C'est toujours très dur de trouver un équilibre, de savoir comment marcher sur le fil, à deux, sans jamais tomber, pour se retrouver au milieu, ensemble.

Il y a toujours les moments secrets, les moments cachés, dans la pénombre des placards, des salles désaffectés, des couloirs vides. Les effleurements quand personne ne regarde, les caresses douces, furtives, pleines de promesses, sur le peu de peau que dévoile l'uniforme. Les murmures, les mots chuchotés, entre deux cours. Les baisers volés et fiévreux, après le couvre-feu, toujours sous couvert du noir qui protège tout, qui cache tout même l'amour.

Il y a ce jour, dans une salle, sur un canapé, avec deux bougies usées pour toute lumière et la poussière dansant dans les halos éteints ce jour où ils sont si proches de faire ce qu'ils n'ont jamais osé, de le faire et où quelqu'un – James, Remus, Peter, ils s'en fichent – frappe à la porte. Ce jour là, la magie retombe, la frustration renaît et l'équilibre se fissure.

Toujours fragile l'équilibre, toujours si prompt à se rompre, après les disputes, les cris, la jalousie, les différences, les non-dits, l'absence, le manque, les soupçons, les points de vue qui divergent, la tension.

Quand Severus devient froid et se referme, que Sirius oublie, versatile, et ne voit pas les regards en coin, perdus et anxieux, quand tout semble fini et que la hargne dans les fausses insultes qu'ils se crient tout de même au visage pour tenir leur rôle, redevient véridique. Quand les baisers s'espacent, que les absences se prolongent et que l'amour s'effiloche.

Mais il y en a toujours un qui attrape l'autre pour l'embrasser timidement et secrètement, comme au premier jour, et pour que l'équilibre si fin, se renforce.

Ils sont toujours prêts à tomber, oscillant au-dessus du vide, mais chaque fois que l'un dérape, l'autre le rattrape.