Bonjour
Voici le 38ème chapitre corrigé par la géniale Elyrine comme toujours.
Merci à elle et merci à vous mes formidables lecteurs !
A lundi
Sydney8201
Musique du chapitre :
All of me de John Legend
Chapitre 38 : Parents
« Le vrai père, c'est celui qui ouvre les chemins par sa parole, pas celui qui retient dans les filets de sa rancœur. »
Christian Bobin
12 février 2011. 5 ans, 11 mois et 6 jours avant l'accident.
Tout avait commencé par une discussion banale sur de futurs projets. Castiel avait envie d'acheter une maison parce qu'il commençait à se sentir étroit dans leur appartement et Dean ne se sentait pas encore prêt à devenir propriétaire. Il était, selon lui, terrifié à l'idée de s'engager sur vint cinq ou trente ans sans garantie de sa part qu'il continuerait à bien gagner sa vie dans le futur. Il faisait un métier risqué et s'il ne rencontrait plus le même succès, il n'aurait plus les mêmes revenus. Castiel avait insisté sur le fait qu'il gagnait de son côté suffisamment bien sa vie pour assurer seul le remboursement du crédit si cela devenait nécessaire et Dean lui avait rétorqué qu'il ne voulait pas être entretenu.
La discussion tournait en rond et Castiel commençait à être agacé par le refus systématique de son mari. Il voulait avancer. Faire de nouveaux projets. Dean, lui, semblait se contenter du statu quo. Ils avaient commencé à se disputer. Puis Castiel, parce qu'il en rêvait depuis toujours, avait demandé à Dean s'il comptait réellement élever leurs futurs enfants dans un appartement aussi petit.
C'était cette simple réflexion qui avait tout déclenché. Castiel voulait devenir père. Il l'avait toujours voulu. Il avait mis ce projet entre parenthèse le jour où il avait accepté son homosexualité, persuadé qu'il ne pourrait jamais fonder de famille. Il existait des solutions bien sûr mais elles impliquaient du temps, de la réflexion et beaucoup d'argents. Il avait jugé inutile de s'en préoccuper.
Puis il était tombé amoureux de Dean. Il l'avait épousé et ses envies avaient refait surface. Il voulait un enfant ou deux. Il voulait avoir un bébé dans ses bras, l'élever et le voir grandir. Il voulait lui apprendre des choses et le regarder devenir un adulte merveilleux. Il en mourrait d'envie. Il n'en avait jamais parlé avec Dean. Jusque-là, leur histoire avançait doucement mais sûrement et il avait bêtement pensé que le sujet reviendrait sur le tapis en temps voulu.
Mais il commençait à avoir peur que son mari ne veuille plus avancer. Qu'il ait ce dont il jugeait avoir besoin et qu'il ne souhaitait plus obtenir quoi que ce soit d'autre.
Castiel n'avait pas voulu faire part de ses envies dans ses circonstances. Il avait espéré pouvoir en discuter calmement avec son mari pour savoir ce que lui attendait et voulait. Mais la question était sortie sans qu'il ne puisse s'en empêcher et à présent, il devait gérer les conséquences.
Dean s'emporta immédiatement. Il se mit à crier sur Castiel qu'ils n'en avaient jamais parlé. Qu'il ne lui avait jamais demandé s'il voulait devenir père. Il l'accusa de l'avoir mis au pied du mur. Il lui reprocha de ne pas l'avoir évoqué avec lui avant qu'ils ne se marient. Car il ne voulait pas le devenir. Il ne voulait pas de la responsabilité d'un enfant. Il était convaincu, à tort bien sûr, qu'il ne serait jamais un bon père. Il n'avait pas eu de bon exemple et il refusait de reproduire les mêmes erreurs que John.
Castiel était resté sans voix. Car il était évident que son rêve était brisé et il ne voyait pas comment revenir en arrière à présent. Surtout pas quand Dean lui asséna que s'il voulait autant un enfant, il allait devoir trouver un autre père que lui. Puis le jeune homme frappa violemment contre une porte de placard avant de quitter l'appartement pour plusieurs jours.
Il envoya un message à Castiel pour le prévenir qu'il partait chez Bobby mais ne lui donna aucune date de retour. Il ne donna ensuite aucun signe de vie pendant près d'une semaine.
Castiel était en colère mais également terrifié. Il avait la sensation d'avoir atteint un point de non-retour avec Dean. D'avoir franchi une limite qui marquait la fin de leur histoire. Il n'était pas sûr de pouvoir passer outre son désir d'enfants et il était presque convaincu que Dean ne reviendrait jamais sur sa décision. Il ne voulait pas non plus perdre son mari. Car malgré leur désaccord, il aimait toujours le jeune homme et n'envisageait pas de le quitter pour faire sa vie avec quelqu'un d'autre. Il ne voyait aucune solution à leur problème et il avait peur que Dean se charge de décider pour eux deux sans réellement lui demander son avis. Comme il l'avait fait au tout début de leur histoire et qui avait manqué de leur coûter cher.
Il commença à réellement paniquer quand Dean lui annonça son retour pour le lendemain. Il ne lui dit rien de plus et Castiel était convaincu que ce n'était pas bon signe. Il passa la nuit à tourner dans leur lit en priant pour que son mari ne vienne pas lui annoncer son intention de divorcer. Il pleura pendant un moment puis hésita à appeler Gabriel. Il renonça à la dernière seconde et se contenta de rester allongé jusqu'à ce que le soleil se lève.
Il était en train de boire son quatrième café de la matinée quand il entendit Dean rentrer dans l'appartement. Son cœur accéléra sensiblement dans sa poitrine. Il sentit également de la sueur perler à son front. Il s'attendait au pire. Il était terrifié. Il était épuisé également. Il avait envie de pleurer.
Dean pénétra dans le salon la tête basse et Castiel ne se leva pas pour l'accueillir. Il préférait être assis pour entendre ce que son mari avait à lui dire.
- Cas, je suis désolé, souffla finalement Dean après quelques secondes.
Castiel sentit une boule se former dans sa gorge et il déglutit avec peine. Il aurait voulu pouvoir parler mais il était presque sûr que les mots refuseraient de franchir le seuil de ses lèvres. Il attendit donc un moment avant de déglutir à nouveau et de se lancer.
- Tu veux divorcer ? demanda-t-il alors.
Il ne voulait pas entendre la réponse mais il savait qu'il en avait besoin. Il ne pouvait pas ignorer le problème. Cela ne ferait qu'aggraver les choses. Il devait y faire face pour tenter ensuite de trouver une solution. Il refusait de baisser les bras sans se battre. Il ne pouvait pas vivre sans Dean. Il préférait mourir que de divorcer.
- Cas … je … quoi ? répliqua son mari, visiblement surpris.
- Tu veux divorcer, c'est ça ? Et bien je préfère te le dire tout de suite, je ne suis pas d'accord. Je t'aime et je refuse de te laisser me quitter. On va prendre le temps de discuter ensemble du problème et on va trouver une solution. Je sais que ça doit te paraître insoluble pour le moment mais je peux te garantir que tu te trompes.
Dean s'approcha alors de lui et se laissa tomber à genoux devant lui. Il prit les mains de Castiel dans les siennes et les serra doucement.
- Cas, je t'arrête tout de suite … je n'ai pas l'intention de te quitter. Je ne veux pas divorcer. Je ne peux pas te perdre. Mais tu as raison … on a besoin de discuter. On a besoin de parler calmement du problème parce que j'ai eu le temps d'y réfléchir et que j'ai des choses à te dire sur le sujet. Mais je te rassure tout de suite. Je ne vais pas prendre la fuite comme j'ai tenté de le faire par le passé. Je t'aime et je veux faire ma vie avec toi. Ça ne changera pas parce qu'on est pas d'accord sur quelque chose. Même si c'est quelque chose d'aussi important que le fait d'avoir un enfant.
Castiel hocha bêtement la tête pendant quelques secondes, soulagé. Maintenant que ce point était réglé, il pouvait retrouver son calme et exposer ses arguments à son mari sans avoir peur de le pousser à le quitter.
- J'ai pris le temps de parler avec Bobby quand j'étais chez lui. Il n'a pas mâché ses mots et il m'a fait des reproches … mérités bien sûr. Je n'aurais pas dû partir comme ça. Il est évident que je t'ai fait du mal et je m'en excuse.
- Je ne t'en veux pas, assura Castiel.
C'était vrai. Il avait été en colère contre son mari après son départ. Mais une petite part de lui comprenait pourquoi l'idée de devenir père le terrifiait autant. Il n'avait pas tous les détails de ce que John lui avait fait subir mais il en savait suffisamment pour comprendre sa peur de devenir un jour comme lui. De reproduire les mêmes erreurs.
- Tu devrais pourtant … mais peu importe je suppose. Cas … quand j'avais dix ou onze ans, mon père m'a surpris en train de dessiner au lieu de faire mes devoirs, la cuisine ou d'aider Sammy à apprendre ses leçons. Il n'avait pas été là de la journée mais la première chose qu'il a faite en arrivant a été de me crier dessus pendant de longues minutes. Il m'a ensuite mis une claque et a déchiré chacun de mes dessins. Quand j'ai eu treize ans, je suis tombé de vélo et je me suis cassé le bras. Je suis rentré en pleurant mais il a refusé de me conduire à l'hôpital. Il m'a dit que tout était de ma faute et que je devais apprendre à assumer les conséquences de mes actes. Voilà qui était mon père et voilà l'exemple que j'ai eu en grandissant.
- Dean, tu n'es pas comme lui … je sais que tu le ne seras jamais. Et puis tu ne seras pas seul.
Dean lui fit alors signe de se taire et Castiel n'insista pas. Il était évident que son mari n'avait pas fini de parler et il ne voulait pas le braquer en continuant à lui couper la parole.
- John n'était pas un bon père … ce n'était pas un père du tout. Et je me souviens de chacun de ses reproches, de chacune de ses moqueries ou de ses insultes. Je me souviens de tout. Mais … chez Bobby, je me suis également souvenu d'autres choses importantes. Je me suis souvenu que le jour où je suis retourné chez lui après l'histoire des dessins, il m'a offert du papier, un chevalet et de la peinture pour que je puisse dessiner. Je me suis souvenu également que le soir de mon bras cassé, je l'ai appelé et qu'il ait venu me chercher pour me conduire à l'hôpital lui-même. Il a fait plusieurs heures de voiture de nuit pour s'assurer que je sois vu par un médecin. John n'a jamais été mon père. Mais je n'étais pas orphelin pour autant. Parce que j'ai eu un père … juste pas un qui était lié par le sang à Sam et moi.
Castiel avait de la peine pour son mari. De la peine pour l'enfant qu'il n'avait jamais eu l'occasion d'être vraiment. Il était toutefois soulagé d'apprendre qu'il avait pu compter sur Bobby durant toutes ces années même s'il ne pouvait pas être toujours là pour lui. Il avait fait tout ce qu'il pouvait faire pour l'élever. Et l'amour qui existait entre eux depuis était incroyable. Il était évident pour quiconque les voyait ensemble. C'était pour ça que Castiel avait eu autant peur de le rencontrer au début de leur histoire. Il avait été terrifié à l'idée que Bobby ne l'aime pas ou n'accepte pas que son fils d'adoption se soit mis en couple avec un autre homme. Il avait eu tort de s'en faire. Bobby l'avait accepté aussitôt. Et l'avait considéré comme son fils depuis ce jour. Sans porter le moindre jugement. C'était un homme bien.
- Quand tu as évoqué la possibilité d'avoir un enfant, j'ai immédiatement pensé à mon père. J'ai immédiatement redouté de suivre son exemple et de devenir un tyran comme il l'avait été avec moi. Je refuse de faire subir quoi que ce soit de semblable à un enfant. Personne ne mérite de vivre ça. Personne. Je ne pourrais jamais supporter de devenir comme John. C'est pour ça que ma réponse était aussi catégorique. Mais ensuite … j'ai été chez Bobby. Et j'ai compris que j'avais eu tort.
- Comment ça ? demanda Castiel qui ne pouvait s'empêcher d'espérer que cette conversation se terminerait pas un accord de la part de Dean pour avoir un enfant avec lui un jour.
Dean soupira longuement avant de reprendre la parole pour répondre.
- A chaque fois que j'ai eu un problème durant mon enfance, c'est vers Bobby que je me suis tourné … et c'est également vers lui que je me suis tourné une fois devenu adulte. C'est lui qui m'a offert ma première bière. Lui qui m'a appris à conduire. M'a poussé à terminer le lycée … lui qui m'a acheté mes premiers préservatifs. Il était là à chaque étape de ma vie et même si je ne vivais pas avec lui, c'est lui qui m'a élevé. Il a été mon père et … il a été un exemple pour moi. Le meilleur exemple qui soit. J'ai compris que j'avais tort d'avoir peur de faire comme John avec mon futur enfant parce que si je suis l'exemple du père que j'ai eu alors je serais comme Bobby. Et il a été génial.
- Dean, est-ce que tu … qu'est-ce que tu essaies de me dire ?
Le jeune homme sourit alors en se penchant dans la direction de son mari.
- Ce que j'essaie de te dire, c'est que je veux devenir père. Je pense que je l'ai toujours voulu. J'adore les enfants et j'aimerais plus que tout en élever un avec toi. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas terrifié. Bien au contraire. Je suis mort de trouille. Mais je suppose que tous les futurs parents ont peur. Je veux pouvoir donner à un enfant tout ce que Bobby m'a donné durant mon enfance. Parce qu'il m'a rendu heureux.
Castiel avait les larmes aux yeux. Il n'avait pas imaginé une seconde que la discussion tournerait dans ce sens. Il s'était préparé à se battre pour convaincre Dean de ne pas divorcer. Il n'avait pas pensé qu'il obtiendrait de son mari un tel accord. C'était merveilleux. C'était tout ce dont il avait toujours rêvé. Il ne se souvenait pas d'avoir un jour été aussi heureux.
- Dean, je ne sais pas quoi dire, admit-il alors. Je … je ne m'attendais pas à ça. Je suis … tu n'as pas idée à quel point ce que tu viens de me dire me rend heureux. Je t'aime tellement. J'avais peur … peur que tu sois venu m'annoncer que tu me quittais et je … on va devenir parents alors ?
Dean hocha la tête en souriant. Il semblait ému lui aussi mais avait visiblement moins de mal à garder le contrôle sur ce qu'il ressentait.
- On va devenir parents. Mais j'aimerais avant poser une condition et j'espère que tu l'accepteras.
- Tout ce que tu veux, répondit Castiel aussitôt.
Dean déposa un baiser sur son front puis lui lâcha les mains pour poser les siennes sur ses joues.
- Je veux que nous adoptions. Je sais que la plupart des couples dans notre situation choisisse d'avoir recours à une mère porteuse et je pourrais comprendre que tu veuille que notre enfant ait tes gênes ou les miens mais … j'ai appris de mon enfance qu'on avait pas besoin d'un lien de sang pour se sentir lié à quelqu'un. Et il y a des milliers d'enfants sans parents dans ce monde … je veux offrir une chance à l'un d'entre eux. Ce sera peut-être plus long mais c'est ce que je veux. C'est ce que Bobby a fait d'une certaine manière.
Castiel prit une seconde pour répondre même s'il savait déjà qu'il allait accepter. Il se fichait de la manière dont ils auraient un enfant. Il voulait juste devenir père. Il n'avait pas besoin de partager des gênes avec son futur enfant pour se sentir parent. Et il aimait l'idée d'offrir une chance à un enfant qui avait été abandonné. C'était un geste magnifique.
- Alors on adoptera un enfant si c'est ce que tu veux. Je me fiche que mon enfant ait la même couleur d'yeux que moi ou une quelconque autre ressemblance avec moi. La seule chose que je veux c'est fonder une famille avec toi. Peu importe l'attente.
- J'ai déjà contacté plusieurs agences quand j'étais à Sioux Falls. Ils vont nous envoyer les dossiers à remplir.
- Tu as … déjà ?
- Oui, déjà. J'ai peut-être perdu du temps pour me décider mais je n'ai pas l'intention d'en perdre plus à me poser d'autres questions. Maintenant que la décision est prise, je veux que les choses avancent rapidement. Et cela nécessite également qu'on trouve une maison. Ce sera l'idéal pour notre enfant. Je veux un jardin et une balançoire. Un quartier calme avec de bonnes écoles. Je veux lui offrir le meilleur.
Castiel hocha la tête. Il pouvait déjà imaginer vivre avec Dean et leur enfant dans une grande maison en banlieue. Pas trop loin de leur travail et de leur famille mais suffisamment à l'écart du centre-ville pour que leur enfant puisse jouer dehors. Il se voyait assis sur une terrasse avec Dean à regarder leur fils ou leur fille courir et jouer au ballon dans le jardin.
- J'ai regardé quelques annonces et il y a deux maisons que j'aimerais qu'on visite le plus rapidement possible. Je t'ai envoyé les photos par mail.
- Dean, c'est … promets moi que je ne suis pas en train de rêver. Parce que franchement, ça y ressemble drôlement.
- Tu sais … Bobby m'a donné un truc pour s'assurer qu'on ne rêve pas. Il a lu ça quelque part dans un de ses livres bizarres qu'il aime tant.
- Si tu proposes de me pincer, je ne suis sûr que je vais bien le vivre.
- Non, je n'ai pas l'intention de te faire mal pour te le prouver … non … c'est autre chose. Il paraît qu'on a toujours onze doigts quand on rêve. Il suffit de les compter pour s'assurer qu'on ne rêve pas.
Il reprit une des mains de Castiel dans les siennes et prit le temps de compter chacun de ses doigts – cinq – avant de faire la même chose avec sa deuxième main – cinq à nouveau – puis de la reposer sur sa cuisse.
- Dix doigts, tu ne rêves pas, affirma Dean après quelques secondes.
- C'est ridicule, protesta Castiel en souriant, amusé par son mari.
- Fais attention à ce que tu dis mon amour … c'est quelque chose que Bobby m'a appris et il n'aime pas qu'on lui dise qu'il est ridicule.
- Ce n'est pas lui qui est ridicule … c'est cette technique.
- Tu joues sur les mots.
Castiel secoua la tête mai Dean ne lui laissa pas le temps de protester à nouveau. Il l'embrassa sur la bouche pour le forcer à rester silencieux. Il pressa sa langue contre ses lèvres et Castiel oublia tout le reste pendant quelques secondes. Dean avait ce pouvoir sur lui. Heureusement, il l'utilisait toujours à bon escient.
- De toute façon peu importe. Tu finiras bien par te rendre compte que tu ne rêves pas … crois moi … quand notre enfant sera là et nous réveillera toutes les heures pendant la nuit, tu prieras pour que tout ceci ne soit qu'un horrible cauchemar, lança Dean en reculant le visage et mettant fin à leur baiser.
Castiel en doutait mais il savait que Dean disait cela uniquement pour le faire sourire. Et comme toujours, cela fonctionnait à merveille. Il avait hâte d'être réveillé la nuit par son enfant. Son bébé. Celui que Dean et lui élèveraient ensemble jusqu'à ce qu'il soit adulte à son tour. Il avait hâte de vivre ces moments. Peu importait les changements que cela impliquerait sur sa vie, il en avait terriblement envie.
- Et d'ailleurs, je préfère te prévenir tout de suite. Puisque l'idée vient de toi, tu seras celui qui se lèvera la nuit pour le ou la nourrir. Je refuse de perdre une heure de sommeil.
- Quelque chose me dit que tu ne pourras pas te rendormir en entendant ton enfant pleurer.
- Hmmmmm, on verra ça Cas. On verra.
Castiel connaissait suffisamment son mari pour en être sûr. Il passerait probablement toutes les nuits debout pour veiller sur leur enfant. C'était le genre de père qu'il serait. Protecteur et inquiet. Il l'était avec Sam même si son frère était à présent adulte. Ce serait pire encore avec son propre enfant. Mais il était inutile d'en discuter pour le moment.
- Tu te rends compte qu'on est vraiment adultes à présent … on est des grandes personnes, commenta Dean en se redressant pour s'asseoir sur le canapé à côté de Castiel.
- Tu en doutais avant aujourd'hui ? On est mariés je te rappelle. Choisir d'épouser quelqu'un c'est une décision d'adulte.
- Je le sais oui mais c'est différent. Je suis engagé avec toi mais pas responsable de toi. Tu es capable de t'occuper de toi et si je n'étais pas là disons … pour quelques jours, tu ne dépérirais pas. C'est différent avec un enfant. Ils ont constamment besoin de leurs parents. Il faudra qu'on soit là pour lui ou elle à chaque minute et c'est … ça me donne l'impression d'être vraiment adulte pour la première fois de ma vie.
- Dean, je pense que tu as été un parent quand tu étais encore un enfant toi-même. Je ne sais même pas si tu as un jour eu la chance d'apprécier l'insouciance d'un enfant ou d'un adolescent. Tu avais bien trop de responsabilités pour ça.
Dean sembla réfléchir une seconde. Ce n'était pas un reproche. Bien au contraire. Castiel avait énormément d'admiration pour son mari. Il avait élevé son frère depuis qu'il avait quatre ans. Et il savait exactement quoi faire avec un enfant. Il allait être un père parfait.
- Peut-être au début, oui, mais je me suis rattrapé ensuite. J'ai juste eu une adolescence tardive. Et crois-moi, il m'arrive encore de me comporter comme un gamin alors que je vais bientôt avoir trente ans. Mais ce sont des choses que je ne pourrais plus me permettre de faire quand notre enfant sera là.
- Tout ne doit pas changer parce qu'on va devenir parents. Avoir un enfant ne signifie pas qu'on ne pourra plus s'amuser comme avant.
- Sauf qu'on aura des centaines de choses plus importantes à faire et à penser. Il devra être notre unique priorité. Je ne veux pas qu'il ou qu'elle puisse nous faire le moindre reproche une fois adulte. Je ne veux pas que notre enfant nous déteste comme j'ai détesté mon père. Comme je le déteste toujours un peu sans doute même s'il est mort aujourd'hui.
Castiel pouvait comprendre les craintes de son mari. Elles découlaient entièrement de la manière dont John l'avait traité durant son enfance. Et il savait que ses insécurités referaient inévitablement surface quand leur enfant serait là. Castiel allait devoir continuer à le rassurer jusqu'à ce qu'il cesse enfin de douter de lui.
- Il n'y a qu'à voir cet appartement. Il est dangereux pour un enfant. La table basse par exemple et … tous nos produits d'entretien sont dans le placard du bas de la cuisine et donc facilement accessible pour un enfant … surtout quand il commencera à marcher … ma voiture n'est pas adaptée non pus pour installer un siège auto et … il y a tellement de choses à changer que je ne saurais même pas par quoi commencer.
- Dean, on songera à tout ça quand on aura trouvé notre maison … ou même plutôt quand on saura quand notre enfant arrivera. Il est inutile de sécuriser un endroit où il ne vivra probablement jamais.
- Probablement n'est pas suffisant Cas … on doit être sûr. Et … imagine qu'on soit toujours là quand il arrivera … qu'est-ce qu'on fera hein ? On ne peut pas le laisser gambader partout et se cogner contre les angles de table ou attraper l'alcool qu'on conserve juste dans ce placard là et …
- Dean, stop … tu t'inquiètes pour rien. On n'a même pas encore lancé la procédure.
Castiel pouvait sentir la panique chez son mari. Il ne comprenait pas vraiment comment il en était arrivé à paniquer aussi rapidement alors qu'il n'y avait aucune raison de s'affoler. Cette conversation était inutile. Ils se soucieraient de toutes ces choses quand ils auraient troué leur maison et quand leur demande d'adoption aurait été accepté.
- Non, on doit déjà commencer à y penser. Je me souviens quand on était petit … Sam s'est ouvert la main en faisant tomber un cadre photo et en cherchant à ramasser le verre. J'ai dû le conduire à l'hôpital pour se faire recoudre. On a des dizaines de cadres partout dans la maison. Ce n'est pas sûr. Cet appartement n'est pas sûr. Pourquoi est-ce qu'on n'y a pas pensé avant hein ? Pourquoi est-ce qu'on a été aussi insouciant ?
- Peut-être parce qu'on n'envisageait pas d'avoir un enfant quand on a choisi cet appartement ?
La respiration de Dean était saccadée et il était évident qu'il n'était pas loin d'avoir une sérieuse crise de panique. Castiel savait comment les gérer si toutefois cela arrivait. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait son mari dans cet état. Mais il préférait tenter de désamorcer la situation avant.
- On aurait dû… j'aurais du … je … je suis stupide et …
- Dean, non, tu dois te calmer d'accord. A chaque problème sa solution. Tu sais aussi bien que moi qu'on est capable de résoudre n'importe quel problème si on prend le temps de réfléchir et de discuter. Ce qu'on peut faire immédiatement si cela te rassure. Mais avant, j'ai besoin que tu te calmes. Tu vas te concentrer sur ta respiration et compter jusqu'à vingt dans ta tête d'accord ?
Dean ne répondit pas mais hocha la tête. S'il n'était plus capable de répondre avec des mots, c'était que la crise était plus proche que ce que Castiel avait imaginé. Il n'était pas du tout sûr de pouvoir le calmer avant qu'elle ne l'envahisse. Il l'observa donc, aux aguets, et fut soulagé quand il le sentit se détendre doucement. Il posa alors une main sur sa cuisse pour établir un contact. Puis, quand Dean eut enfin retrouvé une respiration normale, il déposa un rapide baiser sur sa joue
- Voilà ce que je te propose. On va déposer le dossier à l'agence d'adoption dès demain et on ira visiter les maisons que tu as repérées. Si aucune ne nous plaît, on commencera à regarder comment sécuriser l'appartement au cas où. Comme ça, on ne risquera pas d'être pris de court. Est-ce que ça te convient ?
Dean acquiesça à nouveau. Castiel lui sourit avant de l'embrasser une nouvelle fois sur la joue. Dean vint alors se blottir conte lui et enfouir son visage dans son cou.
- Pour ta voiture, si tu estimes qu'elle représente un danger pour un enfant, tu pourras toujours la revendre et en acheter une autre. Peut être un de ses monospace avec un immense coffre et une grande banquette arrière.
- Cas, tu ne viens quand même pas de suggérer que je me débarrasse de l'Impala …
- Bébé, c'est toi qui m'a dit qu'elle n'était pas adaptée à une famille.
- Ce qui ne signifie pas pour autant que je veuille me débarrasser d'elle.
Castiel sourit. Il savait combien son mari aimait sa voiture. Il avait avec elle une relation qui aurait sans doute paru malsaine à quiconque ne connaissait pas son passé. Mais Castel savait que son amour pour le véhicule était avant tout dû à ce qu'elle représentait pour lui. C'était la voiture que son père avait achetée juste avant de demander Mary en mariage. C'était avec elle qu'ils étaient paris en vacances en famille. Elle était la seule chose que John avait donné à Dean et qu'il avait souhaité garder. Elle représentait des jours heureux. Que ce soit avant la mort de sa mère ou juste avec Sam.
- Elle fait partie de la famille. Et quand je serais trop vieux pour la conduire je veux que notre enfant en hérite.
- Je ne suis pas sûr d'être partant pour que notre enfant conduise cet engin. Je ne la critique pas. C'est une belle voiture mais elle n'est pas vraiment sûre. Il n'y a pas d'airbag ni aucun dispositif sécurisant. Et elle est bien trop puissante.
- Tu me laisses bien la conduire, rappela Dean.
- Oui mais je ne suis pas ton père … et je dois reconnaître que je te trouve sexy au volant.
Dean tourna alors sensiblement le visage pour déposer un baiser dans le cou de Castiel. Ce dernier sentit aussitôt un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale. Il sourit en passant son bras autour des épaules de son mari.
- Je le serais bien moins au volant d'un monospace.
- Sans doute.
- Est-ce que tu as songé à me faire l'amour dans ma voiture ? Ou peut être sur le capot … ça pourrait être sexy …
- J'y ai déjà pensé, oui. Mais j'étais convaincu que tu dirais non. Tu ne veux pas abîmer les sièges de ta précieuse voiture.
- Tu n'as pas entièrement tort. Mais je suis prêt à faire une exception pour toi. Après tout, il suffit de nettoyer ensuite.
Castiel grimaça alors. Il n'était pas contre l'idée de tenter de nouvelles choses avec Dean. Bien au contraire, il avait très envie d'expérimenter. Mais il ne s'imaginait pas lui faire l'amour sur le siège arrière de sa voiture et se précipiter ensuite pour nettoyer chaque tâche pendant des heures.
- Tu sais je continue à être surpris de voir le soin que tu apportes à ta voiture quand tu n'es définitivement pas aussi soigneux avec le reste de tes affaires. Tu laisses traîner tes vêtements partout dans l'appartement mais il n'y a rien qui traîne dans l'Impala.
- Est-ce qu'il s'agira là d'un reproche déguisé ? Est-ce que tu essaies de me faire passer un message ?
- Peut-être bien, oui, concéda Castiel en souriant.
Dean n'était pas un grand adepte du ménage. Il laissait traîner des vêtements, des crayons, de la peinture et de la vaisselle sale un peu partout dans l'appartement. Il ne semblait pas se soucier de voir Castiel ramasser derrière lui à chaque fois. Cela avait causé plusieurs disputes par le passé. Mais ils avaient fini par admettre qu'ils étaient trop différents sur ce point et qu'il était inutile de continuer à se faire des reproches mutuels. Ils devaient simplement accepter qu'ils ne voient pas les choses du même œil. Castiel continuait de tout ramasser derrière Dean et ce dernier continuait de laisser trainer les choses dans l'appartement. Bien sûr, cela devrait changer quand ils auraient un enfant. Castiel allait devoir accepter le désordre inhérent et Dean se faire violence et ranger un peu plus souvent. Ils en discuteraient en temps voulu.
- Je t'avais prévenu au moment où tu as proposé de vivre avec moi. Tu savais à quoi t'attendre. Tu n'as aucune excuse, rappela Dean.
C'était vrai. Le jeune homme l'avait effectivement averti avant qu'ils emménagent ensemble. Il n'était pas ordonné et n'envisageait pas vraiment de faire des efforts dans ce sens. Castiel avait dû prendre sur lui au début. Il commençait à s'habituer.
- Tu m'avais prévenu. Je n'avais juste pas pensé que c'était à ce point … et comment aurais-je pu m'en douter ailleurs. Quand on monte dans ta voiture, on peut penser que tu es extrêmement maniaque et … on est ensuite surpris de voir que ce n'est pas le cas du tout. Tu es paradoxal.
- Mon père me l'a donnée à la seule et unique condition que je fasse tout mon possible pour l'entretenir et la maintenir comme neuve. Il était un peu comme moi sur ce point. Il se fichait totalement de l'état de la maison mais la voiture était toujours propre. Je pense que je tiens ça de lui.
Castiel savait combien Dean tenait à respecter ce que son père lui avait demandé en lui donnant la voiture. Pas par respect pour un homme qu'il avait fini par détester. Mais par respect pour celui qu'il avait été avant … au moment d'acheter cette voiture sans doute … celui qui avait voulu devenir père et qui avait aimé ses enfants de toutes ses forces. Celui qui était mort également dans l'incendie qui avait tué sa femme. C'était uniquement pour lui que Dean faisait cet effort. Pour lui et pour tout ce que cette voiture représentait à ses yeux.
- Et puis tu as choisi de m'épouser et c'est pour le meilleur et pour le pire. Tu ne peux plus reculer, rappela Dean en souriant.
- Je ne le ferais pas même si je le pouvais. Je t'aime bien trop pour ça.
- Même quand je laisse traîner mes boxers dans le salon ?
- Surtout quand tu laisses traîner tes boxers dans le salon … parce que ça signifie que tu es très certainement nu. Et je crois que je t'aime plus encore quand tu ne portes aucun vêtement.
- Je savais que tu n'étais avec moi que pour mon corps et pour le sexe.
- Et pourtant tu m'as épousé.
- Oui mais seulement parce que le sexe est génial.
Castiel rit alors, amusé par la plaisanterie de son mari. C'était innocent et ils savaient parfaitement l'un comme l'autre que rien de tout ceci n'était vrai. Bien sûr, Castiel était d'abord tombé amoureux de l'apparence du jeune homme. Mais très vite, il était également tombé amoureux de son sens de l'humour, de sa curiosité, de sa gentillesse, de sa générosité et de son intelligence. Il n'avait toutefois pas besoin de le dire. Dean le savait. Leur relation ne tournait pas uniquement autour du sexe.
- Tu crois qu'on pourra toujours … tu crois que notre vie sexuelle ne risque pas d'être altérée quand on sera pères ?
C'était une question inévitable. Une que devait se poser tous les couples en passe de devenir parents. Il fallait apprendre à rester un couple également. Il savait que les choses ne seraient sans doute pas simples durant les premières semaines. Mais il était convaincu qu'elles finiraient par s'arranger ensuite. Il voulait croire que leur vie resterait la même.
- Je crois qu'on devra apprendre à jongler avec le temps que nous devrons consacrer à notre enfant. Mais je n'ai pas l'intention d'être père uniquement. Je resterai ton mari avant toute chose.
Dean ne dit rien et Castiel lui laissa le temps d'assimiler ce qu'il venait d'entendre et se faire sa propre opinion sur le sujet. Il avait légèrement faim mais il préférait l'ignorer pour le moment. Il ne voulait pas mettre un terme au moment qu'il partageait avec son mari. Car il s'agissait d'un moment dont ils se souviendraient toute leur vie. Un instant crucial qui marquait un nouveau chapitre dans leur existence. Il voulait qu'il dure le plus longtemps possible. Peu importait ce que son estomac en pensait.
- Sam va être fou de joie. Il adore les enfants. Et il sait toujours comment se comporter avec eux. Il va faire un oncle génial.
- Gabriel aussi … il m'a souvent dit qu'il avait hâte de devenir oncle. Mais il faudra rester prudent avec lui. J'ai peur qu'il apprenne à notre enfant des choses qu'il n'a pas besoin de savoir. Il faudra garder un œil sur lui.
- Je garde un œil sur lui en permanence, Cas. Ton frère est dangereux. Et pas uniquement pour un enfant … non, il est dangereux pour l'humanité tout entière.
Si Castiel n'avait pas su combien Dean aimait Gabriel, il aurait probablement été blessé de l'entendre ainsi parler de son frère. Mais il savait que son mari plaisantait. Il était très proche de Gabriel et ce depuis pratiquement le jour de leur rencontre. Ils étaient comme des frères. Et Dean n'avait de toute façon pas entièrement tort dans ce qu'il disait. Gabriel était effectivement dangereux.
- Ils vont se battre pour savoir lequel d'entre eux est l'oncle le plus cool. Ça ne va pas être beau à voir, ajouta Dean après quelques secondes.
C'était fort probable. La relation entre Sam et Gabriel était plus difficile à cerner que celle entre Dean et le frère de Castiel. Ils s'entendaient bien et ne se disputaient pas, mais ils étaient extrêmement différents. Gabriel aimait plus que tout charrier Sam et ce dernier semblait parfois passablement agacé par ses plaisanteries. Ils étaient comme chien et chat. S'ils avaient été gays tous les deux, Castiel les aurait parfaitement imaginés formant un couple explosif et passionnel. Il préférait toutefois ne pas trop s'attarder sur cette idée. Elle le dérangeait considérablement.
- J'imagine bien Gabriel acheter l'affection de notre enfant avec des sucreries et des gâteaux… Sam n'aura alors aucune chance avec son obsession pour la nourriture saine et les légumes. C'est un combat perdu d'avance, intervint Castiel après quelques secondes.
- Peut-être, oui, mais Sam a également quelques atouts dans sa manche … et il déteste perdre. Il ne se laissera pas faire.
- Notre enfant aura de la chance. Il sera entouré par des gens déterminés à le faire les aimer. D'autant qu'il n'y a pas que Gabriel et Sam à prendre en compte … il y a Jess, mes parents, Bobby, Charlie et Gilda.
- Il sera pourri gâté et deviendra probablement insupportable quand il sera adolescent. On va devoir veiller à ce qu'il reste raisonnable malgré tout.
Castiel devait reconnaître que cette période l'angoissait légèrement. Bien sûr, il était trop tôt pour en parler ou même pour y penser. Ils avaient encore de nombreuses années avant d'être confronté au problème. Mais il ne pouvait s'empêcher d'imaginer ce que leur enfant leur ferait subir au moment de sa crise d'adolescence. La sienne n'avait pas été violente et Dean n'avait eu sa crise d'adolescence qu'une fois adulte. Mais ils n'y réchapperaient sans doute. Et ce n'était pas la seule chose qui angoissait Castiel. Il y aurait les premiers petits amis ou petites amies. Les premiers jours d'école. Le départ pour l'université. Une nouvelle fois, il supposait qu'il s'agissait là d'angoisses que tous les futurs parents avaient. Il allait devoir faire comme eux et affronter chaque étape en gardant le bien-être de son enfant en tête.
- J'espère juste réussir à me montrer autoritaire. Je n'ai jamais trop su dire « non » à Sam quand il était petit. Bien sûr, à l'époque, j'étais un enfant moi aussi. Mais même aujourd'hui, j'ai parfois du mal à lui refuser quoi que ce soit quand il me fait son regard de chien battu. Notre enfant sentira ma faiblesse … il sentira lequel de nous deux est le plus prompt à accepter n'importe quoi et il l'utilisera contre moi.
- On parle d'un enfant, Dean… pas d'un chien.
- Crois-moi, sur ce point-là, ils ne sont pas très différents.
- Si ça peut te rassurer, je serai là pour assumer le rôle du parent autoritaire quand tu n'en seras pas capable. Il nous suffira de trouver un équilibre.
- Oui et bien j'espère que tu te souviendras de me l'avoir dit quand je laisserais notre enfant faire n'importe quoi comme … dessiner sur les murs ou ne pas respecter son couvre-feu.
Castiel secoua la tête en ricanant. Il était convaincu que Dean exagérait mais il savait tout de même qu'il y avait une partie de vrai dans ce qu'il lui disait. Il se promit de le rappeler à l'ordre si nécessaire. Il ne voulait pas être un père tyrannique mais il ne voulait pas non plus se montrer complètement laxiste. C'était une question de trouver le juste milieu.
- Tu préférerais avoir un garçon ou une fille ? demanda ensuite Dean.
Castiel se fichait du sexe de leur enfant du moment qu'il était en bonne santé. Il n'avait réellement aucune préférence.
- Et toi ? répliqua-t-il conscient qu'il ne s'agissait pas là d'une réponse.
Il avait l'impression que Dean avait une préférence mais qu'il avait un peu honte de l'avouer. Il supposait que beaucoup de parents privilégiaient un sexe mais finissaient par être heureux même s'ils n'obtenaient pas ce qu'ils voulaient.
- Je n'ai pas vraiment de préférence. Je suis juste … je me dis qu'il sera plus difficile pour deux homes d'élever une fille. Il y a des tas de choses qu'on ne saura pas faire … comme la coiffer par exemple. Et … il y a le problème du petit ami. Le jour où elle sortira avec quelqu'un, je vais avoir du mal à l'accepter.
- Pour tout ce qu'on ne saura pas faire, on pourra toujours demander de l'aide à Jess. Pour le reste, on verra en temps voulu je suppose.
- Hmmmmm, peut-être… ou alors on l'enfermera dans sa chambre quand elle aura quatorze ou quinze ans et qu'elle commencera à s'intéresser aux garçons ou aux filles et on ne la laissera en sortir qu'à disons…cinquante ans ?
Une nouvelle fois, Castiel rit en entendant les bêtises de son mari. Plus ils en parlaient et plus il avait hâte que cela arrive. Il savait que le temps d'attente risquait d'être long puisqu'ils avaient choisi d'adopter. Il savait toutefois que sa patience serait récompensée le jour où il tiendrait son enfant dans ses bras pour la première fois.
- On en rediscutera en temps voulu mon cœur mais je doute que cela soit réellement faisable, concéda-t-il alors.
- D'accord mais je t'aurais prévenu, répliqua Dean avant de se serrer un peu plus fortement contre lui.
Castiel hocha la tête avant de déposer un baiser sur le sommet de crâne de son mari. Il l'aimait plus encore à cet instant précis et il lui était incroyablement reconnaissant pour son acceptation et son enthousiasme. Il était conscient de la chance qu'il avait et il espérait que cela continuera encore et encore. Il avait tout ce dont il avait besoin pour être heureux. Bientôt, il aurait plus encore que ce qu'il avait espéré avoir. Il ferma les yeux et choisit de profiter de ce moment à deux pendant encore quelques minutes. A la façon dont Dean se blottit un peu plus encore contre lui, il sut que son mari partageait son envie. Il sentit son sourire s'élargir.
