Voilà, il reste un chapitre et un épilogue. Bonne lecture!
Malgré le mois de février, le soleil était bien présent dans la maison des Potter en ce dimanche matin. Harry profitait de cette journée chez lui, hors des murs de Poudlard. Pourtant, quelque chose le préoccupait… quelque chose qui ne tenait que dans un regard. Il regarda sa femme s'éveiller peu à peu, espérant que leur enfant leur laisserait un peu de répit avant de se réveiller lui-même. Puis, d'un geste tendre, il attira son visage contre son torse et huma son parfum.
- Quelque chose te préoccupe Harry ?
- Pas plus que chaque année aux abords de cette date.
Ginny fronça les sourcils. Inutile de dire quoi que ce soit, elle savait que son mari mentait et pire que tout, elle le comprenait. Seulement cette fois, elle savait tout comme lui que l'anniversaire de la mort de son frère aurait sans doute un autre goût.
Voilà deux semaines qu'ils avaient capturé ce mangemort, deux semaines et ils allaient bientôt avoir la permission. Celle qui allait permettre aux aurors de lui faire avaler du veritaserum, celle qui allait enfin leur permettre de connaître le nom du meurtrier de Ron.
Elle-même ne savait comment réagir. Cette date coïncidait plus ou moins à ça propre libération. Treize ans qu'elle avait disparu du jour au lendemain sans laisser la moindre trace, douze ans qu'elle était réapparue avec tout autant de mystère. Seulement voilà, elle-même ne gardait aucun souvenir de son enlèvement, seul régnait dans son esprit le souvenir de son douloureux retour, la veille de l'enterrement de son frère.
- Tu crois qu'il serait encore en vie si je n'avais pas disparu ?
- Ginny… on en a déjà parlé tu sais. Tu n'y es pour rien. Il n'y a qu'un seul responsable là-dedans. C'est celui qui… qui lui a lancé ce sort.
- Oui mais… peut-être que si on ne m'avait pas enlevé il n'aurait pas eu cette soif de vengeance et…
- Et rien… Il était toujours très prudent. Parce que justement, il comptait sur le fait qu'il allait te revoir un jour. Et puis… Et puis il y avait Jude qui n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez. Seulement ce jour là… ce jour là, ils l'ont pris au piège.
Il sentit Ginny frissonner contre lui et resserra instinctivement ses bras autour de sa taille. Il ne put s'empêcher de lui demander ce qu'il avait tant de fois déjà fait :
- Tu es sûre que tu ne veux pas qu'on leur demande en même temps ?
- Pourquoi faire Harry ? Je n'ai aucun souvenir de cet enlèvement et franchement, je me dis que c'est sans doute mieux comme ça.
- Ca aide parfois de mettre un nom sur un mal.
- Parfois…
Machinalement, il déposa un baiser sur ses cheveux roux en remplissant ses poumons du doux parfum qu'ils dégageaient. Il l'entendit alors reprendre :
- Et dire qu'à Poudlard je ne me fixais que sur ce Malefoy. Savoir ou pas s'il était un mangemort m'oppressait plus que tout. Alors que finalement, il n'était qu'une broutille comparer à ceux qu'il y avait dehors.
- Et à entendre Hermione, il n'aurait rien d'un des leurs…
- L'amour rend aveugle…
- Et est accompagné par la folie.
- Je n'en reviens pas qu'elle l'ait choisit pour… enfin… remplacer mon frère.
- Ton frère est irremplaçable. Hermione refait sa vie. C'est ce qu'on pouvait lui souhaiter de mieux non ?
- Malefoy ?!
- Non… être heureuse… avec sa fille… Finalement, il y avait quelque chose de bien à en tirer de cette fouine.
Alors que cette phrase passait l'antre de sa bouche, l'esprit de Harry s'enfouit vers l'image d'une petite pleurnichant dans un couloir. Eavan Malefoy, dernière née de cette famille ne semblait pas en être la plus heureuse. Combien de fois l'avait-il trouvé pleurant, assise sur le rebord d'une fenêtre ?
C'est justement là qu'il la retrouva quelques jours plus tard. Seulement cette fois, elle ne pleurait pas.
- Eavan ? Je te retrouve encore là où il ne le faut pas, quand il ne le faut pas.
La jeune fille leva son regard vers son professeur et machinalement, un sourire vint se dessiner sur son visage.
- Tu devrais me prendre au sérieux. Il y a des personnes dangereuses dehors… des personnes qui pourraient rentrer ici. Et ça serait mieux pour tout le monde qu'ils ne te trouvent pas seule dans les couloirs.
- Il y a aussi des personnes qui surveillent dehors non ?
- Mais trop de précautions valent mieux que pas assez… Alors dis-moi, qu'est-ce qui te rend si heureuse ?
- Oh je réfléchissais.
- Tu réfléchissais… serait-ce déplacé de te demander à quoi ?
- A ma mère !
Il ne sut pourquoi le sang ne fit qu'un tour dans ses veines lorsqu'elle lui dit çeci, seulement, il fut certain qu'il partageait l'euphorie de son élève.
- Devrais-je comprendre que tu as découvert son identité ?
- Pas encore mais c'est une question de jours ! Avec Jude, on a découvert que je faisais partie d'une grande famille de sorciers. Une famille connue et que de ce fait, tous leurs faits et gestes étaient recensés. Donc, les femmes de chaque membre et aussi parfois leur maîtresse. Alors, ça ne devrait pas être dur de trouver avec qui mon père sortait quand il était au collège. D'ailleurs vous devriez savoir vous ?
- Désolé de te décevoir mais non.
- Même pas un nom ?
Des noms… il en avait. Comme cette Pansy Parkinson tuée par un aurors lors d'une attaque de mangemorts.
- Oh si j'en ai bien un mais tu es bien trop mignonne pour pouvoir être sa fille.
- Mais peut-être que…
- Non vraiment, tu ne lui ressembles pas. Eavan, je comprends ton envie d'en connaître plus sur ta mère. C'est légitime. Seulement, je pense que tu ferais mieux de laisser faire le temps.
- Mais c'est maintenant que je voudrais savoir.
- Je sais… Ca aide parfois de mettre un nom sur un mal.
- Parfois…
Foudroyé par une impression de déjà vu, les yeux de Harry se fixèrent sur ceux bleus de la dernière Malefoy.
