- Clairobscure : ah non, je m'en veux de te distraire dans te révisions. Je vais peut être espacer les publications pour te laisser te concentrer. ;-) Merci pour ta review !

- Lyxie : je suis contente que tu ais apprécie la réconciliation. Pour le reste, ta impatience va bientôt être récompensée. Merci pour ton commentaire !

- Vlad III : je suis toujours épatée par ta clairvoyance… tu ne sais pas à quel point tu as raison. Je suis contente que tu ais aimé la petite scnène entre Harry et Tom

Bonne lecture et Merci à Louvy pour sa fidélité, son aide et sa patience !


Draco tournait en rond. Il en avait marre de rester enfermé, même s'il comprenait que c'était nécessaire. C'est lui-même qui avait fermé la porte à double tour après le départ de Remus ce midi. Mais là, il en avait marre et il céda à son agitation.

Il ouvrit la porte et jeta un coup d'œil autour de lui, sans voir aucun danger. Tout le monde vaquait à ses occupations, comme d'habitude. Cependant, dès qu'il posa un pied dehors, il vit beaucoup trop de visages avides se tourner vers lui. Sortir… Ne pas sortir… Il déglutit avant d'entreprendre une fuite discrète et calme pour ne pas les provoquer. Il devait simplement trouver Angelina et Katie, et tout irait très bien.

Lorsqu'un premier lycanthrope se mit à courir dans sa direction, il ne put retenir un cri de peur, pas très viril certes, mais salvateur. C'est Remus qui intervint… une fois de plus, le sauvant de son « prétendant ».

Ce qui effraya le plus le jeune homme fut l'agressivité de l'Alpha, qui grondait carrément après le coupable et l'avait jeté à terre, restant devant lui-même après que le jeune loup ait baissé la tête en signe de docilité. Remus tourna ensuite ses yeux ambrés vers lui et le souleva dans ses bras puissants, sans tenir compte de ses protestations alors qu'il le ramenait dans sa maison.

Il le jeta quasiment sur le lit, puis resta quelques secondes — qui lui parurent des minutes — à le fixer de ses magnifiques yeux jaunes. Draco avait presque l'impression qu'il essayait de l'hypnotiser. En tout cas, il adorait se perdre dans ce regard qui ressemblait à de l'or en fusion, brûlant d'une flamme mystérieuse…

Lupin sembla hésiter quant à la direction à prendre : s'avancer vers le blond ou ressortir. Les crocs encore à demi sortis ne rassuraient pas totalement Draco, mais il lui faisait suffisamment confiance pour ne pas se sauver en courant. Tout le corps du jeune homme était tendu. Mais était-ce dû à l'appréhension, ou à l'excitation ?

Remus fit un pas vers lui et… la porte s'ouvrit brusquement sur une Angelina essoufflée. Draco ne sut pas s'il devait la bénir ou lui hurler dessus.

- Alpha ! s'exclama-t-elle en passant rapidement son regard de lui au blond. On m'a dit qu'il y avait eu un problème !

- Je gère le problème, grogna Remus sans se tourner vers elle.

Ok… pensa Draco. Là, il devient un peu flippant… Il jeta un regard vers son amie, légèrement paniqué.

- Je me permets d'insister, Alpha. Je devrais emmener Draco à l'abri dès maintenant.

Un grondement sourd lui répondit, et Remus se tourna brusquement vers elle, son regard comme en furie. La jeune lycanthrope baissa la tête et émit un faible gémissement.

- Alpha, c'est toi qui m'as demandé de le mettre en sécurité dès que j'en sentirai le besoin. Je suis désolée, Alpha, mais je pense qu'il est temps.

Draco s'en voulut tellement à ce moment-là de donner tant de soucis à sa jeune amie. C'était à cause de lui qu'elle devait s'opposer à son chef. Pour un quasi inconnu qui n'avait jamais rien fait pour elle. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de sortir de cette foutue maison ?!

Il resta sagement sans bouger et ne relâcha sa respiration que lorsqu'il vit Remus passer la porte. Sans même un regard pour lui…

Il se releva alors rapidement et s'approcha d'Angelina, qui semblait également mieux respirer.

- Merci Angie, je… je suis désolé.

La jeune femme noire lui sourit largement :

- Un Malfoy qui s'excuse ! Ça, je vais être obligée de le rapporter aux garçons.

- Si tu fais cela, je vais être obligé de leur dire que Katie et toi apprenez par cœur tous les livres de recettes pour impressionner belle-maman.

Angelina lui frappa le bras, les joues rouges et un air faussement boudeur sur le visage. Puis sa joie se fana un peu, des problèmes urgents lui revenant en tête.

- Dépêche-toi, Draco. Il vaut mieux te mettre en sécurité maintenant. Je crains que, d'ici très peu de temps, même notre Alpha ne devienne un danger pour toi.

- Je n'ai pas peur de Remus, je…

- Je sais qu'il te plaît, Draco, mais les nuits de pleine lune, tous les sentiments sont décuplés pour nous. Il risque de te faire du mal sans le vouloir. Ce n'est pas juste une question de sexe, cela peut être bien plus grave…

Le blond se tut, rouge comme une tomate. Inutile de se ridiculiser davantage. Il était sûr qu'il n'était pas le premier, ni le dernier à être attiré par l'Alpha. Mais celui-ci semblait tellement seul qu'il avait juste envie de le prendre dans ses bras pour le réconforter un peu… Bon ok, peut-être pas uniquement pour le réconforter.

Draco suivit son amie, qui lui fit traverser le camp au pas de course. Katie les avait rejoints, ainsi que d'autres lycanthropes que le jeune humain connaissait moins. Tout ce qu'il savait, c'est qu'ils devaient déjà être liés, puisqu'au lieu des regards enamourés, il n'avait droit qu'à des regards de colère de leur part.

- Ne t'inquiète pas, murmura Katie. Nous sommes tous un peu plus sanguins en ce moment. Ils ne t'en veulent pas particulièrement.

- Je n'en suis pas aussi sûr que toi, répondit Draco en avisant l'un de ses gardes qui lui montrait les crocs.

Cette jolie petite escorte l'avait gentiment guidé jusqu'à la sortie du camp, puis ils avaient pénétré l'épaisse forêt.

Le blond essaya de se repérer. Il se souvenait clairement du plan qu'il avait entraperçu sur le bureau de Remus. Ils devaient se situer à la limite des terres de la meute. Est-ce qu'ils allaient carrément le ramener en ville ? Mais Draco fut coupé dans ses pensées lorsqu'une bâtisse se dressa devant lui. En fait de bâtisse, cela ressemblait plutôt à un vieux bunker désaffecté.

- C'est un vieux bunker désaffecté, confirma Katie, s'attirant un regard moqueur du blond. Bon ok, c'est évident, mais tu seras bien content d'avoir cet abri renforcé et inviolable quand tu entendras tes prétendants hurler autour de toi, reprit-elle d'un ton mordant.

Angelina fit un geste de la tête et l'escorte repartit sans un mot pour Draco. Elle sonna, et un grésillement se fit entendre.

- Quel est le mot de passe ? demanda une voix déformée par l'interphone.

- Il y a un mot de passe ? demanda Angelina à son amie, étonnée.

Cette dernière rougit un peu et répondit, s'excusant presque.

- Je… euh… « Je suis pour la protection des fouines. » Désolée Angie, mais ils n'ont rien voulu entendre.

- Fred et George Weasley ! Vous allez ouvrir immédiatement cette porte, ou je vous jure que vous allez passer un mauvais quart d'heure ! s'emporta la jeune femme noire. Vous êtes absolument impossibles !

La porte s'ouvrit brusquement, et une paire de bras se saisit de la jeune femme avant de la serrer fermement contre un corps chaud.

- Pardonne-nous, Angie chérie !

- Oui ! Nous serons très sages ! renchérit une deuxième voix dans la pénombre de l'entrée.

- Ce n'est pas le moment de jouer les garçons. Essayez d'être sérieux cinq minutes. Draco, dépêche-toi d'entrer.

Le blond ne se fit pas prier, et il se sentit enfin en sécurité lorsqu'il fut dans le petit sas et que la lourde porte en métal fut fermée à double tour. Il est clair qu'il faudrait au moins un tank pour la faire tomber.

Il porta son regard tout autour de lui. Il était dans une entrée étroite plutôt propre qui donnait sur un long couloir. Il suivit les autres, qui semblaient déjà connaître parfaitement les lieux. Ils débouchèrent ainsi sur un espace plus grand qui avait été aménagé comme refuge de fortune.

Une table en bois et quelques chaises se dressaient au milieu de la pièce, et trois ou quatre meubles disparates complétaient l'espace pour former une petite cuisine/salle à manger improvisée.

Le blond avisa plusieurs personnes qui étaient attablées et se tourna vers ses amies, interrogatif.

- Le refuge sert à tous les humains qui vivent dans le camp pour les périodes de pleine lune. Les compagnons liés sont en principe protégés, mais un accident est toujours possible, donc nous préférons prendre nos précautions. Tu ne seras donc pas tout seul, expliqua Angelina.

Draco hocha la tête. Il se fichait un peu de savoir avec qui il partagerait cet endroit. Tout ce qu'il voulait, c'était partir le plus vite possible d'ici, aller aider son parrain, et retrouver sa liberté, sa vie !

Les jeunes filles l'attirèrent vers le couloir et lui firent visiter le reste de l'installation.

- Il y a une salle de bain et une dizaine de chambres par ici, précisa Fred.

- Enfin, c'est plus des cabines que des chambres, compléta Katie.

C'était un refuge, personne ne s'attendait à y trouver un confort exceptionnel. Draco était déjà content de pouvoir compter sur un petit endroit pour s'isoler. Il avait déjà croisé quelques regards peu sympathiques, qui lui avaient fait comprendre qu'il n'était pas forcément le bienvenu — sûrement à cause de ses liens avec le clan Voldemort.

Voyant l'air crispé de Draco, Katie passa un bras protecteur autour de lui.

- Ne t'inquiète pas, Fred et George resteront près de toi toute cette nuit.

- Je ne sais pas si cela doit me rassurer, répliqua le blond avec une fausse grimace — sa tension retomba malgré tout et il se détendit.

- Il faut bien que tu comprennes que tu ne devras pas sortir d'ici, sous aucun prétexte, insista Angelina. La pleine lune sera levée dans moins de quatre heures. À ce moment-là, la transformation sera complète, et nous suivrons tous nos instincts primaires. Mais, comme tu l'as vu, les effets de la pleine lune se font déjà ressentir, et personne ne pourra te protéger si tu mets un pied dehors… même pas notre Alpha. Alors reste à l'intérieur jusqu'à demain matin.

- Ne vous inquiétez pas. Je n'ai pas envie d'avoir des ennuis, ni de vous créer des problèmes. Je vous promets de ne bouger d'ici et d'éviter tout ce qui ressemble à un loup-garou jusque-là.

Boum !

Un grand chambardement se fit entendre, et le petit groupe se retourna vers l'entrée de la chambre dans laquelle ils s'étaient arrêtés pour discuter. Un énorme type était affalé par terre, ayant visiblement chuté sur une chaise qui traînait. Il se leva et insulta copieusement le malheureux objet, avant de tourner la tête vers les jeunes gens.

- Votre… Alpha — le gros homme avait quasiment craché le terme — vous attends en bas.

Draco se dirigeait déjà un peu trop gaiement vers la sortie lorsqu'il se fit rattraper par une Angelina en colère.

- Draco ! Je viens de te dire de ne pas t'approcher des loups-garous, et toi tu fonces au premier appel !

- Mais… C'est Remus ! Il ne me fera pas de mal !

- Je suis même sûr qu'il voudra plutôt te faire du bien, se moqua Fred.

- Et plutôt deux fois qu'une ! renchérit Georges. Tu verrais leur entrain avant la pleine lune !

Les garçons reçurent simultanément une claque derrière la tête de leur petite amie respective.

- Draco, les garçons n'ont pas tort, souligna tout de même Katie. Remus est peut-être notre Alpha, mais il reste un homme comme les autres. Et en ce moment, son instinct a pris le dessus.

- En résumé, il ne saura pas résister à ton charme ravageur, Blondie !

- Il va vouloir te baiser jusqu'à ce que mort s'en suive !

Ce furent cette fois trois mains qui frappèrent l'arrière du crâne de Fred, qui poussa un « Hé ! » indigné.

- Bon, vous vous décidez ? grogna le gros homme, la tâche de messager ayant l'air de l'ennuyer grandement.

- On peut toujours aller voir ce qu'il veut, proposa Draco. Je vous promets de ne pas sortir, s'engagea-t-il en se dirigeant vers la sortie.

L'homme qui l'avait prévenu le précéda sur le chemin, et Draco s'interrogea sur lui. Il avait l'impression de l'avoir déjà vu en dehors du camp, mais il n'arrivait pas à ce souvenir où. Ce qui était étonnant, c'est qu'il n'avait pas du tout le profil des autres habitants de la meute. Il semblait même ne pas du tout les apprécier, ni être heureux d'être ici.

Le blond arriva devant la porte et attendit que son amie dirige le reste des opérations. Angelina prit, comme d'habitude, toutes les initiatives. Elle ordonna à Draco de reculer, puis sortit, non sans demander à Katie de bien refermer la porte derrière elle.

Elle revint quelques dizaines de secondes plus tard, et referma la porte derrière elle tout en tendant un téléphone au blond.

- Sirius veut te parler, expliqua-t-elle.

- Remus est parti ? demanda le jeune homme en attrapant l'appareil, un air presque déçu sur le visage.

La jeune lycanthrope hocha la tête.

- C'est plus prudent, s'excusa-t-elle.

- « Ben alors, Blondie, tu viens de prendre un râteau ?

- « Salut Black. Pas encore mort ?

- « Moi, non.

À cette mention, le visage de Draco se figea. Il était stupide de plaisanter alors que Sirius était en train d'essayer de lui donner des nouvelles de son parrain.

Il commença à paniquer. Si l'homme prenait la peine de vouloir lui parler, alors qu'il ne l'appréciait pas et qu'il savait que cette soirée de pleine lune était tendue au camp, c'est qu'il y avait une complication dans leurs plans.

- « Il y a un problème avec Severus ? demanda-t-il précipitamment. Il n'est pas… ?

Le blond sentit un frisson glacé s'abattre sur lui. Non, il ne pouvait pas le dire.

- « Calme-toi, Blondie. Rogue est dans un sale état, mais il est toujours vivant. Par contre, il ne le restera pas longtemps si on ne le sort pas de là ce soir.

- « Mais… Remus ne pourra rien faire et…

- « C'est pour cela que j'ai besoin de toi. Même si cela ne me plaît pas, on va devoir demander aux autres sangsues de nous donner un coup de main. Il faudrait que tu appelles ton père et que tu le convainques de faire une diversion. Je vais me débrouiller pour faire sortir Rogue de là, mais il me faudra de l'aide pour l'évacuer et protéger nos arrières.

- « Oui, bien sûr !

- « Blondie ?

- « Oui ?

- « Je ne veux pas de tuerie… Quoique tu puisses penser, la plupart des membres du Phœnix sont des gens biens.

Draco eut une brève hésitation et ferma les yeux avant de répondre.

- « Je vais faire tout ce que je peux mais…

- « Ça va Blondie, je ne te demande pas de me faire de promesse, juste de tenter de faire le maximum.

- « Je vous le promets, murmura le jeune homme.

- « Merci, Blondie. Et fais attention à tes fesses ce soir, termina l'ancien prisonnier avant de raccrocher.

Le blond soupira. Pourquoi est-ce que tout le monde avait besoin de lui rappeler qu'il n'était qu'un objet sexuel ici ? Draco sentit une main se poser sur son épaule et sursauta sans pouvoir s'en empêcher.

- Ça va ? demanda la voix douce de Katie.

- Oui mais… est-ce que je pourrais aller dans un endroit un peu plus… calme ?

Tout le monde traduisit directement par « plus intime », et la jeune lycanthrope acquiesça avant de le ramener vers une des chambres qu'ils avaient commencé à visiter avant d'être interrompus.

- Tu peux prendre celle-là. Pose tes affaires pour bien indiquer qu'elle est occupée, indiqua Katie avant de sortir rejoindre le reste du groupe.

Draco s'assit sur le petit lit avant de regarder le téléphone. Il n'hésita pas avant de composer le numéro qu'il connaissait par cœur. Plusieurs sonneries se firent entendre, son cœur battait de plus en plus fort. Il n'avait aucune raison d'être inquiet.

- Allo ?

- …

Il se sentait stupide d'être aussi ému rien qu'en entendant cette voix si froide, mais des larmes lui étaient montées aux yeux et sa gorge s'était nouée, l'empêchant de répondre.

- Vous savez que le harcèlement téléphonique est puni pénalement dans plusieurs pays, dont celui-ci, reprit la voix irritée de Lucius Malfoy.

Cette réplique eut le don de faire sourire le jeune homme et de lui faire reprendre ses esprits.

- Père, c'est moi.

- Draco ? Où es-tu ? Comment vas-tu ?

- Je vais bien, ne vous inquiétez pas. Je suis… En fait, je ne sais pas où exactement, mais je suis bien traité, et je devrais bientôt pouvoir rentrer. Enfin… si le lord le permet…

Draco s'était refusé de donner l'emplacement de la meute, bien qu'il le connaisse maintenant parfaitement. Il connaissait suffisamment son père pour craindre son esprit de revanche, et il refusait qu'on fasse du mal à ses amis ou au reste de la meute… Quoique, en y réfléchissant bien, il en voyait bien un ou deux qu'il serait prêt à laisser entre les mains de son père.

- Le maître t'a pardonné, Harry a bien œuvré, répondit Lucius à sa question muette. Tu peux rentrer dès maintenant.

Sans comprendre pourquoi, cette nouvelle le fit légèrement paniquer. Il était trop tôt, il avait encore plein de choses à faire ici !

- Tu manques beaucoup à ta mère.

Cette dernière phrase calma aussitôt les inquiétudes du jeune homme.

- Elle me manque beaucoup aussi, murmura Draco. Et vous aussi.

Et c'était vrai, il avait envie de rentrer chez lui, de serrer ses parents dans ses bras, ou plutôt de se faire câliner par eux. Et puis, il voulait retrouver son petit confort et sa sécurité et… et Katie et Angelina lui manqueraient, cet apaisement qu'on ne trouvait qu'en pleine nature lui manquerait, et il y avait aussi Re…

- Draco ?

- O… oui, père. Je ne peux pas rentrer ce soir parce que c'est la pleine lune, mais je suis en sécurité dans un abri. Je vous rejoindrai dès demain matin, promit le jeune homme, essayant de se convaincre qu'il prenait la bonne décision.

Oui, il devait retourner chez lui. Il n'avait rien à attendre ici.

- Je peux venir te chercher quelque part ? Ou faire autre chose ?

- Je me débrouillerai, mais parrain a besoin de vous. C'est pour cela que je vous appelle, le reste est secondaire.

- Tu ne seras jamais secondaire, fils.

Le blond sentit son cœur se réchauffer. Il était rare que son père montre ses sentiments ou lui dise des mots tendres. Il avait dû vraiment s'inquiéter pour lui.

- Merci père, mais je vais bien. Severus est retenu prisonnier par l'Ordre du Phœnix. Sirius Black va le libérer, mais il a besoin d'une diversion.

- Oui, nous sommes au courant. Mr Weasley nous en a informés.

- Mr Weasley est venu vous voir ?

- Il est venu voir le maître pour lui demander de l'aider, et celui-ci a accepté. Tout est prévu.

Draco ne comprenait plus rien. Arthur n'avait rien laissé entendre là-dessus et ne semblait pas le genre d'homme à agir dans l'ombre.

- Très bien. Dans ce cas, vous allez le récupérer ce soir ?

- Ce soir ? Non, la diversion est prévue pour demain soir.

- Les choses ont dû changer. Black dit qu'il faut absolument le sortir de là-bas maintenant ou il n'y survivra pas ! Il faut…

- Calme-toi. Je vais prévenir le maître et nous ferons le nécessaire.

- Il a dit qu'il lui faudrait aussi un coup de main pour assurer sa sortie du quartier général de l'Ordre.

- Ce sera fait.

- Père ? Je… je lui ai promis qu'il y aurait le moins de blessés et de morts possibles… murmura Draco.

- Harry l'a déjà promis à son ami.

- Son ami ?

- Ronald Weasley.

Oh… Ainsi c'était Ron qui était intervenu. Finalement, ce gars avait plus de courage qu'il n'y paraissait, s'il avait osé aller voir seul le terrible Lord Voldemort.

- Je serai là demain pour le voir. Ramenez-le.

- Nous t'attendrons pour déjeuner en famille, Draco.

- Bonne chance, père… Soyez prudent.

Le jeune homme raccrocha et se laissa tomber sur le lit, vidé par les émotions. Demain, il reviendrait dans la vraie vie…

Mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir une petite appréhension à cette idée. Il appréciait ce qu'il avait découvert ici, et il avait été obligé de reconnaître qu'il n'était pas indifférent à un certain Alpha… même si celui-ci le traitait comme un gamin inintéressant.

Draco se renfrogna. Il était ridicule… Il n'avait rien à attendre ici. Il devait rentrer chez lui, où étaient tous les gens qui l'aimaient, et arrêter de se voiler la face. La porte s'ouvrit doucement, et une tête passa.

- Ça va Draco ? demanda Angelina en se retournant pour grogner un « Calmez-vous ou je vous assomme tous les deux. »

- C'est bon, j'arrive, sourit le blond en se redressant.

Les cinq jeunes gens se retrouvèrent dans la pièce centrale, où de plus en plus de personnes s'activaient.

- La pleine lune n'est plus que dans quelques heures maintenant, et tout le monde est arrivé. Alors qu'est-ce qu'il se passe, Draco ?

- Asseyons-nous et je vous expliquerai, proposa le jeune Malfoy.

Ils s'installèrent à un bout de la table, et le blond commença à relater ses deux dernières conversations sous le regard inquiet, puis émerveillé des jumeaux Weasley, qui n'arrivaient pas à croire que leur petit frère avait finalement une paire de couilles.

- Ça se fête, Fred !

- Eh, vous ! interpella grossièrement George. Une tournée de soda pour nous tous ! Et plus vite que ça !

Une femme blonde leur jeta un regard noir puis se détourna vers ce qui servait de cuisine. Elle revint vite avec un plateau qu'elle leur balança presque sur la table.

Draco resta interloqué, aussi bien devant l'attitude inhabituelle des jumeaux que devant l'attitude étrange de la femme. Fred et George grognèrent qu'il valait mieux tout faire soi-même ici et se levèrent pour piocher dans les placards.

Le blond poursuivit son analyse de l'inconnue. C'était une femme qui pourrait avoir l'âge de sa mère, blonde, très mince et grande. Son long cou et sa mâchoire chevaline, ajoutés à un air mesquin et inquisiteur, ne la rendaient pas très avenante, voire même désagréable.

La femme se figea soudainement en fixant Draco, puis se précipita vers le gros homme que le blond avait vu tout à l'heure. Elle sembla s'agiter en lui expliquant quelque chose à grand renfort de mouvements. Les deux personnes fixaient maintenant Draco d'un air balançant entre la haine et la peur.

- Ne t'occupe pas d'eux, lui conseilla Katie, qui avait aussi remarqué leur manège.

- Et même, reste loin d'eux, compléta Angelina. Le plus loin possible.

- Qui sont-ils ? J'ai l'impression de les connaître…

- Tu as dû les croiser au camp. Ils y travaillent tous les jours.

- Peut-être… concéda le blond, pas convaincu.

- C'est notre Alpha qui les a faits venir, mais vu leur amabilité, il pourrait tout aussi bien les laisser partir. Ils sont bizarres… Pas dangereux, mais désagréables.

- De toute façon, Fred et George vont rester avec toi toute la nuit, indiqua Katie en voyant les jeunes hommes revenir avec les verres et les boissons.

- Hors de question ! s'exclama Draco en se tournant vers les jumeaux. Il faut que vous alliez dire à vos parents les derniers évènements et surveiller ce qu'il se passe. Je ne vous demande pas de prendre de risques, mais un peu d'aide supplémentaire pourrait être la bienvenue pour Severus.

Les jumeaux se regardèrent. C'est vrai qu'ils avaient envie de se sentir utile et d'être un peu au cœur de l'aventure, mais ils ne voulaient surtout pas abandonner le blond… D'un autre côté, il était en sécurité ici, non ?

- Je ne risque rien ici, reprit Draco comme s'il lisait dans leurs pensées. Je vous promets de ne pas bouger de là. Je ne suis pas suicidaire. Alors allez là où vous serez utiles ! Je suis sûr que l'autre cabot sera content d'avoir un peu de renforts.

- Pour une fois, la fouine a raison, conclut Fred.

- Je suis aussi de cet avis, renchérit George à destination de sa petite amie.

Angelina soupira.

- Tu promets de ne rien faire de dangereux ?

- Bien sûr ! Tu crois que j'ai l'air d'un stupide héro qui court au devant du danger ? Je ne m'appelle pas Harry Potter ! se moqua Draco.

- Reste enfermé dans ta chambre.

- C'est promis.

- Ne t'approche pas de la porte d'entrée.

- Juré.

- Bon… Dans ces conditions…

- Merci !

- Merci !

Les jumeaux étaient déjà debout et fonçaient vers la sortie.

- On vous tient au courant dès demain matin !

- Merci, murmura Draco, soulagé de savoir que Black et son parrain allaient avoir un peu plus de soutien.

- On va devoir y aller aussi, précisa Katie en se passant une main derrière l'oreille à plusieurs reprises.

Draco s'amusa de voir que sa physionomie avait déjà légèrement évolué. Sans qu'elle ne se soit vraiment transformée, son visage s'était légèrement modifié, et elle semblait plus animale. Le blond se tourna vers Angelina pour voir que le même phénomène lui arrivait, mais c'est une impression de protection qui se dégageait de la jeune lycanthrope… un peu comme ce qui émanait de l'Alpha quand il se trouvait près de lui. C'était comme si le caractère de ses amies était exacerbé en cette nuit. Le blond se demanda un instant à quoi pouvait bien ressembler Remus en ce moment.

Les jeunes femmes se levèrent et sortirent après avoir adressé un petit geste d'au revoir au blond. Dès qu'elles furent sorties, Draco ressentit un léger sentiment de solitude. Il était étonnant de constater comme il avait pris l'habitude de se retrouver entouré. Lui qui auparavant n'appréciait rien de plus que le calme et était heureux de se débarrasser de ses encombrants amis, s'était finalement bien habitué à la présence constante d'un membre de la meute près de lui. Bon, il se passerait facilement de certaines présences, mais d'autres lui manqueraient sans aucun doute.

Draco tourna la tête, attiré par un étrange sentiment. Il ne fut pas étonné de rencontrer deux yeux froids. Cette femme bizarre le fixait encore, tout en discutant avec la baleine. Le blond se leva pour se diriger vers la pièce qui devait lui servir de chambre. L'espace étant réduit, c'est sans mauvaises intentions qu'il se retrouva obligé de passer juste à côté d'eux. Il ne put donc s'empêcher de saisir une partie de leur conversation :

- Je suis sûr que c'est lui qui l'envoie. C'est ce monstre qui l'a envoyé pour nous surveiller, murmurait la femme acariâtre.

- Ouais, ben si c'est le cas, je peux t'assurer que je vais lui faire sa fête, à ce sale petit morveux. Il n'avait pas le droit de nous faire ça ! C'est criminel ! Il devrait être enfermé, ce malade !

- Ne l'énerve pas, Vernon ! s'inquiéta la femme.

- J'ai bien le droit de m'énerver, vu ce qu'on nous fait subir !

L'homme continuait à le regarder en coin et fit un pas vers lui quand Draco fut juste à côté. Il tendit le bras dans un geste menaçant, mais le blond fut le plus rapide. Il se saisit du bras graisseux et le fit pivoter pour le maintenir fermement dans le dos de l'homme-cachalot.

- Ah ! Tu me fais mal, petit crétin !

- Et je peux vous faire encore plus mal, susurra Draco. Je connais au moins une dizaine de façons de vous casser le bras rien qu'en le tirant dans le bon angle.

- Laissez mon mari, supplia la femme, les larmes aux yeux. Vous nous avez faits bien assez de mal comme cela.

Étonné par cette réplique, le jeune homme hésita un bref instant avant relâcher l'homme, qui courut se réfugier dans les bras de sa femme.

- Vous vous méprenez. Je ne vous connais pas, je ne vous ai jamais rien faits. Alors restez loin de moi, et tout ira bien.

Draco se détourna d'eux et soupira en se disant qu'il allait certainement passer le reste de la soirée enfermé dans sa chambre pour y être tranquille. Mais deux mains s'abattirent sur son cou et entreprirent de l'étrangler. Le blond se débattit, mais il devait reconnaître que la poigne était puissante, et il commença à paniquer quand il se rendit compte qu'il ne parvenait pas à se dégager.

- Sale petit rat ! Tu crois que je ne sais pas reconnaître mes ennemis ?! Avec cette couleur de cheveux et ces yeux, c'est forcement un membre de ta famille qui nous a envoyés dans cet enfer ! Et tout cela pour baiser ce sale petit con de Potter !

- Vernon, lâche-le ! hurlait sa femme en tirant sur son bras, en vain.

Draco n'y comprenait rien. Que venait faire Harry dans cette histoire ? Mais pour le moment, il avait plus important à faire : se sortir de là ! Il commençait à voir des étoiles et n'avait quasiment plus de forces pour se débattre.

Tout à coup, la prise autour de son cou disparut. Il se laissa tomber à genoux et entreprit de faire entrer le plus d'air possible dans ses poumons. Une main se posa sur son épaule, et il sursauta et se recula autant qu'il put pour essayer d'y échapper.

- Calme-toi, je voulais juste t'aider.

Le blond leva les yeux pour tomber sur le visage d'une jeune fille qui lui souriait. Il tourna la tête et avisa l'homme-baleine échoué par terre, sa femme s'affairant inutilement autour de lui en gesticulant. La jeune fille tendit la main à Draco qui, cette fois, l'accepta.

- Où est ta chambre ? lui demanda-t-elle en passant un bras sous son épaule.

Le blond leva un sourcil moqueur, mais ce ne fut qu'un gémissement qui sortit de sa gorge maltraitée. Il prit la direction de sa chambre, et la jeune fille l'aida à avancer. Une fois arrivés à destination, Draco s'assit sur son lit et offrit un grand sourire reconnaissant lorsqu'un verre d'eau apparut dans son champ de vision. Il s'en saisit et l'engloutit, l'eau soulageant efficacement sa gorge irritée.

- Merci, dit-il d'une voix enroué.

- Pas de quoi. D'habitude, ils ne sont pas méchants. Un peu grognons, mais pas dangereux. Je me demande bien ce qu'il leur a pris.

- Qui sont-ils ? demanda Draco d'une voix rauque

- Ils sont là depuis quelques semaines. D'après ce que j'ai compris, ils ne sont pas vraiment là de leur plein gré. Ils ont commis un crime, et c'est un peu comme une condamnation à des travaux d'intérêt général. Sauf qu'ils n'ont pas le droit de sortir du camp. Je crois qu'ils s'appellent Dotley ou Bursley… Un truc comme ça.

Draco ouvrit de grands yeux.

- Dursley ?

- Oui, c'est ça ! Tu les connais ?

- Moi non, mais je crois comprendre pourquoi ils m'en voulaient. Et je crois que je vais les fuir autant que possible.

Le blond n'avait pas toute l'histoire, mais si ces personnes étaient bien la famille de Harry, celle qui l'avait vendu sans une once d'hésitation, alors Draco se doutait bien qu'ils étaient en train de payer leur crime de cette façon, pour le moins originale. Il retint un petit sourire en reconnaissant bien là, la patte de son père.

- Je m'appelle Bella, reprit la jeune fille en tendant sa main.

- Et moi, Draco. Encore merci pour ton aide. Sans toi, je ne serais peut-être plus là.

- Oh, ce n'est rien. Sa femme est venue chercher de l'aide. Et heureusement, j'étais juste à côté.

- Heureusement, comme tu dis… murmura le blond en se massant la gorge — il allait avoir un bel hématome… Je ne t'ai pas vu souvent au camp, dis-moi. Tu y as ton compagnon ?

Il vit passer un éclair de tristesse dans le regard de la jeune fille.

- Pas vraiment. J'étais amoureuse de l'un d'eux, mais malheureusement, il est… parti.

- Oh… désolé… répondit Draco, gêné.

- Mais je suis sûre qu'il reviendra un jour. Il suffit que je l'attende et que je lui prouve à quel point je l'aime ! Allez, on ne va pas se morfondre ! Pour une fois qu'il y a quelques jeunes ici, on a prévu de se retrouver pour s'amuser un peu. Tu te joins à nous ?

- Et bien… C'est gentil, mais je ne crois pas que cela soit une bonne idée.

- Allez, ne fais pas ton coincé ! Et puis, il vaut mieux que tu restes près de moi, je suis un peu ton ange gardien ! rétorqua Bella avec un grand sourire.

Sa bonne humeur était communicative, et puis Draco ne pouvait pas se montrer désagréable avec elle alors qu'elle venait de presque lui sauver la vie.

- Ok, je viendrai. Merci pour l'invitation.

- Super ! À tout à l'heure ! sourit Bella en sortant.

La jeune fille se dépêcha de filer vers sa propre chambre. Elle ne revenait pas de la chance qu'elle avait. Elle avait échafaudé tout un tas de plans qu'elle savait voués à l'échec dès le début. Et là, il lui tombait tout cru dans les bras.

- Je vais te venger, mon amour. Et quand tu reviendras, tu sauras à quel point je t'aime, murmura la jeune fille, le regard larmoyant, juste avant de refermer la porte.


Je vous entends déjà râler jusque là :

- il n'y a pas de Tom/ Harry

- Il n'y a même pas Remus

- Severus est toujours prisonnier.


Alors au moins, pour ce dernier point, je peux peut-être, vous rassurer en vous donnant le titre du premier chapitre "Enfin libre". Et non, il n'y a pas de jeu de mots ou de feinte.

Bonne semaine.