Cher journal
Chapitre 38 :
« 12 novembre :
Cher journal,
Aujourd'hui n'aura pas été une bonne journée, pour changer. Elric ainé a réussi à me trouver alors que je m'étais isolée quelques temps à l'heure du repas. Moi qui ne cherchais que le calme j'ai trouvé les embrouilles.
Roy m'a dit qu'il allait faire avancer les choses un peu plus vite. J'ai peur de voir ce que ça va donner. Je me demande bien pourquoi je dois me plier à cette comédie … surtout si c'est pour provoquer encore plus Elric. Sérieusement ce type à beau être beau et apparemment en avoir dans la cervelle quand il veut, il me fait peur !
En tout cas si j'avais eut pour idée d'aller lui présenter mes excuses l'autre jour, il peut aller se faire voir, c'est maintenant hors de question ! »
La parc de l'université de Xerxès offre de nombreux coins tranquilles, à l'ombre ou au soleil, sur l'herbe ou non … c'est un parc comme je les aime. South City en avait un semblable où je me rendais souvent pour pouvoir respirer un peu. C'est une sorte d'ilot de verdure au milieu d'une forêt de béton et d'acier. Une sorte de rappel à la nature.
C'est dans l'un de ces coins que j'ai réussi à m'isoler quelques temps de tous les autres. J'en avais besoin, depuis ce matin Roy n'arrête pas de me parler dès qu'il le peut et Alphonse comme moi commençons doucement à en avoir marre de l'entendre blablater à longueur de journée. Il est pareil que Riza à ce niveau là, toujours à parler … s'ils réussissent à finir ensembles, j'espère qu'ils n'auront pas d'enfant. J'imagine pas le gamin … impossible à arrêter c'est certain.
Me replongeant dans le livre ouvert devant moi, je mords dans ma pomme en savourant le silence qui m'entoure. Enfin un peu de silence s'offre à moi sur le campus. Si je dois revenir ici tous les jours pour pouvoir y avoir droit, j'y reviendrais. J'ai le temps, nous ne reprenons les cours que dans trois heures. Lisant les lignes inscrites sur le papier je me frotte les yeux. J'ai assez mal dormi cette nuit et mes yeux me brûlent.
Lentement mais surement je me sens glisser dans la moiteur du sommeil qui m'enveloppe d'une douceur réconfortante. Peu importe l'endroit, je suis bien et seule. Autant en profiter un peu.
C'est en sentant un poids sur moi que je grogne légèrement et brusquement ouvre les yeux, me frotte le visage avant de tenter de me relever. Je dis bien tenter car un poids m'empêche de me redresser.
- Alors Rockbell on pionçait ? c'est dangereux tu sais, on ne sait jamais sur qui on pourrait tomber. La pauvreté te rend-t-elle insouciante à ce point ?
Paniquant d'un coup, je reconnais la voix d'Edward Elric-Hohenheim. Qu'est ce qu'il s'est passé ? J'ai zappé quoi ? Me retournant rapidement je me retrouve face à lui et surtout … sous lui.
- ELRIC ?! paniquai-je en voyant ça. Mais qu'est ce que tu fais ! dégages !
Pas bon ça … pas bon du tout pour moi ! il plisse les yeux, me regardant sérieusement ce qui me pousse à déglutir difficilement.
- Ça t'amuse de m'insulter de la sorte ? siffle-t-il
- Et toi alors ? tu prends ton pied en m'injuriant comme tu le fais ? répliquai-je. Et dégage de sur moi !
- Tu n'oses pas me toucher ? pourtant l'autre jour t'as pas hésité je crois.
Connard, tourne pas tout à ta sauce, c'était involontaire ! Si tu penses que ça m'a fait plaisir de me retrouver dans cette situation. Bon d'accord j'ai put constater que t'es musclé des cuisses mais c'est pas une raison !
- Pardon ? d'où tu tiens ça toi ? j'ai pas voulu te toucher !
- Tu m'as bien dis que Grumman te disais que tous les coups sont permis à la guerre non ?
J'ai peur de répondre à cette question … surtout quand on sait qui va l'entendre …
- Hum euh … oui, murmurai-je en détournant les yeux.
- C'est parfait, ça m'arrange.
- Ça t'arrange ? glissai-je en le regardant à nouveau dans les yeux.
Ces yeux qui m'empêchent de penser correctement, ces yeux insolites et pourtant si captivants. Ces yeux dorés qui semblent m'aspirer. Des mèches chatouillent mon visage me poussant à revenir à la réalité. Son visage s'est rapproché, permettant à ses cheveux d'or de caresser le mien sous la petite brise. Bien en face de moi, il me regarde sans ciller, c'est inquiétant … que me veut-il encore ?
- Dis moi Rockbell … tu aimes Roy ?
Hein ? C'est quoi cette question ? Qu'est ce que ce plouc vient faire là ?
- Parce que t'as l'air de bien t'amuser avec lui. J'aimerais bien savoir ce qu'il s'est passé pour que vous deveniez comme ça tous les deux.
- Mais il s'est rien passé, mordis-je. Et même s'il s'était passé quelque chose ça ne te regarde pas !
- Que tu crois Rockbell, je te préviens, si jamais, je dis bien si jamais j'apprends que toi et Roy êtes ensembles je te pourrirais la vie.
- C'est déjà le cas !
- Surement pas au sens ou je l'entends Rockbell. Crois bien que je ne resterais pas sans rien faire.
J'y comprends rien … mais il est vraiment malade ce gars ou quoi ? et pourquoi ça l'intéresse ?
- Je peux savoir pourquoi ? lui demandai-je en tremblant.
- Mais tout simplement parce que j'accepterai pas cette relation entre vous. Roy n'est pas amoureux de toi et je ne veux pas le voir souffrir, surtout si c'est avec toi.
- Je t'ai rien demandé Elric. Fous-moi la paix, c'est tout ce que je veux. Oublies moi même, ça m'arrangerais grandement.
Ses yeux se font plus profonds, laissant un éclat de peur transparaitre un instant avant d'être vite remplacé par une colère sourde. Une main m'écrase l'épaule alors que son bassin se fait plus lourd sur le mien. Mama … qu'est ce qu'il veut encore ? Le regardant apeurée, je le voir sourire dangereusement.
- Voilà t'as enfin compris que tu devais avoir peur de moi ?!
Mais j'ai toujours eut peur de toi timbré ! Et Alphonse m'a dit qu'il n'était pas si étonnant qu'ils soient frères ? Ah que si ! Ils sont totalement différents pour ne pas dire qu'ils sont les opposés ! Je le sens se relever rapidement, le vois reprendre ses affaires posées à côté des miennes et partir sans un regard en arrière. Mais il est vraiment timbré ! c'est quoi son souci à lui ?
Attrapant mon sac et mon livre, je pars rapidement en direction de mon prochain cours, j'ignore l'heure qu'il est, j'espère simplement ne pas l'avoir raté. Je veux seulement mettre le plus d'espace possible entre lui et moi ! Passant la porte, j'aperçois Alphonse qui me sourit tranquillement et Mustang en haut des rangées.
- En retard de deux minutes par rapport à d'habitude Winry, me signala le cadet des Elric.
- Hein ? je … je suis en avance ?
Il me regarde surpris. Mais je m'étais pourtant endormie dans le parc non ? Et j'ai vu Elric ainé … je pensais être en retard pas en avance … ah non … ne me dites pas qu'en fait il m'a réveillé à l'heure pour que j'aille en cours ! C'est impossible ! Pas lui ! Un poids se pose sur la chaise à ma gauche, me poussant à tourner la tête dans cette direction
- Oh non pas encore lui, soupira Alphonse en levant les yeux au plafond. Mais qu'est ce qu'on a fait pour mériter ça bon dieu ! Roy, tu veux pas nous laisser étudier tranquillement ? allez dégage !
- Je viens pas te voir toi Alphonse, je viens voir ma future copine !
- Ta quoi ? grimaça le blond.
- J'ai bien l'intention de sortir avec Winry ! bien ma chérie, je venais pour te parler.
- On va avoir cours Roy, alors s'il te plait, pas pendant le cours ! si tu veux me parler fait le après.
- T'es en retard de deux minutes ! je m'inquiétais !
- Ah ? et ? ça me fait de belles jambes tiens.
- Mais elles sont belles déjà. Tu sais j'ai téléphoné à Edo pour lui dire que tu avais refusé de manger avec moi … j'étais peiné …
- Ben voyons … et HEIN ? QUOI ? T'AS DIS QUOI ? T'AS TELEPHONE A QUI ? m'écriai-je soudain
Oh non, mais c'est pas vrai, c'est pas vrai, c'est pas vrai … dites moi que c'est un malentendu par pitié !
- Winry ? que se passe-t-il ? s'inquiéta Alphonse.
- Rien … rien du tout Al. Je veux même pas savoir moi-même pour tout t'apprendre.
- Winry ma chérie, tu fais peur quand tu veux tu sais.
- Pas autant que Riza par moment, marmonnai-je provoquant un fou rire à Alphonse.
- Moule à tarte …, glousse-t-il
- Moule à tarte, confirmai-je avant de rigoler doucement à mon tour
Mustang nous regarde curieux, il est vrai que je devrais lui expliquer cela … Riza est moule-à-tartophile.
- Désolé je t'expliquerai, lui soufflai-je entre deux fous rires.
- On parlera de ça oui, en attendant moi aussi je dois te parler, attends moi à la sortie du cours. Je t'invite boire un café …
- Non merci je bois pas de café l'après midi, surtout quand je vois ce que ça donne sur Riza.
- Bien alors on ira parler tout de même, je m'inviterais ! encore …
Et voilà … quand c'est pas Riza c'est Roy … franchement, pourrais-je un jour avoir mon appartement pour moi tranquillement ? j'en doute.
