Auteur: Bel Uriel Disreali
Disclaimer: Les personnages de Bleach ne sont pas ma propriété... *Récite Béli sur un ton monocorde* Bon, maintenant je peux avoir une chance d'avoir une réponse pour ma demande?
Couple: Bya/Ren
NOTE: J'avais un rendez vous d'affaire avec la Ponctualité... T.T Mais elle m'a posé un lapin... Gomen pour le retard, elle m'a refilé son collège " à la bourre" à la place, il a fallut que l'on discute des retouches pour ce chapitre. D'ailleurs, il ne faudra pas me brûler si les presos sont un peu OOC... Non, la vérité, c'est que ma bêta Lily est partit pour les concours... ( Béli abandonné de tous! T.T) Et que j'ai hérité de M. Lapin... Qui est un... Ah tiens! M. Lapin! Justement, je parlais de toi! Géniale comme bêta! Et que j'ai eut des soucis pour mettre ce chapitre...
T.T Dans la série pas doué: Je viens de tuer la clé USB sur laquelle se trouvait le chapitre, donc j'ai dû tout recorriger... Pour info, ce chapitre est en deux parties! La deuxième est en court de correction et j'ai bon espoir de le publier la semaine prochaine ( si je ne tue pas mon ordi) Il est angts celui-là, mais plus on les aime, plus on les fait souffrir! Chacun son tour! Allez, je vous laisse! Bonne lecture!
NOTE 2: J'ai passé la barre des 100 reviews...
*_* Pour la peine, je vous livrerais un bonus! Un petit chapitre de ma bêtise qui ne sers à rien!
MERCI DE VOS REVIEWS!
Résumé: Je m'étais promis de ne plus jamais me fier aux apparences, je m'étais promis de me battre pour mes convictions et ceux que j'aime! Mais que faire, lorsque les fils du destin nous tirent comme un pantin de bois jusqu'à la fin? Que faire… Lorsque tout est déjà écrit?
Il fut écrit...
Partie I Ce qui nous lie.
Chapitre XXXVI: Dernière épreuve (Partie I)
L'intendante se figea et tenta de se composer un sourire lorsqu'une main la tira fermement. Puis son regard tomba dans celui de son cadet...
- Où est-il?
Silence.
- Mokona, où est Renji?
Sa bonne volonté lui donna la force de parler sans que sa voix ne tremble.
- Qui a t-il Byakuya-sama?
Il fronça un sourcil, ne voulant pas entrer dans son jeu.
- Ne me fais pas me répéter.
L'expression de Mokona tiqua.
- Je ne vois pas de quoi il s'agit...
Fit-elle avec calme, sa main trembla. Sa remarque sonna fausse, son sourire sonnait faux, son attitude aussi. Il n'avait pas la force d'assumer encore ce jeu absurde et elle le savait, elle le voyait.
- Mokona.
Devait-il s'abaisser à ça? L'inflexion de sa voix l'ébranla, elle craqua et baissa les yeux, blêmissant instantanément. La colère semblait sur le point de le tenir, il posa son regard sur elle, attendant sa réaction.
- Mokona réponds-moi.
L'ordre ne pouvait être plus clair, et son silence en fut doublement plus éloquent. Que se passait-il? Que pouvait-il y avoir de si grave pour que même Mokona refuse de lui répondre! Le Conseil ne lui avait rien dit, personne ne lui avait soufflé quoique ce soit! Une peur profonde et insidieuse coula dans ses veines.
- Qui t'a interdit de me répondre?
Elle sursauta, prise au dépourvu, ne s'attendant pas à ce qu'il comprenne aussi vite. Byakuya réfléchissait, calculait en essayant de rester le plus calme possible.
- Qui t'a donné l'ordre de venir me chercher à la réunion?
Nouveau silence, il plissa les yeux. Si quelque chose était arrivé à Renji il devait être la première personne alertée! Alors pourquoi? Pourquoi ne disait-elle rien, pourquoi s'inclinait-elle de cette façon?
- Pardonnez-moi.
Son cœur manqua un battement... Que devait-il lui pardonner? L'alarme sonna en lui, le tétanisant même. La Chambre, c'était la Chambre : il n'y avait qu'elle pour donner des ordres à l'intendante allant à l'encontre des siennes.
Il dépassa la femme sans la regarder, le cœur battant à tout rompre, les mains brutalement moites et la panique montant en une vague continue dans ses entrailles. Il lui était arrivé quelque chose, Renji n'était pas indemne au point que la Chambre avait jugé bon d'interdire qu'on l'informe!
Pas une seconde son esprit n'avait songé, relevé le fait qu'il n'était pas visible... Comme si une chape de plomb s'était posée sur sa raison, il avait brutalement omis le roux. Son premier réflexe avait été de faire protéger Rukia. Il se dirigea sous l'attention de quelques domestiques surprit, vers la salle de réunion officielle. Ce doutant qu'il tomberait en pleine réunion, sans cérémonie ni annonce, il poussa de toute ses forces le battant de la porte la faisant claquer, tentant de reprendre un peu de tenu.
Devant lui, le cercle des femmes accueillit son entrée fracassante. Bien évidemment personne ne savait qu'à ce moment précis la Chambre des mères était en réunion, voulant demander des comptes à l'instance présente, il n'espérait pas tomber sur elle, le silence tomba. Subane ferma les yeux, pâle. Elle serra ses mains jusqu'à les blanchir alors qu'elle continuait de scruter la table.
Le noble se redressa, il ne pouvait rien exiger. Mais la colère grondait en lui, gonflant sa poitrine, brulant ses veines.
- Il me semble que votre venue n'a pas été annoncée.
Leur aînée était loin du ton amical qu'elle avait eu lors de l'intervention du roux. De toutes, c'était celle qui se tenait le plus droit et qui gardait une expression des plus impassibles.
- Byakuya-sama.
Mokona surgit avec du retard, elle hésita sous le regard méprisant que lui jetèrent certaines.
- Cet enfant a définitivement pris des plis de ton caractère, Mokona. Assure-toi à l'avenir que ce genre d'incident ne se reproduise plus.
Agira Kuchiki avait de nouveau élevé la voix, Mokona baissa les yeux. Alors on allait simplement le congédié, le renvoyé sans même lui accorder un regard ?
- Où est-il?
La demande résonna dans la pièce.
- Ne suis-je pas le plus concerné? Où est Renji?
Il n'arrivait pas à masquer son émotion, l'accusation tomba à plat. Mokona n'osa pas bouger pour le tirer hors de la pièce, elle lui jeta un regard suppliant.
- Byakuya-sama est quelque peu bouleversé... Il... Que la Chambre ne s'offusque pas.
Souffla-t-elle en s'avançant.
- Reste à ta place Mokona.
Cingla la voix autoritaire de l'aînée de la chambre et elle recula sous l'injonction qui blessa le brun. Le chef de clan se retrouvait face à la Chambre. Agira continuait de le scruter froidement.
- Pour la dernière fois, je vous demande de quitter les lieux.
- N'ai-je pas le droit de savoir où se trouve celui que j'ai moi même choisi?
Il tremblait, conscient de paraître purement puéril.
- Le droit.
Cette remarque cingla à vif le brun.
- Il n'est pas ici question de droit Byakuya-san. Mais de devoir... Ce n'est pas mon rôle mais je me trouve dans l'obligation évidente de vous rappeler ce fait. Et votre devoir se trouve dans votre statut de chef de clan! Ne l'oubliez pas.
Il tiqua.
- Votre devoir n'est sans doute pas de pousser des jérémiades indignes auprès de votre entourage alors que le sang de votre clan s'est vu versé sur son propre sol.
Le chef de clan pâlit dangereusement.
- Le sang de votre propre mère!
La colère grondait sous le reproche, alors que le brun posait les yeux sur elle. Subane était livide, le bandage était tout juste caché sous son col.
- Où étiez-vous? Lorsqu'on saignait ainsi l'un des calices les plus importants du clan.
La voix s'éleva brutalement. L'accusation le heurta de plein fouet.
- La Chambre ne vous doit rien, à l'opposé de tous ces devoirs que vous avez omis d'accomplir!
- Il suffit! S'insurgea la noble en élevant la voix.
Subane frappa la table de ses deux mains, changeant l'atmosphère, surprenant tout le monde par son interruption. Elle s'était levée pour la couper.
- Mon fils a fait ce qu'il avait à faire.
Elle se redressa.
- Agira, cet emportement ne vous ressemble pas et n'est pas digne de l'exemple que vous avez à nous donner.
Le silence fut de nouveau lourd.
- Ce n'est plus le temps des reproches, mais celui de rechercher l'auteur de cet acte innommable.
Elle ferma les yeux pour ne pas le voir, ne supportant pas qu'il soit ici. Son fils qu'elle venait de blesser mortellement de nouveau ne s'en remettrait pas.
- La Chambre n'a pas à statuer sur le comportement du chef de clan à moins d'avoir été saisie par le Conseil, ce qui n'est pas le cas. Je ne tolèrerai pas qu'il soit ainsi rabaissé !
Mokona en profita pour se rapprocher de Byakuya, l'attraper par son bras et l'entraîner hors de porter du conflit qui risquait d'éclater sous ses yeux. On ne lui avait rien dit...
L'engourdissement gagna brutalement son corps. Sa propre mère avait été blessée et on ne l'en avait même pas averti! Et lui ? Que lui était-il arrivé ?
- La Chambre demeurera-t-elle dans le silence?
Rauque la voix du noble n'était pas loin de se briser, son interrogation ébranla la pièce. Il écarta Mokona inconsciemment.
- La Chambre n'a pas à te répondre.
Subane lui fit face, tranchant net la discussion.
- Cela n'a jamais été le cas et ne le sera jamais.
Cela eut un impact considérable que ce soit elle qui prononce ces quelques mots, il ferma les yeux comme si elle venait de le gifler. Mort. Se pourrait-il que le roux ne fut plus de ce monde?
- Où est-il?
Juste un murmure alors que son monde interne commençait à sombrer. Sans surprise la réponse fut un autre silence, les autres femmes baissèrent la tête. Une façon de l'éconduire déconcertante et rageante ! Le vertige lui fit de nouveau fermer les yeux, puis les rouvrir sur cette réalité... Son cœur se serra, alors qu'un voile d'engourdissement semblait recouvrir la moindre de ses perceptions. Il vacilla plus qu'il ne se dirigea vers la porte.
On ne lui dirait rien. Cela ne le concernait plus en avait sans doute jugé la Chambre. Que Renji ne soit plus présent, enlevé ou mort ne devait pas avoir la moindre importance par rapport au fait que le clan tout entier était menacé. Il était le chef du clan Kuchiki, bien avant d'être capitaine, bien avant d'être un homme. Ce fardeau le fit poser la main sur le chambranle de la porte, il ouvrit lentement celle-ci tout en tentant de rester le plus impassible possible. Il s'était déjà heurté à ce monde insensible lorsque Hisana avait finit par s'éteindre, ce clan qui l'avait tant accusé de se laisser aller à son chagrin, venait de lui arracher un autre souffle de vie.
C'est presque sans force qu'il referma la porte, incapable de tenir plus longtemps Subane se laissa de nouveau tomber à sa place, serrant les poings jusqu'au sang pour retenir le hurlement de désespoir dans le fond de sa gorge. Elle n'osait même plus respirer, un voile opaque tomba sur son regard, elle n'osait plus fixer la place désormais vide qu'il avait laissé. Dieu lui en soit témoin, elle aurait voulut être à la place du roux !
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N'avait-elle pas fait jurer au roux de ne jamais le briser ? Ne pouvant plus retenir le chagrin qui la brisait de l'intérieur, elle porta ses mains à son visage, se repliant sur elle-même alors qu'elle pliait sous la culpabilité. Les larmes perlèrent...
Malgré les apparences, ce chagrin qui la frappait n'était pas isolé, toutes les femmes présentes se voutèrent ou presque. Le clan survivrait-il à cette disparition si prématurée ? Il fallait être aveugle pour ne pas se rendre compte à quel point ce nouveau coup ébranlait le chef de clan. Le noble dépasserait-il cette nouvelle épreuve ? Ou le clan allait-il se retrouver de nouveau orphelin de l'un de ses plus grands chefs.
L'angoisse le tétanisa, l'hébétude le piégeait. Cela ne pouvait pas se passer ainsi. Byakuya respira douloureusement, reportant son attention sur les murs. Renji ne pouvait pas être…
Il fit quelques pas déstabilisé, sa main poussa la première porte venue...
On ne voulait rien lui dire ? Très bien ! Il le trouverait ! Quitte à fouiller de fond en comble la moindre pièce du manoir, à arpenter le moindre bâtiment du domaine ! Et si cela ne suffisait pas, il retournerait le Seireitei, des bas fonds du Rukongaï jusqu'au plus petit placard du Gotei! Méthodiquement, il fit toutes les chambres de l'aile dans laquelle il se trouvait. Au fur et à mesure des portes poussées, la certitude et le remord se mirent à grandir. Renji n'était pas là... Il n'était même pas au manoir ! Lors de la soirée, il avait tenté de se convaincre qu'il était sans doute retenu par Mokona. Une voix alarmante lui avait dit clairement ce qu'il avait ressentit en entrant dans le manoir mais qu'il avait écarté. Il n'y avait même pas trace de son reiatsu. Cette force si particulière qui l'enveloppait dès qu'il pénétrait dans une pièce, cet étau qui l'enserrait lorsque le regard du roux tombait sur sa nuque, cette chaleur qui le brulait lorsque Abaraï le frôlait. Sa main se crispa sur la porte qu'il s'apprêtait à ouvrir, douloureusement conscient de cette absence mordante. Sa vision se troubla...
Se pourrait-il qu'il ne l'ait même pas ressenti s'éteindre?
A cette idée tout son corps protesta, le sang reflua, le laissant livide..
Le domaine Kuchiki était immense, il ferma les yeux pour ne plus réfléchir et se dirigea vers la prochaine porte. Il y avait tant de lieux où il pouvait être… et ne pas être.
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...
Un souffle, le sien souleva un petit nuage alors qu'il chassait de sa vue, l'une des tresses trempées. Une rosée insidieuse venait de le surprendre, son pied glissa sur le sentier humide et il dû se rattraper à un arbre pour prendre une nouvelle respiration.
Le noble y appuya son dos, salissant par la même occasion sa tenue, il porta la main à son cou, sous sa peau il pouvait sentir battre fébrilement le sang dans ses veines. A cela il fallait sans doute ajouter le froid implacable avant coureur d'une prochaine défaillance. Il lui sembla entendre la voix de Renji lui disant que les trop fortes émotions déclenchaient ces crises. Il eut un sourire sardonique pour lui même...
Byakuya n'avait plus la force... Son esprit s'embrouillait, le doute le déchirait à chaque pas fait en un sens. Et ce silence, ce profond silence de la Chambre qui semblait faire écho à l'absence cuisante du roux, finissait par l'assommer. Il avait tant lutté, il s'était tant battu pour le roux, contre lui, pour admettre tout ce qui se passait en lui, à cause de lui. Il tenta de mettre sur le dos de la fatigue la plainte qui passa ses lèvres lorsqu'il se redressa. Il avait fait à peine un cinquième du domaine qu'une douleur sourde courut dans son torse.
Renji n'était pas là non plus. Renji... Rukia... Hisana.
Il écarquilla les yeux en serrant la mâchoire pour faire taire la souffrance alors qu'il serrait son col. La douleur reflua à peine mais se desserra pour le laisser respirer, sa main en chassant l'eau de la rosée sur sa peau finit d'ôter le reste de maquillage que Mokona avait utilisé, et défit un peu plus la coiffure. Il vacilla pour de bon en s'écartant de l'arbre, il releva son regard dans la pénombre qui commençait juste à s'éclaircir. Le jour n'allait pas tarder à se lever sur une nuit de vaine recherche. L'attendait-on sagement au manoir ?
Mokona avait-elle préparé ce satané bain, allait-elle lui laver doucement les cheveux en le grondant de son impulsivité? Allait-elle lui faire la morale en le traitant d'enfant gâté?
Pour finalement le sécher avec sa douceur habituelle et le rassurer que demain tout rentrerait dans l'ordre, que tout ceci n'était qu'un cauchemar...
Son pas s'arrêta, c'est presque sans surprise qu'il vit surgir de l'ombre une silhouette. Depuis combien de temps le suivait-elle? Son souffle rauque fut la seule chose qui brisa l'air...
Yoruichi baissa le regard, serrant le poing. Un tic agita la joue du brun, sa main trembla alors que de nouveau l'étau de l'amertume serrait sa gorge.
- Il est à la quatrième.
Ces quelques mots mirent une éternité à parvenir à sa conscience, le noble avait entendu sans comprendre. Une inspiration salvatrice passa dans ses poumons, sans pourtant être du soulagement. Était-il si pitoyable que ça? Son spectacle devait être des plus absurdes et abjects pour qu'elle se décide à lui livrer ainsi la réponse à son tourment.
Il l'aimait. Toute sa personne à cette seconde précise le criait, il était éperdument attaché à lui, et il serait sans doute aller jusqu'à déambuler dans les rues du Rukongaï dans cet état pour le retrouver. Yoruichi en avait-elle eu pitié?
- Je suis désolée.
Ces mots ne l'atteignirent même pas lorsqu'il la dépassa, il se fichait de ce qu'on pouvait lui dire.
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Hanataro se frotta les yeux, gêné de se rendre compte qu'il s'était endormit en pleine garde, craignant de s'attirer les foudres de son supérieur, bien que leur capitaine avait elle-même posé la couverture sur ses épaules. Plein de remords, il entreprit de se faire pardonné en desservant les plateaux... Il se figea net, les couverts lui échappèrent alors qu'il écarquillait les yeux. La silhouette passa sans même lui accorder un regard, le bruit de pas résonna dans le couloir, les shinigami qui eurent l'occasion de la croiser en restèrent silencieux. Encore trempé, sa tenue était froissée par endroit, sa démarche lente était plus due au brouillard qui l'enveloppait encore qu'à une véritable réflexion. Le noble se fichait que sa coiffure ne soit plus qu'un désastre, il devait être méconnaissable. A peine un peu plus rassurer, il ressentait la présence étouffée du reiatsu de son lieutenant. Son corps trembla, peut-être de froid, ou encore du manque. Isane leva les yeux de son dossier et suivit son avancée sans même songer à le retenir. Il n'avait pas besoin de demander, c'est naturellement qu'il se dirigea vers l'une des chambres les plus éloignées, celles réservées au cas d'urgence. Tout d'un coup la force le déserta, derrière cette porte se trouvait le roux. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui allait se passer par la suite, l'angoisse lui noua la gorge.
Hisana...
Ce visage pâle, ce mince sourire qu'elle avait voulu garder jusqu'à la fin et qui c'était effacé radicalement pour laisser une expression des plus neutres et vides. La façon dont les couleurs, comme son souffle, s'étaient évadés aussi éphémères qu'une étincelle. Il rouvrit les yeux sur la porte, c'est sans doute la chose la plus difficile qu'il ait jamais eu à faire depuis plus de cinquante ans. Ouvrir cette porte, la faire basculer pour faire face à son destin, non pour faire face au destin qui allait de nouveau lui ravir la chose la plus chère à ses yeux.
Hisana...
Il avait cru qu'il mourrait avec elle, il avait été frappé, abasourdi même de cette simplicité avec laquelle sa main lui avait échappée. Hébété que le sol ne se soit pas dérobé sous lui, que la foudre ne l'ai pas frappé. Seul...
Renji...
C'est avec une simplicité douloureuse qu'il ouvrit cette porte qui ne résista pas du tout. La bulle ne dura qu'une fraction de seconde, tout d'un coup il fut agressé par le bruit du moniteur fou qui dansait au rythme erratique de celui dont il était sensé confirmer l'existence. La lumière réverbérée par les murs blancs lui blessa les yeux, l'odeur le saisit et lui souleva le cœur.
Renji...
La surprise marqua ses traits, son regard se fixa sur une personne déjà présente. Le noble lui faisait face pour la première depuis son départ, son cœur s'affola dans sa poitrine lorsqu'il vit que Rukia se tenait à son chevet, pâle... Soutenu par Kurosaki.
Il était donc le seul. Le seul à ignorer l'état du roux, on avait jugé très secondaire de le prévenir. On l'avait écarté d'office, préférant appeler à son chevet ses deux amis...
Renji...
Les mains de Rukia se crispèrent sur les draps qu'elle tenait, son regard tomba sur celui qui venait d'ouvrir la porte, ses pupilles se dilatèrent. Il était là, debout... Muet visiblement de stupéfaction. Un tic de colère furieux agita les traits de la jeune femme, une flambée de haine lui prit la gorge, l'étrangla ! Il osait venir ! Il osait se présenter dans cette chambre ! Après... Après tout ce qu'il s'était passé ! Tout ce qui s'était produit ! La pression spirituelle de la shinigami changea brutalement, Ichigo fronça les sourcils.
«Comment ? Comment pouvait-il ? Comment ! A cause de lui !»
C'est presque vacillant que le noble fit un pas, profondément touché de l'expression de sa sœur. Rukia ?
- C'EST TA FAUTE !
La seule chose qu'elle put articuler, non ce fut la seule chose qu'elle put exprimer en hurlant. N'avait-il pas fait assez de mal ? Ichigo la rattrapa, la serrant contre lui comme s'il avait craint qu'elle ne lui saute à la gorge. Rukia était devenue une boule de nerfs, elle se mordit la lèvre jusqu'au sang en étouffant le cri de rage qui lui venait. Comment osait-il paraître, alors que tout le clan continuait de fêter comme si le roux n'était pas entre la vie et la mort ! Elle ferma les yeux pour ne pas pleurer. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que le noble sème ainsi autour de lui le désespoir et la souffrance? Pourquoi ne s'enfermait-il pas pour de bon dans son monde et laissait en paix tous ceux auxquels elle tenait !
"Qu'il aille au diable ! Tous ! Lui et son maudit clan ! Lui et toute la noblesse du Sereitei ! Et ses codes et son protocole et son honneur ! Elle n'en voulait plus ! Qu'il aille en enfer !"
La haine qui brûlait dans les prunelles de sa sœur le vida du peu de contenance qu'il lui restait.
- L'AMOUR DU CLAN N'IRA JAMAIS PLUS LOIN QUE CELUI DE TON PROPRE SANG! QU'ILS MEURENT DONC POUR LEURS CONVICTIONS DE NOBLE!
Les bras d'Ichigo se crispèrent autour d'elle, jusqu'à lui faire mal. Elle hoqueta en respirant lourdement, incapable de se contrôler. Le monde intérieur du brun s'écroula net, une obscurité profonde que Senbonzakura tenta d'écarter.
C'est ce que Rukia pensait de lui.
Son regard tomba sur les draps, remonta lentement le long de la silhouette, il inspira pour accuser le coup.
- Silence!
Le shinigami remplaçant siffla très bas, furieux. Intimant l'ordre de se taire à celle qu'il tenait.
- Arrête Rukia! Calme toi bon sang!
Elle prit brutalement conscience de ces bras, de cette force qui la tenait, du brun en face d'elle. De la lividité qui gagnait aussi surprenant que se fut le noble. Elle eut juste un relent de nausée pour lequel elle porta la main à ses lèvres. Sous leurs yeux, le capitaine de la sixième division, le chef du clan Kuchiki finissait de s'éteindre.
- Kuchiki-dono.
La voix les fit sursauter, avertie par son fukutaïcho, la capitaine de la quatrième pénétra dans la pièce. Elle était contrariée.
- Vous ne devriez pas vous trouver ici.
Son sourire aux lèvres, elle fronça les sourcils se jurant d'avoir une discussion approfondit avec la personne qui avait dirigé le noble.
- Votre présence... est malheureusement importune, j'ignore qui vous a averti, mais sachez qu'à la vue de votre propre état, vous ne pouvez nullement demeurer ici.
Elle avait soufflé très bas sa remarque, voulant refouler au plus vite le noble. Il ne devait absolument pas demeurer dans les parages ; Abaraï étant sensé l'équilibrer, elle n'avait pas la moindre mesure de l'impact qu'aurait l'état de celui-ci sur le brun. Renji servait avant tout de contre poids à l'instabilité du chef de clan, si Abaraï venait à décliner et que Byakuya fut dans les parages… Si jamais le Kuchiki venait à faire une crise, elle n'était pas en mesure de le gérer, et encore moins de le sauver si il advenait qu'il s'emballe.
Il ne savait pas... Byakuya ne savait pas ! Ichigo ouvrit de grands yeux, relâchant par inadvertance Rukia. On lui avait caché le fait que Renji était aussi grièvement blessé !
La capitaine fit un mouvement pour le repousser gentiment, avec compréhension.
- Votre équilibre... Vous devez rester hors de portée, par mesure de précaution vous comprenez?
Non, il ne comprenait pas, il ne pouvait pas comprendre pourquoi on lui refusait ça. Pourquoi on lui avait caché ça. Pourquoi le monde s'acharnait à l'étouffer?
- Kuchiki-dono...
Était-ce trop demander?
- Vous devez...
Les mots moururent sur les lèvres de l'autre capitaine, suspendu à la moindre réaction qu'il aurait.
-Je... La voix du noble était brisé.
Le moniteur poursuivait son irrégularité.
- Juste... Un murmure qui semblait lui prendre le peu de force qui lui restait.
Allait-elle, elle aussi le refouler comme l'avait fait la Chambre? Unohana avait déjà eu à de nombreuses reprises l'occasion de faire face à des situations difficiles, prendre des décisions drastiques, mais là…
- Rester. Le mot se dessina plus sur ses lèvres qu'il ne porta vraiment.
Raisonnable, elle se devait d'être raisonnable. D'écarter au maximum les risques, de penser au bien de son patient.
- Retsu.
Ce n'était qu'une demande.
Il n'aurait même pas lutté si elle l'avait repoussé de nouveau, il n'avait plus la notion de rien. C'est par pur réflexe que son corps tenait encore debout. C'est par réflexe que ses prunelles s'étaient voilées, alors qu'une fine goutte de rosée traçait un sillon le long de sa tempe. Vide. Aussi vide que l'avait laissé la disparition de son épouse.
Unohana arrêta de sourire, baissant le regard. La Haties qui avait été utilisé pour le transpercer était une arme bien mythique du point de vue de l'histoire des assassins. Le poison dont la lame était enduite était l'un des plus virulents ! Unohana avait eut du mal à le soigner... Elle n'avait rien pu faire sur place. Puis une fois arrivé à la quatrième elle avait dû l'opérer d'urgence pour lui ôter un rein. Ce poison s'attaquait directement aux organes. Il lui avait été des plus difficile pour stabiliser son état, se retrouvant dans l'obligation de recourir au laboratoire de la douzième dans l'espoir de trouver la composition. Le poison circulait dans ses veines, il continuait de s'attaquer aux entrailles du roux... Son pronostic lui apparaissait avec de moins en moins de doute.
Qui était-elle pour lui refuser pareille demande? Doucement elle s'écarta de sa route, pliant à la demande. Tout aussi précautionneusement, le brun passa la distance qui le séparait du seul siège qui restait dans la pièce où il se laissa choir. C'était si simple, si simple de se laisser tomber, ses épaules se voutèrent, Byakuya n'eut même pas la force de lever son attention sur les deux témoins qui restaient. Ichigo serra la mâchoire, avisant l'état du noble... Il avait devant lui un homme effondré, brisé. Le Kuchiki était tout juste l'ombre de lui-même et cela lui fit profondément mal. Quel genre de noblesse y avait-il à lui cacher une telle nouvelle?
Rukia quitta les lieux, elle ne pouvait pas se retrouver dans la même pièce que lui. Ichigo préféra la suivre, il referma doucement la porte.
- Rukia!
Elle se figea.
- Emmène-moi chez Ukitake.
Elle lui fit face sans comprendre.
- Conduis-moi à ses appartements ! C'est ton capitaine, il est le seul à pouvoir nous aider dans l'état actuel des choses.
Elle était mentalement épuisée, perdue même. Il la secoua.
- C'est notre seul chance de sauver Renji!
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Immobile, douloureusement immobile le brun entendait dans un brouillard le bruit du moniteur. Tout lui parût simple, si facile... Il n'avait plus qu'à fermer les yeux ici et maintenant. Les fermer pour ne plus jamais les ouvrir. Cela mit un certain temps, alors qu'une journée radieuse brûlait avec les rayons de soleil l'averse importune, le bip devint à peine moins irrégulier. Un goût salé empli ses lèvres, lui qui pensait que l'eau qui continuait de ruisseler sur sa peau était due à la rosée. Il n'eut pas la force d'effacer de ses traits les sillons...
Elle avait les traits tirés, mais son pas restait vif et alerte ; elle poussa la porte de la quatrième division. Jamais on ne vit autant un domestique de la haute noblesse faire la navette entre le Gotei 13 et le domaine des nobles. Unohana lui adressa un sourire, les deux femmes échangèrent tout juste un regard, puis Mokona se dirigea vers la chambre.
Cinq jours, voilà cinq jours qu'elle allait et venait.
Elle poussa la porte et se glissa dans la chambre, il n'avait que peu bougé et il ignora son arrivée.
- Byakuya-sama.
L'état du roux ne s'était pas dégradé, il avait fallut tout juste deux heures de plus pour percer le secret de la Haties, on lui avait injecté l'antidote, il était maintenant sous respirateur. Byakuya eut un mouvement qui lui prouva qu'il n'était pas assoupi.
- Byakuya-sama.
Un regard froid et vide croisa le sien, elle se rapprocha de lui.
- Vous ne pouvez pas rester indéfiniment ici... Le Conseil...
- Au diable le Conseil !
Qu'on ne vienne pas lui parler de responsabilités ! Les cernes creusaient son visage et contrastaient sur sa peau.
- La Chambre...
Il se leva, elle recula par réflexe.
- La Chambre ! La Chambre ! Encore la Chambre !
Il avait encore la force de s'énerver.
- Fais parvenir à la Chambre mes meilleurs vœux ! Qu'elle se trouve un chef de clan à sa hauteur !
- Songez à la déconvenue... Byakuya-sama… Le clan…
Sa phrase mourut alors qu'elle le voyait vaciller en portant la main à sa gorge. Elle le soutint, il la repoussa brutalement.
- Vas-t'en !
Elle tressaillit, se figea.
- Je ne peux plus Mokona !
Il respira en fermant les yeux.
- De toute façon, le clan n'attend que ça, n'est-ce pas? Il n'a cessé de me reprocher mon mariage avec Hisana, il l'a regardé s'aliter, il n'a même pas fait semblant de s'endeuiller à sa mort ! Et aujourd'hui il se fiche encore plus de Renji et de moi! N'est nulle crainte Mokona, je ne ramènerai pas cette honte avec moi, celle-ci je la garde! Le clan n'aura plus à subir mon autorité, ni ma déchéance.
Elle aurait voulu le tirer hors de cet enfer, il ne mangeait pas, dormait plus.
- Kuchiki-dono! Cette attitude n'est...
- Pas digne d'un chef de clan !
Coupa t-il amer, virulent. L'intendante reprit.
- Il va de soi que le clan tout entier vous soutient dans cette épreuve. Mais...
Un rire sec résonna, c'était la première fois qu'elle l'entendait rire ainsi, il y avait quelque chose d'horriblement grinçant.
- Cesse ces simagrées... Je n'ai pas besoin de ta pitié Mokona... Tu n'as jamais pu le voir, tu ne le supportes pas, pas plus que ne le supporte le reste du clan! Le clan...
Le souffle sembla lui manquer.
- Le clan se fiche que son sang soit répandu... Renji n'est rien pour le clan... Il ne sera jamais rien à part une erreur de plus de ma part... Et ça...
Il serra convulsivement son vêtement.
- Ça je ne saurais l'admettre...
Sa voix se brisa.
- Va donc le dire au clan !
Une douceur lui tomba sur les épaules, l'étreinte lui noua la gorge, il ferma les yeux refoulant l'émotion. Il le perdait, il était en train de perdre le roux, il était de nouveau totalement impuissant. Il enfouit le visage contre elle.
- S'il mourrait...
- Il suffit...
- Mokona...
- Ce n'est pas une histoire de sang, ni de rang. Il suffit qu'il compte à vos yeux pour qu'il soit un être cher pour tout le clan.
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L'alarme du Sereitei se mit à sonner. Le noble resta impassible, qu'il y ait des intrus ne le concernait pas. Il y eut un bruit de cavalcade, de portes claquées, Unohana fut elle même surprise de voir passer ces nouveaux venu en pleine santé.
Le noble leva un sourcil alors qu'on défonçait la porte, prit au dépourvu part ceux qui venait de surgir.
- Kurosaki-san ! Pose-moi ! J'ai mal au cœur !
Enfin le shinigami remplaçant accéda à la requête. Encore en pyjama totalement décoiffée, son fardeau vacilla sur ses jambes, il dut le soutenir. Il avait eut recours au capitaine de la treizième dans le but d'ouvrir un portail. A cause de son statut, le Soutaicho avait exigé qu'il ne remette pas les pieds sur terre avant d'avoir obtenu l'examen ; il avait dérogé à la règle en allant récupérer Inoue : elle seule pouvait à l'heure actuelle soigner le roux. Elle n'avait pas compris grand chose lorsque la porte s'était ouverte dans son salon et qu'au beau milieu d'un rêve, on l'avait littéralement arrachée de son lit pour l'emporter sans procès au magasin d'Urahara, où un autre portail devait être ouvert pour permettre à Ichigo de la ramener. En route, il avait dû accepter Sado et Ishida, qui alertés de ressentir sa pression spirituelle s'étaient eux aussi précipités chez Urahara.
Encore essoufflé de sa course et n'ayant pas obtenu d'autorisation pour sa sortie, il avait dû forcer le passage ne voulant pas se discuter avec Yamamoto.
- Kurosaki-san!
Inoue était au bord de l'évanouissement, la plainte résonna alors que le quincy refermait la porte.
- Maintenant explique nous pourquoi il a fallut qu'on force les portes pour entrer au Sereitei ?
Le quincy remonta ses lunettes en interrogeant Kurosaki, Inoue ouvrit de grands yeux et se jeta au chevet du malade.
- Renji-kun !
Ichigo soupira.
- Il a été empoisonné. Pourrais-tu faire quelque chose pour son cas, Inoue?
- Tu veux dire qu'on a fait tout ce chemin parce que cet idiot s'est fait empoisonné? ( Ishida)
Un tic agita la joue de l'adolescent brun qui dans un geste habituel remonta encore ses lunettes, tout en avisant le fukutaïcho inconscient.
- Il suffit de demander à Mayuri l'antidote. Poursuivit Ishida.
- Ce n'est pas un poison de Mayuri. Coupa le shinigami.
- Et puis je t'ai jamais demandé de me suivre moi ! C'est toi qui as décrété que tu devais venir! ( Ichigo)
- Tu es d'une nullité affligeante dans la maîtrise de ton reiatsu, sans moi tu aurais mis deux jours de plus pour te construire un chemin de pression spirituelle assez conséquent pour vous menez Inoue-san et toi à bon port. C'est uniquement pour la protéger de ton incompétence chronique que je suis venu!
Les choses n'avaient pas changée entre lui et le quincy, Kurosaki serra les poings.
- Le seul dont on ignore le motif de sa présence ici, c'est Sado!
Conclut le quincy. Il y eut un blanc, Ichigo fronça les sourcils... Ils se tournèrent vers la porte cherchant la présence du grand métis.
- Merde ! On a perdu Sado !
Il blanchit comme un linge, la porte s'ouvrit de nouveau. Unohana Retsu fit un grand sourire.
- Je me doute du motif de ce remue-ménage Kurosaki-san... Mais je vous prierais à l'avenir de ne plus jamais pénétrer de force dans mes locaux en détruisant une partie de mes bureaux.
Elle se dirigea d'office vers la rousse, penchée sur Abaraï.
- Vous serait-il possible de le soigner.
C'était une question rhétorique, qui semblait être posé juste pour la forme.
- Je ne sais pas... Je n'ai jamais essayé de purger un corps d'un poison.
Reconnut-elle un peu angoissée. Inoue songea à quel point elle avait eut du mal à soigner le roux des blessures infligés par Ulquiorra.
Une nouvelle fois, personne ne le consulta, Kuchiki fut choqué de se voir aussi royalement ignoré. Par réflexe elle porta la main à ses tempes, libérant son bouclier de soin.
- Je ferais mon possible pour le soigner, soyez en sûr Kuchiki-sama.
Pour la première fois on se tourna vers lui, Ishida sursauta alors qu'Ichigo défonçait la porte.
- Où tu vas?
Le quincy le suivit alors qu'il criait.
- J'ai cours moi ! Essaye de retrouver Chad! On se donne rendez-vous chez Ganju !
Finalement Kurosaki y était arrivé. Le noble retomba dans son siège, ce fléau était de nouveau intervenu, et il se pourrait bien qu'il l'ait sauvé à sa manière.
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Il ne sut pas pourquoi mais il eut la conscience cuisante qu'il était allongé. Zabimaru lui siffla quelque chose qu'il n'arrivait pas à comprendre.
« Fainéant, debout, retard... Fait attendre...»
Il inspira, se redressa catastrophé. Mokona allait le tuer !
- MERDE ! J'SUIS EN RETARD !
Il ouvrit grands les yeux cherchant l'horloge, il fit le premier geste pour se tirer du lit tout en repoussant les draps. Son attention se porta sur le shinigami remplaçant, il lui fallut une minute pour saisir qu'il n'était pas dans sa chambre. Il fixa Rukia, Ikkaku qui se tapait le ventre et Yumichika qui avait l'air amusé.
- Et bien, et bien! Je n'imaginais pas que tu sois aussi consciencieux dans ton travail, Renji.
Le paon rejeta ses cheveux en arrière, alors que le roux se renfrognait.
- Qu'est ce que vous fichez ic...
La fin de sa phrase fut coupée par le bruit caractéristique du sommet de son crâne heurtant de plein fouet la surface du poing serré de son amie.
- TOI !
Le grondement le fit se tasser profondément sur place, il recula dans l'optique de se jeter hors du lit si elle relevait ses manches.
- Rukia ! Mais ça fait vraiment mal !
- La prochaine fois, c'est moi qui te tue !
Il y eut un autre flash, lui faisant comprendre qu'il n'avait pas entendu le premier Yumichika secoua le négatif pour le faire sécher.
- J'immortalise le moment. J'arrive pas à croire que tu es battu ton record, presque une semaine inconscient !
- On peut partir maintenant ?
Demanda Ikkaku qui commençait à s'ennuyer vraiment. N'arrivant pas à croire que le Paon est réussi à le traîner et le garder jusque là.
- Pas encore, j'aimerais avoir un cliché de Kuchiki-san frappant Renji sur la tête. Tu as été trop rapide, tu veux bien le refaire encore une fois?
- Tu sais où tu peux te les mettre tes photos! Pauvre...
VLAM ! Flash ! (bruit de photo)
- AÏE ! RUKIA ! RUK... (Bruit d'étranglement)
- Change de vocabulaire pauvre blatte! Il y a de chastes oreilles dans cette pièce!
- Tu déconnes ? Toi ? Chaste ? Ça fait maaaal, mon couuuu...
Ichigo arracha Rukia de sa prise sur l'autre shinigami qui se mit à renifler.
- Nous allons avoir une trèèèèès longue discussion Renji!
Confia-t-elle. Il sursauta.
- Kuchiki-dono ? Rukia ! Comment va-t-elle ?
- De qui tu parles ? S'enquit l'autre roux.
- Mère... Va bien.
La voix le fit se tourner, les shinigami présents ne se consultèrent pas plus et décidèrent de leur laisser leur intimité. Rukia tiqua un peu, son regard n'osa pas se lever vers l'autre noble. Ichigo fronça de nouveau les sourcils en la suivant de près.
Le Abaraï avisa son aîné, il y eut un silence entre eux alors que chacun se livrait à l'examen de l'autre. Renji aperçut la couverture pliée sur la table à la porter de l'autre et il eut la certitude que celui-ci avait dû s'assoupir. Le noble avait encore les traits marqués, Mokona avait tenté sans succès de lui faire entendre la nécessité de paraître présentable en se coiffant. Sa tenue était d'un négligé qui surprit le roux. Ce premier instant fut douloureux pour son aîné, il avait été profondément ébranlé, perturbé de demeurer ici, mais à la fois soulager d'être là. Byakuya Kuchiki était épuisé, totalement anéanti d'être pris entre l'étau de ses émotions et de ses responsabilités.
- Je...
Une nouvelle fois, dans un schéma habituel se fut son cadet qui brisa la tension.
- Ça va.
Il fallait bien qu'il se mette dans ce genre de situation. Renji se maudit intérieurement, incapable de ne pas se sentir coupable. Il y eut le bruit du froissement d'un tissu lorsque son aîné prit sur lui et se leva enfin, bien décidé cette fois de trancher la discussion.
Les mots tremblèrent derrière ses lèvres, son regard qu'il aurait voulut fixer dans les prunelles de sa moitié lui fit l'affront de se troubler à son tour.
- Je te ferais parvenir tes affaires sous peu.
Renji se redressa.
- Il... vaut mieux annuler le mariage.
Une véritable gifle! Le Abaraï devint pâle.
Alors c'était tout? Il allait franchir cette fichue porte et le laisser là, comme ça, comme ci rien ne s'était passé ? Un tic agita l'expression du roux, qui tentait de trouver un autre écho. Le clan avait donc décidé de le congédier ? Il ne suffisait plus sans doute, il ne s'était pas montré à la hauteur ? Et le noble... Mais pourquoi il se dirigeait vers cette fichue porte ! Et pourquoi cette idiote n'était pas fermée à clé? C'était impossible!
Il y eut cet arrêt, le chef de clan se demanda s'il aurait la force d'aller plus loin lorsque sa main se posa sur la porte. Il valait mieux qu'il se détourne de Renji, avant que lui aussi ne lui tourne le dos... Comme Rukia.
- Je ne veux pas.
Il serrait la couverture.
- Il est hors de question...
Poursuivit Renji, sentant la colère lui brûler la gorge.
- Je ne vous laisserai pas partir.
Un petit rire bref et sec se fit entendre, le souffle quitta et vida les poumons de son aîné, puis Byakuya serra la mâchoire.
- Tu n'as pas le choix Renji.
Le brun se redressa, sa main quitta la porte, il devait faire en sorte que le Abaraï ne s'entête pas. Lui faire comprendre qu'il n'avait aucune chance.
- Vous n'y arriverez pas.
L'assurance dans la voix du roux le déstabilisa alors qu'il lui faisait face.
- C'est donc si facile de faire du mal à ceux qu'on aime?
Demanda victorieusement le roux, un étrange petit sourire aux lèvres.
- Le poison aurait eu raison du peu d'intelligence que tu avais?
Les sourcils froncés, le brun sentit ses mains trembler, pour s'occuper il se dirigea vers la fenêtre et tira les rideaux qu'il serra au passage.
- Il suffit... Abaraï.
- Non.
La simplicité avec laquelle il repoussa les derniers mots était déconcertante, alors que Byakuya ne se sentait plus la force d'être vindicatif.
- Il vaut mieux...
- Je ne veux pas être raisonnable.
Coupa le roux, son sourire souleva le cœur de son aîné, il était en train de se moquer de lui ! Renji jouait avec ses nerfs ! Il... Le noble sentit cette révélation l'offusquer. Il n'avait donc aucun respect pour sa personne !
- Arrête !
L'impulsion se brisa avec sa voix, faisant tressaillir son cadet en le surprenant. Le noble tenta de retrouver le calme qu'il n'avait pas, il se sentait juste malade. Il voulait retourner s'enfermer dans ses appartements, en attendant que la Chambre prononce sa destitution et qu'il soit exilé du clan. Il voulait... Il voulait juste...
Byakuya était fort, assez fort pour ne pas laisser l'émotion se déverser de derrière le mur de ses paupières. Assez fort pour étouffer les tremblements de son corps. Il aurait dû l'être, mais une fois de plus son cadet l'ébranla alors que ses bras se refermaient sur lui.
Il ouvrit les yeux, serrant la mâchoire pour demeurer imperturbable, neutre, froid. Voilà ce qu'il voulait. Cette chaleur, cette présence, cette force contre lui. Il voulait Renji même si tout cela devait passer par l'idée de ne jamais l'avoir. Sa tête alla se poser contre son torse, ses mains - allant à l'encontre de son discours - serrèrent le kimono blanc que portait le roux, il sentit ses jambes céder.
- Tais-toi !
Siffla le brun. Il ne voulait pas l'entendre, juste se laisser aller à cette faiblesse innommable, laisser son âme s'abreuver de son contact. Égoïste, Renji se sentit effroyablement égoïste d'être aussi heureux, ses lèvres allèrent effleurer la tempe du brun qui frissonna violemment.
- Il aurait suffit de dire, ne me quitte pas. Ces quelques mots sont-ils si difficiles?
Le roux murmura doucement à son oreille, l'indignation souleva les entrailles de son aîné. Ne lui avait-il pas intimé l'ordre de se taire? Byakuya suffoquait.
- Silence.
- C'est tellement plus facile de dire non, que d'admettre en disant oui ?
Le brun ferma les yeux, sentant un relent de colère revenir. Le roux était-il obligé de le mettre ainsi face à lui-même? Le noble sursauta violemment en sentant la main se couler sur sa nuque, la serrer et l'obliger quelque part à venir partager le souffle de l'autre.
La force lui vint du sursaut, Byakuya se redressa, posant fermement les mains sur le torse de l'autre pour le repousser, il se sentait furieux !
- Arrête ça immédiatement! Ren...
Le nom mourut, étouffé par la bouche qui se pressa sur ses lèvres, il écarquilla les yeux, son choc fut encore plus grand lorsque son cadet arrêta la gifle qu'il allait lui donner emprisonnant son poignet tout en lui faisant don d'un immense sourire de requin. Le chef de clan inspira, serrant les dents. Puis tout d'un coup Renji le tira violemment, avec une force qui laisserait la marque plus tard sur son poignet. Il le poussa vertement dans le lit qu'il occupait un peu plus tôt.
- Et alors, que comptes-tu faire ?
Demanda le noble, se remettant assez mal de ce retournement de situation.
- Maintenant que je suis à ta merci.
Le roux posa son menton dans sa main, regardant d'un œil la ligne de la mâchoire de son aîné.
- C'est vrai que dit comme ça, c'est assez terrible.
Murmura pensivement Renji, faisant doucement glisser le bout de ses doigts sur le profil qu'il scrutait.
- Si «être à ma merci» signifie bien «être amoureux».
Demanda naïvement son cadet, plongeant son attention dans le regard du noble. Il crut voir au fond des prunelles quelque chose ressemblant à de la haine. Le noble le haïssait de lire en lui. Un mince sourire étira le coin des joues du roux alors qu'il se penchait vers sa nuque.
- J'ai bien peur... De ne pouvoir en faire grand chose.
Renji posa doucement les lèvres sur le haut de sa pommette, descendit sur sa joue, souffla sur La peau au niveau de son cou.
- Ça ne sert pas beaucoup... Lorsque c'est réciproque.
Il posa sagement le front dans le creux de son cou, ferma les yeux et se coula contre la taille du noble qu'il serra.
- Tu es...
La tension retomba chez son aîné, Byakuya décida de nier ce qui l'entourait et l'incongruité d'une telle situation en fermant à son tour les yeux.
- Infernal.
Il souffla, se détendit. Il cru le sentir sourire contre sa peau, puis le silence tomba de nouveau comme si rien ne pouvait le troubler. Renji aurait du mal à s'y faire, mais il devrait se contenter de ça, d'une certaine façon c'était la seule que le noble lui cédait. Le délicieux silence de sa capitulation.
Elle ouvrit la porte un peu plus sur les nerfs, consciente qu'elle devait lui parler, puis elle se figea. Rukia ne c'était pas attendu une seule seconde à ce genre de spectacle. Le brun semblait profondément endormit, lové contre le torse de son cadet, enlacé par les bras de celui-ci. Pouvait-elle réellement lui en vouloir ? Pas après avoir vu dans quel état son frère avait sombré. Pouvait-elle lui pardonner ? Cela prendrait du temps... Elle tressaillit en sentant des mains se poser sur ses épaules et fit volte face.
- Je suis désolée de t'avoir fait peur.
Marmonna gênée la girafe du Gotei, Rukia soupira.
- Il est temps... Il faut que tu lui parles.
La Kuchiki le savait pertinemment, mais un réflexe la fit reculer, dire qu'elle était venue pour ça.
- Pas… Pas tout de suite. Tu vois bien qu'il dort.
Rukia fit face à Isane, se grattant la nuque et rigolant nerveusement, celle-ci ne fut pas dupe.
- Tu devrais te reposer un peu...
Conclut la fukutaïcho de la quatrième. Rukia ne revenait jamais totalement du ton inquiet qui pouvait faire ainsi trembler la voix de l'autre.
- Je vais bien.
Conclut la petite brune. Une étrange gêne tomba entre elles, puis la brune se déroba prétextant une montagne de travail.
- A ce soir.
Un petit sourire passa sur les lèvres de Rukia en voyant des couleurs s'étendre sur les joues de vice-capitaine.
- Oui.
Elle lui effleura doucement le bras en partant, la laissant pensive et troublée.
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AND THAT'S ALL ?
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Voilà, cette semaine ce n'est pas Lily au commande de la bêta-lecture, mais son amant qui est aussi le mari de l'auteur, ainsi qu'un lapin en puissance, traversant l'atlantique en solitaire à la force de ses deux oreilles, tout en étant amie de la précédente bêta et de l'auteur – si vous avez pas suivi, c'est normal ! ^^ ! – en un mot, c'est M. Lapin, le Ero Usagi-san de ses dames !
Donc pour marcher dans les pas de ma maîtresse qui est aussi l'amie de ma femme – vous voyer que vous suivez ! Là question est qui couche avec qui ? – je me permets mon petit commentaire.
Alors, encore un chapitre chargé en émotion : ma foi, Bibi-kun en prend pour son grade ! On peut remarquer qu'un Renji inconscient est plus fonctionnel que vivant, bizarrement à ce moment-là, tout le monde l'aime ! THE grand moment, la capitulation du noble envers ses sentiments : toute en subtilité, j'ai beaucoup aimé ; il est fort ce Ren-cat, quand même, ou alors tout à fait inconscient, être sûr de pouvoir faire plier son capitaine – qui est son futur mari mais qui est aussi son amant - comme ça…
Bon moi je connais la suite et pas vous, c'est ça le bon côté d'être bêta ! Encore que quand ma maîtresse téléphone à ma femme qui est son amie qui est l'auteur et qui est aussi mon amie, et que je la skype en même temps, j'arrive à glaner quelques infos l'air de rien ! Parce que ce ne serait pas ma femme, qui est amie avec sa bêta qui est mon amante, qui me lâcherait un spoil ! D'ailleurs ma maîtresse non plus… -_- ! Là c'est sûr, vous ne suivez plus !
Tout ça pour dire, que la semaine prochaine apportera encore son lot d'émotion et d'aventure ainsi que de lapin : ben oui, mon amante ne pouvant toujours pas assurez la bêta pour cause de concours intensifs, c'est M. Lapin qui s'y collera le temps qu'il le faudra !
Donc Lily = ma maîtresse = bêta précédente = amie de Béli reviendra bientôt pour le meilleure et pour le délire, voilà pourquoi Béli = ma femme = l'auteur = amie de Lily doit me supporter ! Une seule question subsiste : est-ce que Byakuya = noble = capitaine de Renji + son lieutenant = Renji = ancien moine aura pour résultat = fôôle amoûuuurr ?
Allez bye, bye !
Béli: _ Ce chapitre en a vue des vertes et des pas mures! Voilà que M. Lapin livre toute notre vie privée dans son com'! O.o Je passe pour quoi moi dans cette histoire, puisque mon amie est la maîtresse de mon mari. Et les deux ensemble formes un couple de bêta-lectrises des plus sadiques que je connaisse! T.T HELP! J'attend vos impressions! Des reviews! Pour rémunérer mon Lapin qui c'est fait un mal de chien à me corriger... Le petit bouton vert à la fin! Merci!
