Merci beaucoup pour vos commentaires :) je suis très contente ! Voici la suite.
Le long silence qui suivait la douloureuse révélation semblait durer une éternité pour Katniss. Personne n'osait parler, ni même se regarder. Elle était toujours penchée vers Haymitch qui semblait dans un état second.
« Qu'est-ce que… qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Réussit-elle à prononcer d'une faible voix. »
Elle regarda Gale dans l'espoir d'y trouver une réponse. N'y trouvant pas ce qu'elle y cherchait, elle préféra retourner à sa contemplation de la table. Elle essaya de s'apaiser en se concentrant sur sa respiration. Elle devait faire le vide dans son esprit. Se reconcentrer sur l'essentiel et reprendre point par point ce qu'ils venaient d'évoquer.
Plutarch était un traite qui agissait pour son compte. Elle souffla. Le pouvoir ou plutôt l'ambition du pouvoir pouvait rendre fou n'importe qui même un homme, qui elle le savait, avait autrefois été bon et juste. A croire que chacun voulait construire un monde à son image. Elle n'avait pas cette ambition malgré les craintes de ses ennemis, elle n'avait jamais désiré le pouvoir. Elle vivait sa position de Geai Moqueur comme un fardeau depuis le départ. Elle repensa à ses doutes lors de la tournée de la victoire, son désir d'apaisement et de répondre aux demandes de Snow. Elle avait tout fait pour éviter la guerre. Elle avait longtemps hésité à y prendre part. La destruction du 12 l'avait finalement motivée à s'y engager.
Désormais c'était la mort de Prim qui la guidait. Elle lui avait fait une promesse, elle était déterminée à offrir un monde meilleur à Panem. Elle ne voulait pas contribuer à la mise en place d'un nouveau dictateur. Katniss constata avec amertume que la chose à retenir de tout cela est que l'on ne peut faire confiance à personne hormis à soi-même.
« Je dois parler à Coin. Rien qu'elle et moi. Une confrontation simple et rapide. Elle ne le croira que si ça vient de moi, affirma soudainement Katniss brisant ainsi le silence général.
-C'est une blague ! s'exclama Gale. Tu ne peux pas aller te jeter dans la gueule du loup. On ne sait même pas si Coin est alliée avec Plutarch. Ça serait t'exposer à un risque trop grand !
-On n'a plus rien à perdre Gale. On est déjà condamnés. Pour eux, on n'est rien de plus que du gibier. Juste bons à être utilisés au bon moment pour servir leurs intérêts. Si on doit tenter une dernière manœuvre c'est le moment où jamais. Plutarch ne nous soupçonne pas. Et puis, je ne sais pas, Coin pourrait peut-être nous étonner. Et même nous aider.
-C'est un peu naïf, tu ne crois pas ?
-Sans doute oui. Mais je n'ai pas non plus dit que Coin et moi allions devenir les meilleures amies du monde, mais au mieux, partenaires.
-Elle a raison, intervient Peeta, Coin ne sera sûrement pas ravie d'apprendre qu'elle s'est faite avoir par son plus proche conseiller. Ça nous donne un certain avantage et puis elle doit en savoir plus que ce que l'on croit. C'est une femme intelligente. J'ai hâte de voir comment elle va faire payer à Putarch son écart de conduite. »
D'un même mouvement, ils se tournèrent tous vers Peeta. C'était bien la première fois que le jeune homme faisait preuve d'un tel désir de voir souffrir une personne.
« Ok mais pas toute seule, conclut Gale. Peeta va t'accompagner.
-Pourquoi ? répondit-elle aussitôt. »
Trop vite, elle se rendit compte de son erreur. Sans le voir, elle savait que Peeta venait de mal réagir à sa réponse spontanée.
« A croire que ton séjour en HP, t'a vraiment embrouillé l'esprit, siffla Gale entre ses dents. »
Elle opta pour une autre stratégie.
« Et pour cette super fête surprise ?
-J'en fais mon affaire. »
Elle détesta le petit air satisfait de Gale. Visiblement, il avait préparé son coup. Elle leva les yeux au ciel.
« Ok ! Autant ne pas perdre de temps, je propose d'aller voir Coin tout de suite.
-Impossible, enchaîna Peeta, laisse-moi le temps d'organiser ta venue au palais. Je te rappelle que tu n'y a plus tes entrées. Néanmoins, ça devrait être faisable aujourd'hui. »
Elle observa Gale et Peeta se levaient. Peeta s'arrêta un instant à sa hauteur. Elle le vit tendre le bras. Par réflexe, elle esquissa un sourire avant de tendre sa main. Mais elle vit celle de Peeta se poser avec douceur sur l'épaule d'Haymitch qu'il pressa doucement. Ils échangèrent quelques mots mais elle était trop occupée à remettre sa main à sa place originelle, qu'elle n'écouta pas.
Après ces mots échangés, il partit à son tour sans un regard pour elle. Elle se dit intérieurement qu'il faudrait régler le cas Peeta rapidement. L'avantage à aller rendre visite à Coin c'est qu'elle bénéficierait d'un moment personnel avec lui.
« Haymitch, vous allez bien ?
-Oui gamine. Je pensais juste aux autres vainqueurs. Pourras-tu informer Annie ? Je ne m'en sens pas la force. »
Elle prit la main de son mentor dans la sienne.
« Bien sûr ».
La fin de matinée lui parut interminable. Bien qu'elle se sentait stressée à l'idée d'aller converser avec Coin, le fait de savoir qu'elle savait ce qu'elle avait à dire et à faire, la rassurait. Elle craignait davantage sa confrontation avec Peeta. Il était si distant avec elle. Elle se croyait de retour à leur début en dent de scies au 13.
D'une certaine façon, elle songea qu'ils étaient confrontés à leur première vraie dispute de couple. Bizarrement, elle se sentait plus à l'aise qu'à une époque. Elle était sûre de ses sentiments, elle ne les refoulait plus, et elle était également sûre de ceux de Peeta. Elle repensa à l'une des discussions qu'elle avait entendues dans son ancienne école du 12. Elle revoyait clairement les filles expliquaient à une autre que quand ton « mec » est fâché contre toi, il te suffit de battre des cils et de jouer de tes charmes pour le calmer.
Elle souffla, c'était d'une telle stupidité. Après mûre réflexion, et après avoir cherché en vain une solution au problème, elle finit par se dire que l'idée n'était peut-être pas si bête finalement. Même si elle s'imaginait mal faire du chantage affectif auprès de Peeta.
L'amour avait toujours été une source de gêne pour elle. Il suffisait de voir les résultats désastreux au début de sa relation avec Peeta et de ses essais avec Gale. Mais bizarrement, l'aspect physique semblait lui poser moins de problème. Bien que cela n'ait jamais fait partie de ses préoccupations, elle se sentait plutôt à l'aise dans son corps. Elle n'avait d'ailleurs eu aucun mal à se dévêtir devant Peeta. Elle replongea une nouvelle fois dans son passé, en se souvenant de cette terrible époque de désespoir qui avait suivi la mort de son père. Si Peeta ne l'avait pas aidée, elle n'aurait pas hésité une seconde à offrir son corps au chef des Pacificateurs.
« Et dire que tout le monde me trouvait si innocente ! ».
Peeta avait semblait plus que réceptif lors de leur échange contre ce fameux mur. Et elle n'eut pas de mal à admettre qu'elle aurait volontiers bien continué si Gale n'était pas entré. Pour autant, elle savait que Peeta ne se laisserait pas prendre si elle voulait tenter cette manœuvre.
« Il veut s'expliquer pas coucher avec moi ! »
Elle serra son crâne entre ses doigts.
« Je deviens folle, voilà que je me parle à moi-même ! Et que j'espère manipuler Peeta avec mon corps. »
Pourtant, une partie d'elle croyait toujours qu'ils avaient besoin de se retrouver physiquement avant de se retrouver psychologiquement. Ils ne s'étaient pas vus depuis 1 mois. Ce qu'ils ne pouvaient se dire par les mots, pouvait peut-être se ressentir par le corps.
Elle ne put finir sa réflexion car Haymitch vint frapper à sa porte.
« Peeta est là trésor. »
Elle se leva.
« Prête pour le grand moment ? »
Elle sourit, ravie de retrouver Haymitch. Elle passe une main amicale sur son épaule.
« Je me sens bien. »
Lorsqu'elle retrouva Peeta, il ne lui adressa pas un mot, se contentant de discuter avec Haymitch. Puis elle le suivit à travers un chemin dérobé. Lorsqu'elle entra dans le palais, elle eut un étrange sentiment. Tout lui paraissait plus grand que dans ses souvenirs et surtout très vide. Il n'y avait personne. Elle fut surprise quand Peeta s'arrêta devant une porte et l'invita à entrer. Sa surprise fut d'autant plus grande quand elle reconnut les lieux. Elle s'arrêta à l'entrée de la pièce, Peeta referma la porte et avança. Elle se trouvait dans leur chambre. La pièce dégageait toujours la même chaleur, elle était bien rangée, le lit était fait et certaines de ses affaires n'avaient pas bougé depuis son départ précipité. La photo était également toujours là où elle l'avait posée.
« On va devoir attendre. Pour plus de précautions, j'ai pris une marge de sécurité. Tu as besoin de quelque chose ? »
Il l'a sorti de sa transe et de sa contemplation. Il se tenait au fond de la pièce, près du petit bureau où elle contemplait, il y a encore une minute, la photo d'eux deux.
« Euh...non
-Très bien. »
Et il se retourna vers la fenêtre, fixant l'extérieur comme s'il pouvait le voir à travers les épais rideaux. Elle se sentait stupide, plantée dans cette chambre, à ne pas savoir quoi faire. N'en pouvant plus, elle s'avança doucement vers lui s'arrêtant à quelques mètres, suffisamment loin tout en étant subtilement proche. Bien qu'elle n'ait fait aucun bruit, elle savait qu'il savait qu'elle se trouvait juste derrière lui. Il avait légèrement frissonné.
Elle dé zippa sa veste et la laissa tomber sur le sol, ne gardant que son soutien-gorge sur elle. Elle replaça ses cheveux de façon à ce qu'ils tombent sur ses épaules. Peeta se retourna. Il l'observa de la tête aux pieds.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Elle pouvait lire la surprise dans son regard. Elle avança de quelques pas, de façon à pouvoir le toucher. Elle posa ses mains sur le haut de sa veste.
« J'ai pensé que, puisque le dialogue ne mène à rien entre nous, on pourrait, s'exprimer autrement. »
Elle fit descendre la fermeture éclair de sa veste. Mais elle n'obtint pas la réaction souhaitée. Loin de là. Peeta éclata de rire.
« Tu es sérieuse ? »
La réponse qu'il lut dans ses yeux gris, le fit rire de nouveau. Elle se dit qu'au moins, ce rire était tout à fait sincère. Vexée et humiliée, elle commença à retirer sa main du ventre de Peeta mais il la retint par le poignet.
« Ne te moque pas de moi ! Crois-moi je me sens suffisamment ridicule. »
D'un geste sec, il la força à se remettre face à lui et à le regarder.
« Tu n'as pas à l'être.
-Inutile de me mentir.
-Je ne mens pas. Je ne te pensais pas capable de ce genre de chose tout simplement. »
Elle tourna une nouvelle fois sa tête vers le sol.
« C'était audacieux et sexy. »
Elle la remonta aussi vite que possible pour affronter son regarde bleu. Il relâcha son poignet.
« Mais inutile.
-Pourquoi ? S'exclama-t-elle.
-Le sexe ne réglera pas notre différent. C'est au-delà de ça.
-Ça aurait pu être une solution. »
Il lui lança un drôle de regard. Elle s'approcha de lui.
« Comprends-moi. On a besoin de se retrouver toi et moi. Tout ce qui nous entoure a fini par peser sur notre couple. Et je sais également que j'en suis pour majorité responsable mais on ne peut pas se disputer, pas maintenant. »
Elle passa la main sous son t-shirt, caressant son ventre tout en s'approchant à quelques centimètres.
« Tu m'en veux et je sais que tu as toutes les raisons de m'en vouloir. Ce que j'ai fait, c'était mal. Bien que je me sois préparée à devoir vivre sans toi, une part de moi ne peut s'empêcher de vouloir te protéger coûte que coûte. Je ne supporterais pas de te voir mourir. Tu es tout ce qu'il me reste depuis la mort de Prim.
-Tu oublies…
-J'aime Haymitch, Gale, Annie et les autres mais pas de la même façon. »
Il s'obstinait à ne pas vouloir la regarder.
« Je sais qu'on avait décidé de faire une pause toi et moi, reprit elle, pour le bien de notre mission. Mais je ne peux pas le faire en te sachant fâché contre moi. J'ai besoin de savoir que tu m'aimes et que tu seras là une fois que tout ça sera terminé.
-J'ai déjà répondu à cette crainte. Je t'ai dit que je serai toujours là. C'est toujours vrai.
-C'était avant qu'on se dispute.
-Katniss, tu as choisi de t'éloigner de moi pour pouvoir te prouver à toi-même que tu serais capable d'aller au bout sans moi. Tu m'as prouvé le bien-fondé de ce besoin et tu m'as demandé de me tenir à l'écart en attendant la fin du conflit. Tu as dit toi-même qu'on avait assez perdu de temps. Mais tu ne respectes rien de tout ça. Plus je m'éloigne, plus tu t'accroches à moi. Et je ne dis pas ça méchamment. Alors oui on s'est disputés, mais ça ne change rien en ce qui nous concerne pour l'avenir. Je crois surtout que tu avais besoin d'être rassurée après ce qui s'est passé. Je ne t'abandonnerai pas. Personne, ni ton père, ni Prim, n'ont décidé de leur propre choix de te quitter. Tu sais, on ne sera pas toujours d'accord. C'est aussi ça être en couple. »
Livide, elle alla s'asseoir sur le lit. Il avait exprimé sa plus grande crainte. Etre abandonnée. Ne plus avoir personne.
« Je suis désolée. J'aurais dû t'écouter et ne pas vouloir t'enfermer dans ce cocon dans lequel je voulais que tu sois. C'était égoïste.
-Merci pour tes excuses. Même s'il me faudra du temps pour les accepter. »
Elle se sentait fragile, psychologiquement. Elle ne pouvait plus vivre constamment dans la peur qu'il arrive du mal à ses proches. Elle avait eu la même peur viscérale pour Prim et ça ne l'avait pas sauvée.
Elle ne dit plus un mot, encore trop sonnée et trop honteuse de s'être déshabillée. Mais bientôt elle vit Peeta s'abaisser devant elle, en pliant les genoux. De cette façon, il se retrouvait presque à sa hauteur, légèrement en dessous. Il releva la tête pour pouvoir l'observer. Elle ne doutait pas de l'inconfort de sa position.
« Ce n'était pas stupide. »
Il avait prononcé cette phrase avec douceur mais avec un certain détachement. Elle nota qu'il ne l'observait plus, il avait le regard lointain.
« Quand tu es dans mes bras, quand je te sens contre moi, que j'entends ton cœur battre, je sais que c'est réel. Je ne doute jamais dans ces instants. Je sais que tu es à moi, que tu es toi et que tu m'aimes. Je me sens entier. »
Elle l'observa, elle savait qu'il lui parlait enfin des doutes et des peurs qui chamboulaient son esprit.
« Mais quand tu t'éloignes ou que tu agis de façon complètement inattendue, il fit une pause, je ne sais plus. Je doute. Et je n'arrive pas à le sortir de mon esprit. Je ne te le montre pas, je ne t'en parle pas et je sais que depuis ma crise au 13, tu pensais que j'avais surmonté ce problème. Ce n'était pas le cas. Je te l'ai caché, volontairement. »
Elle allait lui demander pourquoi mais il l'a coupa avant même qu'elle ouvrit la bouche.
« Je ne voulais pas te perdre. Si je n'étais plus le Peeta que tu avais connu, tu ne l'aurais pas accepté et tu m'aurais repoussé. Je ne l'aurais pas supporté. »
Elle allait ouvrir la bouche pour protester mais constata avec horreur qu'il avait raison. Elle porta la main à ses lèvres, choquée de sa propre attitude. Elle aimait Peeta mais l'aurait-elle encore aimé s'il n'était plus lui-même ? L'aurait-elle aidé ? La part sombre d'elle-même qu'elle tenta de refouler savait que la réponse était non. Elle n'aurait jamais pu oublier l'être merveilleux qu'il avait été et n'aurait pas accepté ce qu'il serait devenu. Elle aurait eu trop mal, trop de peine de le voir être différent en grande partie à cause d'elle. C'était une réaction purement égoïste, une nouvelle fois, elle n'aurait pensé qu'à elle, à se préserver, à faire passer son bien-être avant celui de Peeta.
« Je suis horrible, laissa-t-elle échapper dans un souffle. »
Elle comprenait enfin l'attitude de son mentor à son égard, jamais elle ne mériterait Peeta. Elle avait toujours cru à une forme de plaisanterie perverse de la part d'Haymitch même si elle y reconnaissait aisément un fond de vérité. Elle s'était menti à elle-même.
« Je te demande pardon. Je me fais toujours passer avant toi ou les autres. Je considère qu'avec ce que j'ai vécu, ça excusera mon comportement et que je m'attirerai la compassion et la compréhension des gens à mon égard. Mais j'oublie que vous tous avez souffert. Je ne suis pas la seule. Je ne pense qu'à moi. Et j'ai beau en avoir conscience et vouloir faire des efforts je n'y arrive pas ! »
Effectivement, c'était loin d'être la première fois qu'elle faisait ce constat. Ce sujet avait déjà été évoqué plusieurs fois avec Haymitch, Peeta ou encore elle-même mais elle finissait toujours par reprendre ses bonnes vieilles habitudes. Mais à chaque fois que le sujet était ré-abordé, elle était toujours choquée d'en constater la vérité, comme si elle s'en rendait compte pour la première fois. Elle ne tirait aucune leçon de ces discussions passées.
« Ça ne fait pas de toi un monstre, saches-le, repris Peeta. Chacun est libre de réagir comme il l'entend aux événements horribles qui le touchent. C'est ta façon à toi de te protéger, de ne pas devenir folle. On a tous opté pour une méthode différente, chacune liée à notre histoire personnelle. Ça ne signifie pas non plus que tu m'aimes moins. »
Pourtant c'était le sentiment qu'elle ressentait. Peeta ne l'aurait jamais abandonnée à son sort si leurs situations avaient été inversées. Elle se sentait sale tout à coup. Elle avait honte d'elle-même. Toutes ces années de privation, de lutte avait fini par la rendre presque inhumaine. Elle se força à prendre un engagement avec elle-même pour changer les choses et être digne de l'amour qu'elle recevait de Peeta et de ses proches. Et cette fois, elle s'y tiendrait.
« Ne cherche pas à te changer. »
Pour la première fois depuis le début de cette discussion, ils se regardaient. Il avait deviné le combat intérieur qu'elle se livrait.
« Je t'aime comme tu es. »
Elle ne put s'empêcher de constater, une nouvelle fois, que Peeta était définitivement un être bien meilleur qu'elle. De ses deux mains, elle prit l'une des siennes et les pressèrent ensemble.
« Raconte-moi.
-C'est comme un brouillard. Un brouillard qui viendrait encercler mes souvenirs pour les pervertir. C'est comme ça que je me le représente. C'est épuisant de lutter contre lui. C'est épuisant de devoir cacher aux yeux de tous mes doutes. C'est épuisant de pas pouvoir demander si ce souvenir est réel ou non. C'est épuisant de lutter contre soi-même. C'est épuisant d'être faible. »
Il avait serré sa main plus fort à cette dernière phrase. Elle venait de comprendre que si Peeta ne lui avait jamais parlé de ses doutes, ce n'était pas uniquement pour la préserver elle, mais également par fierté. Il était comme elle, il n'acceptait d'être faible et de ne pas réussir à s'en sortir seul. Mais, si elle avait réussi à plier sa garde devant lui alors il devait pouvoir en faire de même avec elle.
Elle vint glisser l'une de ses mains contre sa joue, passant l'un de ses doigts sous son menton pour le forcer à la regarder.
« Je te comprends. J'ai été comme toi. Mais c'est toi qui m'as appris, qui m'as montré, prouvé, qu'on ne pouvait pas s'en sortir seul. Il suffit juste d'avoir la bonne personne à ses côtés. Je l'ai trouvée, elle m'a aidée à me relever. Maintenant c'est à mon tour d'être là pour elle. Mais pour ça, il faut qu'elle me laisse l'aider, qu'elle me laisse lui rendre ce qu'elle m'a donnée. Je suis prête pour ça, je ne suis plus faible. Je ne demande qu'à être là pour toi. »
Il lui lâcha les mains et vint se saisir de son cou. Il l'embrassa avec force. Elle répondit à son baiser et sentit les bras de Peeta l'encercler et l'amener à lui. Elle se retrouva à sa hauteur, les genoux reposant sur le tapis. Il continuait à l'embrasser avec avidité. L'instant d'après, toujours face à face, il la regardait. Elle profita de la sérénité de cet instant. Puis, il caressa les contours de son visage, repoussant une de ses boucles brunes. Elle tendit la main et caressa également son visage.
Il se pencha à nouveau vers elle et, toute douceur oubliée, commença à embrasser le haut de sa clavicule et le creux de cou. Les mains de Peeta glissèrent le long de ses côtes décrivant les courbes de son corps. Ses gestes étaient à la fois tendres et fermes. Elle ne bougeait pas, ne faisait aucun mouvement, elle le laissait contrôler la situation. Elle aimait ne pas savoir à l'avance ce qu'il allait faire. Elle voulait juste profiter de l'instant.
Elle frissonna quand il vint embrasser le haut de sa poitrine jusqu'à l'encolure de son sous-vêtement. Elle ferma les yeux et prit appui sur les épaules de Peeta. Il descendait plus bas et elle sentit bientôt un chapelet de baisers sur son ventre.
Subitement, il s'arrêta et Katniss rouvrit les yeux. Il se tenait debout et lui tendait une main pour l'inviter à se relever. Elle la lui tendit et une fois debout, il l'a fit se retourner. Elle était désormais dos à lui. Elle sentit le bout de ses doigts dans le creux de ses reins et doucement, il les fit remonter jusqu'à l'attache de son soutien-gorge. Il le dégrafa. Puis, il posa ses mains sur ses épaules avant de les laisser glisser le long des bras de Katniss, emmenant, dans sa chute, le sous-vêtement qui tomba au sol.
Soudainement pudique, elle plaça ses bras, en forme de croix, sur sa poitrine. Elle entendit Peeta se débarrasser de certains de ses vêtements. Elle sentit sa main glisser derrière son cou, déplacer sa chevelure brune avant que les lèvres de Peeta ne viennent embrasser sa nuque. Elle se retourna, il était torse nu. Elle avait toujours ses mains sur sa poitrine. Elle ne l'avait jamais vu la regarder de cette façon. Elle ne put s'empêcher de noter, néanmoins, une certaine retenue dans ses gestes. Il s'approcha d'elle de quelques pas et commença à défaire le nœud de son pantalon avec une extrême lenteur avant de leur faire glisser au sol.
En culotte et les mains sur sa poitrine, elle se sentit parfaitement à l'aise. Ils restèrent un instant à se contempler l'un l'autre.
Mais elle n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait, qu'elle se retrouvait déjà allongée sur le lit. Peeta avait agi vite, elle avait vu passer une étincelle dans ses yeux et soudain, toute retenue oubliée, il l'avait jetée sur le lit avant de se placer au-dessus d'elle.
Elle se retint de crier à la fois de surprise et d'excitation. Bien qu'ils étaient encore novices dans ce domaine, elle constata à quel point son partenaire s'était retenu dans leurs précédents échanges. Leurs premières fois avaient été toute en tendresse et en douceur ajouté à une note d'appréhension de la découverte de l'autre. Elle avait aimé leurs deux premiers rapports mais cet empressement, cette presque brutalité lui plaisaient tout autant.
Ils étaient nus et leurs corps moites. Elle, allongée sur le dos, lui allongé entre ses jambes. Il encerclait son corps de ses bras et sa tête reposait sous sa poitrine descendant et montant au fil de ses respirations.
Elle caressa avec douceur le sommet de son crâne, jouant avec ses cheveux blonds. Elle l'observait, il semblait serein, apaisé à la serrer fort contre lui. Elle sentait son souffle sur sa hanche, il était encore saccadé et fiévreux de ce qui venait de se passer. Aucun d'eux ne souhaitait briser cette atmosphère chaude et intime, ce cocon, qu'ils avaient réussi à créer.
Il commença à dessiner des formes, de l'une de ses mains, sur sa hanche avant de descendre sur sa cuisse. Le contact sur sa peau était doux, sensuel. Elle le sentit descendre et il vint déposer un baiser sur le haut de sa cuisse. D'un geste mécanique, elle replia sa jambe, de sorte à lui faciliter l'accès. Il passa sa main dans le creux à l'arrière de son genou, y déposa un baiser, avant de faire de même jusqu'à l'intérieur de sa cuisse où il s'arrêta. Il continua sa descente, allant encore plus bas, s'arrêtant par endroit avant de reprendre son chemin.
Bientôt, elle ne vit plus son visage entre ses jambes mais uniquement une masse de cheveux blonds. Quand il fut arrivé tout en haut de l'intérieur de sa cuisse, il s'arrêta. Alors qu'elle avait fermé les yeux, elle hoqueta dans un mélange de surprise, de gêne et d'excitation quant elle sentit sa bouche l'embrasser rapidement mais de manière appuyée sur une partie très intime. Le contact avait été fugace mais elle ouvrit les yeux instantanément.
Elle observa Peeta, assis sur ses talons, parfaitement redressé et qu'il l'observait lui aussi. Elle se redressa sur ses coudes, ses boucles brunes tombant en cascade dans son dos. Elle allait parler quand il prit les devants.
« Pas que je sois particulièrement pressé de mettre fin à notre petite entrevue privée mais je suis dans l'obligation de te rappeler que tu es attendue. »
Sans qu'elle n'eut le temps de répondre, il se pencha au-dessus d'elle et déposa sa bouche sur la sienne dans un chaste baiser avant de se lever et de se diriger vers la salle d'eau. Toujours plantée sur le lit, elle se décida à réagir quand elle entendit l'eau de la douche couler.
Maintenant prête, elle finissait de tresser ses cheveux, elle pensa à sa discussion future avec Coin.
« Ne t'inquiètes pas, je ne doute pas que ça va bien se passer. Ça ne sera pas facile mais je serai là si tu as besoin de moi.
-Tu es sûr que l'on ne s'est pas mis en retard ? répondit-elle stressée.
-Non, je savais que toi et moi devions, il marqua une pause, parler. J'avais prévu le temps pour. »
Elle ne put s'empêcher de sourire en le regardant du coin de l'œil. Elle reprit néanmoins une discussion plus sérieuse.
« Comment vas-tu m'emmener jusqu'à Coin ?
-Gale va m'aider. Il nous donnera le signal.
-Le signal ? »
A l'instant où elle eut finit de poser sa question, une alarme stridente se mit en marche. Elle se tourna vers Peeta qui avait un petit sourire aux lèvres.
Gale s'était donc arrangé pour activer le système de sécurité afin de vider de ses occupants le palais présidentiel afin de pouvoir traverser les couloirs sans être vus. Evidemment, au vu de son caractère, Coin, constatant qu'il s'agissait d'une fausse alerte n'avait sûrement pas quitté son bureau.
Ce fut vrai, lorsque Peeta poussa la porte, ils la trouvèrent pencher sur une table de travail, concentrée à lire des plans. Lorsqu'elle sentit leur présence, elle releva la tête et ils purent lire la surprise dans son regard habituellement si inexpressif.
Dans l'attente de vous lire ;)
