Disclaimer et Avertissement : CF Chapitre 1

Merci à Mistycal, ma Bêta. Courrez voir ses fics!

Compte A Rebours Phase 3 : Communiquer 1/2

Mardi 29 octobre 1996 Acte 1 : Lettres - Chouettes et Hiboux

Draco

Et voilà ! De retour dans mon dortoir !

Après sept mois passés dans le Temps Ralenti, à dormir dans une yourte et à m'entraîner du matin au soir, cela me fait tout drôle.

Et plus encore de me rendre compte que rien n'a changé ici.

Crabbe et Goyle ronflent comme des sonneurs, Zabini dors à moitié assis et la baguette à la main et Théo, l'amoureux Théo, est discret même dans son sommeil…

C'est fou, il est même tellement discret qu'on dirait qu'il ne respire pas et il faut vraiment fixer le tas de couvertures avec attention pour le voir se soulever imperceptiblement…

Comme souvent, je suis le premier à me rendre dans la salle de bain et je ne me prive pas d'une longue douche bien chaude. Je me dépêche ensuite de m'habiller, à l'abri de la cabine de douche, pour être sûr de ne pas être surpris par l'un de mes camarades…

Il ne faudrait pas que l'un d'eux me surprenne à moitié nu…

Ce n'est pas que je sois si pudique, mais avec mes nouveaux muscles, j'ai tout intérêt à ne pas me faire remarquer… Et…

Oïe ! …

Il y a comme qui dirait un problème!

On dirait que mes vêtements ont rétréci au lavage…

Oïe ! Oïe ! Oïe !

Il va falloir que je revoie toute ma garde robe là !

Mince… J'ai vraiment pris en taille comme en muscles !

C'est Harry qui va se ficher de moi quand il va savoir ça !

Bon, en attendant, je n'ai plus qu'à mettre un petit Sort d'Ajustement sur ce que je porte et je vais écrire tout de suite à Hermione pour lui demander conseil. Elle, au moins, elle ne se fichera pas de moi et trouvera bien une solution durable à ce problème… parce que là, au moindre faux mouvement, tout risque de craquer…

J'aurais belle allure tiens !

Bon… Allez Draco ! Il est temps de descendre dans l'arène et de voir si quelqu'un va remarquer que tu as brusquement grandi de quelques centimètres…

Pourvu que Pansy n'en fasse pas la remarque à voix haute… Elle en est bien capable cette gourde !

Tiens, en parlant de la gourde, la voilà justement qui se précipite vers moi en s'exclamant :

« Draco ! Tu en as mis du temps pour revenir hier soir ! Où étais-tu ? Je t'ai attendu la moitié de la nuit et je ne t'ai pas vu rentrer ! J'ai fini par aller me coucher à trois heures et demie ! Et qu'est-ce que tu as Draco ? Pourquoi n'as-tu pas mis de gel dans tes cheveux ? J'adore quand tu as du gel dans tes cheveux ! Et c'est bizarre, mais on dirait que tu es plus grand que d'habitude ce matin ! »

Et voilà ! Qu'est-ce que je disais !

Et naturellement tout le monde a cessé de parler pour me fixer comme si j'avais trois têtes !

« Pansy, cesse de parler si c'est pour dire de telles âneries… Cesse même de parler tout court… » réponds-je, la voix glaciale et le regard mauvais, prenant la direction de la porte à grandes enjambées.

Merde !

Je préférais nettement me réveiller au Paradis moi !

Même quand il pleuvait des cordes et que j'aurais aimé rester au lit plutôt qu'aller patauger et faire des pompes dans la boue et les flaques d'eau, au moins, dès le réveil, je ne voyais que des personnes que j'avais envie de voir…

« Mais Draco ! Je te jure que tu parais plus grand ! » insiste la gourde, ses yeux tout ronds et me suivant en trottinant dans le couloir.

« Mais bien sûr Pansy ! J'ai rencontré une fée en revenant de retenue hier soir et elle a exaucé mon vœu de grandir de quelques centimètres en une nuit ! » déclare-je, bien fort, pour que tout le monde entende, même ceux qui sont les plus éloignés.

« C'est vrai ? Mais c'est formidable Draco » ! s'écrie l'idiote, en sautillant presque.

Merlin !

Ce n'est pas possible d'être aussi bête !

Mais au moins, cela me rend service, parce que tout le monde à l'air de se ficher d'elle, même si c'est très discret…

« Mais non ! Idiote ! Comme si une chose pareille était possible ! Tu vois bien que mes vêtements me vont parfaitement bien ! Tu ne crois pas que j'aurais un horrible feu au plancher si cela avait été le cas Pansy ! Tu viens seulement de te rendre compte que j'ai grandi pendant l'été, c'est tout ! » dis-je, toujours haut et fort, laissant libre cours à mon exaspération.

« Oh… Mais pour le gel Draco ? C'est parce que tu n'en as plus, que tu n'en as pas mis ? Je peux t'en trouver dans la minute si tu veux ! » insiste cette fois la face de pékinois, comme l'appelle le trio, en trottinant toujours pour se maintenir à mon niveau…

Le pékinois… C'est vrai que ça lui va bien tiens !… J'espère pouvoir lui dire bientôt.

« Si, Pansy ! J'en ai encore. J'ai juste décidé de ne plus en mettre. Il faudra t'y faire… Et cesse de m'ennuyer avec ces âneries! » réponds-je, en sifflant d'exaspération et en lui jetant un regard noir.

« Oh… D'accord Draco. C'est dommage, j'aimais bien. Alors, dis-moi maintenant, à quelle heure es-tu rentré cette nuit ? » persiste-t-elle, malgré toutes les menaces de ma voix et de mon regard.

Cette fois je m'arrête et tout le monde derrière en fait autant pendant que je croise les bras et plante mon regard le plus furieux dans ses yeux

« Tôt, Pansy!… Je suis rentré tôt! Et si tu ne m'as pas vu, c'est que tu ronflais comme un Troll ! Et maintenant dis-moi à ton tour Pansy ? Qu'est-ce qui te prends de m'espionner ainsi ? Je rentre à l'heure à laquelle il me plait et je n'ai aucun compte à te rendre, compris ? Et si tu me saoules encore comme cela de bon matin, je te bâillonne, te ligote et te jette au fond d'une armoire dont je fermerai la porte à triple tour ! Maintenant, fiche-moi la paix Pansy ! Comme tu peux le constater, je suis d'une humeur horrible ! Je n'ai toujours pas trouvé de fille convenable à baiser et ça commence à me taper sur les nerfs ! » m'écrie-je presque, cette fois sur un ton qui la fait pâlir et se ratatiner sur elle-même, avant de reprendre mon chemin, dans le silence le plus complet…

Ouf !…

Je vais avoir la paix pendant quelque temps…

Le problème, c'est qu'on va me prendre pour un obsédé sexuel…

Un comble, puisque je ne bande toujours pas, même le matin !

Bah, tant pis !… Ce sera une occasion de plus de rire avec mes amis…

Allez… Entrons dans la Grande Salle. Qu'on se dépêche de prendre son petit déjeuner et d'aller en cours…

Sans oublier d'observer les uns et les autres, histoire de voir si je peux repérer l'Espion de Voldemort…

Car si je ne doute pas un seul instant que Pansy consigne tous mes faits et gestes et doit en rapporter une grande part dans les lettres destinées à ses parents, je suis certain, au fond de moi, qu'il y a un autre Espion bien plus discret qu'elle…

Ah ! Voilà le courrier…

Mais…

Pourquoi n'est-ce pas Lucifer qui me l'apporte ?

C'est pourtant une lettre de Maman. Bizarre… Maman fait toujours parvenir mon courrier et mes colis par Lucifer…

Pourquoi est-ce Dante aujourd'hui ?

Voyons ce qu'elle écrit…. Mmmm… Comme les autres fois, c'est froid et impersonnel…

Pauvre Maman, prisonnière au Manoir et sans cesse surveillée !…

Voyons le colis maintenant…

Mais, qu'est-ce que cela veut dire ? Pourquoi me met-elle ces trucs là ? J'ai horreur des chocolats aux noix… Et je déteste plus encore ceux au café…

Qu'est-ce que cela signifie ? Et qu'est-ce que c'est que ce machin là, aussi ?…

Un mouchoir à ses initiales…

Tâché…

Ce n'est vraiment pas normal…

Un message ? Cherche-t-elle à me faire comprendre quelque chose ? Cherche-t-elle à me faire savoir qu'elle est prisonnière ?

Il va falloir que j'en parle au professeur Snape…

Le plus tôt sera le mieux… Oui…

Maman me fait parvenir un message là…

Le problème, c'est que je ne suis pas certain de tout comprendre…

******************

Harry

Je me demande ce qu'a Draco, il fait une tête bizarre pour qui le connaît bien…

Ah ! Mais voilà le professeur Dumbledore et Remus…

Tout le monde les regarde bizarrement et c'est le silence complet. Je me demande quelles seront les réactions quand le professeur Dumbledore va annoncer que Remus va remplacer Madame de Paimpont…

« Bonjour les enfants ! Comme peuvent le constater celles et ceux qui étaient parmi nous il y a trois ans déjà, le professeur Lupin est de retour à Poudlard. Madame De Paimpont étant indisponible pour quelques jours, j'ai jugé bon de faire appel à ses services pour la remplacer. Je ne doute pas un seul instant que celles et ceux qui l'ont connu, apprécierons de l'avoir à nouveau comme professeur. » explique le professeur Dumbledore avec un sourire engageant.

Aussitôt, je me lève et j'entraîne avec moi les Gryffondors et une grande partie des Serdaigles et des Poufsouffles dans une acclamation chaleureuse pour Remus, qui, je le vois même d'ici, en est fort ému.

Seuls, les Serpentards font la gueule. Draco en tête.

Mais lui, c'est parce qu'il ne peut pas se lever pour en faire autant…

« Merci ! Merci pour lui les enfants ! » s'exclame le professeur Dumbledore, tout en faisant un geste pour nous inciter à cesser les applaudissements et à l'écouter.

Lorsqu'il obtient satisfaction et que notre attention est de nouveau toute tournée vers lui, il poursuit :

« Lorsque Madame De Paimpont pourra de nouveau nous honorer de sa présence, nous avons convenu, enfin, si le Conseil d'Administration n'y voit pas d'inconvénient, que le professeur Lupin allègera sa charge de travail en s'occupant des Premières, Deuxièmes, Troisièmes et Quatrièmes années. Cela permettra à nos deux excellents professeurs de Défense Contre les Forces du Mal, de mettre sur pied un club de Duel, qui sera sans nul doute plus efficace que le précédent… »

Une autre salve d'applaudissements, accompagnés par des exclamations enthousiastes, retentit sous le ciel de la Grande Salle.

Et j'en suis vraiment heureux pour Remus…

Lui qui était parti si discrètement à la fin de ma Troisième année, revient décidément en fanfare et je trouve cela tout à fait juste !

« Allez Ron et Ginny, il faut commencer… Comme convenu ! » lance Hermione, dès que les choses sont revenues à la normale et après avoir simulé un rapide conciliabule avec eux…

Aussitôt, Ron avale sa dernière bouchée et se lève, pour aller voir ses homologues de Poufsouffle, tandis qu'Hermione va voir ceux de Serdaigle et que Ginny entreprend de répandre la nouvelle parmi les Gryffondors, faisant déjà circuler un parchemin…

L'opération « Pétition pour Remus » est commencée…

C'est le professeur Snape, qui nous en a donné l'idée après notre retour cette nuit, dès que Ginny s'est apaisée, pour appuyer la candidature de Remus ce soir… Il nous a même donné les noms de tous les membres du Conseil d'Administration, pour que nous tâchions d'obtenir les signatures des élèves qui auraient de la parenté parmi eux, comme Suzan Bones par exemple

Sur le moment, cela m'a beaucoup surpris et, la fatigue me poussant à la mauvaise humeur, je n'ai pu m'empêcher de faire remarquer qu'il n'aurait pas dû révéler sa lycanthropie la première fois où il est venu, pour commencer…

Il est resté silencieux, un regard inexpressif fixé sur le mien…

Et puis, Draco, qui était resté bouche bée devant ma brusque attaque, a déclaré :

« Mais ce n'est pas Parrain qui a révélé cela… Je suis désolé… Mais c'est moi… Je… J'ai reçu un hibou de mon père, très tôt ce matin là et il m'a demandé de le révéler haut et fort… Parrain n'y est pour rien… Je… Je le dirais au professeur Lupin dès que j'en aurais l'occasion… Je suis vraiment désolé de lui avoir nuit ainsi… »

C'est drôle, parce que cela ne m'a pas surpris en fin de compte…

Et je me suis senti mal à l'aise envers mon Parrain par alliance, mais celui-ci m'a fait un petit sourire et m'a affirmé que ce n'était pas bien grave, puisque Remus lui-même avait pensé la même chose…

Mais dans le fond, je sais qu'il a été peiné d'avoir été, une fois de plus, accusé injustement…

Il va vraiment falloir que je lui parle à cœur ouvert un de ces jours…

Oui, je le ferais, après Halloween…

Ou peut-être avant, si j'en ai l'occasion…

En attendant, je suis le premier à signer la pétition, comme nous l'avons convenu, bientôt imité par tous mes camarades de Gryffondor, même les plus jeunes, qui n'ont pourtant pas connu Remus.

Et aux tables de Serdaigle et Poufsouffle, les choses ont l'air bien engagées également…

C'est dommage que nous ne puissions pas compter encore sur quelques Serpentards…

Mais il y en aura au moins un… Car le professeur Snape a promis de la signer, avec les autres professeurs…

Et ce soir, Hedwige ira porter la pétition au professeur Dumbledore, juste au moment où le Conseil d'Administration de l'école sera réuni, pour examiner la candidature de Remus au poste de professeur de DCFM et de Duel en second…

J'espère vraiment, que ce Conseil d'Administration sera aussi séduit par le message que par la messagère…

Car elle est tellement belle Hedwige, qu'elle ne laisse personne indifférent…

Mais c'est normal, car c'est la plus belle chouette du monde !

**************

Acte 2 : Gazette Ou La Pie Qui Déchante…

Severus

Midi.

Je dois me dépêcher d'aller chez Nally car le rendez-vous avec Rita Skeeter aura bientôt lieu…

Dans quinze minutes exactement, et je ne veux rater cela pour rien au monde !

Car voir cette ragoteuse de pacotille se faire embrouiller et embobiner par Albus et Nally sera un vrai régal !

Je suis heureux que tous les deux aient pensé à me faire profiter du spectacle.

J'avance très vite, le long du couloir secret qui mène aux appartements de Nally, courant presque pour ne rien rater de la rencontre… Mais je sais que Nally fera en sorte que je vois tout, retardant l'entrevue de quelques minutes s'il le faut…

Enfin, j'arrive près de la porte secrète, je m'installe dans le fauteuil que Nally a mis à ma disposition et je regarde l'intérieur de la pièce, au travers d'un grand miroir sans tain…

De l'autre côté, on ne peut me voir, d'autant que Nally a posé un Sort pour qu'on ne remarque pas ce grand miroir…

Skeeter est là, installée sur le canapé, comme si elle était en terrain conquis…

Pour l'instant, elle affiche une mine moqueuse tandis qu'elle observe Albus et Nally, mais elle va bientôt déchanter, la mauvaise pie !

« Alors, professeur Dumbledore, j'ai été très étonnée de recevoir votre Hibou ce matin… J'ai longuement hésité avant de venir mais…le grand Dumbledore qui me demande un service ! Je n'ai pas su résister à la tentation ! Vous avez réussi à exciter ma curiosité ! » s'exclame l'échotière de bas étages, que je devine, non seulement curieuse mais aussi satisfaite à la pensée qu'elle va peut-être pouvoir, encore une fois, écrire des horreurs sur son vis-à-vis…

Et surtout le tenir entre ses plumes acérées et empoisonnées…

Car demander un service, c'est se retrouver débiteur…

Et je n'ai nul doute que Skeeter écrase ses débiteurs sous ses talons aiguille avec grande satisfaction…

Mais cette fois, elle va perdre…

Car ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'elle a devant elle les deux plus grands Serpentards de notre époque… Même s'ils sont Gryffondors…

« Effectivement, ma chère ! Effectivement ! Mais permettez-moi, au préalable de vous présenter notre professeur de Défense Contre les Forces du Mal : Madame Nally De Paimpont. Comme vous pouvez le constater, Madame de Paimpont est actuellement blessée. C'est pourquoi j'ai jugé bon de vous recevoir dans son bureau plutôt que le mien, pour lui épargner la fatigue d'un déplacement » explique Albus d'un ton cordial

Bien…

Albus vient de présenter Nally, en appuyant sur le fait qu'elle est actuellement blessée. Ce qui la met, sans nul doute, en position d'infériorité aux yeux de la cafarde…

Attention ! C'est pour mieux vous ferrer mon enfant, serais-je tenté de dire… si j'avais quelques prétentions à mettre cette fouille poubelles en garde…

Ce qui n'est pas le cas bien évidemment.

« Oh… Oui… Désolée très chère… » fait Skeeter, l'air de s'en ficher royalement en réalité et accordant à peine un regard à son hôtesse, qui lui sert une tasse de thé.

« Je vous en prie… Il n'y a pas vraiment de quoi l'être. Ce n'est pas grand chose vraiment. » répond Nally, faisant profil bas, mais sans aucun doute prête à mordre à la première occasion…

Elle déteste ce genre de personnes, qui n'ont aucune considération pour les autres et aiment, par-dessus tout, leur propre personne et colporter les ragots les plus dégoûtants…

Et Nally n'ignore rien de ce que Skeeter a pu dire d'Albus et de son filleul qu'elle adore…

« Si nous en venions à ce qui m'intéresse ? » demande la vilaine rapporteuse, avec un reniflement dédaigneux en direction de Nally, avant de se tourner, toutes dents dehors, vers Albus

Excellent !

Oh ! Oui !

Ne jamais commettre l'erreur que vient de faire Skeeter en sous estimant mon épouse…

Elle va se faire laminer par Nally, sans comprendre ce qui lui arrive dans quelques minutes !

« Vous savez, très chère, ce qu'est l'Ordre du Phénix, n'est-ce pas ? » demande Albus, en prenant l'air candide…

Naturellement, Skeeter éclate de rire et fait gonfler les plumes de son boa vert pomme…

On dirait un perroquet qui ébouriffe ses plumes…

« Oh ! Mais bien sûr ! Qui ignore en ce monde, que le grand Albus Dumbledore est le père fondateur de cette coterie obscure qui prétend guerroyer contre les Forces du Mal !… Il me semble avoir écrit un article ou deux à ce propos pour rendre service au Directeur de la Gazette qui avait encore quelques espaces à remplir dans son journal !…» s'exclame la colporteuse de bazar, sur un ton ironique et méprisant…

A la tension dans les épaules de Nally, je devine qu'elle n'a qu'une envie, tout comme moi d'ailleurs, celle de flanquer cette horrible pimbêche dehors, à grands coups de pied au derrière…

Mais nous avons besoin d'elle, pour asseoir notre grande farce et rendre public l'échec de Voldemort…

Ce qui aura le double avantage de le mettre en rage et de faire savoir au monde sorcier qu'il est tout à fait possible de combattre les Mangemorts et de gagner la partie…

Et faire quelques émules et recruter des volontaires par la même occasion.

« Nous ne prétendons pas ma chère… Nous guerroyons, nous guerroyons… » affirme Albus, qui s'amuse comme un petit fou semble-t-il…

Ou plutôt qui s'amuse à jouer au petit fou, pour mieux harponner la baleine…

Skeeter se livre à quelques gloussements stupides et, sur un clin d'œil moqueur, elle demande, en se pourléchant légèrement les babines surchargées d'un répugnant maquillage rouge sang qui a laissé des traces grasses sur sa tasse de thé :

« Et auriez-vous quelques informations intéressantes, à me donner à ce sujet ? »

« Peut-être, peut-être ma chère… » avance Albus, en se calant bien confortablement dans son fauteuil, l'air d'hésiter, mais prêt à enfermer à nouveau le scarabée dans son bocal …

« Allons, mon ami… Vous pouvez tout dire à Rita… » gazouille le coléoptère vampirique, en lançant une œillade vulgaire à Albus.

Voilà !

L'Animagus a mordu dans l'appât ! Elle est entrée dans le bocal et il n'y a plus qu'à refermer le couvercle…

« Ma chère, nous pouvons, Madame De Paimpont et moi, vous garantir l'exclusivité de ce que nous savons et vous offrir l'opportunité de quelques scoops. » lui affirme Albus, présentant le couvercle au-dessus du bocal.

« Vraiment ? Vous m'en direz tant ! Si vous saviez le nombre de personnes qui me font cette promesse chaque jour très cher ! Il va m'en falloir un peu plus, pour que je vous accorde crédit… » fait mine de dédaigner la Bavasseuse en Chef du monde sorcier, accordant à peine un regard, une fois de plus méprisant, à l'intention de Nally, qui reste impassiblement souriante.

« Une attaque aura lieu à Halloween. Cela vous intéresse-t-il ? » demande sans plus de détour, Albus, en fixant sur elle son regard bleu pâle le plus pénétrant.

Skeeter sursaute d'abord puis, prenant l'entière mesure de ce que vient de dire Albus, elle se tortille et, abandonnant toutes ses manières ridicules et insupportables, elle laisse tomber son masque faussement désintéressé et lâche avec avidité :

« Dites-moi tout ! »

Couvercle mis en place et vissé… Le scarabée est refait…

« Pas avant que nous ne soyons parvenus à un accord satisfaisant pour les deux parties. » intervient Nally, d'une voix douce et avec un sourire faussement engageant.

Skeeter éclate de rire et se tourne vers Nally, en se trémoussant sur le canapé et en réajustant ses lunettes serties de fausses pierres précieuses.

« Ma chère ! Comment voulez-vous prétendre passer un accord avec une journaliste aussi indépendante que moi ! Voyons, mon petit, on ne bride pas la presse ! Rien qu'avec ce que vous m'avez dit, j'ai déjà de quoi faire un joli petit article ! »

« Vraiment ? J'aimerai beaucoup voir cela… » dit doucement Nally, son sourire s'agrandissant et montrant ses dents elle aussi, l'air innocent et presque…niais…

Oh ! Merlin !

Nally va la manger toute crue la commère ! J'en viendrais presque à la plaindre…

Presque !…

« Tout à l'heure, peut-être, si vous êtes sage ! » frétille la verbeuse sans talent, sans se douter qu'elle vient de se jeter dans la gueule de la Griffonne !

« Comme c'est dommage, car vous n'aurez rien à écrire tantôt… » fait mine de regretter Nally, l'air faussement attristée.

Une fois encore, Skeeter éclate de son rire aigrelet et toise Nally avec tant de hauteur et de mépris, que j'ai envie de l'étrangler soudain…

Rhaaaaaaaaa….

Ce n'est pas le moment d'une nouvelle crise d'adolescence ! Il faut que je me reprenne, sinon, je ne profiterais pas pleinement de cet instant de comédie et d'entourloupe grandiose !

« Ça c'est vous qui le dites ma chère ! Car croyez-moi, je suis une brodeuse de grand talent ! Et je vais déjà pouvoir révéler qu'Albus Dumbledore a avoué faire partie de cet obscur Ordre du Phénix, que son professeur de Défense Contre les Forces du Mal est une insipide petite française à l'air niais, et qu'ils délirent tous les deux sur une soi-disant attaque prévue pour Halloween… Le tout, agrémenté de descriptions tout à fait charmantes et réalistes de votre intérieur et de vos goûts vestimentaires douteux » se vante la jaseuse, ébouriffant ses horribles plumes d'autruche

« Oh ! Cette fois, je vous en supplie, faites-nous la grâce d'une démonstration de votre inimitable et prestigieux talent ! Albus m'a affirmé que vous aviez toujours à disposition votre délicieuse Plume à Papote et des parchemins… Si toutefois vous les aviez oubliés, je me ferais un plaisir de vous en fournir… » l'incite Nally, toujours très douce mais avec un rien d'acidité et de dangerosité dans la voix et lui balançant, presque à la figure, tout le matériel nécessaire à l'écriture, d'un geste négligent de la main…

Cette fois, Skeeter considère Nally d'un autre œil…

Il faut dire que cette démonstration de Magie sans baguette, même si elle n'est rien à côté de ce que Nally est capable de faire, est déjà impressionnante…

D'autant qu'elle avait tout fait jusque là, pour paraître parfaitement insipide et insignifiante aux yeux de la peste…

Albus sourit dans sa barbe, qu'il caresse, les yeux pétillants de malice…

Et moi, je me réjouis d'assister à la déconfiture de ce poison violent…

« J'insiste » déclare Nally, au bout de quelques secondes de bataille de regard, qu'elle gagne haut la main

Skeeter gigote, mal à l'aise maintenant et, d'un air pincé, elle repousse le matériel que Nally lui a envoyé et sort de son sac en crocodile ses parchemins, son encre verte et sa fameuse Plume à Papote trempée dans du jus de Bubobulb pur…

« Très bien, vous l'aurez voulu ! » s'exclame la médisante, d'une voix mal assurée mais l'air revêche…

Puis elle ouvre la bouche et la referme plusieurs fois, en une parfaite imitation d'un poisson hors de l'eau… Mais malgré son insistance et ses nombreux efforts, aucun son ne sort de sa bouche…

Elle ne peut évidemment rien consigner par écrit, ni dicter quoi que ce soit à sa plume venimeuse… Le Sceau du Secret… La grande arme de Nally contre les indiscrets de tous poils…

Ou plutôt de toutes plumes dans le cas présent, si l'on considère son horrible boa…

« Que m'arrive-t-il ! Que m'avez-vous fait espèce de petite peste ! » s'exclame-t-elle soudain, l'air complètement affolé et jetant des coups d'œil suspicieux vers sa tasse de thé…

« Oh… Rien ! Mais je suis professeur de Défense Contre les Forces du Mal, très chère, mes appartements sont, par conséquents, protégés très efficacement ! Rien, absolument rien de ce qui se dit ici, ne peut en sortir sans mon autorisation expresse… » répond Nally, affichant maintenant un air totalement satisfait de chat repu.

« Que… Mais… » tente de protester la bafouilleuse sans talent…

« Désolée très chère… Mais il va falloir composer ou dire adieu aux scoops… Nous trouverons quelqu'un d'autre qui se fera un plaisir de les écrire…» l'achève Nally, lui révélant une fois de plus, son éblouissante et parfaite dentition…

Le scarabée est sur le point d'être croqué…

« Je… Je n'ai guère le choix je suppose… » capitule la papotière ridicule…

Et voilà ! Le premier coup de dent vient de faire craquer la carapace !

Et le second ne va sans doute pas tarder, lui broyant les entrailles…

« Non… Et ne croyez pas pouvoir nous entourlouper d'une quelconque manière. Car nous avons d'autres cartes en main… Ou plutôt, photographies, fort édifiantes très chère… » glisse à son tour Albus, l'œil pétillant…

« Je suis une femme à la morale irréprochable et fort honorablement connue ! » s'insurge la blondasse maquillée de façon outrancière et vulgaire…

« Je ne doute pas un seul instant de votre pureté, ni de votre chasteté… mais je doute cependant de votre virginité morale… » se moque ouvertement Nally, en lui présentant la photo agrandie d'un scarabée qui semble porter des lunettes très particulières…

Des lunettes serties de fausses pierres précieuses…

Et voilà ! Le repas est consommé !…

Il ne manque plus que le dessert…

Skeeter se décompose à vue d'œil et son visage se déforme sous la colère…

« Granger ! La petite peste ! Elle avait promis ! » siffle-t-elle, le visage déformé par une horrible expression de fureur…

On dirait une gargouille particulièrement laide…

« Si vous parlez d'Hermione, vous pouvez être rassurée. Elle n'a rien dit et a tenu sa promesse. Ses amis également… Ils n'ont rien dit, ni les uns, ni les autres. Du moins, pas avant qu'une autre source nous informe de votre… secret. » affirme Nally d'une voix douce sous laquelle couve son mépris pour le laideron grimaçant

« Qui alors ! Dites-le-moi ! » exige de savoir la mijaurée, furieuse.

« Oh… Voyons très chère… Vous ne révèleriez pas vos sources n'est-ce pas ? Faites-moi donc la grâce, de me permettre de garder les miennes ! » exige Nally en retour… le regard dur et inflexible cette fois…

« Quel est le marché ? » s'enquiert l'insupportable bêcheuse, qui tente, tant bien que mal, de garder une contenance hautaine.

« Nous vous emmenons là où se dérouleront les attaques, sous bonne garde et en vous assurant une protection totale. Vous assisterez en direct aux évènements et vous écrirez les articles qui devront paraître le lendemain, quitte à faire un éditorial spécial.
Naturellement, ces articles devront être soumis à notre approbation au préalable. Vous devrez, quelle que soit la manière dont vous écrivez ces articles, rendre Voldemort ridicule. Non pas ouvertement, mais en faisant remarquer que ses adversaires n'étaient pas très… capables ni très…futés… Bref, vous insinuez et insistez sur le fait que ses pantins sont incompétents, mais sans les mettre directement en cause…
Cela devrait être dans vos cordes n'est-ce pas ? Réjouissez-vous ma chère, vous allez pouvoir dire beaucoup de mal d'Albus et de ses alliers… Et qui sait, peut-être aussi un jour de moi-même…
Mais je vous préviens toutefois d'une chose… Jamais, vous m'entendez bien ! Jamais je ne veux lire encore quelque chose de méprisant ou médisant sur Harry Potter et ses plus proches amis! Si je lis la moindre allusion déplaisante, cette photographie et des témoignages directs, parviendront à qui de droit et je vous jure que vous finirez vos jours à Azkaban ou à Ste Mangouste… Harry est mon filleul, je l'adore et je suis prête à tout pour le protéger! Compris ? » déclare Nally, l'air féroce à l'évocation de Harry.

Skeeter, qui se tortillait de nouveau de joie et d'allégresse à la pensée de tous les articles venimeux qu'elle va pouvoir écrire, se ratatine sur elle-même à la fin… L'air terriblement déçu de ne pouvoir dire du mal de son souffre douleur favori, mais trop impressionnée par la puissance que laisse maintenant transparaître ouvertement Nally, pour oser la contredire…

Mais soudain, son attitude change de nouveau et elle semble effrayée.

« Vous-Savez-Qui sera furieux et il s'en prendra à moi ou à la Gazette ! » essaye-t-elle maintenant de se défendre et de se rétracter, comprenant soudain le danger de la démarche.

« Le Directeur de la Gazette sera ravi de la publicité que lui feront vos articles et il dispose sans aucun doute de grandes protections ! Son journal a résisté durant la première guerre, il traversera aussi celle-ci ! Quant à vous, vous êtes un Animagus ma chère ! Vous pouvez vous cacher efficacement quel que soit l'endroit où vous vous trouvez. ! Qui ira soupçonner un innocent scarabée d'être la grande Rita Skeeter ? » demande Nally, impitoyable et avançant directement vers la victoire totale.

« Malfoy!… Draco Malfoy le sait ! Il a dû le dire à son père ! » s'exclame la bécasse, sans comprendre que Draco est justement notre source.

« Lucius Malfoy est en prison, il ne risque guère de révéler quoi que ce soit à son Maître », fait remarquer Nally, refusant de lâcher sa proie.

« Mais Vous-Savez-Qui doit déjà le savoir ! Je vous en prie ! Cachez-moi ! Procurez-moi un lieu sûr et j'écrirai tous les articles que vous voudrez ! Je vous jure, sur ma Magie, que je serais la plus coopérante de vos alliers ! » s'écrie la poison, oubliant toute prudence et se saisissant de l'avant bras de Nally qui referme sa propre main sur celui de l'écervelée…

« Très bien… Vous serez sous notre protection. Mais au moindre faux pas, votre langue restera collée à votre palais et vous ne pourrez plus écrire le moindre mot… Aussi longtemps que je le souhaiterai » répond Nally, triomphante.

Car à peine la promesse formulée, que la Magie d'Albus entre en action et lie le poignet de Skeeter, la débitrice, à celui de Nally, la créancière, en une volute bleue, qui signe un contrat entre elles deux…

Skeeter ne pourra se défaire de sa promesse, aussi longtemps que Nally le lui refusera…

Le dessert a un goût parfaitement délicieux…

Car Skeeter, qui vient de se rendre compte de sa sottise, se décompose totalement, les yeux écarquillés de stupeur et le souffle manquant… Elle hyper ventile au point qu'Albus se sent obligé de lui jeter un Sort pour l'empêcher de s'évanouir.

Le reste de l'entrevue, se déroule sans accroc, Skeeter se sentant sans doute à la merci de Nally, apparaît totalement soumise et acquiesce à tout ce qu'Albus lui propose… De sa venue au point de rendez-vous, situé non loin du Square Grimmaurd jeudi soir à 17H00, au sortilège du Gardien du Secret qu'il ira poser sur son domicile demain après-midi…

Et quand elle quitte le bureau de Nally, elle a oublié toute sa morgue et son mordant au placard…

Elle n'est plus qu'une pie désenchantée…

Et moi, je suis aux anges et je me précipite dans le bureau, pour féliciter les deux plus grands embrouilleurs et stratèges de tous les temps !

Salazar Serpentard lui-même, n'était qu'un inoffensif crétin à côté de ces deux là !

******************

Acte 3 : Bagues

Hermione

Trois quarts d'heure maintenant que je déambule dans les allées de la Bibliothèque, espérant tomber par hasard sur le livre qui fera tilter ma mémoire…

Car si j'ai renoncé, à la demande de Harry, à interroger Dobby, je n'ai pas renoncé à trouver pourquoi l'expression « Grande Dame », me chatouillent les neurones, depuis que Ron a fait remarquer que Dobby appelle la Marraine de Harry ainsi…

Mais rien à faire !

J'ai beau les effleurer et les caresser doucement du bout des doigts, j'ai beau leur murmurer des supplications et des louanges, mes chers amis les livres ne répondent pas à mon appel. Aucun ne s'est élancé vers moi, aucun ne s'est jeté dans mes mains, aucun n'a même seulement frémit…

Je suis frustrée… Et je dois me résoudre à l'évidence : je ne saurais pas, aussi longtemps qu'il n'est pas temps que je sache…

Et finalement, c'est peut-être aussi bien comme cela. Oui, Harry a parfaitement raison. Il y a des mystères qui n'ont pas besoin d'être absolument résolus. Et sa Marraine a bien le droit d'avoir un jardin secret. Notre prof de Potion aussi. Ils nous ont déjà révélé tant de choses tous les deux…

Et j'ai confiance en eux. De toute mon âme…

Oui, de toute mon âme !

Et cette pensée me rassérène totalement. C'est décidé, je laisse tomber cette petite énigme, qui ne vaut vraiment pas que je me fracasse la tête. Il y a des choses bien plus importantes en jeu…

Aussi, amorce-je un pas en direction de la porte, bien décidée à profiter des quelques heures de répit qu'il nous reste avant Halloween.

Et c'est le moment que choisit la bague de communication que nous avons tous convenu de garder jusqu'après la bataille, pour vibrer à mon annulaire gauche…

Violet…

Oh ! Merlin !

Le professeur Snape est gravement blessé et inconscient dans la Salle d'Entraînement !

Comment cela est-il possible ?

Je me précipite hors de la Bibliothèque, sous l'œil courroucé de Madame Pince, qui n'admet pas que l'on trouble la quiétude de son sanctuaire. J'ai pourtant bien pris toutes les précautions possibles, pour ne faire aucun bruit, malgré mon pas pressé, pour ne pas dire urgent.

Puis, sans plus de considération pour le règlement, je cours dans les couloirs, prenant soin de prendre les raccourcis et d'intimer l'ordre aux escaliers de se tourner vers le plus court chemin…

Cela a au moins cet avantage d'être Préfète, de pouvoir obtenir que les escaliers se tiennent tranquilles et vous obéissent…

Et quand j'arrive, essoufflée et probablement toute rouge de ma course et plus échevelée que d'habitude encore, j'ouvre la porte de la Salle d'Entraînement à la volée…

Pour trouver Harry, Ron, Neville, Draco, le professeur Lupin et le professeur Snape, en pleine santé et discutant tranquillement…

« Je croyais que vous étiez blessé ! « fais-je, un peu courroucée, à mon professeur de Potions

« Je suis désolé de vous avoir causé une frayeur Hermione, mais Nally m'a demandé de vous convoquer et j'ai vu là l'occasion de tester nos bagues de communication » me répond-il en souriant, l'air parfaitement décontracté et ne se formalisant pas de ma brusquerie à son égard.

« Eh, bien ! Nous pouvons dire que le test est concluant… » dis-je, en me laissant tomber dans un fauteuil, pour reprendre mon souffle.

« Oui… Nous pouvons conclure cela. » convient Remus, qui semble frais comme une rose.

En voilà un, qui n'a guère couru. Je le soupçonne d'avoir été complice du testeur…

« Et pourquoi sommes-nous convoqués ? Il y a du nouveau ? » m'enquiers-je en haussant un sourcil interrogatif

« Eh, bien ! Ce matin, Nally a pu rencontrer les amis de Charly et Victor Krum, qui sont arrivés beaucoup plus tôt que prévu. Elle souhaite que nous prenions en main leur entraînement dès ce soir, pour libérer ceux qui travaillent sur les micros, ainsi que ceux qui doivent aller fabriquer les Feuxfous. Il en faudra une telle quantité, qu'ils doivent commencer dès ce soir. Je crois aussi que, finalement, les amis de Bill vont également entreprendre dès à présent leur entraînement… Et cela nous donnera l'occasion de tester le plan Granger, au cours d'une simulation grandeur nature. Vous serez les attaquants, si j'ai bien compris. » explique le professeur Snape qui me paraît bien guilleret aujourd'hui.

Quelque chose l'a, de toute évidence, mis d'excellente humeur…

Je me demande ce que c'est…

Rhaaaaaaaaa…. Maudite curiosité ! Ce ne sont pas tes affaires, Hermione ! Le professeur Snape a bien le droit d'être heureux, et ce qui le rend heureux ne te regarde absolument pas !

« Oh ! C'est géant ! Et comment allons nous expliquer notre absence du dortoir cette fois ? » demande Neville, qui s'est senti assez mal à l'aise quand Ginny lui a dit qu'elle avait prétexté, pour lui, un grave malaise de sa grand-mère…

Il n'aime pas ce prétexte.

Je le comprends…

Quand on a déjà ses deux parents souffrant de maladies incurables, évoquer la maladie et la mort de ses plus proches soutiens doit être douloureux…

« Aucun. Nally est allée poser des Bulles sur vos lits, qui se déclencheront à une heure raisonnable, et au moment d'aller se coucher, vos camarades vous verront paisiblement endormis et ne se souviendront pas de ne pas vous avoir vu de toute la soirée… Elle n'aime pas ce procédé, car il joue avec la mémoire des gens, mais il fallait bien agir dans l'urgence. » explique le professeur Snape, sans se départir de son air joyeux..

« Oh ! C'est parfait ! Mais le professeur Dumbledore ne sera pas avec nous cette fois… » fait remarquer Harry

« Nous l'attendrons. Je voulais juste vous dire qu'il faudra être ici à 19H30. Avec un peu de chance, le Conseil d'Administration devrait être terminé à ce moment là. » répond son Parrain par alliance…

« Et l'entrevue avec Skeeter ? Qu'est-ce que cela a donné ? C'était bien prévu aujourd'hui n'est-ce pas ? » s'enquiert Harry, en faisant la grimace…

Il la déteste…

Je le comprends, je la déteste moi aussi…

« Oh ! Oui ! C'était bien aujourd'hui ! Et cela a eu lieu ce midi ! » répond le professeur Snape, avec un sourire plus lumineux encore

Ah ! Voilà la raison de sa gaieté ! Tout a dû se passer comme sur des roulettes…

« Oh ! Et à voir ton sourire satisfait, je devine que cela s'est bien passé… » fait remarquer Remus, l'air curieux d'en savoir beaucoup plus.

Bon… D'accord, moi aussi, je suis curieuse de savoir… Mais je n'en aurais pas demandé davantage, eu égard à mes nouvelles résolutions de ne plus faire preuve d'indiscrétion… D'autant que Snape est un prof, pas l'un de mes camarades… Oui, je dois faire preuve de réserve et de discrétion concernant mes professeurs…

Merlin ! Que cela va être difficile ! Mais je vais tenir bon ! Foi d'Hermione Granger !

« Mieux que cela… C'était… Grandiose ! » s'exclame notre prof de Potion, l'air vraiment admiratif et rayonnant.

« Ne nous fais pas languir Parrain ! Raconte-nous tout ! » l'enjoint Draco, l'air plus curieux qu'un Kneasel.

Moui… D'accord… Je dois avoir le même air, même si je me fais terriblement violence…

« Oh ! Mais je vais faire beaucoup mieux ! Je vais vous faire profiter du spectacle ! J'ai pensé que Harry et Hermione seraient particulièrement intéressés par cela… » répond son Parrain, en dévoilant la Pensine du professeur Dumbledore, avec l'air ravi qu'aurait un gamin, à l'issu d'une bonne blague.

La crise d'adolescence, sûrement, me dis-je.

Et il fait de plus en plus Gryffondor… Je ne serais pas étonné qu'il ait dû batailler avec le Choixpeau pour aller à Serpentard…

Mais déjà, d'un geste de sa baguette, il permet au souvenir de s'élever et se dérouler sous nos yeux…

Et ! Oh ! Merlin !

Quel moment extraordinaire !

Je me sens vengée de toutes les saletés et idioties, que cette monstrueuse bonne femme à écrites sur moi…

Harry, lui, est aux anges… Et il peut l'être… C'est vraiment grandiose, comme l'avait annoncé le professeur Snape !

« Super-mega génial ! C'est magnifique ! Et je suis très heureux pour toi Harry ! » s'exclame Ron, quand le souvenir prend fin, avant de se tourner vers Harry et de lui prendre une main pour la serrer dans les deux siennes.

« Elle va, désormais, leur manger dans la main à Albus et Nally, cette Serpentard à la noix ! » affirme en souriant largement le professeur Snape, confirmant par ses propos, mon soupçon d'une crise d'adolescence de sa part…

Car vraiment, il n'est guère dans ses habitudes d'employer un langage aussi familier…

Serpentard à la noix…

Gryffondor, vraiment Gryffondor…

Avec douze ans d'âge mental…

Bon, Ok… Je suis toute émoustillée moi aussi, après avoir vu ce souvenir et je ne suis pas loin de danser la gigue, tant je jubile d'avoir vu Skeeter se faire piéger…

« Albus et elle ont manœuvré de main de maître ! Je n'aurais pas voulu être à sa place. En voilà une qui y réfléchira à deux fois maintenant, avant de prendre les autres pour des imbéciles… » déclare Remus, l'œil pétillant.

« Oh ! Ça ! C'est sûr ! Ils sont plus machiavéliques que Machiavel lui-même…Serpentard a dû faire un tour de trois cent soixante degrés sur lui-même cette fois ! De quoi lui mettre le squelette sens dessus-dessous ! Il doit pouvoir jouer aux osselets sans problème ! » commente encore notre prof de Potion plus adolescent que jamais ! « Mais toi, Harry, tu ne dis rien. Qu'en penses-tu ? » ajoute-t-il ensuite, en se tournant vers Harry, l'air vivement intéressé.

Harry, qui a toujours l'air aux anges, semble reprendre conscience et il regarde le professeur Snape avec un sourire… extatique…

« Marraine m'adore… » dit-il, tout simplement, son sourire s'élargissant encore et des larmes émues lui montant soudainement aux yeux.

Son Parrain par alliance, qui s'attendait à tout autre chose, comme presque nous tous d'ailleurs, semble, lui, retomber sur terre et l'expression de son visage, jusqu'alors hilare et facétieuse s'adoucit, pour ne pas dire s'attendrit…

Puis, il s'avance vers Harry, s'assoit sur le bras de son fauteuil et le prend par les épaules.

« Oui, Harry. Nally t'adore et elle est prête à tout pour te protéger… » dit-il doucement, avant de lui donner une brève étreinte, que Harry lui rend.

Moi, j'ai envie de me donner des gifles…

Comment n'ai-je pas pensé que ce serait le plus important pour lui ? Comment n'ai-je pas pensé, en voyant Ron prendre la main de Harry, qu'il se réjouissait pour lui, non pas parce que Skeeter venait de recevoir une leçon magistrale, mais parce que la Marraine de Harry avait déclaré publiquement ses sentiments pour son filleul ?

J'étais trop tournée vers ma propre petite vengeance personnelle…

Et je saute dans les bras de Harry, pour me faire pardonner ma sottise et partager avec lui ce moment de joie…

Harry a enfin auprès de lui, et pour lui, une adulte qui va suppléer sa mère et l'aimer de tout son cœur.

Une Maman… Tout ce qu'il a toujours rêvé d'avoir…

Avec un père…

Mais Sirius, lui, n'est plus là pour le figurer…

*******************

Remus

19H30 !

Nous sommes tous au rendez-vous depuis cinq bonnes minutes maintenant, n'attendant plus qu'Albus, lorsqu'un Elfe de maison arrive dans un grand « crac », pour nous porter un message de sa part. Il nous demande de l'excuser et de partir avant lui, car il semblerait que le Conseil d'Administration va se prolonger un peu.

Cependant, il nous précise aussi que la pétition signée par tous les élèves de Gryffondor, Serdaigle et Poufsouffle, a fait fort impression et que je suis officiellement professeur en second de DCFM et de duel, ce qui provoque des exclamations réjouies des enfants, tandis que Severus me félicite chaleureusement…

Lorsque nous arrivons Square Grimmaurd, Augusta nous attend. Elle aussi a un message pour nous : nous devons attendre Mondingus Fletcher qui ne devrait pas tarder.

« Mondingus ? Pourquoi Nally veut-elle que nous l'emmenions ? » demande Severus, dès qu'Augusta cesse d'abreuver son petit-fils de félicitations et de recommandations diverses.

« J'ai cru comprendre qu'elle souhaite lui faire suivre une petite cure de remise en forme… Ce qui ne lui fera pas de tort si vous voulez mon avis ! » répond l'énergique bonne dame.

« Une cure de remise en forme ? Mais Mondingus n'est pas prévu parmi les attaquants… » fais-je remarquer.

Il n'est même pas prévu qu'il soit au QG jeudi soir…

« Nally m'a dit, juste avant de partir avec l'autre groupe, que Mondingus serait l'escorte personnelle de cette peste de Rita Skeeter. Et si vous voulez mon avis, Albus et elle ne pouvaient pas mieux choisir ! » nous apprend Augusta, tout en nous servant une tasse de thé et des petits gâteaux au chocolat.

« Fort judicieux, effectivement. » approuve Severus, avant de siroter son thé brûlant.

« Vous trouvez ? S'il a trop bu ou qu'il a l'occasion de faire une « bonne affaire », il risque plutôt de nous faire faux bond ! » s'exclame Hermione, un rien inquiète.

« Oh ! Non ! Le pauvre homme sera au contraire, le plus consciencieux sorcier du monde, pour remplir cet office mon petit ! » répond Augusta, avec un air qui n'admet pas de réplique.

« Je ne comprends pas pourquoi… » se risque pourtant son petit-fils

« Parce que ce sera là l'occasion pour lui de tenir la dragée haute à cette infâme commère ! » assène Augusta, qui ne tient vraiment pas Rita Skeeter dans son cœur.

« Que voulez-vous dire par-là ? » s'enquiert Draco Malfoy, arquant un sourcil curieux.

« Lorsqu'il était jeune, Mondingus était promis à une très brillante carrière de Médicomage. Bien qu'il ne soit pas encore diplômé, il avait déjà une jolie réputation, quand un soir, un petit garçon a été amené dans le service où il était de garde. En attendant l'arrivée du titulaire, qu'il avait appelé aussitôt, Mondingus lui a porté les premiers secours. Malheureusement, le garçon était déjà mourant et, malgré tous ses efforts, Mondingus n'a rien pu faire pour lui. Il a été très secoué par cette affaire… Pensez donc, un petit garçon de cinq ans à peine est mort dans ses bras… Et Mondingus n'avait lui-même guère plus de vingt et un ou vingt-deux ans…
Rita Skeeter, qui débutait elle-même dans ce qu'elle appelle le journalisme, mais que je qualifie, moi, de médisances gratuites et de diffamations, s'est acharnée sur lui, l'accusant d'incompétence et de bien d'autres choses scandaleuses, mais totalement inventées… Sous les pressions politiques et d'un public bien mal informé, le Conseil d'Administration de Ste Mangouste a renvoyé Mondingus… Et le brillant jeune homme qu'il était à l'époque, a complètement coulé et est devenu celui que vous connaissez.
Tout cela, en réalité, s'est produit parce que Mondingus avait rejeté les avances de Rita qui lui faisait les yeux doux… C'est qu'il était aussi, un beau garçon à l'époque.
Oui… Cette femme est une manipulatrice et une malveillante persifleuse, prête à raconter n'importe quels mensonges par esprit de vengeance ou même par pur plaisir pervers …
Ah ! Elle en a brisé, des carrières et des ménages ! Par ses cancans et ses mensonges éhontés, elle a même provoqué le suicide de la pauvre fille de l'une des voisines de ma mère ! Uniquement parce que celle-ci avait acheté la robe qui lui faisait envie… La pauvre petite avait tout juste dix-huit ans et elle était jolie comme un cœur… Un cœur bien tendre, qui n'a pas supporté que Rita écrive sur elle un article mensonger dans lequel elle accusait cette pauvre Dorothy, de se livrer à la prostitution, produisant même de faux témoins, sur lesquels elle exerçait probablement un chantage quelconque… Sa mère en est elle-même morte de chagrin quelques mois plus tard…
Si vous voulez mon avis, tout ce que mériterait cette saleté de Rita Skeeter, c'est de se retrouver derrière les barreaux, à Azkaban ! » explique Augusta, qui semble vraiment furieuse, maintenant.

« Je comprends maintenant que Marraine n'ait pas hésité à se jouer d'elle aujourd'hui… » fait remarquer Harry

« Oui… Jamais Nally ne l'aurait piégée de cette façon, si Rita avait été quelqu'un de bien… » lui sourit Severus.

« Elle n'a que ce qu'elle mérite oui ! » confirme Hermione, émue par l'histoire de Mondingus et de cette Dorothy qui s'est suicidée…

« Oui, elle n'a que ce qu'elle mérite ! Et faire de Mondingus, celui dont dépendra sa sécurité est une bien brillante idée ! Il va enfin pouvoir la tenir au creux de sa main ! Ah ! Elle ne risque plus de dire du mal de lui ! Ça ! C'est garanti ! Et elle a tout intérêt à être polie avec lui, si elle ne veut pas qu'il la plante là, au beau milieu de la bagarre ! Ou ne laisse échapper par inadvertance le secret de son adresse ! » s'exclame Augusta, qui goûte l'ironie de la situation, à sa juste mesure…

« Il est certain, effectivement, qu'elle va devoir marcher sur des œufs… » sourit encore Severus, tout à fait satisfait lui aussi de la situation.

Nous ne pouvons cependant pas nous étendre davantage sur cette question, car Mondingus arrive justement, sobre, propre et rasé de près, ce qui ne lui est pas coutumier…

« J'suis prêt. » dit-il simplement.

Et à voir son air déterminé, il semble effectivement l'être…

Nous nous mettons donc en place, fermons les yeux et Severus appelle Nally.

Lorsque nous arrivons dans le Temps Ralenti, il fait un soleil splendide et Nally, souriante, vient nous accueillir.

« Je suis heureuse de vous voir ! » s'exclame-t-elle, « Il y a quelques mois que nous sommes ici et nous avons bien travaillé. Nous allons pouvoir achever l'entraînement des dernières recrues et effectuer la remise en forme de Mondingus. Vous êtes prêt Mondingus ? »

« Pour sûr M'dame ! Et j'vous ai apporté c'que vous m'avez d'mandé aussi… J'ai dû graisser la patte à quèques filous, mais j'les ai obtenues, vos bagues en pierre de lune… » répond Mondingus, en ouvrant un petit sac plein à craquer de ces bagues qui seront bientôt ensorcelées pour devenir des outils de communication.


…Alors, que pensez-vous de tout cela?...

Votre avis m'intéresse vivement…