Chapitre 37 : Vision
Une porte. Un couloir. La noirceur. Le froid. Une porte. Un couloir. Une forêt. Des livres. Une porte. Un couloir. La bibliothèque de Poudlard. La même porte. Le même couloir. Du sang. Draco avançait lentement dans ce couloir à peine éclairé, il était à Poudlard. Il regardait ses mains, elles étaient couvertes de sang, il en avait jusqu'aux coudes. Il sentit la panique monter en lui, d'où provenait tout ce sang? Il avait tellement froid, il tremblait de tout son corps et pourtant il était à l'intérieur.
Une porte. Une porte qu'il connaissait, mais il ne parvenait pas à la replacer dans son esprit, il la poussa sans hésitation. Il vit alors un homme lui faisant dos, agenouillé près d'un autre étendu par terre dont le visage était dissimulé, la pièce était minuscule, les murs étaient recouverts de rideaux de velours rouges. Soudain, il entendit un croassement de corbeaux et il les vit, les énormes oiseaux aux becs menaçants qui le dévisageaient, perchés sur les tringles à rideaux. L'homme agenouillé semblait ne pas se rendre compte de sa présence, car il n'avait pas bougé.
Draco s'approcha en l'interpellant, mais aucun son ne sortit de sa bouche, l'homme se releva néanmoins et se retourna. Le blond recula vivement en reconnaissant l'homme, il s'agissait de lui-même ou plutôt d'une version de lui-même. Son double avait les cheveux en bataille, ses yeux étaient complètement noirs et ses bras étaient couverts de sang. Draco jeta un regard à ses propres mains qui étaient dans le même état quelques instants auparavant, mais elles étaient maintenant d'une propreté impeccable. Son double sourit alors d'une manière inquiétante et avança vers lui, permettant ainsi au vrai Draco d'apercevoir qui était couché par terre. Son cœur se serra dans un douloureux pincement alors qu'un haut-le-cœur s'emparait de lui en apercevant le cadavre mutilé et sanguinolent de son père. Il voulut crier, mais il n'avait toujours pas de voix. C'était lui, c'était lui qui avait fait ça.
Une main s'empara alors fermement de la sienne et il tenta instinctivement de se libérer, mais la poigne se raffermit et il se retourna pour voir la fillette blonde qu'il avait déjà vue dans une vision et qu'il savait être sa mère, enfant. En la voyant, le double de Draco qui, jusque-là était demeuré calme et s'était contenté d'observer le serpentard de son sourire dément, se rua sur eux, mais Narcissa fut plus rapide et elle entraîna Draco à l'extérieur de la pièce en courant. Ils coururent dans le couloir que Draco avait vu plus tôt sans se retourner. Narcissa le tenait toujours par la main et il lui sembla qu'ils courraient beaucoup plus vite qu'ils auraient normalement pu. Un couloir. Une porte. La même porte. Le froid, encore, toujours ce froid qui se propageait en lui. Narcissa poussa la porte, Draco tenta de l'arrêter, ne voulant pas se retrouver face à son double, face au corps de Lucius Malfoy, mais la fillette le tira comme s'il n'était qu'une vulgaire poupée de chiffon.
Au lieu de se retrouver dans la pièce aux rideaux rouges, ils surgirent dans la bibliothèque de Poudlard. Narcissa se retourna alors vers lui en mettant un doigt devant ses lèvres pour lui indiquer de ne pas faire de bruit. Il la suivit à travers les rangées remplies de livres jusqu'à ce qu'ils se retrouvent devant la section interdite. Elle lui fit signe de le suivre et se mit à regarder les étagères, comme si elle cherchait un ouvrage. Il voulut parler, mais elle lui refit signe de se taire et elle pointa ensuite le bout de l'allée. Tout d'abord, Draco ne vit rien, puis il lui sembla distinguer quelque chose par terre, puis il le vit. Le sol se couvrait lentement d'un liquide rouge et poisseux : du sang. Le liquide s'approchait de plus en plus de l'endroit où ils se tenaient et Narcissa continuait de chercher un livre sans porter attention au phénomène plus qu'inquiétant qui se déroulait à quelques pas d'eux. Elle mit alors la main sur un livre et le tendit à Draco qui le prit à contrecœur et l'ouvrit. Il fronça les sourcils en constatant que les pages étaient vierges. Le sang les encerclait à présent et juste avant qu'il ne les touche, Narcissa lui fit signe de se pencher et elle lui murmura à l'oreille : "La réponse est ici Draco".
Draco se réveilla en sursaut, le corps couvert de sueur et le cœur battant la chamade. Il avait fait de nombreux cauchemars depuis qu'il avait subi son agression, mais aucun ne ressemblant à celui-ci. Jamais encore un rêve n'avait autant ressemblé à une vision. Cela lui rappelait le moment où il avait pénétré l'esprit de sa mère alors qu'elle était mourante, la fillette était aussi là à ce moment-là.
Instinctivement, Draco chercha la présence de Harry auprès de lui, puis il se souvint qu'il était seul dans la chambre du cousin du survivant. Il dormait seul dans cette chambre depuis deux jours, depuis le baiser du brun qu'il avait repoussé. Depuis, non seulement ils ne dormaient plus ensembles, mais, en plus, ils ne s'étaient plus touchés d'aucune manière. Suite au baiser du gryffondor, la situation entre eux était devenue extrêmement gênante et empreinte de malaise. Ils ne parlaient que de la manière dont ils parviendraient à prévenir les deux gryffondors ou de choses banales. Draco avait remarqué que Harry évitait son regard avec soin, cela lui tordait douloureusement le ventre à chaque fois.
Draco se sentait coupable d'avoir ainsi repoussé Harry, il n'avait pas souhaité le blessé, mais il n'avait pas eu d'autre choix. En vérité, et, même s'il n'était pas prêt à se l'avouer à lui-même, il n'avait eu qu'une envie lorsque le brun l'avait embrassé et ça avait été de répondre à son baiser. Il aurait tellement souhaité pouvoir donner à Harry ce qu'il savait que le gryffondor désirait, mais il doutait d'en être un jour capable et c'est ce qui l'avait arrêté. Draco n'était pas stupide ni aveugle et, depuis un moment déjà, il lisait dans les regards que le survivant lui adressait, dans ses gestes, dans ses soupirs, dans ses hésitations, ce sentiment cruel et dangereux qui avait conduit Draco à sa perte. Il devinait, dans la manière dont Harry se troublait légèrement à son approche, le désir refoulé et l'envie de plus et cela faisait souffrir Draco encore plus que Harry, car il savait qu'il ne pourrait y donner suite.
Il faisait confiance à Harry, comme jamais il n'avait fait confiance à quiconque depuis longtemps, il s'était confié à lui. Le jeune homme l'avait accompagné et supporté dans ses cauchemars, ses angoisses et lorsqu'ils étaient partis à la recherche de sa mère. Son cœur piétiné était cependant réfractaire aux frissons qu'il ne pouvait s'empêcher de ressentir au contact du survivant. Il était terrifié de voir réapparaître des sentiments qu'il avait enfouis si profondément en lui qu'il avait cru qu'ils étaient disparus, il aurait aimé ne plus jamais les ressentir, ils étaient beaucoup trop dangereux.
Harry ne savait pas le danger qui le guettait, il était tellement naïf, il prenait cela à la légère, lui semblait-il. Comme si se laisser aller à ses sentiments était normal et facile, alors que pour Draco, cela était quasi impossible. Harry se trompait sûrement d'ailleurs, il ne pouvait pas réellement avoir envie d'être avec lui, pas après ce qui lui était arrivé, pas alors qu'il peinait à se regarder lui-même dans un miroir.
De toute manière, que pouvait-il offrir au brun? Il ne pouvait sciemment pas imposer au jeune homme une telle privation et le retenir auprès de lui juste parce que c'est ce qu'il désirait, lui. Quoi qu'il en dise, un jour ou l'autre, Harry voudrait plus et Draco ne pourrait pas le lui donner. Mieux valait y mettre un terme tout de suite, aussi douloureux cela soit-il.
Draco se glissa hors du lit et se rendit à la salle de bain. Il verrouilla la porte derrière lui et il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à son reflet dans le miroir, chose qu'il ne faisait presque plus depuis son agression, car cela le révulsait. Des cernes profonds semblaient avoir élu un domicile permanent sous ses yeux gris et son teint était encore plus pâle qu'habituellement, il avait vraiment mauvaise mine. Il se força à regarder son reflet, cherchant ce que le survivant y voyait qui lui échappait.
Puisqu'il était trempé de sueur, il eut envie de prendre une douche, sachant que, de toute manière, il ne pourrait pas retrouver le sommeil d'ici l'aube. Il retira son chandail et son cœur s'arrêta net. Non, c'était impossible, se dit-il en regardant avec horreur son corps. Partant de son plexus solaire, les vaisseaux sanguins de son torse avaient pris une teinte presque noire et tissait une espèce de toile d'araignée qui allait en pâlissant de plus en plus en s'éloignant de son cœur. Il savait trop bien ce que ça voulait dire. Il avait vu les mêmes stigmates sur le corps de sa mère avant son décès. Sauf que, dans son cas, son corps au complet en était recouvert. Comment cela se pouvait-il? Il n'avait pas fait usage de cette magie depuis qu'il s'était retrouvé au manoir Malfoy. Comment ces marques pouvaient-elles être apparues alors qu'il ne l'utilisait même pas? Comment était-ce possible? Un haut-le-cœur le prit et il se pencha pour vomir dans la cuvette des toilettes, paniqué.
Est-ce qu'il y avait un lien entre les nausées qui l'assaillaient depuis son arrivée à Privet Drive et ce qu'il lui arrivait? Était-il trop tard pour revenir en arrière, pour renverser le processus? Il ne connaissait rien à cette magie maudite et la seule personne qui aurait pu l'aider était morte justement à cause de celle-ci. Allait-il devenir comme elle? Cette magie l'avait changé, l'avait rendue complètement incontrôlable, folle… Combien de temps avant qu'il ne puisse plus se contrôler? Ces marques étaient apparues en une seule nuit, dans quel état serait-il demain?
Il se doucha rapidement, mais cela ne lui apporta aucun bien-être. La nausée ne le quittait plus, son esprit était envahi par une succession incessante de questions. Il sortit de la salle de bain et ses pas le conduisirent d'eux-mêmes devant la porte de la chambre de Harry. Il ouvrit la porte de la chambre où Harry dormait toujours et en entrant dans la pièce, il hoqueta d'horreur en voyant le sang dont étaient recouverts les murs et Harry couché sur le lit recouvert du même liquide poisseux. La gorge du gryffondor était tranchée et ses beaux yeux verts le dévisageaient alors qu'il se noyait dans son propre sang, les mains autour de son cou, tentant de refermer la plaie béante, poussant d'horribles gargouillis. La vision ne dura qu'une fraction de seconde, puis la scène revint à la normale et le blond vit que le sang sur les murs et sur les draps avait disparu. Harry dormait paisiblement, couché sur le côté, une jambe allongée et l'autre repliée, la tête posée contre ses mains jointes. Draco recula d'un pas et tomba à la renverse en heurtant le bureau et il se laissa glisser par terre, ses yeux se gorgeant de larmes suite à la vision d'horreur qu'il venait d'avoir.
Il ne pouvait pas courir le risque que cette vision se réalise. Non. Bientôt, il ne pourrait plus se contrôler et qui savait ce dont il serait capable alors. Il ne put néanmoins s'empêcher de se glisser sous les draps auprès du gryffondor qui n'avait pas bougé. Le visage du Survivant était différend sans lunettes et Draco l'observa un moment dans la pénombre de la chambre. L'odeur unique et agréable du brun, qui avait accompagné ses nuits jusque-là, se faufila dans ses narines et il ferma les yeux un moment. Il pouvait sentir la chaleur réconfortante se dégager du corps du survivant qui respirait profondément.
Profitant du sommeil de Harry, qu'il savait profond, il posa doucement son front contre celui du gryffondor alors que des sanglots silencieux s'emparaient de lui et que ses yeux se remplissaient de larmes. Il hésita, puis, délicatement, il posa ses lèvres sur celles du jeune homme assoupi et se cala contre lui en fermant les yeux. Juste une seconde, se dit-il, mais lorsque la seconde fût écoulée une force invisible l'empêcha de bouger. Juste une minute se dit-il alors, son cœur en miette ne pouvait s'empêcher de battre avec vigueur et ses larmes continuèrent de couleur alors que la minute s'écoulait dangereusement vite.
"Draco?" Murmura alors Harry d'un ton incertain et endormi.
Draco ouvrit les yeux et recula d'un mouvement brusque, se décollant du corps du survivant, mais ce dernier fut plus rapide et le retint contre lui en l'enlaçant de son bras gauche. Le blond se crispa en détournant les yeux de ses deux pupilles vert émeraude qui le dévisageaient avec mille questions. Il était horriblement tiraillé entre toutes sortes d'envies contradictoires. Il avait envie de profiter de l'étreinte de Harry, de s'éloigner, de tout lui dire, de ne rien lui dire, de lui demander de l'aide et de se sauver sans dire un mot pour le protéger de lui-même et de ce qu'il allait certainement devenir. Il se sentait juste perdu.
Il leva les yeux et plongea son regard dans celui de Harry, espérant y lire quelque chose qui l'aiderait à éclaircir ses idées, à savoir quoi faire. Le gryffondor le regardait avec sollicitude et en voyant qu'il levait les yeux vers lui, Harry força un mince sourire réconfortant sur ses lèvres. Draco se sentait comme un acrobate maladroit sur un fil, chaque minute, son corps se balançait de gauche à droite, menaçant de tomber d'un côté ou de l'autre. Juste cette fois-ci, se dit-il alors, juste cette fois-ci laisse-toi aller.
Draco se détendit alors dans l'étreinte de Harry en fermant les yeux, goûtant au contact de ses bras autour de lui. Il n'avait qu'une envie, c'était de fermer la distance qui les séparait en collant son corps entièrement au sien et d'enfouir son visage contre le torse du gryffondor, mais il demeura immobile, résistant à cette pulsion. Y céder, cela aurait été de donner de faux espoirs à Harry et surtout, à lui-même. Néanmoins, cela ne sembla pas empêcher le brun de s'en faire, car il murmura, d'une voix à peine audible. "Draco, je-je suis amoureux de toi."
Le serpentard sentit son souffle se bloquer dans sa poitrine et son cœur faire un saut périlleux dans sa poitrine, comme lorsqu'en descendant un escalier, on manque une marche et qu'on a alors pendant un bref et vif instant, la sensation de tomber. Il ne pensait pas que ces mots franchiraient les lèvres du brun à ce moment. Il attendit une seconde avant d'ouvrir les yeux, sachant qu'il devrait répondre quelque chose, sachant que le brun devait avoir le regard rivé sur lui à cet instant précis, attendant une réponse avec anxiété. Il n'avait aucune envie d'ouvrir les yeux et de se retrouver face à ce regard qui lirait en lui le moindre mensonge, comme il le faisait à chaque fois. Néanmoins, il ne pouvait pas non plus ne pas répondre. Lentement, il ouvrit les yeux et, comme il l'avait imaginé, Harry le regardait intensément, mais il était clairement nerveux de la réponse du blond qui se mordit la lèvre, se foutant éperdument si cela convenait à un Malfoy de laisser paraître ses sentiments de la sorte.
Draco dévisagea Harry pendant quelques millièmes de seconde et, sans réfléchir, mû par une pulsion qui n'en avait rien à faire de ses doutes, de ses craintes et de ses hésitations, il posa ses lèvres sur celle du survivant et l'embrassa. Harry balaya le reste de ses appréhensions en répondant avidement au baiser, rapprochant le corps du blond du sien en raffermissant son étreinte jusqu'à ce que leurs corps soient collés l'un à l'autre. Draco glissa ses bras autour du corps de Harry et s'agrippa à lui alors qu'ils approfondissaient encore un peu plus leur baiser. Leurs mains glissaient doucement sur le corps de l'autre, l'explorant à tâtons, le caressant. Harry était très soucieux de ne pas rendre le blond mal à l'aise par ses gestes et il prenait gare à ce qu'il ne se sente pas brusqué ou captif. Il ne touchait que le dos, les épaules et les bras du serpentard, puis il passa une main dans ses cheveux encore mouillés par la douche qu'il avait prise.
Ce fût Draco qui interrompit leurs baisers en premier et Harry vit alors qu'il pleurait, ce qui lui fit froncer les sourcils. "Est-ce que ça va? J'ai fait quelque chose de mal?" Demanda Harry avec inquiétude.
Draco hocha la tête négativement et se passa une main sur les yeux pour effacer les larmes qui s'y trouvaient. Il posa son front doucement sur celui du brun et déposa un baiser sur ses lèvres. "Il faut que je te dise quelque chose…" Avoua Draco en serrant les dents pour retenir les larmes qui menaçaient d'inonder de nouveau ses yeux.
"Je t'écoute…" Hésita Harry, craignant ce que le blond allait dire, certain que malgré les baisers qu'ils avaient échangés, Draco réussirait à se défiler une nouvelle fois.
"Je suis terrifié…" Commença Draco, mais il fut interrompu par Harry.
"Je comprends, mais j'irai à ton rythme, laisse-nous une chance, je t'en prie…" Argumenta Harry.
"Non Harry, ce n'est pas ça." Le coupa à son tour Draco en soulevant doucement son chandail pour lui montrer les vaisseaux sanguins noirs qui s'étendaient sur sa poitrine.
Le souffle de Harry se bloqua dans sa poitrine lorsque ses yeux se posèrent sur le torse de Draco et il se mit à hocher négativement la tête, niant l'évidence.
"Depuis quand?" Demanda le survivant sans quitter des yeux les marques noires.
Draco descendit son chandail, cachant la preuve immonde du mal qui l'affligeait. "Ça vient tout juste de commencer…"
"As-tu utilisé cette maudite magie encore?" Dit Harry avec un reproche dans la voix.
Le blond fronça les sourcils, n'aimant pas le ton qu'employait le gryffondor à son endroit. Où voulait-il en venir? Il n'avait pas utilisé sa magie, mais si c'eut été le cas, aurait-il été alors responsable de sa condition? Monsieur le survivant n'avait aucun ascendant sur lui et il ne lui devait pas obéissance. Il était venu se confier à lui, il avait choisi de lui faire confiance et, pour une fois, de ne pas tenter de régler ses problèmes seuls, comme Harry lui avait demandé de le faire et il se faisait maintenant faire des reproches. Il s'apprêtait à répliquer vertement, lorsque Harry posa une main sur la sienne qui le fit sursauter en le sortant de ses pensées.
"Je ne voulais pas te faire de reproches, c'est juste que je suis inquiet." Dit Harry.
Draco se contenta d'acquiescer brièvement à ces paroles, trop fier pour faire davantage.
"Je ne sais pas quoi faire, j'ai… j'ai juste peur." Avoua Draco à mi-voix, incapable d'exprimer tout ce qu'il ressentait et d'exposer toutes les pensées qui lui passaient par la tête. Allait-il mourir? Allait-il perdre le contrôle, comme sa mère? Est-ce qu'il mettait Harry en danger par sa seule présence à ses côtés? La vision qu'il avait eue lui revint en tête et il ne sut qu'en faire, il ne voulait pas la partager avec lui, comment lui expliquer une telle chose.
"Nous devons retourner à Square Grimmaurd, peut-être que ton parrain pourra nous aider ou même Dumbledore."
La vision de sa mère, enfant, qui lui était apparue dans son rêve s'imposa à lui. Il savait que Severus ne pourrait rien pour lui, il n'avait rien pu pour sa mère. Non, retourner à Square Grimmaurd ne servirait à rien et il n'avait aucunement envie de se présenter à l'Ordre dans un tel état, réclamant leur aide. S'il y avait une solution à son problème, il la trouverait dans la bibliothèque de Poudlard, il en était sûr. À chaque fois qu'il avait eu cette vision de Narcissa enfant, celle-ci l'avait aidée.
"Écoute Harry, j'ai eu une sorte de…vision. Ce n'est pas la première fois…" Commença Draco alors que le brun fronçait les sourcils de plus en plus.
"Une vision?" Répéta Harry avec scepticisme.
Draco soupira, puis il lui expliqua la première fois qu'il avait eue une telle vision de sa mère, lorsqu'ils étaient dans les bois à la recherche de cette dernière, c'était elle qui l'avait guidé jusqu'à elle. Il avait eu la même vision quand il était entré dans l'esprit de sa mère et c'était elle qui l'avait protégé et maintenant, elle apparaissait de nouveau dans ses rêves. Il était certain que c'était un signer, qu'il devait l'écouter et aller à Poudlard, dans la bibliothèque, ils trouveraient un remède pour lui dans la section interdite, ils devaient tenter le coup. Plus Draco exposait son idée, plus le visage de Harry exprimait le doute et l'incertitude, au grand dam du blond qui argumentait de plus belle.
"Je comprends que cette… vision de ta mère t'affecte ainsi, mais Draco, c'était un cauchemar." Dit Harry d'un ton calme, ne voulant pas vexer le blond.
Draco comprenait les doutes de Harry, à sa place, il aurait eu les mêmes, mais il savait que cette vision était bien plus qu'un rêve, il ne pouvait pas expliquer pourquoi, cependant, il sentait que c'était bel et bien réel. Il se doutait que cela avait à voir avec sa magie du sang, peut-être restait-il un lien avec sa mère, par le biais de son don et que c'était sa manière de communiquer avec lui. Il ne se sentait cependant pas capable d'avouer une telle chose à Harry, car il connaissait d'avance sa réaction. Il agirait comme si c'était la douleur liée à la perte de sa mère qui l'affectait et lui faisait imaginer de telles choses, mais Draco savait que ce n'était pas ça.
"Si tu ne viens pas avec moi, sache que j'irai quand même." Dit alors Draco d'un ton décidé, sachant la réaction du gryffondor couché à ses côtés, mais ne se sentant aucunement mal de le manipuler de la sorte, après tout, il était toujours un serpentard.
"Poudlard est gardé par le ministère, il serait très difficile de s'y introduire…" Tenta Harry, toujours aussi septique, mais incapable de dire non de manière définitive au blond.
"Ça ne t'a jamais empêché de t'introduire où tu voulais à ce que je sache, ni dans la chambre des secrets, ni dans le département des mystères, ni dans la salle commune des serpentards." Répliqua Malfoy en levant un sourcil.
Harry afficha une mine surprise. "Comment as-tu su pour la salle commune de serpentards?"
"Hermione me l'a dit." Répondit Draco avec un mince sourire, content d'avoir pris le gryffondor au dépourvu. "Donc, je peux compter sur toi pour nous introduire dans le château? Ce sera une affaire de rien, nous entrons, nous nous dirigeons vers la bibliothèque, nous prenons ce dont nous avons besoin et nous ressortirons illico, ni vus ni connus."
"Je crois que je ne t'ai jamais vu aussi optimiste." Déclara Harry en levant les yeux au ciel.
"Ça doit être parce que je passe trop de temps avec toi." Minauda Draco en voulant se lever du lit, mais Harry le rattrapa et posa un léger baiser sur ses lèvres.
Après quelques secondes, Draco mit fin au baiser, puis il se leva. "Si nous partons maintenant, nous serons là-bas avant le lever du jour"
"Maudit serpentard" Grogna Harry en se levant à son tour, ne comprenant pas comment le blond avait réussi à le persuader en si peu de temps de faire une telle chose, en pleine nuit, basé sur une vision qu'il avait eue dans un rêve. Décidément, Draco avait une mauvaise influence sur lui.
Hermione et Ron transplanèrent dans la forêt avoisinant Pré-au-Lard. Ils avaient refusé que Luna les accompagne, car elle en avait déjà fait assez et ils ne voulaient pas la mettre en danger, sachant que Neville ne le leur pardonnerait jamais. De plus, c'était à eux de prêter main-forte à Harry, comme ils l'avaient toujours fait. Ils étaient retournés à Square Grimmaurd après leur rencontre avec l'étrange sorcier de l'allée des embrumes pour préparer leur mission. Ils s'étaient couchés tôt et étaient partis au milieu de la nuit, pour éviter d'être vus par les membres de l'Ordre et pour arriver avant le jour à Poudlard.
Ils marchèrent dans la forêt enneigée, peinant à avancer tant ils calaient dans la neige. Arrivés à la lisière du bois, Hermione arrêta Ron en lui agrippant le bras, il se retourna vers elle pour connaître la raison de cet arrêt et vit qu'elle cherchait dans le sac qu'elle avait apporté avec elle. Elle en sortit la cape d'invisibilité de Harry.
"Il l'avait laissé à Square Grimmaurd. Si le ministère a pris d'assaut l'école, ça m'étonnerait qu'ils n'aient pas mis Pré-au-Lard sous surveillance." Expliqua-t-elle en la revêtant.
Ron se glissa avec elle sous la cape, mais ils n'étaient plus des enfants et ils durent se serrer l'un contre l'autre pour éviter qu'une partie de leur corps ne soit apparente. Ils marchèrent le plus rapidement possible jusqu'à la cabane hurlante. Il faisait encore nuit, mais le soleil n'allait pas tarder à se lever. Les rues étaient désertes et les lumières des commerces et des habitations étaient toutes fermées, la ville était encore endormie.
Ils pénétrèrent dans la cabane hurlante et Hermione se rappela leur troisième année et tous les souvenirs qui étaient rattachés à cet endroit. Son regard fût attiré par un balai posé par terre, elle le pointa à Ron qui se pencha aussitôt et le prit dans ses mains.
"C'est un Nimbus 2001!" S'exclama le rouquin avec envie, puis il le regarda de plus près et vit que les initiales D.M. étaient gravées dans le bois du manche. "Il semblerait que ce maudit sorcier ait eu raison, c'est à Malfoy, ils sont ici."
"Je ne trouve absolument rien Draco, nous devons partir avant que quelqu'un nous surprenne." Insista Harry pour une énième fois alors qu'ils cherchaient dans la section interdite un livre censé guérir le serpentard.
Draco l'ignora et continua à parcourir les tablettes, persuadé qu'il trouverait quelque chose. Ils ne pouvaient pas être venus jusqu'ici en vain, il fallait qu'il trouve ce livre. Il savait que la vision de sa mère, enfant, était réelle, il devait le prouver à Harry. Étonnamment, ils avaient réussi à parvenir jusqu'à la bibliothèque assez aisément. Ils s'étaient rendus jusqu'à Pré-au-Lard en balai, puis Harry lui avait montré le passage secret allant de la cabane hurlante jusqu'à sous le saule cogneur. Ils s'étaient ensuite faufilés dans le château sans croiser personne, sauf deux vigiles, qu'ils eurent tôt fait de neutraliser. Quoi que le ministère fasse de ce lieu, rien n'était apparent et l'apparence du château était demeurée la même. Tout cela était étrange, mais ils n'avaient aucunement le temps d'investiguer sur ce sujet.
"Draco…" Dit une nouvelle fois Harry en se redressant, cessant de parcourir les tablettes du regard.
"Quoi?" Répondit l'intéressé d'une voix sèche sans pour autant cesser de regarder le titre des livres un à un.
Harry posa une main sur son épaule, mais il se défila.
"Je sais qu'il est ici, laisse-moi encore une minute, je vais le trouver." S'obstina le blond en ignorant la main qui s'était reposée sur son épaule.
"Draco, ce livre n'existe pas. Nous allons trouver une autre solution, c'est tout. Il faut partir." Dit Harry d'une voix calme.
"Non!" Insista Draco en se détournant, les yeux remplis de larmes. "Tu ne comprends pas! Elle me l'a dit, ma mère me l'a dit! Elle ne me mentirait pas, il est là! Elle me l'a dit!"
Harry referma ses bras autour du blond, l'étreignant pour le calmer et contre toute attente, cela fonctionna. Le blond se laissa aller contre lui en sanglotant et en continuant de répéter qu'il fallait continuer à chercher et que sa mère lui était apparue. Il se calma après quelques instants et Harry relâcha doucement son étreinte.
"Tu as raison, nous ne trouverons jamais le livre comme ça." Murmura le blond en faisant un pas en arrière. Il prit sa baguette et se dirigea vers une des tables de travail de la bibliothèque et saisit une plume qui traînait là. Il pointa sa baguette sur la plume et prononça une incantation, celle-ci se transforma en un poignard acéré. Comprenant ce que le blond voulait faire, Harry tenta de le lui enlever, mais il n'eut pas le temps et, déjà, Draco s'était entaillé la main. Il lâcha le poignard qui heurta le sol de pierre en produisant un son métallique. Le sang se mit à couler de la main de Draco et, lorsqu'il toucha le sol, il se mit à briller d'une étrange lueur.
"Qu'as-tu fait?" Demanda Harry en s'approchant de lui, mais en fixant le sang qui se mit alors à bouger sur le sol, comme s'il leur indiquait le chemin.
"J'ai juste accéléré notre recherche." Répondit Draco en suivant le liquide qui se dirigeait dans la rangée où ils étaient quelques minutes auparavant.
Les deux jeunes hommes suivirent le liquide qui s'arrêta au bas d'une étagère et Harry fronça les sourcils en constatant qu'un grimoire y était apparu. Il était certain que le livre n'était pas là quelques minutes plus tôt, car il avait vérifié cette section et il n'avait pas vu ce livre à la reliure rouge sang. Draco se pencha pour le prendre, mais Harry le stoppa dans son mouvement.
"Es-tu certain que ce soit une bonne idée?" Demanda-t-il, inquiet, ses yeux fixés sur la coupure au centre de la paume du blond qui saignait toujours.
"C'est ma seule option, je dois la tenter." Répondit Draco en le fixant droit dans les yeux, sûr de lui.
Harry le relâcha et l'autre jeune homme agrippa le grimoire. Il murmura un sort de réduction et fourra le livre rétréci dans la poche de sa cape doublée.
"Nous devons partir." Dit Draco, ce qui fit renifler Harry d'agacement, car c'était cela qu'il s'évertuait à lui dire depuis plus d'une trentaine de minutes.
Ils franchirent le seuil de la bibliothèque, lorsqu'ils entendirent une explosion retentir. Ils échangèrent un regard d'incompréhension et faillirent faire une crise cardiaque en voyant Hermione et Ron apparaître à moins d'un mètre d'eux, sortant de nulle part. Draco réalisa alors que c'était parce qu'ils étaient dissimulés sous la cape d'invisibilité appartenant à Harry, c'était donc vrai que le gryffondor possédait un tel objet, après tout.
"Qu'est-ce que vous faites ici? Comment avez-vous su?" Demanda Harry, complètement interloqué, puis il serra Ron fermement dans ses bras, surpris de sa présence et le croyant au loin.
Draco se contenta d'afficher un air supérieur en dévisageant Weasley, mais il fit un signe de tête aimable à Hermione. Il interrompit ensuite les retrouvailles du trio en précisant qu'ils étaient toujours à Poudlard et qu'une explosion venait d'avoir lieu et que même s'il n'était pas certain de la source de cette explosion, il était au moins certain d'une chose, ils devaient partir d'ici au plus vite. Harry et Hermione acquiescèrent, alors que Ron maugréait contre le blond et sa soi-disant incapacité à comprendre ce qu'était l'amitié. Draco leva les yeux au ciel et s'apprêta à répliquer vertement, lorsque le regard appuyé de Harry le fit taire, mais non sans faire un claquement de langue agacé.
Ils reprirent leur marche dans le couloir et entrèrent en collision avec un homme maigre portant des lunettes et toujours vêtu de son pyjama au détour d'un couloir. Ce dernier courrait visiblement dans la direction opposée à celle où ils se dirigeaient et semblait en état de grande panique. Il ne fit aucun cas de leur présence et se contenta de se relever avant de continuer sa course en criant : "Des mangemorts! Nous sommes attaqués!". En entendant cela, les quatre anciens étudiants se regardèrent avant de faire demi-tour et de s'élancer dans le couloir en courant à leur tour. Ils retournèrent se cacher dans la bibliothèque et se dissimulèrent tant bien que mal sous la cape d'invisibilité, au cas où un mangemort déciderait qu'il avait des envies littéraires. Ils s'étaient adossés au bureau, assis par terre, car c'était la seule façon pour que la cape les dissimule tous, ils ne pouvaient en aucun cas bouger ou se déplacer.
À peine quelques minutes plus tard, ils entendirent des pas dans le couloir et ils conclurent qu'il s'agissait de plusieurs personnes. Par les vitres des portes de la bibliothèque, ils aperçurent environ six mangemorts passer devant eux et ils retinrent leur souffle pour ne pas être découverts. Un des six pointa sa baguette dans leur direction, mais ils ne pouvaient pas entendre ce qu'ils se disaient, puisque les portes étaient fermées. Les mangemorts n'entrèrent finalement pas dans la bibliothèque et continuèrent leur chemin.
"J'ai un portoloin dans mon sac, je l'ai emprunté à l'Ordre et il devrait nous ramener à Square Grimmaurd, mais nous devons être à l'extérieur pour l'utiliser." Dit Hermione en désignant le sac qu'elle portait en bandoulière.
Lorsque la voie fut libre, ils se levèrent et sortirent de leur cachette, courant vers la sortie. Ils croisèrent une femme qui pleurait, couchée par terre, la robe couverte de sang, mais ils continuèrent leur chemin en lui lançant un regard désolé. Ils parvinrent à sortir dans le parc recouvert de neige, lorsque Harry poussa un cri en posant sa main violemment sur sa cicatrice. Draco l'agrippa par la taille et le força à continuer à avancer, puis il sentit son sang se glacer en entendant une voix qu'il n'avait pas entendue depuis longtemps et qu'il, franchement, aurait souhaité ne plus jamais entendre.
"Harry Potter et Draco Malfoy, mais quelle surprise, inattendue!" S'exclama Voldemort d'une voix faussement joviale en dévisageant les deux jeunes hommes avec attention et notamment, la manière dont Draco soutenait Harry. "Je constate que vous êtes devenus proches…"
Malgré la souffrance qu'il éprouvait dans sa cicatrice, Harry et les trois autres pointèrent leur baguette vers le mage noir qui claqua de la langue, comme s'ils étaient des enfants désobéissants. Voldemort fit un pas vers Harry et Draco s'interposa entre eux. Les yeux rouges du Seigneur des ténèbres se rétrécirent encore un peu, intéressés.
"N'approchez pas!" Cria le serpentard.
"Et que crois-tu pouvoir me faire Draco? Tu es faible et lâche, comme ton père." Répliqua Voldemort d'une voix calme et il désarma le blond d'un simple mouvement de sa baguette. "Doloris." Murmura-t-il et le sort frappa Harry de plein fouet, le projetant sur le sol alors qu'il hurlait de douleur.
Hermione et Ron tentèrent de lancer un sort, mais ils furent projetés au sol avec force. Draco sentit la panique monter en lui et, instinctivement, mit ses mains devant lui pour stopper l'avancée du mage noir vers Harry. Aussitôt, sa blessure se rouvrit et il sentit une vague de magie sortir de son corps. Celle-ci frappa Voldemort de plein fouet et il fut poussé à quelques mètres d'eux. Ce fut suffisant pour qu'Hermione qui s'était relevée durant la confrontation sorte le portoloin. Draco saisit Harry qui était toujours étendu par terre, tremblant suite au sortilège impardonnable et agrippa la carte postale que constituait le portoloin en même temps que Ron et Hermione. Cependant, une fraction de seconde avant qu'ils ne disparaissent, Voldemort se releva et lança un sort que Draco ne connaissait pas et qui atteignit Harry qui perdit connaissance alors qu'ils étaient transportés vers Square Grimmaurd.
L'atterrissage fut brutal et ils se retrouvèrent au milieu du salon désert, vu l'heure très matinale, de la maison située au 12, Square Grimmaurd. Ron et Hermione se relevèrent assez rapidement, mais Draco resta assis par terre, Harry encore dans les bras. Contrairement à ce qu'il aurait pu penser, le survivant reprit connaissance presque aussitôt, au grand soulagement de Draco qui était éprouvé par tout ce qui venait de se passer et qui n'avait pas envie de desserrer son étreinte du corps du brun.
"Malefoy?" Dit alors Harry, prenant conscience de la position dans laquelle il se trouvait et parlant d'un ton rempli de dégoût, en fronçant les sourcils et en se dégageant brusquement de son étreinte, tout en pointant sa baguette vers le serpentard.
Draco se pétrifia en entendant le brun prononcer son nom de la sorte. "Harry, je suis désolé, tout ça est de ma faute, nous n'aurions jamais dû aller là-bas, mais je n'aurais jamais deviné que le Seigneur des ténèbres allait débarquer."
Harry le dévisagea avec mépris et incompréhension. "Je ne vois absolument pas de quoi tu parles Malfoy. Maintenant, dégage, tu me pollues l'air."
Draco cligna des yeux plusieurs fois, ne comprenant aucunement ce qui se passait, son cœur se serrait atrocement, l'étouffant presque. Harry le regardait à présent comme s'il était un ennemi. Il ne lui avait jamais parlé comme ça auparavant, il n'était pas dans son état normal, que se passait-il? Était-ce le sort que lui avait lancé Voldemort avant qu'ils ne soient happés par le portoloin qui avait produit cet effet?
"Qu'est-ce qui te prend?" Demanda Draco, blessé, en tendant une main maladroite vers celui qui lui avait dit être amoureux de lui quelques heures auparavant, celui qui l'avait embrassé et enlacé. "Harry?"
Harry pointa sa baguette fermement vers le blond, en serrant la mâchoire, le regard rempli de haine. "Ne me touche pas! C'est la dernière fois que je te le dis la fouine. T'es tombé sur la tête ou alors c'est ton foutu père qui t'a lavé le cerveau une fois de trop?"
Avant que la situation ne dégénère, Hermione intervint auprès de son meilleur ami en lançant un regard soucieux vers Draco et en lui faisant signe de reculer. Le blond hésita un instant, mais la baguette toujours pointée du gryffondor dans sa direction le décida à obtempérer et il recula d'un pas en levant les mains en signe de paix, à contrecœur. Harry parut se détendre en voyant Hermione s'avancer vers lui et s'agenouiller à ses côtés, Draco ne pouvait détacher son regard d'eux, même s'il n'entendait que vaguement les paroles que Hermione murmurait à Harry.
Soudain, ils entendirent des pas dans l'escalier et quelques secondes plus tard, Molly Weasley, son mari et Remus Lupin arrivèrent dans le salon, leur baguette pointée devant eux, visiblement prêts à se battre. Ils abaissèrent cependant tous leur baguette en voyant qui venait d'apparaître dans le salon du QG de l'Ordre du phénix. Remus s'approcha rapidement de Harry en voyant le visage blême du fils de son défunt meilleur ami qui était toujours assis par terre, près d'Hermione. Cette dernière expliqua rapidement qu'il s'était fait lancer le sortilège endoloris et un autre sort qu'ils ne connaissaient pas. Remus fit léviter le corps de Harry qui ne protesta pas et le monta jusqu'au deuxième en disant à Molly d'appeler Severus immédiatement et d'apporter des potions soignantes.
Draco, Ron et Hermione se retrouvèrent donc seuls dans le salon face à Arthur Weasley qui ne tarda pas à les abreuver de questions auxquelles ils répondirent de leur mieux. Draco se contenta de garder le silence, jusqu'à ce que Luna et Neville, certainement réveillés par tout ce vacarme apparaissent au seuil du salon. Les deux étaient revêtus de leur pyjama et Neville portait une robe de chambre rouge vin, il avait son bras autour de la taille de sa fiancée. Le visage de Lune s'illumina en voyant que ses amis étaient revenus sains et saufs. Arthur se tourna alors vers Draco qui contemplait le tapis persan posé sur le parquet et lui demanda de lui raconter où ils s'étaient cachés après la bataille qui avait eu lieu au manoir Malfoy. Le blond hésita une seconde, puis il lui répondit évasivement qu'ils étaient à Privet Drive, sans parler de Poudlard, car Hermione non plus n'avait pas précisé qu'ils se trouvaient à cet endroit.
Le son de la porte d'entrée attira alors leur attention et ils se retournèrent pour voir que Severus Rogue était arrivé. Il passa devant le salon en jetant un regard à l'intérieur et fronça les sourcils en apercevant son filleul, mais il ne s'arrêta pas et monta l'escalier quatre à quatre.
Plusieurs heures s'étaient écoulées depuis l'arrivée des quatre à Square Grimmaurd et on les avait questionnés longuement sur tout ce qui s'était passé, ils avaient fini par révéler comment ils s'étaient introduits à Poudlard, mais ils n'avaient pas parlé de l'inquiétant sorcier de l'allée des embrumes, ni du pacte qu'ils avaient fait avec lui. Draco, quant à lui, avoua tout à son parrain, après avoir demandé à lui parler seul, il lui montra les veines noires qui se trouvaient sur sa poitrine et qui, heureusement, malgré l'utilisation de sa magie du sang étaient restées dans un état stable. Il confia la vision qu'il avait eue de sa mère et la manière dont il avait trouvé le grimoire dans la section interdite de la bibliothèque. Severus l'écouta avec attention et demanda à voir le livre, sans surprise, il constata que les pages étaient vierges, comme avec le grimoire ayant appartenu à Narcissa, mais, lorsque Draco prit le livre dans ses mains, les pages se recouvrirent d'inscriptions, de gravures et de texte. Le maître des potions analysa longuement les marques présentes sur le torse de Draco en pinçant les lèvres, il dit qu'il allait faire des recherches à ce sujet, mais le blond ne manqua pas de percevoir l'inquiétude qui émanait de lui et qu'il ne prenait pas la peine de dissimuler et aussi, la colère.
Contre toute attente, il laissa le livre à Draco, lui disant de chercher s'il trouvait une information utile à l'intérieur, puisqu'il était le seul à pouvoir le lire. Il lui fit cependant promettre de venir à lui si tel était le cas et de ne surtout rien tenter par lui-même, sous peine d'encourir son courroux, ce qui fit frémir instinctivement Draco. Dès qu'ils eurent fini de discuter de ce sujet, l'héritier Malfoy voulut savoir comment se portait Harry et surtout, quand il pourrait lui parler, car il devait éclaircir la réaction qu'il avait eue plus tôt à son endroit et mettre fin à ce conflit s'il en existait un. Severus lui affirma que le survivant se portait bien, même s'il serait fatigué dans les prochains jours vu le puissant sortilège doloris qu'il avait reçu et vus les potions calmantes qu'il devait prendre suite à cela. Il lui dit que sinon, tout était normal et qu'il pourrait aller le voir et lui parler dès qu'il s'éveillerait.
Vers midi, Draco se proposa donc, auprès de Molly Weasley, pour aller porter le déjeuner de Harry dans sa chambre, puisqu'il devait rester alité pendant 24 heures. Il monta le cabaret jusqu'à la chambre de Harry et cogna, n'entendant pas de réponse, il se dit qu'il devait être en train de dormir et entra. Harry était allongé sur le côté, face à lui, sa main gauche était glissée sous son oreiller et son autre reposait près de son visage détendu. Draco fit attention pour ne pas faire trop de bruits et déposa le plateau sur la table de chevet. Il s'assit sur le bord du lit où le gryffondor était étendu et posa délicatement une main sur son bras.
"Je suis désolé que Voldemort t'ait lancé ce sort, je n'aurais jamais pensé qu'il attaquerait Poudlard au moment où nous y serions, on dirait qu'on est maudit. Je comprends que tu sois en colère contre moi, mais…je… j'ai besoin de toi. Je ne suis pas capable de te dire les mots que tu m'as dit cette nuit, je ne sais pas si j'en serai jamais capable, mais j'ai juste besoin, envie d'être avec toi." Murmura Draco à Harry, sachant qu'il était endormi et qu'il ne pouvait pas l'entendre et profitant de ce fait pour lui dire ce qu'il serait incapable ou trop fier pour lui dire autrement. Il se pencha et caressa les cheveux en bataille du brun, se laissant aller à ce moment de tendresse que personne, sauf lui, ne pouvait voir. Il se pencha et déposa un baiser sur le front du gryffondor qui ouvrit alors les yeux, Draco lui fit un mince sourire sans pour autant se reculer, espérant qu'à son réveil, Harry aurait repris ses esprits et ne lui en voudrait plus autant. Sans crier gare, Harry lui donna un coup de poing en plein visage avec toute la puissance dont il était capable dans l'état ou il se trouvait. Comme Draco n'était nullement préparé à cela, il tomba par terre en se tenant le visage à deux mains et en poussant un glapissement de douleur.
"Qu'est-ce que tu foutais connard? Tu profitais de mon sommeil pour me jouer un sale tour?" Cria Harry en se redressant et en quittant son lit.
La lèvre de Draco était fendue et il avait une main sur celle-ci, il jetait un regard horrifié à Harry, ayant peine à croire que le gryffondor venait bel et bien de le frapper. Il se releva doucement, mettant ses mains devant lui en signe de paix, mais Harry l'observait avec colère en respirant rapidement, il semblait prêt à le frapper à nouveau à tout moment.
"Tu-tu m'as frappé…" Balbutia Draco avec incompréhension.
"Qu'est-ce que tu vas faire, aller voir ton papa chéri pour chialer comme d'habitude? Allez Malfoy, tu l'as bien mérité et ne fait pas comme si c'était la première fois qu'on te flanquait une raclée, je me souviens de la fois ou Hermione t'en avais aussi donné une. Si tu n'as pas envie de revivre l'expérience, je te suggère fortement de rester loin de moi et de mes amis."
Même si cela n'était pas très Malfoyesque, Draco ne put s'empêcher de cligner plusieurs fois des yeux avec une totale incompréhension.
"Mon père est mort et tu le sais. Tu n'es pas dans ton état normal." Dit Draco en serrant les dents.
Les genoux d'Harry cédèrent alors sous lui sans qu'il ait le temps de répondre et, instinctivement, Draco fit un pas pour le rattraper, mais, voyant cela et pensant peut-être que le blond s'apprêtait à l'attaquer, il repoussa le serpentard et se laissa tomber par terre.
"Dégage! Fous-moi la paix Malfoy!" Hurla Harry en s'agrippant au bord de son lit pour s'y asseoir.
C'est ce moment que choisit Severus Rogue pour pénétrer dans la chambre, alerté par les cris provenant de la chambre. En le voyant arriver, Draco sentit une vague de soulagement l'envahir. Son parrain aida Harry à se replacer dans son lit en le sermonnant.
"Je vous avais bien dit de rester coucher Potter, il me semble." Dit-il d'un ton sec et autoritaire.
"Cet abruti de Malfoy était dans ma chambre pendant que je dormais à mijoter Merlin seul sait quoi!" S'exclama Harry en guise d'excuse.
Severus vit alors le plateau-repas posé sur la table de chevet. "Il semble qu'il vous apportait votre repas."
Harry renifla dédaigneusement en repoussant le plateau le plus loin possible de lui, sans qu'il tombe par terre. "Je ne suis pas aussi stupide, si tu crois que je vais manger un repas apporté par un mangemort. Qu'est-ce que tu as mis là-dedans Malfoy?"
Severus fronça les sourcils, choqué d'entendre de telles paroles franchir les lèvres de Potter. Il se tourna vers son filleul, mais ce dernier détourna la tête, incapable d'en supporter plus. Potter, quant à lui, ordonna au blond de quitter sa chambre sur-le-champ et le blond ne se fit pas prier, Severus le suivit en refermant la porte de la chambre derrière eux.
"Il n'est pas dans son état normal. C'est certainement le sort que lui a lancé le Seigneur des ténèbres, je-je ne comprends pas, il me déteste, on dirait." Murmura Draco.
"Pourtant, lorsque je l'ai examiné, je n'ai détecté aucun sort, je devrai mener d'autres tests." Répondit Severus, songeur. "Est-ce qu'il s'est passé quelque chose entre vous?"
Draco secoua la tête négativement. "Non, non, c'est plutôt le contraire en fait…"
"Je vois." Répondit Rogue en levant un sourcil avec circonspection.
Note de l'auteur :
Chers lecteurs,
Félicitations à ceux qui ont deviné que le personnage du sorcier mystérieux du chapitre précédent n'était nul autre que Rumplestillskin, personnage de la série télé Once Upon A Time. Pour ceux qui ont répondu sans avoir de compte, je ne pouvais malheureusement pas vous répondre ni vous envoyer l'extrait de ce chapitre, j'en suis bien désolée.
En espérant que ce chapitre vous ait plu, ne me lancez pas de tomates pour la fin, car, comme on dit, tout est bien qui finit bien, même si ce n'est pas pour demain. Hahaha!
Merci de me lire, de commenter et de m'encourager,
Harley Q., qui vous embrasse en cette fin de semaine de la St-Valentin que je passerai avec mon chien et mon cheval. Je vous ai fait un très long chapitre parce que je vous aime fort! ;)
