Note d'auteur : Salut tout le monde ! Alors tout d'abord vraiment désolée pour le délais je sais à quel point vous attendez tous ce chapitre, mais ça y est il est enfin fini ! Ensuite, vraiment désolé mais la qualité orthographique de ce chapitre ne va probablement pas égaler celle des autres, ma béta est partie en voyage pour une semaine et n'a eu le temps de corriger que le début, par conséquent, j'ai du me débrouiller toute seule pour le reste, enfin pas vraiment toute seule, une très bonne amie a bien voulue se dévouer pour y jeter un oeil et corriger certaines erreurs mais je doute qu'elle les aient toutes trouvées. Enfin bref... sans plus attendre voici Casey !
Disclaimer: Never gonna happen !
Point de vu de Casey :
Il est encore tôt.
C'est pour ça que je suis certaine qu'elle sera là… et en assez bonne état.
Mais j'attends quelques minutes avant de taper sur la porte. J'ai besoin de temps pour rassembler mes pensées, pour me composer.
Pour être honnête, je ne sais même pas pourquoi je suis là, cela doit bien faire des semaines qu'on ne c'est pas parlé, et je sais qu'elle a eu le temps de se calmer, je la connais assez bien pour savoir qu'elle n'est pas rancunière une fois qu'elle a un moment pour réfléchir à la situation, mais j'ai toujours cette appréhension qu'elle aussi pourrait bien finir par me rejeter.
Et je n'ose même pas imaginer à quel point ça ferait mal.
Je tape à la porte quand même. Le bruit est net, sec sur la porte de bois blanc sophistiqué qui se dresse devant moi. Et je sens de légère vibration se répercuté sur mon poing.
Je prends le risque parce que je me sens affreusement seule et rien que de savoir que Leighton est avec James en ce moment probablement en train de revivre une scène de comédie romantique moldue, me donne des envies de meurtre. Juste l'idée qu'il est sûrement en train de tenir sa main, de la faire rire… je veux juste casser quelque chose !
Je voudrais me tenir dans un magasin de porcelaine et pouvoir tout détruire avec n'importe quel instrument mis à ma disposition. Parce que c'est la seule chose qui justifierait le bruit de cristal brisé qui résonne dans mes oreilles à chaque fois que je pense à elle. Ce qui veut dire à peu près à chaque seconde de chaque jour.
Le mal dans ma poitrine ne diminue après chaque jour loin d'elle, il aurait même tendance à augmenter, à se multiplier, et à se rependre dans tous mon corps au point où il n'y aura bientôt plus une seule partie de mon être qui ne me fera pas mal si je n'essaie pas d'avancer.
C'est pour ça que je suis là…
La porte s'ouvre plutôt brusquement et je me demanderais presque si je ne me suis pas trompé d'appartement si je ne reconnaissais pas le décor moderne derrière la personne que je suis venu voir pour me changer les idées.
Alex à l'air… pathétique.
Elle ne porte qu'un T-shirt avec le logo d'un groupe de rock probablement excellent mais dont personne n'entendra jamais parlé, bien trop grand pour elle vu qu'il ne s'arrête qu'à mi cuisse et assez usé pour commencer à être délavé.
Et j'aurai pu penser interrompre quelque chose si ses cheveux n'étaient pas attachés dans un chignon maladroit d'où la moitié des mèches s'échappent, que ses yeux n'étaient pas rougis, et qu'elle n'était pas en train de serrer une boite de mouchoir contre elle.
-T'as l'air misérable…
Le commentaire m'échappe avant que je ne puisse le retenir, mais vu son état je ne suis pas sure de vraiment vouloir le retenir, je ne fais que constater un fait.
Elle roule des yeux, et je suis rassuré qu'elle n'ait pas perdu son sarcasme, malgré son état pitoyable.
-T'as croisé ton reflet dernièrement ?
Ca voix est trop enroué, probablement à force de pleurer, pour que sa remarque puisse avoir l'effet escompter. Mais savoir que même tous les sors du monde et un self contrôle en acier trempé n'arrive pas à masquer mon cœur brisé blesse tout autant.
Elle me laisser à la porte pour retourner dans le salon, et je suis assez habitué à son manque de manière pour prendre ça comme une invitation et fermer la porte derrière moi.
Le salon à l'air d'une zone sinistré. Toujours classieux parce qu'après tout c'est tante Pansy qui c'est occupé de la déco, mais des mouchoirs sont éparpillés un peu partout, du canapé en cuir noir à la table basse en verre en passant par les fauteuils aux alentours.
Alex a repris sa place sur le canapé, une couverture sur ses épaules probablement plus par besoin de réconfort que de chaleur et un pot de glace à moitié plein qu'elle continu à vider. Et ce serait amusant si ce n'était pas aussi pathétique, elle à la réaction la plus cliché possible à une rupture… et il ne c'est jamais rien passé entre elles.
La télévision est toujours allumée, et je perçois le son bien distinct d'un dialogue en provenant, et sérieusement ? Est-ce que Titanic a des vertus thérapeutiques en cas de séparation dont je ne suis pas au courant ?
Le son de la télévision est la première chose que je perçois quand je rentre dans l'appartement. Et Leighton est trop prévisible pour que je sois vraiment surprise quand je constate la situation.
Elle est encore en train de faire le deuil de sa relation avec James, et c'est pathétique, ça fait près de trois mois qu'elle c'est fait largué, elle devrait pouvoir passé à autre chose, ce n'est pas comme si leur relation était si parfaite que ça, ou même réelle. La seule chose qu'ils ont en commun, c'est leur égocentrisme et leur amour des projecteurs.
Je me débarrasse de mes chaussures avec un grand soulagement, puisque je ne suis pas assez saoule pour être immuniser à la douleur de talons de dix centimètres.
Je me laisse tomber sur le lit, avec un soupire. La vérité c'est que je ne sais même pas ce que je fais là, je ne sais pas pourquoi je suis rentrée aussi tôt alors que la fête battait encore son plein, que l'alcool coulait à flot que la fiole dans ma poche est toujours pleine.
J'en trace le contour du bout de mon doigt et contemple l'idée d'y retourner, de trouver une seringue et m'injecter ce précieux liquide doré qui a le don de faire s'envoler toutes mes pensées qu'elles soient positives ou négatives. Mais quand je tourne la tête vers Leighton, son regard toujours fixé sur l'écran, mon cœur rate un battement, et soudainement l'idée même de quitter cette chambre et sa présence me parait absurde.
- Tu ne devrais pas être dans un vieil immeuble désaffecté, en train de faire une overdose toi ?
Je suis trop surprise par le fait qu'elle admette ma présence pour que sa remarque pique vraiment. Et je rie, parce que vraiment, cette situation est si aberrante que ça en devient hilarant.
- Et manquer le spectacle désopilant de te voir t'apitoyer sur ton triste sort de célibataire le soir de Saint Valentin ? Jamais.
Elle ne répond rien et se contente de me fixer curieusement, son regard rencontre le mien, et c'est tellement rare que je ne peux m'empêcher de prolonger ce moment. Ses yeux sont aussi foncés que les miens sont clairs, et quand j'y réfléchis, ça résume assez bien tout ce qui nous concerne, nous sommes indiscutablement des opposés.
Mais les opposés s'attirent, et des flashs de cette nuit il y a plus de deux mois remontent à la surface, et je n'arrive à détacher mon regard d'elle. Même après qu'elle ait rompu notre connexion.
Je scrute chaque partie de son corps, et les souvenirs remontent. La douceur de sa peau, sa marque de naissance en forme de lune sur la cuisse droite, son parfum que je peux goûter quand je glisse ma langue sur son cou délicat.
Toutes ses pensées qui m'envahissent bien plus régulièrement que je ne voudrais l'admettre… Et j'ai le soudain désir de pouvoir me remémorer cette expérience, elle est juste à quelques mètres de moi, je pourrais l'atteindre en quelques secondes.
Je sens la collision avant même de l'avoir vu faire le geste, j'étais tellement concentré sur son visage exquis que je n'ai pas remarqué l'objet dont elle se saisissait.
Une boite de mouchoir en carton quasiment vide est la seule chose qu'elle a trouvée à me lancer à la figure. Et je ne peux m'empêcher de rire, j'ai l'impression d'avoir six ans à nouveau.
Et le fait que mon observation l'ait troublé est le seul encouragement dont j'avais besoin.
Je me lève et avant qu'elle puisse se rendre compte de la situation accapare une place sur son lit. Et Leighton étant Leighton elle est obligée de protester.
- Qu'est-ce que tu crois être en train de faire là ?
J'hausse un sourcil parce que je sais par la façon dont son corps se fige près de moi qu'elle sait exactement ce que je suis en train de faire. Mais juste pour continuer ce jeu je m'approche d'elle bien plus que nécessaire jusqu'à ce qu'elle puisse sentir mes paroles autant que les entendre.
-Qu'est ce que j'ai l'air de faire ?
Je la vois enregistrer mes paroles et je sais qu'elle est en train de penser, de réfléchir à une manière d'éviter ce qui va suivre mais le fait même qu'elle sache exactement quelles sont mes intentions veut dire que je ne suis pas la seule à me souvenir de cette nuit. Et si je veux que cela arrive encore j'ai besoin de l'empêcher de penser. De lui prendre le contrôle.
Je pose mes lèvres sur sa mâchoire, le goût de sa peau est tel que je m'en souviens. Et j'ai à peine le temps de laisser mes yeux se fermer à la sensation qu'elle me repousse et rompt le délicieux contact.
-Casey, stop !
Ça voix tremble et c'est la seule chose qui m'empêche de douter de son désir pour moi, elle me veut aussi, peut être pas autant que je la veux mais le désir charnel est là, donc je continu.
Elle essaie de me repousser une fois de plus, mais c'est tellement superficiel que je l'ignore, me saisie de ses mains et enfourche ses cuisses, je la regarde un moment, des dizaines d'émotions contradictoires passent sur son visage, et je ne peux empêcher mon sourire satisfait, elle perd le contrôle de la situation.
Et elle est belle, tellement belle. Elle n'a pas prit la peine de se maquiller aujourd'hui, ses yeux sont un peu rougies probablement à cause de ce film stupide, et ses sentiments sont inscrits si clairement sur son visage que cela détruit l'image sophistiquée qu'elle passe des heures à construire chaque jour à l'aide de tout un tas de produit de beauté.
Elle n'a jamais été plus parfaite.
Je me penche près de son oreille et murmure, parce que même si j'apprécie la position, si je ne fais rien elle va finir par reprendre ses esprits et la provoquer déclenche toujours une réaction impulsive, et c'est exactement ce que je recherche, ce dont j'ai besoin.
- Si mes souvenirs sont exacts tu n'étais pas aussi timide la dernière fois.
Je suis récompensé par une longue inspiration et son corps se tend sous le mien, et je la connais assez bien pour savoir que cela signifie qu'elle essai de garder son calme, de garder le minimum de prise qu'il lui reste sur la situation.
- Je ne vois pas de quoi tu parles. T'as pris des drogues hallucinogènes dernièrement ?
Je rie parce que malgré la pique hautement insultante il y a un certain humour dans son commentaire, et je sais qu'elle déteste m'entendre rire.
Et je l'embrasse parce que j'en ai assez de tourner en rond. Je l'embrasse comme je n'embrasse personne d'autre, comme si j'avais des sentiments dont elle me croit si souvent incapable. Elle nie le désir que je peux sentir si clairement, son corps est brûlant sous le mien mais elle lutte, elle proteste, elle ment.
Et au final ça ne change rien au fait que quand elle finit enfin par s'abandonner, elle retourne mes baisers avec autant de ferveur, elle arrache à moitié mes vêtements, et ses ongles et ses lèvres marquent ma peau. Je me demande si inconsciemment c'est moi qu'elle cherche à marquer, et je me demande pourquoi ça ne me dérangerait pas si c'était le cas.
Tout est exactement comme je me le rappelle, son odeur indiscernable, probablement le mélange d'un parfum coûteux et de la senteur naturelle de sa peau, ses cheveux toujours aussi soyeux, et son corps qui tremble violemment sous le mien.
Et pourtant tout est si différent. Le mépris est toujours là mais la colère est moins présente et le but est plus de se satisfaire que de faire souffrir l'autre. Les bruits qu'elle fait ressemble plus à des supplications qu'à des insultes et elle s'agrippe à moi plus pour un point d'ancrage que pour me faire mal.
Elle s'endort après, trop épuisé pour me virer de son lit, alors je reste.
Mon corps toujours en contact avec le sien pour en absorber sa chaleur. Et malgré mes paupières lourdes le sommeil m'échappe et je ne peux pas m'empêcher de la regarder. Je ne peux pas non plus empêcher mon cœur d'accélérer à la pensée que cela puisse se reproduire.
Après tout si c'est arrivé une deuxième fois, pourquoi pas une troisième ? Et une quatrième ?
Pourquoi cela ne pourrait il pas devenir quelque chose de régulier ?
Et pourquoi, par Merlin, est que je suis en train de penser à ça ?
C'est probablement son parfum, ou l'utopie post-sexe, quelque chose comme ça qui me fait délirer. Je dois avoir besoin d'air sain, non pollué par la présence de Leighton pour réfléchir calmement à la situation.
Donc je me lève le plus délicatement possible pour éviter de la réveiller, et me saisis de mes vêtements pour aller m'habiller dans la salle de bain, peut être que la fête n'est pas finie, que je peux toujours y retourner.
Un bruit sourd me fait reporter mon regard vers Leighton mais elle est toujours endormie, elle n'a pas bougé d'un millimètre, et c'est la lueur dorée au sol qui attire mon attention vers la cause du son.
Ma fiole est tombée de la poche de mon jean quand je l'ai attrapée. Les lumières dorées apparaissant au choc de la chute, projetant des dessins compliqués et éphémères sur le tapis. Je me baisse doucement, presque avec hésitation pour ramasser le précieux flacon.
Ça aiderait sûrement à me vider la tête. A oublier cette nuit et je suis plus que certaine que Leighton ne se presserait pas pour me la rappeler. Tout ce que j'ai à faire c'est trouver une seringue et adieux mes problèmes.
Mais une pensée à l'arrière de mon esprit m'empêche de bouger. Et mon regard se retrouve automatiquement sur Leighton. Je ne regrette pas ce qu'il s'est passé.
Si j'avais pris ce flacon ce soir, je ne serais jamais rentrée, et ce ne serait jamais arrivé. Et ce sentiment qui circule dans mes veines est bien mieux que la drogue que contient cette fiole. Je me sens bien, relaxée… heureuse.
Et peut être… peut être que je peux essayer, juste pour quelques jours, ou aussi longtemps que je puisse tenir, peut être…
Après un dernier regard à la fiole dans ma main, j'ouvre doucement le dernier tiroir de ma commode, enlève de double fond en silence et la replace avec les quelques autres. Je referme la commode lentement, attendant presque que la tentation refasse surface, mais elle ne vient pas.
A la place un autre type de désir se fait sentir, et je retourne dans le lit avec Leighton, me collant à elle bien plus qu'elle l'autoriserait si elle était éveillée. Et laisse mes yeux se fermer dans un sommeil paisible pour la première fois depuis des années.
J'espère juste que ça vaudra le coup.
Je me demande ce qu'il se serait passé si j'avais utilisé le flacon cette nuit là, où si je n'étais jamais rentrée, si je n'avais pas commencé à faire de ces nuits une occasion régulière. Peut être que je ne serai pas aussi misérable. Peut être que je n'aurai pas la soudaine envie de m'effondrer en larmes à chaque fois que je vois quelque chose qui me fait penser à elle, et tout me fait penser à elle.
Je ne travaillerai probablement pas à Poudlard s'il n'y avait pas Leighton, j'aurai sûrement pu trouver un boulot facile où il n'y a aucune responsabilité à prendre, une carrière dans le mannequinat aurait été tentante. Une chose de plus que j'aurai eu en commun avec ma mère…
-Hey Casey !
En parlant de mère. Tante Pansy rentre dans le salon, une boucle d'oreille toujours à la main qu'elle fixe de manière experte. Elle porte un sourire sincère comme toujours quand elle me voit.
Je le retourne du mieux que je peux, parce que si Tracey et Daphné m'ont quasiment adopté à une époque et sont restées à l'écoute pendant que je faisais mon deuil Pansy, elle, trouvait toujours des moyens subtils de me changer les idées sans que cela ne crie « désolé que ta mère ait préféré une mort de junkie à sa famille ».
Elle vient me serrer dans ses bras comme un signe d'accueil et j'y réponds maladroitement. J'ai trop peur de froisser sa robe ou quelque chose.
-Wow tu as l'air splendide tante Pansy, tu sors quelque part ?
Et je ne dis pas ça juste pour être polie, pour une femme de son âge Pansy est toujours sublime, et en la voyant on voit directement de qui Alexia tient sa beauté. Le même ton de peau halé, le même sourire d'où ressort des fossettes quand il est sincère, le même nez, la même forme parfaite de leurs yeux. Les seules différences sont que les cheveux d'Alex sont plus foncés que ceux châtain de tante Pansy et que ses yeux sont marrons et non bleus. Et je me demande distraitement si Alex les tient de son père.
Elle baisse la tête quelques secondes avant de rencontrer mon regard avec un sourire éblouissant, mais avant qu'elle puisse répondre Alex interfère d'une voix moqueuse, et Pansy roule des yeux. Il n'y a pas que son physique de rêve qu'Alex tient de sa mère.
-Elle a un rencard avec Drago.
J'hausse un sourcil, mais je ne suis pas vraiment surprise, Leighton m'avait parlé de leur rapprochement…
Leighton.
J'avale difficilement, et force un sourire pour masquer mon malaise mais je n'ai pas à rester comme ça longtemps puisqu'elle reporte son attention sur sa fille et elle hausse la voix pour montrer que son commentaire et clairement adressé à Alex.
-Oui et tu tombes à pique, vu que tu es là, je n'ai plus qu'à annuler la Baby Sitter.
Je peux voir Alex faire semblant d'être ennuyée.
-Ha ha, tu es hilarante ! T'as pris des cours ?
Pansy garde son sourire satisfait, ce même sourire qu'Alex porte si souvent. Et je ne peux empêcher la touche de jalousie qui s'installe en moi, j'ai toujours envié leur relation. Tout est tellement facile entre elles. Et c'est dans les moments comme ça que je me demande qu'elle aurait été ma relation avec ma mère si elle était toujours en vie.
Mais après avoir regardé sa montre Pansy prend son sac à main, assorti à la robe, bien évidement et se penche pour poser un baiser affectueux sur le front d'Alex et replacer une de ses mèches de cheveux derrière son oreille.
-Ça ira ? Besoin de rien ?
Le ton maternel de sa voix, le léger froncement de sourcil que seul une mère peut maîtriser pique une partie spéciale de mon cœur, une déjà brisé depuis des années. Alex se contente de rouler des yeux malgré son sourire, et de faire un signe de tête vers la porte.
-Oui, ne t'inquiètes pas, je serai sage, vas t'amuser.
Pansy hésite quelques instant, faisant le tour de l'état déplorable du salon avec son regard, mais avec un soupire final hoche la tête.
- Ok alors, si tu es sûre, appelle-moi si tu as besoin.
Alex roule les yeux indiquant un faux agacement et répond avec une voix bien trop jeune pour être la sienne.
-Oui, maman.
Pansy secoue la tête, amusée, et après avoir dit au revoir, nous laisse seule.
Je m'assoie à côté d'Alexia sur le canapé, quelques longues minutes passent où seul le son du film se fait entendre. Et soudain ça me frappe. Je ne sais même pas ce qui s'est passé.
Je sais que ça a un rapport avec la fille Weasley parce que c'est la seule personne à pouvoir bouleverser Alexia aussi profondément, mais je ne connais pas les détails. Probablement personne ne sait ce qui est vraiment arrivé.
-Tu veux en parler ?
La seule réponse est le silence, et je sais que ce n'est pas parce qu'elle ne m'a pas entendu ou parce qu'elle ne sait pas de quoi je parle. Je le sais à la façon dont sa posture devient rigide et que je peux la voir avaler difficilement. Je le sais à la façon dont elle ferme les yeux et respire profondément pour éviter une autre crise de larme.
Alors je ne dis rien de plus, parce que la voir comme ça ne fait que me rappeler toutes les fois où j'étais dans la même situation. Où l'envie de pleurer apparaissait seulement à cause d'un mot ou d'une phrase qui pousserait ma mémoire à se souvenir de ces moments où j'avais l'impression que mon monde s'écroulait autour de moi, et que la douleur était quasiment aussi authentique que la première fois.
Ces moments arrivent encore parfois…
Un marmonnement attire mon attention, et il est tellement bas que je ne suis pas sûre d'avoir bien compris ses mots.
-Elle m'a embrassée.
Sa voix est fébrile, cassée. Sa tête est baissée, son regard fixé sur ses doigts qui jouent avec le bracelet à son poignet.
Mais je fronce les sourcils, parce que vraiment, est ce que ce n'est pas censé être une bonne chose ? Je n'aurai probablement pas eu le cœur brisé si Leighton m'avait embrassée.
Elle relève la tête et prend une inspiration saccadée, ses yeux sont brillants, une autre indication qu'elle a envie de pleurer, mais elle ne le fera, elle est trop obstinée pour ça. Elle est déterminée à ne pas craquer une fois de plus.
-Elle s'est servi de moi…
Je peux sentir l'angoisse de ses mots, et tout à coup je comprends mais Alex est partie et je la laisse continuer parce que c'est probablement la première fois qu'elle peut sortir tout ça de son système.
-Elle… m'a utilisée, juste pour prouver quelque chose, ou à cause de sa mère je ne sais pas très bien… et je m'en fiche en fait, je veux juste… je veux juste la faire sortir de ma tête. J'en ai vraiment marre de me sentir comme ça ! Je déteste ce sentiment.
Quelques larmes s'échappent, et d'autres restent coincées dans ses longs cils. Mais je sais que ses larmes sont probablement plus le résultat de sa frustration que de sa peine. Et mon cœur se brise pour elle.
Pour moi, parce que je connais tellement bien ce sentiment. C'est ce que je ressens depuis des semaines, c'est ce que je ressens maintenant.
-Enfin tu sais ce que c'est.
Son ton est sarcastique et amer, et elle a ce regard qui me fait penser que ce n'est pas un commentaire en l'air, qu'elle sait. Mais Alex est Alex, elle ne poussera jamais quelqu'un à se révéler parce qu'elle a horreur d'avoir affaire aux sentiments des autres Merlin, elle a horreur d'avoir affaire à ses propres sentiments ! Et je la comprends, je ne suis pas venue ici pour m'apitoyer sur mon sort, ce n'est pas le genre de relation que nous avons. Mais je hoche la tête de toute façon.
Parce que, oui, je sais ce que c'est.
Vouloir oublier quelqu'un au point où tout ce que tu peux faire c'est y penser, vouloir les détester mais ne pas pouvoir s'empêcher de les aimer. Imaginer tous les scénarios alternatifs qui auraient pu exister si tu avais agi d'une autre façon, te dire que peut être tu ne serais pas aussi misérable si tu avais fais les choses différemment.
Que peut être tu ne serais pas tombée amoureuse en première lieu si tu ne l'avais pas laissé s'approcher si près de tes barrières, qu'elle a fini par passer à travers.
Oui je sais ce que c'est, et il est temps que ça s'arrête, que j'avance. Mais je ne suis pas assez forte pour le faire toute seule.
-Sortons.
Alex tourne la tête lentement vers moi, et ses sourcils se froncent en confusion, mais je suis décidée. On va avancer, on va leur faire voir qu'on n'a pas besoin d'elles. Je me lève avec une énergie que je ne possède pas.
-Lave toi, met quelque chose de sexy, maquille toi, on sort ce soir.
Elle semble vouloir protester mais je ne lui laisse pas vraiment le choix.
-C'est la Saint Valentin, et je serai damnée si je nous laisse la passer devant Titanic avec un pot de glace comme rencard ! Tu veux la sortir de ta tête ? Alors autant commencer maintenant !
Cela finit par la convaincre et une heure et demi plus tard, parce qu'Alex refuse de sortir autrement que totalement fabuleuse, et qu'elle a tellement de fringue que sa penderie a la taille de la chambre d'une personne normale, nous sortons enfin de l'appartement.
- Où veux-tu aller ?
Sa question me prend de court, on aurait pu croire qu'avec une heure et demi à tuer j'aurai pu y réfléchir mais mes pensées sont tellement polluées par Leighton que rien d'autre n'a de place dans mon esprit.
Toutefois, j'ai passé tellement d'années à pouvoir réciter la liste de tous les noms des bars et boite de Londres que ce soit côté sorcier ou côté moldue, dans mon sommeil, que je sais directement de quoi on a besoin.
La boite est bondée de moldue, les corps en sueurs se frottent les uns contre les autres d'une manière qui se veut sensuelle, mais qui est juste vulgaire. La fumée brûle mes yeux et limite ma capacité à ingérer l'oxygène au strict minimum. La musique est tellement forte que je peux sentir les vibrations se répercuter dans tout mon corps.
J'ai l'impression d'être enfin chez moi.
Je traîne Alex vers le bar et commande au barman quelque chose à boire avec un sourire aguicheur. Tout me revient si naturellement, comme si je pouvais enfin quitter le rôle que je jouais, que je retrouvais enfin ma liberté, et malgré la fumée artificielle je peux enfin respirer.
Quand nos verres sont servis je me retourne vers Alex pour la première fois depuis que nous sommes rentrées dans le bar, et son regard est suspicieux voir même un peu inquiet.
-Tu es sure que c'est une bonne idée.
Ses yeux sont fixés sur le verre dans ma main, et je roule des yeux. Je n'ai pas envie de recevoir une leçon de morale, je serai allée voir Isabel pour ça. Mais je fausse un sourire.
-Je serai sage, promis, j'ai juste besoin de décompresser… je suis sûre que tu peux comprendre ça.
Ma voix est bien trop douce et pourtant malgré le mélange des bruits de la foule et de la musique Alex arrive à entendre la condescendance dans mon ton.
Ses yeux se réduisent, et elle serre les dents, mais je sais qu'elle ne dira rien, nous n'avons pas ce genre de relation. Je suis libre de faire mes propres choix aussi mauvais soient ils.
Elle secoue la tête quelques secondes, et je pourrai presque croire qu'elle est déçue à la façon dont ses yeux se durcirent quand ils se reposent sur moi.
-Comme tu voudras.
Sa voix est glaciale, aussi glaciale que quelqu'un aussi passionnée qu'Alexia est capable.
Elle prend son verre et s'éloigne, et je soupire pour calmer l'irritation trépidante qui monte en moi, peu importe ce qu'elle pense, j'en ai rien à faire. Elle n'a pas à s'inquiéter pour moi je suis une grande fille, Merlin je suis plus vielle qu'elle !
-Hey, beauté, je peux t'offrir un verre ?
Un mec à ma gauche m'accoste et je roule des yeux intérieurement, parce que sérieusement ? Est-ce que c'est vraiment le genre de truc qui est censé marcher alors que la fille a déjà un verre à la main ? Mais à la place de l'envoyer se faire voir je bois le contenu de mon verre d'un trait, me tourne vers lui et lui offre mon sourire le plus éclatant.
-Avec plaisir, joli garçon.
Je mords ma lèvre et il sourit clairement satisfait de s'être fait une conquête, quel idiot !
Il commande un verre au barman et se retourne vers moi.
-Je suis Dan.
Et je ne suis pas intéressée !
Sa voix se veut suave et je suppose qu'il est assez séduisant si on fait abstraction de la façon dont ses cheveux bruns bouclent aux extrémités, et que ses yeux marrons foncés manquent d'une certaine étincelle. Mais la seule chose à laquelle je peux penser c'est une autre père d'yeux bruns assez sombres pour passer pour du noir, et à partir de là toutes mes pensées s'enchaînent. C'est le genre de mec auquel Leighton dirait oui, après une période ridicule de temps à faire semblant de ne pas être intéressée. Le genre de mec qu'elle considérerait assez bien pour elle, pour une relation. Et mon cœur se contracte douloureusement dans ma poitrine. Alors ce que je dis avec un sourire aussi faux que mon appréciation pour lui, après une gorgée de la boisson fortement alcoolisé qui m'est présenté c'est…
-Je suis… Chloé.
Inutile qu'il connaisse mon vrai nom. C'est quelque chose que j'avais l'habitude de faire avant. J'avais à peu près une dizaine de pseudonyme. Après tout ce n'est pas comme si mon nom est ce qui l'intéressait.
Chloé est un de mes alter-ego qui m'a le plus manqué. En quinze minutes j'ai réussi à convaincre « Dan » que je suis étudiante en lettre moderne, rentrée de France pour les vacances parce que mes parents aimants et mon petit frère me manquaient trop.
Mon Dieu j'avais oublié à quel point c'était drôle !
Mais les mains de Dan ont commencé à se balader, ses mains bien trop grandes et rugueuses et masculines. Et garder mon joli sourire en place devient de plus en plus difficile. Donc je les retire doucement avec une mine embarrassée et un gloussement étourdi.
-Désolée, je dois aller aux toilettes mais je reviens.
Il me répond avec un sourire charmant, le genre de sourire que portent les jeunes hommes convenables, comme si ce pervers ne venait pas de me tripoter durant les cinq dernières minutes.
Dès que je lui tourne le dos mon sourire s'évapore, et je fais sortir un soupir de soulagement. Je me fraye un chemin dans la foule un peu maladroitement parce que Dan m'a quand même offert près de quatre verres et je n'ai plus vraiment l'habitude d'avoir autant d'alcool dans mon organisme.
J'aperçois Alexia au loin, assise à une table avec plus d'un verre et ayant l'air profondément ennuyée, et c'est sûrement la première fois que je vois Alex assise alors qu'il y a de la musique. Une fille est à côté d'elle et lui parle de manière animée, clairement intéressée mais Alex reste indifférente. La fille Weasley a vraiment fait un carton sur elle.
Oh mais attends ! Je m'en fiche !
Je continue vers les toilettes parce que même si je n'ai aucune intention de revenir à Dan, j'ai vraiment besoin de me rafraîchir.
Les toilettes de ce genre de boite sont toujours insalubres c'est une sorte de règle implicite, et les verrous sont aussi efficaces que leur nettoyage.
Deux filles sont à l'intérieur, penchées sur le comptoir de l'évier, et il me suffit de quelques secondes pour rassembler tous les éléments et tirer la bonne conclusion. Ce n'est pas vraiment dur, vu le nombre de fois où je me suis retrouvée dans ce type de position, le nombre de fois où j'étais à leur place.
La première fille se relève brusquement, elle doit prendre quelque pas pour trouver son équilibre, ses yeux s'élargissent quand elle me voit clairement paniquer à l'idée de s'être faite surprendre mais trop défoncée pour vraiment réagir. La seconde parait à peu près lucide mais a du mal à enregistrer la situation.
Et mon regard se détourne d'elles, attiré par les lignes nettes de poudre blanches dessinées sur un miroir de poche. De la drogue moldue, pas vraiment aussi puissante que celle dont j'avais l'habitude et avec des effets secondaires beaucoup trop déplaisants mais ça pourrait faire l'affaire, réduire le vide dans ma poitrine.
Je m'avance doucement vers elles ne quittant la poudre des yeux que quand je suis devant elles. Une fois qu'elles ont vu que je n'étais pas choquée ou prête à aller les dénoncer, elles se détendent, et la seconde fille me passe le billet nettement enroulé qui leur sert à aspirer la cocaïne.
Pendant une demi-seconde la voix de Leighton se fait entendre dans mon esprit, je ne sais pas ce qu'elle dit, je ne suis même pas sûre qu'elle prononce des mots distincts, c'est juste le son de sa voix. Et j'imagine son visage désapprobateur, son froncement de sourcil, ses yeux épiant mes mouvements, sa mâchoire fermée, ses lèvres formée en une moue réprobatrice à ce que je suis sur le point de faire.
Mais pourquoi je me soucierai de ce qu'elle pense ? Il est évident qu'elle se fout de mon opinion ou de mes sentiments. Je n'ai plus aucune raison de prendre les bonnes décisions, c'est tellement épuisant de toujours bien se comporter, et il y a si peu de récompenses.
Je me saisis du rouleau que la fille me tend et me penche sur le comptoir, j'aligne le bout avec le commencement de la ligne, le place dans ma narine et commence à aspirer.
La sensation est désagréable pendant une seconde mais après une soudaine sensation d'euphorie m'envahit et j'entends à peine la porte s'ouvrir et le son d'une dispute. Toute la commotion autour de moi me parait lointaine jusqu'à ce que quelqu'un se saisisse de mon bras me forçant à me redresser.
Alex me secoue et je vois ses lèvres bouger, mais je n'arrive pas à en distinguer le son, bien trop distraite par le clignotement des lumières au dessus de nos têtes. Elle me secoue plus fort pour regagner mon attention et j'essaie de me concentrer sur ce qu'elle dit, mais mon esprit est
confus toutes mes pensées flottent et je n'arrive pas à en attraper une. Je n'en ai pas vraiment l'envie.
Et le fait qu'Alex change d'émotion aussi vite ne me facilite pas les choses, elle a l'air en colère puis inquiète, et puis paniquée et encore en colère. Et tout se passe si rapidement.
Elle me tire vers la sortie tellement vite que j'ai du mal à ne pas trébucher. La boite est obscure malgré les lumières multicolores qui flashent tous les dixièmes de secondes mais j'arrive à distinguer les corps bougeant tous vers la même direction, la direction vers laquelle Alex me traîne.
Je me rends distraitement compte qu'il n'y a plus de musique juste le son des personnes agitées qui nous entourent, leurs voix paniquées se mêlant dans une cacophonie assourdissante.
Et soudainement je sens quelqu'un me tirer vers une autre direction et Alex a l'air effrayé mais refuse de me lâcher. Et un homme habillé en bleu la saisit à son tour.
Tout se passe comme dans un brouillard, nous sommes chargées dans des voitures moldue sur lesquelles sont montées des lumières tournantes, bleu, et blanche, elles m'aveuglent mais je ne peux pas en retirer mon regard. Les hommes parlent, mais je ne comprends pas leurs mots, ça n'a aucune importance parce qu'Alex semble les comprendre.
La prochaine chose que je sais c'est que nous nous retrouvons enfermées dans une cellule avec des inconnus et je ne sais même pas comment on est arrivée là. J'essaie de me concentrer pour voir si j'ai le moindre souvenir du trajet mais rien ne me vient.
Ce que j'arrive à comprendre de la tirade furieuse d'Alexia c'est qu'on s'est fait arrêter, une décente pour un trafiquant de drogue ou une revente illégale d'alcool où quelque chose comme ça.
Ses mots se mélangent les uns aux autres, elle parle tellement vite ! Et tout se passe au ralenti dans mon esprit. J'arrive à saisir mon nom quelques fois, et des phrases comme « qu'est ce qui ne va pas chez toi ? » ou « qui est l'idiot qui t'a mise dans cet état ? ». Et je voudrai protester, dire qu'elle n'est pas vraiment mieux mais ce serait un mensonge parce qu'Alex ne vit pas que pour une seule personne, elle. Elle a peut être mal mais pas au point de ne plus pouvoir respirer à cause de la douleur cuisante.
Elle s'arrête au bout d'un moment trop fatiguée pour continuer soit à cause de mon manque de réaction soit à cause de la soirée. Et quand un des hommes en bleu, un policier, arrive et lui dit qu'on a droit à un appel elle quitte la cellule.
Elle revient quelques secondes après, murmure quelque chose sur Thalia qui va probablement vouloir la tuer pour ruiner sa soirée.
Le temps passe et toujours rien Alexia s'impatiente, elle m'envoie des regards colériques de temps à autre mais je suis trop submergée par mes émotions ou peut être bien par mon manque d'émotion pour vraiment y faire attention.
La porte de notre cage finit par s'ouvrir et je fronce les sourcils à la personne que je vois en face de nous. La drogue devait être plus forte que je ne le pensais parce que je suis en train d'halluciner.
Je suis quasiment certaine que Thalia est blonde.
Et voilà !
Les choses commencent à évoluer pour Casey et pas forcement dans le bon sens...
Le prochain chapitre sera pov Rose, le dernier de la série St Valentin, et attendez vous à certaines révélations ;)
