Coucou tout le monde, voici la suite de 'Harry et l'héritier'… Désolée si vous attendais la suite de mes autres fics mais pour l'instant, je suis plus inspiré par cette histoire mais promis je vais m'atteler aux autres.
La dernière fois, nos deux héros arrivaient près de la tombe des parents d'Harry et ils voyaient quelqu'un près d'un arbre. Qui est-ce ? Réponse aujourd'hui dans ce chapitre plus sombre… Alors je m'excuse d'avance pour la fin assez sadique.
Bonne lecture et à bientôt.
Je remercie tous les reviewers anonymes à qui je ne peux répondre…
Chapitre 37 : Rodolphus
Je n'avais plus qu'une hâte alors que je l'emmenais sur la tombe de ses parents, c'était de retourner au Manoir au plus vite. J'avais cru quand j'avais accepté cet après-midi, d'aller avec Potter à Godric's hollow que cela me changerait peut-être les idées, que je n'y penserais plus, que je n'aurais plus devant mes yeux, le visage de mon ancien amour mais j'avais regretté le fait d'être venu ici au moment même où j'avais atterri sur l'herbe haute. Plus que tout autre endroit au monde, c'était ici que je prenais réellement conscience de la portée de mes actes, de ce que ma soif de vengeance et de pouvoir m'avaient fait faire, durant mon adolescence, d'autant plus lorsque Harry me regardait avec ses grands yeux émeraude, embués de larmes. Et puis, venir ici n'avait rien changé à la situation, je ne pouvais m'empêcher de repenser à Reg et l'ironie de ma vie ne m'avait jamais paru aussi criante qu'en cet instant. Par un tour incroyable du destin, je me retrouvais aujourd'hui, en ce jour anniversaire, aux côtés d'un garçon et pas n'importe lequel, celui pour qui j'avais renoncé à Regulus il y a dix-sept ans exactement. En effet, c'était ce soir-là que j'avais enfin pris la décision d'intégrer définitivement l'Ordre et de devenir un espion pour le compte du directeur de Poudlard. Après avoir fait l'amour avec Regulus et tandis qu'il s'était assoupi à mes côtés, je l'avais regardé pendant un temps qui m'avait paru infini et j'avais alors compris que si nous continuions dans cette voie, cela nous mènerait à notre propre perte. Le seigneur des Ténèbres voulait tuer un bébé, un nouveau-né pour une hypothétique prophétie et j'avais réalisé qu'un jour ou l'autre, il ferait pareil pour nous et nous éliminerait quand il le jugerait opportun. En vérité, j'avais eu tort, c'était moi qui avais ainsi signé l'arrêt de mort de Regulus même si à l'époque, je n'en avais pas eu la moindre idée. Je n'aurais jamais cru qu'il puisse se méfier de Voldemort et l'espionner comme moi et qu'il finisse par le payer de sa propre vie, tout ça dans le simple but de m'aider. Ce qui était le plus étrange cependant dans toute cette histoire, c'était mon absence de regret quant à ma trahison, je n'avais jamais, pas une seule fois eu des remords, de toute manière, je n'avais pas eu d'autres choix possibles.
Et à présent, je tenais par la main Harry pour l'emmener voir la tombe de ses parents, je n'étais pour l'instant venu qu'une seule et unique fois, poussé par Albus. Tandis que je marchais d'un pas plutôt ralenti, je perçus tout d'un coup comme une sensation étrange, je me retournais alors vers Potter qui me désigna du doigt une silhouette contre le chêne que bizarrement je n'avais pas repéré quelques instants auparavant.
« Nous devons partir, Harry… ce n'est pas normal. »
Mais au moment où je me concentrais pour nous faire transplaner sous le regard éberlué de mon amant, rien ne se produisit, nous restions bloqués au même endroit. La fine silhouette encapuchonnée se releva du tronc, nous étions trop loin pour pouvoir savoir qui il était mais un pressentiment au fond de moi ne me laissait guère de doute, c'était un Mangemort sur le point de nous tuer. Il n'y avait qu'une seule chose que je ne comprenais pas, pourquoi ne nous avait-il pas encore attaqué ?
« Vous ne pouvez plus partir d'ici ? prononça une voix aux accents traînants, magiquement amplifiée. Oncle Rodolphus a jeté un sort de protection, d'une très grande force.
- M. Malefoy ? »
Harry s'était crispé lorsqu'il avait entendu les premiers mots de son 'camarade' de classe. Drago Malefoy s'était alors rapproché et avait enlevé sa capuche, libérant ses cheveux presque blancs. Ses traits étaient toujours tirés mais son regard semblait plus dur soit le traitement infligé par Rodolphus avait porté ses fruits, soit le fait de revoir son ennemi personnel lui avait redonné une nouvelle énergie.
« Expelliar…
- Arrête, Harry. Nous ne pouvons plus rien faire, cela ne sert à rien, n'est-ce pas, M. Malefoy ?
- Harry ? Où sont passés les termes 'crétin de Potter', 'tel père, tel fils aussi bête et aussi arrogant l'un que l'autre' ? Et puis depuis combien de temps serrez-vous la main du balafré ? »
Machinalement, je lâchai la main d'Harry qui fusillait Malefoy du regard.
« La ferme, Malefoy !
- En tout cas, vous avez raison, Professeur. Comme quoi, vous ne vouliez pas devenir professeur de défense contre les forces du mal sans raison. Seules trois personnes peuvent faire de la magie dans cet espace, le Seigneur des Ténèbres, oncle Rodolphus et moi. Vous vous doutez aussi que vous ne pouvez plus fuir non plus…
- Une bulle magique totale…
- Oui, elle est placée cinquante mètres tout autour des tombes et vous venez de franchir la limite…
- Et pourquoi sommes-nous encore vivants ?
- Car vous avez de la chance, Oncle Rodolphus n'était pas au Manoir des Lestrange, il a été convoqué par le Seigneur des Ténèbres, il ne sait donc pas encore que la barrière magique s'est mise en alerte et je dois l'attendre, il livrera Potter au Seigneur des Ténèbres et sans doute… sans doute vous tuera-t-il, Professeur. »
Je pouvais voir un éclair d'incertitude traverser ses yeux clairs, tout n'était probablement pas encore perdu, peut-être pourrions-nous le convaincre de nous laisser partir.
« Mais ce n'est pas possible, on ne peut pas rester là. Aide-nous Ma… Drago à partir avant… avant que Lestrange ne revienne !
- Et pourquoi cela, Potter ?
- Je sais que tu ne veux pas tout ça, je l'ai vu en juin dernier… Tu étais prêt à tout arrêter et à céder au Professeur Dumbledore si les autres n'avaient pas débarqué. Je sais bien que ça n'a pas changé…
- Comment peux-tu le savoir ?
- J'étais présent dans la tour d'astronomie et j'ai tout vu et puis je t'ai vu les larmes aux yeux dans les toilettes de Mimi Geignarde, tu ne mentais pas alors. Tu sais ce que t'avait promis Dumbledore tient toujours, on peut t'aider toi et ta mère, je suppose que c'est toujours ce que tu veux, du moins c'est ce que tu voulais en juin dernier…
- Bien sûr que c'est pour mes parents que je le fais, tu crois quoi, que je veux tout ça, rester là avec… avec mon oncle et attendre ton hypothétique venue, Potter ! Je peux t'assurer que tu t'accordes bien trop importance à mes yeux ! Toutefois, si celui à côté de toi n'avait pas tué le vieux fou, je ne serais pas ici, à présent. Je tiens à te le rappeler, si tu ne t'en souviens plus, que c'est lui qui a jeté l'Avada Kedavra, qu'il est seul responsable de la mort du vieux.
- Il n'est pas responsable !
- Tu te fous de moi ! »
Je voyais le blond se faire encore plus dur et être prêt à attaquer Harry et il ne le fallait surtout pas, nous n'avions aucun moyen de fuir, seule une personne autorisée pouvait ressortir d'une telle bulle de protection et si nous voulions nous en sortir, nous avions besoin de Drago Malefoy. J'aurais voulu calmer Harry par notre lien mais malheureusement, notre communication n'est qu'un simple lien magique et donc tout comme tout autre sort, nous ne pouvions plus l'utiliser tant que nous restions dans la bulle.
« Si, Harry, il a raison, j'ai tué Albus et je suis l'unique responsable de la situation… Drago, écoutez-nous, Harry a raison, nous avons la possibilité de vous aider, vous et votre famille.
- Alors pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ? Avant que le Seigneur des Ténèbres ne me force à rester en permanence avec mon oncle, à subir son 'entraînement', ses doloris pour que je sois capable d'en faire autant.
- Rodolphus risque d'arriver d'un instant à l'autre. Réfléchissez, Harry est notre seul espoir.
- Le balafré, vous plaisantez, j'espère ?
- Non, je suis tout à fait sérieux, Drago. Faites le bon choix.
- Quel choix ? Quitter le Seigneur des Ténèbres pour le balafré !
- Au fait, pourquoi vous deviez surveiller cet endroit ?
- Pourquoi devrais-je vous répondre, Professeur ?
- C'est peut-être vital. »
J'avais comme un pressentiment et je devais en avoir confirmation, je me souvenais de notre conversation avec Albus… A côté de chaque horcruxe, seraient présents ses plus fidèles Mangemorts. Drago Malefoy hésita mais finit après quelques secondes par me répondre.
« Je ne sais pas trop, il a juste parlé d'une coupe à protéger. Il y tient beaucoup mais il a dit qu'elle devait absolument restée ici, c'était une question d'honneur. Si une personne cherche à s'en approcher, nous devons la tuer, par contre si c'est Potter, nous avons pour ordre de le ramener au Seigneur des Ténèbres. »
Je me retournais alors vers Harry, ses yeux brillaient, un horcruxe ici à Godric's hollow, Drago venait de nous l'avouer. Le Seigneur des Ténèbres l'avait-il placé là après son retour, pour humilier un peu plus son ennemi, jugeant que sa plus grande victoire était la mort de James et de Lily Potter en attendant celle de Harry. Au regard que me lança mon amant, je ne craignais qu'une seule chose que Harry ne se précipite vers les tombes et que cela n'envenime un peu plus la situation.
« La coupe… la coupe est ici ? Où est-elle Drago, enterrée, sur la tombe de mes parents ? Où ? Dis-le !
- Tu crois que je vais te le dire !
- Il le faut, tu n'as pas le choix, c'est trop important. »
Drago furieux dirigeait sa baguette en plein sur la poitrine d'Harry. Visiblement, il n'appréciait pas du tout de recevoir des ordres de son ennemi personnel qu'il tenait sous son joug.
« Tu crois que tu as les moyens d'imposer ta volonté, Potter. ricana-t-il. Dois-je te rappeler où tu te trouves et que si je ne t'aide pas, tu ne pourras jamais sortir d'ici ou alors grâce à l'aide de mon oncle ?
- Qu'est-ce que tu veux, Malefoy ?
- Savoir pourquoi il est avec toi.
- M. Malefoy, cela ne vous regarde pas. Dois-je à mon tour, vous rappeler que le temps presse ? Acceptez notre offre, faites-nous transplaner pour le Manoir Malefoy, nous connaissons l'endroit parfait pour vous cacher, vous ne risquerez plus rien, ni vous, ni votre mère et votre père sera toujours en sécurité à Azkaban.
- Je… je… »
Une nouvelle fois, l'ancien préfet des Serpentards semblait hésiter tout comme durant le mois de juin dernier, ferait-il peut-être enfin le bon choix. Nous n'avions de toute manière plus qu'à espérer, à attendre. S'il persistait dans son choix de rester Mangemort et de nous livrer, il signait notre arrêt de mort à Harry et moi et il offrirait ainsi sur un plateau d'argent la victoire finale au Seigneur des Ténèbres. Mon ancien élève regardait au loin, il était perdu. Sur son visage, tous les doutes, toutes les tensions qu'il ressentait apparaissaient clairement. Alors que je le voyais commencer à abaisser progressivement sa baguette, prêt à nous laisser nous échapper et qu'Harry soufflait plus fort, visiblement soulagé, le blond tourna légèrement la tête puis lança sur mon amant, sans prévenir et sans le moindre regret, un sort d'immobilisation. Il ne lui avait pas laissé la moindre possibilité de se défendre. Je restais abasourdi et j'eus bien du mal à cacher ma surprise, je le pensais l'instant d'avant sur le point de céder. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, Drago regarda un point invisible et s'adressa à lui avec déférence et crainte.
« Mon Oncle, vous voilà enfin parmi nous, je vous ai attendu. Comme vous m'aviez demandé, je n'ai rien fait, je n'ai juste pas pu résister, j'ai jeté un sort d'immobilisation sur le balafré qui ne cessait de se moquer de moi.
- Drago, je t'avais demandé de m'avertir dès que l'alarme se manifesterait…
- Pardonnez-moi mon Oncle, je… je… Vous étiez avec le Maître et…
- Très bien, nous reverrons ça plus tard. Je crois qu'il y a plus intéressant pour l'instant ! Finite incantatem. »
Le sort de désillusion que s'était jeté Rodolphus avant de transplaner venait de prendre fin, je me demandais vaguement comment j'avais pu ne pas remarquer le pop d'un transplanage. Serait-ce lié à notre perte de capacité en magie ? A présent, les perles noires et froides du Mangemort me fixaient, sa bouche s'étirait dans un sourire qui ne présageait vraiment rien de bon. Il était inutile de penser à ce qu'il allait me faire subir. Je le savais parfaitement, il allait jouer avec moi, me faire souffrir à un tel point que j'en perdrais la raison et que je le supplierais de m'achever. Après tout, c'était bien ce qu'il avait fait subir avec l'aide de sa femme, de son frère et du fils Croupton au couple Londubat.
« Mon cher Severus, que fais-tu donc ici ? Serait-il possible que tu sois venu avec le fils Potter, à moins bien sûr que ce ne soit que par un pur hasard que tu sois venu te recueillir ici, sur la tombe des personnes que tu exécraient le plus au monde, le jour où Potter s'est enfin décidé à en faire de même. »
Sa voix était mielleuse et insupportable à mon oreille.
« Rodolphus, cesse ce petit jeu immédiatement.
- Ttt, ttt, ttt. Je crois que tu n'es pas en mesure de faire ton malin, le Seigneur des Ténèbres va être si déçu, lui qui te considérait comme l'un de ses plus fidèles Mangemorts, Severus. »
Sa voix était volontairement et excessivement doucereuse lorsqu'il avait accentué chacune des syllabes de mon prénom. Il y avait mis tout le mépris dont il était capable. Je ne lui répondis rien, sachant qu'il n'attendait que cela. Il tournait autour de nous deux, comme un fauve tournant autour de sa proie. Je sentais son regard lentement descendre et remonter sur nous deux.
« Alors dis-moi pourquoi tu as préféré amener le gentil fils Potter ici plutôt que de le livrer à notre Seigneur ? »
Il tapait le sommet de sa baguette contre la paume de sa main. Je préférais rester sans rien dire, sans bouger, je savais que Rodolphus allait bientôt perdre patience, il n'avait jamais aimé attendre. Effectivement, très vite, il pointa sa baguette noire contre mon cœur et me lança un doloris. La douleur me fit me tordre en deux, c'était comme si des milliers de poignards me lacéraient le corps tout entier alors qu'il riait à gorge déployée, j'avais toujours été son ennemi personnel, il m'avait toujours trouvé beaucoup trop proche du Seigneur des Ténèbres. J'essayais alors que la douleur se faisait plus vive, de rester debout, le plus droit possible, je ne le laisserai pas remporter une victoire aussi facile, je ne céderais rien. Au fond de moi, j'ai toujours su qu'un jour ou l'autre, je me retrouverais dans cette situation, piégé pour mon rôle dans l'ordre, je ne m'attendais juste pas à ce que ce soit lui qui découvre mon statut d'espion et que ça se passe là où j'avais commis mon plus grand crime. Cela faisait déjà quelques minutes qu'il me torturait et il ne lâchait toujours pas sa baguette en ébène, bois si cher et si noir, bien au contraire, il la serrait encore plus fortement pour me faire encore plus de mal, les articulations de ses doigts étaient blanchies.
« Tu sais que tu résistes bien Severus, tu es très impressionnant, moi qui te prenais pour un faible, un lâche qui s'était caché tout comme mon beau-frère durant les années noires, pendant que Bella et moi nous croupissions comme des rats, à Azkaban. Alors pourquoi êtes-vous venus ici ? Réponds. »
Il avait enfin cessé le doloris, il voulait probablement me laisser une chance de répondre mais je restai muet face aux interrogations, me crispant, anticipant le prochain doloris ou tout autre sort, un Incendio par exemple. L'imagination n'ayant jamais été son fort, il se contenta d'un second doloris que je tentais de repousser mais je commençais à perdre, j'étais à présent allongé sur l'herbe haute, attendant la fin du supplice, je préférai ne pas tourner la tête en direction de Harry, craignant de lire dans son regard tout ce qu'il ressentait, je me contentai d'observer le visage de Drago Malefoy encore plus pâle qu'à son accoutumée, il ressemblait à présent, à un fantôme, il avait totalement abaissé sa baguette.
« Tu ne veux toujours pas m'avouer ta loyauté pour le sale bâtard de Potter, Severus. Préférerais-tu que je m'en prenne à ton petit protégé ? Si j'en crois les autres, le jour de sa confrontation avec le seigneur des ténèbres, lors de la réincarnation du Maître, le gamin n'était pas très résistant et n'aimait guère le doloris. Il ne faisait que se tordre et pleurer lamentablement. Je ne peux pas te demander confirmation, tu n'étais même pas là, à fêter le retour de notre Seigneur ! Finite incantatem. »
Il libéra d'un coup Harry de son immobilisation magique. Je vis mon amant vaciller dangereusement, il se frotta machinalement les poignets pour faire revenir le sang dans ses mains engourdies.
« Seras-tu plus causant, Potter ? M'avoueras-tu depuis quand le plus horrible des Professeurs de Poudlard travaille pour toi ? Depuis quand est-il devenu un défenseur de la cause des sang-de-bourbe et autres hybrides ? »
Harry resta tout comme moi muet, nous ne voulions pas lui donner plus d'informations que nécessaire, Rodolphus s'énerva un peu plus.
« Très bien, Potter, tu veux jouer et bien jouons. Que préfères-tu, mon cher ange brun, que je lance un sectum sempra sur Severus ou un doloris sur toi ? »
Dans un geste écoeurant, il fit glisser sa main répugnante sur le visage impassible de Harry qui ne trembla pas.
« Tu noteras que je te laisse le choix. »
Tandis que le visage du Mangemort se rapprochait et se faisait plus menaçant, Harry siffla sa réponse.
« Faites ce que vous voulez.
- Par Salazar, tu m'as l'air légèrement revêche mais j'en ai maté des plus coriaces que toi, tu peux me faire confiance, une petite séance de doloris te fera le plus grand bien, je n'en doute pas. Endolo… »
Je fixais le jeune Malefoy, étant trop faible pour me relever et agir, j'essayais de lui faire comprendre qu'il devait tout faire pour empêcher son oncle de torturer Harry, il ne devait pas, peu importait qu'il me tue, il fallait qu'Harry reste le plus longtemps possible en pleine possession de ses moyens pour lui laisser une chance. Le blond réagit juste à temps.
« Mon oncle, rappelez-vous, le Seigneur des Ténèbres nous a bien spécifié de ne faire aucun mal à Potter.
- Malefoy, la ferme, les Doloris de ton oncle ne me font pas peur, je…
- Tu quoi, cher ange ? Tu crois que tu fais le poids face à moi. »
Il ricanait, j'ai toujours trouvé que ce son était la pire chose qui existait au monde même devant le rire froid du Seigneur des Ténèbres ou de Bellatrix.
« Endoloris. »
Je vis les deux émeraude se vrillaient sous le choc de la douleur, le hurlement que poussa Harry me coupa le souffle, je me forçais à ne pas me boucher les oreilles. Mon brun tomba à genoux, il hurlait et hurlait, j'aurais tant voulu que cela cesse.
« Arrête, Rodolphus, tu sais bien ce que te fera subir le Seigneur des Ténèbres, si tu abîmes son jouet. Laisse-le et finissons-en, achève-moi, tu recevras la reconnaissance éternelle de notre Seigneur.
- Non, Sev ! Ahhhhhh !
- Sev ? »
Sur le coup de la surprise, Rodolphus stoppa la torture, il tourna son regard dans ma direction, je ne voulais pas lui laisser le plaisir de me voir allongé comme un animal apeuré, je me relevai tant bien que mal. Il répéta mon surnom avec dégoût. Je vis un sourire sarcastique se former sur ses lèvres.
« Tiens, cela m'est vaguement familier. Sev, Sev avec cet accent si mélodramatique… Où l'ai-je déjà bien pu entendre ? Ca y est, je m'en souviens à présent. Mon cher Severus, je vais te faire une petite confidence, je suis d'humeur et puis dans quelques minutes, tu ne sauras plus là pour me le faire payer… J'ai déjà entendu ce surnom, dans la bouche d'un joli brun d'ailleurs, excepté la couleur des yeux, je trouve qu'il ressemble à celui-là. Tu vois de qui je veux parler ?
- Arrête Rodolphus.
- Bon apparemment, tu as besoin d'aide. C'était quelqu'un avec qui tu as passé tout ton temps durant ton adolescence, toutes tes missions de Mangemort, oh bien sûr, vous n'étiez que deux bons amis, c'est ce qu'il n'avait de cesse de répéter. Tu sais de qui je parle à présent. Non, toujours pas… Autre indice, il était attrapeur de l'équipe de quidditch de Serpentard. Tu aurais vu comme il suppliait qu'on l'achève le jour où nous l'avons retrouvé. Notre Maître nous avait enjoint de lui mettre la main dessus. Apparemment il lui avait volé quelque chose, je ne sais trop quoi. Nous n'avons eu qu'un seul tort ce jour-là, le faire surveiller entre deux séances de doloris par Peter Pettigrew, ce qui lui a permis de s'échapper, certes je ne pense pas qu'il a pu fuir très loin. Il était, je dois l'avouer, nettement moins résistant que vous à peine un simple endoloris et il était prêt à tout avouer. Il n'avait eu de cesse de répéter de douces paroles qui t'étaient destinées 'je t'aime, Sev.', 'Sev… Sev, viens'. Dois-je te signaler que tu n'es jamais arrivé ? »
Je me forçais à garder le silence, j'essayais juste de voir le visage de Harry mais il avait tourné sa tête, je ne pouvais pas plonger mon regard dans le sien, deviner ce qu'il pensait. Je ne lui avais encore jamais parlé de mes relations passées et surtout de mon lien avec Regulus et je craignais sa réaction plus que les sorts. Rodolphus continua comme si de rien était.
« La vie est étrange. Déjà, même si rien n'était vraiment officiel, à l'époque je me demandais comment tu pouvais être avec un si charmant jeune homme et je me rends compte que du fond de tes cachots froids et humides, vingt ans plus tard, avec ton physique disons si particulier, tu arrives encore à séduire de jeunes et beaux sportifs, je dois au moins mettre ça à ton crédit. Tu dois être un très bon amant, mais si tu ne veux toujours pas m'avouer depuis quand tu nous as trahi, dis-moi lequel des deux est le meilleur coup.
- Arrêtez ! Vous n'avez pas le droit…
- Oh ! Mais aurais-je choqué l'ennemi du Maître ? Tu n'étais peut-être pas au courant du passé de ton 'Sev' ?
- Je vous le répète si vous êtes trop bête pour ne pas comprendre la première fois, n'attendez pas de réponse de notre part, faites ce que vous voulez, livrez-moi à Voldemort.
- Comment oses-tu l'appeler ainsi ? Endoloris. »
Le geste fut vif, précis, les yeux de Rodolphus lançant des éclairs et Harry tomba par terre. Nous ne pouvions plus rien faire. Je détournais une nouvelle fois mon regard de mon amant, cette vision de ce corps que je désire tant, que j'aime tant, se tordant sous la puissance du sort m'était à proprement parlé insupportable. Rodolphus cessa malgré tout, très rapidement l'impardonnable.
« Ne t'inquiète pas, cher ange, je ne veux pas trop t'abîmer mon Seigneur ne me le pardonnerait pas. Par contre, tu vas assister à la fin du pire des traîtres. Sectum sempra ! »
La baguette droite de Rodolphus fendit l'air et un éclair violet me frappa en pleine poitrine, me lacérant d'abord ma robe de sorcier puis ma peau elle-même trois grandes balafres allaient d'un côté à l'autre de mon torse. Le sang coulait abondamment tachant la pelouse qui devenait peu à peu pourpre. Le mari de Bellatrix avait ses yeux injectés de sang, ses prunelles brillaient de mille feux, son visage n'était plus que folie furieuse.
« Tu vois cher ange, ton si précieux Severus finira pris à son propre piège, le sort de magie noire qu'il a lui-même créé, le premier sort de magie noire comme il se vantait souvent dont il maîtrisait parfaitement chaque tenant et aboutissant. Severus, comme quoi tu te surestimais, tu n'es pas le seul à pouvoir utiliser parfaitement le sectum sempra. Ah ! Ah ! Alors, peux-tu me dire combien de temps te reste-t-il à vivre ? Cinq minutes, dix minutes ? Sectum sempra !
- Pitié, non ! »
Mon amant n'avait pu s'empêcher de crier. Rodolphus m'avait jeté un second Sectum sempra, encore plus violent et Harry savait parfaitement que si Rodolphus me lançait ce sort une autre fois, ce serait ma fin, mon organisme ne le supporterait pas. Mon amour se traîna à même le sol et parcourut, malgré la douleur qu'il devait encore ressentir dans tout son corps, l'espace qui nous séparait, le sang continuait à s'écouler inexorablement de mes blessures tandis qu'il posa dans un effort ma tête sur ses genoux sous le regard goguenard de Rodolphus et celui effrayé de Drago. J'entendais vaguement le son de la voix d'Harry à mes oreilles, il murmurait doucement le contre-sort que je lui avais appris, en vain, n'ayant aucun pouvoir magique. Le temps s'égrenait lentement, je sentais qu'à chaque goutte de mon sang, un peu plus de mon flux vital s'échappait. Harry s'adressa soudainement à Malefoy qui semblait tétanisé par la scène, sa gorge était serrée.
« Tu ne peux pas rester là. Aide-le. Sev t'a sauvé en juin dernier et aussi lorsque je t'ai lancé le Sectum sempra, il n'a pas eu de cesse de te défendre toute l'année dernière. S'il te plaît, Drago…
- Toi, je te déconseille de faire quoi que ce soit. Endoloris. »
Le blond qui n'était pas du tout préparé reçut le sortilège en pleine face mais ne semblait guère souffrir, il avait dû recevoir des dizaines d'endoloris durant le mois dernier et apprendre à gérer ce genre de procédé. Lestrange était de plus en plus surexcité, il jouait avec sa baguette comme un enfant s'amusant le matin de noël avec ses cadeaux et je savais à présent que ma fin était proche, il allait me donner le coup de grâce. Je tournais la tête en direction d'Harry dont les yeux émeraude brillaient de larmes qui coulaient sur ses joues. Je murmurais doucement à Harry, de sorte que seul lui puisse entendre mes paroles, je lui disais de ne pas s'inquiéter, que tout irait bien.
« Même si vous voir ainsi est une distraction sans nom, il me semble qu'il est grand temps que cela cesse. Severus, fais tes adieux. »
J'entendis alors Harry crier puis Rodolphus prononçait sa sentence.
« Avada… »
A suivre…
