Chapitre 38
Une semaine était passée. Je n'avais malheureusement pas eu le temps de m'occuper de trouver un sort pour figer Pansy, mon nouveau poste me demandait énormément de travail. Cependant je n'oubliais pas cette nouvelle piste. Il fallait que je me mette aux recherches dès ce week-end, après la soirée de ce soir.
Quand je rentrai chez moi, je m'étais attendu à retrouver Hermione, m'attendant avec amour près de l'entrée comme tous les soirs de la semaine, mais au lieu de ça, il n'y eut que Chouka pour venir me demander si j'avais passé une bonne journée.
- Hermione ?
Il n'y eut cependant aucune réponse, et j'eu soudain peur. Peur qu'il lui soit arrivé quelque chose en mon absence, peur que Hormac s'en soit prit à elle. Je ne savais pas pourquoi, mais j'étais soudain pris d'un vent de panique.
- Où est-elle ? Lançai-je à mon elfe de maison.
- Dans la bibliothèque comme d'habitude, maître.
Je montai en courant les escaliers pour rejoindre la pièce qu'il m'avait indiqué. Mais quand j'y arrivai enfin, je me stoppai aussitôt. La pièce était s'en dessus dessous. Une chaise en bois était renversé en plein milieu, le sol était jonché d'innombrable livres. On aurait dit qu'un ouragan était rentré par la fenêtre ouverte.
Le fenêtre ! Je m'y précipitai aussitôt, et passai la tête dehors, il n'y avait évidemment aucun trace d'Hermione.
Je me pris la tête entres les mains. Mais que s'était-il donc passé ? L'avait-ils réellement enlevé ? Mais qui "ils" ? Hormac ?
- Tout va bien Drago ?
Je me retournai stupéfait vers Hermione qui se trouvait dans l'encadrement de la porte, un livre à la main.
- Tu te fous de moi ?! M'exclamai-je alors. Qu'est ce que c'est que ce foutoir !
Elle était vivante, elle allait bien, elle était ici ! Comment avait-elle osé me faire un coup pareil !
- Tu sais que je me suis fait un sang d'ancre ! Surenchéris-je. Qu'est ce qu'il s'est passé ici ?!
- Mais clame-toi enfin... dit-elle agacée. Ca fait une semaine que je reste ici toutes la journée, c'est vrai que ce n'est pas très bien rangé, mais ce n'est pas la peine d'en faire toute une histoire !
- Mais tu ne te rends vraiment pas compte de la gravité que cela aurait pût avoir ! M'énervai-je.
- Mais qu'est ce que ça peut bien te faire ! S'énerva-t-elle à son tour. Tu ne mets jamais les pieds dans cette pièce de toute façon ! Dit-elle en redressant énergiquement la chaise sur ses pieds.
Je la fixai abasourdis, avant de rire. Elle me regarda comme si j'étais devenu complètement fou.
- Mon Hermione chérie ! Dis-je alors en venant la prendre dans mes bras.
Elle se laissa faire sans comprendre.
- Je me fiche de ce bazar ! Je m'en fiche royalement. J'ai juste cru qu'il t'était arrivé quelque chose. Tu n'étais pas en bas quand je suis rentrée, et cette pièce avec cette fenêtre ouverte...
- Idiot ! S'exclama-t-elle en déposant ses lèvres sur les miennes.
Je la pris dans mes bras et la portai jusqu'à notre chambre. Cependant elle m'arrêta quand je l'eu allongé sur le lit.
- Je me disais aussi. Dis-je en me redressant d'un sourire moqueur. Tu ne pouvais pas être aussi parfaite et avoir envie de moi comme ça tous les jours.
- Détrompes-toi, mais j'ai eu nouvelle à t'annoncer, une nouvelle après laquelle nous pourrons doublement fêter ça au lit.
J'attendis en silence intrigué.
- J'ai trouvé. Déclara-t-elle d'un air mystérieux.
- Trouvé quoi ? Dis-je en souriant.
- J'ai trouvé la formule pour figer Pansy. Dans un de tes livres de magie noire, dans ta bibliothèque.
- C'était donc ça tout ce désordre ! Montre ! Dis-je excité.
Hermione me tendit le livre qu'elle avait lâché sur le lit quand je l'y avais couché. Je ne l'avais jamais lu. A vrai dire, je ne m'étais jamais vraiment intéressé aux livres, et pas plus à ceux de chez moi. Hermione l'ouvrit à la page 48 et pointa son doigt sur une formule.
- Imobilitas. lu-je.
- C'est exactement ce que nous cherchions ! S'exclama Hermione.
- Tu es merveilleuse Hermione ! Tu as trouvé toute seule ! Dis-je abasourdis. Mais combien de temps cela t'a pris ? Tu as dû y passer tes journées ! Dis-je en grimaçant.
- Oui, ça fait une semaine que je fais des recherches, mais tu sais que j'adore les livres ! Nous allons enfin avancer dans cette histoire avec Hormac.
Je pris Hermione dans mes bras et la serrai contre moi. Qu'est ce que j'aimais voir cet étincelle de bonheur dans ses yeux, qu'est ce que je l'aimais tout court !
Cette réflexion me força à relâcher mon étreinte. Oui je l'aimais ! Pourtant je ne lui avais jamais dit, et elle non plus. M'aimait-elle réellement ?
- Qu'est ce qu'il y a ? Demanda la concernée en fronçant les sourcils.
- Rien rien, répondis-je aussitôt. Je transmettrai l'information à Blaise à la soirée de ce soir, je lui communiquerai le sort, et nous n'aurons plus qu'à attendre !
- La soirée de ce soir ? Nous sommes déjà vendredi ?! S'exclama Hermione en portant une main à sa bouche.
- Il y a un problème ?
Elle se mordit la lèvre inférieur, geste qui avait l'habitude de me faire complètement craquer.
- Je ne veux pas jouer à la greluche de mannequin, mais je n'ai pas acheté de nouvelle robe.
- Les mannequins sont loin d'être des greluches ! M'exclamais-je en faisant glisser mes doigts entre ses cheveux soyeux. Et puis ce n'est pas si grave, tu as déjà plein de robes.
- Ce n'est pas une simple soirée Drago, insista-t-elle. On va parler de ta promotion devant tout le monde, devant toute la presse ! De toi et de ton nouveau poste. Je veux être belle pour toi !
- Ne t'en fais pas Hermione, j'ai la robe parfaite pour toi.
- Comment ça ?
Je lui fis signe de se relever et lui pris la main pour l'entraîner hors de notre chambre, jusqu'à celle de mes parents.
- Non Drago ! S'exclama-t-elle en voyant que j'ouvrais la porte. Je ne peux pas porter une des robes de ta mère, je ne peux pas !
- Elle ne l'a jamais porté. Dis-je pour la rassurer. Je l'ai acheté cette année.
Je lui désignai alors une magnifique robe bleu sur un mannequin près de la fenêtre.
- C'est la robe que...
- Que tu as porté à ton dernier défilé oui, celle que tu m'avais accusé d'avoir acheté pour toi, tu te souviens ?
- Oui. Répondit Hermione d'un sourire timide.
- Elle est pour toi . Déclarai-je en m'approchant de la robe pour la décrocher.
- Je ne peux pas Drago... Tu l'as acheté pour ta mère.
- Ma mère est morte. Mais toi, tu es bien vivante. Je ne le savais pas encore, mais elle était pour toi, depuis le début. Elle était pour la femme que j'aimerais un jour.
Hermione se contenta de me fixer silencieusement.
- Je t'aime, elle est donc pour toi. Oui, je t'aime, répétais-je comme si je n'arrivais pas à me remettre moi-même d'avoir prononcé ces mots. Je ne pensais jamais pouvoir le dire de ma vie, mais ce n'est pas si difficile finalement, c'est même plutôt agréable en fait.
Hermione s'approcha de moi et captura mes lèvres avec passion. J'avais l'impression qu'elle ne m'avait jamais embrassé comme ça.
Ce n'était pas le bisous mécanique qu'on se faisait quand on se disait bonjour, ce n'était pas non plus, au contraire, les baisés brûlants qu'on s'échangeait lorsqu'on couchait ensemble. Non, c'était profond et très troublant, comme si elle voulait me dire à sa manière, qu'elle m'aimait aussi.
La robe allait divinement bien à Hermione, mais n'était-ce pas en la voyant sur elle que j'avais eu envie de l'acheter ? N'était-ce pas à ce défiler ?
- Tu es si belle ! Murmurai-je en l'observant me rejoindre dans le salon. Tu serais mieux sans moi, j'affaiblis ton éclat.
- Ca c'est vrai.
Je lançai un regard agacé à Chouka. Cela faisait bien longtemps que je ne l'avais pas entendu mon elfe se mêler de tout. Il fallait dire qu'après l'incident avec Hormac à cause du mot qu'il avait fait parvenir à Hermione, celui-ci s'était fait tout petit.
- Détrompe-toi Chouka, le contredit Hermine. Drago est très, très beau.
Je lançai un sourire satisfait à mon elfe et tendis une coupe de champagne à Hermione.
- Pas de whisky pu feu ? Demanda-t-elle en haussant un sourcil.
- Pas dans cette tenue, non. Dis-je en la reluquant de la tête au pied. Sors Chouka !
Je déposais un baisé dans son cou, juste sous l'oreille.
- Tu es divine Hermione, je ne m'en lasserais jamais. Lui chuchotai-je à l'oreille. Je ne sais pas ce qui me retiens de t'arracher cette robe et te prendre, là, sur la table.
Je vis Hermione baisser les yeux pour observer le table en question, elle posa quelques secondes après les yeux sur la grande horloge mural.
- Non nous n'avons pas le temps. Dis-je aussitôt en me reculant pour rétablir un écart convenable entre nos deux corps.
Hermione bu une gorgée et posa sa coupe sur la table près de nous. Elle posa ses mains sur mes joues, qu'elle fit glisser jusqu'à mon torse.
- Tu ne peux pas me dire des choses comme ça, pour ensuite te retirer. Me susurra-t-elle à l'oreille. Tu serais trop ignoble si c'était le cas.
Je sentis sa bouche et ses dents glisser légèrement le long de mon cou. Douce torture.
Nous arrivâmes au ministère avec une bonne demie-heure de retard. Cependant je m'en fichais et personne n'oserait me dire quoique ce soit, surtout avec une femme aussi belle à mon bras. Je vis rapidement Blaise et Pansy me faire signe, ce qui me rappela le sort qu'avait trouvé Hermione. Il fallait que je parle rapidement à Blaise en privé.
- Blaise ! M'exclamai-je en arrivant pour lui serrer la main.
Je fis ensuite la bise à Pansy et Hermione se contenta de leur serrer la main à tous les deux, sous mon regard faussement sévère.
- Je peux t'emprunter Blaise une minute ?
Pansy acquiesça et se retrouva seule en tête à tête avec Hermione.
- Félicitation pour Drago. Fit Pansy d'un air pincé.
- De même pour Blaise. Répondit Hermione avec un sourire forcée.
Elle savait que c'était nécessaire, mais elle espérait que Drago ne resterait pas trop longtemps seul avec Blaise. Elle vit soudain Ginny lui faire signe. Dans n'importe quelle autre situation elle l'aurait superbement ignoré ou se serait enfuit à toute jambe, mais là, elle accueillait cet échappatoire avec bonheur. Elle préférait largement se confronter à sa meilleure amie que de rester avec cette insupportable brune.
- Hermione ! S'exclama Ginny en venant la prendre dans ses bras.
Hermione se rendit cependant compte, qu'il n'avait jamais été aussi peu chaleureux, mais c'était toujours mieux que le bref signe de tête qu'elle avait lancé à Pansy.
- On peut se parler Hermione ?
Elle accepta et s'excusa de bonne grâce auprès de Pansy.
Une fois à l'écart Ginny s'arrêta.
- Heureuse de voir que tu vas bien. Fit-elle dans un reniflement dédaigneux.
- Tout se passe bien pour toi aussi, j'espère ? Répondit Hermione.
- Tu arrêtes oui ? Tu peux m'expliquer pourquoi je n'ai pas de nouvelles ? Je ne sais pas où tu vis, ce que tu fais ? La seule et dernière chose que je sais c'est que tu "aimes" Malefoy, enfin c'était il y a déjà un petit moment, mais... Parles-moi Hermione ! Tu n'es plus avec Malefoy n'est-ce pas ? Je t'ai revu avec Hormac! Enfin je veux dire, vous n'avez jamais rien eu en commun avec cette fouine et... Tu sais Ron a mûri, même si tu n'as pas eu l'occasion de le remarquer ces dernières années. Nous savons toutes les deux que vous êtes fait l'un pour l'autre dans le fond. Si cette histoire avec Hormac n'avait jamais eu lieu...
- Oui, c'est bien ça le problème en effet. Trancha Hermione. Si ! Si Hormac n'avait jamais existé... Non ... Souffla-t-elle soudain. L'existence d'Hormac et tous mes malheurs étaient nécessaires finalement.
- Pardon ? S'étrangla Ginny.
- Je regrette la mort de mes parents plus que tout bien sûr, mais j'ai quand même gagné beaucoup dernièrement.
Je venais d'expliquer à Blaise tout ce que Hermione m'avait dit et je cherchai cette dernière du regard. Hors de question que je la laisse seule plus longtemps, surtout que Hormac risquait d'être dans les parages, bien qu'il n'e soit pas assez fou pour tenter quoi que ce soit avec cette foule. J'aperçu Hermione avec la fille Weasley. Que faisaient-elles donc ensemble ? Ne s'étaient-elles pas plus ou moins brouillés quand Hermione lui avait dit pour moi ?
De toute façon, Hermione était avec moi, et je les interrompais si je le voulais ! Je partis donc à l'encontre d'Hermione d'un pas décidé.
- Hermione ! Dis-je une fois à sa hauteur en passant un bras autour de sa taille. Weasley. Fis-je par politesse.
Après tout, je n'avais pas oublié le profond mépris qu'elle ressentait encore à mon égard.
- Tu parlais de Malefoy c'est ça ? Demanda Ginny écœurée.
- De quoi ? Fis-je en fronçant les sourcils.
- Nous en avons finit je crois, répondit Hermine d'une voix tranchante. On y va ? Me lança-t-elle en me déposant un baisé sur la joue.
Une fois que nous fûmes quelque peu éloigné je demandai à Hermione ce qu'avait voulu dire Ginny.
- Je te raconterai en temps utile. Répondit-elle d'un geste désinvolte de la main. Alors, c'est bon pour Blaise ?
- Oui, il va s'y employer avec énergie.
- M Malefoy ! Mlle Granger ! S'il vous plait !
Nous nous retournâmes étonné vers un flash et un journaliste qui s'était trouvé dans notre dos.
- Vous ne voulez pas en faire une autre ? Je ne pense pas vraiment être à mon avantage sur celle que vous venez de faire ! Demanda Hermione embarrassée.
Le journaliste, ravie qu'on le lui permette, refit aussitôt une photo du beau couple.
- Alors, que se passe-t-il au juste entre vous deux ? Demanda-t-il aussitôt.
Hermione et moi nous lançâmes un regard amusé, et d'un commun accord, je la laissai répondre.
- Nous sommes ensemble enfin, ça ne se voit pas ?
- Si si, mais vous ne vous étiez pas séparé à une période ? Enfin, je veux dire, nous vous avons revu avec M Hormac non ?
- Oh non ! Répondit Hermione en riant en parfaite comédienne. Je ne fréquentai M Hormac que pour affaires. Il n'y a toujours eu que Drago depuis un moment déjà, et il n'y aura plus que lui.
- Qu'entendez-vous par là ? Demanda le journaliste que semblait ne plus pouvoir se contenir.
Il détenait en effet une interview exclusive de l'une des personnes plus réticente à la presse, Hermione Granger.
- J'entends pas là que je suis bien avec Drago Malefoy.
- Vous avez des projets ? Un mariage, des enfants ?
Mon coeur se mit à férocement battre dans ma cage thoracique, je crus même qu'il allait sortir. Cette question était bien trop personnelle, et bien trop importante pour moi, pour que je puisse laisser Hermione y répondre devant un parfait inconnu.
- Ca suffit maintenant ! Dis-je alors en entraînant Hermione plus loin.
Le journaliste paru déçu quelques secondes, mais retrouva le sourire en regardant le papier qu'il avait eu le temps d'écrire en notre présence.
Hermione avait cependant eu pendant quelques secondes un regard, étrange, même peut-être un peu déçu. Mais je ne voulais rien ajouter à ça. Je ne voulais pas que ce journaliste de m... gâche ce moment privilégié entre Hermione et moi. Parce que oui ! Evidemment que j'y avais pensé. Pas aux enfants non, j'étais loin d'être près pour ce genre de chose. Ce genre de chose qui pleuraient, bavaient, faisaient du bruit, qui ne savaient rien faire seul... Non, mais un mariage... J'y avais aussitôt pensé en voyant Hermione revenir dans le salon vêtu de cette robe. Après tout, n'était-ce pas la suite logique de l'histoire ? Hormac mort et Hermione et moi mariés ? Je sentis un profond bonheur glisser en moi.
Mais ce n'était pas le bon moment, ce ne serait pas le bon moment tant que Hormac ne serait pas mort.
Je me redirigeais vers la foule en serrant la main d'Hermione dans la mienne.
