracher un sourire à Sasuke. Jamais il ne l'avouerait à haute voix mais l'Idiot l'avait manqué.

« ' Sais pas. On ne peut pas laisser Sakura indéfiniment à proximité de Juubi mais une intervention serait très risquée car elle rendrait compte de la rupture du pacte. La première chose à faire serait de prendre le plus d'information sur le pacte. Avec ça, on serait plus ou moins comment le contourner.

- Je peux demander à Kyubi. C'est une démone elle aussi donc elle doit savoir comment ça marche. »

Sasuke opina. Le démon de Naruto, ou plutôt la démone, s'il se fiait à ses dires (sans trop savoir pourquoi, il n'était absolument pas surpris que Kyubi soit une fille) était la source d'information la plus proche et la plus efficace. Restait qu'il ne savait pas s'il pouvait prendre ses paroles pour argent comptant. Déjà, il était surpris que Naruto lui fasse confiance alors qu'il (elle ?) était responsable de leur situation.

Naruto s'assit au pied d'un arbre et ferma les yeux pour les rouvrir une minute plus tard.

« Si j'ai bien compris, il n'y a rupture du contrat que si le parti opposé s'en rend compte. Du moins, en gros, c'est ça. Dans la forme, ça reste assez flou et il est difficile de réellement cerner les limites. »

Sasuke soupira. C'était un système imparfait et profitable à la trahison.

Par exemple, Juubi pouvait tuer Sakura et la remplaçait par un clone, et si Naruto ne s'en rendait pas compte, Juubi ne subirait pas les conséquences.

Peut-être que Sakura est déjà...

Il repoussa cette idée. Ça ne ressemblait pas à Juubi et surtout, c'était trop risqué. Il lui était beaucoup plus facile et sûr de garder Sakura en vie. Pourtant, même si son raisonnement était fondé sur des faits sensés, il ne parvenait à se débarrasser de l'image d'une Sakura morte, le visage livide, les yeux blancs.

Il souffla. Ce n'était pas le moment de se laisser parasiter.

« Et si on explosait la tête de Juubi avant qu'il ne puisse réagir ? Ça pourrait faire l'affaire non ? »

Sasuke, comme dans sa prime jeunesse retint son envie de lui coller son poing dans la figure. Il ne pensait pas possible d'étaler Juubi en un coup. Et quand bien même, ce serait le cas, Naruto se ferait tout de suite arrêter d'un mot de Juubi et ce n'était pas lui, le génie Uchiwa, qui allait faire la différence avec ses réserves de chakra digne d'un poulpe ivre mort.

Un uchiwa fait passer la mission avant les sentiments. disait leur code de conduite.

Le plus simple était de sacrifier Sakura pour se concentrer sur Juubi mais ni lui, ni Naruto n'était près à se sacrifice.

Il bien y avoir une putain de solution !

« Tu sais, reprit Naruto, Juubi n'est pas aussi puissant qu'on le dit. J'ai presque réussi à lui coller mon poing dans la figure. »

Sasuke secoua la tête. Pour le moment, le plus judicieux restait de s'approcher de Juubi. Ici, il n'y avait rien qu'il puisse faire.

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Régresser en son âme et conscience n'était pas si désagréable qu'il l'avait imaginé.

La première fois, il avait peur. Cette fois-ci, il sentit peu à peu ses terminaisons nerveuses s'éteindre, réduisant au silence ses jambes douloureuses.

Il sentit son ombre remonter sur son torse et au lieu de la trouver froide comme avant, il avait l'impression qu'une couverture chauffante s'emparait de son épiderme.

Il se sentait juste bien.

Son méian' acheva de poursuivre sa montée et recouvrit son crâne.

Il ne perdit pas conscience. Il avait le contrôle de son corps et il bougeait à sa convenance. Seule sa perception du monde avait changé.

Le soleil avait disparu, remplacé par une boule noire. La lumière provenait du sol. Elle était étrangement blafarde, donnait l'impression de résonner comme la basse d'un orchestre. Il se rendit finalement compte que les couleurs étaient inversées.

Il lança un coup d'oeil inquiet à Ino et aperçut Le fil. Jamais un jaune ne l'avait autant marqué. Il l'aveuglait littéralement. Dans ce monde blafard, il ressortait comme une tache rouge sur un fond vert.

Il se rapprocha pour l'étudier et pencha la tête dans une mimique canine.

Le filin n'était pas fait d'un seul corps. Il était le résultat de l'entremêlement d'une infinité de filament d'un or le plus pur. Il n'était pas lisse, plutôt usé comme une corde maintes fois manipulée et commençant à se désagréger, s'étiolant à chaque utilisation.

Shikamuru le toucha.

C'est Ino.

Ces mots ne lui étaient pas venu à l'esprit par un mécanisme cognitif quelconque. Ils étaient. N'avaient pas d'origine ni de but.

C'était la première fois qu'il ressentait ça. Habituellement, son esprit était clairsemé de pensées indistinctes qu'il attrapait au vol avant de les remodeler. Cette fois-ci, ses doigts s'étaient refermés sur du vide et pourtant quelque chose en était ressorti.

Sans comprendre pourquoi, savoir que des choses échappaient à sa compréhension le rassurait.

reMontEr lE loNg Du fIL

Shikamaru ne comprit pas la marche à suivre mais le fit. Sa main était déjà sur le fil et il s'y laissa couler avec naturel, par réflexe.

Il remontait le filin avec l'impression d'être immobile. Le décor autour de lui s'agitait, se déplaçait d'avant en arrière. Il avait l'impression que le monde était entraîné par une corde que l'on remontait à l'aide d'une manivelle.

D'un coup, Gobi apparut dans son champ de vision. Il paraissait calme, la tête reposant sur ces pattes avants. Un coup d'oeil plus appuyé lui permit de voir ces pattes arrières, étrangement tordu. D'une façon ou d'une autre, ils avaient réussi à le mettre hors du coup pour quelques temps. Il n'était pas dit qu'il ne se régénérait pas dans la minute à suivre, mais dans le fond cela avait peu d'importance. L'éloigner de Juubi était déjà une victoire.

Il s'attendait à voir ce monde onirique s'effacer, l'ombre de son corps s'évanouissant avec simplicité mais il n'en fut rien.

Il continuait de remonter le long du filin et Gobi s'agrandit petit à petit. Shikamaru parvint à voir le terminus.

Juste entre les deux yeux.

Il ferma les siens quelques secondes avant l'impact. Rien de brusque ne se produisit.

Il ouvrit les yeux et ne vit rien. Si l'extérieur vu par un méian' était sombre alors l'intérieur était le noir complet.

Shikamaru ne distinguait rien, pas même ses mains. Elles avaient des allures de concept, de théorie invérifiable. Lui n'était qu'un esprit pur sans enveloppe charnelle.

aVanCEr

Shikamaru s'exécuta, ne sachant même pas s'il progressait réellement ou si son esprit s'imaginait qu'il avançait.

Il attrapa une idée au vol et comprit que dans cet endroit, ça n'avait aucune importance. Les deux avait la même portée symbolique. S'il croyait avancer, alors il avançait.

D'un coup, la lumière se fit violente.

Elle n'apparut pas en crescendo comme cela aurait dû être le cas dans le monde réelle. Un pas auparavant, il faisait noir, un pas après, il avait une lampe de cent watts braqué dans les yeux.

Il mit quelques secondes à s'habituer à la luminosité et lorsque ce fut le cas, il se trouva encore plus décontenancé.

Ses pieds foulaient de l'herbe verdoyante, dans un paysage monotone s'étirant à l'infini. À perte de vue, il voyait encore et encore la même herbe. Rien ne venait entraver le panorama.

Le ciel au-dessus de lui était orange et dépourvu de soleil, vouant à l'échec toute tentative rationnelle d'expliquer la luminosité.

Il ignorait où il se trouvait. Certes, il se doutait qu'il se trouvait dans l'esprit de Gobi, de son jinchuuriki ou des deux en mêmes temps pourtant il aurait été incapable d'extraire la moindre information cohérente de cet espace vide.

Il tenta un pas maladroit, trébucha et tomba la tête la première sur l'herbe.

Toujours sans explication cohérente, l'herbe se fana et rentra la tête dans le sol, dessinant les contours de Shikamaru et dévoilant la cause de sa chute.

Une chaîne en acier dormait sur le sol. En inox, elle resplendissait sous le ciel oragé,

D'un geste inquiet, il s'en saisi et tira dessus. Le sol se mit à trembler et à grogner, destabilisant le Nara qui s'écrasa par terre.

Autour de lui, nombre de choses était en train de sortir du sol. D'abords des stands où l'on vendait de la nourriture. D'un coup, dans un monde vide, le bruit fut et dans l'air tonnait « Venez acheter ma barbe à papa !! » ou « Elles sont belles mes pommes d'amour. » Le bruit de foule venait compléter ses cris de forains et le tout forma une masse sonore imposante, presque palpable.

À sa gauche s'éleva un stand de masque. Loin de déborder de modèle différent, un seul masque s'alignait sur une façade en bois : un loup. Tous semblaient le fixer de leurs orbites creuses, n'attendant que d'être revêtus pour lui bondir à la gorge.

Il reporta son attention sur les alentours. Il n'avait fixé son regard sur les masques que l'espace de quelques secondes mais cela avait suffi pour qu'une gigantesque fête foraine sortes des entrailles de la terre. Le rouge des chapiteaux s'étendait jusqu'à l'horizon tout comme la foule qui ne paraissait ne pas en finir.

Il était surpris par la taille des stands, souvent beaucoup trop grand pour une personne de taille moyenne. Il remarqua alors que la plupart des gens étaient grands, aux alentours de deux mètres et brun. Seuls les enfants étaient de sa taille.

Plus loin, sur la droite, un jeune garçon aux cheveux longs et blancs était à genou sur une table. Ses mains étaient menottées à la table, le contraignant à rester dans cette position.

D'autres enfants n'en finissaient pas de lui jeter des tomates à la figure avec un sadisme non dissimulé.

Alors qu'il s'apprêtait à s'approcher, quelque chose lui percuta sa jambe. Il baissa les yeux et vit un lapin blanc bipède vêtu d'une redingote, une immense montre à gousset dans ses mains.

Le lapin leva les yeux et le fixa pendant quelques secondes sans dire un mot, le regard étrangement effrayés. Finalement, il lâcha :

« Excusez-moi, je suis en retard. »

Il contourna Shikamaru et disparut.

Le jeune Nara fronça les sourcils, un peu désemparé. Il ne savait pas très bien quoi faire.

À cet instant, au loin, il aperçut une jeune femme blonde s'estompant au détour d'un stand.

Ino.

Il courut dans sa direction, ignorant le lion servi sur le tournebroche qui tournait au rythme des claquements de main. Il arriva au stand où il avait aperçu la jeune femme. Il tourna la tête à gauche et à droite, avec l'espoir de la voir ressortir. La chance voulut que dans ce monde onirique, seul deux personnes n'étaient pas brunes, le petit garçon aux cheveux blancs et la blonde. Ainsi, les cheveux ambrés sautaient aux yeux dans ce paysage brun.

Il l'aperçut à l'autre bout de l'allée. Il partit dans sa direction, affrontant une foule à contre-courant.

Il progressait difficilement, la foule était dense et peu encline à faciliter son avancée. Pourtant, il voyait les cheveux blonds s'éloigner de lui sans difficulté.

Aller ! Ne te laisse pas avaler par cette foule !

Sans crier gare, la foule et la fête foraine disparurent. Ce n'était pas un évanouissement graduel mais une dissolution instantanée.

Pendant quelques secondes, il se retrouva sur la plaine du début et la seconde d'après, il était à Konoha. Du moins, c'était ce qu'il devait déduire s'il se fiait aux cinq visages dans la montagne, le reste de la ville étant assez fragmentaire.

Du haut de la tour du bâtiment administratif, où il était apparu sans raison, il pouvait voir que des pans entiers de la ville étaient absents, remplacer par une pancarte flottant dans le ciel où était écrit « Probable quartier des prostitués » ou « à visiter à l'occasion. »

À cela s'ajouter quelques erreurs dans l'organisation de quelques quartiers où certaines rues n'avaient pas lieu d'être ou bien donnaient sur le mauvais endroit.

Par curiosité, il chercha son domaine, l'aperçut au bon endroit et vit au-dessus une pancarte où était écrit « maison de Shikamaru. »

Je dois être dans l'esprit d'Ino. C'est la seule solution un semblant rationnelle qui existe.

Il fut rassuré. Trouver Ino dans ses conditions n'en serait que simplifié.

Il s'apprêta à sauter du toit mais se retint, au final peu rassuré par l'interprétation de la physique gravitationnelle par une fille. Il se retourna et se dirigea vers la porte du toit. Elle donnait en théorie sur un escalier puis sur un couloir clairsemé de porte, offrant différentes sorties dont le bureau de l'Hokage.

Ino devait ignorer cette information car à peine eut-il ouvert la porte qu'il tomba nez à nez avec le bureau de l'Hokage. La pièce était conforme à la réalité, si bien sûr on ignorait la table de massage en plein milieu, avec la Godaime allongé dessus en train de se faire masser par un bellâtre ténébreux.

Il se promit de rayer cette image de sa mémoire aussitôt sorti de la pièce.

Il finit par sortir du bâtiment administratif sans trop de difficulté, le reste de l'architecture du bâtiment portant moins à controverse. Il échoua dans la rue principale.

À sa droite se trouvait une échoppe de pieuvre grillée tenue par un vendeur à l'aspect robotique. Il n'y prêta pas attention et commença à courir en direction du domaine des Yamanaka, ignorant toutes les bizarreries clairsemant la ville.

Il y arriva quelques minutes plus tard, le souffle court. Il avait beau se retrouver dans une représentation fantasmagorique de Konoha, et par conséquent, échappant aux règles du réel, ça ne l'empêchait pas d'être exténué.

Il fit coulisser la porte d'entrée et tomba nez-à-nez avec le père d'Ino, Inoichi Yamanaka. Il était en caleçon, le regard vague et givré. Il hocha la tête dans sa direction avant de foncer en direction du salon en chantant l'air ringard de Ninja Academy.

Ne pas faire attention ! Ne pas faire attention !

Shikamaru monta à l'étage et se retrouva devant la chambre d'Ino. Il inspira profondément et l'ouvrit.

Au moment où il tira la poignée, il se rendit compte qu'il n'avait jamais été dans sa chambre tout comme elle n'avait jamais été dans la sienne. Cela faisait presque dix ans qu'il se fréquentait et il n'avait pas été foutu de voir la chambre de l'autre.

La porte dévoila une pièce assez sombre. Une lumière rouge tamisait les murs d'un filtre coloré. Devant lui se tenait Ino.

« Ino ? s'exclama t'il »

Elle ne portait qu'une petite nuisette noir transparente et une culotte assortie.

« Shikamaru ? Qu'est-ce que... »

Elle se retourna. Derrière elle se trouvait un autre Shikamaru allongé sur le lit, place qu'il semblait occuper depuis quelques temps déjà. Ils étaient en tout point identique sauf qu'à la différence de l'original, il n'était pas recouvert par une ombre et n'était vêtu que d'un boxer moulant. Lorsque le regard des deux Shikamaru se croisa, le second disparut.

Shikamaru ajouta cet épisode à la liste des choses à oublier.

Il attrapa la main d'Ino.

« Je n'ai pas le temps de t'expliquer. Il faut qu'on se dépêche d'y aller.

- D'aller où ?»

Shikamaru fut forcé d'admettre que la question était sensée. Il ne savait pas où aller pour quitter ce monde onirique.

« Dans le monde réel, finit il par dire.

- On est dans le monde réel, répliqua-t'elle. Je ne comprends pas de quoi tu me parles. »

Il soupira. Si la conversation continuait comme ça, elle promettait de durer. Or du temps, il préférait penser qu'il n'en avait pas.

« Fais moi confiance. Viens avec moi.

- Je ne te fais pas confiance, répondit simplement Ino. »

Shikamaru lança un regard ahuri à son ami.

« Que...

- Je ne te fais plus confiance depuis que tu m'as laissé tomber pour cette traînée.

- Quoi ? Mais de quoi tu parles. »

Le regard d'Ino se fit vide et sa tête pencha bizarrement.

« Ino ?! lança Shikamaru, l'inquiétude affleurant dans sa voix. »

La lueur réapparut dans ses yeux et elle enlaça Shikamaru. Elle le relâcha aussitôt et recula, comme surprise par son propre geste. Ses mouvements avaient quelque chose de mécanique et désagréable.

Elle attrapa Shikamaru par le poignet et le repoussa dans son lit avant de monter à califourchon sur le Nara.

« Ino, qu'est-ce que tu fais ? I... »

Elle lui coula un long baiser langoureux. Il se débattit et la renversa sur le lit. Il se releva prestement en s'essuyant la bouche.

« Mais qu'est-ce qui te prend ? »

Il posa son regard sur Ino et la vit allongée sur le dos, son bras droit cachant ses yeux. Il comprit qu'elle pleurait.

Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ? Ça ne pourrait pas être simple pour une fois ?

Il s'accroupit pour se mettre à sa hauteur.

« Qu'est ce qu'il y'a ? Qu'est ce qui se passe ? »

- Quoique... Quoique je fasse, tu me repousses. - Sa voix était hachée, entrecoupée de sanglot. - Même dans mes rêves tu me repousses. Que faut-il que je fasse pour avoir grâce à tes yeux. »

Il ne répondit pas tout de suite, pesant soigneusement les mots qu'il allait prononcer. Cela faisait trop longtemps qu'il repoussait cette conversation, qu'il souhaitait l'éviter, espérant que taire le problème le ferait disparaître.

Ce n'était pas le cas. Ça ne l'était jamais.

Ils auraient dû régler ça il y'a une éternité et si c'était maintenant qu'il devait le faire, et bien soit.

« Rien. Il n'y a rien à faire. Tu trouveras toujours grâce à mes yeux. (Il marqua une courte pause.) Mais pas de la façon que tu voudrais. Je suis déjà amoureux de Temari.

- Mais ce n'est pas sensé se passer comme ça. Nous sommes une équipe. Si je ne t'ai pas, je n'ai plus rien ! »

Cette tension entre eux deux n'était pas récente. Elle était là depuis qu'il fréquentait Temari et il en était le principal responsable.

Quelque temps avant qu'il ne fréquente avec Temari, il avait... en quelque sorte tenté quelque chose avec Ino. C'était un phénomène assez courant dans les équipes. Ces propres parents étaient dans la même équipe plus jeune.

Restait qu'ils n'étaient pas allés bien loin, Shikamaru coupant court à ses avances lorsqu'il avait décroché son premier dîner avec Temari. Il n'avait jamais réellement clarifié les choses avec Ino et l'avait complètement laissé en plan.

Par moment, il se détestait.

« Calme-toi, s'il te plaît. Il faut vraiment qu'on y aille. »

Dehors, alors qu'il n'y avait pas un bruit quelques secondes plus tôt, un tintamarre assourdissant se fit entendre. Shikamaru craint de le reconnaître. Il se précipita à la fenêtre. Dehors, une gigantesque fête foraine était en train d'apparaître.

Il se retourna, tira Ino par la main et la força à se lever.

« Viens !

- Mais où ?

- On s'en fout mais quoiqu'il en soit, il ne faut pas rester ici. »

Il ouvrit la porte et son genou heurta quelque chose. Il se rattrapa au mur d'en face pour ne pas tomber et se retourna pour identifier l'obstacle. Il reconnut le lapin bipède.

« Vous êtes en retard, se contenta t'il de dire en fixant sa montre. Si vous ne vous dépêchez pas, vous risquez gros. Et le Chapelier sera de mauvais humeur. »

Shikamaru ignora le petit cri d'Ino, clamant qu'il « était trop mignon. »

« Et comment on sort d'ici ?

- Je l'ignore. Je suis juste venu vous donner ça. - Il tendit une petite boite en bois d'environs vingt centimètre de long. - C'est ce qu'il cherchait. Vous lui préciserez qu'il n'a pas intérêt à s'attaquer à notre service à thé.»

Shikamaru voulut lui demander de qui et et de quoi il était question mais le lapin s'était déjà désintéressé de leur situation et fixé sa montre en marmonnant quelque chose ayant à voir avec un retard quelconque.

On se préoccupera de ça plus tard.

Il saisit Ino par le poignet.

« On y va. »

À peine Ino eut elle fait un pas en dehors de sa chambre que cette derrière disparut. Littéralement. Un trou béant dévoilant les fondations de la maison l'avait remplacée.

« Qu'est-ce que ? tenta Ino »

Shikamaru ne répondit pas, se contentant de traîner Ino par la main. Ils descendirent les escaliers et se trouvèrent au milieu du jardin.

Surtout, ne pas prêter attention à ce genre de détail. Pour le moment, le plus important, c'est de trouver la sortie.

Ils déboulèrent dans la rue et tombèrent nez-à-nez avec la fête foraine.

Ça se propage vite. Beaucoup trop. Et ce foutu lapin qui n'est pas capable de nous filer la moindre information sensée.

Une échappatoire. Il leur fallait une échappatoire.

Dans sa main droite, il sentait le frêle poignet d'Ino. Il se retourna, la vit toujours vêtue de sa courte nuisette noire (qu'il se surprit à détailler). Son regard brillait d'une drôle de lueur. Par moment, il avait l'impression de voir au travers.

Pas bon. Vraiment pas bon.

« Ino, l'interpella t'il, quand tu quittes l'esprit de quelqu'un, est-ce que tu dois faire quelque chose d'autre que rupture. »

Elle secoua la tête.

« Il n'y a vraiment rien d'autre ? Pas une image que tu fixes ou une quelconque formule ? »

La réponse ne changea pas d'un iota et faillit être suivie par une autre question. Cependant, à cet instant, un petit garçon tira la manche de Shikamaru.

La Nara reconnut le garçon au cheveux blancs.

« Monsieur, demanda le petit garçon, vous voulez sortir d'ici ? »

Shikamaru baissa les yeux sur le jeune garçon avant d'opiner.

« Pourtant, reprit-il, le monde extérieur est dangereux. Et cruel. Vous êtes en sécurité ici. Jamais Juubi ne pourra vous atteindre. En plus, vous pourrez vivre éternellement. »

Un drôle de sourire se dessina sur le visage du petit garçon. L'espace d'un instant, son faciès fut parcouru de mille cicatrices.

« Vivre éternellement ? répéta Shikamaru. J'en doute fort. Rien n'est éternel.

- Mais si, répliqua le petit garçon. Ici, vous n'êtes pas dans un lieu façonné par la physique mais par la volonté. Un rêve dure aux alentours de un quart d'heure, pourtant lorsqu'on se réveille, on a l'impression qu'il a duré une éternité. Ici, si vous voulez vivre éternellement, vous pouvez. Il n'y a rien qui vous en empêche. »

Il y eut un long silence.

« Je ne veux ni ne peux fuir le monde extérieur. Je dois retourner dans le monde réel. D'ailleurs, je ne suis pas sur d'être en sécurité ici. L'esprit d'une femme est le dernier des endroits que je qualifierais de "sûr." - Il marqua une pause. - Et puis le rêve m'ennuie. Ce qui m'intéresse, c'est le réel, c'est de comprendre les règles du jeu. Les créer n'a aucun intérêt. En plus, comment peux-tu dire que le monde extérieur est cruel alors que dans ce propre monde, je t'ai vu à la merci d'autres enfants ? »

Le jeune garçon ne répondit pas tout de suite, fixant ses pieds comme un enfant pris en faute.

« C'est ma pénitence... Mais Il n'est pas très méchant et c'est le seul ami que j'ai. Cela devrait vite se finir. - Il se tut quelques secondes avant de reprendre. - Vous êtes quelqu'un d'intelligent. Pour le plaisir, je vais vous poser une petite devinette. Vous savez pourquoi la plupart des pièces n'ont qu'une seule porte ? »

Il n'attendit pas la réponse de Shikamaru et s'éloigna à petit pas en chantonnant une vieille comptine :

« Promenons nous dans les bois... »

Pourquoi les pièces n'ont qu'une seule porte ? Parce qu'elle fait à la fois office d'entrée et de sortie. C'est évident. J'en conclus qu'il faut retourner au point de départ.

On lui tapota sur l'épaule.

« Shikamaru, entonna Ino d'une voix curieuse. Qu'est-ce que c'est que ça ? »

Il posa son regard sur la maison pointée par Ino. Elle était entourée par une myriade de chiffre.

Il soupira. Son esprit était en train de se superposer à la réalité d'Ino. À cet instant, c'était le genre de chose dont il se serait bien passé.

Il entraîna Ino avec lui et ils partirent en direction du bâtiment administratif. Le temps leur manquait comme se complaisait à leur signaler le lapin.

Ils déboulèrent à l'angle de la rue principale.

« Shikamaru ? commença Ino

- Oui ?

- C'est un rêve ? Ou bien c'est la réalité ?

- Ce n'est ni la réalité ni un rêve, répondit Shikamaru. Un peu des deux si tu veux.

- Donc tu es venu me sauver ?

- Oui.

- Merci. »

Shikamaru ne répondit pas. Il n'avait rien à répondre à ça si ce n'était une platitude.

Au loin se dessinait leur objectif. Shikamaru le trouva distant, beaucoup trop distant. Sur le chemin du retour, il avait remarqué que les approximations d'Ino avaient été remplacé par des informations exactes, probablement parce que son subconscient s'était ajouté à la fête. Alors comment pouvait-il expliquer cet erreur ?

Derrière lui il entendit le hurlement d'un loup. Il n'osa se retourner, le visage terrifié d'Ino tenant lieu de la plus belle des descriptions.

Merde

Il n'eut pas besoin d'intimer le moindre ordre à Ino que déjà ils étaient en train de courir.

À chacun des pas du loup, le sol tremblait. Les habitations s'effondraient avec une fureur presque palpable et des gravats s'échouaient devant eux. Devant eux, le bâtiment administratif ne semblait pas s'approcher, donnant au contraire l'impression de s'éloigner à chacun de leurs pas.

Bon dieu, qu'est ce que c'est que ce borde

Une illusion d'optique. Ça ne pouvait être qu'une illusion d'optique hurlait son cerveau avec force. Mais pourquoi ce sentiment d'être une souris enfermé dans une roue alors ?

Il ignora cette sensation, se contentant de mettre un pied devant l'autre. Si la roue cessait de tourner, il savait que ce serait la fin pour eux et alors ils seraient condamnés à errer dans cette gigantesque fête foraine, poussant le burlesque aux confins du ridicule. Et l'Après, il préférait l'ignorer.

Shikamaru tourna la tête pour voir si le loup s'était rapproché et à peine tourna t'il la tête qu'Ino et lui butèrent de plein fouet sur un mur invisible, apparaissant comme la dernière pantalonnade du destin, une manière idiote de plus de finir sa vie.

Pourtant, le désespoir qui l'envahit à cet instant s'évanouit bien vite pour laisser place à de la joie. Il se releva et caressa le mur invisible du bout des doigts.

«ATTENTION ! Lui hurla Ino en l'attrapant par la taille pour le plaquer.»

Une patte gigantesque passe au-dessus de leur tête rasant le mur invisible dans un grincement satiné.

Shikamaru se redressa et tira Ino vers lui. Ils esquivèrent un autre coup de patte en se collant contre le mur qu'il ne pouvait voir et pendant une trop longue seconde, Shikamaru sentit une des griffes lui caresser le ventre. Il leva les yeux vers le Loup.

Différent fut le premier mot qui lui vint à l'esprit. Ce n'était pas vraiment un loup, plutôt une esquisse, une métamorphose ratée. Il subsistait trop d'approximation comme ces oreilles trop courtes ou ce museau trop long pour être un loup à part entière.

Le Nara murmura à Ino :

«Quoi qu'il arrive, ne lâche pas ma main. »

Il l'entraîna avec elle, fit cinq pas sur le côté et passa au travers du mur. Une nouvelle fois, le loup arma un coup mais il ne parvint à achever son geste, comme bloquer par quelque chose.

Shikamaru s'arrête brusquement, Ino le percuta et se mordit la lèvre.

« Aïe ! Qu'est ce qu'il y'a ? »

Il lui fit signe de se taire. Il avança ses mains, caressant une surface invisible avant de refermer ces doigts sur une poignée. Il la tourna, mima l'ouverture d'une porte et ils "entrèrent." Il sourit.

Au moment où ils avaient percuté le mur, Shikamaru avait compris qu'il s'agissait du bâtiment administratif.

Par un quelconque moyen, le Loup avait réussi à brouiller leur perception, le rendant invisible mais pas inexistant. Ils ne leur restaient plus qu'à atteindre le toit et ils seraient tirer d'affaire.

Traverser les longs couloirs ne leur serait d'aucune difficulté, lui même étant capable de le parcourir les yeux fermés. De plus, son subconscient avait en quelque sorte réadapté le monde à sa propre perception et quand bien même il se serait trompé dans la réalité, ce ne serait pas le cas dans ce monde onirique, dans son monde onirique. Un monde sur lequel le Loup n'avait aucune prise.

Un gigantesque fracas se fit entendre.

Merde...

«Dépêche toi de nous sortir de là, lui intima Ino. »

Il acquiesça.

Ils reprirent leur course, course qui lui semblait avoir commencer des années auparavant. Ils arrivèrent à la première série d'escaliers, invisible cela va de soi, lorsqu'une mâchoire emplie de croc les manqua de quelques mètres. À cet instant, Shikamaru se rendit compte que depuis qu'ils avaient pénétré l'immeuble, le dehors avait disparu. Tout du moins, il ne le voyait plus. Il ignora cette donnée, inutile de surcroît, et ils montèrent les escaliers.

Il y avait quelque chose de comique à se voir ainsi suspendu au-dessus du sol, donnant l'impression de flotter.

Une nouvelle patte surgit de nulle part les manquant à nouveau mais de trop peu. Il fut bousculer et projeter au sol par des gravats puis une souffrance sans nom se réveilla dans son mollet. Il tenta de le ramener à lui, vague réflexe commun à tous s'appuyant sur l'espérance futile que si l'on rapprochait un membre vers son tronc alors la douleur s'évanouirait. Il n'y arriva pas et se rendit compte que son pied était coincé sous un rocher. Il chercha rapidement à en délimiter les contours et le trouva gros, beaucoup trop gros. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose à Ino mais avant que le moindre son ne sorte de sa bouche, elle posa son index sur les lèvres du Nara.

«Je sais que dans toute bonne histoire qui se respecte, c'est à cet instant que le héros dit qu'il faut l'abandonner mais bien que je ne comprenne pas ce qu'il se passe, je n'en ai nullement l'intention. Alors aide moi au lieu de geindre. »

Tant bien que mal, il se redressa et posa ses mains sur le sommet du débris et à deux, ils parvinrent à le faire basculer.

«Passe tes bras autour de mon cou.»

Il s'exécuta et dit :

«Je vais te guider. Il faut suivre mes indications à la lettre. »

Elle acquiesça et ils reprirent leur marche.

Les escaliers se succédèrent, entrecoupés par quelques escarmouches d'un loup qui ne le faisait que pour la forme. Ils arrivèrent dans le bureau de l'Hokage, longèrent le couloir et arrivèrent sur le toit.

Un fil en or les attendait.

-¤ 8 ¤-

Ils étaient dehors.

Ils ne devaient leur réussite qu'à une succession de coups de chance éhontée mais ils avaient réussi. Il avait réussi.

Shikamaru ouvrait les yeux et son premier regard fut pour le ciel. Il était allongé à côté d'Ino, le dos noueux à cause d'une racine reposant entre ses omoplates.

Il se redressa et porta sa main à sa jambe qu'il pensait blessée. La douleur avait disparu, tout comme une hypothétique blessure.

Il ne trouva pas ça anormal. Lorsqu'il rêvait qu'on lui arrachait une dent, cauchemar récurrent suite à un court séjour dans les salles d'interrogatoire ennemi, ça n'empêchait pas cette dent d'être là à son réveil.

S'étant assuré d'être opérationnel, et vaguement honteux de s'être préoccupé de lui avant de penser à sa camarade, il s'approcha d'elle.

Elle fixait le ciel d'un regard un peu éteint mais vivant.

«Shikamaru ?

- Oui.

- Promets-moi que tu ne m'abandonneras jamais. Que quoi qu'il arrive, tu seras toujours là pour moi. »

Shikamaru ne répondit pas immédiatement. Il laissa quelques secondes flotter. Cette promesse était importante. Sa réponse aussi. Elle avait valeur de serment et en théorie, dans une équipe, elle n'était jamais énoncée à voix haute. Elle était implicite et tout le monde la respectait. Qu'Ino se sente obligée de la formuler à voix haute lui fit mal, lui renvoyant sa propre stupidité au visage.

Au passage, il comprit quelque chose. Un élément dont il avait pris conscience quelques jours auparavant mais qu'il avait préféré taire.

Il comprit que Choji ne reviendrait pas.

Il pensait que cette nouvelle allait le terrasser, qu'en prendre conscience allait le laisser hagard, KO.

Il ne fut rien. Juste du vide. Un trou béant qu'il allait falloir remplir et ça ne serait qu'à cet instant qu'il prendrait pleinement conscience de la disparition de son meilleur ami.

«Je te le promets. Quoi qu'il arrive, je serai là. »

Elle acquiesça lentement, comme soulagée.

«Est-ce que tu pourrais m'aider à me redresser ? demanda t'elle. Je me suis brisé les deux chevilles et j'aimerais pouvoir faire quelque chose pour ne pas être un poids pour toi. »

Il s'approcha, posa sa main sous sa nuque et le releva doucement. A cet instant, son poignet lui rappela à grand renfort de signaux douloureux qu'il était cassé mais il ignora la souffrance.

« Shikamaru ? (C'était la première fois depuis leur retour qu'elle posait ses yeux sur Shikamaru et sa voix avait un ton vaguement alarmiste) Tu es sûr que ça va ? Tu es tout noir. »

Il fronça les sourcils et jeta un coup d'oeil à ses mains. Elles étaient ombrées. Il regarda par terre mais son ombre n'était pas là.

D'un coup, il sentit sa poche s'alourdir. Il y plongea sa main et en ressortit un objet.

Une dague avec son fourreau.

Il la dégaina et fut surpris par la laideur de l'objet. Toute rouillée, détruite par les âges, à peine aiguisée, elle n'arriverait pas à couper une brindille.

Qu'est ce que ce truc ?

Cette interrogation eut tout juste le temps pointer qu'une douleur atroce lui torpilla le crâne de part en part.

Il se sentit basculer et projeter au sol.

JuUBi !!

Ce nom raisonna plusieurs fois dans sa tête, la douleur monta d'un cran à chaque fois.

D'un coup la douleur et le nom disparurent.

Il avait le souffle court et une fatigue sans nom s'écroula sur ses épaules. Pourtant, son corps se releva et se jeta contre un arbre.

Un cri.

Il glissa le long du tronc jusqu'à ce que sa tête s'enfonce dans la boue. Il entendait Ino qui criait sans pouvoir en percevoir le sens.

Ce n'est pas ce qui était prévu salopard de méian' ! Tu devais m'aider à récupérer Ino et disparaître.

- Je... J'emmerde ta copine.

La voix n'était plus le magma sonore précédent. Encore hésitante, peu sûre des mots à utiliser, elle n'en restait pas moins beaucoup plus humaine, avec des intonations proches d'un acteur qu'il appréciait.

C'était comme si le méian' commençait commencer à avoir accès ses connaissances, à son savoir.

Tout ce... qui m'intér...essait, c'était cette dague. Ton... amie n'était que quelque chose qui se situe entre les deux parties extrêmes d'un tout... Un... euh... moyen. Chaque démon est le stockisque... non... dépositaire des connaissance de Yahve... du créateur. Tout comme Neuf queues est celui de Juubi, cinq queue est celui de Kyubi. Or, la destination... l'appareil photo... l'objectif de Neuf queue est de zigouiller Juubi. Donc tous ses chiards... Euh... créations portent en elle le moyen, des clefs pour désactiver... détruire tout ce que Juubi peut faire. Et une des clé est en ma possession. Ce fils de... femme de petite nature...catin...prostituée... Voilà... Fils de pute s'est amusé à éteindre... exterminer ma race... famille pendant des décennies, nous forçant à nous mêler avec des humains pour subsister. L'heure de... comment dites vous... je ne comprends pas les termes... de régler les comptes à sonner.

Il y eut un long silence et le corps de Shikamaru commença à se mouvoir.

Il partit, abandonnant Ino.

L'homme en noir fuyait à travers la forêt.


Bon, très rapidement.

Je n'ai rien posté depuis quelques mois parce que je suis en première année de médecine et y'a pas mal de boulot.

Il me reste encore deux semaines à tenir et je suis en vacance.

Je poste ce chapitre qui dort sur mon ordi depuis pas mal de temps (environs huit mois) histoire de ne pas être trop vache et surtout pour me détendre un peu.

Lorsque les partiels sont fini j'ai l'intention de devenir un peu plus actif, de lire les nouvelles fics qui ont été posté et de rendre cette partie du forum devenu un peu morte un peu plus vivante (y a pas mal de fic qui me trotte dans la tête mais pas sur l'univers de Naruto par contre.)

Bien, quoiqu'il en soit j'espère que vous aurez aimé ce chap, un peu long je le reconnais. Un peu bizarre aussi.