Petite note inutile: encore une fois, beaucoup de retard, du travail, du travail... et encore du travail. Mais je n'abandonne pas l'idée de finir cette fic! Merci pour votre soutien!
Réponse à la reviewveuse anonyme^^:
Carotte: Eh oui, on en apprend un peu plus sur le passé de Ron, ce n'est que justice^^ ! Héhé, je me suis bien marrée à imaginer l'histoire avec Neville… Blaise a confessé depuis un moment qu'il pensait un peu différemment des autres… Je pense que tu n'es pas la seule à avoir un peu occulté cet aspect de sa personnalité (même Ron en fait)Ravie de voir que tu prends plaisir à découvrir chaque petite touche de personnalité de chacun, et à apprendre à les connaître un peu mieux… Je suis contente que tu apprécies cet aspect de leurs personnages, j'essaie de faire en sorte qu'ils soient un peu humains^^° Merci pour ta review et bonne lecture avec ce qui suit !
Chapitre 36 : Jeu de rôles
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-Il faudra que tu m'expliques comment tu as mis Aline dans ta poche, parce que clairement, c'était pas gagné, plaisanta Ron en cherchant ses clés.
-Je suis un génie, répliqua Blaise prétentieusement.
Il déposa un baiser sur sa nuque offerte tandis que le roux penchait la tête en avant pour examiner le trousseau de clés.
-Non mais sérieusement… Je suis impressionné par ta sociabilité.
-Tu pensais que j'allais snober tout le monde ?
-Un truc dans le genre, reconnut le jeune homme avec un léger rire, introduisant la bonne clé dans la serrure, ignorant volontairement le coup de coude qu'il reçut.
Le sourire de Ron s'évanouit lorsqu'il rentra dans sa chambre, laissant place à une moue découragée.
-Oh, je rêve, marmonna-t-il. J'aurais jamais dû faire rediriger mon courrier ici, soupira-t-il en voyant une pile de lettres s'amonceler sur la commode.
Blaise passa sa main dans son dos comme pour le réconforter, riant légèrement.
-Pourquoi tu l'as fait ? demanda-t-il distraitement, s'approchant du meuble.
-J'attends un pli important, je ne voulais pas le rater, répondit Ron en poussant un nouveau soupir. Mais là, c'est juste l'enfer… Je devrais avoir un système de tri pour les lettres de fan, décida-t-il en commençant à examiner son courrier.
-Tiens, cette lettre est pour moi, remarqua son amant en sortant une enveloppe de forme carrée de la pile. C'est marrant, je ne pensais pas qu'il y avait de telles failles dans la distribution…
-Non, elle est à mon nom, objecta Ron en lui montrant l'adressage.
-Effectivement, admit Blaise après une seconde d'hésitation, haussant un sourcil surpris.
-T'as trop bu ou quoi ? se moqua le roux sans comprendre sa réaction.
Blaise garda le silence en l'observant prendre le courrier, un sourire amusé aux lèvres. Il ne le quitta pas des yeux, restant immobile alors que le roux fixait son regard sur sa lettre, son sourire s'élargissant progressivement en le regardant.
-Pourquoi Pansy m'écrit-elle ? demanda lentement Ron en lisant le nom de l'expéditeur.
Il chercha une réponse en relevant la tête vers son amant mais celui-ci laissa simplement échapper un léger rire, haussant les épaules.
- Lis la lettre ! fit-il en secouant la tête pour montrer son ignorance.
Le roux sentit son estomac se nouer alors qu'il décachetait la lettre, serrant à l'avance les dents, se préparant à lire un contenu peu agréable. Il prit une légère inspiration une fois qu'il eut fini de lire, se tournant vers Blaise, l'air hésitant.
-Elle… m'invite à une soirée. Dans deux jours. Au Dstrkt London.
Blaise soupira.
-Je savais que ça arriverait, fit-il dramatiquement. Elle n'arrive plus à remplir les salles alors elle invite n'importe qui.
Il ne put éviter la tape qu'il reçut sur l'arrière du crâne, laissant échapper un rire.
-Mais pourquoi…, commença Ron, cherchant à comprendre la raison de cette invitation.
- Je viendrais avec toi si tu veux, proposa le brun.
-Mais c'était pas une option, ça, rétorqua son amant aussitôt. J'y vais pas sans toi de toute façon.
-D'accord, accepta Blaise avec un léger rire. Ta première invitation officielle par Pansy. « Je suis impressionné par ta sociabilité », ajouta-t-il, l'air de rien.
-Tu te moques de moi ! fit mine de s'indigner le roux.
-Tu pensais sérieusement que je ne m'entendrais pas avec tes amis ? rit son amant.
-Eh bien, ils ont des centres d'intérêts différents des tiens…, argumenta Ron d'un air hésitant.
-Complètement oui. Et pas mal de préjugés aussi. Mais la communication est une partie essentielle de mon job et j'assure à ça, tu sais ? fit nonchalamment le brun.
-Encore ta modestie qui ressort ? Attends, dit-il après un temps d'arrêt, tu es en train de me dire que tu as joué la comédie toute la soirée ?
Blaise fronça les sourcils, ennuyé par la question.
-Non, répondit-il doucement. Je t'explique que mon métier implique de savoir gagner la confiance des gens plutôt rapidement. Je suis à l'aise dans ce genre de situation parce que j'ai l'habitude. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas sincère.
-Un petit peu quand même, non ? C'est ce que ça sous-entend…
-Non. Je te signale que j'utilise les mêmes compétences de communication lorsque je m'adresse à toi, fit remarquer en soupirant son amant.
-Pardon ? Tu plaisantes, là ? rétorqua sèchement le roux, serrant les dents.
Blaise le considéra une seconde en silence avant de fermer les yeux brièvement, humectant ses lèvres.
-Non, répondit-il d'un ton posé.
-Explique-moi comment on peut être sincère avec quelqu'un si à chaque fois qu'on lui parle, on élabore des stratégies et des plans de communication pour s'en faire apprécier ? interrogea le roux, clairement sceptique.
-Tu noircis toujours le tableau, Ron, je n'élabore pas des stratégies, c'est exagéré, lui sourit Blaise gentiment en s'adossant à la commode derrière lui. Mais tes amis avaient quelques préjugés sur moi que j'ai légèrement détournés.
Le roux plissa les yeux, prenant une légère inspiration pour se calmer. C'était lui où Blaise était tranquillement en train de lui expliquer qu'il manipulait les autres à sa guise selon ses bonnes volontés ?
-Donc, tout était calculé ? demanda-t-il finalement.
- Encore une fois, non, répondit patiemment le jeune homme en face de lui. Je sais juste comment me faire apprécier des autres lorsque j'en ai besoin.
-Et avec moi ? s'agaça Ron en fusillant du regard le meuble devant lui, sentant peu à peu la colère l'envahir.
Blaise lui prit la main, l'invitant à le regarder en face.
-Ne te fâche pas contre moi, murmura-t-il. Je ne veux pas me disputer. Ne le prends pas comme ça.
-Et comment veux-tu que je le prenne au juste ? s'exaspéra le roux en dégageant vivement sa main. Tu as besoin d'utiliser tes compétences en communication pour me parler ? Pour rencontrer mes amis ?
- Écoute, je suis fatigué, la journée a été longue, la soirée a fini de m'achever et je n'ai ni l'envie ni la force de me battre avec toi. Je retire ce que j'ai dit si cela t'offense, je le pense très fort et c'est la vérité mais je ne le dirai plus, répondit-il d'une voix douce, haussant les épaules.
-Ne fais pas ça avec moi, le prévint Ron. Ne prends pas ce ton condescendant, je ne suis pas un de tes subalternes au travail !
-Non, ça ne risque pas, c'est sûr, soupira son amant en croisant les bras.
Le visage du roux se colora brusquement en entendant ces paroles alors que ses yeux s'écarquillaient.
-Je sais que j'ai pas fait de grandes écoles ou…, gronda-t-il.
-Et tu le prends mal, évidemment, le coupa Blaise en faisant un sourire désabusé, levant une main en signe défensif. Je t'ai dit que je ne te mentirai plus, n'est-ce pas ? Bien, tu es la seule personne au monde à qui j'ai fait cette promesse. Et tu ne risques pas d'être sous mes ordres ou même mon associé parce que je mens à tout le monde et que ce serait compromettre trop de projets.
Le jeune homme plissa les yeux en entendant l'explication, prêt à rétorquer quelque chose lorsque la main levée de son amant l'arrêta, l'invitant à se taire.
-S'il te plait. J'ai pas envie de passer toute la nuit là-dessus. Est-ce que tu ne peux pas juste arrêter de toujours vouloir tout décortiquer et simplement m'accepter ? Je suis fatigué de devoir toujours me justifier pour ce que je pense et ce que je suis.
Le roux pinça ses lèvres de contrariété en entendant ces paroles avant de surprendre la lassitude sur les traits du jeune homme. Il était tard et la nuit était déjà bien avancée. Il considéra ses propos, ne pouvant que reconnaître qu'il était celui qui interrogeait constamment Blaise sur ce qu'il pensait et pourquoi.
Chaque fois, il lui avait répondu patiemment en tentant de lui montrer son point de vue. Chaque fois, il l'avait écouté le remettre en question sans rien dire, alors que c'était simplement ce qu'il pensait.
-Fais-moi confiance lorsque je te dis que je suis sincère… insista Blaise.
-Est-ce que tu as apprécié cette soirée au moins ? se rendit Ron, laissant tomber les armes.
-Chaque seconde, affirma son amant sincèrement en lui offrant un sourire reconnaissant.
Il l'enlaça avec douceur, lui donnant un baiser esquimau avant de laisser sa joue reposer contre la sienne.
-C'est vrai que tu es doué pour la communication, admit le roux avec reluctance.
-Je m'applique beaucoup, confia son amant à son oreille. Parce que je veux que tes amis m'acceptent et que tu n'aies pas honte d'être avec moi.
Ron fronça les sourcils et se recula légèrement, dévisageant le jeune homme gravement. Il fut surpris de lire dans ses yeux une confession sincère. Il ne s'attendait absolument pas à ça.
-T'es sérieux, là ? Qui pourrait avoir honte d'être avec toi ? murmura-t-il avec incrédulité.
Le sourire hésitant de Blaise lui révéla toute sa vulnérabilité, un sentiment qu'il était loin d'avoir imaginé provenant du brun.
-Je m'en assure juste…
-Eh bien, tu n'as pas à le faire, le rassura immédiatement Ron. Je veux dire, tu aurais pu être imbuvable ce soir et te faire détester de tout le monde, ou rester dans ton coin, ou te ridiculiser sur la piste en me chantant très faux une chanson d'amour niaise sous les yeux de toute la boîte…
Il hésita un moment, semblant se représenter la scène, avant de sourire simplement.
-Oui, même avec ça, il n'y a aucune chance pour que j'aie honte d'être avec toi. Jamais.
Le roux appuya ses paroles d'un regard franc, plongeant dans les yeux noirs de son amant, encore hésitants. Et il l'embrassa pour confirmer ses dires, plaquant ses mains contre ses joues pour approfondir leur baiser.
Il finit par le rompre, laissant son front contre celui du brun, ses doigts caressant doucement la base de ses cheveux.
-C'est impossible, lui assura-t-il à nouveau dans un souffle.
Les mains de Blaise s'agrippèrent à sa chemise alors qu'il posait sa tête sur son épaule.
-Je crois que je suis trop fatigué pour réfléchir… Mais j'aime bien tes amis, dit finalement le brun. Tu as une bonne équipe.
-Je parie que c'est ce que tu as dit à Melville et à tous les autres avant, plaisanta Ron.
-Hum, fit mine de réfléchir Blaise. Oui, tout à fait.
Il se recula pour éviter les mains chatouilleuses de son amant, renversant quelques lettres au sol dans le mouvement précipité.
-Ah ! Mes lettres de fan ! fit mine de se scandaliser Ron.
Blaise les ramassa en une simple pensée, les reposant doucement sur la table.
-Quelle est la pire lettre que tu aies reçue ? demanda-t-il distraitement en s'asseyant sur le large lit derrière lui.
-Ce sont des lettres de fans, donc, il y en a des vraiment bizarres, genre des déclarations d'amour ou des demandes en mariage, mais il y en a aussi des beuglantes quand je perds des matchs… En général, elles sont filtrées… exposa Ron en enlevant sa chemise.
-Tu les lis toutes ?
-J'ai pas le temps. Je n'en lis qu'une sélection. Mais je crois qu'il y a des gens qui sont payés pour les lire…
-C'est dur d'être célèbre…, le taquina Blaise.
-Je ne le suis pas tant que ça, j'ai de la chance, sourit le roux en se penchant vers lui pour l'embrasser brièvement. Et c'est quelque chose que j'ai toujours voulu étant enfant, avoir un peu de reconnaissance pour ce que je fais ou ce que je suis… L'inconvénient de grandir dans une famille nombreuse, expliqua-t-il.
-Tu en es revenu ?
-Carrément, affirma Ron, sincère. Surtout quand des fans me prennent en photo au restaurant et que, lorsque je leur demande comment ils ont su que j'étais là, ils me répondent avec une innocence toute flippante qu'ils m'ont juste suivi.
-Charmant, commenta le brun en haussant un sourcil.
-Clair. C'est pour ça que j'aime bien transplaner. Mais ça n'arrive pas souvent, je te raconte juste ce qui m'a le plus marqué jusqu'ici… fit-il observer en s'attaquant aux boutons de chemise de Blaise.
Il poussa un soupir satisfait en découvrant les épaules nues, laissant ses mains courir sur la peau dévoilée.
-Viens-là, murmura son amant en lui donnant un léger coup de genou dans les jambes, l'incitant à s'installer sur lui et passant ses bras autour de sa nuque pour l'attirer plus près.
Ron répondit volontiers à son étreinte, soupirant d'aise entre ses bras.
-Pas de musée demain, alors ? s'enquit-il par bonne conscience.
-Ça semble compromis, confirma Blaise avec un léger rire. Honnêtement, je ne suis pas sûr que je me réveillerai demain matin.
L'instant d'après, il détournait la tête pour bâiller, une main devant la bouche. Ron cligna des yeux devant la scène, luttant pour ne pas faire de même.
Il finit par fermer les yeux, sentant toute la fatigue revenir en vagues maintenant qu'il se posait. Un frisson le parcourut alors qu'il enfouissait son nez dans le cou de son amant.
-Je suis très très fier d'être avec toi, déclara-t-il sérieusement en resserrant son étreinte sur le corps du brun.
Il se sentit glisser doucement sur le côté alors que le drap les recouvrait tous les deux, les bordant dans un lent bruissement de tissu.
-Et j'aime toute la magie qu'il y a autour de toi, ajouta-t-il dans un bâillement. Tout ce qui fait que tu es toi. Même nos différends. Je suis content que tu sois venu me rejoindre, tu sais ?
-Moi aussi, répondit Blaise tout bas, ses yeux se fermant à leur tour de sommeil, vaincus par le décalage horaire et la soirée qu'il venait de passer.
À mesure qu'il s'endormait, il vint se blottir dans les bras de son amant, s'agrippant à lui inconsciemment alors que leurs jambes se mêlaient.
&& RWBZ&&
-Je veux accoucher, maintenant, là, tout de suite, grogna Hermione en acceptant le verre d'eau qui lui tendait Harry.
-Ça peut s'arranger, sourit Blaise en s'adossant au mur de son appartement.
-Tu m'approches et je te tue, siffla la jeune femme en lui envoyant un regard noir.
-On peut savoir ce que tu fais là d'ailleurs ? demanda Harry en jetant un coup d'œil au jeune homme.
Il venait d'arriver chez sa meilleure amie, étonné d'y trouver l'amant de Ron.
-Je venais juste prendre des nouvelles… Tu sais, d'ancien patron à ancienne employée, le lien social, tout ça…, argumenta le brun.
Son sourire s'agrandit alors que deux regards sceptiques convergeaient vers lui.
-Il se croit obligé de veiller sur moi depuis qu'il a délibérément omis de t'expliquer qu'Andrew était parti quand tu étais en lune de miel, exposa Hermione en levant les yeux au plafond.
-C'est vrai ça, tu n'as rien dit ! s'exclama Harry soudainement. Tu savais et…
-Eh bien, à ce moment-là, j'ai jugé que tu n'avais pas besoin de le savoir. De toute façon, tu l'as su dès que tu es rentré…, se défendit Blaise.
-Je passe pour le pire ami de la Terre, grâce à toi. Le mec qui profite de sa lune de miel pendant que Ron perd un des matchs les plus importants de sa carrière et qu'Hermione découvre qu'Andrew ne se « sentait pas prêt »…
-Harry, tu exagères…, fit doucement la jeune femme.
-Et puis c'est bien pour ça que j'ai pris soin d'Hermione à ta place pendant ton absence. Elle avait Ron, et moi, je te remplaçais, appuya le brun.
-Est-ce que tu y crois vraiment ou…, hallucina Harry. Hermione, est-ce qu'il me vaut ?
-Tu sais, tout ce qu'il a fait c'est m'envoyer un compagnon enchanté pour me réconforter et m'apporter des sushis en guise de dîner alors, on peut dire que non, pas du tout, répliqua la jeune femme.
Les deux amis éclatèrent de rire alors que Blaise croisait les bras, détaillant machinalement le papier peint de la chambre.
-Et pourquoi tu n'es pas venu avec Ron ? demanda Harry une fois qu'ils se furent calmés.
-Tiens-toi bien, c'est la meilleure partie, s'amusa Hermione. Il fait tout ça dans son dos parce qu'il ne veut pas avoir à lui expliquer qu'il est allé te voir pour te demander des conseils.
-Tu ne t'es même pas servi de ce que je t'ai dit d'ailleurs, remarqua le jeune homme.
-Je n'en ai pas eu besoin, sourit Blaise. En fait, je vais me servir de ton information pour lui faire une surprise en janvier, pour le nouvel an.
-Arrête-toi là, je ne veux pas de détail, l'interrompit Harry avec une grimace.
-Encore une fois, je crois que tu as l'esprit vraiment très mal orienté. Mais tu viens de me donner des idées que je risque d'exploiter dans le futur ! fit d'un air enjoué le brun.
-Honnêtement, je persiste à dire que Ron ne serait pas vraiment ravi que tu complotes dans son dos avec ses meilleurs amis, intervint Hermione sans chercher à comprendre l'objet de leur conversation.
-Vu comme ça… confirma Harry avec une grimace.
-Pas du tout, assura Blaise. Je m'entoure des personnes qui lui sont le plus proche pour lui faire un cadeau qui le surprendra et lui plaira. Et je m'assure que la surprise ne soit pas gâchée en entretenant le secret de nos relations. C'est si mal que ça ?
-Je suppose que non, répondit avec réticence Hermione. Elle est si bien que ça ta surprise ?
-Elle devrait lui plaire, oui, répondit le brun, ses yeux prenant une teinte plus chaleureuse. Et dès qu'elle sera révélée, je vous inviterai à dîner pour que Ron puisse vous remercier officiellement de l'avoir rendue possible.
Harry soupira, haussant les épaules.
-Et sérieusement, pourquoi es-tu là aujourd'hui ? Tu ferais mieux d'éviter de nous croiser, non ? Je suis là, maintenant, tu n'as plus besoin de me « remplacer », fit-il en mimant les guillemets.
-Je me demandais si Hermione allait bien. À titre personnel, je veux dire.
Harry fronça les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir.
-Je ne t'ai pas renvoyé ton colibri parce que… d'une certaine façon, j'en ai encore besoin, intervint la jeune femme d'une voix réticente. C'est vrai que c'est ton patronus et qu'il doit puiser dans ta magie… Je n'y avais pas vraiment réfléchi. Est-ce que tu veux que je le renvoie ?
-Non, ce n'est pas un problème, tant qu'il t'est utile, tu peux le garder à tes côtés, la détrompa Blaise calmement. Je venais juste aux nouvelles mais comme Harry prend soin de toi, c'est vrai, je n'ai pas vraiment de raison d'être ici… Je m'assurais juste que… tout allait bien. Mais c'était déplacé, je m'en rends compte maintenant, je me mêle de ce qui ne me regarde pas, réalisa-t-il brusquement. Je vais y aller, pardon de t'avoir dérangée…
-Non, tu n'es pas obligé de partir, le retint la jeune femme, gênée de la tournure de la conversation.
-Si, je crois que si… Et je dois y aller de toute façon, on m'attend.
-Blaise, je… Je mets lentement les choses à plat mais… ça prend du temps, tu vois ? Mais c'est gentil de t'inquiéter, j'apprécie l'attention… Merci, déclara sincèrement Hermione.
-J'éviterai les sushis la prochaine fois… plaisanta le brun sur un ton plus léger.
-Oui, évite, confirma Hermione avec une légère grimace.
Elle lui sourit alors qu'il esquissait un geste d'au revoir, disparaissant alors qu'il transplanait.
-Ok, moi je persiste à dire qu'il est complètement tordu, déclara Harry après son départ.
-Il fait les choses un peu bizarrement mais je crois que ça part d'une bonne intention…
-On dirait que tu parles d'un gosse, s'amusa le brun. Je n'ai pas bien compris, il t'a envoyé son patronus ? Il t'a prise pour un détraqueur ou…
-Non, Blaise utilise son patronus comme un compagnon qui t'apporte du réconfort… Ne me demande pas comment ça marche, j'ai essayé une vingtaine de fois d'appeler le mien mais il ne reste pas longtemps dès qu'il comprend que je ne suis pas en danger ou que je n'ai pas de message à lui transmettre. Mais son patronus ? Il peut rester à côté de toi pendant des heures et il dégage une magie vraiment apaisante…
-Et tu en as vraiment besoin ?
-Je fais des angoisses nocturnes, avoua Hermione. Honnêtement, si j'ai tenu le coup jusqu'ici, c'est grâce à lui et à vos visites, à Ron et à toi.
-Et celles de Blaise.
-C'est la première fois qu'il venait depuis qu'il m'a envoyé son patronus. Je suppose qu'il ne l'a jamais utilisé aussi longtemps…
-Si lui s'inquiète de ça, c'est que c'est plutôt sérieux, non ? Tu n'arrêtes pas de me répéter que tout va bien mais…
-Non, l'interrompit Hermione en levant une main pour l'intimer au silence. Je vais de mieux en mieux, je t'assure. Je fais des projets pour l'avenir, je me prépare à accueillir un petit être que je désire de toutes mes forces… Et je le fais avec joie. Les plans ont changé mais ils restent heureux. J'ai juste… ces angoisses nocturnes de temps en temps…
-Tu sais qu'à tout moment, tu peux m'appeler et me demander de venir. Ou transplaner chez moi.
-Mais je vais bien. Le patronus m'aide à surmonter mes peurs et petit à petit, je sens qu'il m'en guérit. Je pense que d'ici une semaine ou deux, je n'en aurais plus besoin.
-Je n'aime pas te savoir seule pour affronter ça…
-Je ne suis pas seule, Harry. Je vis avec mes parents qui prennent tellement soin de moi que j'ai envie de les étrangler pour le trop plein d'attention. Ron vient me voir régulièrement, toi aussi… Maintenant Blaise. Sérieusement, je ne me sens pas seule du tout.
-Qu'est-ce que tu penses de lui ? interrogea curieusement le brun. Je veux dire, en quelques mois, ce mec est passé de sympathique à imbuvable et je suis en train de me demander si finalement, il ne serait peut-être pas ce connard fini que je pensais. Je crois qu'il aime sincèrement Ron.
-En tout cas, c'est le cas de Ron. Il rayonne littéralement depuis qu'ils sont à nouveau ensemble. Je veux bien accorder le bénéfice du doute à Blaise mais au moindre faux pas, je l'éviscère, affirma la jeune femme.
-Radical, sourit Harry.
-On ne touche pas à mes amis. Mais… je crois qu'il essaie de s'intégrer du mieux qu'il peut. Parce que, honnêtement, il fait des efforts : Ron m'a dit qu'il l'a invité chez lui à Noël et je peux parier que Blaise n'a pas la moindre envie de se mêler à toute sa famille. Pas plus qu'il ne fréquente habituellement des sorciers qui ne sont pas des sang-purs mais il fait une sorte de dérogation à la règle pour nous. Ou alors, Ron le rend plus tolérant, statua Hermione.
-Blaise est clairement un des amis de Draco qui est le plus fréquentable, reconnut le brun. Ou alors il cache très bien son jeu lorsqu'il est hypocrite. Il a invité Ron à une réunion du club des sang-purs. Il lui a présenté ses amis et je crois que ça ne s'est pas trop mal passé.
-Évidemment, Ron est un sang-pur. Peu importe ses convictions, peu importe ce qu'il fait, il le restera quoiqu'il arrive. Tu crois qu'il essaie de l'influencer pour… demanda-t-elle soudainement.
-Si c'était le cas, il ne prendrait pas la peine de nous parler… Ni ne voudrait nous inviter à dîner. Je crois qu'il essaie de concilier les cercles d'amis…
-Il me semble que ça n'a pas bien marché avec toi.
-Les temps changent… On a essayé il y a un moment maintenant et je t'avoue que je n'avais aucune envie de faire des efforts. J'ai déjà des amis formidables. Les amis de Draco… je reste poli avec eux mais je ne cherche pas à les voir très souvent… On n'a pas vraiment d'atomes crochus.
-Comment se fait-il que tu en aies avec ton mari, hum ? le taquina Hermione.
-C'est un mystère que j'espère ne jamais élucider, sourit Harry en réponse.
&& RWBZ&&
Ron eut un mouvement de recul involontaire avant de passer la porte d'entrée.
Blaise lui serra brièvement la main en signe d'encouragement alors qu'il prenait une légère inspiration pour dépasser son appréhension. Il espérait que cette soirée se passerait mieux que la première confrontation avec ses amis…
Le Dstrkt London était plus grand qu'il l'avait imaginé et pourtant, il dégageait une atmosphère d'intimité qui le rendait accueillant. De longs lampadaires venaient éclairer une partie de la salle aménagée pour les clients du restaurant tandis que des néons coloraient la piste de danse et les canapés qui l'entouraient. Le long bar traversait toute la pièce, les lumières jouant sur les reflets des flûtes et des verres renversés, suspendus au-dessus du comptoir par la magie.
Blaise fit un geste discret de la main pour saluer le barman alors qu'ils passaient devant lui. Ron fit un léger sourire à Pansy alors qu'elle traversait la salle pour venir à leur rencontre. Il se figea, dans l'expectative, lorsqu'elle accrocha son regard et s'avança vers lui sans détacher ses yeux des siens, l'air déterminé, sa bouche formant un croissant lunaire qui ne lui disait rien de bon.
Avant qu'il ait eu le temps de réaliser ce qui se passait, la jeune femme avait franchi la distance qui les séparait et s'était jetée dans ses bras, l'embrassant sur les lèvres, imprimant son parfum sur sa peau. Elle se détacha de lui quelques secondes plus tard, l'air satisfait.
Ron ne bougea pas d'un pouce, trop choqué pour réagir. Il chercha Blaise du regard, tentant de lire une explication sur son visage mais celui-ci semblait aussi surpris qu'il l'était.
Et puis Pansy éclata de rire, l'air ravi.
-Désolée, je voulais juste tester et… Wahou. Tu as de la chance quand même, affirma-t-elle sincèrement à Blaise.
-Pardon ? demanda le brun, ne suivant visiblement pas son raisonnement.
-Eh bien, tu sais que tu as manqué une soirée poker cette semaine ? Draco s'est vexé de ton absence, tu comprends, vous ne vous étiez pas vus depuis sa lune de miel, il revient et… tu l'oublies, sourit-elle en haussant les épaules. Je ne dirais pas qu'il a fait exprès de perdre au poker mais disons qu'il n'a pas été réticent à nous livrer le souvenir qu'il avait de vos… retrouvailles, compléta la jeune femme en les fixant tour à tour. Je voulais juste revivre cet instant… Tu es jaloux ? s'enquit-elle avec entrain.
-Oui, assura Blaise après une fraction de seconde.
Ron fit glisser son regard vers le jeune homme, haussant un sourcil amusé.
-Tu sais bien que je n'aime que toi, plaisanta-t-il en collant leurs épaules ensemble, laissant sa main se poser sur sa hanche.
Son amant lui répondit par un franc sourire, les yeux pétillants de malice et il sut à ce moment qu'il avait complaisamment menti. Même s'il ne comprenait pas vraiment la manière dont pensait Blaise, il sentit un souffle d'allégresse le traverser en réalisant que le jeune homme le laissait percer ses mensonges avec facilité.
Il savait pourquoi Blaise n'était pas jaloux.
Il devinait même la raison pour laquelle il prétendait le contraire devant les autres.
Devant ses plus proches amis. Mais pas avec lui.
Avec lui, Blaise était franc et assumait ses différences. Ron pencha légèrement la tête et l'embrassa délicatement sur les lèvres, lui communiquant son élan de tendresse.
-Vous êtes trop mignons, s'attendrit Pansy. Et, Ronald, traverser la pièce pour te jeter dans les bras de Blaise et lui pardonner son inconséquence… J'ai regardé ce souvenir au moins dix fois ! lui assura-t-elle avec les yeux brillants.
Ron ne put s'empêcher de rougir en pensant qu'elle avait visualisé la scène où il s'était réconcilié avec Blaise. Il n'avait pensé à rien d'autre à ce moment mais… La prochaine fois, il s'assurerait qu'il n'y ait pas de témoin, c'était trop gênant.
Pire, il devenait la cible des moqueries des amis du brun. Et pourquoi elle ne s'en prenait pas à lui, d'abord ? songea-t-il vainement. Et c'était quoi cette foutue habitude de s'échanger des souvenirs quand ils perdaient au poker ? Nott en avait fait un film, maintenant ça… La jeune femme poussa un soupir langoureux, comme si elle avait deviné le cheminement de ses pensées, et sépara les amoureux d'un geste vif, passant son bras sous le sien.
-Toi et moi allons vraiment bien nous entendre, crois-moi, fit-elle, enthousiaste, l'entraînant vers la table qu'elle leur avait réservée.
-Euh, excuse-moi mais… commença Ron en se dégageant poliment de son étreinte. Je ne suis pas certain de te suivre…
Pansy fit deux pas en arrière, le dévisageant de la tête aux pieds, l'air fasciné.
-Il est toujours aussi timide ? demanda-t-elle à Blaise qui ne fit que pousser un soupir, fixant un lustre avec application.
Il avait l'air vaguement ennuyé par la situation, comme si la jeune femme le fatiguait à s'agiter ainsi autour d'eux.
-Elle est droguée ? interrogea Ron sérieusement avant de reculer en voyant Pansy se retourner vivement vers lui.
-Je t'adore ! clama-t-elle en se jetant à son cou et il eut du mal à la retenir de pas les entraîner tous deux au sol.
Il s'écarta d'elle légèrement, ne sachant pas comment réagir face à la jeune femme. Il ne parvenait pas à la cerner et ne savait pas si elle était sincère ou si elle se foutait complètement de lui… Est-ce qu'il était censé se mettre en colère ?
Il jeta un coup d'œil à son amant, cherchant un soutien ou une quelconque indication sur son visage. Blaise lui fit un petit sourire et un geste de la main fataliste pour toute explication. Ron décida qu'elle était simplement complètement timbrée. Il eut un mouvement de panique en voyant son amant se détourner d'eux pour prendre une conversation téléphonique, les laissant seuls.
-Tu m'adores, vraiment ? essaya-t-il de reprendre leur discussion, se tournant vers Pansy.
-Grâce à toi, j'ai eu mon augmentation, jubila-t-elle en reprenant son bras. Qui aurait cru que tu aurais une telle influence sur mon patron adoré ?
Comprenant mieux la situation, Ron émit un léger rire, déconcerté par la joie de la jeune femme.
-Je ne crois pas que ce soit grâce à moi…, tenta-t-il de la raisonner.
-Si, c'est parce que tu es jaloux comme un pou ! Et hypocrite avec ça. On n'est pas aussi lisse qu'on le paraît, hum ?
-Je…, commença Ron, déconcerté.
-« Je trouve que tu chantes très bien. », le coupa-t-elle brusquement. Soit tu es trop gentil pour ton bien, soit ton hypocrisie n'étouffe pas ta jalousie. Blaise m'a un peu parlé de ta réaction… J'ai dû un peu le cuisiner mais… j'obtiens toujours ce que je veux.
Le roux se figea un instant, sentant un courant glacé l'envahir. Il détestait la manière dont les amis de Blaise le manipulaient. Ils étaient amicaux dans un premier temps et puis, ils changeaient tout à coup d'attitude, sans prévenir, brisant ses illusions. Il ne s'intégrerait jamais à eux…
-Tu trouves vraiment que je chante bien ? poursuivit la jeune femme sans sembler remarquer son trouble.
-Qu'est-ce que ça peut te faire ? répondit-il plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
Elle le dévisagea un instant, surprise, avant de lui adresser un sourire franc.
-Ronald Weasley, tu as du caractère et j'aime ça. Ne sois pas jaloux des déclarations enflammées que j'adresse à Blaise, elles sont strictement d'ordre financier. Et grâce à toi, elles ont abouti… Tu crois vraiment que Blaise m'intéresse ? Il est gay, je ne suis pas si désespérée !
Le jeune homme la regarda d'un air méfiant, tentant de déterminer si elle était sincère.
-Peu importe, balaya-t-elle soudainement comme si elle se moquait qu'il la croie ou non. Je déduis de notre conversation que tu es profondément et irrémédiablement gentil. Ah, je me demande combien de temps ça prendra à Blaise pour te transformer en vil calculateur, soupira-t-elle en secouant la tête.
-Qui te dit que ce n'est pas moi qui le changerais ?
-Je t'avais dit qu'on s'entendrait bien, lui sourit Pansy en retour, ravie. Tu as le bon esprit !
-Donc, tu es gentille avec moi parce que tu as eu une augmentation ? Je ne l'ai même pas fait exprès…
-Eh bien, continue, ça marche bien ! Qui sait ce qui pourrait arriver !
Ron laissa échapper un rire incrédule, confirmant mentalement que la jeune femme était folle.
-Je ne sais pas quoi penser de toi, reconnut-il sincèrement.
-Tu peux rester au « tu chantes très bien », ça me va tout à fait. Et je m'en tiendrais au fait que tu es l'homme sur lequel Blaise a jeté son dévolu et que tu as plus d'influence sur lui en clignant des paupières que des années entières passées à le harceler au sujet de mon salaire.
-Ça fait de moi un allié de poids.
-Exactement. C'est pour ça que je t'ai réservé la meilleure table.
-Ce n'est pas parce que Blaise est là et qu'il possède le club ?
-Détail, lui sourit Pansy avec un geste vague de la main. Oh, et tu verras, ce soir, je chanterai une chanson pour toi. Je sais que tu y seras sensible, ironisa-t-elle.
Ron fit une légère grimace à la pique, la faisant rire.
-Tu me fais peur, avoua-t-il.
-Tu peux, intervint Milicent en posant une main sur son épaule. Bonjour Ron, comment vas-tu ? enchaîna-t-elle aussitôt avec un large sourire.
Le roux eut un léger mouvement de recul mais prit sur lui et hocha la tête, répondant à son sourire.
-Bien. Je ne m'attendais pas à te voir ce soir…
-Ce qui est une manière polie de dire qu'il ne serait pas venu s'il avait su que tu serais invitée, traduisit Pansy, l'air de rien.
-Pas du tout ! protesta Ron, sentant ses joues rougir peu à peu.
-Si, c'est totalement vrai, reconnut Milicent sans sembler en être offensée. J'y ai été un peu fort la dernière fois où on s'est vus. Mais je pense qu'on peut surmonter ça. Je veux dire, certes, tu viens d'un milieu misérable mais tu as su t'élever sur l'échelle sociale et… c'est admirable en un sens ! affirma-t-elle d'un ton convaincu.
Le sourire de Ron se crispa un peu alors qu'il tentait de retenir un rire moqueur devant l'évidente hypocrisie de la jeune femme.
-Ravi d'avoir passé le rattrapage pour entrer dans ton cercle de fréquentation, ironisa-t-il.
-Je crois qu'il y avait un juge gagné à ta cause dans le jury, fit mine de réfléchir Pansy.
-Je parie qu'il était beau, intervint Blaise à ce moment, embrassant de ses bras ses amies, se glissant entre elles.
-Tu as fini de faire semblant de travailler ? se moqua Pansy.
-Certaines personnes pensent que je suis indispensable à la gestion de leur vie. Elles ont raison, statua-t-il sans modestie.
-Tu as l'air fatigué, remarqua Milicent en passant un doigt sous ses yeux, soulignant d'une caresse ses cernes.
-Ça va, lui sourit le brun en réponse, la rassurant d'un regard appuyé.
-Tu ne prends plus tes potions, j'espère ? s'enquit Pansy d'un air réprobateur.
-Non, lui assura Blaise avec un sourire tendre.
Ron dévisagea avec attention l'amie de son amant, reconnaissant malgré lui qu'ils étaient proches et qu'elle prenait soin de lui.
-Des potions ? releva-t-il finalement en haussant les sourcils.
-Blaise et les potions vitalisantes et de sommeil, c'est tout un programme, ironisa Milicent.
-Vous plaisantez ? articula Ron en ouvrant grand les yeux, choqué.
-J'ai arrêté d'en prendre, je n'étais pas au courant des effets secondaires, tenta de les apaiser le brun.
-Euh, Blaise, c'est du niveau de la deuxième année de Poudlard, là… répondit Ron, atterré. Ne jamais mélanger les deux potions, c'est genre, du basique.
-Ne t'inquiète pas, on lui a déjà fait la leçon, expliqua Milicent en tapotant l'épaule de son ami d'un air condescendant.
-Tu m'inquiètes, grimaça le roux en jetant un coup à son amant.
-Je vais bien, j'ai compris, leur assura encore Blaise en leur faisant les gros yeux. J'ai juste… séché pas mal de cours à Poudlard.
-Et c'est un euphémisme, renchérit Pansy avec un sourire navré. Je ne compte plus le nombre de fois où tu m'as plantée pour des devoirs en classe…
-Je ne me souviens pas avoir dû faire mes TD seuls en métamorphose… réfléchit Ron.
-C'était parce que c'était toi, répondit Blaise en lui adressant un sourire sincère.
Le roux ne trouva rien à redire, charmé malgré lui par la réponse immédiate et se perdant dans son regard sombre.
-Il est doué, commenta Pansy.
-J'ai toujours dit qu'il aurait fait un merveilleux directeur de com s'il n'avait pas déjà été le PDG de la Marten… expliqua Milicent en haussant les épaules.
-On est là, vous savez ? grogna Ron, mortifié que les femmes aient assisté à ce moment de faiblesse face au charme de son amant.
Blaise émit un rire, ne prenant même pas la peine de répondre.
-Je dois y aller, ça va être l'heure de ma représentation, intervint soudain Pansy, regardant sa montre. Amusez-vous bien !
Ils s'installèrent à la table qui leur était réservée, rejoignant Draco et Greg qui étaient déjà arrivés.
-Tu es venu sans Harry ? demanda Ron en serrant la main du blond.
-Il était occupé…
-Ça, c'est la réponse officielle, ironisa Milicent en roulant des yeux.
Draco ne chercha même pas à nier, ignorant le commentaire.
-Alors, tu as reçu une invitation officielle ? s'enquit-il en versant du vin au roux.
-Eh bien, je ne savais pas si c'était une plaisanterie mais Blaise m'a assuré qu'on n'essaierait pas de me jeter par la fenêtre à la première occasion alors…
-On ne l'a pas fait lorsque tu es venu au club la dernière fois, remarqua Greg. Et cette fois-ci, il y a plus de témoins qui seraient prompts à témoigner…
-C'est amusant, Blaise m'a sorti exactement le même argumentaire, je ne sais pas si c'est très rassurant, marmonna Ron.
Il déclencha les rires de la tablée avant de reporter son attention sur la scène où Pansy venait de s'installer, assise sur un tabouret, une guitare à la main.
L'ambiance était différente par rapport au club des SP, les clients ne s'arrêtant pas de parler alors que la musique s'élevait progressivement dans les airs. Les lumières étaient tamisées mais n'empêchaient pas de voir les autres, créant une atmosphère plus feutrée mais toujours chaleureuse et invitant à la conversation.
La jeune femme ne prêtait d'ailleurs pas vraiment attention à son public, se contentant de chanter de sa voix sucrée et douce, créant une ambiance agréable dans la pièce.
Milicent discutait avec Greg et Draco et il baissa les yeux quand il sentit la main de Blaise prendre la sienne, souriant en voyant leurs doigts s'entremêler.
Il répondit à la douce pression, raffermissant leur lien.
Sentant un regard sur lui, il releva la tête et rencontra les yeux de Pansy qui le fixaient avec amusement tandis qu'elle chantait. Se souvenant qu'elle lui avait promis de lui dédier un morceau, il se concentra sur les paroles et ne put s'empêcher de rire en les écoutant.
I know it's not much but it's the best I can do (Je sais que ce n'est pas grand-chose mais c'est le mieux que je puisse faire)
My gift is my song and this one is for you (Mon cadeau est ma chanson et celle-ci est pour toi)
And you can tell everybody : this is your song (Et tu peux dire à tout le monde que c'est ta chanson)
Ses yeux malicieux lui dédiaient clairement cette chanson d'amour qu'elle détournait visiblement dans le but de le remercier pour son augmentation. Et Merlin, qu'elle était tordue !
I hope you don't mind… (J'espère que tu ne m'en voudras pas…)
I hope you don't mind (J'espère que tu ne m'en voudras pas)
La chanteuse insista sur la note alors que la dernière corde de sa guitare résonnait dans les airs, soulignant avec espièglerie la première réaction de Ron lorsqu'il avait découvert qu'elle adressait ses chansons à son amant. Elle prenait en chantant un air suppliant, faisant mine de se soucier du fait qu'il puisse mal interpréter ces quelques mots qu'elle lui adressait.
That I put down in words (si je pose en mots…)
How wonderful life is, now you're in the world (Combien la vie est merveilleuse, maintenant que tu fais partie de mon monde)
Ron attendait la fin du refrain, anticipant un nouveau rire de sa part et il ne fut pas déçu, Pansy ayant insisté sur le mot wonderful sans quitter son regard, lui faisant un clin d'œil séducteur au passage. C'est sûr que la vie pouvait être belle maintenant qu'elle avait eu son augmentation.
Blaise se tourna vers lui en souriant, visiblement amusé par ce qui venait de se passer.
-Je suis soulagé que tu sois son nouveau destinataire privilégié, lui dit-il.
-Elle est complètement folle, rit Ron, secouant la tête. Mais elle chante bien.
-Oui, c'est pour ça qu'elle a été engagée, répondit laconiquement Blaise.
-Je suis surprise qu'elle ne soit pas accompagnée de son pianiste habituel, je croyais qu'elle ne pouvait pas s'en passer ?
-Il est malade. Elle a bien essayé de m'embaucher pour la soirée mais je préfère qu'elle se rappelle qui est le patron, plaisanta le brun avec une petite grimace.
-Tu joues du piano ? demanda Ron, curieux.
-Blaise ? C'est genre, le meilleur d'entre-nous au piano. Il a une technique impeccable, lui affirma Draco.
-Pansy joue très bien de la guitare, ça lui fait un peu de pratique…, intervint le brun en haussant les épaules.
-Au piano, certains morceaux de son répertoire sont quand même plus réussis, remarqua Milicent. Tu aurais pu faire un effort et monter sur scène.
-Mais je t'en prie, toi d'abord, rétorqua Blaise ironiquement.
-Mon talent ne surpasse pas le tien !
-C'est moi qui interprète où apparemment, vous savez tous jouer du piano à cette table ? s'enquit Ron.
-Évidemment qu'on sait jouer du piano. C'est genre, l'éducation de base après avoir appris à lire et à lancer des sorts, répondit Milicent avec un air suffisant.
-Oui, enfin, personnellement, je dois être bien rouillé vu le nombre d'années pendant lesquelles je n'ai pas pratiqué, intervint Gregory.
-Pareil. Je sais lire les notes et point barre, approuva Draco.
-Franchement, c'est pas utile dans la vie quotidienne, renchérit Blaise.
-Tu veux rire ? C'est comme ça que Kevin m'est tombé dans les bras. Séduit par ma grâce naturelle lorsque j'effleurais les touches du piano… affirma d'un air moqueur Milicent.
-Si tu joues si bien du piano, pourquoi tu as préféré jouer de la guitare ? demanda Ron en se tournant vers son amant, fronçant les sourcils.
-Parce que le groupe nécessitait un joueur de guitare, pas de piano, répliqua Draco sur le ton de l'évidence.
Ron cligna des yeux avant de comprendre la méprise. Le blond avait aussitôt fait le rapprochement avec les photos qu'ils avaient vu chez lui. Mais la question du roux portait sur le jour où Blaise était venu lui chanter la sérénade sous sa fenêtre.
Il ne doutait pas de la capacité du brun à faire apparaître un piano en bas de son immeuble alors il se demandait pourquoi il n'avait pas choisi de lui jouer une chanson sur un instrument qu'il maîtrisait au lieu de lui infliger quelques fausses notes…
- La guitare, c'est plus romantique. Et je déteste jouer du piano, répondit Blaise à son adresse, plantant son regard dans le sien.
Ron fit un léger sourire en voyant qu'il avait compris le sens de sa question et y répondait sans pour autant laisser paraître que Draco se méprenait sur sa signification. Il surprit cependant au passage que ses amis semblaient étonnés de sa réponse. Visiblement, Blaise n'avait jamais mentionné devant eux qu'il n'appréciait pas de jouer de cet instrument.
-Mais tu es littéralement doué pour ça ! lança Milicent sans pouvoir s'en empêcher.
-Tu es bien douée pour rater tous les dîners que tu prépares et personne ne t'oblige à en faire sur ce prétexte, intervint Draco avec humour, déclenchant les rires.
-Cette mousse au chocolat qui avait la consistance de la gelée, se remémora Gregory avec un air traumatisé, récoltant un murmure d'approbation.
-Le canard à l'orange qui était au pamplemousse parce que tu ne sais pas faire la différence !
-Et les huîtres frites avec des cailloux en garniture, conclut Blaise avec une grimace attristée.
-Un vrai talent, souligna Draco.
-J'ai abandonné depuis, leur signala Milicent en leur lançant un regard noir. J'appelle un traiteur ou je m'invite à vos tables.
-C'est du gaspillage, répondit encore le blond.
-Non, à ce stade, je dirais que ça relève plutôt de la préservation de l'espèce, intervint Ron, amusé.
-Tu n'as pas tort, remarqua Gregory sérieusement. On pense toujours que plus c'est mal, mieux c'est… Que ça en devient un art d'être aussi nulle. Mais tu as raison, en fait, Milicent a probablement sauvé toute l'humanité en quittant sa cuisine.
-Je me réserve le droit de t'empoisonner dans le futur, siffla la jeune femme en réponse. Et toi, s'adressa-t-elle à Ron, n'oublie pas où tu es. La carafe d'eau pourrait aussi bien se retrouver sur tes genoux sans que tu aies eu le temps d'en rajouter une couche. C'est risqué d'être mon voisin et de ne pas me soutenir.
-Je m'en souviendrais, sourit le roux.
Elle lui sourit, ignorant les rires des autres.
-Alors, tu as fêté la victoire de ton équipe en Estonie ? demanda la jeune femme, changeant de sujet.
Ron glissa un regard vers Blaise qui entamait déjà une nouvelle conversation avec Gregory et Draco.
-En Lituanie, rectifia-t-il. Et oui, on a célébré ça.
-En boîte de nuit, je parie ?
-Exactement.
-Geoffrey fait exactement la même chose. Ce n'est pas très select mais bon, ça semble faire partie du rituel du bon petit joueur de quidditch…, remarqua Milicent.
-Ça ne semblait pas déranger Blaise, répondit distraitement Ron en haussant les épaules. Il a apprécié la soirée.
-Oui, c'est vrai qu'il t'a rejoint sur place… Je me demande si… réfléchit-elle avant de s'interrompre, semblant prendre conscience de la personne à qui elle parlait.
-Quoi ?
-Non, rien.
-Quoi ? insista le roux, piqué par la curiosité.
-Je me demande s'il ne cherche pas à revivre avec toi ce qu'il partageait avec Geoffrey, lâcha-t-elle finalement, à voix basse.
Ron resta interdit un moment devant l'hypothèse avant de secouer la tête. Le reste de la tablée ne leur faisant plus attention, trop emportés dans leur propre conversation. Le roux se pencha vers la jeune femme afin de lui répondre aussi discrètement.
-J'assume que tu essaies de me rendre jaloux mais Melville ne m'inspire que du mépris désormais. Et Blaise n'a pas vraiment envie de se souvenir de lui, si tu veux mon avis.
-Oui, leur rupture n'a pas été facile à gérer… Geoffrey était un petit ami presque parfait.
-Tu plaisantes ? Il sortait avec Blaise juste parce qu'il dirigeait la Marten, j'appelle pas ça être parfait, moi… C'était surtout un sacré connard et il a bien fait de le larguer, marmonna Ron entre ses dents, piquant nerveusement sa fourchette dans son poisson.
Il sut qu'il avait fait une erreur en voyant la jeune femme écarquiller les yeux devant sa déclaration.
-Tu ne savais pas pourquoi ils s'étaient quittés, devina-t-il en soupirant, se maudissant intérieurement. Et tu viens juste de m'avoir, là.
-Écoute, je sais qu'on a nos différends mais il y a une personne qui nous relie, expliqua Milicent en posant une main apaisante sur son bras. Une personne très importante pour nous deux. Je n'ai pas fait ça contre toi et je ne cherche pas à blesser Blaise.
-Ça ne te regardait pas. S'il ne t'en avait pas parlé, c'était parce qu'il n'en avait pas l'intention.
-Parfois il faut savoir forcer les choses.
-Tu es vraiment incroyable. Je ne comprends pas pourquoi il t'apprécie.
-La réciproque est vraie. Mais je l'accepte. Il change un peu grâce à toi, il sort de son monde.
Ron se contenta de hocher la tête, pas sûr de comprendre de quoi elle parlait et ne souhaitant pas lui donner des détails sur la vie privée de son amant qu'elle ne connaîtrait pas.
-Merci pour ça, ajouta Milicent.
Et Ron ne put pas deviner si elle parlait de l'information qu'il venait de lui révéler ou si c'était parce qu'il changeait un peu Blaise.
Après ça, la jeune femme se mêla à la conversation des garçons, s'intégrant facilement au détour d'une plaisanterie. Ron fixa un moment son assiette en silence, laissant les autres parler autour de lui sans vraiment les écouter.
Il avait pensé que Blaise se serait confié à la jeune femme concernant son aventure avec Melville mais il n'avait rien dit… Combien d'autres choses avait-il tues ?
La magie intuitive, et sûrement plein d'autres, lui souffla sa conscience.
Un éclat de rire un peu plus fort le fit sortir de sa torpeur et il remarqua le regard inquiet de Blaise sur lui. Le roux lui fit un sourire rassurant avant de chasser ses pensées, s'intéressant à nouveau à ce qui se passait autour de la table.
-Kevin peut en témoigner, on sait, grognait Gregory. En parlant de lui, comment va-t-il ?
-Bien je suppose. On a rompu, répondit brièvement Milicent, haussant les épaules.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Draco en se tournant vers elle.
-Il m'a trompé, fit sèchement Milicent.
-Et alors ? demanda Blaise.
Ron ne sut pas vraiment s'il devait se sentir soulagé que tout le reste de la tablée ait la même réaction choquée que lui en se tournant vers son amant ou s'il devait sérieusement s'inquiéter du fait que ce soit justement son amant qui ait posé cette question.
Il espéra éviter les regards qui glissaient lentement du brun à lui, faisant mine d'être absorbé par son assiette.
-Alors Blaise, je ne supporte pas qu'il aille voir ailleurs, répondit Milicent calmement. Non, mais franchement, pour qui il se prend ?
Ron vit son amant prêt à répondre et tenta de le faire taire en posant une main sur son bras sans succès.
-Attends, tu peux pas le plaquer pour ça, c'est ridicule…commença Blaise.
Le roux ferma les yeux, s'attendant à une catastrophe imminente.
-Tu fais exactement la même chose… termina son amant.
Rouvrant les yeux, Ron capta les regards tout aussi étonnés que lui converger cette fois-ci vers la jeune femme.
-Oui mais ce n'est pas une raison ! s'exclama-t-elle.
Et Ron éclata de rire en même temps que Draco et Gregory. Blaise esquissa un sourire amusé, secouant la tête.
-Merci pour le soutien, grogna Milicent.
-Visiblement, tu ne sembles pas très affectée par ta rupture, remarqua Draco, se reprenant.
-Eh bien, j'ai quelqu'un d'autre en vue… Il s'appelle Nigel et…
Ron reporta son attention sur Pansy qui continuait de jouer sur scène, un sourire sur les lèvres alors qu'elle égrenait les notes avec suavité. Il avait gardé sa main sur le bras de Blaise, caressant doucement sa peau en rythme.
C'était étrange de le voir avec ses amis.
Comme la dernière fois qu'ils les avaient vus ensemble, tous leurs gestes semblaient élégants et gracieux et ils obéissaient à des codes et des règles tacites entre eux. Blaise n'agissait pas ainsi lorsqu'il était seul avec lui. Il agissait encore différemment quand il avait rencontré les membres de son équipe. En fait, il adoptait une attitude différente avec tout le monde.
Il avait son attitude professionnelle, celle qu'il adoptait avec ses meilleurs amis, plus aristocratique et piquante, celle qu'il avait en sa présence, plus tendre et vulnérable, celle plus décontractée et nonchalante quand il avait fait la connaissance de ses coéquipiers, celle plus protectrice avec Robin, celle séductrice avec les médias…
Et Ron se rendait compte que chaque facette de Blaise le séduisait d'une manière différente et l'attirait. Parce que derrière chaque facette, il y avait la même lueur dans les yeux de son amant, et il retrouvait toujours en lui un geste qui trahissait celui qu'il connaissait intimement.
Et il s'était rendu compte que Blaise ne partageait certaines choses qu'avec lui, mentant parfois à ses amis. C'était un peu égoïste, mais ça le faisait se sentir spécial à ses yeux. C'était valorisant.
&& RWBZ&&
A suivre... merci d'avoir lu jusque là!
