Bonjour,

Je vous poste le chapitre de la semaine avec quelques heures d'avance car je pars en séjour pour mon travail demain, donc je n'aurais pas le temps de vous livrer le chapitre le mercredi comme d'habitude. Alors, j'ai préféré avancer la date de publication plutôt que de la reculer :)

Je vous remercie pour toutes vos reviews. De fait la préparation de ce séjour, je n'ai pas eu le temps de répondre à chacun d'entre vous mais sachez que c'est toujours un réel plaisir de vous lire ! J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur ! Je vous souhaite une bonne lecture.

A très vite, Patmol25


Un pas de côté

Chapitre 35 : Un pas de plus

« C'est pas une bonne idée. »

Aubrey eut un léger sourire, malgré tout satisfait de voir son jeune patient exprimer le fond de sa pensée avec de plus en plus de facilité. L'éducateur prit le temps de couper le contact, laissant le moteur s'arrêter avant de tourner la tête vers la voix plaintive venant d'envahir l'habitacle du véhicule.

Sur le siège passager, Harry Potter était plutôt pale, l'inquiétude grandissant dans son regard. Il passa une main dans ses cheveux, ce tic qui revenait à chaque instant d'anxiété. Ses yeux étaient rivés droit devant lui sur le musée Albert et Victoria d'arts et sciences de Londres installé dans un bâtiment en pierre rouge construit le lendemain de l'exposition universelle de 1856. La façade devant laquelle se trouvait un bassin ovale surmonté de plusieurs jets de fontaines était imposante et constituait à elle seule une richesse pour le patrimoine britannique. Harry savait que l'autre côté du bâtiment en pierre blanche surmonté d'une tour était tout aussi beau et incroyable.

« Pourquoi serait-ce une mauvaise idée ? »

Le regard perdu du jeune homme se planta dans le sien. Harry ouvrit la bouche pour lui répondre mais la referma, ne trouvant pas les mots adéquats pour expliquer la stupidité de devoir faire un stage dans le cadre de ses études.

Aubrey et le professeur Burbage s'étaient attelés à lui trouver un lieu de stage adéquat pour répondre aux demandes de son diplôme. Bien sûr, Harry avait conscience que les jeunes de bientôt dix-sept ans étaient tout à fait capables de trouver seul un stage mais ça lui semblait encore trop insurmontable pour l'instant. Le fait que les deux professionnels de Poudlard s'en soient chargés était un vrai soulagement.

Enfin pas tant que ça car à présent, il faisait face à la réalité et n'avait peu de portes de sortie pour fuir. Son stage allait durer six semaines, presque jusqu'à la fin du mois de juin et donc de l'année scolaire.

« Je ne peux pas te dire que tout va parfaitement bien se passer mais je sais que tu vas mettre en œuvre ce qui est nécessaire pour que ce soit le cas, » déclara Aubrey en constatant son mutisme. « Mrs Minerva Mc Gonagall qui sera ta tutrice de stage est informée et très au clair de ton hospitalisation à Poudlard, de la nécessité d'aménager ton emploi du temps pour te permettre de poursuivre certaines activités éducatives et tes séances de thérapie avec le Dr Shacklebolt. »

« Elle va penser que je suis juste un cinglé, » murmura Harry.

« Si cela était vraiment son avis, je suis certain que Mrs Mc Gonagall ne s'embêterait pas à te recevoir un mois et demi dans la collection de tapisseries anciennes qu'elle gère ! »

Aubrey garda bien sûr pour lui combien il avait été difficile de trouver un lieu de stage acceptant de recevoir Harry. Dès que sa scolarité à l'hôpital pédo-psychiatrique était évoquée, un recul manifeste de l'enthousiasme des différents musées se faisait ressentir et clôturait leur conversation. Le musée Albert et Victoria avait été le premier à envisager la possibilité de l'accueillir et l'accord avait été définitif après un échange plus long concernant l'adolescent.

« Mais six semaines c'est long… »

« Ça peut passer très vite si ça te plaît, » contredit l'éducateur. « C'est l'occasion de faire encore d'énormes progrès, Harry. Prends ce stage sous cet angle, d'accord ? »

Le jeune Potter haussa les épaules d'un air peu convaincu mais accepta finalement de hocher la tête et fit apparaître un petit sourire sur ses lèvres. Il attrapa son sac à dos et ouvrit la portière, suivi par Aubrey. Le parc était très agréable à traverser et les premiers visiteurs se pressaient déjà devant l'entrée. Ils se retrouvèrent devant l'immense bâtisse, levant la tête pour pouvoir l'englober du regard et profiter de la vue.

« Et puis, ça sera aussi le moment d'apprendre à prendre le bus tout seul. On ne va pas pouvoir t'emmener et venir te chercher tous les soirs ! » lui lança t-il. « Se garer à l'intersection de Cromwell Road et d'Exhibition Road est un vrai enfer. Kensigton est vraiment un quartier trop emprunté. »

L'air affolé de Harry était presque comique tant son visage semblait s'être effondré. Quoi ? Prendre le bus ? S'asseoir à côté d'inconnus, être pressé contre la vitre sans avoir la possibilité de respirer ? Hors de question. Rien que d'y penser lui donnait de l'urticaire.

Aubrey lui fit un clin d'œil pour le rassurer mais son sourire en disait long sur le fait de le mettre au défi par rapport à cela. Harry était parfaitement capable de prendre le bus seul, de contrôler ses craintes de se retrouver ainsi jeté parmi des inconnus pour devenir autonome. Pour son avenir, le gamin devait dépasser ce type de peur pour lui donner l'opportunité de vivre seul. Ce stage était l'occasion parfaite pour travailler ce point de la vie quotidienne.

Après une dernière pression rassurante sur son épaule, Harry et Aubrey pénétrèrent dans le grand hall du musée Albert et Victoria. L'adolescent ne put s'empêcher de se sentir excité à l'idée de travailler dans un lieu aussi majestueux. Sur le seuil d'entrée, il pouvait englober le hall du regard dont la ressemblance à celui d'une gare était impressionnante tant l'espace était large et haut. La coupole au plafond laissait entrer quelques rayons de soleil qui scintillaient sur les peintures et décorations sur les murs en pierre. Il laissa ses doigts courir sur l'un des murs froids, se sentant envahi de joie face à tant de beauté.

« Ces trucs de décorations me laissent toujours bouche-bée, » confia Aubrey en regardant le centre où se tenait un lustre énorme descendant jusqu'à seulement un mètre soixante du sol. « Je me suis toujours demandé comment des gens pouvaient aimer avoir ce type de choses chez soi. »

« Mais enfin, Aubrey, c'est de l'art ! » protesta Harry d'un air effaré.

L'adolescent secoua la tête pour appuyer sa désapprobation et il loupa le regard attendri de son éducateur spécialisé. Les deux hommes avancèrent jusqu'au bureau ovale positionné au fond du hall, là où s'ouvrait trois larges couloirs menant à l'intérieur du musée. Harry baissa aussitôt les yeux sur ses chaussures, demandant ainsi silencieusement à Aubrey de les annoncer à la standardiste.

« Bonjour, nous avons rendez-vous avec Mrs Mc Gonagall pour le premier jour de son stagiaire. »

Cinq minutes plus tard, une femme à l'allure sévère et au visage ridé s'approcha d'eux à grandes enjambées. Un chignon tirait ses cheveux sur le haut de sa tête et son regard strict était encerclé par une paire de lunettes. Ses lèvres fines étaient pincées. Elle les jaugea du regard, s'arrêtant plus particulièrement sur Harry.

Celui-ci se tenait droit et rigide, un semblant de sourire ressemblant plutôt à une grimace sur le visage. Merde ! Elle était impressionnante dans son tailleur aux couleurs écossaises. La vieille dame lui tendit finalement une main ridée et Harry s'empressa de la serrer avec politesse.

« Bonjour, Harry Potter, je suis enchanté de vous rencontrer et je vous remercie de m'accueillir en stage ici. »

Sa phrase avait été débité à toute vitesse, lui donnant le souffle court à la fin. Il conserva pourtant son air le plus neutre possible, ses grands yeux verts brillant. Le regard de Mc Gonagall se fit encore plus incisif malgré les traits de son visage impassible.

Aubrey ne put s'empêcher de sourire largement, constatant l'intérêt de l'activité de socialisation tous les lundis après-midi avec Harry. Pendant plusieurs séances, il avait proposé de réaliser des scénarios sociaux aux jeunes du groupe afin de les aider à acquérir les bons geste, les bons comportements et les bons mots en fonction d'une situation. L'un de ces scénarios était d'apprendre à se présenter et Harry avait visiblement réussi à se servir de ses séances à l'instant même.

« Aubrey Bertram, éducateur spécialisé à Poudlard. Nous nous sommes parlés au téléphone à plusieurs reprises. »

« Je me souviens. Je suis Minerva Mc Gonagall, directrice de la collection des tapisseries et de celui des poteries, » se présenta t-elle. « Mr Potter terminera à seize heures aujourd'hui. »

Repérant le sous-entendu, Aubrey acquiesça et s'apprêta à prendre congé. Il adressa un dernier clin d'œil à son patient, lui serrant l'épaule droite à son passage puis se détourna pour rejoindre la sortie du musée.

Harry le regarda partir, une boule d'angoisse commençant à obstruer sa gorge. Quand la double porte en verre se referma sur lui, il fut forcé de faire de nouveau face à la vieille dame dont le regard était planté sur lui. Ses mains se resserrèrent autour des lanières de son sac à dos. L'envie de fuir et de courir après Aubrey revint mais ses jambes étaient clouées au sol, clignant bêtement des yeux en attendant que Mc Gonagall ouvre la bouche.

« Bien Monsieur Potter suivez-moi, nous avons beaucoup de choses à voir ensemble ce matin, » cingla t-elle en faisant volte-face. « Vous êtes ici en stage pour six semaines et vous êtes donc affecté à la collection des tapisseries. Que savez-vous d'elles ? »

« C'est un tissu sur lequel sont tissés des ornements, des paysages, des scènes de vie, » bégaya Harry en lui emboîtant le pas.

« Eh bien, pourquoi prenez-vous ce ton hésitant ? Vous avez raison : la tapisserie existe depuis l'Antiquité et nous possédons une des collections les plus complètes d'Europe. Nous proposons des œuvres tissées sur un métier à tisser ou, plus rarement, à la main. Dans quelle catégorie cette technique artistique est-elle classée ? »

La marche rapide et le flot de paroles de Minerva Mc Gonagall ne lui laissa guère le temps de paniquer au départ de son éducateur. Harry tenta de la suivre en allongeant ses propres enjambées, sa tête tournant dans tous les sens tant pour découvrir les lieux et apprécier tout ce qui l'entourait que pour repérer le chemin emprunté dans le dédale de larges couloirs et de salles au plafond haut et remplies d'œuvres.

« Les arts décoratifs, » répondit-il.

« Bien. Il s'agit effectivement d'œuvres que chaque noble, bourgeois ou famille royale se devait d'avoir chez lui. Les tapisseries ont souvent été créé sur demande et répondent donc à une commande spécifique décrivant ainsi à la perfection la mentalité et le mode de pensée propres à chaque époque, » approuva la femme en lui lançant un regard en coin. « Votre éducateur spécialisé ne m'a donc pas leurré en vous prétendant fin connaisseur d'arts. »

Harry rosit doucement face à ce qu'il prit pour un compliment. Ils continuèrent à avancer dans un dédale de salles et de couloirs tous plus luxueux les uns que les autres. Ses yeux pétillaient à l'idée d'évoluer dans un tel lieu pendant quelques semaines. Il n'était pas venu au musée Albert et Victoria depuis un paquet d'années mais le visiter avait toujours été plaisir. Finalement, ce stage n'allait peut-être pas être un enfer du début à la fin.

Ils pénétrèrent enfin dans le secteur consacré aux tapisseries et Harry fut stupéfait de voir ces immenses créations accrochées aux murs. Certaines montaient presque au plafond tandis que d'autres avaient à peine la taille d'un mouchoir de poche. Les couleurs et les formes variées sautaient aux yeux des visiteurs et lui-même observa tout autour de lui, la bouche entrouverte.

« J'attends de vous une ponctualité ainsi qu'une tenue exemplaire, » asséna Mc Gonagall. « Si vous deviez être absent, j'exige d'en être informée au plus tôt afin de ne pas avoir à vous attendre pour démarrer ma journée. »

« Bien sûr madame, » s'empressa de répondre Harry.

D'un geste inconscient, il lissa son pull fin vert bouteille, espérant que sa tenue correspondait aux attentes de la femme. Après un nouveau dimanche à la maison, sa mère lui avait apporté ses conseils pour ses vêtements du jour. Émeline Vance avait également approuvé son choix ce matin même avant son départ avec Aubrey.

« Nous savons tous les deux que vous êtes scolarisé à Poudlard. Personne de l'équipe n'en est informé et vous avez le choix de le dire ou non. Dans tous les cas, j'ose espérer que vous saurez m'alerter si un besoin ou une inquiétude particulière venait à se présenter. Aucun ego mal placé ne doit nous conduire à de délicates situations. »

Harry rougit, toujours embarrassé d'être étiqueté comme un patient de l'Institut Poudlard. Il acquiesça finalement d'un mouvement de la tête en constatant l'attente silencieuse de la dame. Malgré sa sécheresse apparente, Minerva Mc Gonagall semblait être une personne de confiance et Harry se sentit tout de suite rassuré en sa présence.

Mc Gonagall le conduisit derrière une porte dérobée et ils entrèrent dans un large bureau rempli de livres, de dossiers et même de certaines tapisseries compressées entre deux planches cartonnées puis emballées dans du papier bulle. Face à eux, plusieurs tables de travail étaient réunies en un carré. Sur la droite se trouvait une petite desserte avec une cafetière, une théière et tout le nécessaire. À côté se tenait des casiers fermés par des cadenas.

« Ce casier en bas est libre et vous pouvez l'utiliser pour y mettre votre sac et votre blouson. Cette première semaine, vous allez vous rendre auprès de chaque professionnel pour y découvrir les différents postes importants à la bonne marche de notre musée : l'accueil des clients, la sécurité, la restauration des œuvres, le nettoyage et encore d'autres fonctions que je vous détaillerai plus tard. »

Harry hocha vivement la tête en se dirigeant vers le casier désigné par la femme. Il ôta rapidement sa veste qu'il fourra à l'intérieur du petit vestiaire et y ajouta son sac à dos. Incapable de retenir le large sourire apparaissant sur son visage, Harry revint rapidement auprès de la femme dont l'attention s'était portée sur un courrier. Ça allait être génial, bon sang !

Après un court silence, Mc Gonagall releva la tête vers lui et le détailla encore une fois du regard. Harry resta muet, espérant que son inquiétude ne flottait pas autour de lui avec une évidence embarrassante. Il osa faire un petit sourire à la passionnée d'art.

« Vous pratiquez l'art je suppose au regard de vos études. »

« Le dessin, » approuva Harry.

Elle haussa un sourcil dubitatif et le garçon s'en sentit aussitôt offensé. Sans même savoir pourquoi, les mots sortirent de sa bouche avant de pouvoir les retenir.

« Je participe au concours des jeunes talents londoniens. »

« Alors, vous vous plairez sûrement ici, » répliqua t-elle et ce fut son premier vrai sourire de la matinée. « Ah, Adrian est là. Vous allez passer la journée en sa compagnie. Il va vous faire une visite complète et détaillée de notre section. Travailler ici et ne pas connaître parfaitement nos œuvres serait honteux. »

Un jeune homme d'à peine vingt ans venait de rentrer dans la pièce. Il était vêtu d'un pantalon noir, d'une chemise blanche et ses cheveux sombres étaient parfaitement coiffés. Son visage était impassible et quelque chose d'aristocratique se dégageait de lui mais ses traits étaient rendus disgracieux par trop de dureté. Ses lèvres s'étirèrent dans un sourire sec, dévoilant des dents mal alignées. Harry le salua d'un mouvement de tête, se sentant assez gauche à ses côtés.

« Marcus Flint est étudiant pour devenir conservateur de patrimoine. Il est en deuxième année d'apprentissage chez nous et connaît sur le bout du doigt notre collection, » ajouta Mc Gonagall. « Marcus, je vous présente Harry Potter qui fera un stage de six semaines chez nous. Pouvez-vous le guider et l'informer de tout ce que vous pouvez savoir sur nos tapisseries ? »

La proposition n'en était pas une évidemment et les deux garçons se retrouvèrent dans l'une des salles principales de la section tapisserie. Marcus Flint s'arrêta devant la première œuvre plutôt impressionnante représentant un chevalier en armure sur son destrier. Par la suite, Harry ne put que boire les paroles du jeune homme taciturne tant ses connaissances sur toutes les tapisseries étaient affolantes !

À la fin de la matinée, Harry quitta le musée Albert et Victoria d'un pas pressé, le cœur bondissant dans sa poitrine. Le soleil d'avril l'accueillit et l'aveugla même après avoir passé tant de temps dans des pièces fermées à la lumière du jour. Il s'assit sur un banc face au bassin installé au pied du bâtiment. De son sac à dos, il sortit un petit sac en papier kraft contenant son pique-nique du jour confectionné par les cuisines de Poudlard.

Il avait une heure de pause afin de reprendre son stage à 13h00. Mc Gonagall lui avait indiqué qu'il était possible de manger à l'intérieur du musée dans une salle spécifique où un micro-onde était à disposition. Harry avait acquiescé tout en fuyant aussi vite que possible, craignant de faire face à une salle bondée de travailleurs s'accordant une pause.

Commençant à déballer calmement son sandwich, l'adolescent sortit son téléphone portable de la poche avant de son sac. L'envie d'appeler quelqu'un pour lui signifier sa merveilleuse matinée le tenaillait. Il fut très touché de voir un SMS de Neville lui souhaitant un « Bon chance ! » tout comme son frère.

« Bon appétit jeune homme ! »

Surpris, Harry releva la tête et sourit. Une vieille dame se promenant autour du grand bassin avec son caniche en laisse lui adressa un large sourire.

« Merci madame ! » lança t-il avant de reporter son attention sur son téléphone.

Son cœur se serra quand l'absence de nouvelles de Drago lui sauta de nouveau à la figure. Depuis son départ de Poudlard, le blond semblait avoir tourné la page de cette partie de sa vie pour se concentrer pleinement à son entrée à Durmstrang. Ses parents ne souhaitant plus l'envoyer en internat, sûrement pour garder un contrôler plus régulier sur lui, l'avaient inscrit dans le prestigieux établissement Durmstrang. Et depuis… ils s'étaient échangés à peine quelques textos banals, sans vraiment d'importance.

Sa bonne humeur flancha à cette pensée. Il se fustigea mentalement : Drago et lui n'avaient pas mis de mots sur leur relation. Il s'était lui-même posé plusieurs fois la question sans pour autant l'évoquer à haute voix. Qu'il avait été stupide, bon sang ! Ils s'étaient embrassés à longueur de journée, se caressant bien plus intimement et maintenant… Le flop total. Drago lui manquait – et ça faisait comme un trou dans sa poitrine – mais la colère le gagnait de plus en plus d'être ainsi snobé par le garçon.

Préférant ne pas se mettre à haïr Drago Malefoy dans l'immédiat, il chercha le nom de sa mère et appuya dessus pour lancer l'appel. Quelques sonneries retentirent avant que la voix enjouée de Lily ne se fasse entendre.

« Allô ? Alors, mon chéri, comment ça se passe ? »

« C'est trop bien maman ! » s'écria Harry en sautillant sur le banc. « Y a un garçon, Marcus, qui est aussi étudiant mais déjà à l'université. Il m'a montré une partie des tapisseries de la première salle mais y a au moins trois pièces. On va visiter le reste cet après-midi. »

En raccrochant cinq minutes plus tard, Harry mordit avidement dans son sandwich, la bonne humeur émanant de lui. Nom de dieu, l'impression que sa vie était en train de prendre un nouveau tournant depuis quelques semaines était de plus en plus forte et c'était vraiment, vraiment agréable !


Alors ? :)