Salut bande de gens !

Voili-voilou la suite du chapitre !

En espérant que ça vous plaira !


Une fois le chagrin un peu apaisé, la rage prit sa place dans le coeur du Pirate Démon. Il ne pardonnerait jamais un tel affront, même venant de son jouet préféré.

"Sherlock Holmes; grogna-t-il... Tu as gagné cette fois... mais souviens-toi de mes mots : tu me le paieras..."


Chapitre 6,2 (3)

Sans rien savoir des menaces de son ennemi, Sherlock regardait avec mépris le corps sans vie de Moran. Certes, ce n'était guère la première fois qu'il prenait une vie, en tant que pirate il avait déjà tué et pas qu'une fois. Mais étrangement, ce meurtre ne lui apporta aucun sentiment particulier. Il n'était ni attristé d'avoir dû tuer un innocent, ni honoré d'avoir vaincu un combattant acharné, ni satisfait d'avoir débarrassé le monde d'un monstre à l'apparence humaine. La seule sensation qu'il ressentait, c'était d'avoir fait ce qu'il fallait.

Moran avait fait souffrir des centaines d'innocents, dont sa Navigatrice, et avait manqué de tuer son Merlien adoré. Cet assassin n'avait que ce qu'il méritait.

"Al, Salem; dit-il en se dirigeant vers l'Infirmerie; débarrassez-vous du corps. Moi je vais voir comment va John.

-A vos ordres, chef; dit Al en se redressant.

-Fouh ! sourit Salem. Ça c'était du combat comme je les aime ! Maintenant j'ai plus qu'une envie, c'est dormir !

-Désolé de t'annoncer ça, mais il faut d'abord mettre le corps au repos.

-D'accord, mais comment on fait ça ?

-On lui coupe la tête et on balance le tout dans la mer."

Pour illustrer son propos, Al leva son épée et trancha d'un coup sec la gorge du meurtrier sous les yeux choqués de Salem et Mor'dy.

Dans le monde de la navigation, décapiter le cadavre d'un marin et ne pas lui donner les derniers sacrements revenait à ne pas lui donner le droit à une véritable sépulture marine et à condamner son âme aux flammes de l'Enfer.

Salem avait entendu parler de ce genre de pratiques, mais il n'avait jamais eu l'occasion de mettre un corps dans la mer (encore heureux). Aussi, la férocité de l'acte le choqua.

"Euh... Al... osa-t-il dire en voyant son ami jeter le corps dans l'eau. Je croyais qu'on devait mettre le corps au repos.

-Je n'ai jamais dis qu'il devait forcément reposer en paix. Ne compte pas sur moi pour avoir une quelconque sympathie pour cet homme. De toute façon, là où il ira, il n'aura que le châtiment qu'il mérite."

Il était bien connu que les Hispaniques étaient très religieux. Al lui-même faisait une dernière prière pour ses ennemis à chaque fois qu'il les tuait. Mais hors de question de reconnaître à ce monstre le même droit de sépulture qu'à un homme véritable. Cependant, il ferait plus tard une prière pour toutes les victimes de Moran, espérant que leurs âmes pourraient enfin trouver le repos.


A l'intérieur du navire, les soins continuaient sur le blessé. Sherlock entra au moment où Molly avait préparé un onguent pour faire cicatriser la plaie plus rapidement. John lui, était toujours inconscient et pâle comme un linge, et avait des difficultés à respirer.

"Molly ! appela le brun.

-Capitaine ! Est-ce que Moran est mort ? demanda-t-elle.

-Oui... Comment va John ?

-Toujours en vie mais... la plaie est vraiment très profonde et il y a un risque d'infection. J'ai préparé un onguent pour éviter ça. Redressez-le et je pourrais l'appliquer sur son dos.

-D'accord."

Sherlock se mit de l'autre côté du lit du malade et redressa le corps endormi de John en le serrant contre son torse, laissant le champ libre à Molly pour examiner sa blessure. En sentant le souffle affaibli de son bien-aimé, le pirate consultant ne pu s'empêcher de ressentir une profonde culpabilité. S'il avait mieux résisté à Moran, le Merlien n'aurait pas eu à sauter devant lui pour le protéger.

Si jamais il le perdait... non, il préférait encore ne pas y penser.

John... je t'en prie, tiens bon...


Pendant ce temps, Amy était restée dans sa chambre et avait patiemment attendu que le vacarme du combat laisse place au silence. Cette attente l'avait fait se plonger dans ses pensées. Tout se mêlait dans sa tête sans qu'elle ne réussisse à faire le tri. L'ouverture de la porte la fit quitter ce tourbillon incohérente pour voir Al entrer chez elle. Son ami s'assit à ses côtés en sortant les lunettes de sa poche.

"Tiens; dit-il. Je ne sais pas comment, mais tes lunettes n'ont pas été brisées malgré tout ce qui est arrivé.

-Merci; dit-elle en les reprenant sans les remettre. Et pour Moran ?

-Mort. On l'a décapité et jeté par-dessus bord. Il ne fera plus de mal ni à toi ni à quelqu'un d'autre.

-Je vois... dit-elle en serrant ses poings.

Elle détourna le regard et continua :

-Il est enfin mort... Tu m'as aidé à venger mes parents... Grâce à toi, ils pourront enfin reposer en paix. Merci... De tout mon coeur... merci Al..."

Des larmes de joie et de soulagement coulèrent alors sur ses joues. Bien qu'Amy frottait ardemment de ses deux mains, elles tombaient sans discontinuer. Toute la tristesse, toute la frustration et toute la rancœur qu'elle avait enfoui dans son coeur, maintenant que leur objet d'attention n'était plus, s'évacuaient dans ces pleurs.

Malgré le soulagement qu'elles représentaient, Al n'aimait pas voir Amy pleurer. Alors il leva sa main droite et frotta sa joue avec son pouce pour effacer les traces de larmes. Quand elle se calma un peu, il put lui poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis tout à l'heure :

"Ça va aller pour toi ?

Elle hocha positivement la tête, les joues rouges d'avoir trop pleuré.

-Tu aimerais être seule ?

Nouveau hochement positif.

-Mais est-ce que tu le veux vraiment ?

Cette fois, le hochement fut négatif. Elle ne voulait pas faire face au travail de deuil toute seule. Comprenant ce qu'il en était, Al s'allongea sur le lit et tapota l'oreiller.

-Viens; dit-il; installe-toi à côté de moi."

Toujours silencieuse, Amy s'allongea à son tour, face à son ami. Al l'entoura de ses bras et la serra contre son torse.

"Tu te sens mieux ? demanda-t-il.

- ... oui..." dit-elle les joues rouges.

Elle ferma les yeux et se détendit grandement. Peut-être qu'un petit somme lui serait bénéfique.

Al la serra encore plus fort contre lui, prouvant que quoi qu'il arrive, il serait là pour la soutenir. Enfin ses cauchemars n'auraient plus raison d'être.


Quelques heures plus tard, dans l'Infirmerie, John était rallongé sur le dos et commençait à se réveiller sous l'oeil de son médecin de bord et de son capitaine. Ce dernier se rendit compte du réveil du Merlien, et fut au taquet.

"John ! dit-il en se rapprochant. Est-ce que ça va ? Comment tu te sens ?

-Tout doux Capitaine ! dit Molly. Il est toujours blessé.

-Ça va Molly... dit John d'une petite voix. Pour... être honnête... je me sens vraiment horrible. Et Moran ?

-Mort et jeté à la mer, John.

-Très bien... Tout le monde va bien ?

-Ça va pour tout le monde; dit Sherlock avec un petit sourire. Tu devrais t'inquiéter pour toi... Tu... Tu n'avais pas à sauter comme ça sur la trajectoire de la balle.

-Il allait vous tuer Capitaine; justifia John en se redressant un peu. Je n'avais pas d'autre choix. Et puis ce genre de blessure ce n'est rien... elle guérira bientôt...

-Comment ça, 'elle guérira bientôt' ?

-Rien, juste... ça ira, ne vous inquiétez- Ah !"

Tout d'un coup, John fut foudroyé par une nouvelle vague de douleur. Il s'évanouit de nouveau et s'écroula dans les bras d'un Sherlock paniqué.

"John ! l'appela-t-il.

-C'est le poison ! expliqua Molly. Il faut que je retire la balle, mais..."

Leur discussion fut interrompue lorsque Greg ouvrit la porte, l'air contrit.

"Capitaine... appela-t-il. Hum... vous avez un visiteur.

-Quoi ? cria presque l'interpellé.

-Eh bien..."

Pour le plus grand malheur de leurs nerfs, Mycroft Holmes flambant neuf dans son costume rouge de gouverneur marcha sur le pont et apparu à l'embrasure de la porte. Il était accompagné d'Anthéa, toujours aussi calme et le suivant à la trace. De sa voix la plus hautaine, le politicien dit :

"Je vois que tu t'es encore mit dans une belle galère, petit frère.

-Mycroft... grinça Sherlock en voyant l'intrus.

-Pourquoi tous nos problèmes viennent toujours en double ?" demanda un Greg blasé.

Quelques minutes plus tard, John se réveillait une nouvelle fois. Il était toujours allongé sur son lit de malade, mais cette fois le Capitaine n'était plus ici.

"Ah, John; dit Molly à ses côtés; tu t'es enfin réveillé.

-Molly, que se passe-t-il ? demanda John, le corps lourd. Où est passé le Capitaine ?

-Sur le pont, avec un visiteur. Ecoute John... une fois que j'aurais retiré la balle...

-Mon pouvoir de guérison fera le reste.

-C'est bien ce que je craignais. Ta blessure est très profonde... La balle est pratiquement passée à travers ton épaule..."

Cette information inquiéta le Merlien. Selon la profondeur de la plaie le pouvoir de guérison des Merliens leur causait plus ou moins de douleur pendant le processus de guérion. Une légère coupure ne faisait qu'une petite piqûre sans dommage. Une lame ou une balle qui traverse la peau avec du poison en plus...

John savait que s'il décidait de retirer la balle, le processus de guérison allait tellement le faire souffrir qu'il risquait de mourir. Mais il s'était promis de faire tout ce qui était en son pouvoir pour aider le Capitaine à combattre le Pirate Démon. A quoi allait-il servir s'il restait dans un lit pour le reste de leur voyage ?

"Il faut le faire; décida-t-il.

-Mais John... voulu protester Molly.

-J'en ai tout autant conscience que vous, Molly; répliqua le Merlien. Je... Je vais essayer de tenir... Même si ce sera compliqué..."

Molly était totalement contre, en tant que médecin et en tant qu'amie. Mais elle savait aussi à quel point il était entêté, alors elle décida d'accepter. Ayant déjà observé les conséquences ce genre de réactions, elle demanda :

"De combien de personnes penses-tu avoir besoin ?

- ... Autant que possible."


Sur le pont, le reste de l'équipage s'était rassemblé pour savoir ce qui allait arriver à leur Merlien. L'inquiétude était palpable et seuls les visiteurs, bien qu'au courant de la situation, ne partageait pas ce sentiment. Même Sherlock ne cachait pas son soucis, ce que remarqua son cher grand frère.

"Pourquoi es-tu si inquiet ? demanda le politicien.

-Je ne voie absolument pas de quoi tu parles; nia le pirate. De toute façon, qu'est-ce que tu fabriques ici ?

-Je n'ai pas le droit de venir voir comment va mon frère de temps en temps ? Plus sérieusement, je suis surpris de te voir te faire du souci pour une seule personne. Un Merlien en particulier."

Le débat fut interrompu par l'apparition de Molly, le visage grave.

"Molly; demanda Sherlock. Alors ?

-Je continue le traitement; expliqua-t-elle; mais je vais avoir besoin d'aide. Salem, Al, Amy et Mrs Hudson, venez avec moi.

-Que se- demanda Sherlock.

-Capitaine; interrompit Molly... Attendez dehors, je vous prie."

Molly partit avec les membres de l'équipage qu'elle avait appelé sans plus d'explication, sous l'étonnement de Sherlock qui ne comprenait rien.

"Tu sais qu'elle cache quelque chose; s'immisça Mycroft. Pourquoi ne pas aller voir ce qu'il se passe ?

-Ça ne te regarde pas; grogna son cadet. Arrête de te mêler de mes affaires !

-Pourquoi te mets-tu sur la défensive ? J'ai simplement suggéré que tu ailles découvrir la vérité par toi-même. De toute façon, pourquoi t'inquiètes-tu de savoir ce qui va arriver à ce Merlien ?

-Il... Il m'a sauvé la vie à plusieurs reprises et j'ai une dette envers lui.

-C'est tout ?

-C'est tout ! Maintenant laisse-moi tranquille !"

Mycroft connaissait son petit frère comme personne. Il savait parfaitement quand il lui mentait. Et là, il n'y avait aucun doute que Sherlock lui cachait quelque chose de plus profond qu'une simple dette d'honneur.


Les membres de l'équipage étaient dans l'Infirmerie sans comprendre pourquoi ils étaient tous ici. Molly demanda silencieusement si John était certain de ce qu'il voulait. Pour la dernière fois, John hocha la tête fermement mais aussi avec un regard hésitant. Maintenant au pied du mur, Molly dit à haute voix :

"Préparez-vous, ça va commencer..."

Armée d'une pince en métal, elle retira d'un coup la balle de mousquet de l'épaule.

Et l'Enfer se déchaîna alors dans le corps du jeune Merlien.


Désolée de vous annoncer ça, mais ça va pas s'arranger avec le temps. Préparez les mouchoirs.

Je rappelle que rien de tout cela ne m'appartient, à part la traduction. Les personnages appartiennent à Conan Doyle, Moffat et Gatiss (alias le Diable et son bras-droit X-D). Quant à l'histoire, l'univers et les OC, ils sont la propriété de Atsyrc.

A la prochaine et merci encore pour votre providentielle patience ! *se consterne à vos pieds*