Bonjour, ravie de vous retrouver pour un nouveau chapitre:)
Au programme: Bellatrix, Bellatrix... et encore Bellatrix^^ Comme il reste peu de chapitres avant la fin, je vais surtout me centrer sur elle à partir de maintenant, mais on retrouvera bien évidemment Andromeda dans les prochains chapitres. Et sinon, Harry fera enfin son apparition dans ce chapitre, et vous le verrez à travers les yeux de Bellatrix (ce qui risque de changer un peu, je vous préviens:D)
Sinon, je tiens à vous avertir que le prochain chapitre viendra dans un long moment, car je vais être en pleine période de partiels dans deux jours. Bonne lecture!
Petit mot à Marine (reviewveuse anonyme): Merci pour toutes tes remarques qui m'ont fait chaud au cœur, c'était un plaisir de te lire! J'espère que la suite de cette histoire te plaira tout autant!
Ps: Prenez note que les dialogues en gras dans ce chapitre sont extraits du livre "Harry Potter et l'Ordre du phénix" de J.K Rowling.
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37. La bataille du département des mystères (partie 1)
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Depuis quelques temps, Bellatrix était désœuvrée. Le Seigneur des ténèbres avait déserté le quartier général depuis plusieurs semaines, trop happé par des projets dont il se refusait à livrer la contenance à ses fidèles ; cela concernait indiscutablement Harry Potter, puisque rien n'était apparemment plus important que sa destruction, mais son plan initial pour parvenir à son but demeurait mystérieux. Bellatrix avait songé à plusieurs reprises qu'il n'avait pas encore de plan, sinon, elle en aurait eu vent depuis bien longtemps ; elle était la seule à qui il se confiait depuis le début, et qu'il lui omette de lui partager l'un de ses secrets ou l'une de ses pensées intimes était donc tout bonnement impossible. « Même si je l'ai malencontreusement déçu, je demeure sa plus fidèle, celle qui est la plus proche de lui », s'était-elle dit pour se rassurer bien que le sujet la perturbât au point qu'elle souffrait d'insomnies depuis plusieurs jours.
Le seul ordre donné par Lord Voldemort aux mangemorts avant son départ a été le suivant : poursuivre les tueries de masse dans l'anonymat le plus total et continuer à propager une ambiance de terreur au sein des villes. Seul Rookwood avait eu l'honneur d'obtenir la mission la plus délicate, à savoir collecter quelques informations sur l'un des départements du ministère de la magie, ce qui lui avait valu un traitement rude de la part de Bellatrix : après l'annonce de sa mission, elle n'avait pas manqué de se débrouiller pour que ce larbin finisse la soirée avec le visage à moitié brûlé, les jambes gravement écorchées, et l'estomac hors d'usage. Personne n'avait le droit de lui voler sa place. Et surtout pas une nullité comme Rookwood.
Elle avait reculé sa visite au manoir des Malefoy depuis que son maître n'était plus là, car elle n'avait guère le cœur à supporter les tentures luxueuses de sa sœur alors qu'elle-même vivait un calvaire depuis sa sortie d'Azkaban. Qui plus est, la compagnie de Lucius Malefoy était loin d'être celle qu'elle recherchait le plus, surtout depuis qu'elle avait appris qu'il avait acquis la même position qu'elle (premier lieutenant). Cependant, aujourd'hui, agacée de tourner en rond et d'avoir les fidèles dans les pattes, elle se décida à aller dans le Wiltshire. Le manoir lui parut encore plus présomptueux qu'auparavant, agrémenté d'un décor qui ferait mal au cœur à quiconque ayant connu l'austérité d'Azkaban.
Ce fut Narcissa qui lui ouvrit. Elle n'avait pas changé d'un pouce, contrairement à elle-même : son teint était toujours frais, uniforme, et sa longue chevelure blonde, toujours lustrée. Seules quelques ridules étaient visibles sous ses yeux. Et un court instant, Bellatrix en fut jalouse.
- B-Bella...
Narcissa l'observa avec hébétement, très vite vaincue par les larmes. Une fois remise de son choc, elle referma ses bras autour d'elle. Bellatrix, qui avait complètement oublié ce à quoi ressemblait une étreinte affectueuse, resta raide et glaciale. Retrouver sa sœur la soulagea néanmoins plus que prévu, et elle sentit une chaleur agréable se diffuser en elle. Elle était enfin aimée par quelqu'un, elle qui connaissait la pire des solitudes depuis des années. Le regard insistant de Narcissa sur elle finit toutefois par faire rejaillir son exaspération.
- Ma nouvelle apparence t'effraie ? Rit froidement Bellatrix. Je te comprends, sœurette ! Moi aussi, j'aurais peur à ta place !
- Viens t'installer dans le petit salon, se rattrapa Narcissa en lui prenant le bras. Drago est ici pour les vacances de Pâques, et Lucius est parti ce matin au ministère.
Sans émettre le moindre enthousiasme, Bellatrix la laissa la guider à travers un dédale de couloirs qui ne composait le rez-de-chaussé ; son regard s'attarda sur les tableaux sertis de dorures et sur les meubles en marbre, et elle songea alors qu'en évoluant dans un cocon pareil, loin du danger et de la cacophonie extérieure, il était presque certain que Narcissa ne s'était pas une seule fois enquis de son sort ces dernières années, trop préoccupée par sa propre famille. Et Bellatrix ne parvenait pas à condamner son égoïsme. Elle-même aurait été tout aussi égoïste à sa place.
Très bientôt, elle fut avide à l'idée de rencontrer enfin son neveu. Elle préférait profiter de sa compagnie maintenant qu'il était un jeune homme, car elle n'avait jamais supporté les marmots avec leur braiment et leur bave. Et autant dire qu'il avait tout intérêt à être à la hauteur de ses espérances ! La fille hybride d'Andromeda ne faisait guère partie de la famille, il n'y avait donc que Drago qui pouvait faire honneur à sa lignée. Lorsqu'elle parvint enfin devant la salle, Narcissa lui intima d'entrer, ce qu'elle fit. De sa démarche digne, elle s'avança entre plusieurs rangées de fauteuils jusqu'à se retrouver face à un garçon de seize ans qui avait un balais de Quidditch à la main. Elle tressaillit de surprise en croyant se trouver face à Lucius ayant pris une potion de rajeunissement. Presque maladivement pâle, Drago avait les mêmes cheveux translucides que son père, le même menton triangulaire, et les mêmes yeux gris perfides. Il avait tout du jeune aristocrate arrogant.
« Mais qui y a-t-il derrière cela ? Du courage, j'espère ? De la finesse d'esprit ? » se demanda Bellatrix en esquissant un sourire. Elle siffla ensuite :
- Bonjour, Drago.
Après avoir examiné le manche de son balais sous toutes les coutures, il daigna lever les yeux vers elle avec une sorte de dédain qui faillit lui valoir une gifle en retour. Bellatrix avait horreur qu'on la prenne de haut. Néanmoins, elle ne fut pas au bout de ses surprises. Quand il l'eut suffisamment scruté, Drago maugréa d'une voix lente :
- Enfin, mère me ramène quelqu'un ! Approchez-vous.
Il osait la prendre pour une domestique, le misérable cafard !
- En quel honneur, mon garçon ? Demanda froidement Bellatrix en contenant son irritation.
Tout aussi froidement, il répliqua :
- Voyez ce balais. (il lui montra le ridicule bâton qu'il avait à la main et qu'il traitait comme un trésor) Débrouillez-vous pour qu'il soit à nouveau en bon état ; je ne veux plus voir un seul épi. Et si vous n'êtes pas suffisamment compétente pour le réparer, jetez-le. Je me fiche de ce que mère peut dire... Elle doit savoir que les Nimbus 2001 ne valent plus rien et qu'il me faut un autre balais.
D'un geste sec, Bellatrix s'empara du balais, et d'une forte poigne, le cassa en deux sans hésiter sous le regard ahuri de son neveu. Par la suite, elle répandit les morceaux de bois un peu partout sur le fauteuil où il était affalé comme un prince. Il se leva d'un bond en criant rageusement :
- Qu'est-ce que vous faites, espèce de folle ! Est-ce que vous voulez que je fasse venir mon père ?
- Fais donc venir Lucius si ça peut te donner un semblant de dignité, Drago ! Rit-elle sèchement en faisant venir à elle tous les morceaux par le biais d'un sort de léviation. En ce qui me concerne, j'aurai jeté les restes de ton balais avant même qu'il n'ai franchi le seuil de cette pièce ! Et je demanderai à Narcissa de te priver de Quidditch jusqu'à la fin de l'année scolaire.
Une fois qu'elle cessa de parler, Drago sembla perdre toute son assurance. Il se crispa même en réalisant son erreur et se désintéressa totalement des débris de son Nimbus 2001. Avec un nouveau sourire doucereux, Bellatrix s'approcha alors de lui (il se recula perceptiblement mais ne fut pas assez rapide) et plaça un doigt sous son menton en murmurant :
- Tu as l'audace de réserver un pareil accueil à ta tante, Drago... Qu'en dira ta mère ?
- Je vous défends de me parler comme ça, s'écarta-t-il en devenant blême. Vous... vous...
Au même instant, Narcissa fit son entrée dans le salon ; elle avait enveloppé ses épaules frêles d'un châle en tulle dont la fonction était surtout décorative et avait rajusté son maquillage qui avait coulé après sa petite crise de larmes. Elle couva son fils d'un insupportable regard bienveillant alors que les lèvres plissées avec insolence de ce dernier ne méritait pourtant aucun traitement semblable. Après quoi, elle déclara avec douceur :
- Salue comme il se doit ta tante Bellatrix, Drago.
- Alors, elle est vraiment... ? Commença-t-il en pâlissant davantage.
Bellatrix le fusilla du regard, ce qui le fit se reculer davantage jusqu'au niveau de sa mère. Ce fut tout juste s'il ne lui agrippa pas le bras pour se réfugier derrière elle. « Une mauviette, se dit Bellatrix en faisant claquer sa langue contre son palet. Même son père est plus dégourdi ! ». Alors comme ça, on va se réfugier dans les jupes de maman ? C'était le comble !
- Drago, que fais-tu ? Demanda Narcissa, non sans une légère impatience.
- Bonjour, finit-il par dire en restant raide.
Quoique dépitée de n'avoir qu'affaire à un gamin vaniteux et capricieux, Bellatrix demeura souriante (elle était passée maîtresse dans l'art de la fausseté et du jeu de rôle). Elle se laissa tomber dans un fauteuil, puis montra le siège situé près d'elle en s'adressant à son neveu :
- Viens, Drago. Il faut qu'on ait une petite conversation, toi et moi.
Interdit, il considéra le siège avec appréhension. Bellatrix voulut interpréter cette hésitation comme une timidité excessive, ainsi, elle poursuivit en faisant taire l'impatience qui la démangeait :
- Le Seigneur des ténèbres a de grands projets pour toi, il faut que je t'en parle. Pas plus tard que le mois dernier, il a dit que si votre rencontre se terminait sur une note optimale, il ferait de toi le successeur officiel de Lucius. Considère cela comme un honneur... Allez, viens t'asseoir.
- Drago ? Répéta Narcissa.
- J'ai quelque chose à faire. Je dois y aller, marmonna-t-il en évitant obstinément de croiser le regard de Bellatrix.
En moins de dix enjambées, il eu quitté le salon ; Bellatrix esquissa une grimace moqueuse en le suivant des yeux. Narcissa parut embarrassée par la réaction de son fils, car son teint clair vira au rouge. Elle se tordit nerveusement les mains tout en disant à sa sœur :
- Il n'est pas en grande forme, ces derniers temps, ne lui en veut pas. C'est sans doute l'absence de son père et la perspective des BUSE qui le mettent dans cet état... Et tu l'impressionnes probablement.
- Vraiment, Cissy ? Fit Bellatrix d'un ton cassant tandis que Narcissa s'installait près d'elle en refermant son châle autour de ses bras. En tout cas, il n'a pas osé t'avouer de vive voix qu'il en avait marre de son balais, je lui ai donc facilité la tâche, ajouta-t-elle en désignant les pièces du balais.
- Drago m'en parle depuis des mois et je lui ai promis de lui offrir un éclair de feu pour son prochain anniversaire. Seulement, il est assez impatient...
Une minute plus tard, elles cessèrent de parler du chérubin Drago et leur conversation finit par dériver vers un terrain beaucoup plus sombre ; en évoquant le 12 square Grimmauld, Bellatrix voulut s'informer concernant la santé de leur tante Walburga. La voix de Narcissa s'éteignit et devint bredouillante à ce moment-là, puis elle annonça à Bellatrix que Walburga avait quitté le monde des vivants suite à une longue maladie fatale sept ans avant son frère Cygnus, c'est-à-dire en septembre 1985. Une étrange colère dévora Bellatrix à cette annonce ; pour la première fois, un motif vint lui faire regretter ses années de détention à Azkaban. Ce fut un brusque retour vers le passé aussi soudain qu'inattendu, un retour qui se présenta sous la forme d'une larme unique. Cette larme déferla sur sa joue avec une telle lenteur qu'elle lui brûla littéralement la peau.
Très vite, Bellatrix désira être seule. Elle n'avait plus l'habitude d'être accompagnée de quiconque pour affronter la douleur depuis Azkaban, puisqu'elle avait appris à faire de la solitude sa seule compagne et son seul remède. Même la présence de Narcissa était un poids pour elle. Malgré les protestations de cette dernière, elle quitta donc le manoir Malefoy sur-le-champ.
...
Un peu par hasard, Bellatrix s'était retrouvée à Londres, oubliant un court instant l'urgence préconisée par son maître concernant le risque qu'il y avait à s'afficher aux yeux de tous. Mais, après tout, pourquoi elle, Bellatrix Lestrange, devrait-elle se cacher ? C'était devant le bâtiment qui abritait naguère la demeure familiale de sa tante qu'elle s'était plantée durant au moins quinze bonnes minutes en espérant retrouver les murmures, les bruits de voix, et les odeurs d'autrefois. Pourtant, il ne demeurait plus rien. Tout était devenu vide, délabré, et encore plus infesté de moldus qu'autrefois. Pourquoi tout semblait si différent, si contraire à ce qu'elle avait espéré ?
Toutefois, elle trouva son comportement bien sot ; la nostalgie, c'était pour les ignares et les faibles. Elle s'éloigna précipitamment du 12 square Grimmauld comme si on l'avait brûlé tout en se disant, pleine de culpabilité : « Maître... maître, pardonnez-moi de m'être un court instant détournée de vous, d'avoir regretté Azkaban ! ». Elle s'emmitoufla dans sa cape en apercevant un groupe de sorciers, et elle finit par transplaner de nouveau. La placidité de la campagne remplaça l'étroitesse des rues de Londres. Elle était chez elle. Elle dévala la colline qui surplombait sa maison, complètement laissée à l'abandon depuis la mort de Vinny. Cette vision lui donna envie de rebrousser chemin.
Lorsqu'elle tira la porte d'entrée, la présence de Rodolphus manqua de l'inciter à partir. Il se tenait au pied de l'escalier, un cigare à la bouche (cette nouvelle habitude qu'il avait renforçait l'exaspération de Bellatrix envers lui). Que fichait-il ici ? N'était-il pas supposé se pavaner elle ne savait où en compagnie de Rabastan et des autres fidèles ?
En éparpillant un nuage de fumée autour de lui, il la regarda avec un sourire en coin. Bellatrix passa devant lui en faisant mime de ne pas le voir, mais il lui attrapa le bras avant qu'elle ne soit hors de sa portée. En se préparant à lui assener un violent croche-pied s'il n'obéissait pas, Bellatrix dit :
- Qu'est-ce que tu me veux ?
- Où est-ce que tu vas dormir ? Lui demanda-t-il sournoisement.
Elle laissa éclater sa fureur en tonnant :
- Pas avec toi, si c'est ce que tu veux savoir ! Maintenant, dégage !
Sans qu'elle n'ait le temps de mettre à exécution son plan d'attaque, son mari la fit pivoter vers lui de façon à ce qu'elle ne lui tourne pas le dos, et elle ne sut comment répondre à un tel affront. Elle n'était guère accoutumée à tant de fermeté, voire à ce qu'on lui inflige une oppression. C'était un trait de caractère qui ne la séduisait que chez son maître, car nul autre que lui ne savait manier avec élégance l'autorité. Cependant, voir Rodolphus agir de la sorte avec naturel n'était pas sans la troubler un peu ; elle avait presque l'impression de se trouver devant le Seigneur des ténèbres.
- Cela fait deux heures que je t'attends, Bella, déclara-t-il d'un ton doucereux.
- Si c'est pour me ramener dans ta chambre, sache que c'est inutile, je n'irai jamais ! Il y a des tas de bouseuses qui te ressemblent dans la rue, va donc t'en chercher une !... Lâche-moi, je n'ai pas de temps à perdre avec toi !
Elle le gifla. Il sourit simplement en réaction à son geste.
- Tu as l'air d'avoir pleuré, remarqua-t-il ensuite en désignant l'une de ses joues qui portait encore la trace d'une larme. Il y a-t-il quelque chose qui t'a rendu malheureuse ?
- Va crever !
Sur ces mots, elle parvint à échapper à son étreinte. Ses pas la guidèrent jusqu'à la porte de sortie derrière laquelle elle se faufila sans hésiter. Sa baguette en main, elle fut parée pour verser toute son amertume et sa hargne sur les premiers moldus qui croiseraient son chemin.
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Quatre mois plus tard...
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Une mission de la plus haute importance fut bientôt délivrée aux mangemorts par Lord Voldemort ; chacun était fébrile à cette perspective, désireux de se satisfaire d'une récompense convenable en cas de victoire. La salle des prophéties, située au département des mystères, renfermait toutes les prophéties existantes qu'aucun pilleur n'avait encore réussi à approcher, et celle que convoitait le Seigneur des ténèbres avait participé à sa destruction il y a treize ans. Aucun mangemort ne savait ce qui rendait cette prophétie si précieuse, mais le ton menaçant de leur maître les avait dissuadé de prendre leur mission à la légère. Lucius Malefoy avait été désigné comme celui qui dirigerait les opérations, et Bellatrix allait devoir se contenter du rôle d'adjointe. Quand elle avait interrogé le maître concernant ce choix, il avait lâché froidement :
- Je ne peux pas te faire confiance.
Ses paroles l'avait complètement anéanti, à tel point qu'elle en avait été malade pendant plusieurs journées. Cependant, aujourd'hui, elle était bien déterminée à prouver à son maître ce dont elle était capable. Lucius ne lui volerait certainement pas la vedette !
Une vision falsifiée de toutes pièces (un pouvoir que seul le Seigneur des ténèbres détenait) avait été envoyé à Harry Potter afin de le contraindre à se déplacer jusqu'au ministère de la magie ; et si l'on en croyait les rumeurs, il était suffisamment sot pour jouer les héros à la moindre occasion, au détriment de sa propre vie. « Comme mon cher cousin », songea Bellatrix en sentant sa gorge se serrer machinalement. Les fidèles et elle patientaient au campement de Smootoff en attendant le signal d'alarme.
Lucius se tourna dans sa direction pour opiner :
- Bouder est inutile, Bella. Le Seigneur des ténèbres attend autre chose de toi.
- Je n'ai pas besoin que tu... ! Commença Bellatrix d'une voix virulente.
Avery les interrompit en s'écriant :
- Potter a trouvé la prophétie ! Partons !
D'un mouvement concomitant, tous les fidèles se téléportèrent alors. Ils se matérialisèrent une fraction de seconde plus tard dans une salle particulièrement étrange : une pénombre opaque était brisée par une vive lumière bleutée qu'émanait des globes en cristal de taille symétrique alignées en rangées interminables. Une sorte de grésillement assourdissant dotait le lieu d'une atmosphère pesante. Au loin, il y eut un faible murmure. C'était une voix d'adolescent :
- Il y a mon nom dessus.
Impatiente, Bellatrix voulut se rapprocher, mais Lucius lui emprisonna le poignet ; elle se dégagea sèchement. Ils s'avancèrent finalement en groupe vers les adolescents de façon progressive, et aucun d'entre eux n'eut la présence d'esprit de scruter les alentours, obnubilés comme ils étaient par la boule que tenait entre ses doigts crispés un garçon brun – probablement Harry Potter. À cette distance, il semblait aussi insignifiant que les autres : grand, maigrichon, avec les cheveux noirs en désordre. Mais ses camarades avaient l'air de beaucoup l'estimer, vu la manière dont ils l'observaient faire silencieusement. Bellatrix fut surprise de voir Potter frotter frénétiquement la boule : ce fut là un acte stupide digne d'un bambin de trois ans.
Qu'attendait-il, au juste ? Que des étincelles jaillissent de la surface en verre ? Elle contint un rire moqueur cependant que la voix de Lucius s'élevait pour dire :
- Très bien, Potter. Maintenant, retourne-toi lentement, gentiment, et donne-moi ça.
Quant aux autres fidèles, Rodolphus, Rabastan, Dolohov, Avery, Macnair, Crabbe, Nott, Rookwood, Jugson, et Mulciber, ils se séparèrent pour sceller toutes les entrées du passage. Potter les aperçut enfin, et la rousse à côté de lui, qui avait un air de famille incontestable avec Prewett, adopta une expression horrifiée. Potter, quant à lui, les brava du regard, bien qu'il fût extrêmement raide. Lucius lui demanda à nouveau avec une fausse courtoisie de lui donner la prophétie. Mais Potter refusa et couina comme un enfant capricieux :
- Je veux savoir où est Sirius !
Bellatrix ne perdit guère une occasion de l'imiter pour le ridiculiser davantage tout en le contemplant à la lumière du jour : décidément, il n'avait vraiment rien d'incroyable. Même le petit brun rond derrière lui paraissait posséder plus de prestance. Elle s'amusa de voir Potter jouer les chefs auprès des autres gamins, et Lucius l'informa de ceci :
- Oh, tu ne connais pas Potter comme je le connais, Bellatrix. Il a une faiblesse très marquée pour le mélodrame. Le Seigneur des ténèbres a très bien compris cela chez lui. Et maintenant, donne-moi cette prophétie, Potter.
Potter réclama de nouveau Sirius. « Le petit bébé veut que tonton Sirius vienne le sauver », se dit Bellatrix, hilare. Elle perdit toutefois patience face à l'arrogance de l'adolescent et ressentit une hargne telle qu'elle n'en avait jamais ressenti quand il lui lança avec dédain à propos de la prophétie :
- Comment se fait-il que Voldemort ait tellement besoin de ça ?
- Tu oses prononcer son nom ? Murmura Bellatrix, folle de rage.
- Je n'ai aucune difficulté à dire Vol...
- Ferme-la ! Tu oses prononcer ce nom avec tes lèvres indignes, tu oses le souiller avec ta langue de sang-mêlé, tu oses...
- Vous saviez que lui aussi était un sang-mêlé, comme vous dites ?
Interdite, Bellatrix se retrouva déstabilisée par Potter pour la première fois. « Le Seigneur des ténèbres, un sang-mêlé ? Un sang-mêlé ?... Impossible ! » pensa-t-elle, prise au dépourvu.
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Merci aux lecteurs de m'avoir suivi jusqu'ici. Comme toujours, vos avis seront accueilli avec la plus grande bienveillance^^ A bientôt!
