Malgré une nuit peuplée de rêves étranges, témoins d'un endormissement plutôt agité – mais dont il ne garda de toute façon aucun souvenir - Genzô se réveilla plutôt serein le lendemain matin, tiré de son sommeil par le chant agréable et inhabituel pour lui des cigales qui peuplaient les pins aux abords de la bâtisse, ainsi que par les aboiements de Titus, le labrador empreint de rhumatismes, qui ne pouvait s'empêcher de saluer à sa façon les vacanciers qui passaient sur le chemin longeant le jardin.

Il n'était pas encore neuf heures mais pourtant déjà la chaleur commençait à se faire sentir, prémisse d'une journée qui serait aussi chaude que les précédentes dans ce pays de calanques, de pierres sèches et de mistral...

La maisonnée était calme. Alex achevait de se maquiller à la salle de bains tandis que sa mère s'affairait, en bas, à la cuisine pour préparer le petit déjeuner. Son père, quant à lui, quittait le domicile tous les matins de très bonne heure – obligation liée à son métier de chauffeur routier.

Ayant fini de s'habiller et préférant attendre que sa petite-amie l'ait rejoint pour descendre à la salle à manger, Genzô prit le temps de jeter un œil intéressé à la chambre où il se trouvait. Très bien placé pour savoir à quel point sa petite-amie pouvait se montrer désordonnée et la sachant également d'un tempérament dynamique et enjoué, il s'était imaginé une chambre à son image : très vivante et débordante d'affaires en tout genre (et...débordante dans tous les sens du terme !). Pourtant, à son étonnement, en dehors du poster d'un pilote allemand de F1 punaisé sur le pan de mur où venait s'appuyer un bureau surchargé de bouquins et de classeurs (affaires de cours étonnamment bien rangées d'ailleurs) et d'une petite coupe posée en équilibre précaire sur une télévision surmontant un meuble d'angle (seul témoin de l'activité sportive à laquelle Alex s'était adonnée lorsqu'elle habitait encore ici), rien d'autre ne venait décorer le mobilier simple de la pièce. Pas de photos d'amis affichées un peu partout, pas de cd trainants négligemment sur une chaîne hi-fi, rien...Genzô fut un peu surpris d'une telle sobriété. Pour le coup, il pensa que cette chambre était auparavant occupée par une personne dont la personnalité ne collait absolument pas avec celle de la jeune femme qui partageait désormais son quotidien...

- Tu viens ?

Genzô sursauta. Perdu dans ses pensées, il n'avait pas entendu la porte de la salle de bains s'ouvrir ni Alex regagner sa chambre pour y déposer ses affaires et y récupérer son petit-ami.

- Humm...j'arrive, répondit distraitement le japonais avant de rejoindre Alex avec un petit sourire en coin.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Alex un peu surprise de son expression.
- Oh...rien...

Cette réponse ne la contentant pas, la jeune femme insista du regard.

- C'est juste que je trouve ta chambre étonnamment sobre et bien rangée par comparaison à ce que tu peux me faire subir en Allemagne, répondit-il moqueur.
- T'es gonflé toi quand même ! s'étrangla Alex surprise de cette réponse, les poings sur les hanches, affichant une moue boudeuse. Dis que je m'occupe mal de l'appartement et de tes affaires tant que tu y es !
- Ne te fâche pas, temporisa Genzô en levant les mains – mais toujours avec ce petit sourire éloquent – je pensais seulement que ta chambre serait un peu plus...
- « Un peu plus » ? demanda Alex en faisant des yeux ronds impatients.
- ...un peu plus gaie, conclut le japonais en faisant des mouvements amples des deux mains pour animer ses propos.

Alex balaya alors sa chambre du regard et chercha ce qui y clochait.

- Qu'est-ce qu'elle a ma chambre ? demanda-t-elle alors à Genzô en haussant les sourcils, perplexe.
- Oh ! Elle est très bien ! se défendit le garçon, mais je la trouve plutôt austère par comparaison à ton...disons, entrain naturel.

Voyant où il voulait en venir, Alex remua lentement la tête en levant les yeux au plafond et ajouta, un petit sourire aux lèvres, alors qu'elle commençait à descendre l'escalier qui menait au salon : « Et il ne t'est pas venu à l'idée, « Einstein », que j'avais emporté beaucoup d'affaires en Allemagne avec moi pour ne pas m'y sentir trop seule et dépaysée ? ».

Ne se donnant pas la peine de regarder Genzô pour juger de sa réaction (et pour lui épargner également de constater qu'elle était hilare), Alex n'eut donc pas le loisir de voir la furtive expression renfrognée qu'afficha son petit-ami. La dernière fois qu'il avait entendu quelqu'un traiter une autre personne d'Einstein, c'était chez lui, au Japon, lors d'une énième chamaillerie entre ses frères. L'image de Tate s'imposa alors à son esprit et ne le ravit guère en matière de comparaison...


Ils arrivèrent tous les deux dans la salle à manger où la table était dressée et présentait un petit-déjeuner digne de celui d'un hôtel cinq étoiles. Malgré l'image agréable que cela offrait, Alex ne put se retenir de reprocher à sa mère le fait qu'elle se donnait beaucoup trop de mal pour leur visite.

- Ooooh, rouspéta alors gentiment la petite femme qui était d'humeur joyeuse, ce n'est pas grand chose et ça me fait plaisir ! En plus, pour une fois que je prends mon petit-déjeuner en compagnie...

Alex soupira et haussa légèrement les épaules (de toute façon, elle n'en avait pas moins attendu de la part de sa mère). Quant à Genzô, n'ayant rien compris à la discussion entre les deux femmes, il adressa un regard interrogateur à sa petite-amie qui se contenta alors de l'inviter à prendre place à table sans se soucier du reste.

- Ave you gote eu goude slip ? demanda aimablement la mère d'Alex au japonais.

Genzô, qui tendait à ce moment-là la main pour attraper un croissant, stoppa net son geste et regarda fixement la mère de sa petite-amie avec des yeux ronds comme s'il s'était agit d'une extra-terrestre parlant une langue inconnue. Il détourna alors son regard et partit chercher de l'aide auprès d'Alex qui éclata de rire devant son expression perdue.

- Elle te demande si tu as bien dormi, lui traduisit-elle dans un allemand, lui, impeccable.

Soulagé autant que gêné de n'avoir su interpréter cette succession de syllabes bizarres, Genzô s'empressa de répondre un grand « oui » (connaissant tout de même deux ou trois mots de français) avec un grand sourire à sa « belle-mère ». Loin de s'offusquer de ce manque flagrant de communication, la femme lui sourit à son tour et lui proposa du thé ou du café en accompagnement – mais en prenant soin, pour cela, de désigner du doigt les boissons en question...

- Et toi ? demanda-t-elle ensuite à sa fille, 'fait de beaux rêves ?
- Oh oui... soupira avec satisfaction Alex.

Et c'était vrai que la jeune femme, contrairement à son petit-ami, avait trouvé le sommeil parfaitement détendue et, qui plus est, avec l'intime conviction que ce premier contact entre ses parents et Genzô, malgré les barrières de la langue, n'aurait pu mieux se passer.

Elle connaissait bien ses parents et savait que s'il y avait eu le moindre soucis, son père ne se serait jamais montré si avenant avec le jeune homme, ni sa mère d'aussi bonne humeur ce matin-là ! Mais, histoire quand même d'en être sûre et certaine, dans un puissant et récurent besoin d'être rassurée, Alex se languissait de se retrouver dans un court tête-à-tête avec sa mère (persuadée que de toute façon, ça ne serait pas là le genre de discussion à laquelle son père aurait envie de se mêler) pour entendre de sa propre voix ce qu'il en était exactement. Il lui semblait tout bonnement impensable que ses parents n'en aient pas parlé ensemble la veille au soir après avoir gagné leur chambre – ou plus exactement après qu'Alex eut expédié son père dans ses appartements alors que celui-ci répugnait à abandonner son enfant aux mains d'un inconnu immanquablement animé de mauvaises intentions à son égard. Alex n'avait même aucune difficulté à s'imaginer la scène où son père, faisant les cents pas autour de son lit, donnait à grand renfort de gesticulations nerveuses, son avis sur la situation...Perdue dans ces pensées, elle fut ramenée à la réalité par la main de Genzô qui vint se poser sur son avant-bras en faisant un signe de tête vers la maîtresse de maison qui attendait vraisemblablement une réponse à une question que la jeune femme n'avait pas entendu.

- Pardon ? Tu disais ?
- Je disais, répéta patiemment sa mère, qu'avez-vous prévu de faire durant les quelques jours où vous serez ici ?

Alex regarda alors Genzô comme si elle attendait qu'il donne, lui, la réponse. Mais le jeune homme aurait été bien en peine de le faire ! Il était déjà venu en France, et même dans le Sud, mais jamais pour autre chose que des compétitions sportives ! Répondant donc à Alex d'un même regard interrogatif, celle-ci réalisa alors qu'elle n'avait rien planifié de particulier et qu'elle songeait davantage concocter leur emploi du temps au jour le jour en fonction de leurs envies et de la météo.

- Et bien, dit-elle, on pourrait aller faire un tour du côté de Cassis, histoire de lézarder un peu sur la plage...si tant est qu'elle ne soit pas noire de monde...ou alors aller plutôt dans l'arrière pays, style les Baux, tu vois ?
- Je vois et pense même qui vous aurez le temps de faire tout ça et même davantage...

Genzô écouta poliment leur conversation avant qu'Alex ne lui donne, à son tour, son avis.

- Volontiers ! annonça le jeune homme avec enthousiasme. Tu voudrais sûrement aussi en profiter pour voir tes amis non ?

Pour la seconde fois de la matinée, ce qu'il s'était imaginé n'en fut rien.

- Pas spécialement, lâcha négligemment Alex devant le regard incrédule de son petit-ami. En fait, précisa-t-elle avec un soupçon de dépit, je n'ai jamais eu un carnet d'amis particulièrement volumineux. Ma seule amie est devenue enseignante et a été mutée sur Paris, alors...

Genzô parut désolé. Au moins lui, même s'il n'avait pas la possibilité de voir ses amis quand il le souhaitait à cause de la trop grande distance qui les séparait, des amis, il en avait ! Il caricatura alors la situation, s'imaginant sa petite-amie, si gentille et de bonne compagnie, toujours seule dans son coin, sans personne avec qui parler...A ces pensées, que son expression reflétait à merveille, Alex ressentit le besoin de le réconforter :

- Hé ! C'est plus un choix personnel qu'autre chose. J'ai toujours préféré être seule que mal accompagnée. Et puis regarde, je n'ai eu aucun mal à me faire des amis en Allemagne ! Et pas n'importe lesquels en plus ! conclut-elle avec un clin d'œil malicieux.

Genzô s'en voulu néanmoins un peu intérieurement de faire si facilement des scènes de jalousie à l'égard de, finalement, l'une de ces rares personnes avec qui celle qu'il aimait avait lié d'amitié. Il se promit alors de se montrer à l'avenir moins suspicieux et plus tolérant dans les relations qu'entretiendrait Alex avec leurs amis...


Le petit-déjeuner prit et le programme de la journée bouclé – il y avait ce jour-là une fête patronale tout à fait typique dans un village voisin – les trois occupants de la maison terminaient de débarrasser la table lorsque le portable de Genzô sonna. Le jeune homme s'excusa et s'éloigna dans le salon pour « réceptionner » Herman qui semblait se soucier du bon déroulement de leur déménagement qu'il avait tenu à superviser lui-même durant leur absence – malgré les protestations amicales de Genzô qui avait alors craint que l'allemand n'embrouille davantage la situation avec ses idées bien à lui, plutôt qu'il ne permettent de faciliter les choses !

Profitant de cette absence providentielle, Alex se rapprocha de sa mère.

- Alors ? lui demanda-t-elle sur le ton de la confidence, qu'est-ce que...enfin...vous avez un peu parlé avec papa ?
- A quelle propos chérie ? répondit tranquillement sa mère sans lever la tête de son lave-vaisselle qu'elle s'appliquait à ranger.
- Ben tu sais..., tenta de préciser Alex un peu mal à l'aise – alors qu'elle aurait apprécié que sa mère comprenne à demi-mot ses pensées – par rapport à hier soir...Genzô...tout ça quoi...

Mais lorsque sa mère daigna relever la tête et qu'Alex y vit le large sourire qui fendait son visage, elle comprit instantanément qu'elle venait de se faire avoir.

- Han, c'est malin ! Ça t'amuse hein ? se renfrogna la jeune femme.
- Aller, mon gros bébé, lui dit sa mère en la prenant dans ses bras, il faut bien que moi aussi je te taquine de temps en temps. Surtout que si les choses se passent comme nous le pensons avec ton père, ajouta-t-elle plus sérieusement, il y a un risque pour que tu finisses ta vie en Allemagne si ce n'est au Japon, et que ces occasions ne se représentent pas de si tôt !

Alex ne répondit rien mais était très satisfaite de ces paroles. A l'évidence, ce n'étaient pas ses parents qui auraient songé à s'interposer dans sa relation avec son japonais – bien que cela ne soit cependant pas encore suffisant pour elle...

- Mais encore, encouragea-t-elle sa mère à parler. Je sais que vous ne l'avez pas vu très longtemps...mais au premier abord...?

Pourquoi fallait-il toujours qu'elle tricote ses doigts quand elle était mal-à-l'aise ? Autant se mettre un écriteau autour du cou pour afficher clairement son état d'esprit, ça serait aussi efficace !

- Et bien, commença sa mère qui s'appuya contre le plan de travail de la cuisine tout en croisant les bras avec un air docte tandis que toutes deux pouvaient entendre Genzô converser au téléphone dans la pièce d'à côté. Comme tu viens de le dire, nous ne l'avons pas vu très longtemps et c'est surtout la première fois que nous rencontrons ce jeune homme. Cependant, poursuivit-elle sous le regard concentré de sa fille, on ne peut pas dire qu'il nous ait donné l'air d'être un voyou. Et malgré le fait que, comme n'importe qui, il doit avoir sa part de petits défauts, le fait est que jusqu'à présent, avec tout ce que tu nous as déjà rapporté sur lui, y compris le soutien qu'il a été pour toi à une époque, il semble t'apporter trop de bonnes choses pour que nous envisagions votre relation sous un mauvais œil

Le visage d'Alex s'illumina et sa mère crut utile de rajouter que :

- Bon, ça ne veut pas dire pour autant que nous cautionnons ou cautionnerons quelque dérapage que ce soit...
- Quel dérapage ? demanda Alex incrédule.
- Le genre de dérapage dont on entend si souvent parler et qui n'ont généralement lieu que dans les milieux privilégiés et qui vous anéantissent une existence en deux temps trois mouvements, sous-entendit sa mère avec une expression particulièrement grave qu'Alex ne prit pas à la légère.
- Ah mais non ! se défendit la jeune femme avec une certaine virulence qui n'avait pour autre but que de mettre les choses au clair sans qu'aucun doute ne puisse être émis à ce sujet, on n'a pas du tout ce genre de vie avec Genzô ! Et en dehors du côté, certes très appréciable, que l'on n'ait pas à se soucier des détails matériels, on mène une vie saine et équilibrée ! Qu'est-ce que vous allez imaginer ? Qu'on fait des orgies lubriques tous les samedis ?
- Mais ne monte pas sur tes grands chevaux tout le temps, répondit calmement sa mère avec un air moitié amusé-moitié exaspéré. Bien sûr que non, nous n'avons pas ce genre de pensées – comme si nous t'aurions laissé tranquille en Allemagne autrement ! – mais en tant que parents pénibles et soucieux à leurs heures, nous préférons que les choses soient dites clairement et sues de tous...c'est tout.

Alex resta à regarder sa mère, insondable.

- Mais nous te faisons confiance et espérons pouvoir également avoir confiance en Genzô, à qui nous confions ni plus ni moins notre fille, termina-t-elle avec un petit sourire et un bisous sur la joue de sa progéniture.
- Excuse-me, fit alors une petite voix derrière elles.

Genzô venait de les rejoindre dans la cuisine, son coup de fil terminé. Alex regarda son petit-ami un peu inquiète de peur qu'il ait une mauvaise nouvelle à lui annoncer, mais...non. En fait, il était juste question de clefs qu'Herman voulait savoir à qui rendre.

Alex ressentit alors un léger nœud se former dans son estomac. Le déménagement semblait donc quasiment terminé et elle savait que son prochain passage à Hambourg ne serait qu'en coup de vent pour dire « au revoir » à ses amis. Mais en même temps, l'idée d'aller si prochainement s'installer dans une ville dont elle ne connaissait, pour ainsi dire pas grand chose, l'excitait tout autant...

Genzô et Alex se consultèrent du regard et décidèrent d'y aller.


Ce jour-là, ils rentrèrent déjeuner au domicile de la française, mais il n'en fut pas de même les jours suivants : en fonction du lieu où ils se rendirent, le timing était parfois trop serré pour conserver le mode « pension complète ». Ils proposèrent à la mère d'Alex de les accompagner à une ou deux reprises, mais cette dernière préféra les laisser tranquille, en amoureux...

Tout comme au Japon, c'est donc le soir que tous les protagonistes se retrouvaient pour discuter ensemble de leurs activités respectives passées ou à venir. La mère d'Alex proposa même à sa fille de faire un « repas de famille » afin de profiter de la présence de Genzô pour le présenter à tout le monde. Mais à la vue de l'expression éloquente qu'afficha le concerné, Alex jugea que le temps n'était peut-être pas encore venu pour cela - et elle en était bien d'accord...

Comme l'avait espéré Alex, son père semblait hautement apprécier Genzô et celui-ci le lui rendit bien, surtout un soir où, après le repas, le chef de famille pensa faire plaisir à son « gendre » en lui montrant sa collection de fusils de chasse - pour laquelle le jeune homme avait manifesté un certain intérêt le jour de son arrivée - dont un exemplaire en particulier qu'il mit littéralement sous le nez du japonais en lui précisant le regard pétillant que c'était son préféré pour chasser le « gros gibier » ! Perplexe autant que crispé, Genzô avait fait de son mieux pour paraître intéressé et ravi de cette nouvelle tandis que, histoire de parfaire son agacement, il devina Alex en plein fou rire devant son hésitation à devoir ou non se sentir menacer...Qu'à cela ne tienne. Cet épisode valu à la jeune femme les représailles adéquates au moment opportun afin de lui faire expier son manque flagrant de soutien moral !

Mais ce qui ravit le plus la française fut bien de voir à quel point Genzô se sentit rapidement bien, à l'aise dans sa famille – de toute évidence, le jeune homme ne nourrissait pas, à la base, la même passion pour l'auto-flagellation qu'elle et n'éprouvait pas davantage de plaisir à se torturer mentalement. Dans la mesure où le courant passait bien, voir même très bien avec ses « beaux-parents », le japonais n'en demandait pas plus et, à la grande surprise – autant que joie – de sa petite-amie, il s'autorisa même quelques plaisanteries avec son « beau-père » autant que de tentatives de discussions qui tournaient irrémédiablement à la confusion la plus extrême – et aux éclats de rire par la même occasion - avec sa « belle-mère »...


Tel un gage de qualité dont ils se seraient pourtant fort bien passés, le jour venu de leur départ, Alex et Genzô s'éloignèrent du domicile familial de la jeune femme le cœur un peu gros, après que les fortes embrassades relativement humides de la mère d'Alex eurent parfait leur séjour en France. Cette semaine passa si vite et fut si agréable que la nostalgie s'invita durant leur voyage-retour vers l'Allemagne, vers Hambourg, où Maggie et Herman devaient les attendre à l'aéroport pour les accompagner ensuite durant la dernière journée qu'ils passeraient dans la ville portuaire avant de s'envoler ensuite pour Munich...