Et voilà, le dernier chapitre ! C'est la fin de cette fic, il y aura sûrement des chapitres bonus car le dernier chapitre que vous allez lire est un condensé et il y a certains points que j'aimerais développer un peu plus =)
Je m'excuse pour le retard dans la publication mais fanfiction a bugué et j'ai été très fatiguée et malade ce qui m'a fait baisser mon écriture. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur =) je vous souhaite une bonne lecture et je vous remercie du fond du cœur de m'avoir suivie ! Vous êtes merveilleux =) J'ai d'autres fics en cours si vous voulez aller jeter un œil, vous êtes les bienvenues ! A bientôt !
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Je gémis douloureusement quand je sens que quelqu'un me soulève du sol. J'essaye de ne pas trop m'agiter car tout mes muscles grincent sous ma récente transformation. Je n'ai même plus la force d'ouvrir un œil pour savoir qui est l'individu mais l'odeur d'herbes et de citron, qui me caressent les narines me donnent ma réponse. Je couine :
-Severus.. J'ai mal..
-Je sais. Il répond à travers le brouillard qui m'envahit. Mais c'est fini. Tu as survécu à ta première transformation. Les prochaines se feront sous potions, tu n'auras plus mal, plus jamais !
-Où m'emmènes-tu ? J'arrive à articuler.
-A l'infirmerie. Il répond, en continuant de marcher comme si je ne pesais rien. Tu as besoin de repos et de soins.
Je ne crois même pas lui avoir répondue, peut-être poussée un soupir de soulagement mais je ne sais plus, je suis tombée dans les pommes, épuisée...
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-ça va ? Me demande Ben alors que j'ouvre les yeux.
Je hoche raidement la tête en sentant mon corps en proie à de terribles courbatures. Je crois que je préférais être morte, je découvre des zones de mon anatomie dont je n'avais même pas conscience. Je me redresse avec précaution en grinçant des dents :
-Quand est-ce qu'on rentre ?
-J'avais pensé ce soir mais..
-Ce soir c'est très bien ! Je le coupe vivement.
-Très bien. Soupire Ben. Je vais préparer nos bagages. Toi, reposes-toi. Tu auras besoin de toutes tes forces pour le voyage du retour.
J'acquiesce silencieusement alors que mon mentor sort de l'infirmerie laissant place à Mme Pomfresh, qui s'occupe de me lancer des sorts de soins et de diagnostics. Je remarque quelques changements dans mes pulsions. D'ordinaire avoir quelqu'un aussi proche de mon nez, hormis Ben, me donne des envies de meurtres. Je respire profondément l'odeur de l'infirmière en sentant avant délectation, son cœur battre dans son cou et sa veine palpiter sous les coups de celui-ci mais j'arrive à faire taire le loup qui est en moi. À cohabiter avec lui.
Finalement, je me laisse tomber sur les oreillers en soupirant de soulagement. L'avenir me paraît tout à coup moins fade et triste qu'il aurait put l'être encore hier.
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-Prête ? Demande Ben qui a rassemblé les détraqueurs dans le parc.
Je hoche la tête timidement en saisissant le balai qu'il me tend. Robert se tient à mes côtés, comme un chien de garde particulièrement terrifiant ce qui me met du baume au cœur. Le directeur vient nous saluer et j'écoute à peine ce qu'il raconte. Je ne cherche qu'une seule personne parmi les professeurs Severus !
La tristesse me mord avec acharnement le cœur quand je ne le vois pas apparaître même après la fin du discours de Dumbledore.
Haussant les épaules, en me disant que c'est sûrement mieux ainsi je m'apprête à enfourcher mon balai quand j'entends quelqu'un me héler au loin.
Un sourire fend mon visage et je vole jusqu'à Severus, qui court depuis le château, en ordonnant à Robert de reste près de Ben.
J'atterris à sa hauteur en disant, la voix rauque d'émotions :
-Je pensais que tu ne viendrais pas !
-Je te l'avais promis ! Il halète avant de me tendre une boite en bois.
-Qu'est-ce que c'est ? Je demande curieuse, sans pour autant l'ouvrir.
-La raison de mon retard. Il sourit. Un stock de potion tue-loup. J'étais en train de finir de la brasser pour te l'apporter avant que tu ne partes. Au moins, tu auras de quoi tenir quelques lunes avant que je ne t'en refasse.
-Oh.. Je chuchote. Merci Severus.
-Eolia ? Il demande doucement.
-Oui ! Je m'écrie un peu trop vite, pleine d'espoir inutile.
-Tu es... Il bafouille, gêné. Tu vas me manquer.
Je souris tristement en sentant une vague de douleur déferler dans mon être, avant de murmurer à mon tour :
-Toi aussi tu vas me manquer..
nous restons plantés de nombreuses minutes à nous regarder et à rougir bêtement. Puis, je soupire avant de dire :
-Bien, il faut que j'y aille. Adieu Severus. Je ne t'oublierais jamais, tu le sais. Merci pour tout ce que tu fais pour moi. Je ne pourrais jamais assez le faire.
-Ce n'est rien. Il grogne. Tu sais que tu peux revenir quand tu veux.
-Tu sais que je ne le ferais pas. Je souffle en me rapprochant de lui. Mon ami...
Je scelle une dernière fois mes lèvres sur les siennes, douce caresse d'adieu en me réjouissant intérieurement de le voir rougir avant qu'il ne grogne son habituel « les françaises.. ! » Pour cacher son trouble. Puis je m'éloigne de lui, avant de m'envoler jusqu'à Ben en contenant mes larmes, me sentant plus brisée que jamais...
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Quand nous sommes rentrés à la Cabane avec Ben, j'ai sus que beaucoup de choses allaient changer. La première a été de transformer le lit superposé, en un lit double pour que nous dormions ensemble. Je pensais que revenir là, où paradoxalement j' avais été heureuse me ferais du bien mais je me trompais.
Le temps a commencé à s'égrainer lentement, inébranlablement. Poudlard nous a bien plus abîmés que ce que nous pensions. Alors que je dormais dans les bras de Ben tout les soirs, c'est de Severus que je rêvais. Je me réveillais le matin en croisant deux yeux lumineux, trop aveuglants. La douleur me serrait, à chaque fois.
Mon seul bonheur fut Robert, lui seul savait me remonter le moral lors de gros coups de déprime. Il avait son langage silencieux, que je connais désormais par cœur.
Ben ne disait rien sur Sinistra, mais je savais que son cœur saignait encore, inexorablement. Des amours comme ceux que nous avons ressentie marquent un corps et un esprit à jamais.
Au fur et à mesure qu'on passées les années, mes sentiments pour Ben ont changés en de pensées douces et réconfortantes, bien que le rire est définitivement quitté cette maison.
Mes transformations n'étaient plus douloureuse grâce à Severus, qui n'a jamais cessé de m'envoyer de la potion. À chaque fois, j'espérais bêtement trouver un mot, un signe mais rien. Juste une boîte en bois contenant des fioles...
Puis lors de la 7éme année d'étude de Harry, les choses ont changés. Les détraqueurs sont partis un à un rejoindre le seigneur des ténèbres. Seul Robert est resté, à notre grande joie. Je pense que Ben à autant aimé Robert que moi, j'en suis même certaine. Cependant, Ben est tombé malade. Une maladie que même les sorciers ne peuvent pas vaincre : le cancer.
Pendant cette septième année, je suis restée présente nuit et jour, en m'oubliant moins même. Malgré les potions anti-douleurs, Ben semblait souffrir le martyr. À la fin, il ne me reconnaissait même plus. Il se contentait d'hurler dans mes bras en proie à de terribles souffrances et hallucinations.
Souvent, j'ai pensé abréger son calvaire mais j'étais incapable de faire le moindre mal à la personne qui m'avait sauvé tant de fois et que j'aimais profondément, d'une certaine manière.
C'est Ben lui-même, qui a décidé d'en finir un matin. Il s'est levé en me saluant et en effleurant mes lèvres avec douceur. C'est à ce moment-là que j'ai compris. La maladie c'était retirée quelques instants pour lui donner toute sa lucidité et son honneur avant sa mort. Je me suis levée à mon tour et je l'ai serré fort contre mon coeur. J'ai pressé une dernière fois mes lèvres sur les siennes en caressant son visage, en sentant sa chaleur contre mon corps avant que la sienne la quitte pour toujours. Je n'ai pas pleuré. Je me le suis empêchée, je ne voulais pas gâcher ses derniers instants.
Puis, il m'a sourit et il est sorti de la maison en marchant vers la forêt. J'ai sus ce qu'il allait faire à la minute où il a franchi la porte et je n'ai pas pu regarder. Je me suis laissé glisser le long de la porte en gémissant, folle de douleur et enfin les larmes ont coulés...
je ne sais pas combien de temps je suis restée dans cet état, je ne voulais pas regarder par la fenêtre, je ne voulais pas savoir si c'était fait.
Quand l'horloge de la maison a sonné midi, je me suis enfin décidée à sortir et j'ai vu le corps de Ben, au pied de Robert qui flottait tristement au dessus de mon mentor. Les larmes ont redoublés à cette vue car je savais que le pire restait à faire. J'ai dit à Robert de partir dans la forêt en me penchant sur Ben, qui respirait encore mais qui ne voyait plus, n'entendait plus, ne ressentait plus. Ce n'était qu'une coquille vide, sans âme après le baiser du détraqueur. J'ai pleuré longtemps, jusqu'à la tombée de la nuit avant de me reprendre et de serrer le corps de Ben contre moi. Je lui ai dit :
-C'est fini, mon amour. Tu ne souffres plus, tu es désormais ailleurs là ou tu es heureux. Je te le souhaite tellement... Oh Ben... Qu'est-ce que je vais faire sans toi...
Je suis restée longtemps à lui parler sachant qu'il ne m'entendais plus, il était ailleurs, là où je ne pouvais pas l'atteindre. Je l'ai maudit de me laisser avec le fardeau de son corps encore en marche. Je savais qu'il n'était pas sain de le garder ainsi, ce n'était plus Ben. Il fallait que je tue ce corps avant que la maladie le fasse elle-même.
Incapable de lancer un impardonnable, j'ai fait apparaître un coussin car il était au dessus de mes forces de le voir en train de s'étouffer et entre deux larmes j'ai appuyé de toute mes forces sur son visage. J'ai hurlé en le sentant convulser sous mes mains. Mon cœur se déchirait à cet instant, je me répétait sans cesse que ce n'était pas Ben, ce n'était qu'une enveloppe vide, lui était ailleurs.. Ailleurs..
Une fois que son corps a cessé de bouger, je l'ai enterré dans la clairière là où il aimait se rendre, là où nous faisions souvent l'amour, ivre de désespoir.
Robert m'a rejoint au moment où je rebouchais la tombe avant de la sceller avec une pierre blanche, en marquant le nom de Ben et la date de sa mort. J'ai simplement dis :
-Ne culpabilise pas Rob', tu l'as délivré et je t'en remercie.
Puis, je suis rentrée en me sentant plus misérable et seule que jamais, sous le regard triste de Robert..
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Un mois avant la bataille finale, j'ai reçu la visite de Fenrir qui se faisait un devoir d'engager tout les loups-garous dans son armée. J'ai cru le suivre tant sa présence dominante était écrasante mais heureusement, Robert l'a fait fuir avec brio.
Même après la mort de Ben, je n'ai jamais cessée de prendre la potion que m'envoyait Severus. Je pense que personne n'a été au courant de la perte de mon mentor, je n'ai jamais réussi à le dire.
Ma deuxième épreuve, fut d'apprendre la mort de mon grand et unique amour lors de cette bataille. J'ai cru me perdre dans un abyme de folie. Je me souviens avoir hurler pendant des heures et des heures sans même que Robert puisse m'atteindre. Si souvent j'avais pensée qu'une fois que tout serait fini, je pourrais retrouver Severus et voilà que le destin me le volait cruellement.
La douleur ne c'est jamais atténuée, jamais. Un déception amère ce lisait sur mon visage chaque fois que je recevais de la potion, fait par un des confrères de Severus. Une promesse de plus qu'il a tenu...
Pour passer le temps, je courrais souvent sous ma forme de loup-garou dans la foret avec Robert. Nous étions des oubliés du ministère, qui pensait que tout les détraqueurs avaient été éliminés et que les dresseurs avaient fait une reconversion.
Mais nous subsistions comme un parasite dont on n'arrive pas à se débarrasser, nous étions le souvenir d'un passé que grand nombre de personnes voulaient désormais oublier...
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10 ans ont passés depuis la mort de Severus, je suis devenue une espèce d'ermite sauvage qui refuse tout contact. Mais je suis surtout épuisée, même si côtoyer tout les jours Robert ne me dérange absolument pas, mon corps en ressent chaque impact. Mélangé avec ma condition de loup-garou, je suis arrivée au bout.
Je me glisse difficilement hors du grand lit en bois avant de m'imprégner de chaque image qui compose la cabane, je caresse une dernière fois la cuisinière où Ben préparait son café. En croisant mon regard dans un miroir, je vois mes cheveux blancs, ternes et à moitié tombés. Mes cicatrices infligées par les détraqueurs sont redevenus noires et calleuses sur mes joues, creusées par la fatigue et l'épuisement.
Je soupire avant de me traîner en gémissant jusqu'au perron ensoleillé, pour respirer une dernière fois les embruns matinaux de la forêt avant de lâcher la rambarde en bois tiède et de m'avancer en boitant jusqu'à Robert.
Je gémis tristement et en même temps apaisée :
-Et bien, mon ami. Je crois que mon heure est venue et je crois que tu le sais aussi, n'est-ce pas ? Non Robert, n'essaye pas de me remonter le moral. Je suis au bout, je l'accepte avec joie. Accorde moi juste une faveur, mon ami.
Robert me regarde tristement en s'arrêtant de cabrioler et en poussant un long rauque désespéré. Je reprend, une fois qu'il a fini :
-Ne laisse pas mon corps vivre. Je t'en prie. Brûle le jusqu'à sa mort. Maintenant, si tu veux bien, je suis prête...
Alors que Robert s'approche de moi en gémissant. Les images joyeuses de Ben me lançant une tasse de café jaillissent dans mon esprit. Ma découverte et mes progrès avec Robert me font sourire et quand l'image tant aimée de Severus envahit mes deux prunelles, je murmure en même temps que la bouche de Robert se posant sur la mienne :
-Quand la mort s'éprend de la vie..
Puis, c'est le noir le plus absolue, il n'y a plus de souffrance, plus rien... je cours ivre de bonheur dans un long couloir noir et moelleux avant de voir une lumière éblouissante où des visages me souris. Il y a Ben qui me serra chaleureusement dans ses bras et il y a Jean, mon frère mais surtout il y a Severus, qui respire la bonne santé et la douceur, qui se serre doucement contre lui alors que je me blottis tendrement contre son torse.
C'est dans son odeur que je comprends quelque chose, Robert n'est pas qu'une passerelle, les âmes qu'ils aspirent en plus d'être ailleurs, vivent d'une certaine manière en lui. Je me tourne vers Ben et je gémis folle de joie et d'émotions :
-Alors depuis tout ce temps, tu veillais sur moi !
Fin !
