Héééé salut à tous ! Non ? Un chapitre dès le lendemain ? Oui, oui, c'est le cas !
J'ai fini mon mémoiiiiire, youhou ! Alors j'ai enchaîné sur la correction de ce chapitre et… le voilà. C'est aussi pour vous remercier de vos reviews d'hier, je suis super contente de voir que quelque uns qui avaient commenté il y a quelques chapitres de cela sont encore là !
Merci à tous et bonne lecture !
Harry, après avoir bredouillé qu'il savait à peu près ce qu'il allait choisir comme costume alors qu'il n'en avait pas la moindre idée s'enfuit vers le château pour aller se changer avant le repas. Hagrid lui fit un grand signe de la main et il lui répondit avec chaleur. Il était vraiment étonné de l'attitude d'Hagrid : il avait pour habitude de ne pas apprécier la famille Malfoy et il avait entièrement raison, Lucius l'avait de nombreuses fois empêché d'exercer son métier tranquillement. Leur première discussion à la rentrée avait toutefois mis en valeur la mansuétude du géant à l'égard des perdants. Au regard de sa vie, il avait souvent été du côté de ceux que l'on persécute. Que l'on juge par leur sang, le sien provenant d'une géante particulièrement violente.
Hagrid avait toujours été du côté de la Lumière, qui plus est quand on savait qu'il accordait sa bienveillance à n'importe quels animaux, quels qu'ils soient et de l'avis de Ron, bien contre les mauvaises intentions évidentes de certains. Harry lui-même n'avait ni oublié Aragog, ni Norbert le dragon. C'est à cela qu'on pouvait être sûrs que l'homme ne serait jamais du côté de la violence gratuite. Toujours présent pour ses amis, Harry n'avait que peu eu l'occasion de le voir en colère, sauf dans l'optique de protéger ceux qu'il aimait. Le fait qu'il n'ait pas réagit plus que cela à sa révélation par rapport à Malfoy, même s'il avait juste suggéré un rapprochement qui pouvait parfaitement amical cachait quelque chose. Hagrid lui avait dit qu'il savait que le brun restait sourd et muet aux relances du Ministère (Harry avait encore reçu un matin de la semaines suivante une demande guindée lui suggérant de se rendre à un bal de charité) et par extension de l'Ordre. Y avait-il quelque chose qui l'avait particulièrement froissé à son sujet pour qu'il accepte ainsi Harry tel qu'il était, même s'il se liait d'amitié avec un sang-pur particulièrement mauvais ?
A la réflexion, Hagrid devait probablement savoir ce qui se disait dans son dos. Peut-être était-il lassé de tout cela et avait juste envie de laisser Harry tranquille. Et un peu comme Hermione à vrai dire qui le laissait faire, par amitié, par souhait d'arrêter d'interférer dans sa vie. Aucun des deux n'avait la vision qu'avait Harry de Draco. Pire, ils avaient tous les deux des mauvais souvenirs à son égard (même si Hermione avait eu l'occasion de le voir se taire pour les sauver dans le manoir Malfoy). Harry se demandait même comment lui-même pouvait oublier la personne qu'avait été Malfoy auparavant… Un aristocrate pédant et… mauvais, profondément égoïste. Le badge Potter, les insultes dans les couloirs visant toujours ses parents défunts, la pauvreté des Weasley ou Hermione, l'humiliation des Nimbus 2001, le manque de respect envers tous les professeurs hormis son mentor Severus Rogue, Buck... Tout devrait le rebuter en Malfoy.
Et pourtant. Harry ne tentait pas de faire abstraction de la personne qu'il avait fréquentée avant. Non, c'était juste… complétement différent. Il ne pouvait pas dire qu'il s'était trompé sur Draco car Draco avait été quelqu'un d'horrible et rien ne pourrait effacer cela. Pire, Draco ne changerait pas. Probablement toute sa vie il aurait en lui cette vile éducation de sang-pur, cette mesquinerie blessante, cette sensation d'être un être supérieur et cette extraordinaire propension à se ménager le plus confortable chemin vers la sortie. Mais cette situation lui faisait parfois penser à Pettigrow et ses parents. Il ne pouvait pas croire que la personne qu'avait fréquenté Lily et James était le rat pouilleux qui leur avait échappé et avait rejoint Voldemort quelques années auparavant. Peter était, à l'époque de ses parents et de l'avis de tous, un jeune homme discret et recherchant l'adhésion générale. C'était les évènements qui avaient révélé ses mauvais côtés, sa peur qui s'était exacerbée sans avoir pu être contrôlée, son envie de reconnaissance qui avait trouvé foi en un maître fut-ce du mauvais côté de la barrière. Draco, pour lui avait subi la même chose mais dans le sens opposé : sa face sombre avait été montrée au monde avant même que ses bonnes aptitudes puissent grandir.
Mais il lui restait toute sa vie pour les développer. C'est ce pourquoi Harry s'était battu pour certains Mangemorts. Une hésitation lors d'un combat, un regard apeuré, une main qu'on hésite à prendre, tant de gestes qui avaient été évoqués durant les procès pour parler du côté humain de ceux qui avaient mis à genoux les autorités. Personne n'était blanc comme neige et la plupart de ceux qui avaient été trop loin étaient aujourd'hui dans d'autres Limbes. Encore une fois, hormis ceux qui colportaient la haine, avaient prôné le meurtre et la violence ou pire, étaient encore un danger pour la société, les autres méritaient de connaître autre chose. Harry le sentait, Draco était mortifié non pas par l'attitude des autres, qu'il vivait comme une haine sourde et une façon de jeter le fardeau de la guerre sur les épaules des vaincus mais par la propre opinion de lui-même qu'il se faisait : un faible, un lâche, un partisan.
Harry était arrivé en haut de la tour Gryffondor sans vraiment s'en rendre compte. Il repensa alors au bal qui arrivait : sa décision était prise, qu'importe qu'on le voie avec Malfoy. Il ne ferait pas tout pour se montrer avec lui, leur histoire étant leur vie mais si cela devait être fait, ce n'était pas quelque chose qu'il allait refuser de faire. Il passa rapidement à la douche et s'arrêta devant son lit en voyant briller son parchemin d'une douce lueur. « Tiens, Draco, pensa-t-il ».
« Merci, Harry. J'avais besoin de quelqu'un ce matin et tu étais là. A plus tard, D. »
Harry sourit et ne répondit pas : son remerciement se passait de commentaire. Le cœur léger, il partit en direction de la Salle Commune ou Ron et Hermione l'attendait. Ron était complétement remonté à propos du Quidditch : il avait entendu dire que les sélections allaient être âpres. Le nouveau capitaine avait pour but de « mettre du sang neuf » d'après ses dires. Il était déçu qu'Harry et Ron aient finalement eut vent du déplacement des sélections.
« J'ai parlé à Mc. Gonagall » les coupa Hermione avec l'air revêche qu'elle prenait parfois.
« Hein, mais pourquoi ? » Ron s'était tourné vers sa petite amie en s'arrêtant brusquement. Heureusement, personne ne les suivait, sinon un élève aurait sans doute percuté la carrure imposante du roux.
« Pour lui en toucher deux mots pardi. Tu penses vraiment que j'allais laisser ces gamins décider impunément de qui allait composer l'équipe de ma maison ? Je ne monte pas sur un balai et ce sport n'est pas ma passion, mais la justice si ! » cracha la brune.
« Ouah, quand je pense qu'auparavant tu répugnais à te faire remarquer… »
« Ron, là, ça va au-delà. Bref, elle m'a dit qu'elle serait présente aux sélections. L'autre abruti n'en sait rien encore. Je n'ai jamais été aussi pressée d'aller voir vos sélections ! »
Les trois amis se regardèrent en coin avant d'éclater de rire. Hermione était une vraie Serpentarde parfois. C'est sur cette bonne humeur que les jeunes se rendirent manger puis assistèrent à leur cours de potion. Harry n'était pas aussi bon que lors de sa sixième année mais il était évident que Rogue l'impressionnait auparavant car comme lors de ses épreuves des BUSES il parvenait la plupart du temps à des résultats sinon exceptionnels, honorables. La présence de Draco était aussi un bon catalyseur pour lui. Le blond, quand personne ne les regardait se piquait parfois d'effleurer sa main lorsqu'ils prenaient des ingrédients dans l'armoire dédiée. Ils faisaient toutefois attention à ne pas attirer les regards vers eux mais plusieurs fois Hermione les surprit par sa sagacité. Alors qu'ils rangeaient les restes d'ingrédients dans des pots, Malfoy avait arrêté son regard un peu trop longtemps sur Harry et la jeune fille avait esquissé un sourire en coin. Le Serpentard était resté coi devant l'attitude de l'amie du brun et s'était empressé de retourner à son bureau.
Le mardi ne laissa pas beaucoup de temps à Harry pour réfléchir à autre chose qu'au Quidditch. Les cours de Gryffondors étaient émaillés par des discussions en sourdine. Tout un chacun se demandait ce qui allait se passer le lendemain. L'après-midi avait été exhortée de cours, même si le mercredi après-midi, c'était souvent quelques pauvres options qui subsistaient. Depuis leur dernière altercation, les groupes ennemis de Gryffondor ne s'étaient plus reparlé. Leur prochain contact serait directement sur le terrain de Quidditch, ce qui n'allait pas améliorer leurs rapports. Harry alla se coucher en pensant au lendemain. Draco et lui n'avaient pas pu avoir de contact de toute la journée, n'ayant pas de cours en commun. Ils avaient juste échangé quelques regards lors des repas et le blond lui avait fait passer des ondes de calme, ressentant son stress. La nuit promettait d'être longue car Harry sentait qu'il n'allait pas bien dormir : il se doutait que la journée allait être épuisante. N'y tenant plus, il attrapa alors son parchemin et de sa plume, interpella le blond :
« Draco ? Tu viens demain ? »
« Oui. Je te l'avais dit, je tiens toujours mes promesses. »
« Je ne sais plus si c'est une bonne idée. »
« Que je vienne ? »
« Non, absolument pas, viens, s'il te plait. Simplement, même si je suis engagé… quel intérêt de jouer dans une équipe qui ne veux pas de moi ? Le Quidditch c'est de l'entraide. »
« Tu parles à quelqu'un qui a joué des années avec des abrutis notoires… »
« Hm, Mais on ne peut pas dire que vous ayez gagné la Coupe ! » sourit Harry en traçant ces mots.
« Je me suis amusé en tant qu'attrapeur c'est le principal. Tu aimes voler, tu es doué pour ça (ne m'oblige pas à le redire, Potter). Alors laisse tomber ces enfantillages. Quand ils verront que tu attrapes le vif d'or même quand tu es monté sur une Etoile Filante datant de l'an 12 après Merlin, ils réviseront leur copie. »
« Tu dois avoir raison. »
« J'ai toujours raison, Potter. Toujours. C'est une loi immuable. »
« Tsss. Tu es toujours hautain aussi ? »
« Ca dépends mais on ne va pas débattre ce soir non ? Sinon, je me lève de mon dortoir, me déplace jusqu'à la tour Gryffondor et te montre ce que c'est que d'être 'hautain' comme tu dis, on pourra même en débattre toute la nuit. »
Harry rougit, sentant le sous-entendu poindre. Rien que d'imaginer Draco assis sur son lit, il ne savait plus très bien s'il avait les idées claires. « Non, non ça va » écrivit-il urgemment.
« Bien. Alors va te coucher. Je serai là demain. Bonne nuit, Harry. »
« Bonne nuit, Draco… »
Le réveil fut difficile. Harry avait passé la nuit à se battre contre un souvenir perspicace issu directement de la Salle des Prophéties au Ministère. Son cauchemar, mêlant couloirs sombres et courses à travers les verres polis résonnait de la voix de Sirius. Le soleil pointant dans la chambre avait été rédempteur mais l'avait laissé avec de profonds cernes au bas des yeux. Ron ronflant encore, il l'avait secoué avec douceur pour le ramener dans le monde des vivants. Le rouquin n'avait pas non plus une tête des meilleurs jours. A vrai dire, il lui présentait la figure qu'il avait souvent les jours de matchs décisifs. Hermione les encouragea d'une tape sur l'épaule pour Harry et d'un léger baiser sur les lèvres pour Ron. Elle leur conseilla aussi de se concentrer sur leur matinée, qui elle, n'était pas à base de course volante : Mc Gonagall ne supporterait aucune dissipation dans son cours, fut-ce pour du Quidditch.
Mais Harry ne put faire autrement que de se concentrer un minimum quand l'aride professeur leur annonça qu'ils devraient transformer un rat en serpent. Au début assuré de sa réussite, se faire mordre par le rongeur alors qu'il baillait aux corneilles le calma quelque peu. A la fin de la séance, il avait réussi à transformer l'animal mais son reptile conservait une couleur grisâtre qui n'allait pas le propulser au panthéon des bêtes à écailles. Celui de Ron était pire : il avait encore des poils sur le haut de la tête et couinait comme une souris apeurée au lieu de siffler.
Le repas se passa dans une torpeur d'avant-match. Ron était devenu grisâtre et même la tendresse d'Hermione n'arrivait pas à le dérider. Ginny s'était assise à côté d'eux et elle aussi n'était pas dans son meilleur jour. Elle demanda à Harry s'il se sentait prêt et il répondit par l'affirmative en dodelinant de la tête. Elle n'insista pas mais d'une main fraîche, lui pressa le dos de la main. Elle aussi postulait à un poste de poursuiveur pour l'équipe. Mais ayant beaucoup moins de différends avec le capitaine que les deux jeunes hommes, elle était quand même moins stressée à l'idée de passer devant eux leur montrer son talent. De toute façon, la jeune fille était extrêmement douée.
Le chemin jusqu'au terrain fut particulièrement stressant. Le trio croisa un certain nombre d'élèves qui les encouragèrent ou gardèrent le silence. Harry sentait comme du plomb descendre le long de sa gorge. Enfilant sa tenue de sport dans le vestiaire, il jeta un coup d'œil à Ron.
« Tu es prêt ? » lui lança-t-il.
« On va dire ça » répondit le roux.
« Tu en es capable, donne tout ce que tu as. » conclu Harry en lui donnant une tape sur l'avant-bras.
« Oui » souffla son ami en lui jetant un regard paniqué.
Sortant avec leurs balais sous le bras, ils s'avancèrent vers le groupe déjà formé au centre du terrain. De nombreux jeunes étaient venus passer les sélections et les gradins étaient remplis de nombreux élèves d'autres maisons.
« Mais qu'est-ce qu'il fout là celui-ci ? Il vient assister à notre défaite ou quoi ? » cracha Ron, hors de lui, faisant sursauter Harry. Il pointait du doigt une masse verte assise un peu à l'écart d'un groupe de Serpentards. C'était Draco, ses cheveux blonds reconnaissables entre mille. Au même moment, Harry reçut une onde puissante de bonheur et de confiance : il allait passer ces sélections. Et mieux, il allait être engagé.
La présence de Mc Gonagall n'était rien à côté de celle du serpent.
Et voilà chers lecteurs, désolée pour le cliffhanger mais je n'aime pas quand mes chapitres sont trop longs et puis… ça faisait longtemps !
A très bientôt donc,
Bises,
R.
