High Anxiety (Edwardsbloodtype)
Traduction autorisée
Disclaimer: tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer et l'histoire en version originale à Edwardsbloodtype.
Rappel : cette fic est classé M, il y est décrit de façon explicite d'usage de drogue et de consommation d'alcool par des mineurs et de sexe.
Merci aux non-inscrites Pat nat, Elsa, Mylene et à celles dont la messagerie n'est pas ouverte 2L d'R, Lisa1905, et bien sûr à toutes les autres à qui j'espère avoir répondu. Vos réactions ont été partagées et beaucoup auraient voulu lyncher Bella. Alors voyons si ce très long chapitre vous fera changer d'avis ou du moins mieux la comprendre.
Toujours une pensée spéciale à Space Bound Rocket qui m'aide toujours dans cette affaire.
~High Anxiety~
Chapter 34 ~Scars that Won't Heal
(Des cicatrices qui ne veulent pas guérir)
Alicia Keys~ Love Is My Disease
~Bella~
Edward, tu me manques.
Je savais que tu me manquerais, mais c'est juste… insoutenable.
Je pleure beaucoup.
Beaucoup.
Je veux juste que tu saches que je suis vraiment désolée de t'avoir quitté.
Je suis désolée.
Je suis tellement, tellement désolée.
Après avoir abandonné mes prières du soir, à la place je pris l'habitude de parler à Edward. Je savais qu'il ne pouvait pas m'entendre, mais d'une certaine façon, j'espérais qu'il puisse sentir que je l'aimais toujours. J'espérais qu'il connaisse encore les mots que je ne pouvais plus lui dire tout haut.
Ma thérapeute m'avait dit que les gens qui traversaient une rupture éprouvaient souvent les mêmes émotions d'un chagrin semblable à lorsque quelqu'un meurt. Elle avait aussi mentionné qu'il y avait cinq étapes dans le deuil: le déni, la colère, la négociation, la dépression et l'acceptation. Edward semblait avoir trouvé lui-même un joli petit créneau directement entre les phases de la colère et de la dépression et s'y était installé de façon tout à fait confortable.
C'était exaspérant.
Lorsque le Dr Greene avait appelé pour mon suivi, après ne pas l'avoir contactée comme elle l'avait demandé, elle m'avait dit qu'Edward avait probablement besoin de se sentir en colère contre moi pour faire face à la situation et à la perte de contrôle sur tout ça. Je ne m'étais pas rendue compte que dans notre relation, il tenait tout sous contrôle et c'était en quelque sorte instructif de faire remonter ça à la surface. Il était toujours celui qui dictait ce que nous pouvions et ne pouvions pas faire et quand je l'ai quitté, il n'a probablement pas su comment gérer ça en n'ayant plus la main mise. D'une manière très tordue je me sentais en fait désolée de lui avoir enlevé le seul petit bout de contrôle qu'il avait sur son libre arbitre.
Mais comme je le craignais, il avait un sacré courage pour être très en colère contre moi, alors qu'il était celui qui avait tort là. Certes, je comprenais combien il avait pu être blessé en pensant que je l'avais rayé en ne portant pas ses cadeaux, que j'aimais beaucoup en passant et n'avais aucune intention de les lui rendre, même si son avocat se présentait à ma porte pour les placer sous scellés comme preuve ou autre. Ces bottes Dior iraient avec moi dans la tombe et si Edward voulait les reprendre, il aurait à les arracher à mon corps froid et mort, probablement encore vierge.
Ce n'était le fait qu'elles soient, en effet, des Dior, c'était qu'il m'avait suffisamment prêté attention pour remarquer que je les admirais… les trouver sur le net et je ne sais comment réussi à les avoir à la bonne taille. On dit que c'est la pensée qui compte et il a mis beaucoup de pensées en elles. C'était ce qui comptait le plus pour moi.
Mais il avait immédiatement sauté aux conclusions dès qu'il avait entendu une rumeur comme quoi j'étais allée au cinéma avec Jake— putains de grandes gueules de Lauren et sa stupide sœur qui prétendent être toutes sympa et amies avec moi seulement pour raconter des merdes dès le lendemain— et à dire vrai, je comprenais ça aussi. Rien de tout ça n'était intentionnel pour blesser Edward. En fait, la seule raison pour laquelle j'étais même allée faire du shopping, était que j'étais tellement déprimée par la perte de sa présence dans ma vie, en premier lieu de l'avoir quitté quand je savais qu'il avait le plus besoin de moi, que je devais faire quelque chose pour le sortir de mon esprit. Faire du shopping me faisait presque toujours me sentir mieux, et pendant environ une heure et demie, ça marcha. Mais ensuite alors que je quittai le centre commercial, je réalisai que je devais rentrer dans une maison froide et vide et me préparer moi-même un mac cheese surgelé quand normalement j'aurais été chez les Cullen à manger quelque chose à base de tofu pour le dîner et ça me fit vouloir chialer... et appeler Edward dans un accès de larmes. Je devais absolument éviter ça.
Quand j'étais tombée sur Jake, il m'avait dit que la fille avec qui il était supposé sortir avait annulé leur rencard et il avait suggéré qu'on se fasse une pizza et un film. J'étais vraiment soulagée pour dire la vérité. A me sentir aussi pitoyable, je ne pouvais pas refuser sa compagnie mais je m'assurai qu'il savait que ce n'était pas un rencard. Jake me regarda comme si j'étais folle, me rappelant que vu notre différence d'âge il pourrait être arrêté pour même avoir pensé à une telle chose. Ensuite je me sentis vraiment stupide pour penser qu'il aurait pu penser que c'était un rendez-vous, mais il fut vraiment sympa et me taquina là-dessus le reste de la soirée.
Tout cela était complètement inoffensif et en fait il m'avait vraiment fait rire quelques fois ce que je n'avais pas fait depuis un certain temps. C'était fun d'être juste amie avec un gars sans aucun sous-entendu. C'était aussi sympa d'être en mesure de parler avec quelqu'un qui ne connaissait pas Edward ou sa situation et qui n'avait pas de parti pris d'une manière ou d'une autre. Rose et Alice avaient été remarquables pour ma santé morale mais il était difficile pour elles d'être totalement objectives alors qu'elles étaient amoureuses et couchaient avec les frères de mon ex.
Ex… mon Dieu que je détestais ce mot. Il sonnait comme définitif.
La grosse affaire pour moi était le fait que j'aimais Edward à en mourir et que je ne voulais pas le laisser s'en aller, mais je devais le faire. Est-ce que je le regrettais? Diable oui, chaque seconde, au point de garder mon téléphone à la main toute la nuit, bataillant avec mon subconscient têtu et déprimé pour ne pas l'appeler. Je le voyais apparaître en ligne quelques fois aussi et je voulais juste le contacter par messagerie instantanée pour voir comment il allait, mais vraiment, que diable allais-je dire?
"Comment se porte ton cœur après que je l'ai piétiné avec les bottes à neuf cents dollars que tu m'as offertes à Noël?"
Que peut-on dire à la personne qu'on aime mais avec qui on ne peut pas être pour son propre bien? Qu'on fait les choses bien par amour pour lui?
J'étais complètement perdue quant à quoi faire, et même si mes amies m'apportaient étonnamment leur soutien, elles n'étaient pas d'une grande aide dans le domaine des conseils pour petit ami, considérant qu'elles étaient toutes les deux aussi novices que moi en matière de relations amoureuses. Alice était inflexible à mon sujet pour que je tienne bon car elle savait, comme nous le savions toutes, qu'à la seconde où j'entendrai sa voix je céderai et que ça ne ferait de bien ni à l'un ni à l'autre. Rose, chose étonnante, voulait me voir essayer de maintenir une sorte d'amitié avec Edward, compte tenu de tout ce que nous avions vécu. Je pense que son avis avait grandement été influencé par Emmett. Il savait qu'Edward avait mal et je suis quasiment sure qu'il voulait juste que la souffrance de son frère soit moins grande. Je ne voulais pas qu'il ait mal et je ne voulais pas être sans lui. Je savais juste que c'était la bonne chose pour l'instant. Si je continuais à tout permettre à Edward, il ne prendrait jamais l'initiative de devenir plus fort.
Les choses avec mon père allaient remarquablement mieux. Depuis qu'il avait installé le système d'alarme, il connaissait mes allées et venues (pas que j'avais beaucoup de vie sociale) et habituellement les jours où il était retenu à Seattle pour son travail, il appelait deux fois par jour pour vérifier. Cette surprotection était agaçante au début, mais ensuite la plupart du temps nous parlions pendant un petit moment et c'était en fait devenu en quelque sorte sympa. Il était aussi beaucoup plus à la maison et nous dînions souvent ensemble avant qu'il ne reparte à la ville. Il commençait en fait à me manquer quand il était parti. Mais pas beaucoup trop.
Le cadre en bois de la pancarte "A Vendre" était toujours en place sur la pelouse de devant; cependant, la véritable pancarte avec toutes les infos avait mystérieusement disparue. Et quand la stupide bonne femme autoritaire de l'agence immobilière l'avait remplacée… deux fois, d'une manière ou d'une autre elle continuait à manquer. J'espérais juste ne pas avoir un pneu crevé et avoir besoin de ma roue de secours parce qu'il y avait trois lourdes pancartes en métal qui bloquait l'accès.
Je n'avais pas donné à mon père ni à Maggie les détails de ce qui s'était passé entre Edward et moi. Je leur avais mentionné que nous étions en désaccord et que nous faisions un break pour le moment car ce n'était pas un mensonge et la dernière personne à qui j'aurais fait savoir la vérité sur ce qui était vraiment arrivé, était mon père. Je n'étais pas près de faire taire ses doutes sur mon petit ami en jetant de l'huile sur le feu plus qu'il n'en fallait. Parce que j'espérais toujours que nous retrouverions chacun notre chemin et je ne voulais pas que son opinion sur lui soit plus ternie qu'elle ne l'était déjà. J'avais appris des nombreuses indiscrétions passées de ma mère, quand elle déblatérait sur un ex-petit ami et qu'ensuite elle le reprenait, qu'elle s'attendait à ce que je lui pardonne de la même façon qu'elle le faisait, seulement il m'avait toujours été impossible d'oublier les mauvaises impressions qu'elle m'avait données de lui.
Les choses entre Edward et moi étaient bizarres, au mieux. Il m'ignorait, je l'ignorais… et nous donnions à l'autre une distance respectable. D'accord, je ne faisais peut-être que semblant de l'ignorer mais tout ce que je faisais était de le regarder quand je savais qu'il ne me surprendrait pas, et j'avais adroitement appris comment poursuivre une conversation au-dessus du brouhaha de la cafétéria tout en restant capable de localiser essentiellement sa voix au-dessus des clameurs.
J'avais aussi enrôlé Alice, Rose et même Angela pour être sûre de continuer à être informée de toute chose majeure ou mineure qui se passait dans sa vie, parce que je n'étais pas prêtre ou pas vraiment disposée à le laisser totalement s'en aller. Je suppose que sachant qu'il ne pouvait pas être avec quelqu'un d'autre et le fait qu'il soit si émotionnellement bousillé, me donnait en quelque sorte un sentiment de sécurité car je n'aurais pas à gérer le trouver se consolant dans les bras d'une autre fille… à moins qu'elle n'ait plus de dix-huit ans… et c'était la partie pour laquelle je continuais à être dans le déni, choisissant d'ignorer que c'était une option possible pour lui. C'était aussi ce que j'avais toujours le plus craint.
Mais malgré tout cela, Edward était resté véritablement en colère contre moi, et ça me faisait vraiment mal. J'avais essayé de lui parler l'air de rien à quelques occasions mais il m'aboyait juste dessus et c'était vraiment blessant alors j'avais cessé d'essayer et lui donnais de l'espace. J'étais tellement, tellement triste qu'il ait disparu de ma vie.
Il s'asseyait à trente centimètres de moi au déjeuner et en bio, mais ne prononçait pas un mot durant nos travaux de laboratoire pour lesquels nous travaillions séparément pendant que le reste de la classe collaborait. Nous préparions tout un repas en cuisine ne parlant à l'autre que quand c'était absolument nécessaire, et "Tu veux bien me passer le verre mesureur," n'est pas ce qu'on appelle une conversation à mon avis.
Je me sentais si stupide car honnêtement je pensais que nous pourrions redevenir des amis comme nous l'étions au début. Je veux dire, ça n'aurait pas dû poser vraiment de problèmes parce que ce n'était pas comme si nous avions à gérer la maladresse de ne pas s'étreindre ou s'embrasser et les trucs intimes en général. Mais j'étais furieuse… furieuse et il était furieux alors que j'étais celle qui avait été trahie et blessée par ses actes négligents et risqués et j'étais même encore plus furieuse qu'il ait pris le contrôle de la situation, la retournant comme si c'était lui le principal furieux. N'était-ce pas injuste? Quel culot…
Ce ne fut qu'après un après-midi coincée sur les gradins durant la gym que je fus contrariée. Je geignais sans cesse sur combien je pensais que peut-être il ne m'aimait pas autant que je croyais car sinon il voudrait au moins qu'on soit ami ou peu importe et non me rayer complètement de sa vie. Rose et Alice échangeaient des regards bizarres et je sus qu'elles savaient quelque chose que je ne savais pas. Rose était très réticente mais sentit qu'elle avait l'obligation de me faire savoir qu'elle avait surpris deux fois Edward essayant de jeter en cachette un coup d'œil par ma fenêtre le soir. Il m'avait presque certainement rayée de sa vie mais gardait une partie très privée et personnelle de moi rien que pour lui.
Même si l'intention de Rose n'était pas de me mettre en colère ni de faire avoir des ennuis à Edward mais simplement me prouver qu'il faisait toujours attention à moi, en réalité ça donna le contraire.
Comme une ampoule qui s'allumait lentement, je commençais à réaliser qu'à quelques occasions, il était arrivé qu'il fasse des commentaires sur ce que je portais ou quelque chose dans ce sens qu'il ne pouvait savoir qu'en m'ayant regardée à travers la fenêtre. Je ne pouvais que présumer qu'il fasse ça souvent et le faisait depuis un certain temps. J'étais absolument consternée et hors de moi qu'il ait gardé ça de moi, considérant que c'était un scandaleux manque de respect et une atteinte à ma vie privée. Ce n'était pas en fait qu'il l'ait fait car très honnêtement si j'avais su qu'il pouvait me voir à travers les arbres, j'en aurais profité pour lui offrir un petit show. Mais nous avions été ensemble six mois et étions passés par tellement de choses en si peu de temps, jusqu'à même être sur le point de nous marier, et il n'avait pas pu me révéler cette information? Et si Jasper ou Emmett étaient sortis fumer ou je ne sais quoi et m'avaient vue? Ou Dieu m'en garde Carlisle?
Consternée et blessée, je l'avais confronté au lycée alors qu'il fumait, cinglante et voulant lui envoyer mon poing dans sa stupide et magnifique face brisée. Quand il m'avait dit qu'il m'avait regardée avant que nous nous soyons rencontrés, j'avais flippé au petit sourire qui effleurait le coin de ses lèvres. Une personne extérieure ne l'aurait probablement pas remarqué, mais moi… la personne qui connaissait tout de ses expressions du visage comme ma poche… je savais que ce semblant de sourire en coin signifiait qu'il pensait que c'était amusant. Amusant putain?
Après ce que j'avais traversé en Californie, la violation de ma vie privée et toute ma vie disséquée par des affreux adolescents voyeurs, je ne pouvais pas croire qu'il avait l'audace de penser que c'était distrayant. La nonchalance d'Edward par rapport à toute chose me rendait furieuse… comme s'il s'attendait à ce que je pense que tout aille bien simplement parce qu'il était mon petit ami et qu'il m'avait vue nue auparavant. Eh bien, ça n'allait foutrement pas bien, en particulier depuis qu'il avait admis ouvertement qu'il l'avait même fait avant de connaître mon putain de nom. En tant que femme, profondément méprisante, je lui fis passer un message clair que ce qu'il faisait n'était absolument pas correct.
Seulement, quelques jours après avoir abandonné la boite contenant le pénis étincelant sur sa voiture, je regrettai profondément de le lui avoir retourné. Dans mon esprit, je me souvenais comme nous avions tant rit quand nous l'avions fait et combien il était si fier de lui de l'avoir créé à la perfection du premier coup. Je me souvenais de la façon dont nous avions pris notre pied tous les deux et mon Dieu, ce que ça me manquait. Il me manquait. Je ne pouvais qu'imaginer l'expression blessée sur son visage pour lui avoir retourné la chose qui représentait tant de nous. Mais je ne pouvais lui laisser savoir ça. Je refusais de le laisser profiter davantage de moi et le laisser me marcher dessus. J'avais besoin de reprendre un peu de contrôle.
Et donc nous avions continué à être en colère après l'autre, nous ignorant et nous évitant. Je lui lançais des regards dédaigneux et le regardais avec mépris de temps en temps juste pour marquer un point. Quelques fois je me rappelais qu'il était vraiment très mal à ce moment-là mais je ne pouvais juste pas passer au-dessus d'une autre trahison de sa part.
Environ une semaine après lui avoir redonné le pénis étincelant, je me réveillais à la lumière aveuglante traversant la fenêtre et aux sons de voix fortes et de métal raclant furieusement sur les pavés. Alors je me sortis du lit, groggy et furieuse d'avoir été réveillée si tôt un samedi. Je jetai un coup d'œil par la fenêtre, frottant mes yeux pleins de sommeil.
Tout était recouvert d'une épaisse couche de neige, vraiment blanche contre l'écorce noire des arbres. Ce devait être dû à l'altitude car dans cette partie de l'état de Washington il ne neigeait pas souvent, mais de temps à autres, ça s'y mettait. Il y en avait au moins vingt centimètres sur le sol avec des flocons duveteux qui tombaient encore et ça me rappela Noël à Chicago, me faisant instantanément sourire à ce souvenir.
Je restai plantée là fixant ébahie Jasper, Emmett et Edward, sur leur trente et un en anorak et après-ski, pelletant la neige de mon allée. Je pouvais voir qu'ils avaient fait celle de la maison d'Alice de l'autre côté de la rue et j'étais prête à parier qu'Esmé avait quelque chose à avoir avec ce geste de bon voisinage.
J'étais tellement occupée à fixer Edward avec son bonnet noir que je fus surprise quand Jasper lança une boule de neige à ma fenêtre, éclaboussant la vitre de blanc. Il m'avait hurlé quelque chose mais c'était assourdi, aussi j'ouvris la fenêtre, laissant de petites piles de neige fraîchement tombée s'amonceler sur le rebord.
"Qu'est-ce que vous faites?" hurlai-je en me penchant par-dessus le rebord. L'air était absolument glacé. Je m'enveloppai instinctivement dans mes bras, me souvenant que je n'avais qu'un tee-shirt blanc sans soutien-gorge et un pantalon de pyjama en flanelle.
Jasper hurla plus fort, "On peint la putain de Chapelle Sixtine, à quoi ça ressemble?" Je roulai des yeux, esquivant une autre boule de neige lancée par Emmett. Edward continuait à pelleter, me lançant un rapide regard inexpressif. Ses joues éraient rosies et il semblait vraiment avoir froid. Je savais qu'il détestait le travail manuel et j'imaginai qu'il devait probablement avoir épuisé tous les jurons de son vocabulaire en faisant son devoir de bon voisinage.
"Vous n'avez pas à faire ça," hurlai-je, sonnant comme si je n'étais pas reconnaissante mais ce n'était pas ce que je voulais dire.
Emmett gloussa. "Oh, préférerais-tu ramener ton cul fainéant ici et le faire toi-même?"
Je haussai les épaules avec un ricanement alors que je faisais signe de la main. "Eh bien, continuez alors."
"Hé, balance-moi les clés de ta voiture comme ça on pourra finir l'allée." Je levai l'index à Jasper pour lui dire d'attendre une minute.
Je fermai la fenêtre, passai un sweat-shirt et des pantoufles, pour rejoindre le rez-de-chaussée. Après je balançai mes clés à Jasper, préparai quatre mugs de chocolat chaud, en mis trois sur un plateau et le posai sous le porche de devant fraîchement déblayé. A nouveau, Edward pris un bref moment pour croiser mon regard et continua à pelleter.
Passant la tête par la porte de devant je les appelai, "Hé, les gars vous voulez petit déjeuner?" Après les avoir vus travailler si dur il semblait qu'ils avaient bien besoin d'un break. "Je peux vous préparer des pancakes ou autre chose."
Emmett répondit avec enthousiasme, "Diable ouais!"
Je commençai par les pancakes et sortis une autre poêle pour faire frire du bacon. Je savais que je passerais probablement toute la boite de préparation et une bouteille entière de sirop, mais peu importe, j'étais simplement contente de pouvoir les rembourser d'une manière ou d'une autre. En vérité, je ne savais même pas si nous possédions une pelle à neige et je n'avais pas honte d'admettre que je n'avais vraiment pas beaucoup d'expérience en matière d'entretien de l'extérieur.
Quand j'eus une pile d'environ trente centimètres de pancakes, je mis la table pour quatre, anxieuse sur quoi faire avec Edward. Ce serait sans aucun doute totalement bizarre et je n'étais pas du tout préparée à cette situation gênante. J'ouvris la porte pour les appeler et fronçai les sourcils quand je remarquai que sur le plateau il y avait deux mugs vides et un encore plein, aucune trace qu'il ait été siroté. Emmett et Jasper entrèrent, tapant bruyamment leurs bottes devant l'entrée, enlevant leur anorak et se frottant les mains pour les réchauffer. Je jetai un coup d'œil dehors pour voir Edward assis seul sous le porche, fumant une cigarette.
Je fis signe aux garçons de s'asseoir et ils attendirent tous les deux que je les invite à se servir avant que la moitié de la nourriture fut engloutie, au milieu du cliquetis des fourchettes et de "miam" reconnaissants. Je fis une assiette pour moi et une pour Edward que je posai à la place en face la mienne. Alors que je buvais mon jus d'orange, j'entendis à nouveau la pelle racler le trottoir.
"Il ne vient pas?" demandai-je doucement, avec un soupir de déception.
Ils haussèrent tous les deux les épaules d'un air contrit. Je poussai ma chaise avec un raclement et ouvris la porte de devant. Edward leva les yeux et regarda ensuite ailleurs, secouant légèrement la tête comme s'il grommelait quelque chose pour lui-même.
"Tu peux venir tu sais. Tu es aussi invité à manger." J'étais un petit peu plus sèche que je ne l'aurais voulu et je n'étais pas précisément sûre de pourquoi. Je suppose que simplement ça m'irritait qu'il puisse penser qu'il n'était pas inclus... sauf s'il ne voulait même pas être en ma présence.
Il secoua la tête sans me regarder, continuant à pelleter.
Je serrai les dents expirant un long souffle. Peut-être que si j'essayais une approche différente?
"Je t'ai préparé une assiette. Pancakes... bacon... jus d'orange..." Je n'étais pas vraiment certaine de pourquoi j'étais si vexée et blessée qu'il ne veuille pas se joindre à nous, mais je l'étais. Et je ne pouvais pas déterminer la raison exacte de pourquoi il était si important pour moi qu'il vienne.
Ouais, vraiment je me racontais des histoires. Je savais exactement pourquoi c'était si important pour moi. J'avais besoin d'être en sa présence... besoin de le sentir proche de moi... le voir... l'entendre respirer... sentir son eau de toilette. J'avais besoin de ces choses pour recharger mes sens comme s'ils perdaient lentement leur force.
Je soufflai, agitée. "Je te promets que je ne l'ai pas empoisonnée. S'il te plaît?" demandai-je doucement.
Edward cessa de pelleter, visiblement partagé sur la décision de venir à l'intérieur ou pas. Finalement il hocha la tête, appuyant sa pelle contre le poteau du porche et me suivit silencieusement à l'intérieur. Il enleva tout sauf son bonnet, j'avais l'impression que c'était parce qu'il ne voulait pas que je le vois avec les cheveux emmêlés et moites.
Le noir sombre de son bonnet et le rose vif colorant ses joues faisaient que ses yeux semblaient d'un vert cristallin. Ces yeux me manquaient. Il avait aussi le polaire Gap que nous avions acheté dans ce qui me semblait une vie antérieure. Je voulais presque lui demander de me le laisser ainsi je pourrais le humer et me blottir avec avant l'heure d'aller au lit... pour complètement me perdre dedans.
Edward mangea en silence pendant que ses frères chahutaient entre eux, dissipant rapidement une grande partie du malaise qui planait dans l'air. Edward se maintint sur ses résolutions gardant un visage inexpressif et stoïque alors qu'il dévorait son petit déjeuner en silence.
Quand ils eurent fini de manger, Edward fut le dernier à se lever de table et le seul des garçons à ramasser son assiette. Sur son exemple ils firent de même, déposant leurs assiettes soigneusement dans l'évier, me remerciant avant de retourner dehors pour finir. Edward traîna dans la cuisine un instant, voulant de toute évidence me dire quelque chose sans public.
Je m'appuyai contre le comptoir, mes mains triturant nerveusement les manches de mon sweat-shirt, retenant mon souffle en attendant qu'il dise quelque chose... n'importe quoi. Un rot même aurait suffi.
Il ouvrit la bouche et la ferma ensuite, secouant la tête. Finalement, il murmura juste, "Merci pour le petit déjeuner," et s'en alla me laissant bouche-bée, déçue. Il semblait si brisé... et je savais que je lui avais fait ça. Je sentis mon cœur tomber dans mon estomac qui luttait pour retenir le petit déjeuner que je venais juste d'avaler.
C'est à ce moment-là que je commençai à reconsidérer tout ça, pensant que je lui resterais attachée indépendamment de ce qu'il avait fait. Mais il y avait tellement de ressentiment qui suppurait au milieu de mon désir d'être avec lui que je n'arrivais pas à déterminer lequel serait le dominant et ce qui me faisait peur était que notre bagage du passé gâte notre futur. Je ne pouvais pas laisser cela arriver donc je continuai à m'en tenir à mes décisions initiales, lui donnant le temps qu'il avait besoin seul, et détestant chaque putain de seconde où nous étions séparés.
J'allai à l'étage, regarder par la fenêtre les trois garçons qui traînaient leurs pelles en bas du bloc vers leur maison, mes allées déblayées de toute neige. Edward était à la traîne, la tête baissée et le voir sembler si malheureux me fit monter les larmes aux yeux. Il lança un regard rapide à ma maison et continua à marcher de façon solennelle. Je rampai dans mon lit, étreignant mon oreiller, désirant qu'il soit à côté de moi, ou au moins avoir son polaire pour me tenir compagnie.
Alors que les semaines s'éternisaient, les journées devinrent légèrement plus chaudes avec l'imminente promesse du printemps. J'achetai des billets d'avion pour la Californie, impatiente de voir ma mère aux vacances de printemps, mais autrement les choses étaient restées telles qu'elles étaient, tous les deux dans notre monde rempli d'ignorance et d'indifférence feinte. Seulement j'étais en quelque sorte en train de mourir à l'intérieur alors que je prétendais aller bien. Cependant, Edward... semblait être en train de faire exactement le contraire.
J'avais remarqué une nette différence sur les quatre semaines après notre rupture. Pour n'importe qui d'autre c'était subtil car les filles pensaient que j'étais folle et voyais des changements non perceptibles mais je pouvais le dire. Edward était... différent, plus lumineux en quelque sorte, comme si un peu de sa souffrance lui avait été enlevée. Il avait commencé à être volontaire pour répondre en classe, alors qu'avant, il ne parlait jamais à moins d'être interrogé par les profs. Ses vêtements avaient légèrement changés, pas nécessairement de style, mais les couleurs étaient plus lumineuses, plus vives, moins noires et grises et plus bleues et vertes.
Une fois, il porta même du rouge. Et ensuite il souriait... beaucoup plus qu'il ne l'avait jamais fait avant. Il avait de réelles conversations avec Ben, Tyler et Jasper à la cafétéria, et quelques fois quand Emmett venait au déjeuner, il s'y joignait aussi. Avant, Edward mitraillait ses idées dans une conversation avec des remarques désobligeantes ou des marmonnements mécontents, mais là, il était réellement... je ne sais pas... il faisait un effort?
Ce fut au cours d'un déjeuner que j'appris qu'il prévoyait d'essayer d'intégrer l'équipe de base-ball. J'avais essayé comme je le faisais toujours, d'écouter Alice d'une oreille pendant que l'autre filtrait le bruit superflu, une oreille concentrée pour pouvoir écouter Edward. En entendant cela, je fus extatique et me faisant à l'intérieur des tapes dans le dos pour ses progrès. Néanmoins, je lui offris juste un petit sourire entendu qu'il me retourna avec un subtil roulement des yeux et rien d'autre ne fut dit à ce sujet. Mais nous savions tous les deux que c'était un grand challenge. Mon cœur fondit à notre brève connexion.
Cet après-midi-là, Je me faufilai dans la classe de cuisine dès que la dernière sonnerie eut retenti car je savais que je serais en mesure de voir le terrain de base-ball de là sans qu'il s'en aperçoive. Je regardais avec une profonde fascination comment il frappait la balle avec sa batte, impressionnant beaucoup des membres de l'équipe à l'exception de Mike Newton qu'Edward avait effectivement remplacé comme lanceur. Parce que bien entendu, il fit partie de l'équipe. Je me réjouissais avec fierté de son courage et de son talent, espérant que ce qui l'avait fait s'engager à cela soit quelque chose qui durerait.
Et oui...j'étais bien consciente que le regarder à son insu faisait de moi une belle putain d'hypocrite. Vraiment. Il n'était pas nu (même si ça ne me serait vas venu à l'esprit) et c'était la seule différence.
Je passai la semaine des vacances de Pâques avec ma mère et Phil, plongée dans la chaleur du soleil, l'odeur de chlore et d'eau salée, appréciant de sentir les brins de l'herbe récemment coupée sous mes pieds nus. J'étais inquiète sur revenir ici, principalement parce que je ne voulais pas tomber sur Bree qui malencontreusement habitait juste en face la maison de ma mère, donc une rencontre était presque inévitable.
Mais les mauvais souvenirs de ce qui m'était arrivé avaient été largement supplantés sachant que le karma peut être une salope sans cœur. Bree avait apparemment été mise en cloque par nul autre que Reilly qui avait maintenant laissé tomber le lycée et travaillait chez Mc Donald pour subvenir aux besoins de son enfant illégitime. Tellement, tellement triste.
Pour cette semaine ma mère laissa ses boutiques à ses gérants tandis que nous passions nos journées à la piscine, buvant des daiquiris—j'ajoutai du rhum au mien quand elle ne regardait pas— nous gavant de mauvaise bouffe et allions ensuite faire les marchés aux puces. J'achetai une tonne d'adorables robes bain de soleil et de sandales, pensant que j'allais probablement passer une partie de l'été en Californie plutôt qu'à Forks. J'avais besoin d'une pause à voir Edward tous les jours et ne pas être en mesure de l'aimer comme je le voudrais. Ma mère écoutait avidement tout ce que je lui disais, que ce soit au sujet du lycée ou du travail, des filles, de mon père et de Maggie, ou au sujet d'Edward.
C'était principalement au sujet d'Edward.
Et quand il fut temps de se quitter, je pleurai de tout mon cœur, sachant que ma mère me manquerait à la seconde où je monterai dans l'avion. Je lui promis que je reviendrai pour quelques semaines durant l'été, ayant vraiment hâte d'y être.
Notre premier jour de retour au lycée, je me sentis ridiculement bronzée par rapports à mes pâles camarades de classe, essayant d'ignorer les mauvais regards jaloux. J'avais eu quelques mauvaises douleurs au ventre dues à mes règles et passai en quelque sorte la matinée à geindre. Une fois en Bio, ça monta encore d'un cran et j'étais sur le point d'atteindre le plus haut niveau quand Edward s'installa à côté de moi et me fixa simplement.
Ignorant ses yeux brûlants sur moi, je couchai ma tête sur la table pour sentir la surface froide contre ma joue.
Il souleva un sourcil. "Qu'est-ce qui ne va pas?"
J'avais presque sursauté quand il me parla, considérant qu'on ne s'était pas dit un mot depuis des semaines.
"Ouchh, mauvaises crampes. Tu n'aurais pas par hasard du Midol sur toi?" De toute évidence, je savais qu'il n'en avait pas mais il gardait toujours des antidouleurs dans son sac pour ses maux de tête ou ses tentatives aléatoires de se dissocier de la réalité.
"Euh, non je ne garde plus rien sur moi." Il se retourna sur son siège, posant son avant-bras sur la table derrière lui. "Salut, Jen..."
Jennifer Miler, la parfaite fille aux cheveux blonds, gros nichons, stéréotype de la belle pom-pom girl/reine du bal/ des alentours qui avait le plus de chances d'avoir quelque chose de vraiment tordu pour continuer chez elle parce que ce genre de filles le faisaient toujours— lui offrit un grand sourire et répondit joyeusement, "Salut Edward, qu'est-ce qu'il y a?" comme s'ils étaient de vieux amis.
Je me raidis, le regardant incrédule. Depuis quand la fréquentait-il? Ou quiconque d'autre d'ailleurs?
Il joua distraitement avec la sangle de son sac. "Tu n'aurais pas du Midol par hasard sur toi?" Sa voix était si douce qu'elle envoya des picotements dans mon bas-ventre. Je ne pense pas qu'il avait l'intention de flirter avec elle, mais il était définitivement en train de faire quelque chose de manipulateur. Si je n'avais pas été déjà totalement amoureuse de lui, je l'aurais été après cette démonstration.
Edward sourit, ajoutant. "Pas pour moi... pour Bella."
"Bien sûr," elle me sourit aimablement. "Hummm, pas du Midol mais je pense que j'ai de l'Advil." Elle farfouilla dans son sac et tendit une petite bouteille à Edward, tout sourire. Nous la remerciâmes tous les deux avant de faire pivoter nos sièges. Edward fit sauter le bouchon et plaça deux cachets bleus sur mon cahier ouvert. Il dévissa ensuite le bouchon de sa bouteille de jus de fruits et la fit glisser sur le bureau. Je le fixai dubitative parce qu'Edward n'avait même pas réfléchi à deux fois avant de me permettre de contaminer sa boisson même après un mois et demi sans se parler et généralement hostiles l'un envers l'autre.
"Merci," murmurai-je lui jetant un coup d'œil méfiant, prenant les cachets et une généreuse gorgée d'Ice Tea. "Depuis quand es-tu copain-copain avec elle?" murmurai-je.
"Qui, Jen?" gloussa-t-il légèrement. "Son petit ami Brian est dans l'équipe de base-ball avec moi. Et elle est aussi une de celles qui enregistrent les statistiques. On la connaît tous."
Je hochai la tête, totalement abasourdie par l'échange aisé d'amabilités entre eux. Ça me rendit en quelque sorte contente pour lui qu'il puisse faire ça maintenant, mais totalement sciée quand même. Il n'était jamais vraiment aussi sympa avec personne, sauf avec moi, et ça pouvait être frappé d'une note acide avec moi.
Edward baissa le regard, faisant tourner son stylo sur son livre. "Tu sais, les pilules contraceptives sont supposées aider pour le mal au ventre."
Je lui offris juste un air qui disait pratiquement, hum... quoi?
Il haussa les épaules. "Je connaissais une fille à Chicago qui avait de terribles maux de ventre tout le temps et quand elle a été sous pilule ils cessèrent. Je dis juste ça."
"Je vais garder ça à l'esprit." Je me retournai et rendis à Jen ses cachets avec un sourire.
Edward commença à griffonner sur la couverture en papier de son livre. Il était la seule personne de tout le lycée qui les renouvelait une fois par mois et ça ne ratait jamais, donc elles étaient toujours neuves. Toutes celles de tout le monde partaient pratiquement en lambeaux.
"Sinon, hum.. ça s'est bien passé chez ta mère?" Je ne lui avais jamais dit que j'allais chez ma mère pour les vacances, parce que nous ne nous parlions pas, mais je supposai qu'à cause de la nouvelle teinte bronzée de ma peau et probablement mes pipelettes d'amies, il l'avait su. J'étais presque inquiétée par sa tentative de conversation.
"Hum... ouais, c'était super, en fait. Ils me manquaient vraiment elle et Phil... et le soleil," gloussai-je. "Qu'as-tu fait, rien?"
Il secoua la tête en retroussant les lèvres. "Juste m'entraîner au base-ball."
"Comment ça se passe?" demandai-je même si je l'avais regardé presque tous les jours et savais que ça se passait vraiment bien. Au moins du point de vue d'une personne extérieure ça en avait l'air. Je marquai une sorte de pause tristement, me lamentant à cette pensée, car vraiment, c'était ce que j'étais maintenant pour lui... juste une personne extérieure.
"Bien, bien. C'est... vraiment sympa de jouer à nouveau," il soupira, se grattant la nuque.
"Bella... je euh..." Banner nous interrompit alors avec le devoir de labo et nous nous mîmes promptement au travail, ce qui en fait mis fin à notre conversation. "Ce n'est pas grave," murmura-t-il avec douceur. Au moins il n'était plus antagoniste. C'était déjà ça, non?
Mais après ça, les choses restèrent au même point, juste être tous les deux plus cordiaux avec l'autre, presque au point d'être de vagues connaissances par opposition à ex petit ami/ petite amie. C'était tellement bizarre. Notre bande avait été très arrangeante tout le temps de cette affaire. Les filles traînaient avec moi le vendredi soir tandis que les garçons traînaient séparément, faisant ce que font les garçons.
Les samedis, ils traînaient en couples et quelques fois je me faisais un film et préparais à manger, me sentant triste et désolée de ma solitude. Ils m'invitaient toujours à aller avec eux, mais comme je savais qu'Edward était aussi invité, je déclinai. En outre, la dernière chose que je voulais c'était d'être la cinquième roue du carrosse ou l'inconfortable sixième si Edward venait, mais Alice disait qu'Edward traînait rarement avec eux de toute façon. D'autres fois j'allais à Seattle passer du temps avec mon père et Maggie ou à l'occasion ils venaient à Forks pour le weekend.
Dire que j'étais solitaire était un vaste euphémisme.
Je traînais pas mal avec Angela après les cours parce qu'elle était amusante et douce et très impartiale. Elle me fit rejoindre le Club des Leaders avec elle, ce qui était un nom stupide pour un club qui collectait des fonds et faisait du bénévolat dans l'intérêt du bon esprit du lycée.
Nous travaillions actuellement sur cette connerie de bal de lycéens, le lavage des voitures, le pique-nique des terminales et le concours des talents; qui de ce que j'en avais entendu était le grand événement à Forks High School et celui de ceux qui rapportaient beaucoup d'argent dans l'année. Entre ça et l'annuaire du lycée, ça me tenait occupée encore qu'il me restait amplement du temps pour regarder Edward s'entraîner, donc c'était gagnant-gagnant pour moi.
Sans même y penser, j'allai à tous les matchs de base-ball d'Edward, à l'insu de quiconque. Toute sa famille était là dans les gradins pour l'acclamer, inclues mes amies, aussi c'était trop bizarre pour moi d'être là et ne pas être là avec lui ou pour lui. Je savais qu'ils sortaient après cela manger une glace ou quoi que ce soit, et ça me faisait mal que ne pas faire partie de leurs vies... et ça avait été mon choix.
Bon, ça n'avait jamais été vraiment mon choix car ce que j'aurais choisi, si j'en avais eu l'opportunité, aurait été pour moi et Edward être ensemble sans ordonnance de restriction, ex petites amies, drogues, pères surprotecteurs ou toutes les conneries en général impliquées. Comme si ça allait même arrivé.
C'était difficile aussi parce qu'il y avait soudain eu une flopée de filles qui avaient commencé à régulièrement assister aux matchs et j'étais presque sure que c'était parce qu'elles venaient reluquer le cul d'Edward. Dieu que son cul était incroyable dans ce pantalon de base-ball moulant. Parfois je me serais perdue dans la contemplation de ce cul tant sa perfection m'hypnotisait. Pouvais-je les blâmer de le reluquer un peu.
Pendant les matchs à l'extérieur, j'arrivais délibérément un peu plus tard et restais assise dans ma voiture avec un gobelet du Starbucks et regardais discrètement de là. Pour les matchs à domicile, je me faufilais dans le lycée ouvert sous prétexte d'avoir besoin d'aller aux toilettes et allais à l'étage afin d'avoir une vue panoramique du terrain. J'avais toujours à cacher ma voiture dans une rue résidentielle adjacente parce que je ne voulais pas être attrapée. Je devais finalement avoir hérité des compétences d'espionnage de mon père et il serait probablement fier de moi.
Edward sur un terrain de base-ball… n'était ni plus ni moins que renversant. Il était une personne totalement différente là-bas. Il réclamait l'attention et il l'avait. Il déambulait en quelque sorte sur le monticule avec cet air indéniable de confiance en lui… un air que je ne lui avais jamais vu avant. Edward semblait totalement détendu et sûr de lui alors qu'il faisait ses lancers d'essai.
Le receveur et l'entraîneur était allés le voir sur le monticule avant que le match commence. Il les avait écoutés attentivement pendant quelques minutes avant de jeter sa tête en arrière et rire comme si quelqu'un lui avait raconté la blague la plus drôle jamais racontée. L'entraîneur voulut soit lui donner un coup de poing ou soit lui taper l'épaule et le secoua affectueusement et le receveur lui claqua le cul avec son gant, ce qui me parut assez étrange mais je pense que c'était un genre de rituel.
Les rituels d'Edward étaient toujours les mêmes. Il regardait le sol et grattait la terre avec son pied pour faire une motte où reposer son pied. Il faisait ensuite tournoyer son bras en mode moulin à vent, empoignant son coude pour le tirer en travers de sa poitrine. Et puis il passait une main dans sa chemise, tirant le lacet de cuir noir qu'il avait toujours sur lui et portait ce qui y était pendu à ses lèvres. Il semblait en fait l'embrasser avant de le replacer en sécurité sous le tissu. Je supposai que c'était son porte-bonheur.
L'inscription bleu roi "Spartan" s'étirait fièrement sur sa poitrine et je pouvais voir un morceau de son t-shirt bleu rentré dans son pantalon rayé. Ses chaussettes bleu roi mettaient en valeur ses longues jambes quand il partait du monticule pour effectuer ses dernières respirations apaisantes. Il retournait sur le monticule, inclinait sa casquette pour le receveur et le match commençait. Il m'époustouflait totalement avec la grâce qu'il possédait sur le monticule du lanceur. La façon dont il lançait la balle, comme s'il capturait un éclair, était à couper le souffle, c'est le moins qu'on puisse dire. Il ne faisait aucun doute qu'il avait trouvé son chez lui, son coin dans le monde, sa bonne place. J'étais très heureuse pour lui. Et apparemment, comme le reste du lycée car la série de victoires que l'équipe de base-ball de Forks High avait obtenue était selon toute vraisemblance attribuée à leur nouveau lanceur et le fait que ses lancers soient si rapides que les batteurs de l'autre équipe n'avaient aucune chance.
Néanmoins, il semblait complètement se désintéresser de moi. Quelques fois je voulais essayer de discuter avec lui en classe et il voulait être sympa et me parlait de tout et de rien pendant quelques minutes mais il était toujours celui qui mettait fin à la conversation, me laissant penser que pour commencer il ne voulait pas être ennuyé. C'était resté comme ça pendant un certain temps et je commençais à perdre espoir que lui et moi retrouvions le chemin de retour vers l'autre.
Je veux dire, de toute évidence, ce qu'il faisait avait un impact spectaculaire dans sa vie. Que ce soit les nouveaux médicaments qu'il prenait, ou le service d'aide, le fait qu'il ne fume plus de cigarettes ni de weed d'ailleurs (ce que j'avais entendu par le pas si silencieux téléphone arabe) ou parce qu'il jouait au base-ball, je ne pouvais pas en être certaine, mais ça marchait. Edward était un nouvel homme.
Ce que je craignais le plus était que, c'était peut-être toutes ces choses combinées, ou peut-être juste le fait que je n'étais plus dans sa vie et ne lui causais plus toute cette angoisse qui l'avait guéri. Peut-être que ce que j'avais tant voulu pour lui avait fini par arriver— que la possibilité qu'il soit en bonne santé et aille mieux sans moi dans sa vie marchait et qu'il était en fait, beaucoup mieux sans moi.
Et donc on passa de Mars à Avril, et d'Avril à Mai et le temps commença à devenir plus chaud et il y avait plus de périodes de soleil. Il y avait des propos incessants au sujet du bal du lycée et des robes de bal et de la musique du bal et du bal bla, bla, bla, tout cela me rendait malade rien que d'y penser parce que je n'y allais pas. Je voulais vraiment, vraiment y aller mais seulement avec Edward et de toute évidence ça n'allait pas arriver car il n'allait pas aux bals. Oh ouais, et parce que on ne se parlait pas.
Cependant, tout le reste dans ma vie stagnait surtout, avec quelques changements mineurs. Après la suggestion fortuite d'Edward sur la contraception et un autre mois à avoir de violents maux de ventre, mon gynéco me prescrit la pilule. Plus de maux de ventre et des règles de trois jours que je remarquais à peine, merci beaucoup Edward. J'étais aussi reconnaissante d'être encore couverte par l'assurance de ma mère parce que si mon père savait que je prenais la pilule, il aurait installé une ceinture de chasteté.
Et sur une note plus légère, j'appris aussi par une très excitée Alice, qu'Esmé allait avoir une petite fille. J'étais très heureuse pour eux tous et achetai au bébé une minuscule paire de chaussons scintillants roses pas plus grands que mon index. Je les leur transmis avec des petites chaussettes à volants et de minuscules nœuds pour les cheveux dans un sac cadeau, laissé à leur pas de porte.
Oh, et en me faisant rafraîchir ma coupe, Maggie me persuada de me faire faire des mèches caramel. Edward qui ne m'avait pas adressé un regard depuis des semaines, se tourna vers moi en Bio un après-midi, pris une mèche pour l'examiner. Puis il me laissa vite savoir qu'il détestait ça et que me rendait "fausse".
Je lui fis un doigt, lui dit que ce n'étaient plus ses affaires et ensuite parce que j'avais encore le désir inné de lui plaire, j'étais revenue à ma couleur naturelle le weekend suivant.
Cependant, ce fut le weekend qui changea tout. Parce que ce fut le weekend où je rencontrai Jamie.
Je faisais une fête à Port Angeles pour la petite Katie de cinq ans sur le thème de Cendrillon et la robe et la perruque me démangeaient tellement que je ne pouvais pas rester dedans une seconde de plus. Après que mon heure d'enchantement et de magie fut passée, je m'étais changée dans la salle de bain de l'hôtesse et quand personne ne regardait, je fis glisser un sac de friandises non attribué de la table des cadeaux et le fourrai sous la robe bouffante pendue à mon bras. (Il y avait un collier de bonbons dedans et je le voulais vraiment. Et peut-être que je voulais aussi la stupide énorme bague étincelante avec un faux diamant rose. Il en fallait peu pour me faire plaisir ces jours-ci.) Seulement après l'avoir piquée, je ne m'étais pas rendue compte que le ridiculement mignon grand frère de Katie, qui m'avait reluqué de son coin, attendait que je sorte de la salle de bain, ce qu'il avoua plus tard.
Il m'attrapa et quand j'essayai sournoisement de glisser le sac sur la table, il agita son doigt dans ma direction, en souriant. "Trop tard. Tu as été prise la main dans le sac. Je devrais peut-être dire à ma mère que Cendrillon est une voleuse." Il fit un sourire en coin, s'appuyant contre le mur. Oh il était donc vraiment en train de flirter avec moi.
J'étais embarrassée, c'est le moins qu'on puisse dire, mais je feignis le remords et la honte, pensant que moi aussi je pouvais flirter à ma façon pour me sortir de cette situation humiliante. Suffoquant, je portai une main sur mon cœur et murmurai, "Tu n'oserais pas faire ça à une pauvre orpheline de conte de fée."
Il gloussa légèrement, ses yeux d'un bleu vif étincelaient. "Je ne suis pas le Prince Charmant... mais tu sais quoi? Tu me donnes ce paquet de réglisses rouges là-dedans, et nous ferons comme si rien ne s'était passé." Je levai un sourcil, plissant les yeux. Il avait des cheveux blonds hirsutes et un visage poupin, il portait un tee-shirt et un jean avec un de ces colliers de coquillages. Le vrai surfeur Américain ordinaire. Il était adorable même s'il avait menacé de me dénoncer à sa mère.
"Deal."
Nous avions passé la demi-heure suivante dans son recoin, à raconter des conneries et mâcher bruyamment des réglisses. Je lui dis que je venais de passer par une récente rupture et il m'avoua que c'était aussi le cas pour lui. Même si les problèmes de nos relations respectives n'avaient rien à voir, je pense que nous pouvions nous comprendre comme le peuvent mutuellement les cœurs brisés.
Avant de partir, quand il me demanda mon numéro je lui donnai à la place avec hésitation mon adresse email, pensant que ça serait sympa d'avoir quelqu'un de mon âge, en particulier un garçon, à qui parler qui ne soit pas un Cullen, ou ami avec un Cullen. Ce n'était pas une approche pour m'impliquer avec quelqu'un d'autre et je pensais qu'en lui donnant quelque chose d'aussi impersonnel que mon email ce serait clair.
A ma grande surprise, Jamie m'envoya un mail le soir même et nous avions fini au bout d'un moment à passer sur messagerie instantanée. Il était amusant et très charmant, dans le genre geek. Il me demanda si je voulais aller avec lui à la fête foraine destinée à recueillir des fonds de son lycée qui avait lieu le weekend suivant. Sachant que je serai de garde à la maison en solitaire à nouveau samedi soir, j'acceptai volontiers. Ça ne me semblait pas vraiment bizarre ou douteux ou même mal à ce moment-là.
Ce samedi fut exceptionnellement chaud, ensoleillé, atteignant presque 20°c (68°F). Edward avait un match le matin à Hoquiam auquel je n'assistai pas parce que je m'étais réveillée trop tard. A la place, je passai la journée dans le jardin, à désherber et planter des Impatients roses (que j'avais achetés à la vente de fleurs du lycée, après avoir été tourmentée par Angela pour contribuer à la bonne cause) dans les plates-bandes et profiter de ce rare moment de soleil, espérant retrouver mon bronzage en grande partie perdu.
Je remarquai que la famille de chats qui vivait sous le porche de devant avait déménagé, probablement pour vivre dans un endroit moins déprimant.
Aux alentours de dix-sept heures, j'allai prendre une douche, ne sachant pas vraiment ce que je mettrais parce que je ne voulais pas paraître trop empressée et je ne voulais certainement pas envoyer à Jamie un faux message. Il savait que je n'étais tout à fait capable de bien plus qu'une amitié et il semblait bien avec ça.
Nous nous étions retrouvés à Port Angeles en début de semaine pour manger une pizza et même si c'était bizarre, c'était vraiment plaisant de traîner avec lui. Mais là c'était en soirée, totalement différent de traîner après les cours et je ne savais pas ce que diable j'étais en train de faire.
Je finissais de me sécher les cheveux et appliquais un peu de mascara quand j'entendis la sonnette de l'entrée. Alice était maquillée de façon totalement théâtrale, les cheveux tirés en arrière en queue de cheval, de toute évidence elle venait tout droit d'un concert.
"Qu'est-ce que vous trafiquer plus tard les gars?" demandai-je alors qu'elle me suivait en haut jusqu'à ma chambre. J'allais les inviter à ce carnaval mais je me ravisai, sentant que c'était déjà assez bizarre entre Edward et moi pour ne pas susciter des liens avec des amis.
Elle soupira, s'effondrant dans mon fauteuil à bascule. "Toujours la même chose, tu sais? Je pense qu'il est censé y avoir un feu de joie la semaine prochaine, mais nous allons probablement finir par nous garer autour du bloc, nous soûler dans la voiture de Jasper et ensuite faire les idiots jusqu'à ce que nous soyons sobres." Alice roula des yeux pour exprimer sa lassitude à cette idée. "Oh... désolée," grinça-t-elle, réalisant qu'elle avait manqué de tact, ce qui était en quelque sorte le cas, mais à la vérité ça ne me dérangeait pas.
"Ça a l'air amusant," gloussai-je.
"Où vas-tu ce soir, ma belle?"
Je haussai les épaules. "Traîner avec un ami." Je ne lui avais pas parlé, ni à Rose, de ma nouvelle amitié avec Jamie, simplement parce qu'elles avaient de grandes gueules et que leurs copains savaient tout en pile dix secondes. Ce n'était en aucun cas un secret, mais je ne voulais pas qu'Edward l'apprenne et se fasse de fausses idées comme il l'avait fait quand il avait découvert que j'étais allée au cinéma avec Jake déjà une fois. Ce qui supposait qu'il en ait même encore quelque chose à foutre.
"Un ami?" Elle plissa les yeux en me regardant avec espièglerie. "Quel ami est-ce?"
"Juste quelqu'un que j'ai rencontré à un spectacle. Nous allons à une fête foraine de lycée," marmonnai-je en passant un gloss rose sur mes lèvres.
"Quelqu'un? Un garçon ce quelqu'un? Parce que tu n'as pas mis ton jean cul moulé favori pour un quelqu'un fille... sauf si, Edward t'aurait-il fait te tourner vers l'autre équipe?"
Je roulai des yeux. "Ce n'est pas comme ça Al. C'est juste un ami. Nous avons discuté sur l'ordinateur et il est sympa, tu sais? Il vient juste de rompre aussi, donc il pige."
"Alors c'est un rencard? Eh bien, ça va te faire du bien, je suppose. Il est grand temps que tu t'encanailles. "
Je m'arrêtai pour la regarder dans le reflet du miroir. "Qu'est-ce que c'est supposé vouloir dire?"
"Ce truc avec toi et Edward... ça semble, pathétique. Il fait de toute évidence ce qu'il fait pour aller de l'avant et tu es juste encore assise là toute triste et merde. Je pense que c'est bien que tu sortes pour un rencard."
Mon estomac se retourna. "Ce n'est pas un rencard." Il va de l'avant? Vraiment?
"Ouais, bon peut-être qu'Edward pensera que c'en est un. Peut-être que ça lui donnera l'envie au moins... je ne sais pas... de faire un effort pour être... sympa avec toi ou quoi que ce soit. Vous ne vous parlez même plus. Avant vous étiez amis mais maintenant, il ne te parle même pas..."
"C'est parce que je me pense plus qu'il veuille être avec moi, Al." Je haussai les épaules tristement. "Il semble être si désintéressé, préoccupé par d'autres choses. Tu sais ce que ça veut dire, sois attentif à ce que tu désires? Je voulais qu'il aille mieux sans moi... eh bien, je pense que j'ai eu ce que je désirais."
Elle regarda ses mains. "Jasper dit que ce qu'il fait est génial. Il est allé à un service d'aide et en thérapie et juste... presque redevenu la personne qu'il était avant que cette stupide fille ruine sa vie." Je souris intérieurement, tellement heureuse d'entendre ça, pourtant vraiment triste. Je voulais connaître cette personne, cette version d'Edward. Je fus soudain jalouse de sa famille et de mes amies pour avoir la chance de connaître le nouvel et amélioré E.
Alice racla sa gorge alors qu'elle changeait de sujet. "Alors.. il vient te prendre?"
"Ouais, ce qui est vraiment stupide parce que nous allons juste retourner directement à Port Angeles donc je ne sais pas pourquoi il s'enquiquine, mais Jamie a insisté, alors..."
"A quelle heure est-il supposé être là?"
"Dix-huit heures trente." Je me penchai pour regarder l'heure à mon réveil. C'était dans vingt-cinq minutes.
"Peux-tu vérifier dehors pour voir s'il n'est pas là, s'il te plaît?"
Alice se leva pour jeter un coup d'œil par la fenêtre tandis que j'attrapai mon petit sac, y fourrant le strict nécessaire. "Euh... il n'est pas là, mais... les garçons jouent au basket devant leur maison," dit-elle craintive.
"Et?" demandai-je dans la confusion avant que ça me frappe tout à fait. "Edward aussi? Merde Al, fais en sorte qu'ils rentrent!" Je la poussai hors de ma chambre, tirant mon téléphone pour que je puisse avertir Jamie. La dernière chose dont j'avais besoin était qu'Edward me voit aller à ce qu'il percevrait de toute évidence comme un rendez-vous. J'étais tellement nulle.
Alice était à peine à la porte d'entrée que le camion de Jamie prenait mon allée, pile à l'heure. Je soupirai, résignée. "S'ils demandent qui c'est, dis... dis..." Je fouillai dans mon esprit pour un alibi décent mais ne trouvai rien. "Invente juste quelque chose, Ok?"
Jamie sortit de sa voiture, vêtu d'un polo sombre et pantalon kaki... tellement opposé à ce que j'avais l'habitude de voir sur Edward. Jamie sourit quand il me vit à l'entrée de la maison, faisant un léger signe de la main alors que je l'interceptai à mi-chemin de la maison. Je ne voulais pas qu'il me prenne à la porte car ça attirerait encore plus d'attention sur nous. Toutefois, à ce moment-là, le soudain manque de mouvement et le tape-tape régulier du ballon heurtant le pavé ayant cessé, je sus que c'était vain.
Après une brève présentation entre Alice et Jamie, elle me murmura de l'appeler s'il essayait quelque chose de moins amical et nous salua de la main avant de sprinter en bas de la rue où l'attendait son petit ami. Je montai dans la voiture de Jamie, essayant de ne pas regarder en bas du bloc en faisant comme si j'avais encore trois ans pour utiliser la théorie du "si je ne peux pas te voir alors tu ne peux pas me voir". Mais alors que Jamie démarrait, je tentai un coup d'œil dans le rétroviseur latéral. Et je grinçai des dents quand je vis que les cinq garçons qui jouaient dans la rue, avaient cessé tout mouvement.
Edward était debout au milieu d'eux, avec un halo d'or venant du soleil couchant qui balayait la surface de ses cheveux. Il était torse nu et tenait le ballon sur sa hanche, fixant juste les feux arrières alors que nous filions.
Il avait vu.
Je fus instantanément nauséeuse et me sentis mal. Je fermai les yeux, parlant de banalités avec Jamie, sachant qu'il n'y avait guère plus que je pouvais faire pour ça à ce stade. Il me fallut un moment avant de mettre ça de côté et essayer d'avoir un bon moment indépendamment de l'anxiété et de la culpabilité que je ressentais, même si la douleur resta coincée en moi toute la soirée. J'espérais qu'Alice avait inventé quelque chose de plausible, au moins jusqu'à ce que je puisse tout expliquer à Edward moi-même. Je ne voulais pas continuer à lui faire continuellement du mal, mais il me semblait que nous étions coincés dans un cercle vicieux et que ça ne s'arrêterait pas. Je ne savais pas comment éviter de lui causer une douleur inévitable tout en avançant dans ma vie.
Mais est-ce ce que j'étais même en train de faire? Avancer dans ma vie?
Je me rappelai qu'Edward avait choisi de m'ignorer pendant les trois derniers mois, donc ça ne lui occasionnerait pas de stress. Il s'en foutait probablement même.
Hormis cela, Jamie était en fait un gars vraiment sympa. Nous étions allés à cette fête foraine, j'avais rencontré certains de ses amis qui étaient vraiment super et il gagna pour moi un poulet en peluche avec un gros nœud pourpre autour du cou... qui était l'un des étranges prix de la foire même, et laissez-moi vous dire qu'il y avait quelques merdes bizarres comme récompenses. Nous avions partagé un 'funnel cake' et étions allés sur un tas de parcours et je m'étais rendue compte que pour la première fois depuis des mois, j'étais en fait capable de profiter sans être obsédée par Edward... plus ou moins.
Jamie était juste... très cool et adorable et tellement gentleman. Il n'avait l'habitude de jurer ou d'utiliser le nom du Seigneur à tout bout champ, il était excessivement poli et riait à toutes mes blagues, ou tentatives boiteuses de blagues, de toute façon. Il fut faute de meilleur mot un remède temporaire... ou à l'extrême une imitation... j'avais encore à arriver à comprendre pourquoi.
A un certain moment de la soirée, je décidai que je voulais jouer au jeu où on tire à la carabine dans des cibles plantées dans des éléments disséminés dans un décor de vieux western. Chaque fois que j'atteignais une cible l'élément bougeait de façon capricieuse ou on entendait le son d'un piano fou. Je passai un tel bon moment que je ne m'étais pas rendue compte que Jamie avait ses mains sur mes hanches et son menton sur mon épaule alors que je dégommais mes cibles. Je me tendis en quelque sorte, ne sachant pas si j'étais ou non mal à l'aise avec ce geste affectueux, je n'étais pas habituée à être si proche d'une autre personne... une personne du sexe masculin. Ce n'était pas comme si j'avais quelque chose à comparer pour ça. Je veux dire, Edward ne faisait jamais des choses comme ça, simplement parce qu'il ne pouvait pas et Dieu que j'en avais envie...
Le problème c'était qu'il faudrait plus d'un an avant qu'il puisse— si même il le voulait encore— et c'était tellement loin.
J'inclinai la tête sur le côté, essayant d'arriver à comprendre pourquoi je devrais le repousser. Et après avoir décidé que ça ne me dérangeait pas tant que ça, je posai ma carabine et le laissai marcher avec son bras autour de ma taille alors que je lui souriais. Ce ne fut que lorsque nous atteignîmes le haut de la grande roue et qu'elle s'arrêta brusquement pour permettre aux autres passagers de monter que je paniquai en quelque sorte. Je n'étais pas une grande fan des hauteurs et des grandes roues, mais Jamie m'avait convaincue que ce serait amusant et il ne m'avait trompé jusque-là.
Il gloussait, glissant une main sur mon genou pour entrelacer ses doigts avec les miens. La main chaude de Jamie tremblait un peu quand il me dit de fermer les yeux alors que la machine recommençait sa rotation. Sa bouche était proche de mon oreille et soudain il me murmura, "J'ai vraiment envie de t'embrasser, Bella."
J'ouvris les yeux pour le voir sortir d'un mouvement rapide sa langue sur ses lèvres et à ce moment-là des papillons virevoltèrent dans mon ventre et je me penchai en avant pour que mes lèvres effleurent les siennes juste un peu.
Juste un peu ne pouvait pas faire de mal, non?
Je lui donnai un petit peu plus quand il le demanda par le langage de son corps et la main qui était maintenant enfouie dans mes cheveux. Alors que mes yeux se fermaient de leur propre volonté, je sentis sa langue caresser gentiment ma lèvre implorant l'entrée et je l'ouvris avec hésitation, lui donnant l'autorisation.
Ça aurait été si facile... juste facile de le laisser m'emmener dans un endroit où j'avais si désespérément besoin d'aller, loin d'Edward et des Cullen et de cette merde qui s'était accumulée le long du chemin, merde qui m'avait laissée apeurée et seule, cynique à me demander si même je pourrais me passer de lui.
Facile, parce que Jamie était intelligent et adorable et amusant et réfléchi et rien comme Edward. Il était l'athlète typiquement Américain, portant des vêtements Abercrombie, bon garçon très ordinaire qui ne fumait pas, ne jurait pas, n'avait pas de problèmes mentaux, une stupide ordonnance de restriction, des préoccupations à propos l'abandon de son père, de contrôle des tendances TOC ni une ex "cousine" ayant volé sa virginité qui aimait le toucher et lui donner de la drogue, ni tout cet épouvantable bagage qui était inimaginable pour quelqu'un de seize ans. Il était moderne et sans restriction et pouvait être tout ce que je voulais et avais besoin et désirais tant. Il pouvait tout réparer et enlever la tristesse et me rendre amoureuse à nouveau. Facile parce qu'il était simplement Jamie.
Mais Jamie n'était pas Edward.
Et ce n'était pas facile parce que je ne ressentirais jamais pour Jamie une once de l'intensité que je ressentais pour Edward. Alors je m'écartai, couvrant ma bouche de ma main alors que mon estomac se soulevait farouchement avec le mal au cœur d'être en étant en haut de la grande roue et de trahir mes sentiments pour Edward. Tout ça pour un rapide pansement à mettre sur le trou béant de la douleur.
"Jamie, je ne peux pas faire ça. Je ne suis pas..." Qu'est-ce que je ne suis pas? "Je ne suis pas prête..." Je ne serai jamais prête.
"Je suis désolé Bella, je ne voulais pas dire de... simplement je... ça n'est pas une grosse affaire, tu sais? Nous pouvons traîner et nous embrasser et tout, sans avoir à étiqueter ça. Je t'aime bien et je pensais que tu m'aimais bien aussi, mais..." Il se mordit la lèvre, clairement blessé, malgré tous les avertissements que je lui avais donnés toute la semaine passée au sujet de mon incapacité à aller au-delà des choses avec Edward.
"Je t'aime vraiment beaucoup Jamie mais je n'en suis pas au même stade que toi, je suppose. Je pensais que je pouvais le faire mais le timing n'était pas bon, tu comprends? Je n'en suis juste pas là. Je suis désolée."
"Hé, hé, ne t'inquiète pas pour ça. Je suis désolé si tu as eu l'impression que je te mettais la pression. Je pensais juste, je ne sais pas... qu'il y avait quelque chose de plus. Je suppose que je devrais travailler mon côté "Rebelle sans motif" si je veux impressionner Bella Swan." Il gloussa en me cognant l'épaule de la sienne avec espièglerie.
Si seulement c'était aussi simple.
Jamie était vraiment un gars génial et il aurait probablement été un gars génial pour moi. Je n'aurais jamais rencontré Edward, nous nous serions entendus à merveille. Mais le fait est qu'il n'était pas simplement Edward. Il ne le serait jamais et dans mon cœur je savais que rien ni personne ne pouvait même s'approcher de ce que je ressentais pour lui. J'étais détruite pour toujours, condamnée à une vie pleine de désir pour un garçon brisé alors que toute autre personne serait une pâle copie en comparaison.
Je ne pouvais pas blâmer Jamie d'avoir essayé, néanmoins. Je lui avais envoyé des signaux contradictoires en lui permettant de tenir ma main et tous ces trucs. Il n'avait compris que, même en plaisantant avec, avoir un complexe d'infériorité tout en laissant le malaise rapidement se dissiper alors que le tour venait de s'arrêter.
Nous avions retrouvé ses amis en bas à côté du Tilt-A-Whirl quand je me rendis compte que j'avais un texto d'Alice qu'elle avait envoyé plus tôt dans la soirée.
E est vraiment bouleversé. Je lui ai dit que Jamie était un ami du boulot mais il est anéanti. Désolée, j'ai vraiment essayé. Appelle-moi plus tard Al
Et ceci gâcha réellement ma soirée pour de bon car hormis les sentiments de merde que j'avais déjà eu à cause de toute cette histoire amusante de non-couple, ce que je faisais avec ce garçon, je voulais vraiment être en train de le faire avec Edward.
Nous avions tous fini par aller manger quelque chose genre de dîner tardif et même si j'étais épuisée et prête à en finir avec ce "rendez-vous", j'y étais allé simplement parce que je pouvais éviter de rentrer chez moi. Sur le trajet du retour à Forks à la fin de la soirée, j'étais silencieuse et désespérée, obsédée par notre baiser et me sentant terriblement coupable là-dessus alors qu'en même temps je redoutais d'avoir à gérer avec un autre coup accablant pour Edward. Combien ce garçon pouvait encaisser avant d'être complètement détruit?
"Alors c'était fun," dit Jamie alors qu'il étranglait par espièglerie le poulet dans mes mains. Je regardai en bas du bloc où toutes les voitures des Cullen étaient dans l'allée mais seul le vestibule était éclairé dans leur maison.
Je gloussai légèrement, terminant par une grimace. "Désolée, je sais que je n'ai pas été la meilleure compagnie ce soir. Il y a du progrès à faire là, tu sais?"
"Je sais, crois-moi. Tu as été d'une compagnie parfaite et encore une fois, je suis désolé si j'ai poussé les choses trop tôt." Il se pencha vers moi, pour repousser avec douceur une mèche de cheveux de mon visage. Le geste était tellement tendre que ça me fit mal au cœur parce que je voulais que ce soit Edward assis à côté de moi.
"Je déteste te voir si triste cependant." Il tendit le bras pour détacher sa ceinture de sécurité comme ça il pouvait se pencher plus en avant. Ses mains se faufilèrent derrière mon dos pour m'attirer étroitement vers lui dans une étreinte vraiment embarrassante, plutôt inattendue. Je me tendis, pas tout à fait à l'aise. Jamie ne m'effrayait pas ou quoi que ce soit, et j'avais confiance en lui la plupart du temps, mais ça ne me semblait pas bon. Il ne me semblait le bon. Alors que je m'écartais de cette étreinte, nos joues se caressèrent l'une contre l'autre.
"Bon, euh... merci pour la soirée," dis-je doucement, agitant le poulet en peluche devant lui avant d'ouvrir la portière. Il me salua de la main et attendit que je rentre à l'intérieur de la maison avant de démarrer. Je ne pouvais pas rentrer à l'intérieur plus rapidement.
Après avoir jeté ma veste sur une chaise, je lançai le poulet négligemment sur le canapé et me dirigeai à l'étage. Il était tard et j'étais fatiguée, et déçue parce que Jamie n'était pas le remède à tout comme je l'avais tout d'abord pensé.
En ce moment, Edward me manquait plus que je ne l'avais jamais imaginé. Mon cœur languissait vraiment qu'il soit à côté de moi et je voulais à en mourir l'appeler, juste pour entendre sa voix. Je tenais mon téléphone dans ma main, mon doigt pressa sur sa numérotation rapide.
Que l'appelant soit damné en Enfer!
Si seulement je pouvais juste écouter son message et obtenir une solution miracle.
Indépendamment de ce qu'avait été mon intention en début de soirée, Edward savait que j'étais sortie avec un autre gars et je ne pouvais pas lui reprocher d'être en colère. Pour cette raison, je ne pouvais pas non plus composer son numéro pour lui dire pourquoi j'avais autant mal ce soir. Je ne pouvais pas lui dire que j'avais embrassé un autre gars et que je me sentais affreuse pour ça, et triste, et c'était ce qui faisait que ma poitrine me faisait mal car ce n'était pas lui. Donc j'envoyai un texto qui exprimai la seule chose que je pouvais lui dire, et éteignis les lumières.
Tu me manques.
Seule dans l'obscurité, j'attendais une réponse, retenant ma respiration lorsque j'entendais le bruit d'une voiture familière descendre la rue. Après deux heures, alors que je n'entendais plus de voiture et n'avais pas eu de texto en réponse, je tirai la couette sur mon menton et laissai la culpabilité et la tristesse me réduire à dormir.
Le lendemain matin, Alice et moi allions au boulot ensemble en voiture. Je lui donnai tous les détails de ma soirée avec Jamie et après avoir tout d'abord suffoqué sur le fait qu'il y avait eu un baiser, elle m'apporta son soutien moralement et les paroles de bon sens avant de réitérer encore une fois combien Edward était défait après m'avoir vue partir. Je ne pouvais pas supporter d'en entendre plus et la suppliai de juste cesser de parler de ça.
Nous étions prévues pour faire une fête pour un garçon et une filles jumeaux ayant pour thème les Power Rangers. Je revendiquai la première pour le rose et Alice finit par prendre le costume bleu, ce qui amena le garçon dont on fêtait l'anniversaire à se plaindre parce que pour être exact, le Power Ranger bleu était supposé être un mec et n'avait pas de nichons. Est-ce que l'obsession de la poitrine commence vraiment si jeune?
Quand on est habillé de la tête aux pieds dans un costume scintillant en synthétique extensible mettant en évidence toutes ses formes et qu'on a un masque magnifique pour se cacher derrière et une meilleure amie qui prétend repousser les merdes, on parle d'accessoires importants avec une foule de gosses âgés de cinq ans. Nous étions à peu près aussi réalistes que nous pouvions probablement l'être, faisant des mouvements brusques sur-exagérés et des coups de pied aériens qui étaient parfaitement ridicules et hilarants. Nul besoin de le dire, mon humeur avait été temporairement à un meilleur niveau.
L'avantage d'avoir Alice Brandon pour meilleure amie était que son exubérance permanente était contagieuse. Même si quelqu'un était vraiment de la pire humeur, elle pouvait à elle toute seule faire passer la mélancolie. Nous nous en étions tirées comme des reines en pourboire et étions allées acheter des chaussures après cela, dépensant en environ vingt minutes une grande partie de l'argent gagné. Je stoppai Alice qui essayait des hideuses robes de cocktail jaunes, lui promettant que je l'accompagnerais faire un tour à Seattle un jour pour acheter une vraie robe de bal dans des boutiques plus décentes. Même si acheter une robe pour le bal où je voulais aller, mais ne pouvais pas, était la dernière chose que je voulais faire... mais je le ferai pour elle.
J'essayais une magnifique paire de sandales à semelle compensée quand Alice gémit, se giflant la figure. "Oh my God, je ne peux en supporter plus !"
Je blanchis à sa soudaine explosion. "Pourquoi? Ça me fait des orteils bizarres? Ils le sont, n'est-ce pas?" Je faisais pivoter mon pied face au miroir.
"Non, ils sont bien, tu as de magnifiques orteils. Mais écoute, je ne suis pas censée te dire ça parce que je lui ai promis que je ne te le dirai pas. Mais tu es ma meilleure amie et ma loyauté reste de toute évidence envers toi, mais je dois te parler... à moins bien sûr que tu ne veuilles pas savoir, mais je suis certaine que tu veux savoir.»
Je la fixai incrédule. "Tu Lui as promis, à qui? Edward?" Alice hocha la tête avec véhémence. "Euh, ouais. Je veux tout savoir, tout de suite," dis-je alors que je m'asseyais sur la chaise à côté d'elle, repoussant la boite des sandales pour concentrer toute mon attention sur ses paroles.
"Bon d'accord, tu as dû rentrer vraiment tard la nuit dernière parce j'étais endormie et un peu bourrée et tout et alors ensuite j'ai été réveillée parce que j'ai entendu hurler dehors à ma fenêtre. Je me suis levée pensant que c'était Jasper qui voulait du sexe au téléphone ou autre, mais ce n'était pas lui... c'était Edward."
Mes yeux s'agrandirent avec anticipation. Pour quelqu'un qui parlait à mille mots à la minute, elle ne pouvait pas aller au but plus lentement. "Dehors à ta fenêtre?" demandai-je lentement, me demandant pourquoi diable il aurait été là.
Elle secoua la tête. "Non... en fait il était dehors à ta fenêtre."
Je suffoquai, faisant des battements de ma main devant la bouche. "Quoi? Nooooon!"
Yes!
Attends...pourquoi?
"Qu'est-ce qui est arrivé?"
"Oh...eh bien, c'était genre, 'Bellllllllaaaaaa, Belllllllaaaaaaaaaa!' et vraiment fort et désagréable et il hurlait pour t'appeler. Ma mère était à la maison et elle est allée à la porte et lui a dit de retrouver ses chaussures et de rentrer chez lui ou elle allait appeler la police."
"Tu déconnes! Il n'avait pas de chaussures?"
"Ouais, je ne sais pas, il était pieds nus et il s'est cogné l'orteil et il le frottait et jurait. Il a dit qu'il les avait donné à un genre de mec sans abri ce qui je dois te dire est une chose assez sympa parce qu'avec ces temps de misère économique..."
Il avait donné ses chaussures à un SDF? C'est quoi...
"Alice!" Je tapai des mains en face d'elle. "Focus!"
"Désolée, désolée, doux Jésus."
"Alors qu'est-ce qu'il a fait ensuite?"
"Il s'est moqué de ma mère et il titubait et s'emmêlait dans ses mots... il était complètement bourré. Alors, je suis allée dehors et je lui ai parlé pour ne pas que ma mère appelle les flics, tu sais?"
"Qu'est-ce qu'il a dit? Qu'est-ce que tu lui as dit? Qu'est-il arrivé. Dis-moi! Dis-moi! Dis-moi!"
Elle recula sa tête pour l'éloigner de mon excitation impatiente. "Du calme, s'il te plaît." Alice souffla, arrangeant son chemisier, me faisant attendre délibérément avant de se lancer dans la partie suivante de son récit. Je lui grognai dessus et lui fit mon meilleur regard assassin.
"D'accord, alors je lui ai absolument promis que je ne te le dirais pas mais il m'a demandé de l'aide pour quelque chose en tant que ta meilleure amie. Je ne vais pas te dire ce que c'est et tu ne peux pas m'y forcer. Simplement je ne veux pas que tu penses que si nous nous chuchotons ou nous disons des secrets ou quoi que ce soit c'est que nous faisons quelque chose de louche parce que ce n'est absolument pas quelque chose de mal."
"Quoi? Ce n'est pas juste. Donc tous les deux vous complotez contre moi et tu es de son côté dans toute cette affaire?"
Elle secoua la tête avec véhémence. "Nope, totalement de ton côté." J'allais protester mais elle leva la main pour m'arrêter. "Fais-moi confiance, c'est pour ton bien, alors ne me pose pas plus de questions car je ne te dirai rien mais je vais l'aider quoi qu'il en soit, car il en bénéficiera aussi et je veux être honnête, Bella. Je l'aime bien. Il est désespéré et il fait des choses stupides mais ce gars… il t'aime." Ses mots me firent sourire. "Oh et euh… Edward est vraiment mignon en passant… comme vraiment mignon putain." Elle plissa le nez et me lança un regard bizarre comme si elle savait quelque chose que je ne savais pas, ce qui était effectivement le cas puisque qu'elle ne m'avait rien dit.
Je savais qu'elle voulait dire mignon comme dans adorable pas mignon dans le sens hot/ beau à regarder, même si nous savions toutes que c'était le cas mais ce n'était pas ce qu'elle voulait dire dans ce contexte particulier. J'étais carrément très déçue de ne pas être rentrée plus tôt. J'aurais beaucoup aimé l'avoir vu éméché et m'appelant et maintenant, je mourrais d'envie de savoir de quoi il était question entre eux deux. J'aurais dû la presser davantage mais je n'avais pas l'énergie pour me battre avec elle et il n'y avait pas moyen qu'elle revienne là-dessus, je pouvais le dire. Je n'avais juste qu'à attendre et voir ce que diable était ce super secret.
Plus tard ce soir-là, je posai mon téléphone sur ma table de chevet, n'ayant toujours pas de réponse d'Edward à mon texto. J'hésitai à l'appeler ou pas quand le téléphone sonna. En une fraction de seconde je devins toute excitée, pensant qu'Edward avait comme une sorte de bizarre capacité à lire dans mes pensées ou une sorte de sixième sens qui le ferait m'appeler. Quand je vis que c'était Jamie, je laissai l'appel basculer sur la boite vocale, n'étant juste pas d'humeur à lui parler. J'appelai mon père pour lui souhaiter bonne nuit, enclenchai l'alarme et allai au lit incroyablement triste à nouveau, ne prenant même pas la peine de savoir ce que j'allais porter le lendemain.
Je fus violemment tiré d'un rêve par le plus bruyant, le plus inquiétant boum assourdissant qui craqua dans la nuit, faisant écho contre le flan de la montagne voisine et se répercutant à travers les arbres. Je me dressai droite comme un i dans un cri. Mon cœur faisait la course et battait violemment alors que j'essayais de reprendre ma respiration. La pluie tombait en rafales contre la fenêtre, alors je m'étais levée pour aller regarder dehors, il faisait nuit noire. La tempête avait coupé l'électricité.
Soudain, je me rendis compte que j'étais terrifiée... tous ces vieux souvenirs me remontaient en mémoire. Je ne savais pas quoi faire. Je fourrageai frénétiquement dans le tiroir de ma commode à la recherche d'un briquet que j'avais planqué là, l'allumant pour me guider dans la pièce. Les éclairs illuminèrent l'obscurité, suivis par le roulement du tonnerre qui me fit sursauter. Je grognai et marmonnai des gros mots, alors que je présentais la flamme à une jolie petite bougie que ma mère m'avait envoyée pour s'accorder avec ma chambre.
Ensuite je me blottis sous ma couverture, remontée jusqu'au menton, en essayant de ne pas trembler. Je scandai sois courageuse, sois courageuse, sois courageuse... tu es une idiote, tu es une idiote, tu es une idiote. Et je gémissais et jurais quand mon téléphone sonna.
Tu vas bien?
Ça venait d'Edward. Le tonnerre devait l'avoir réveillé lui aussi. Mes tripes se tordirent alors que juste la vue de ses mots m'accorda instantanément le réconfort et m'enveloppa dans la chaleur et la sécurité.
Rapidement, je répondis.
Ouais mais j'ai un peu peur.
J'attendais impatiemment la réponse qui me semblait mettre une éternité. C'était tellement agréable de lui parler. Il me faisait me sentir tellement en sécurité.
Tu veux que je vienne?
Je suffoquai et me crispai de surprise, car non seulement je ne m'attendais pas à ça mais je ne savais vraiment comment y répondre.
Mon cœur hurlait, Fuck oui, amène tes fesses ici tout de suite, mec!
Mais ma tête disait, Non tu es stupide. Ça va tout réduire à néant.
Mon cœur vrombissait à nouveau avec des frissons de nervosité et de plaisir. Je mordais mon ongle en contemplant sa proposition. Je ne voulais absolument pas rester seule, cependant, quand je lui avais envoyé un texto la nuit dernière car il me manquait, il n'avait pas répondu. Je supposai qu'il ne l'avait pas fait pour ne pas me répondre à mon sentiment. Alors je renvoyai ma réponse.
Non
Un autre coup de tonnerre retentit dans le ciel avec fureur et fracas et je sursautai à nouveau me mordant la lèvre. Meeeeeeeeeeeeeeeerdeeeeeeeee. Merde, merde, merde !
Oui
Il me répondit immédiatement.
Donne-moi 5', Ok?
Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu...
Ok
J'attrapai ma bougie et mon téléphone et filai à la salle de bain me brosser les dents, n'ayant rien à foutre des superbes ombres affreuses que la bougie vacillante faisait jouer sur les murs. Je ne pouvais pas voir à quoi je ressemblais mais là encore, il ne le pourrait pas non plus. Donc je supposai que ça n'avait pas trop d'importance. Je portais un legging et un tee-shirt vraiment serré qui n'était probablement pas approprié, mais dans la demi-seconde où je m'en souciai, je pensai que le gars m'avait regardée me déshabiller pendant six mois, sans parler qu'il m'avait vue nue en de nombreuses occasions. Donc ça n'avait vraiment pas d'importance dans le grand ordre des choses.
Je dévalai les escaliers, me dépêchant de taper les chiffres sur le clavier de l'alarme, mais je me rappelai qu'étant donné qu'il n'y avait pas d'électricité ce n'était pas nécessaire. Entrebâillant la porte, j'appuyai mon nez contre la vitre de la porte prise d'assaut par la tempête, attendant nerveusement un signe de lui.
Enfin, des pas pataugeant martelèrent le pavé mouillé...et Edward fut devant mon porche, éclairé d'une lumière fantomatique venant des éclairs. Il était trempé et pantelant, et alors qu'il passait la porte je la tins ouverte pour lui. Il murmura essoufflé, "Salut." Ça me rappela tellement cette nuit et un frisson me parcourut à ce souvenir de lui tremblant et malade.
"Oh, tu es trempé..." dis-je le regardant ébahie stupidement, comme si je m'attendais à ce qu'il soit sec par cette tempête torrentielle.
Il souleva un sac en plastique noué qui laissa couler de l'eau sur le paillasson du hall d'entrée. "J'ai apporté un pyjama sec avec moi."
"Oh... bien pensé." En fait, ça aurait été vraiment plaisant s'il n"avait rien apporté de sec comme ça il aurait pu se pavaner dans son boxer.
Ouais, dooooonc c'est mal choisi. "Hum... tu veux te changer... ou … quelque... chose..."
"Oh, euh... ouais." Il envoya d'un coup de pied ses Nike détrempées par la porte et accrocha sa veste au porte-manteau en bois. Il hésita à retirer sa casquette de base-ball, mais il grinça juste des dents et l'enleva, faisant courir une mains dans ses cheveux sauvagement sortie de lit.
Je lui fit signe de passer avant moi mais étant donné que j'avais la bougie il était plus sensé que je sois devant. Je me glissai pour le contourner, lui faisant presque un croche-pied, qui me fit moi-même trébucher légèrement dans le mouvement. "Désolée," murmurai-je secouant la tête à ma maladresse.
Il changea rapidement de vêtements dans la salle de bain, utilisant son téléphone pour s'éclairer alors que je me glissai dans le lit, tirant à nouveau les couvertes jusqu'au menton. Il vint dans la chambre, dans un pantalon sec en flanelle et un tee-shirt blanc serré, délectable et magnifique. Il tirait sur l'ourlet de son tee-shirt parce qu'il ne savait pas où aller. D'un mouvement rapide, je glissai sur le côté gauche du lit, lui offrant le droit, qui était son côté habituel. Sans un mot, il souleva les couvertures, grimpa et se tourna sur le côté. J'entendis un faible tintement, comme du métal alors qu'il s'installait dans le lit et passait sa main sous un de mes nombreux oreillers.
La bougie vacillait doucement sur la table de chevet donnant à la pièce une lueur chaleureuse, embaumant ma chambre d'un faible soupçon de lavande apaisant. Edward était à environ trente centimètres de moi et je pouvais le sentir, son eau de toilette et son savon. C'était si familier et semblait si réconfortant et... normal.
Dehors il tonna avec acharnement à nouveau et je sursautai, me marmonnant à moi-même de façon idiote. Edward et moi rigolâmes tous les deux à mes dépens. Je soupirai, pensant que c'était le bon moment pour dissiper la tension inconfortable.
"Quand j'avais cinq ans, mon père ramena un chiot à la maison. Je lui en avais demandé un depuis longtemps et il avait finalement cédé. Ma mère fut très en colère parce qu'elle ne voulait pas avoir à se soucier d'une complication de plus. J'étais petite tu sais, donc je ne pouvais pas exactement être responsable de lui. Il y eut une grosse tempête juste après Noël. Le petit chien devenait barge parce qu'il n'aimait pas le tonnerre et tout ça. Et quand j'ai ouvert la porte pour le laisser aller pisser, il a été effrayé et s'est carapaté. J'ai couru après lui... et je me suis perdue dans les bois. Je ne pensais pas être allée si loin..."
"Il a fallu des heures avant de me retrouver. Je me souviens que c'était vraiment sombre dehors et le tonnerre..." Je frissonnai à me rappeler le sentiment d'avoir été si effrayée, comme si c'était hier. «J'avais tellement peur et froid... mes orteils étaient comme... congelés. Mais ils m'ont retrouvée et réchauffée et il n'y eut pas de dommage permanent, mais je pensais tout le temps que Patsy... était là dehors, qu'il avait peur et froid, et qu'il était tout seul."
"Alors c'est pourquoi tu as peur des orages," murmura-t-il.
"Ouais. Ils hum... ils l'ont retrouvé quelques jours plus tard. Il avait été heurté par une voiture sur l'autoroute et il est mort." Je fondis en larmes à ce souvenir, essuyant rapidement l'humidité sur mes joues. "Nous n'avons jamais eu d'autre animal après ça. Pas même un poisson."
"Je suis désolé," dit-il avec douceur.
Je roulais sur le côté, tournant le dos pour m'éloigner d'Edward. Je ne répondis pas. Après un long moment de silence, je pensais qu'il s'était endormi, alors quand il s'éclaircit la gorge, il me surprit.
"Quel est son nom?"
"Au chien?" demandai-je confuse en sachant que je l'avais déjà mentionné. "Son nom était Patsy."
Je pouvais presque entendre Edward rouler des yeux. "Non... au mec avec qui tu es sortie hier soir. Quel est son nom?"
Tout mon corps se raidit à son ton brusque. Ses mots étaient saccadés, il était clair qu'il était blessé ou enragé à juste mentionner le nom.
Je fermai les yeux et murmurai, "Jamie." Il répéta ce nom doucement presque comme s'il essayait de le faire entrer de force dans son cerveau. Je pensai aussi l'avoir entendu marmonner dans un chuchotement, "Nom de connard," mais ça pouvait être le tonnerre qui jouait des tours à mes oreilles.
Je roulai pour lui faire face. Même à la lumière vacillante de la bougie, je pouvais voir que les yeux d'Edward étaient tristes.
Sa mâchoire se serrait alors qu'il passait ses doigts sur le bord chiffonné de ma taie d'oreiller, ses yeux vacillant dans les miens. "Ainsi tu l'aimes bien? Est-ce qu'il embrasse bien?"
Je fronçai les sourcils. "E ce n'est pas vraiment comme ça. Nous sommes amis mais..."
Il siffla à travers ses dents avec un dégoût évident. "Ouais, Alice l'a mentionné plusieurs fois," Il prit un air renfrogné. "Donc tu ne l'a pas embrassé alors?"
Je baissai les paupières ne voulant pas voir la douleur se refléter dans ses yeux quand je lui dirais la vérité. "Edward... s'il te plaît ne... ce n'était rien... je ne pouvais pas..."
Il suffoqua légèrement. "Donc ça veut dire oui." Sa voix se fendillait alors qu'il faisait courir sa main avec rudesse à travers ses cheveux en désordre.
Mes yeux se verrouillèrent aux siens. Ses pupilles étaient sombres et agitées, un ciel sans nuage de colère. "Je suis désolée," murmurai-je.
Edward réfléchit profondément la mâchoire crispée. Il soupira, prenant une longue pause et puis finalement murmura, "Ne le sois pas. J'ai aussi embrassé quelqu'un... hier soir."
Je me relevai sur les coudes brusquement. "Quoi? Qui?" Mon estomac se retourna à l'idée de lui étant avec une autre, les mains d'une autre sur lui et sa langue dans sa bouche et ses doigts se faufilant dans ses cheveux. Oh mon Dieu, s'il vous plaît non!
Je déglutis, retenant ma lèvre de trembler. "Edward, s'il te plaît, s'il te plaît dis moi que ce n'était pas elle." Ma voix était tellement faible, je ne pensai pas qu'il avait pu même m'entendre.
Il ne dit rien mais continua à me fixer. "Edward?"
"Tanya? Fuck non, ce n'était pas elle. Je... Je t'ai vue partir avec ce gars hier soir et... j'étais juste si foutrement furieux que je suis allée à cette soirée et je ne sais pas..."
"Et quoi? Tu as embrassé une gonzesse au hasard pour me rendre la pareille avant de même savoir si j'avais fait quelque chose avec Jamie?" Je suffoquai, m'asseyant, rigide. Je savais que je n'avais pas le droit d'être en colère.
Nous n'étions pas ensemble quand j'étais sortie avec un autre gars et je savais qu'il m'avait vue partir avec lui... je m'attendais à ce qu'il ait mal, peut-être même qu'il soit dévasté. Je devrais être contente qu'il en ait encore à foutre quelque chose, même si aucune de mes actions n'étaient dans l'intention lui faire du mal. Je me hissai sur le bord du lit secouée par la colère que je n'avais aucun droit de ressentir.
Il s'élança en avant, tirant mon dos fermement sur sa poitrine. "Bella, stop... stop...", murmura-t-il à mon oreille, nous entraînant à la place où nous étions précédemment. Je me débattis contre lui mais il me calma dans son emprise ferme. Les mains d'Edward bloquaient les miennes sur mon sternum, en berceau l'une contre l'autre. Mon Dieu, il était si proche... la dureté du haut de son corps moulant parfaitement la courbe de mon dos. Son odeur était si familière et réconfortante et... excitante. Ça faisait des siècles que je ne l'avais pas senti contre moi comme ça et ça me manquait si foutrement beaucoup.
"Je l'ai embrassée parce que j'étais en colère contre toi et … je putain... mon Dieu, je te veux... je veux être avec toi, seulement avec toi mais tu ne veux pas me laisser être avec toi." Je pouvais entendre son cœur battre fort, vibrant dans mon dos alors qu'il me murmurait ces paroles à l'oreille. "Je t'aime... seulement toi, Beautiful."
"Quel âge?" demandai-je précipitamment, la voix tremblante. "Qui est-elle? As-tu couché avec elle?"grommelai-je, repoussant ses magnifiques paroles dans le fond de mon cerveau. Depuis tout ce temps que je me languissais de les entendre mais je ne pouvais pas avoir cette image de lui avec sa bouche sur celle d'une autre, même si j'avais fait la même chose. Je savais aussi que je n'avais aucun droit pour être en colère. J'avais rompu avec lui et il avait tous les droits pour faire ce qu'il voulait avec qui il voulait. J'avais renoncé à ce privilège quand je l'avais laissé partir devant ma porte le soir où je lui avais dit d'exister par lui-même.
"Quel âge? Elle a dix-huit ans et ça n'a pas d'importance qui elle est parce qu'elle ne signifie rien pour moi. Et non, je n'ai pas couché avec elle."
Je le regardai par-dessus mon épaule, blessée et dégoûtée. "Alors pourquoi m'as-tu tout dit à son sujet? Juste pour me faire du mal?"
Son souffle chaud parcourut ma peau comme un ruban de soie. Dans un murmure il répondit avec les mots qui expliquaient tout.
"Parce que tu me manques foutrement, que diable, et parce que tu m'as fait mal, Bella. Et... j'avais besoin d'être honnête avec toi. Je me sens vraiment merdique à ce sujet, et je suppose que c'est pareil pour toi, c'était... je ne sais pas, plus facile que de vivre avec... et je ne veux aucun secret entre nous, rien qui puisse nous revenir à la figure plus tard."
"L'apprécies-tu? Veux-tu retourner avec elle?" murmurai-je d'une voix tremblante.
"Je t'ai déjà dit ce que je veux."
J'essuyai mes larmes à l'aide de mon épaule... des larmes de joie et de tristesse, de savoir qu'Edward voulait toujours être avec moi, même s'il avait été avec une autre. Il pressa son visage dans mes cheveux, embrassant ma tête avec douceur.
"Veux-tu que je parte?" murmura-t-il. Je pouvais sentir son corps se tendre derrière moi.
Je ravalai la boule dans ma gorge connaissant tout de suite la réponse, mais donnant à la réponse une pause lourde de sens.
"Non."
Il me caressa encore et encore les cheveux de ma tempe à la courbe derrière mon oreille, avec douceur, avec respect, avec amour, jusqu'à ce que les larmes soient parties et que le monde perde sa noirceur.
Mais qui était cette fille?
Alors ça peut repartir entre Bella et Edward?
LyraParleOr
