Bonjour tout le monde !

Voici l'upload du lundi. En espérant que ce chapitre vous plaira autant que les précédents, je vous souhaite une très bonne lecture !


CHAPITRE 38 : LE RETOUR DE L'AD

Quand Hermione pénétra dans le bureau de la directrice, elle fut surprise de la trouver en compagnie de Rogue. Ce dernier, toujours aussi furieux, lui jeta un regard noir en guise de bonsoir. La pièce était faiblement éclairée, et la seule lumière allumée se reflétait sur la lame de l'épée de Gryffondor. Sans savoir pourquoi, la présence de la relique avait quelque chose de rassurant pour la préfète.

- Hermione, je ne vous attendais pas de si tôt… sourit McGonagall derrière son bureau.

Elle fit apparaître une tasse de thé qui vola jusqu'à la préfète.

- Que me vaut le plaisir de votre visite… après le couvre feu ? demanda la directrice.

- Minerva, ce que je viens de vous dire… commença Rogue.

- Est préoccupant, je le sais, merci Severus, coupa McGonagall.

- Un problème ? demanda Hermione, inquiète.

Rogue fusilla l'élève du regard, lui faisant clairement comprendre que sa présence était indésirable.

- Il semblerait que Mr Malefoy se soit vu confier une mission par Voldemort… répondit McGonagall.

- Ne prononcez pas ce nom… siffla le maître des potions.

- Ce n'est qu'un nom ! répliqua une voix endormie.

Hermione tourna la tête et remarqua que Dumbledore semblait se réveiller dans son tableau.

- Et quelle est cette mission ? interrogea la préfète.

- Je croyais que vous saviez tout… dit doucereusement Rogue. Après tout, c'est bien votre surnom, Miss Je Sais Tout ? Votre réputation serait-elle surfaite ?

La préfète fit un pas en direction du maître des potions, en serrant les poings. Mais pour qui se prenait-il ?

- Voyez-vous ça… Le maître des potions est désappointé car il n'a pas eu, une fois de plus, le poste qu'il voulait. Et comble du malheur, c'est un Weasley qui l'a eu… Oh, pauvre maître des potions… répondit Hermione sur le même ton.

- Je me demande bien pourquoi Dumbledore a cru bon de vous ressusciter… Vous ne servez à rien ! Ce chien galeux de Black peut en témoigner de sa tombe !

La remarque fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac de la gryffondor. Une rage incontrôlable monta subitement.

- Peut-être, mais moi, je ne suis pas responsable de la mort de la personne que j'aimais… Lily Potter doit regretter que James vous ait sauvé des griffes de Lupin !

Rogue sortit sa baguette et Hermione en fit de même. Ils se jetèrent un regard haineux, attendant que l'autre fasse un geste malheureux pour lancer un sortilège particulièrement douloureux.

- CA SUFFIT ! s'exclama McGonagall en se levant. On dirait deux enfants ! Severus, nous avons fini. Je vous vois demain pour le déjeuner.

Le maître des potions foudroya du regard la préfète de gryffondor puis quitta le bureau de la directrice d'un pas vif.

- De quoi s'agit-il ? demanda Hermione.

- On ne sait pas trop… Severus essaye de se renseigner, mais il reste prudent. Il ne faudrait pas qu'il se fasse découvrir.

Hermione acquiesça.

- Et vous ? Que faite vous ici à cette heure ?

- Je voulais savoir pourquoi vous n'aviez pas embauché le professeur Slughorn… commença la gryffondor.

- Horace ? Mais quel drôle d'idée, Hermione ! Pourquoi aurais-je fait ça ?

- C'était mon professeur de potion pendant ma sixième année, expliqua Hermione. Dumbledore l'avait sorti de sa retraite et…

- Ce devait être judicieux à l'époque, mais je n'avais aucune raison de l'engager. De plus, je n'ai aucune idée de l'endroit où il se trouve actuellement.

Hermione se sentit abattue. Elle avait l'impression de recevoir un coup de massue.

- Au fait, j'ai envoyé un hibou à Potter. Je vais lui montrer les souvenirs qu'Albus a recueillis sur Voldemort.

Hermione hocha la tête, jeta un dernier regard à McGonagall puis quitta la pièce sans un mot. Elle dévala les marches et décida de faire un tour dans le parc avant d'aller se coucher. Certes, elle savait qu'elle devait se lever tôt le lendemain, et qu'écourter sa nuit de sommeil n'était pas raisonnable, mais elle avait besoin de mettre de l'ordre dans ses pensées.

« Quelles sont les conséquences de l'absence de Slughorn ? Mis à part que je n'aurai pas à perdre mon temps à ses fichues soirées du club de Slug… » se demanda-t-elle en marchant rapidement.

« Rogue ne partira pas à la fin de l'année, et c'est bien dommage… Quel imbécile ! Ensuite, Harry n'aura pas cours de potion et, à la limite, ce n'est pas bien grave. Ron ne sera pas empoisonné car il ne boira pas la bouteille destinée à… »

Elle s'arrêta soudainement.

« Le collier d'opale, le poison… qui va en être le destinataire ? Qui Malefoy doit-il tuer ? Et quand fera-t-il entrer les mangemorts dans Poudlard ? »

Elle accéléra sa marche autour du lac, grommelant de temps en temps des bribes de phrases qui semblaient sans queue ni tête. Elle finit par regagner sa salle commune pas plus avancée qu'elle ne l'était. L'absence de Slughorn à Poudlard allait entraîner bien des changements, et la préfète n'arrivait pas à les anticiper. Au moment de se coucher, elle décida donc de rester sur ses gardes, et d'ouvrir l'œil au moindre mouvement suspect de Malefoy.

Le lendemain matin, Hermione avait l'impression d'être un inferius. Au petit déjeuner, elle n'arrivait pas à décoller son nez de sa tasse de café et répondait aux salutations de ses camarades par des grognements. Elle avait peu dormi, et son humeur s'en ressentait. Même la bise que Ginny lui déposa sur la joue ne lui arracha pas un sourire. La rousse, voyant que son amie n'était vraisemblablement pas dans son assiette, engagea la conversation avec Harry. Ce dernier était plutôt joyeux et souriait fièrement quand de jeunes gryffondor l'accostaient pour connaître les dates des sélections pour l'équipe bis de Quidditch. Puis Bill vint distribuer les emplois du temps, et Hermione soupira en remarquant qu'elle commençait par un double cours de potion. Définitivement, cette première journée allait être désastreuse.

Quand Ernie McMillan vint les saluer, il demanda innocemment si les cours de l'AD reprendraient cette année. Harry gonfla sa poitrine et fit un clin d'œil à Ginny.

- Bien sûr… Si les anciens veulent toujours venir. Il faut se préparer au pire. Voldemort ne nous fera pas de cadeau. Nous devons être prêts, dit-il sérieusement.

- Oui, et Hermione pourrait nous enseigner de nouveaux sortilèges… répliqua doucement Ginny.

- Hermione ? demanda Harry, qui blanchit légèrement.

- C'est une bonne idée ! s'exclama Neville. Au ministère, en deux coups de baguette, elle a mit trois mangemorts à terre… Et sans prononcer de formule !

- Tu sais faire des informulés, Granger ? demanda Ernie, à la fois étonné et impressionné.

Hermione, qui venait de se rendre compte qu'on parlait d'elle, baissa la tête et agita la main l'air de dire « Oubliez-moi cinq minutes… »

Luna se leva de la table des Serdaigle et s'approcha, un exemplaire du Chicaneur à la main.

- Vous parlez de l'AD ? demanda-t-elle de sa voix rêveuse.

- Oui, et Granger va nous apprendre les informulés ! répondit McMillan, visiblement réjoui.

- Il me semble que… commença Hermione, gênée.

- C'est une bonne idée ! Comme ça, les ronflacks ne m'entendront pas quand je les stupéfixerai…

- Bon, et bien, puisque c'est décidé, Hermione nous donnera des cours, dit Harry assez sèchement.

Le survivant attrapa une tartine et quitta la grande salle, fort mécontent. La préfète soupira bruyamment. Elle était bonne pour une nouvelle crise de jalousie de la part de son ami.

- Quand est la première réunion ? demanda Luna.

- Vois ça avec Harry… grommela Hermione en buvant une gorgée de café.

Elle finit d'une traite sa tasse, prit son sac et se dépêcha de rejoindre les cachots. Une fois arrivée, elle remarqua qu'elle était la première et que, comble du bonheur, Rogue n'était pas encore là. Elle se glissa discrètement dans la salle de cours et se dirigea prestement vers l'armoire aux fournitures. Elle chercha quelques instants les manuels scolaires puis regarda avidement la couverture de tous les livres de sixième année. Puis, elle trouva enfin ce qu'elle désirait.

« Ce livre appartient au Prince de Sang Mêlé »

Elle rangea rapidement le vieux manuel de Rogue dans son sac et sortit rapidement de la pièce.

Bien évidement, le cours fut une véritable séance de torture. Rogue s'était plaint que tous les cornichons n'avaient pas disparu de son cours –il avait regardé longuement la gryffondor, ce qui avait fait rire Malefoy et Parkinson- et la potion qu'il avait donné à confectionner était incroyablement difficile. Cependant, la préfète s'était aidée du manuel subtilisé plus tôt, et Rogue n'avait rien trouvé à redire sur sa potion.

Ensuite, elle se dirigea vers la classe de métamorphose, devant laquelle l'attendaient Harry et Ron. Tous les élèves présents avaient hâte de voir en œuvre le nouveau professeur, au nom si familier. Ce dernier arriva vite, souriant, et pria les sixième année d'entrer dans la salle. Il s'assit directement sur le bureau, ignorant la chaise professorale, et posa un manuel à côté de lui. Il promena son regard sur les élèves et sortit sa baguette de sa poche.

- Bonjour à toutes et à tous. Je me présente, William McGonagall. Avant que vous ne me posiez la question, je ne suis pas le fils de la directrice, mais son neveu.

Le professeur avait une belle voix grave qui fit glousser Lavande. McGonagall lui fit un clin d'œil et sauta de son bureau. Il le pointa de sa baguette et aussitôt, le meuble se transforma en gros chien.

- Je sais que ma tante fait à chaque fois le coup du cochon, je voulais changer un peu. Vous en serez capable si vous suppliez un McGonagall de vous donner des cours particuliers pendant cinq ans après les ASPICS. La métamorphose, c'est de famille ! Mais, contrairement à Minerva, je suis très facilement corruptible…

Les élèves se mirent à rire.

- Si vous êtes ici, c'est que vous comptez passer les épreuves d'ASPICS de métamorphose. Je me dois de vous dire que l'épreuve est très difficile, au-delà de ce que vous pouvez imaginer… Aussi je vais tenter de vous préparer au mieux. Nous allons commencer par métamorphoser des insectes en oiseaux, selon une liste précise.

Le professeur toucha le tableau de sa baguette et un tableau à deux colonnes apparut.

- Donc, ceux qui ont des araignées (Ron frissonna avec une grimace de dégoût) devront les métamorphoser en perroquet, ceux qui ont des cancrelats en cygne et ainsi de suite. La formule est au tableau, ainsi que la description du mouvement de baguette. Vous pouvez commencer !

Les élèves allèrent chercher au bureau un insecte et Ron prit de suite un ver de terre. Hermione prit un insecte de chaque, et retourna à son bureau. Elle plaça chaque bestiole devant elle et les toucha de sa baguette en murmurant les différents sorts. Comme à son habitude, elle réussit avec brio son exercice.

- 20 points pour gryffondor ! s'exclama le professeur, réjoui. Vous devez être miss Granger, si je ne m'abuse.

Hermione acquiesça et le sourire du jeune professeur s'élargit.

- J'en étais sûr ! Ma tante m'a beaucoup parlé de vous. Et je constate qu'elle n'a pas exagéré.

La préfète rougit sur le coup, et baissa la tête. Le reste des deux heures se passa calmement. Le professeur McGonagall passait dans les rangs, corrigeant les mouvements de baguette des élèves, plaisantant à l'occasion. A la fin du cours, les sixième année étaient ravis. Le neveu de McGonagall était aussi compétent que sa tante, avec une dose d'humour en plus, avait ajouté Ron. Hermione haussa les épaules. Oui, il était bon, mais l'humour n'était pas la qualité qu'elle recherchait chez un enseignant. Aussi, quoi que pouvaient en dire ses camarades, Minerva McGonagall restait le meilleur professeur de métamorphose qu'elle avait eu.

La semaine passa, lentement, et les devoirs s'empilaient sur les bureaux des Gryffondors. Même Ginny, qui passait ses BUSES à la fin de l'année, n'était pas épargnée. Cependant, le trio devenu Quatuor avait trouvé le temps pour les sélections de l'équipe remplaçante de Quidditch et surtout, pour la première réunion de l'AD. Cette dernière avait eu lieu le samedi soir, dans la salle sur demande.

Hermione se sentait gênée. Tous les regards étaient posés sur elle, et elle n'avait jamais aimé parlé en public. Quelle idée avait eu Ginny de la propulser professeur de l'AD ? Harry était un meneur, les gens l'écoutaient, lui faisaient confiance, le suivaient aveuglément. Mais elle ? Elle était juste une première de classe, plus douée que la moyenne. Et ayant bénéficié d'années d'entraînement avec le meilleur sorcier du monde, mais ça, peu le savait… En observant la foule d'élèves devant elle, la préfète reconnaissait les anciens de l'AD, mais il y avait aussi quelques nouveaux visages. Ginny, assise entre Harry et Ron, l'encourageait du regard. Aussi, elle prit une grande inspiration.

- Bon… bonsoir à tous. Merci d'être venus aussi nombreux… Nous voilà de retour dans la salle sur demande, et cette fois, aucun crapaud ne viendra nous déranger, commença Hermione, peu assurée.

La foule se mit à rire, et Harry fit un grand sourire à Ginny. Hermione haussa un sourcil, interrogea son amie de regard. Cette dernière fit un geste de la main, voulant dire « continue, on t'attend !».

- Je vais continuer là où Harry s'est arrêté. Il nous a donné à tous de très bonnes bases en défense contre les forces du mal et en sortilège. Je vais me contenter d'approfondir ce qu'on a vu l'année dernière, de manière différente.

Elle fit une pause et observait les réactions de ses camarades. Tous avaient l'air impatient de se servir de leur baguette et cela fit sourire la préfète. Cependant, une personne pénétra dans la salle et Hermione sentit son estomac plonger quelque part au fond de ses pieds. Quelques élèves se retournèrent et hoquetèrent de surprise. Lavande gloussa de contentement, suivi immédiatement par Parvati.

- Professeur McGonagall ? demanda Hermione d'une voix blanche.

« Mais que fait-il là ? Comment a-t-il su ? »

William McGonagall agita sa baguette pour faire apparaître une chaise et s'installa confortablement.

- Veuillez m'excuser de vous avoir interrompu, Miss Granger. Mais Miss Brown m'a invité à votre petit club, et je n'ai pu résister à ma curiosité. Mais continuez, je vous prie, dit-il avec un sourire charmant.

Hermione déglutit et remarqua le regard noir que jetait Ginny à leur nouveau professeur de métamorphose.

- La plupart des professeurs, commença-t-elle d'une voix peu assurée, demandent à ce que les sixièmes années maîtrisent les sortilèges informulés. Pour les cinquièmes années, cela pourra vous faire des points en plus pour les BUSES. Voilà pour le côté scolaire de la chose, mais est-ce que quelqu'un peut me dire à quoi servent les sortilèges informulés, outre avoir de bonnes notes ?

Certains élèves se regardaient, ne sachant que répondre, alors que d'autres discutaient entre eux à voix basse.

- Comme les adversaires ne nous entendent pas prononcer la formule, ils ne savent pas de suite le sortilège que nous employons, ce qui nous donne quelques secondes d'avance… répondit Luna, tout en regardant avec intérêt le plafond.

Hermione se fit violence pour ne pas regarder le plafond à son tour. Elle regarda l'assemblée et remarqua que McGonagall se retenait d'éclater de rire.

- Oui et non, finit-elle par dire. Effectivement, le sorcier ne vous entend pas prononcer la formule, mais il peut deviner le sort que vous lancez avec le mouvement de baguette effectué. Les sortilèges informulés sont une première étape nécessaire et essentielle à un type de magie bien plus compliquée…

- Lequel ? coupa Macmillan alors que les murmures commençaient à s'élever.

- Prononcer une formule en jetant un autre sort, répondit calmement Hermione

- Mais c'est impossible ! s'exclama Ron, alors que des exclamations surprises retentissaient.

La préfète regardait William McGonagall qui avait croisé les bras sur son torse, visiblement impatient d'écouter la suite. Hermione détourna le regard du jeune professeur et sourit à son ami.

- Lève-toi, je vais te montrer…

Ron releva les manches de sa robe, se leva et s'approcha de la gryffondor, la baguette à la main.

- Je vais te lancer un experliarmus en prononçant « stupefix »… expliqua la préfète.

- C'est ça…

Et avant que Ron ne puisse faire un geste, Hermione avait agité sa baguette en marmonnant Stupefix. Cependant, Ron fit un bond de trois mètres en arrière, et sa baguette vola à l'autre bout de la salle. Plusieurs élèves bondirent de leur siège, visiblement étonné. William se leva et applaudit de manière enthousiaste.

- C'était magnifique, Miss, dit-il en faisant un clin d'œil à la préfète.

Ginny devint aussi rouge que ses cheveux et jeta un regard furieux à Hermione. Cette dernière haussa les épaules.

- Comment tu as fait ça ? demanda Cho Chang, soupçonneuse. Ce n'est même pas au programme des ASPICS.

- J'avais beaucoup de temps libre pendant mes vacances… répondit évasivement Hermione. L'avantage de cette technique est que votre adversaire va se concentrer sur ce qu'il entend, et non pas sur ce qu'il voit. Ce qui vous donne un réel avantage. Bien, faite des groupes de deux, et on va commencer par les informulés simples : experliarmus et charme du bouclier. Au travail !

Au bout des deux heures, quelques élèves arrivaient à lancer des informulés et, à la grande fierté de la préfète, Ginny en faisait partie. Alors que les membres de l'AD quittaient progressivement la salle, Hermione vit que William McGonagall se dirigeait vers elle.

- Ce cours était fantastique, Hermione, dit-il amusé. Vous avez déjà pensé à faire carrière dans l'enseignement ?

- Euh… c'est-à-dire que… commença à bégayer la préfète en rougissant.

Le jeune professeur la regardait droit dans les yeux, et la gryffondor trouvait que les chaussures qu'elle portait ce soir là étaient très intéressantes. Une toux légère se fit entendre, et Hermione tourna la tête pour remarquer une Ginny visiblement mécontente.

- Je peux vous parler un instant seul à seul, Hermione ? demanda William.

La préfète hésita, mais finit par acquiescer.

- Je te rejoins dans la salle commune, Ginny ?

La rousse fit une moue contrariée mais quitta la salle sur demande, après avoir claqué furieusement la porte. McGonagall attrapa une chaise qu'il retourna, s'assit et posa ses bras croisés sur le dossier.

- Alors, que fait une jeune femme de bientôt dix sept ans dans l'ordre du phénix ?

- L'ordre de quoi ? demanda Hermione, jouant l'ignorante.

William souleva sa manche gauche et montra un phénix doré tatoué sur son avant bras, à l'endroit exact où la marque des ténèbres se trouvait sur les bras des mangemorts.

- Ne le dite pas à ma tante… Si elle savait que j'avais un tatouage, elle me le retirerait en le frottant avec du papier de verre…

Hermione éclata de rire et William sourit.

- Donc, que faite-vous dans l'ordre du phénix ?

- Pas grand-chose, j'avoue, dit Hermione en rangeant quelques coussins qui traînaient sur le sol. J'apporte le café, je fais les photocopies, je garde un œil sur les serpentards, rien de plus.

- J'ai entendu de drôles d'histoires sur vous… insista le professeur.

- Je suis sure qu'elles sont exagérées… répondit calmement Hermione.

- On raconte que les enfants regardent sous leur lit pour voir si Voldemort s'y cache. Et on raconte aussi que Voldemort regarde sous son lit voir si Hermione Granger s'y trouve...

Hermione eut des yeux éberlués.

- Pardon ?

- C'est une blague que j'ai entendu au Trois Balais...

- Elle est amusante, mais très loin de la réalité, rétorqua Hermione.

- C'est ce que nous allons voir… murmura McGonagall en se levant rapidement, renversant sa chaise.

En voyant la baguette pointée sur elle, Hermione dit deux pas sur le côté, brandit la sienne et fléchit légèrement les jambes, prête à attaquer.

- Bons réflexes, Miss Granger… dit gaiement William. Alors, vous ne voulez toujours pas me dire pourquoi ma tante vous a fait intégrer l'ordre ?

- Allez lui demander ! rétorqua Hermione.

Les deux sorciers tournaient en décrivant un arc de cercle, sans se quitter du regard.

- J'ai bien essayé de lui tirer les vers du nez, mais sans succès… Que diriez-vous d'un petit duel, que je juge de votre maîtrise ?

- Honnêtement, je m'en passerai bien. Il se fait tard, et j'ai vraiment envie de gagner mon lit, répondit calmement Hermione

- Ca sera rapide, je vous assure…

- Mais pour qui ? demanda ironiquement Hermione.

William sourit et agita sa baguette. Un jet de lumière rouge fusa en direction de la gryffondor.

« Puisque je n'ai pas le choix… » pensa la gryffondor en faisant un mouvement souple de poignet.

Il était près de dix heures du soir, et elle était fatiguée. Elle était déterminée à expédier le combat, puisqu'elle ne pouvait pas l'éviter. Et ce ne serait pas en sa défaveur…


Voilà ! La suite mercredi !

Bises,

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