gribouille1948 : Merci, contente de voir que cette histoire te captive.

La-petite-folle : Merci, et pour l'âge on va dire "un certain âge". Je me documente énormément pour mes fics et le plus minutieusement possible en effet. Encore merci pour tes autres reviews, hier soir j'ai bien ri en les voyant les unes derrière les autres. Les petites histoires très courtes ont été écrite lors de défi: Ecrire un OS en 1 heure avec un thème précis.

Et voilà une suite, alors que va être les conséquences du pétage de plombs pour Castle?

Bonne lecture


Chapitre 38 : Cauchemars.

18h15.

Le Dr Kapoor s'apprête à quitter l'hôpital lorsqu'elle reçoit l'appel d'une infirmière l'informant qu'il y a un problème avec Castle. Elle se rend immédiatement à son chevet, l'écrivain est toujours endormi néanmoins il hurle de terreur et marmonne inlassablement des paroles inaudibles.

Ça l'a pris brusquement docteur, il était agité dans son sommeil, rien d'inhabituel dans son état. Nous avons essayé de le réveiller en vain. Normalement avec la dose de sédatif que nous lui avons administré il aurait dû sortir de son sommeil depuis une heure déjà.

- Allez me chercher une dose de lorazepam.

- Bien docteur.

Elle injecte le calmant à Castle et s'installe près du lit en attendant qu'il fasse effet. La psychiatre est inquiète, elle craint que l'épisode violent de la matinée dû à son état paranoïaque ne l'ait fait définitivement sombrer dans la folie. Surya a peur de s'être trompée bien sûr, comme elle a expliqué à sa mère et sa fille, elle s'attendait à des crises de rage entrecoupées de périodes d'abattements, certainement pas à ce qu'il agisse si méthodiquement de façon rationnelle avec patience. Après quelques minutes les hurlements cessent, bien qu'il soit toujours agité. Les marmonnements s'arrêtent également et Castle ouvre brusquement les yeux, sa respiration est forte et saccadée.

Le médecin remarque tout de suite son air apeuré voire terrorisé, il ne l'a pas encore vu, par contre lorsqu'il constate qu'il est attaché il se met à trembler. Ses yeux s'humidifient mais les larmes ne coulent pas. La psychiatre décide d'intervenir choisissant de rester assise pour ne pas donner à Rick le sentiment d'être dominé et donc menacé.

- Ça va aller Richard, vous ne risquez rien, vous êtes en sécurité.

Au son de sa voix il sursaute et a un mouvement de recul retenu par les sangles. Puis il la fixe sans la reconnaître apparemment avant de la supplier d'une voix tremblante.

- Je vous en prie arrêtez les décharges… s'il-vous-plaît… je ferai tout ce que vous voudrez… ne m'envoyez plus de décharges. J'obéirai, je vous le promets.

- Richard, je ne vous veux aucun mal, je suis médecin et…

- Non… non, c'est pas vrai… je… je ne sais pas ce que vous voulez mais je vous en supplie arrêtez ça. Persiste-t-il effrayé sans comprendre pourquoi par la natte de la femme… pitié, enlevez-moi ce collier… ce n'est pas nécessaire, je jure de faire ce que vous voudrez.

- Je ne vous veux aucun mal Richard, répète-t-elle. Et je vais vous le prouver, d'accord?

Elle n'obtient aucune réponse, il est clair que Castle est totalement perdu dans des souvenirs brutaux de sa détentions qui sont venus troubler son sommeil. Le Dr Kapoor fait immédiatement le lien entre les vidéos montrant l'écrivain subir les chocs électriques et la décharge de taser reçue et à laquelle il a plutôt bien résisté lorsque les gardes de la sécurité l'ont maîtrisé. Il faut qu'elle y aille progressivement, sans le brusquer et la première chose à faire est de lui prouver qu'il ne porte aucun collier. Pour cela elle lui libère le poignet gauche et note dans le même temps son mouvement craintif quand elle lui frôle la main.

- Voilà, vous pouvez toucher votre cou, il n'y a aucun collier, je vous l'ai dit je ne vous veux aucun mal et vous êtes en sécurité ici.

Il hésite un instant avant de porter sa main à son cou. Il constate qu'effectivement il n'y a rien.

- Ça… ça semblait si réel et le reste aussi, dit-il dans un soupire.

- Le reste? Vous voulez bien m'en parler? Vous n'êtes pas obligé, précise-t-elle en voyant l'air paniqué de Castle. Vous ne le faites que si vous le voulez, c'est à vous de décider Richard.

Bien qu'effrayé par la situation, tout au fond de lui quelque chose le pousse à faire confiance à cette femme. Il ne sait pas où il est, quoiqu'il en ait une vague idée. Il ne sait pas ni pourquoi il est là, ni comment il y est arrivé. Or la seule personne qui semble pouvoir répondre à ses questions se trouve juste à côté de lui.

- Je… je veux bien essayer.

- Bien, et n'oubliez pas, vous pouvez vous arrêter quand vous le souhaitez.

- D'accord… il y a une femme, je ne vois pas son visage juste sa silhouette, sa voix est froide et autoritaire. Je ne sais pas ce qu'elle veut, c'est elle qui déclenche les décharges du collier qu'elle m'a passé autour du cou. Elle est en colère contre moi et je ne sais pas pourquoi. Il pleure mais ne semble pas s'en rendre compte, il poursuit. C'est douloureux et surtout perturbant car je ne comprends pourquoi elle fait ça. Et il y a cet endroit sombre, froid et humide où je suis enfermé, c'est petit, tout à coup il y a de l'eau, beaucoup d'eau, elle remplit la pièce et le niveau monte rapidement. Je… je n'arrive pas à me maintenir à la surface, je suis comme tiré vers le fond. Je me noie, je sens l'eau entrer dans mes narines, ma bouche. Et d'un seul coup plus rien, je me retrouve en train de cracher et de tousser en essayant de reprendre une respiration normale…. Et tout recommence.

Le Dr Kapoor lui laisse le temps de récupéré car cela l'a épuisé moralement. C'est lui qui le premier rompt le silence en lui posant une question qui la surprend quelque peu.

- Est-ce que vous pouvez m'aider à faire partir ces cauchemars, docteur?

- Nous allons y travaillez. Vous voulez bien répondre à quelques questions?

- Bien sûr.

- Savez-vous où vous êtes?

- Je suppose que c'est un hôpital, par contre je ne sais pas pourquoi je suis là. Est-ce à cause de ces cauchemars?

- En partie, nous allons y revenir. J'ai besoin de savoir quel est votre dernier souvenir, une chose précise.

- Ma fille, Alexis, elle est en colère contre moi.

- Pourquoi?

- Elle me reproche de risquer ma vie pour pouvoir m'amuser à jouer aux flics. Et elle a raison, car j'ai été blessé à l'épaule lors d'une intervention.

De toute évidence il mélange plusieurs souvenirs, anciens et récents. Le docteur n'insiste pas, il est temps de dire à Castle où il est et pourquoi.

- Ce sera suffisant pour l'instant, revenons à vos cauchemars. Si comme vous l'avez dit tout à l'heure ils vous paraissaient réels c'est parce que cela vous est vraiment arrivé. Ces cauchemars sont en fait des souvenirs enfouies dans votre subconscient et qui ont refait surface durant votre sommeil.

- Quoi?… je… j'ai… on m'a vraiment fait subir tout ça? Comment? Quand?... pourquoi?... je ne me souviens de rien.

Castle est désarçonné par ce qu'il vient d'apprendre, tout se bouscule dans son esprit, il essaie de se rappeler mais rien ne vient si ce n'est les images de ses cauchemars. Il sent une main prendre la sienne, d'instinct il la serre comme si sa vie en dépendait s'y accrochant comme à une bouée de sauvetage.

Je sais que je vous en demande beaucoup Richard, cependant il faut que vous me fassiez confiance, je suis là pour vous aider. Je sais que cela ne va pas forcément être facile et qu'il vous arrivera peut-être d'en douter. Mais c'est indispensable si vous voulez que l'on avance ensemble.

- Je vais essayer.

- Bien, c'est déjà un bon début. tout d'abord je vais vous dire où vous êtes et pourquoi. Vous êtes dans le service psychiatrique de l'hôpital Bellevue. Je suis le Dr Surya Kapoor votre psychiatre. Il y a un peu plus de deux mois une personne vous a enlevé.

- Pour une rançon?

- Non, c'est plus complexe que ça. Cette personne était mentalement instable et ce qu'elle vous a fait subir pendant votre séquestration vous a profondément changé. Vous souffrez de graves troubles de mémoires suite à ce traumatisme. Lorsque la police vous a retrouvé vous n'étiez plus vous-même, cette personne vous ayant détruit psychologiquement. C'est pourquoi vous êtes dans mon service.

- Vous ne me dites pas tout, n'est-ce pas? Vous savez qui est cette personne, ce qu'elle me voulait et pourquoi elle m'a fait ça? Je vous en prie dites le moi.

- Effectivement j'en sais beaucoup mais je ne peux rien vous dire. Comprenez-moi bien, je ne veux rien vous cacher, vous connaîtrez toute la vérité, cependant il faut que cela se fasse en douceur, je ne peux pas tout vous raconter d'un bloc. Vous êtes déjà ici depuis 18 jours déjà.

- C'est impossible, je m'en souviendrai tout de même, à moins que vous m'ayez gardé endormi tout ce temps.

- Non, seulement une semaine, pour votre sevrage.

- Mon sevrage? Pourquoi?

- Cette personne vous a fait prendre à votre insu des cocktails de médicaments pour vous rendre plus docile et malléable à ses exigences. Ils ont contribué en grande partie à la perte de vos souvenirs. Ils ne sont pas complètement effacés juste oubliés.

- C'était une femme… cette personne c'était une femme.

- Oui.

- Pourquoi je ne me rappelle pas des jours que j'ai déjà passé ici?

- Certainement parce que vos véritables souvenirs refont surface, je dirai que votre cerveau a installé un pare-feu pour éviter que tout s'embrouille. C'est aussi pour cela que je ne vous dis pas tout. Votre mémoire va revenir petit à petit, très certainement dans le désordre, vous allez être perdu dans tout ce flot d'information et c'est là que j'interviens. Je vous aiderai à les comprendre et à les remettre dans le contexte.

- Je comprends… c'est logique. Dites-moi est-ce que j'ai été violent envers les autres ou moi-même?

- Pourquoi cette question?

- Ça me semble évident, dit-il en tirant sur son poignet toujours attaché.

- Oui, vous avez été agressif, mais surtout très en colère. Rassurez-vous, vous n'avez blessé personne.

- Ça va être long? Est-ce que vous allez me garder ligoté?

- Tout dépendra de la vitesse à laquelle vos souvenir resurgiront et comment nous arriverons à le gérer. Cela sera parfois pénible et difficile à accepter, vous allez vivre des moments très durs. Alors n'oubliez jamais que je suis là pour vous écouter. Pour les sangles ça dépend entièrement de vous Richard. Je peux vous donner un traitement pour vous aider à vous détendre seulement si vous acceptez de le prendre. Cependant pour votre sécurité et celle du personnel soignant même détaché vous devrez rester dans cette chambre sécurisée pour l'instant.

- C'est d'accord, accepte-t-il ne semblant pas réticent à suivre un traitement.

- Très bien, nous allons commencer dès maintenant.

Le Dr Kapoor sort de la chambre et revient avec les comprimés que Castle avale sans problème. Elle le détache, lui dit qu'il risque de se sentir un peu dans le «coton» pendant quelques heures mais qu'il ne faut pas qu'il s'inquiète pour cela. Elle lui conseille de ne pas hésiter à demander de l'aide au personnel soignant si besoin.

19h10 au loft.

Kate prépare un repas tout simple, elle est là depuis la fin de la matinée, Martha l'ayant appelée dès leur retour de l'hôpital. Elle a eu du mal à encaisser la nouvelle mais pour Alexis elle a pris sur elle. Aussitôt rentrée la jeune fille s'était enfermée dans sa chambre, Kate avait écouté Martha lui raconter ce qu'il s'était passé et était monté ensuite réconforter Alexis. Cette dernière avait fini par s'endormir pour ne se réveiller qu'en milieu d'après-midi, sa grand-mère s'était quant à elle assoupi sur le canapé. Elle était restée auprès d'elles autant pour leur apporter son soutien que pour trouver le leur.

- Alexis tu veux bien mettre la table, c'est prêt.

- Je n'ai pas faim.

- Table… trois couverts maintenant. Tu n'as rien avalé depuis le petit déjeuner et nous non plus, alors pas de protestations. Dit Martha en prenant les verres dans le placard.

Kate pose le gratin sur la table lorsque le téléphone du loft sonne, Alexis y voit une occasion de sauter le repas mais sa grand-mère la devance.

- Martha Rodgers.

- Bonsoir Madame Rodgers, c'est le Dr Kapoor…

- Un problème avec Richard? S'inquiète aussitôt l'actrice.

- Non, au contraire, j'ai une bonne nouvelle. Ses souvenirs commencent à revenir, sous forme de cauchemars mais cela a permis d'établir un dialogue.

- Merci Mon Dieu! Et, comment va-t-il? Je veux dire, comment le prend-il?

- Relativement bien vu les circonstances, il est perturbé ce qui est tout à fait normal. Cependant il a accepté mon aide et aussi de prendre un traitement. Il a occulté ce qui s'est passé ce matin et les jours qu'il a déjà passés dans mon service ce qui pour le moment est une bonne chose.

- Est-ce que nous pourrons le voir?

- Pas tout de suite, le mieux serait même d'attendre qu'il demande à vous voir. Je sais que cela est difficile pour vous trois mais soyez patientes. Je vous tiendrai informé de l'évolution de son état.

- Merci docteur, bonsoir.

- Bonsoir Mme Rodgers.

L'actrice raccroche et, pour la première fois depuis des jours, sourit soulagée.

- Grand-mère, est-ce que tu vas nous dire ce qu'il se passe!

- Ton père commence à retrouver ses vrais souvenirs.

Elle leur répète ce que le médecin lui a dit, les trois femmes s'enlacent soulagées entrevoyant enfin une lueur d'espoir pour Castle. Bien sûr elles sont conscientes que cela ne va pas se faire rapidement et facilement mais il y a une réelle chance de guérison pour l'homme de leurs vies et pour l'instant c'est suffisant. Le contrecoup de la nouvelle les assomme quelque peu et Martha refuse que Kate parte, elle a une tête à faire peur et elle est tout aussi épuisée quelles nerveusement. Elle insiste pour qu'elle dorme dans la chambre d'ami, la jeune femme n'a pas d'autre choix que d'accepter.

Avant de se coucher, elle va prendre une douche bien chaude. Bien qu'elle soit ravie par cette évolution de l'état de Castle, elle sait par expérience que le plus dur reste à venir. Après s'être fait tirer dessus, il lui avait fallu plusieurs mois pour accepter ce qui lui était arrivé. Et encore, elle savait pourquoi cela avait eu lieu, c'était même prévisible et cela lui avait permis de mieux y faire face. Or pour Castle il s'est juste retrouvé entre les mains de cette cinglée qui a décidé de jeter son dévolu sur lui. Aucune raison logique, c'était un acte imprévisible et à cause de cela elle sait qu'il va lui être difficile d'accepter ce qui lui est arrivé. Mais, s'il le veut, elle sera là pour lui. Elle est prête à l'aider, ne dit-on pas qu'à deux on est plus fort?

«Encore faudrait-il qu'il veuille encore de toi dans sa vie» pense-t-elle avec tristesse.