Hello tout le monde !
« Waw, une revenante » direz-vous. Deux mois de retard, ça commence à peser lourd sur ma conscience donc je vais brièvement raconter ce qu'il s'est passé, le pourquoi du comment et vous expliquer comment j'envisage la suite de cette fanfiction.
Tout d'abord, ça a commencé doucement avec un changement d'école et de logement qui ont perturbé mon rythme d'écriture pourtant si régulier et tellement efficace. J'ai accumulé du retard tout en m'appuyant paresseusement sur mes chapitres d'avance afin de ne pas voir le problème (ils sont là pour ça mais m'ont retardé d'avantage par la suite). Ensuite, j'ai eu des tas de chamboulements émotionnellement difficiles à vivre et pour ne pas me laisser submerger par le stress et risquer des symptômes plus graves, j'ai décidé par moi-même d'arrêter tout ce qui pouvait perturber mon mieux-être (dont l'écriture). Tout en jonglant avec un emploi temps neuf et une nouvelle structure de logement, je devais faire face à des problèmes familiaux et je craignais beaucoup la reprise de l'écriture qui devenait de plus en plus stressante. Sincèrement, j'ai cru que je ne m'en sortirais pas.
Pour me relaxer, j'ai acheté des tonnes de DVD (tellement que je n'ai pas encore tout réussis à visionner) en ciblant efficacement les promotions de la Fnac ou les bonnes offres de seconde-main. C'est comme ça que j'ai visionné tout la série Doctor Who durant mes nuits d'insomnie. Ce monde a préservé mon imagination dans une bulle protectrice qui m'empêchait d'affronter la dure réalité et c'est dans ce petit cocon de douceur que j'ai reconstruit ma confiance en moi en m'appuyant largement sur le personnage du Docteur qui me servait alors de croyance divine avec des pensées simples comme « Si tout va mal, le Docteur va venir te sauver ».
C'est tout naturellement que j'ai repris l'écriture sur ce nouveau monde qui m'avait tant aidé avec une règle d'or : ne m'imposer aucune limite et apprécier chaque moment d'écriture. Grâce à cette fanfiction nommée Le Docteur et ses Enfants du Temps (sans vouloir faire de publicité mal placée, elle est disponible sur ma page perso), j'ai retrouvé des sensations de bonheur que j'avais fini par oublier à force de trop me mettre la pression. Alors voilà, c'était un résumé de tout ce qui m'a empêché d'écrire pendant trois mois.
J'ai recommencé à écrire il y a trois semaines et j'attendais que ma Bêta-correctrice finisse de passer ses épreuves de bac pour qu'on recommence un travail en binôme qui me rassure. La merveilleuse Luinwe Luthien a tellement bien fait son travail de coaching que j'ai hâte d'avoir vos réactions sur ce chapitre tant attendu pour vous et tant redouté pour moi, je le publie donc avec de « l'avance » par rapport à mon plan initial. Pour combler ma trop longue absence, justifiable mais pas forcément excusée, j'ai décidé de publier un chapitre par semaine jusqu'à mon départ aux Etats-Unis. Mon retour tombe très mal puisque c'est les vacances et je vais devoir disparaître pendant un mois jusqu'à la rentrée de Septembre. Partir s'aérer l'esprit et revenir en pleine forme pour entamer une nouvelle année d'écriture, ça ne peut qu'être profitable.
Résumé des chapitres précédents : Ancien prisonnier ayant du mal à se réinsérer dans la société, Severus Rogue est envoyé par Albus Dumbledore chez les Dursley. Très rapidement intrigué par le placard sous l'escalier, Severus fini par céder à ses questionnements et ouvre la porte. Il y trouve Harry Potter, petit garçon affamé, battu et séquestré depuis de trop nombreuses années qui se trouve être le fils de l'amour de sa vie et de son ennemi d'enfance. Malgré de vives protestations, Severus est nommé d'office pour surveiller l'orphelin en attendant qu'Albus Dumbledore lui trouve une famille adaptée. Contre toute attente, il s'attache à cet enfant foncièrement gentil et positif avant de se le voir enlever par une famille très normale et équilibrée : les Granger. Tandis que le petit garçon regrette amèrement son « papa », Severus est recontacté par de vieilles connaissances : les Malefoy. Pendant ce temps, l'assassin de la famille Potter semble regagner de la puissance et ses adeptes s'agitent. Les explosions sont de plus en plus fréquentes et certains très dangereux prisonniers s'évadent en masse. La résistance se construit dans un Ordre secret dirigé par Albus Dumbledore. En jouant sur la panique générale de la population anglaise, ce dernier complote un plan infaillible pour se débarrasser du Lord Noir même s'il doit pour cela mettre la vie d'Harry en danger. Un nouvel espoir permet à Remus Lupin d'émerger d'une trop lourde dépression. Malgré sa maladie qu'il n'arrive pas à accepter, la vie semble l'appeler par le biais d'Harry, dernier maraudeur encore vivant et un sentiment oublié depuis trop longtemps, l'amour.
Assez de blabla, vous l'avez trop attendu alors je vous l'offre enfin : le chapitre 36 de Derrière la Porte du Placard. Comme vous pouvez remarquer, j'ai nommé ce chapitre « Attendre et envisager la suite » pour féliciter tous ceux qui m'ont suivi et qui reviennent malgré ma longue absance.
Bonne lecture, enjoy and review !
Chapitre 36 : Attendre et envisager la suite
« On y va, on y va, on y va ! »
Depuis de trop nombreuses minutes déjà, Harry sautillait comme un fou rien qu'à l'idée d'aller au zoo pour la première fois de sa vie. Hermione tentait tant bien que mal de réprimer un fou rire à la vue de l'expression morbide qu'affichait Severus. Mais cela ne pouvait que lui être fatal et elle le savait pertinemment.
« Lupin est en retard, grogna le professeur acariâtre pour la millième fois. Ne pourrait-on pas…
- Oh non, répondit fermement Hugo avec amusement. Ça te ferait bien trop plaisir. »
Bien, parfait. Puisque tout le monde semblait décidé à transformer son quotidien en cauchemar, il ne lui restait plus qu'à abdiquer. Qui était-il pour se rebeller contre cette force maléfique qui voulait le rendre définitivement cinglé ? Là où la prison avait échoué, Albus et son ordre stupide réussiraient.
« Si Sev'rus ne veut pas, il n'est pas obligé. »
Que les dieux bénissent cet enfant (même s'il était le fils de son meilleur ennemi). De toutes les manières, c'était un fait avéré : Harry était la seule personne au monde habilitée à le comprendre. Tout simplement.
« La vérité sort de la bouche des enfants, affirma Severus avec une lueur de perversité dans les yeux. Par conséquent, j'estime que seule la parole d'Harry est recevable dans ce monde corrompu. S'il décide que Lupin ne vaut pas la peine de retarder notre merveilleuse visite au zoo alors qu'il en soit ainsi. »
Sur le moment, le chimiste trouva cette réflexion très intelligente et il se vanta d'avoir gagné un combat pourtant perdu d'avance. Une technique qu'il se presserait d'utiliser contre Albus afin de regagner un semblant de normalité dans une vie qui lui échappait de plus en plus.
« On pourra toujours voir monsieur Lupin demain, affirma Harry avec une joie non dissimulée. Comme ça, on sera plus rapidement arrivés au zoo. J'ai tellement hâte de voir des vrais lions ! »
Comme la plupart des enfants de son âge, Harry était une véritable pile électrique et personne n'avait encore trouvé un moyen pour l'empêcher de courir partout dans le salon. A son humble avis, Rose était parfaitement d'accord pour ne pas attendre et éviter ainsi une catastrophe imminente : Harry s'approchait bien trop des vases en porcelaine à son goût.
« Harry, est-ce que tu veux un bon chocolat chaud, épais et onctueux ? proposa Hugo avec un éclat de malice des yeux.
- Oh, oui ! Chouette ! »
Après trop d'années de souffrances, Harry profitait de la moindre seconde de joie. Il laissait cette sensation douce et agréable résonner dans tout son corps, c'était éphémère et instable, personne ne le savait mieux que lui.
« Dans ce cas, tu attends sagement Remus. Et n'écoute pas les bêtises de Severus, tu sais très bien qu'il préférerait vivre dans une grotte plutôt que passer une journée entière dans un parc, un beau jour d'été. »
Un coussin dans sa main droite (comment était-il arrivé là, mystère), le petit garçon cessa immédiatement de remuer dans tous les sens et il s'installa sur le canapé. Peut-être qu'avec un peu de chance, il pourrait obtenir le chocolat, apprécier le zoo et garder Severus. La définition même de la perfection.
« Et voilà, nargua le père de famille avec un sourire perfide. Un pour moi, zéro pour Severus. Tu aurais dû savoir qu'il est particulièrement influençable, ne compte pas sur lui pour être tout le temps de ton côté… Surtout si tu n'as pas de chocolat.
- Stupide gamin, grommela le concerné. »
Harry baissa immédiatement la tête et se mordilla la lèvre. Severus grogna contre sa propre maladresse. Hugo le fusilla du regard. Rose afficha un air profondément ennuyé. Hermione se rapprocha de son presque-frère. La température de la pièce sembla chuter de plusieurs degrés.
« Tu es vraiment bête, soupira longuement Hugo.
- Ah oui ? grinça ce dernier. Aux dernières nouvelles, je ne suis pas responsable de la fugue de ma propre fille.
- C'est normal, tu n'as pas d'enfant. Tu es parfaitement incapable de… »
Et c'était reparti, encore. Quand est-ce que les deux hommes cesseraient de se comporter en gamins ? Rose croisa le regard d'Hermione et elles soupirèrent dans un accord parfait.
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Dora Tonks rêvait. C'était agréable et elle serait volontiers restée dans ce cocon protecteur. Malheureusement pour elle, on ne fait pas toujours ce qu'on veut et son rêve s'évaporait tandis qu'elle émergeait. Depuis qu'elle sortait officiellement avec Remus, elle ne s'était jamais éveillée seule. A se tenir volontairement éloigné de quelconque relation amoureuse, cet homme était particulièrement tactile et tendre à son égard, elle n'allait pas s'en plaindre.
Alors que les derniers vestiges de son rêve s'évaporaient, elle se sentait seule dans ce lit trop grand pour une seule personne. Elle avait du mal à se l'avouer mais la solitude lui avait tant pesé qu'elle vivait chaque seconde d'isolement comme une peine immense et incommensurable. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été de nouveau face à la solitude écrasante et elle n'était pas certaine de pouvoir le supporter.
Pourtant, elle allait devoir être forte par amour. Remus avait tant souffert de la lapidation morbide de ses amis que ses yeux hurlaient encore leur chagrin des années après le drame. La survie d'Harry Potter était tout ce dont il avait besoin pour ne plus se réveiller en hurlant chaque nuit. Tonks était obligée de rester seule une seule journée et elle allait affronter cette peur du vide pour lui. Parce qu'elle l'aimait et ne supportait plus ses yeux trop tristes quand il pensait être hors de vue.
Elle posa ses pieds nus sur la moquette et resserra la robe de chambre autour de sa taille. Cela faisait plusieurs semaines qu'ils habitaient ensemble et pourtant, rien ne laissait envisager qu'un homme vivait ici. Remus n'avait pas vraiment de vêtement ni d'objet précieux, il trimbalait juste une vieille malle partout où il avait été chassé. Il n'avait pas déballé ses affaires, sans doute était-il trop habitué à vagabonder d'ici à là-bas ? Apparemment, il ne savait même plus à quoi ressemblait un logis.
Severus aimait le café, Harry des jus de fruits improbables, Hermione le jus d'orange et Remus le chocolat chaud. D'après Nymphadora, la journée idéale démarrait par une tasse de thé fumante. Avant même la toilette du matin et la lecture des journaux, elle buvait un mélange unique d'arômes, commandé dans une grande fabrique prestigieuse.
Assise à la terrasse, elle regardait d'un air distrait les voitures londoniennes. Souvent, elle rêvassait : qui étaient-ils ? où allaient-ils ? de quoi parlaient-ils ? est-ce que ces gens étaient eux aussi des automates rêvant d'aventures tout en étant incapables de lutter contre leurs habitudes ? est-ce qu'il existait des gens véritablement heureux ou n'était-ce qu'un mythe qu'on racontait aux enfants pour ne pas les effrayer sur leur avenir ?
Si le thé était rafraîchissant, ces questions angoissantes sur l'avenir n'étaient pas étrangères aux vides spirituels qui l'empêchaient d'avancer comme elle le voudrait. Un moyen bien pénible d'entamer une journée.
Ce matin-là, elle s'attendait à se retrouver seule face à ses interrogations vaines. Ne pas sentir le regard amoureux de Remus ni son sourire qui pouvait rassurer n'importe quelle âme égarée. Quelle ne fut donc pas sa surprise de trouver son amant à la terrasse, les yeux perdu dans la contemplation attractive du vide.
« N'es-tu pas censé être chez les Granger ? interrogea-t-elle avec un étonnement à peine dissimulé. »
Un long soupire, ce n'était pas bon. Combien de fois lui avait-elle expliqué que c'était une chance incroyable, un cadeau pour panser ses blessures encore à vif ? Souvent, il souriait d'un air distrait et parfois, il soupirait douloureusement. A croire que la survie de cet enfant n'était qu'un calvaire…
« J'ai peur, avoua-t-il. »
Dora n'était encore que dans le couloir, elle pénétra donc dans la cuisine pour faire bouillir un peu d'eau. Elle traversa la pièce, fit coulisser le panneau transparent qui la séparait de sa terrasse et s'assit en face de Remus. Puisqu'il était trop léthargique, elle allait devoir le faire réagir, quitte à employer la force :
« Deux de tes meilleurs amis sont morts, l'un est un psychopathe sanguinaire et l'autre est devenu complètement fou.
- Merci de me remonter le moral, grimaça le brun. Je n'y avais pas assez pensé durant toutes ces années. »
Ce dernier n'était pas toujours prêt à entendre les commentaires abrupts de sa copine. Franche et directe, elle balançait son avis à tout le monde sans la moindre douceur. Bien sûr, c'était probablement sa caractéristique principale et si on ne supportait pas ça alors on ne pouvait pas se prétendre à l'aimer. Alors il encaissait au mieux et comprenait qu'elle faisait ça pour lui faire du bien, à plus long terme.
Elle poursuivait donc sa critique sans prendre de gants :
« C'est ça ton problème, tu es focalisé là-dessus. Ça te sert à quoi de te torturer chaque jour ? Le passé est douloureux et pourtant, c'est tellement plus simple de pleurnicher dessus en se lamentant pitoyablement. Tu as l'impression d'être fort en ravivant la douleur, de rembourser une certaine forme de culpabilité et d'offrir l'éternité aux temps heureux. Mais c'est faux, ce n'est que de la faiblesse et ça cristallise à jamais ta peur de l'avenir.
- Je le sais ! cria Remus qui sentait un picotement de colère le traverser, c'était nouveau et étrangement agréable.
- Evidemment, tout le monde le sait mais personne ne veut le voir parce que c'est effrayant de ne plus pouvoir se lamenter sur le passé et d'affronter l'avenir. Aujourd'hui, tu vas devoir faire un choix : rester ici et abandonner tout espoir d'avenir ou aller là-bas et t'ouvrir à ce monde que tu as trop longtemps ignoré. »
Tonks avait toujours raison et c'était sans doute le plus frustrant. Se rendait-elle compte que c'était cruellement difficile à admettre ? Le choix aurait dû être évident mais il ne l'était pas. C'était comme devoir se lever après une bonne nuit de sommeil, le lit était tellement plus confortable que l'hésitation subsistait chaque matin. Le deuil avait plongé Remus dans un coma, jamais il n'avait envisagé pouvoir se réveiller et il commençait doucement à émerger. Fermer les yeux et oublier ou les ouvrir et faire face ?
« J'ai trop d'espoir, expliqua-t-il. C'est comme si j'avais tout misé sur la survie éventuelle d'Harry tout en étant persuadé de sa mort, une sorte de prétexte à la dépression. Je ne pensais pas que c'était possible même si le désir était bien réel. Quand j'ai appris qu'il était vivant, j'étais persuadé que ça allait s'arranger tout seul et que ma vie aurait un nouveau sens. Je commence à comprendre que ça n'arrivera pas sans effort et je ne suis pas suffisamment fort… »
Jamais il n'avait semblé aussi triste et soudainement, la différence d'âge frappa Dora de plein fouet. Elle l'oubliait souvent quand ses yeux pétillaient et qu'il buvait du chocolat chaud sans se soucier des moustaches de lait malgré ses trente ans. Il y avait quelques rares moments où la réalité s'imprimait violemment sur son visage torturé comme s'il avait déjà vécu une dizaine de vies.
« Effectivement tu ne l'es pas, affirma-t-elle. Tant que tu restes seul face à tes démons, tu ne pourras pas les affronter : personne ne le peut. Ce n'est pas de la faiblesse, c'est juste parce que tu es humain. On a besoin les uns des autres pour se fortifier et tu as été seul pendant trop longtemps. Ce n'est pas de ta faute si tu n'as pas pu résister, tu étais abandonné. »
Délicatement, elle lui attrapa la main et caressa affectueusement son poignet. L'effet fut immédiat. Ses traits se détendirent et ses muscles trop tendus se relâchèrent d'un coup comme si par ce simple geste, il retrouvait le chemin de la détente. Il se surprit même à sourire bêtement, influencé malgré lui par l'étrange chimie de l'amour.
« Albus Dumbledore est vraiment insensible, il t'a balancé cette information sans se préoccuper de ta réaction. Sans doute imaginait-il que ça arrangerait ton état mais ce n'est pas excusable, il aurait dû te surveiller. Ça t'a perturbé et c'est normal. Avoir une raison de vivre n'est pas toujours facile, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer. »
Remus ne pouvait qu'approuver, personne ne pouvait le concevoir sans l'avoir réellement vécu. Il l'avait tant espéré qu'il avait fini par ne plus y croire, Harry en vie, et maintenant que ça arrivait réellement, il ne savait plus comment gérer sa vie. Il l'avait imaginé tant de fois : apprendre la bonne nouvelle et rencontrer l'enfant, jouer avec lui et lui montrer la vie, être la seule personne capable de lui parler de ses parents… Jamais il n'aurait pu envisager ce blocage qui le prenait à la gorge et cette angoisse qui se resserrait sur lui comme un étau glacé en l'enfermant une fois de plus dans une cage trop étroite.
« Dora, je… Je ne sais plus quoi faire. Je sais que je devrai foncer sans crainte mais… C'est dur, je ne suis pas certain d'y arriver.
- Je suis là pour toi, affirma-t-elle.
- Tu vas m'aider à surmonter ça et je le sais. Mais si je n'y arrive pas et que je décide de continuer à déprimer ? Tu ne voudras plus de moi. Ça devrait sans doute me motiver encore plus mais je ne veux pas d'un chantage. Si je décide de rencontrer Harry, j'aimerai que ce soit mon choix sans la moindre contrainte. Alors, je…
- Je suis là pour toi, répéta-t-elle.
- Je n'ai pas encore pris de décision et je…
- Je suis là pour toi. »
Remus était gentil mais particulièrement long à la détente. Décidant qu'il avait suffisamment pleuré sur son sort pour le reste de la journée, la jeune femme interrompit ses lamentations d'un baiser langoureux. D'abord surpris, Remus écarquilla les yeux. Tonks avait un don pour toujours l'embrasser quand il s'y attendait le moins. Joyeusement stimulé, son cœur s'emballait et l'homme sentait un regain d'énergie qui lui permettait de tout envisager.
« Je suis là pour toi, conclue-t-elle en décollant ses lèvres.
- Oh ! s'exclama Remus en rougissant. Ça signifie "je serais là pour toi quoique tu décides" ? »
Dora rigola avec affection.
« Est-ce que je t'ai déjà dit que tu es affreusement lent ?
- Tout le temps, répondit Remus dont les yeux pétillaient à nouveau. »
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« Tu le connais, affirma soudainement Harry sans que personne ne comprenne de quoi il était en train de parler.
- Qui donc ? questionna Severus qui s'était assis à ses côtés sur le canapé.
- Monsieur Remus Lupin, précisa l'enfant. »
La journée était désormais bien entamée et ils auraient dû être arrivés au zoo depuis une bonne demi-heure déjà, au minimum. Au lieu de ça, Hugo et Severus s'envoyaient des piques régulières en comptabilisant des points imaginaires (ils en étaient à 4-1 pour le dentiste), Rose les observait en soupirant trop régulièrement, Hermione s'était encore enfermée dans un épais roman qu'elle avait presque terminé sans n'avoir réellement pu l'apprécier et Harry jouait en silence avec ses trois peluches préférées (un lion, un dragon et Severus son nounours).
« Nous étions à l'école ensemble, répondit un Severus agacé.
- Il est gentil ? questionna Harry qui avait toujours peur de rencontrer des adultes vicieux et profiteurs comme les Dursley.
- Non. »
C'était un réflexe, vraiment.
Pendant quelques secondes, il s'était revu en train de se noyer dans un lac parce que les maraudeurs avaient trouvé ça amusant que « le pleurnichard » ne sache pas nager. Hilarant, effectivement. La pesanteur l'entraînant au fond malgré ses mouvements désespéré pour remonter, l'eau s'infiltrant sournoisement dans son nez puis le brûlant à la gorge et la perte de conscience qui lui avait fait croire qu'il était en train de mourir. Les rires de quatre crétins relayés par toute l'école et ce surnom ridicule qui l'avait poursuivi pendant de trop nombreuses années « le barboteur ».
Il aurait voulu être capable de pardonner une erreur de jeunesse (Lupin n'avait jamais été le pire) mais il n'était tout simplement pas ce genre d'homme. Il aimait cette amère rancœur qui lui rappelait à chaque instant que la vie était vicieuse et qu'il était seul. Seul face à son père, seul face aux maraudeurs, seul face à Voldemort…
« Vous n'êtes qu'un affreux égoïste, critiqua sèchement Hugo. »
D'où revenait ce vouvoiement ? Un dégoût soudain envers quelqu'un qui ne savait pas oublier, l'impression d'être face au prisonnier impitoyable qui détruisait toutes les chances d'un autre homme détruit et surtout l'impression d'avoir été trahi malgré une trêve pourtant agréable et presque définitive.
« Tu ne penses qu'à toi malgré tout ce que cet enfant t'apporte, tu n'as pas songé un seul instant à son avenir et maintenant, tu le condamnes à détester quelqu'un qu'il ne connaît pas sous prétexte que tu ne peux pas le supporter. Harry te fait aveuglément confiance et c'est dommage pour lui parce qu'il ne pourra jamais s'épanouir avec un homme aussi foncièrement mauvais. »
Cruel, froid et injuste.
Plus personne n'osait bouger et ils respiraient silencieusement comme si la moindre perturbation pouvait détruire l'univers tout entier. Hermione cacha lentement son visage derrière son bouquin, Rose fixa ses yeux sur le premier prétexte qui se trouvait être le nounours en peluche d'Harry et ce dernier se recroquevilla instinctivement en une boule protectrice sur le canapé pour ne pas avoir à affronter la réalité d'une dispute à son propos.
« J'ai été très compréhensif envers toi malgré ton caractère de merde, déclara Hugo avec ce fameux ton supérieur que le temps avait pourtant effacé. Tu as peut-être été le premier à trouver Harry mais cet enfant ne t'appartient pas. Je ne peux pas affirmer qu'il est davantage à moi, ce serait une sorte de narcissisme et je ne suis pas aussi égocentrique que toi. Cependant, personne ne peut nier qu'il pourrait être à Remus.
- Alors pourquoi ne l'est-il pas ? murmura Severus d'une voix sifflante. Où était-il quand Harry était enfermé dans son placard ? Où était-il quand son oncle le bourrait de coups de poings, juste pour se défouler ? Où était-il quand il mourrait de faim ? C'est triste de le dire mais personne n'a été suffisamment courageux pour ouvrir ce fichu placard ! Si je n'avais pas été envoyé là-bas pour satisfaire un fantasme idiot d'Albus, cette réalité horrible serait toujours d'actualité. Qui es-tu pour me faire la morale ?
- Tu as raison, concéda Hugo dans une stratégie de repli. Je ne peux pas te faire la morale et je l'accepte volontiers. Mais dans ce cas, ne t'octroie pas ce droit que tu refuses aux autres. »
Cette énième dispute entre les deux hommes était parfaitement injustifiée mais ça arrivait très régulièrement lorsqu'on les forçait à se supporter plus d'une heure sans interruption. Un simple résultat de la jalousie maladive entre eux, Hugo enviait l'admiration d'Harry envers Severus et Severus enviait la position d'Hugo envers Harry. Ils étaient littéralement incapables de comprendre qu'ils étaient en réalité parfaitement égaux de deux manières drastiquement différentes.
Pire que tout, un troisième homme allait très bientôt entrer dans cette valse de convoitise… Harry avait déjà du mal à supporter cette bataille puérile mais survivrait-il à un nouvel adversaire ?
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Adossé à un tronc d'arbre, Remus luttait contre l'envie de s'échapper. La rue était déserte, il n'était plus qu'à quelques mètres de la maison des Granger mais il ne pouvait plus avancer. Il doutait de tout, d'Harry, des Granger, de Severus, de la journée à venir… Et surtout de lui-même.
Il avait déjà fait le plus difficile et il ne voulait pas reculer maintenant mais il sentait qu'il n'y arriverait pas. Accepter de ne pas aller drastiquement mieux en voyant l'enfant avait été particulièrement dur à admettre, choisir de ne plus se replier pour oublier la réalité écrasante avait été déchirant et admettre qu'il avait besoin d'aide avait été le premier pas vers son mieux-être.
Inspirer, expirer, inspirer, expirer… Nymphadora lui avait conseillé de respirer et ça marchait plutôt bien. Focalisé sur la sensation de l'air chatouillant son nez, il en oubliait l'incendie à l'intérieur de sa tête. Encore quelques petites secondes de calme et il allait pouvoir sonner à la porte des Granger.
Son rêve allait enfin se réaliser. Même s'il n'avait pas toujours désiré la survie d'Harry, il avait au moins espéré plus que tout au monde de ne pas être le dernier maraudeur. Et après tout, l'enfant était un maraudeur par héritage.
Il n'était plus tout seul.
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« Je suis sincèrement désolé, dit alors Hugo contre toute attente. Je n'aurai jamais dû m'emporter ainsi, je ne comprends pas pourquoi j'agis toujours ainsi en ta présence. Pourtant, tu n'es pas si désagréable que tu en as l'air quand on sait briser la glace. »
Le silence avait été trop pesant et le visage d'Harry beaucoup trop triste pour qu'il ne se remette pas en question. Il pouvait admettre sans erreur que Severus l'irritait sans véritable raison. Il commençait à comprendre que tous ces conflits reflétaient une rivalité stupide plutôt qu'une véritable animosité.
« C'était une tentative d'excuse, encouragea à nouveau Hugo face au manque de réaction de son interlocuteur. »
Rien, pas même un soulèvement sceptique de sourcil.
« Oh, prononça finalement doucereusement Severus. Tu ne t'attends quand même pas à ce que je te pardonne ? Moi qui te croyais un minimum intelligent, tu me déçois.
- Intelligent, répéta Hugo avec hébétement. Je rêve ou tu viens de faire un compliment ? »
Le visage trop contrôlé de Severus se transforma alors en un raz-de-marée d'émotions : surprise, colère, dégoût, peur… Un sourcil se souleva d'incompréhension tandis qu'un autre se fronçait par irritation, il eut un haut-le-cœur en prenant conscience qu'il s'était montré gentil. Personne ne l'avait forcé et Albus ne l'avait pas hypnotisé avec d'étranges bonbons, il avait été naturellement aimable. Oh, non. Le début de la fin.
« C'était juste pour… Tu n'y as pas cru ? Je voulais tester ta… Vivacité d'esprit. Euh, non. Enfin…
- Sev'rus c'est le meilleur, c'est normal qu'il soit gentil, affirma alors Harry avec un regard admiratif. »
L'ambiance glaciale s'envola comme par magie. Hugo s'étouffait dans un fou rire incontrôlable, Hermione applaudissait le final d'un air enjoué, Rose regardait la scène tendrement. Tout le monde allait définitivement bien.
« Ne t'y habitue pas, grogna Severus dans une vaine tentative de conserver sa réputation de professeur tortionnaire. »
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Je ne vais pas y arriver.
Harry va me détester.
Je ne vais pas y arriver.
Severus va me rabaisser.
Je ne vais pas y arriver.
Les Granger vont me juger.
Je ne vais pas y arriver. Je ne vais pas y arriver. Je ne vais pas y arriver.
D'un doigt tremblant, Remus appuya finalement sur la sonnette. Trop habitué à sa prison confortable dans laquelle il s'enfermait pour ne plus voir, le monde extérieur l'agressait violemment. Il avait l'impression d'être un légume jeté négligemment dans une cocote, le dernier ingrédient d'un plat royal qui étouffait dans l'eau bouillante.
Il avait décidé d'affronter la réalité et il venait d'appuyer sur la sonnette. Les dés étaient lancés.
Et voilà, c'est terminé pour le moment.
Alors, qu'en avez-vous pensé ? Personnellement, comme évoqué ci-dessus, j'ai énormément douté de mes productions notamment de ce chapitre pas assez « utile » à mon goût. Les démonstrations de ma bêta m'ont suffisamment rassurée pour que j'ose le publier mais je ne suis toujours pas convaincu… Ce n'est probablement pas le meilleur chapitre pour un retour « en beauté » mais je n'ai pas choisi de m'arrêter donc je ne pouvais pas savoir que mon retour devrait se faire sur un chapitre banal de transition.
J'ai tout un nouveau planning d'écriture, je change le jour de publication régulier qui sera officiellement le Vendredi (même si je risque de publier le Jeudi par crainte) donc je vais pouvoir finir l'année scolaire en beauté avec quatre chapitres.
On se retrouve la semaine prochaine, le 10/07/2015 pour le chapitre suivant. Au programme, la rencontre tant attendue d'Harry et Remus, la jalousie de deux hommes déjà en conflit et une sortie au zoo qui risque fort de rester dans les mémoires !
D'ici là, vous pouvez toujours faire un tour sur mon profil pour lire des OS très variés sur l'univers d'Harry Potter (romance homosexuelle ou amitié perfide) et pourquoi pas vous attaquer à ma fanfiction sans-règle-ni-limite Doctor Who qui est complètement allumée et ne nécessite pas de connaissance particulière de l'univers d'origine (même si on perd certaines blagues, et oui, grande nouveauté c'est une comédie).
Très respectueusement, merci pour votre grande patience.
