Je suis en retard comme les stars !

Bonjour Décembre en dent de scie.

Ce chapitre est le (plus ou moins) dernier chapitre avant Janvier. Voilà c'est dit.

Oh et c'est corrigé par Titou Douh les agneaux ! Souhaitez lui donc de bonne fête u_u. Siouplais.

May : Une épreuve dans une épreuve donc pour ces charmants bambins qui boitent comme des canards XD ! Je prends la chance mais j'ai ce qu'il faut en inspiration huhu ! Merci beaucoup !

Guest : ^^

Aussidagility : Haha parfait alors ! J'espère qu'ils étaient mignons XD !

Ewi : On sait qui est le plus fort u_u et c'est pas Dumbledore !

Voilà, voilà les agneaux ! J'espère que vous apprécierez ce « presque » ultime chapitre de fin d'année !

Gros Koeur sur vous et bonne lecture !

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« F » POUR FAMILLE

« No one knows what its like
To feel these feelings
Like I do, and I blame you!
No one bites back as hard
On their anger »

Behind blue eyes. Limp Bizkit

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- Buvez ça !

Harry fit la grimace mais avala la potion que lui tendait Pomfresh puis il s'écroula dans le lit monté dans la tente. Natasha était assise à coté de lui et riait doucement.

- On n'est pas les plus chanceux mais pas les plus malchanceux non plus.

Elle pointa du doigt Ron qui flottait encore et restait au sol uniquement parce que ses pieds étaient retenus par deux poids. A coté de lui, Malfoy affichait un sourire moqueur. Harry préféra ne faire aucun commentaire.

- Bien, les enfants, sortez. Le jury va vous donner vos notes !

Harry descendit de son lit et s'exécuta. Dehors, Malfoy se positionna à coté de lui.

- De la magie sans baguette..., murmura-t-il. Vous êtes d'un autre niveau.

- Pas suffisant pour obtenir un parchemin en bon état...

- Mais suffisant pour obtenir un parchemin tout court.

Harry écarquilla les yeux.

- Vous…

- Quelle épreuve ! l'interrompit la voix de Verpey portée par un sonorus. On en a eu plein les yeux, n'est-ce pas !?

Un tonnerre d'applaudissements éclata.

- Le jury va maintenant donner leurs notes aux groupes ! Commençons par Beauxbâtons !

Le vote fut unanime du coté des trois directrices : c'était un dix pour le jury.

- Un dix ! La meilleure note dès la première épreuve ! Beauxbâtons est en tête. Qu'en est-il de Poudlard ?! Rappelons-le, ils n'ont pas ramené leur parchemin et ont eu quelques désagréments !

McGonagall secoua doucement la tête mais offrit un trois. Madame Maxime et la directrice Antera furent plus clémentes et se mirent d'accord sur un cinq.

- Et bien, ça s'annonce plutôt mal !

Harry se tourna vers Malfoy puis se pencha vers Ron dont le visage était livide. Natasha tira sa manche, le forçant à se concentrer sur leurs notes.

McGonagall leur donna un sept, Madame Maxime un six et Antera leur donna elle aussi un six. Harry était déçu, mais c'était une bonne déception. Il n'avait pas réussi cette épreuve haut la main et une partie de lui était satisfaite de ça.

- Je vais à présent laisser la parole à Monsieur Corgan qui va vous parler de la prochaine épreuve !

Cassius Corgan prit place sur l'estrade où se tenait Verpey. Il toussa légèrement et posa un regard sérieux sur les trois groupes.

- Cette première épreuve vous a donné le ton concernant ce Tournoi et vous assure que ça ne sera pas moins difficile les prochaines. La seconde épreuve aura lieu en Février, ce qui vous laisse deux mois pour décrypter le parchemin qui vous donne un gros indice sur la suite des événements.

Une plainte se fit entendre à coté d'Harry et il sut qu'elle venait de la bouche de Ron.

- En attendant, essayez de vous défendre en profitant des fêtes de Noël !

- Se détendre, enchaîna Natasha, on a juste une moitié d'indice !

Mais Harry n'eut pas le loisir de répliquer : il voyait déjà sa famille descendre les gradins pour courir vers lui, Charles en tête.

- Si vous voulez discuter avec votre famille, veuillez retourner dans la tente, fit Cassius Corgan.

OooooooooooooOooooooooooooO

Harry serrait encore son frère contre lui-même à l'intérieur de la tente.

- Harry, tu m'étouffes !

- Papa, tu m'étouffes.

Ça, c'était la voix de Natasha. Sa mère était en larmes et tapotait le dos de son mari qui ne voulait pas lâcher sa fille. Harry, lui, se décida à libérer son frère pour être pris dans une étreinte par ses parents.

- C'était affreux, fit sa mère. Affreux !

- Mais tu as été brillant, fils ! s'extasia son père.

Le brun avait le même sourire bêta que son père.

- Mais notre indice ne va nous servir à rien.

- Ne pense pas comme ça ! Je suis sûr que vous trouverez une solution !

Sa mère se pencha vers lui.

- Sirius était terrorisé, fit-elle en riant. Évidement, lui et Severus te soutenaient.

Harry se contenta de sourire pour toute réponse. De toue façon, il n'aurait pas eu le temps de répondre parce que les Malfoy se dirigeaient vers eux.

- James, Lily, fit la voix de Lucius.

- Bonjour Lucius, Narcissa !

Sa mère serra les mains de Narcissa Malfoy et la salua avec un grand sourire et Harry dut avouer que l'image était plus que troublante. Il se tourna rapidement vers Draco, encore assis sur un lit pour capter le même regard d'incompréhension.

- Comme ça nous fait plaisir de vous voir !

- C'est vrai que nous nous sommes à peine croisés durant la Coupe du Monde.

- Il faut dire que votre écrasante popularité vous rend inapprochable, grinça Lucius mais sans animosité.

- Certes, mais nous voilà en terrain neutre ! Vous devez être tellement fiers de Draco.

- Et vous d'Harry, ajouta Narcissa.

La femme s'approcha de lui et fit une chose qui dérouta totalement Harry : elle caressa sa joue d'un geste tellement doux et naturel que s'en fut douloureux.

- Je suis contente de te revoir, Harry. Comme tu as grandi...

Elle retira sa main et reprit une posture plus droite, plus digne. Harry la fixa sans pouvoir s'arrêter. C'était comme si, en un seul geste, Narcissa Malfoy avait balayé tout ce que les Malfoy avaient représenté pour lui. Comme si elle venait d'effacer un pan entier de sa réalité et de le faire atterrir dans le vrai monde. Était-ce réellement cette femme qu'il avait insulté un jour sur le chemin de Traverse ?

- Hum..., bredouilla Harry.

Soudain, toute la fatigue de l'épreuve s'abattit sur lui. Il se frotta le front et leva de nouveau les yeux vers ses parents.

- Vous êtes chez tante Pétunia ?

- En fait, nous avons loué un petit appartement à Pré-au-Lard. Comme ça, pour le Nouvel An, ça sera plus facile, chuchota sa mère.

- Et si tu y viens pendant les week-ends, on pourra boire une bièraubeurre ensemble.

Le cœur d'Harry bondit à cette nouvelle.

- Mais vous savez que Skeeter est sûrement dans les parages ?

Son père haussa les épaules.

- Skeeter est une sale fouille-misère, dit-il assez fort.

Harry vit un sourire amusé se dessiner sur les lèvres de Lucius Malfoy.

- Je suis on ne peut plus d'accord.

Puis il retourna vers son fils. Narcissa lui offrit un petit sourire auquel répondit vivement Harry.

- Il se fait tard, fit sa mère. Nous sommes autorisés à te voir après chaque épreuve. C'est un peu compliqué mais c'est mieux que rien.

- Mais tu vas pouvoir nous voir beaucoup si tu participes aux sorties à Pré-au-Lard ! tonna Charles. C'est vachement mieux comme ça !

Harry caressa doucement les cheveux de son petit frère.

- Oui, beaucoup mieux.

- On va y aller trésor, prends soin de toi.

Harry et Natasha raccompagnèrent leurs familles hors de la tente. Quasiment tous les gradins étaient vides à présent et sur l'estrade ne restaient que Cassius, Verpey et… Chester.

- Ha, Harry, Malfoy et... Où est la jeune Valet ? fit Cassius.

- Sûrement encore dans la tente, je vais la chercher, dit Verpey.

Harry monta sur l'estrade, impatient de récupérer ce qui était à lui. Malfoy monta à sa suite et Cassius ouvrit la boite qu'il avait tenue contre lui.

- Tiens, Harry.

Cassius lui tendit son bracelet.

- Merci.

Il le remit rapidement à son poignet gauche et souffla, presque soulagé de le retrouve, sans capter le regard que lui lança l'auror Chester.

Cassius sortit le collier de Malfoy.

- C'est un très joli collier, fit William Chester.

Draco récupéra son bijou et observa l'homme qui se tenait devant lui.

- Oui, c'est un cadeau.

- De qui, si je peux me permettre ?

- D'un ami de la famille, répondit Lucius Malfoy à la place de son fils. Viens, Draco.

Draco observa son père, puis l'homme au regard sombre et enfin Harry qui fixait Lucius, puis descendit sans demander son reste. Harry sentait une atmosphère pesante et décida d'ouvrir la bouche.

- Où est Syracuse ?

L'auror Chester revint très vite à lui.

- Sûrement en train de se promener. En parlant de ça, il serait prudent que toi et tes amis diminuiez vos petites escapades nocturnes.

- Pas besoin d'être aussi à cheval sur les règles, s'amusa son père. Si tu penses que Sirius ne les a pas à l'œil, tu te trompes...

- Et peut-être que Sirius est fatigué de jongler entre ses cours le jour et la protection de son neveu la nuit ?

Harry fronça les sourcils mais sa mère pouffa.

- Écoute-le, on dirait un vrai papa poule !

William grogna.

- Encore une fois, mon cher ami, personne ne te prends au sérieux. Je ne crois pas qu'Harry risque quoi que ce soit ici, fit Cassius.

- Entre ce que vous croyez et la réalité, il y a un gouffre.

William Chester ramena ses yeux sur Harry.

- Sois prudent.

- Je le serai, répondit Harry sur un ton brusque.

Mais l'auror ne s'en formalisa pas et quitta l'estrade.

- Espérons qu'il soit de meilleure humeur au Nouvel An.

Sa mère posa un baiser sur son front et ébouriffa ses cheveux.

- Passe une bonne soirée, mon ange.

Son père l'étreignit et mis un peu plus de désordre encore dans ses mèches.

- On se revoit en Décembre !

- Salut, Harry, fit son petit frère.

Harry le serra une dernière fois et salua les parents de Natasha avant de reprendre la direction du bateau avec son amie.

OoooooooooooooooOoooooooooooooooO

Ils avaient tous les yeux rivés sur le parchemin.

- « Les mystères du »… « au cœur profond »… « l'or qui devra être » Ça ne veut rien dire...

- Bien sûr que ça ne veut rien dire sans le reste du texte !

- J'aurais bien aimé t'y voir !

- Vous n'allez pas vous prendre la tête ! C'est mieux que rien ; les pauvres, ceux de Poudlard... Si vous les aviez vus revenir ! On aurait dit des oiseaux pris aux pièges...

Harry écouta les récriminations de son groupe d'une oreille distraite. Il sentait la fatigue alourdir un peu plus ses paupières. Un coup d'œil à Natasha et il vit la même chose chez elle : elle piquait littéralement du nez. Il décida d'abréger leur souffrance en se levant et en récupérant le parchemin.

- On verra ça demain, si vous le voulez bien.

- Ou tu peux nous le laisser pour qu'on trouve la solution.

- Ne sois pas bête Ygor, c'est à eux de trouver tous seuls !

- Faites comme bon vous semble, bailla Natasha. Moi je vais me coucher.

Harry la suivit sans demander son reste, de même que Dimitri. Une fois dans la petite chambre des deux garçons, Natasha se laissa tomber dans un des lits et laissa l'autre aux deux bruns.

- Sérieusement, fit Dimitri.

Il agita sa baguette et agrandit le lit. Harry ne perdit pas de temps et s'écroula à son tour. Dimitri s'allongea à ses cotés et éteignit la lumière.

- Est-ce que c'était aussi fatiguant, la première fois ?

- Peut-être, murmura Harry, mais je devais être trop sur les nerfs pour m'en rendre compte. Comment c'était… De l'extérieur ?

- Affreux. J'ai vraiment cru que tu t'étouffais, j'étais à deux doigts de hurler aux professeurs d'aller te sauver.

Harry rigola doucement.

- Au final, tu ne sais rien sur les futures épreuves.

- C'est exact, je vais avancer à l'aveugle. De cette façon, je serai encore plus sur mes gardes.

- Harry. Fais attention.

- C'est fou le nombre de fois que j'ai entendu cette phrase ces derniers jours...

Peut-être que Dimitri lui répondit quelque chose mais Harry avait sombré dans le sommeil.

OoooooooooooooOooooooooooooO

Il n'y avait pas eu de fête à proprement parler : les Serpentard avaient passé une grosse partie de la soirée à se moquer allègrement de Ron Weasley. Draco, lui, n'avait pas participé à ce lynchage en règle parce que malgré l'imbécillité du rouquin, il était sans indice pour la prochaine épreuve. Et c'était la seule chose qui l'importait.

- Tu pourrais te rendre dans le carrosse de Beauxbâtons et voler le parchemin des filles, proposa Zabini.

- Ou soudoyer un professeur pour avoir un indice, fit remarquer l'un des jumeaux.

Draco qui était allongé au sol se redressa sur les coudes. Sa chambre, malgré l'heure tardive, abritait encore quelques squatteurs.

- Si c'est une épreuve qui demande un sort particulier, je suis du même avis que Zabini, intervint Daphné.

Cette dernière était assise sur le lit de Blaise et avait ramené ses jambes sous son menton.

- Ce qui est rassurant, c'est de savoir que Durmstrang n'est pas mieux loti, fit Pansy.

- Ce qui m'aiderait beaucoup, c'est que toutes les personnes dont ce n'est pas la chambre retournent dans la leur, que je puisse dormir en paix et réfléchir à comment je vais me sortir de cette merde plus tard !

Le ton polaire de Malfoy entra par une oreille et ressortit par l'autre.

- On essaie de t'aider.

- Vous le ferez bien mieux en vous tirant d'ici.

Daphné quitta le lit pour se pencher vers lui et posa ses lèvres contre les siennes.

- Monsieur Malfoy est épuisé, laissons le champion savourer sa nuit de perdant.

- Faites donc ça…

Il ne s'embarrassa pas de saluer le reste des nuisances et retourna dans sa propre couche puis écrasa son oreiller sur son visage. Une fois que sa chambre fut remplie uniquement de Blaise et Théo, il parvint à souffler.

- A moins d'une intervention divine, tu es bien dans la mouise.

- Quel commentaire constructif, Blaise.

Le noir ne répondit rien, il fit souffler les bougies et ils se retrouvèrent dans le noir. Seul Théo n'avait pas fait part de ses pensées et Draco l'en remerciait pour ça.

Cette nuit-là, il eut cependant du mal à trouver le sommeil. Malgré la fatigue et la frustration, une partie de lui regrettait sa participation et une autre s'époumonait à vouloir faire exactement ce que Blaise proposait : voler le parchemin aux filles de Beauxbâtons. Ou au moins, y jeter un coup d'œil. Ou alors, si Skeeter était vraiment une animagus, il pouvait bien échanger une interview choc en échange de ses prouesses. Il se dégoûta de lui-même à l'instant même où cette idée lui traversa l'esprit.

Mais apparemment, Skeeter n'était pas prêt à le lâcher.

OooooooooooooOooooooooooooO

Il la trouva le lendemain faisant le pied de grue dans le parc tandis qu'il se rendait à son cours de soin aux créatures magiques.

- Bonjour, Draco Malfoy.

- Oh, intéressant, vous avez réussi à ne pas écorcher mon nom. Il faut croire que vous êtes meilleure locutrice qu'écrivaine.

Le sourire vicieux que Skeeter lui offrit, le rendit tout de suite plus enclin à passer du temps avec elle. Si elle pouvait déverser son venin, il en était lui aussi tout à fait capable.

- J'aurais aimé que tu me dises quelques mots sur la première épreuve, ton ressenti et comment toi et ton camarade comptez vous en sortir pour la prochaine fois.

Draco réajusta sa sacoche sur son épaule et afficha un immense sourire.

- C'est très simple : je vais attendre que vous mettiez votre nez partout, que vous l'écrivez dans un anglais plus ou moins correcte et j'aurai toutes les réponses à mes questions.

Il entendit le ricanement des Serpentard derrière lui et se dit alors que cette journée commençait bien.

- Je vois, je vois. Tu n'es pas très coopératif. Si je faisais plutôt mention de ta drôle d'alliance avec Harry Potter ?

Draco sentit son sang ne faire qu'un tour. Cette femme ne reculait devant rien pour être énervante.

- Ah, oui : Potter et moi sommes les meilleurs amis du monde, le saviez-vous ? Je vous en fais part maintenant, cela fait des années que nous complotons pour mettre en place ce Tournoi et montrer à quel point nous sommes doués pour échouer. Pourquoi ne pas lui demander son avis ? Potter, hey, POTTER !

Draco, qui venait de remarquer que les élèves de Durmstrang étaient sortis du bateau, n'hésita pas à lui faire de grands signes. Ce dernier fronça les sourcils mais avança tout de même dans leur direction. Draco avait à présent conscience qu'en plus des Serpentard et des Gryffondor, les élèves de Durmstrang étaient spectateurs de cette petite entrevue.

- Quelque chose ne va pas ?

Le sourire de Draco se fit plus grand encore.

- Cette chère Madame Skeeter veut absolument savoir ce qui nous lie. Je me disais que tu pourrais l'éclairer.

Il vit d'abord Skeeter devenir plus rouge qu'une tomate bien mure puis le regard sombre de Potter. Il espérait réellement que ce dernier comprendrait la plaisanterie.

- Bien, fit Harry, je suis venu ici pour vivre quelque chose de formidable et je me retrouve à devoir justifier mes fréquentations. Voilà ce que vous pouvez écrire ou ne pas écrire, ça m'est égal : les parents de Draco Malfoy m'ont protégé quand j'étais enfant au moment où mes parents se battaient durant une guerre. Dont je sais peu de choses. De ce fait, mes parents sont extrêmement reconnaissants envers la famille Malfoy. En dehors de ça… Je ne le connais pas. Je n'ai rien de plus à ajouter.

Il laissa son regard se promener autant sur les élèves de Poudlard que sur Skeeter avant de leur tourner le dos.

Draco Malfoy comprit alors ce que Potter venait de faire : il n'avait pas parlé pour Skeeter. Il avait parlé pour Draco. Il avait parlé pour que les autres cessent de penser qu'il était un mouton noir. Il avait parlé pour qu'on cesse de supposer que sa famille n'avait jamais été claire sur ses intentions.

Potter avait parlé juste pour faire comprendre qu'il se fichait bien de ce que pensaient les autres.

- Quelle éloquence ! ajouta Zabini. Vous nous faites perdre du temps sur nos cours, Miss Skeeter. Je me demande ce que Monsieur Corgan penserait de si peu de professionnalisme...

La vieille peau passa du rouge au blanc mais aucun élève ne lui laissa en placer une. Ils se détournèrent d'elle et rejoignirent la cabane d'Hagrid.

- Quels nerfs, ce Potter ! Est-ce que c'est vrai ? demanda Nott. Tes parents l'ont protégé ?

Draco haussa les épaules.

- Je crois. Ma cousine m'a montré une photo de moi et lui, bébés. Mais ils sont partis en Russie et je ne l'ai plus revu avant la Coupe du Monde.

- Mais si tes parents étaient du bon coté, comment tu expliques que ton père soit…

Draco se tourna vers Pansy et lui décocha un regard meurtrier.

- Que quoi ? Qu'il soit tombé bien bas ? Ou alors vous trouvez que ce n'est pas assez ? Vous auriez aimé qu'il se retrouve en prison ? Comme le père de Nott, ou le tien, Parkinson ? Ou encore les parent de Crabe et Goyle ?

Pansy et les deux garçons devinrent livides.

- Je ne vais pas payer pour les choix de mes parents et vous non plus. Ayez un peu de fierté ! Si vos parents sont en prison, c'est parce qu'ils n'ont pas eu l'intelligence d'ouvrir les yeux. Mon père l'a fait, il a perdu au change. Vous, au moins, vous savez où sont vos parents. En ce qui me concerne, j'ai encore un grand-père qui hait ma famille en liberté ! J'ai encore une tante qui attend sûrement le bon moment pour me voir mort ! Mais en effet, je reste mieux loti.

- Ce n'est pas… Ce n'est pas juste.

- Qu'est ce qui n'est pas juste, Pansy !? Qu'est ce que tu veux ?

Mais il n'y eut aucune réponse de leur part. Draco sentait que s'il restait là, il allait faire quelque chose de vraiment impardonnable. Alors il fit demi-tour et retourna au château.

- Malfoy !

Mais il n'écouta pas. Ça faisait trop longtemps qu'on le mettait de coté pour des choix qu'il n'avait pas faits. Il pouvait être imbu de lui-même, il pouvait être égocentrique et détestable à certains moments mais il n'avait jamais rien reproché aux Serpentard. Il ne pipait mot quand certains d'entre eux pouvaient avoir des propos déplacés envers les nés-moldus ou les sangs de bourbe. Insultes qu'il trouvait, en passant, profondément stupides. S'il était vraiment sincère, il aurait pu à plusieurs reprises leur faire fermer leurs bouches à tous. Mais il aimait cette maison. Il s'y sentait à sa place. Il ne pouvait pas en vouloir aux autres élèves de le détester ou d'envier sa position : son père avait fait un choix et avait permis que sa famille rester ensemble.

- Monsieur Malfoy ?

Draco, qui était revenu au niveau du donjon, se figea.

- Ne devriez-vous pas être en cours avec Hagrid ?

Draco se tourna lentement vers Severus Rogue.

- Je devrais, mais je n'avais pas envie d'y être.

- Bien. Dans ce cas, vous ne verrez aucun inconvénient à ce que je retire vingt points à Serpentard.

- Je n'y vois aucun inconvénient, en effet.

- Parfait. Vu que vous avez du temps à perdre, pourquoi ne pas venir m'aider ?

Draco ne protesta pas. Il trouvait que passer du temps avec son professeur de potions était bien mieux que de rester enfermer dans sa chambre à se triturer les méninges pour rien.

Severus Rogue l'entraîna dans la réserve et laissa la porte ouverte en la calant. Draco mettait rarement les pieds dans la réserve. Il savait que certaines heures de colle s'effectuaient ici à ranger des choses immondes, et il avait l'art et la manière d'éviter ce genre de désagrément.

Pas aujourd'hui.

Son professeur commença à empiler plusieurs boites les unes sur les autres avant de les tendre à Draco pour qu'il les porte.

- Vous n'allez pas me poser de questions ?

- Êtes-vous enclin à me donner des réponses ?

Rogue s'empara de plusieurs fioles et les glissa dans une sacoche puis fit signe à Draco de faire demi-tour. Ils sortirent de la réserve mais au lieu de se diriger vers la salle de classe, ils allèrent vers les quartiers du professeur.

Draco n'y avait jamais mis les pieds. Il était sûr que presque aucun élève n'y était entré. La pièce était modeste : un bureau, un petit salon et un feu de cheminée sur lequel reposait un chaudron.

- Vous pouvez poser ça ici.

Severus pointa le bureau et Draco s'empressa d'y poser les boites ; il remarqua alors un petit cadre photo. Il crut reconnaître un garçon aux cheveux en bataille, avec des lunettes, une femme aux cheveux de feu dont les yeux étaient d'un vert perçant, un garçon qui ressemblait beaucoup au professeur Black, un autre à Regulus... Il y avait aussi Corgan et il était presque sûr que celui à l'air renfrogné juste à coté était l'homme qu'il avait rencontré à la fin de l'épreuve, celui qui lui avait posé des questions sur son collier. Il y avait aussi deux autres personnes, une femme et un homme qu'il ne reconnaissait pas.

- Vous… Ce sont les Potter. Et le professeur Black. Vous les connaissez tous ?

Draco se tourna vers son professeur qui jetait à présent le contenu de toutes les fioles dans le chaudron.

- J'ai fait ma scolarité avec eux, il est parfaitement normal que je les connaisse.

- Mais vous étiez amis ?

- Jusqu'à preuve du contraire… Nous le sommes toujours.

Draco écarquilla les yeux.

- Mais alors… Pendant la guerre…

- C'est une histoire qui ne devrait pas vous tracasser.

- Au contraire ! répliqua Draco prestement.

Severus Rogue haussa un sourcil. Draco détestait cette façon de faire. Son père le faisait aussi. Il savait qu'il le faisait lui-même mais chez son professeur, ça avait quelque chose de méprisant. Comme si hausser le ton en face de lui était la dernière chose à faire.

- Au cas où vous ne l'avez pas remarqué, reprit Malfoy avec un ton sec, vous êtes responsable d'une maison dont les familles étaient les ennemis de vos amis !

A présent, Draco bouillonnait de colère. Severus Rogue cessa de jeter quoique ce soit dans son chaudron et fit le tour de son bureau.

- Asseyez-vous.

- Je n'ai aucune envie de m'asseoir !

Mais une chaise vint frapper contre ses jambes et il tomba sur elle. Quelques secondes plus tard, une tasse de thé apparaissait devant lui tandis que son professeur prenait place en face.

- Vous vous moquez de moi !

- Je n'oserais pas, répondit placidement Rogue. Voyez-vous, il y a longtemps de cela, votre père était aussi un ami. Un ami avec les mêmes ambitions que beaucoup d'autres Serpentard, qui n'avaient cela dit strictement aucun rapport avec les idées de Salazar lui-même. Mais le temps a ce don farfelu de modifier l'histoire comme bon lui semble.

- Surtout quand il n'y a pas d'histoire du tout…

Severus Rogue se pencha sur son bureau et fixa Malfoy avec sévérité.

- Effectivement. J'ai cette impression bizarre que votre père passe sous silence beaucoup de choses de son passé. Et n'importe qui de sensé se trouvant dans la même position que lui ferait la même chose envers son fils. Par chance, Malfoy, je ne suis pas votre père et je ne suis pas un ami de votre père. La raison pour laquelle tant d'élèves vous sont antipathiques réside dans le fait que Lucius Malfoy s'en est sorti haut la main, alors que ses idées étaient similaires à celles des pauvres bougres qui croupissent en prison.

Draco écarquilla les yeux.

- Vous… Vous mentez.

Le sourire presque carnassier de Severus Rogue se fit plus grand. Draco comprit que ce dernier n'avait peut-être aucun intérêt à le brosser dans le sens du poil. Ni même à adoucir ses propos. Mais le sourire du professeur s'effaça tout aussi vite devant le visage livide de Draco.

- Lucius était un chasseur de tête. Il méritait sûrement la prison plus que les autres.

- Il n'y a jamais eu de preuves !

- De preuves ? Est-ce que Pansy Parkinson a besoin de preuve pour le savoir ? Sa mère était un témoin direct de ce que le monde sorcier devenait en Angleterre. Est-ce que Théodore Nott a besoin de preuves quand il sait pourquoi sa mère est tombée malade et que cette guerre a failli faire de lui un orphelin ? Le fait que vous ne soyez pas responsable des actes de votre père ne signifie pas que ses actes n'ont pas été commis. Tous les élèves dont la famille porte le poids de cet échec le savent. Il est dommage que vous, monsieur Malfoy, soyez encore dans le flou.

Draco fusilla son professeur du regard mais l'homme se fichait des sentiments de honte et de fureur qui se battaient en lui. Et pourtant, Draco voulait en savoir plus. Il voulait savoir tout ce que son père cachait.

- Vous l'étiez aussi ? Vous étiez un Serpentard, vous en faisiez partie ?

Rogue s'adossa convenablement dans son fauteuil et croisa les doigts.

- J'aurais du en faire partie. J'avais en tête l'idée que le monde sorcier serait bien meilleur si on ne se mêlait pas aux moldus. J'avais des raisons suffisantes pour penser que ça serait mieux pour tout le monde et que les moldus ne méritaient rien d'autres que du mépris. Lucius est arrivé à une période de ma vie où j'en voulais à tout le monde et j'ai cru que je vivrais une vie meilleure. L'étendue de ma bêtise était bien plus grande que l'univers lui-même. Mais j'ai eu de la chance... Beaucoup plus de chance que votre père. Beaucoup plus de chance que votre cousin.

- Regulus Black ?

- Votre père avait un véritable pouvoir de persuasion. Mais Regulus avait une famille versée dans un discours qui plaisait déjà aux mangemorts.

- « Toujours pur », souffla Draco.

- Ce que je vais vous dire, Malfoy, c'est pour que vous compreniez que le monde n'est pas blanc ou noir. Vous vous pensez persécuté et vous continuez à pavoiser avec cet air fier qui vous colle à la peau. Mais je vous conseille de prendre beaucoup de recul si vous voulez lever le voile sur le passé de vos familles. Regulus Black a du simuler sa propre mort pour sortir de ce cercle vicieux. Votre père a du faire une croix sur ses ambitions, sur sa richesse, sur son nom. Les familles de sangs-purs les plus retorses le considèrent comme un traître à son sang et celles qui n'ont rien à se reprocher se méfient de lui comme la peste. Si vous pensez que le mépris est la chose la plus insultante, c'est que vous n'avez pas encore expérimenté la solitude.

Draco en resta estomaqué. Il savait que Regulus Black avait fait de la prison. Que ce dernier s'était rendu pour payer les crimes qu'il avait commis. Il ne l'avait jamais caché. Il avait toujours cru que l'histoire de sa mort était une erreur d'interprétation de la part des journalistes de l'époque. Mais l'entendre de la bouche de Severus Rogue rendait l'histoire bien trop cruelle.

Son père taisait les événements de la guerre. Il ne parlait pas de son implication, ni même de celle de son père. Draco ne savait que par les coupures de journaux et les racontars que des membres de sa famille, tous dangereux, avaient disparu dans la nature. Il y avait un pacte chez lui : on laissait les questions gênantes devant la porte. Mais combien de fois Draco avait voulu savoir ? Il avait voulu sans se forcer, vraiment. Avec un peu de curiosité, il aurait sûrement trouvé toutes les réponses à ses questions.

La vérité était aussi simple que tordue : il avait peur. Il avait peur d'avoir honte de sa propre famille. Son père avait mis un point d'honneur à lui rappeler que même sans honneur, il pouvait avoir de la fierté. Si les gens pensaient qu'ils étaient plus bas que terre, il fallait montrer le contraire.

Faire bonne figure en toute circonstance était le maître mot. Mais cette attitude avait construit des murs entre les Malfoy et le reste du monde.

- Ne vous méprenez pas, Malfoy. Votre père peut vous donner l'impression d'être libre mais il a créé sa propre prison et je suis sûr qu'il n'y a pas un seul jour où il regrette ce qu'il a fait.

- Alors pourquoi n'a-t-il pas fait comme Regulus !? cracha Draco.

Severus Rogue braqua son regard noir dans le sien.

- Pour vous. Lucius Malfoy est sûrement le mieux placé pour savoir ce que c'est de grandir sans une vraie figure paternelle. Avez-vous seulement déjà douté de l'amour qu'il vous porte ?

Draco fit « non » de la tête. Il savait qu'il était tout pour ses parents.

- Regulus n'avait personne, et c'était un garçon qui à sûrement vu plus de choses terribles que n'importe qui. Sa conscience ne lui permettait pas de marcher librement. Mais votre père avait une seule et unique priorité : vous et vous seul.

- Comment… Comment s'en est-il sorti ? Mon père ?

Le regard dur de Severus Rogue s'assombrit et se posa sur le cadre photo.

- Il avait un ami. Un ami qui lui à offert une porte de sortie.

Le cœur de Draco tambourinait contre sa poitrine.

- Cet ami… Vous le connaissiez ?

Severus se leva et se dirigea vers la porte.

- Notre temps de parole est écoulé, je ne veux pas vous voir rater un autre cours.

Draco fronça les sourcils mais se leva tout de même.

- C'était vous ? C'est vous qui l'avez aidé ?

Le visage du professeur de potion lui apparut d'un coup vide d'émotion.

- Non, ce n'est pas moi. Mais vous comprendrez que je ne porte pas votre père dans mon cœur. Une part de moi le tien encore responsable de la mort de cet ami… Que nous avions en commun. Laissez moi ajouter une chose : vous êtes un garçon brillant et j'attends beaucoup de vous mais faites attention, il n'y a rien de pire que de se retrouver seul.

Draco comprit que l'homme ne lui dirait plus rien. Il sortit de la pièce et pressa le pas pour s'éloigner de son professeur sans un regard en arrière.

Il avait botanique avec les Gryffondor. A croire que cette école adorait les mettre ensemble... Quand il arriva sur place, ceux de sa maison s'y trouvaient déjà. Il repensa aux paroles de Severus Rogue. Il n'y avait rien de pire que la solitude, selon lui. Draco trouvait que le plus dur, c'était de choisir d'être seul et d'être détesté pour ça. Pourtant, il ne voulait pas rendre les choses plus difficiles. Et parfois, il fallait ravaler sa fierté.

Il avança d'un pas sûr vers ses camarades. Pansy le regarda comme s'il avait égorgé un chat et Crabbe et Goyle roulaient déjà des muscles.

- Ce que j'ai dit tout à l'heure…

- Est totalement oublié, le coupa Nott.

Draco lui offrit son regard le plus bovin mais Nott se concentra sur les autres. C'était bien trop rare que Théodore prenne la parole durant une dispute pour ne pas y prêter attention.

- Tu avais raison. Non, tu as raison. Nous ne sommes pas responsables des actes de nos parents. Beaucoup croient le contraire dans cette école et si on commence à faire de même dans notre propre maison, alors ça ne sert à rien de venir. Je sais ce que mon père a fait. Je sais qu'il est… - Nott ferma les yeux et secoua la tête - je sais qu'il est un meurtrier.

Pansy hoqueta.

- Je le sais. Et il paie pour ses actes en prison. Ce que je sais aussi, c'est que les idées arriérées qui l'ont conduites derrière les barreaux, je ne les partages pas. Je ne suis pas comme mon père. Ça ne veut pas dire que Malfoy est comme le sien.

- Mais son père devrait payer ! Lui aussi en faisait partie, ce n'est un secret pour personne !

- Ma mère dit que Lucius Malfoy était même un membre actif des mangemorts.

Théodore Nott prit une grande inspiration.

- Et vous punissez Draco pour ça ? Prenez-vous en plutôt au Ministère, dans ce cas là ! Ou admirez avec quel adroit tour de main il a réussi à échapper à la prison ! Vous savez tous comment ça s'est passé. Tous vos parents en prison se sont empressés de vendre leurs amis dans le but d'éviter Azkaban. Ne venez pas me faire croire que vos familles sont soudées ! Elles le sont uniquement dans la haine. Même le père de Goyle était le premier à crier que mon père était l'assassin de trois aurors !

Jamais Draco n'avait vu Goyle tout faire pour paraître plus petit que ce qu'il était.

- Tout ce que je retiens, c'est que les mangemorts avaient pour but de tuer la seule personne qui avait le talent nécessaire pour sauver ma mère et qu'il l'a fait une fois la guerre terminée ! Au lieu de se marcher dessus, on devrait se soutenir ! Bon sang, Malfoy est notre champion et s'il gagne, c'est tous les Serpentard qui arrêteront de passer pour des arrivistes qui agissent dans l'ombre !

- Pourtant c'est ce qu'on fait de mieux, fit Draco amusé par la tournure des événements.

- On dirait que tu as un fan, se moqua Blaise.

- La ferme, répliqua Nott.

- Théodore a raison, murmura Millicent. Ma mère m'a dit qu'Abraxas Malfoy n'était pas un cadeau et que c'est un cauchemar qu'il soit en liberté.

Draco leva les yeux au ciel. La discussion fut interrompue par Madame Chourave.

- Qu'est ce que vous faites encore dehors !? Rentrez en classe immédiatement !

Ils s'exécutèrent mais Draco tira Pansy par le bras.

- Je ne retirerai pas ce que j'ai dit sur la fierté mais je suis désolé d'avoir parlé de ton père comme ça.

Pansy le regarda de haut en bas avant de dégager son bras.

- Tu as de la chance, Malfoy : tu es beau, et à cause de ça, j'ai beaucoup de mal à t'en vouloir. La seule chose de rassurante dans cette histoire est qu'il n'aura pas son mot à dire sur mon futur mari.

Draco rit et Pansy plissa le nez.

- Tu dois avoir un peu de sang Vélane pour qu'on te passe tout.

- Là, tu m'insultes Pansy, mon sang est redoutablement pur !

Pour toute réponse, Pansy grimaça un sourire.

OooooooooooooooOooooooooooooooooO

- Je n'arrive pas à croire que tu aies délibérément mis ton nom dans la Coupe !

- Et moi je n'arrive pas à croire qu'on parle encore de ça...

- Oh, ça suffit vous deux ! On ne peut pas passer un seul repas en famille sans que miss mère-poule et monsieur l'enfant teigneux ne fassent des siennes !

Louve fusilla du regard tour à tour Nolan et Harry et les deux garçons se murèrent dans le silence.

- Vous n'êtes pas croyables !

- Tu parles... Qui était en train de se cacher les yeux pour ne pas voir Harry être sur le point de littéralement mourir de rire !? pesta Nolan.

- Chose incroyable : je suis encore vivant !

Nolan se tourna vers lui et lui lança un de ses regards désapprobateurs.

- Qu'ont dit tes parents ?

- « Nous sommes fiers de toi, Harry », plaisanta le brun.

Sa blague fit seulement rire Louve. Harry donna alors un léger coup d'épaule à Nolan.

- Si ça peut te rassurer, j'ai eu très peur...

- Non, ça ne me rassure pas du tout ! Est-ce qu'au moins tu sais comment te préparer pour la seconde tache !?

- Pas le moins du monde : mon indice est en morceaux.

- Pourquoi tu n'utilises pas ta forme de renard pour entrer dans le carrosse de Beauxbâtons et jeter un œil à celui des filles ?

Harry fronça les sourcils devant le commentaire de Louve.

- Même si c'était quelque chose que je voulais faire, ce qui est faux, imagine un instant que l'indice soit diffèrent pour chacun d'entre nous.

- Oh, je n'y avais pas pensé, fit Louve.

- Ce qui prouve que tu n'aurais pas eu ta chance, se moqua Nolan.

- La ferme, poule mouillée !

Harry cracha ce qu'il avait dans la bouche pour se mettre à rire et récolta un air parfaitement dégoûté de la part de Nolan.

- Au fait… Qu'en est-il de Granger ?

- Granger ?

- Tu passes beaucoup de temps avec elle, minauda Louve, alors je me disais que…

- Que rien du tout, la contra Harry.

Louve lui fit une pichenette sur le front.

- Sur un autre ton, Potter. Je surveille les fréquentations de mon petit frère.

- Hermione est loin d'être une mauvaise fréquentation, fit sombrement Nolan. Mais Malfoy…

- Quoi, Malfoy ? demanda Harry.

- Il ne brille pas par sa réputation.

- Comme tout Serpentard, ajouta Louve.

Harry fronça les sourcils.

- Vous pensez que Malfoy est une mauvaise fréquentation ?

- Disons que sa famille n'est pas la plus reluisante du monde sorcier.

- Mais ça n'a rien à voir avec Malfoy lui-même, rétorqua le brun.

- Peut-être, mais il est tout de même très fier de ce qu'il est et d'où il vient. C'est juste qu'il avait l'air de vouloir se rapprocher de toi.

- Il peut bien, non ? On a le même balai, après tout, ça veut dire quelque chose.

- Je dis ça comme ça. Il est tellement antipathique...

Harry se renfrogna mais Louve ne sembla pas le voir une seule seconde.

- Bon, ne restez pas plantés là, la pause va bientôt se terminer ! Harry, Nolan, on mange ensemble ce soir encore !

Louve quitta le banc sur lequel ils s'étaient installés en laissant les deux garçons seuls. Harry en profita pour interroger Nolan.

- Louve déteste les Malfoy ?

- Louve ne déteste pas les Malfoy, elle s'en méfie. Comme tout le monde...

- Comment ça ?

Nolan soupira.

- Parce qu'ils ont retourné leur veste. Parce que Lucius Malfoy n'a pas fait de prison, même si tout le monde sait qu'il était un mangemort. Parce qu'il a été dénoncé par les autres mais il s'en est tout de même tiré par on ne sait quel miracle. Et ne me sors pas l'histoire de tes parents : ce n'est pas suffisant pour qu'il soit absout de tout tort. Lucius Malfoy méritait d'aller à Azkaban. Ça ne plaît à personne, pas même aux Serpentard. Et puis…

- Et puis ?

- Il est lié aux Lestrange.

Harry, qui il y a quelques secondes, était prêt à défendre bec et ongle Malfoy, perdit toute combativité.

- Oh…

- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. J'ai de la peine pour Malfoy, je crois que ce n'est pas facile pour lui non plus mais au moins, il ne se laisse pas marcher dessus. Ça le rend encore plus détestable aux yeux de certains.

- Donc, tous les Serpentard ne se tiennent pas main dans la main...

- En partie. Mais ils doivent faire front commun. Même si les événements de la guerre sont pour la plupart enterrés, il reste le ressentiment des parents et il se traduit chez les élèves.

- C'est stupide, répondit intelligemment Harry.

- Je le pense aussi. Louve n'a pas de mauvaises pensées vis-à-vis de Malfoy mais elle tient la maison des Serpentard plus ou moins responsable de ce qui est arrivé à ses parents. Cette coalition, cette idée prônée par Salazar, tout ce qui a engendré la guerre. Les Malfoy, c'est cette petite tâche qu'on aimerait effacer mais qui est incrustée dans le verre.

Harry resta silencieux. Il n'imaginait pas que le fait d'aider Lucius Malfoy le mettrait dans cette position. S'il était honnête avec lui-même, il aurait aimé demander aux Malfoy quelle situation ils auraient préféré. Mais il doutait que Lucius aurait apprécié de savoir que dans une autre réalité, non seulement il avait fini à Azkaban mais qu'en plus, il se retrouvait sans baguette et plus bas que tout dans la hiérarchie de Voldemort. Et puis quelque part, il aimait l'idée que Malfoy protège son terrible héritage envers et contre tout. Avec du recul, il se sentait bien plus proche de Malfoy que ce qu'il aurait pu croire. Il voyait encore le blond pointer sa baguette sur Dumbledore dans l'unique but de protéger la seule chose qui comptait : sa famille. Harry doutait réellement que Malfoy était un fervent partisan de la cause de Voldemort. C'était au final une victime collatérale. Et aujourd'hui, il en était de même. Sauf que cette fois-ci, Malfoy empruntait des contes moldus.

Harry trouvait cela hallucinant de comprendre à quel point lui-même avait été buté et aveugle.

- Qu'est ce qui te fait rire ?

- Je me disais juste que quand on est jeune, on a le don de choisir des ennemis qui ne le sont pas vraiment.

Cette fois-ci, ce fut Nolan qui lui décocha une pichenette.

- Ne commence pas à sortir ce genre de choses.

Mais ça ne fit que redoubler l'hilarité d'Harry.

OoooooooooooooOooooooooooooooO

- Tu n'étais pas là durant le repas mais on dirait que les filles de Beauxbâtons ont résolu le mystère...

Harry en resta bouche bée. Dimitri balança la tête d'un air défaitiste.

- Si vite ?

- Elles sont motivées, il faut croire. Tu as une idée ?

- Aucune.

- Tu devrais te dépêcher de trouver parce que Natasha commence déjà à désespérer.

- Je ne désespère pas, fit-elle en grognant. Je me dis juste que l'avantage qu'était sensé représenter Harry est juste une vaste plaisanterie !

- Parfait, je me sens encore plus légitime comme champion comme ça...

- On se fiche bien des tes états d'âme !

Dimitri couvrit son rire avec sa main.

- Si tu veux, on peut aller faire un tour à l'intérieur du carrosse et voler leur parchemin.

- C'est une idée brillante ! s'enthousiasma Natasha.

- C'est une idée stupide, intervint Dimitri.

Harry laissa ses deux amis se disputer sur le pour et le contre d'un futur larcin jusqu'à ce qu'ils arrivent en cours.

Durant une après-midi entière, ils revisitèrent les sort d'attraction et de répulsion en informulé. En milieu d'après-midi, cependant, la directrice décida de prendre Natasha et Harry à part. Les deux élèves affichaient déjà un air extrêmement coupable.

- Je ne vais pas revenir sur le résultat de la première épreuve et je ne serai pas celle qui vous fournira plus d'indices. Je veux juste revenir sur ton petit don de magie sans baguette, Harry. J'apprécie de voir que mes élèves sont un poil plus doués que la moyenne, seulement… Les autres écoles n'ont pas ce genre d'exercice au programme.

- On vous a fait des réflexions ?

- Non. Mais je me sens obligée d'accorder un malus quand je vous vois exceller.

- Mais le Tournoi n'est pas justement là pour qu'on montre de quoi on est capables ? demanda Natasha.

- Si, en effet. Cependant, l'enseignement dispensé à Durmstrang est un peu plus poussé que ceux des autres écoles et cela attise parfois la haine ou la jalousie. Je n'aimerais pas que l'on nous traite de tricheurs.

- Donc..., fit Harry. Pas de magie sans baguette ?

- Sauf en cas de force majeure, concéda la directrice.

Elle les laissa ensuite reprendre leur cours de potions mais retint de nouveau toute la classe après la fin de celui-ci.

- Avant que vous ne partiez, nous avons deux ou trois petites choses à voir. En tant qu'invités, aucun de nous ne rentrera pour les fêtes de Noël.

Il n'y eut aucune protestation parce qu'ils se doutaient tous que ce serait le cas.

- Vous allez cependant assister à une tradition du Tournoi : le bal de Noël.

Cette fois-ci, des murmures excités parcoururent leur petit groupe mais pas de gloussement idiot.

- Faites en sorte que vos tenues soient propres et prenez le temps de répéter quelques pas de danses. De plus, les champions ouvriront le bal ; je les invite donc à trouver rapidement une ou un partenaire avec qui s'y rendre.

Harry sentis alors toutes les couleurs quitter son visage. Il avait eu beau vivre des tas de vies, si une chose restait certaine pour lui, c'était que ses talents de danseur étaient très proches de zéro.

- Affronter mille dragons me semble plus faisable que de participer à un bal, grogna Harry.

- Qu'est ce que tu racontes !? On va tellement s'amuser ! En plus, tu sais déjà qui inviter donc tu ne seras pas obligé de prendre ce qui reste !

Harry regarda Natasha, horrifié.

- Il faut juste qu'on aide Dim' à trouver un peu de courage pour inviter Louve.

- Je n'ai pas l'intention d'inviter Louve au bal, fit le brun de sa voix la plus douce.

- Comment ça ? Qui comptes-tu inviter ? Depuis quand tu as changé d'avis ?

Dimitri fit mine d'épousseter sa veste et ignora les questions de son amie. Harry, lui, était encore en train de se demander comment il allait s'y prendre pour inviter Hermione et comment il allait faire pour ne pas lui marcher sur les pieds durant toute la soirée.

- J'ai besoin de cours de danse.

- Vous avez surtout besoin de trouver une solution pour la prochaine épreuve, leur rappela Anna, qui passait derrière eux.

- Je peux te donner des cours de danse, Harry.

Natasha et lui regardèrent Dimitri avec des yeux ronds.

- Des fois, j'oublie que c'est un Tsar… Et que c'est dans son sang.

Le brun se mit à rougir mais frappa le bras de la jeune fille qui pouffa.

- Ma mère… M'a appris, parce que… Bon, parce que c'est de famille et… Oh, ça va ! Débrouillez-vous tous seuls !

Natasha et Harry eurent beaucoup de mal à retenir leur rire.

OooooooooooooooOoooooooooooooooO

Poudlard était devenu une basse-cour, pensa Draco. C'était la seule raison valable qui pouvait expliquer tous ces gloussements.

- C'est fou comme une simple coupe te transforme soudain en Don Juan.

- Ta jalousie, Blaise, te rend de moins en moins attirant, se moqua le blond.

- Je suis jaloux, en effet. Que tu n'aies même pas eu besoin de te fatiguer à demander. Daphné s'est littéralement précipitée sur toi. En revanche, je ne suis pas jaloux du futur calvaire que tu vas vivre.

- Je te demande pardon ?

Mais Blaise préféra afficher un sourire sardonique plutôt que de répondre, même si Draco voyait parfaitement de quoi il voulait parler...

Daphné était une jolie fille. Elle était perspicace, intelligente et sarcastique mais elle était aussi possessive et parfois agressive dans sa façon de parler. Draco la supportait parce qu'il trouvait qu'elle lui ressemblait. En fait, Daphné ressemblait à peu prés à tous les Serpentard imbus d'eux-mêmes. En sortant avec Daphné, c'était un peu comme s'il sortait avec lui-même. C'était une chose qu'il n'avait pas intérêt à dire à la jeune femme. De même qu'il avait plus l'impression d'être avec elle parce qu'ils étaient bien assortis et non pas parce qu'ils avaient des points communs.

Draco était sûr d'une chose : il était bien moins passionné par sa petite amie qu'elle ne l'était par lui. Et c'était une mauvaise façon de débuter une relation. Mais il s'en fichait pas mal, n'en déplaise à ses parents : il pensait très sérieusement que trouver l'amour à Poudlard était surfait.

Mais jusqu'à ce qu'il soit réellement fatigué de cette situation, il allait laisser la jeune fille mener cette histoire comme elle l'entendait.

- NE ! Ne tak !

Draco tourna la tête en même temps que Blaise. Ils venaient tous les deux de passer devant une classe dont la porte était entrouverte.

- C'était du Russe ?

- Snova ! Snova ! Odin, dva, tri…

C'était clairement du Russe. Draco était persuadé que s'ils étaient venus jusque dans cette partie du château, c'était pour être tranquilles. Manque de chance, c'était aussi sur le chemin des cachots.

Blaise fut le premier à faire demi-tour et à ouvrir doucement la porte pour se faire surprendre par des éclats de rire. Il se poussa un peu sur le coté et Draco put voir ce qui se passait.

Et la scène était fichtrement comique : Harry Potter tenait fermement la main de son ami brun et celle de l'autre garçon se trouvait dans le dos du champion. Son visage exprimait avec perfection l'impatience. Et ça empira quand il donna un ordre en Russe, forçant Potter à se déplacer.

C'était catastrophique. Même en comptant les pas, il trouvait le moyen de se tromper. Si Draco avait pensé qu'il avait bel allure sur le terrain de Quidditch, aujourd'hui, il le trouvait gauche et maladroit. De l'autre coté, la blonde du nom de Natasha riait tellement fort qu'elle devait se tenir les côtes pour ne pas s'écrouler.

- Natasha !

La jeune fille leva la tête et Dimitri s'écarta de son piètre partenaire.

- Vmeste…

Tout en pouffant, Natasha obéit et attrapa Harry de la même manière que le brun avait tenu son ami. Ce qui signifiait que c'était elle qui conduisait et pas Harry. Étrangement, Potter avait l'air plus à l'aise quand il ne menait pas la danse et se laissait porter par la blonde.

L'autre brun secoua la tête, dépité.

- Stop… Harry…

Blaise interrompit la partie en applaudissant avec force. Ce qui lui valut un regard noir de la part des trois élèves.

- Est-ce que je peux participer ?

Les trois amis se regardèrent. Le garçon aux cheveux noirs secoua la main et dit quelque chose d'incompréhensible, ce qui fit rire la fille et Potter.

- Qu'est ce qu'il a dit ? demanda Draco.

- S'il a parlé en Russe, c'est sûrement pour que vous ne le sachiez pas, rétorqua Harry.

- Tu vois, Draco, au lieu d'apprendre le français, tu aurais du choisir la langue de la mère patrie, s'amusa Blaise. Potter, je croyais que la valse était la première chose qu'on apprenait à Durmstrang ?

- J'ai du rater ça, fit Potter en haussant les épaules.

- Je plains ta cavalière, fit Malfoy. Vu comment tu danses, il faudrait que ça soit un homme qui mène les pas.

- C'est une proposition, Malfoy ? lui répondit Harry grand sourire.

- J'aurais pu me dévouer, en effet, mais j'ai déjà une danseuse hors-pair en accompagnatrice. Et puis je n'ai pas envie de sacrifier mes chaussures pour tes beaux yeux.

- Je savais que tu aimais mes yeux ! s'amusa Harry.

Natasha claqua des doigts.

- Moins de flirt, plus de danse.

- Inutile, fit Harry. Il y a des choses pour lesquelles je brille et d'autres pour lesquelles il faut que j'apprenne à perdre.

- Quelle mentalité... Avec ça, Durmstrang est sûr de remporter toutes les batailles.

Blaise avança comme un prince dans la pièce et se positionna face à Natasha.

- Cette charmante jeune fille veut-elle bien m'accorder une danse ?

Natasha regarda la main que lui tendait Zabini mais se détourna complètement de lui pour prendre ses deux amis par le bras.

- Bien sûr, j'ai besoin d'un cavalier pour le bal !

Les trois amis passèrent devant Draco et sortirent de la salle, laissant un Blaise Zabini une main dans le vide.

- Tu vois, Blaise, tu l'as ta cavalière. Et sans demander, en plus.

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Et voilà pour aujourd'hui. Je vous souhaite à tous donc, de délicieuses fêtes. Qu'elles soient pleines de joie et de bonheur et de cadeaux bien sûr.

J'avais cru pouvoir poster un OS de nowel mais mon emploi du temps ne me le permettra pas. Je vous dis donc à Janvier les agneaux. Ou comme on le dit si bien : A l'année prochaine arf arf arf.

(Cela dit je vous conseille de surveiller la journée du 26 huhu)