Nobody

Disclaimer: aucun des personnages de cette fanfic ne m'appartient si ce n'est les quelques OCs que vous rencontrerez au cours de l'histoire (en gros, les personnages que vous ne reconnaissez pas…ben c'est les miens XD)

Notes: Et bien voilà, nous y sommes: ceci est le chapitre qui marque le début de la deuxième partie de l'histoire. Je crois que l'on peut considérer que c'est maintenant que l'histoire commence vraiment…Enfin, dans le sens où avant, niveau scénario, ça volait pas bien haut XD Cela devrait donc changer d'ici peu. L'histoire ne sera également plus autant centrée autour de Demyx/Axel/Roxas/Alix/Lixae, mais aussi sur les autres membres de l'Organisation qui ont également droit à leur heure de gloire (enfin… « heure de gloire »…c'est vite dit).

Concernant l'ambiance générale de la fic, elle restera relativement légère…au début. Ne vous en faites pas, l'humour reste au programme (notez qu'avec mon humour pourri, je sais pas si c'est une bonne chose XD) car je ne saurais écrire une fic sans humour (même si c'est de l'humour nul). Je ne vous cacherai néanmoins pas que dans l'ensemble, l'ambiance sera plus sombre. C'est pourquoi il m'arrivera de mettre des avertissements en début de chapitre pour prévenir au cas où des sujets pouvant déplaire à certains seraient traités dans lesdits chapitres.

Voilà voilà^^ Je crois que j'ai à peu près tout dit...Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture !

***

Chapitre 38: Naissance

Les « » indiquent les pensées d'un personnage et les tirets (-) indiquent les dialogues.


-Monte dans la voiture.

C'est un homme qui vient de parler. Le ton est à la fois calme et ferme.

Une femme, semblant obéir à l'injonction, monte maladroitement dans le véhicule. Elle a des cheveux châtain clair mi-longs et des yeux bruns.

Elle se pose sur un des sièges arrière, retenant de petits gémissements de douleur.

L'homme qui l'accompagne, cheveux noirs et yeux verts, la trentaine au maximum, se met à la place du chauffeur et fait démarrer la voiture qui se désengage de sa place de parking avant de suivre une route où elle ne tarde pas à se mêler à d'autres véhicules.

L'homme jette un coup d'œil dans son rétroviseur pour examiner la femme. Elle a les yeux fermés, une main posée sur son ventre rebondi par une grossesse qui arrive à terme, et une fine pellicule de sueur lui recouvre le visage. Elle a le souffle court et se mord un peu les lèvres de temps à autre sous le coup de la douleur. L'homme aux cheveux noirs reporte son attention sur la route devant lui. Pour le moment elle est relativement vide mais ils ne tarderaient pas à rejoindre le centre ville et cela deviendrait vite l'enfer, entre les chauffeurs pressés de rentrer chez eux après une dure journée de labeur et les piétons non moins pressés de regagner leurs habitations.

Le trafic ne tarde effectivement pas à s'intensifier. Quelques minutes plus tard, leur voiture filait parmi les autres, faisant son bout de chemin dans la ville entre de hauts bâtiments. La femme, à l'arrière de la voiture, incite l'homme à aller plus vite. Il lui répond qu'il fait ce qu'il peut. Il l'entend jurer tout bas.

-On y est bientôt.

La femme répondit qu'elle l'espérait bien. Il ne voudrait quand même pas qu'elle perde les eaux dans sa belle voiture, n'est-ce pas ?

Finalement ils atteignirent la destination voulue. L'homme s'arrête rapidement devant le bâtiment, un hôpital (un gigantesque panneau portant les inscriptions Sunday's Hospital trônait devant l'entrée de l'immeuble), puis sort de la voiture et aide la femme à en faire de même. Celle-ci a de la peine à se lever, elle vacille un peu, une main toujours plaquée contre son ventre qui l'a fait souffrir. L'homme la soutient jusqu'à l'intérieur de l'hôpital aux façades blanches, et à peine entrés il attire l'attention d'une infirmière, seule derrière son bureau d'accueil, qui finit par les remarquer. Elle saisit un téléphone sur son bureau, parlant ensuite rapidement à l'appareil avant de le reposer et de se précipiter pour aller chercher une chaise roulante dans un coin de la pièce et l'amener à la femme qui s'assit dessus. Et qui ne tarda pas à se sentir très humide. La femme baissa les yeux sur ses cuisses trempées.

Elle venait de perdre les eaux, au beau milieu de la pièce, sous le regard de l'homme qui faisait une drôle de tête et de l'infirmière qui, très professionnelle, lui assura que cela ne posait aucun problème.

-Essayez juste de vous calmer et de respirer tranquillement, profondément.

Une autre infirmière ne tarda pas à arriver, sortant d'un ascenseur qui permettait un accès facile aux étages supérieurs de l'hôpital. Elle demanda à l'homme de pousser la chaise de la femme et de la suivre dans l'ascenseur. Deux minutes plus tard la femme fut prise en charge par des sages-femmes et un médecin qui vint lui poser les questions de circonstances. Puis on emmena la femme dans une pièce équipée et on invita l'homme à aller s'asseoir dans la petite salle d'attente juste à côté. Il ne rechigna pas et alla se poser dans la pièce vide, une petite pensée pour la femme qui allait mettre au monde. Il était un peu nerveux, mais pas assez pour que cela l'empêche de se saisir d'un journal mis à disposition pour les patients et de le feuilleter calmement.

Mais ce calme s'effrita lorsque, quelques minutes plus tard, un autre homme vint le rejoindre dans la petite salle d'attente. Le nouveau venu était bien habillé, bien coiffé, pas un cheveu de travers. Les deux hommes se saluèrent et se serrèrent la main, et le dernier arrivé ne sembla pas remarquer le regard chargé d'animosité que l'homme aux cheveux noirs lui jetait. Les deux échangèrent à peine quelques mots: il n'y avait rien à dire.

Quelques mètres plus loin, dans une salle bien différente, la femme avait d'autres préoccupations. Le moment était venu, après près de neuf mois d'attente. Deux sages-femmes s'affairaient autour d'elle, lui donnant des conseils et l'encourageant. Sentant ses entrailles la tirailler, la femme poussait, suivant à la fois les instructions des sages-femmes et son instinct, des cri de souffrance s'échappant de ses lèvres régulièrement. Les minutes s'égrenaient, laborieuses. Le même médecin qui l'avait rencontrée plus tôt entra dans la salle et s'informa de l'état de la patiente auprès des sages-femmes.

Finalement, après encore une quarantaine de minutes d'efforts, la femme fut délivrée et des cris poussés par un petit être nouveau ne tardèrent pas à résonner dans la pièce.

La femme ferma les yeux pendant quelques instants, retrouvant peu à peu son souffle. Elle ne tarda néanmoins pas à les rouvrir, ne pouvant se permettre de se détendre tant que le bébé ne serait pas dans ses bras à elle, et non ceux du médecin qui l'avait emmailloté dans une sorte de couverture. Le médecin lui présenta brièvement l'enfant, puis il le prit vers le fond de la salle où il s'assura de la bonne santé du nouveau né. La femme sentit son impatience et sa nervosité prendre de l'ampleur. Cela ne fit que s'aggraver lorsque le silence se fit soudain dans la salle, les cris du bébé résonnant dans la pièce restant le seul bruit audible, le médecin cessant de parler aux sages-femmes. L'une d'elle sortit ensuite de la pièce et la patiente eut le temps d'apercevoir son compagnon à l'expression concernée qui avait quitté la salle d'attente pour se poser juste devant la porte de la pièce. Il avait dû quitter la salle d'attente en entendant les cris du bébés. Puis la porte se referma et l'homme et la femme se perdirent de vue une nouvelle fois.

Le médecin finit par s'approcher de la patiente, le bébé dans ses bras qui continuaient de pleurer. Il ne lui tendit pas tout de suite l'enfant.

-Votre bébé va bien, commença le médecin en regardant la nouvelle maman. C'est une fille. Taille et poids dans la moyenne. Aucun handicap visible.

Il se tût et tendit le bébé à la femme qui le prit dans ses bras. Elle remarqua que le médecin semblait vouloir ajouter quelque chose mais qu'il hésitait.

-Oui ? demanda-t-elle pour l'inciter à parler.

Il la regarda, l'air un peu gêné.

-Je dois avouer que cela me laisse perplexe…

-Quoi donc ?

La femme sentit les battements de son cœur s'accélérer et des sueurs froides la traverser. Elle jeta un coup d'œil au bébé qui s'était tût et dormait, ses mains repliées en deux petits poings fermés.

-Votre bébé a les yeux blancs, lâcha finalement le médecin.

Le souffle de la femme se coinça dans sa gorge. Elle porta instinctivement le regard sur le nouveau né, mais ses paupières étaient fermées. Elle regarda ensuite le médecin qui affichait à présent une certaine curiosité. Elle voulut dire quelque chose mais les mots ne sortirent pas. Elle sentit ensuite le bébé remuer un peu contre elle et il ouvrit brièvement les yeux.

La femme se sentit perdre pied.

Il était 19h20 et elle venait de donner naissance à un bébé aux yeux blancs.

*********

****

Le Numéro IX était assis sur une chaise en face de la Numéro XIV qui elle s'était posée au bord de son lit, dans la chambre d'Alix et Lixae. Demyx ne la quittait pas des yeux, fasciné, mais elle ne lui portait guère d'attention, se contentant de regarder à gauche et à droite pour observer les lieux. Inutile de le préciser, Demyx n'y comprenait plus rien. Il n'y avait même pas quelques heures, il angoissait à l'idée qu'Alix et Lixae ne se réveilleraient pas du coma dans lequel elles semblaient plongées, puis à peine une heure auparavant il avait caracolé après elles en compagnie d'Axel et Xigbar.

Du moins avait-il cru dur comme fer que c'était elles.

Sa stupéfaction lorsqu'il s'était rendu compte de sa méprise !

Ce n'était ni Alix, ni Lixae. C'était une inconnue qu'il avait rattrapée dans la chambre de Naminé. Il en était resté comme deux ronds de flan et, il fallait l'avouer, assez alarmé. Il avait senti que quelque chose n'allait pas et savait très bien qu'il ne pourrait rien faire pour arranger les choses. Il était voué à être un spectateur.

Puis ils avaient quitté la chambre de Naminé, Demyx surpris par le manque de réactions de la fille qui avait passé l'heure d'avant à se cacher dans tout le Manoir. Naminé s'était contentée de les regarder pendant qu'ils s'en allaient et Demyx s'était dit qu'il aurait des questions à lui poser plus tard - à moins que Xemnas ne prenne les devants, ce qui était fort probable.

Quant à la réaction d'Axel et de Xigbar lorsqu'il les avait rejoints en compagnie de la Numéro XIV (qui n'était pas vraiment celle à laquelle ils s'étaient attendus), ça avait été agité. Xigbar avait gueulé qu'il commençait à en avoir marre des crises d'identité de la Nobody et qu'il allait boire un verre. Axel n'avait pas dit grand-chose, ne semblant pas particulièrement perturbé à l'idée que celle qu'ils avaient sous les yeux ne soit ni Alix, ni Lixae.

« Elles étaient déjà deux dans le même corps au départ, alors une de plus ou de moins, ça change pas grand chose » avait déclaré le Numéro VIII en haussant les épaules.

Demyx ne voyait pas les choses de cette façon. Pour lui, ça changeait tout. Cette fille, il ne la connaissait pas. Et qu'était-il advenu d'Alix et Lixae ?

Il devait en avoir le cœur net.

-Euh…dis-moi, tu m'as pas répondu tout à l'heure, dans la chambre de Naminé, commença le musicien. Tu t'appelles comment ?

Elle ne bougea pas d'un pouce sur le lit, et Demyx ne sut si elle le regardait ou pas. Impossible de voir avec précision où se posaient ses yeux blancs.

-Ilena.

Bon. Et bien c'était un début.

-Hm…et…tu fais quoi là, exactement ?

-Je reste assise sur le lit, répondit la fille avec un petit sourire ironique sur les lèvres.

-Non mais…pas ça…J'voulais dire…bafouilla le Numéro IX qui sentit ses joues s'empourprer. J'voulais dire, comment ça se fait que tu sois là, dans ce corps ? Et où sont Alix et Lixae ?

Elle lui répondit calmement, n'ayant pas l'air de s'étonner que de telles questions lui soient posées.

-C'est mon corps, il fallait bien que je revienne à un moment ou à un autre. Quant à… « Alix » et « Lixae », elles sont pour le moment inconscientes. Je crois.

-Attends un peu là…fit Demyx pour qui beaucoup d'informations arrivaient en même temps. Comment ça, « tu crois » ? Si t'es dans leur tête, tu dois bien sentir si elles sont là ou pas, si elles vont bien ou non…

Elle haussa les épaules, l'air de ne pas se sentir tellement concernée.

-Pour le moment, je ne ressens pas leur présence. Elles finiront bien par revenir.

-Comment tu peux en être sûre ?

-Je le suis pas.

Demyx sentit son irritation monter, ce qui l'étonnait lui-même car il n'était pas du genre à s'énerver. Son inquiétude pour l'état de santé des filles devait être la cause de ses nerfs à vifs. Il tenta de retrouver son calme.

-Bon…et le Mur ? Il est encore là où…?

Cette fois ci, la fille fronça les sourcils.

-De quoi tu parles ?

…Visiblement, elle n'était pas courant de ça. Demyx voulut approfondir le sujet, mais le Supérieur fit irruption dans la chambre, coupant court à la discussion. Xigbar avait dû aller lui dire qu'ils avaient finalement réussit à rattraper les filles.

Le musicien se leva de sa chaise en le voyant tandis que la Numéro XIV se contenta de lever la tête vers lui.

-Numéro IX, va attendre dehors, fit Xemnas sans accorder un regard au concerné.

Le jeune homme obéit et battit en retraite avant de refermer la porte derrière lui, laissant les deux Nobodys seuls dans la chambre.

Il attendit dans le couloir tandis que le Supérieur et Ilena s'entretenaient, percevant leurs voix mais ne comprenant pas ce qu'ils disaient. Au bout d'un petit quart d'heure qui lui sembla s'étendre sur une heure, le Supérieur sortit de la chambre.

-Amène la à l'infirmerie, fit-il à l'attention du garçon. Il nous faut nous assurer de sa bonne santé.

-Bien, Supérieur.

Xemnas s'éloigna et Demyx se dépêcha de retourner dans la chambre de la Numéro XIV, retrouvant la fille toujours assise sur son lit. Il croyait savoir ce qui avait dû être dit entre les deux, néanmoins il demanda:

-Qu'est-ce qu'il voulait ?

-Mon nom. Savoir comment je me sentais. Savoir où étaient Ila et Elia.

-Il n'y a pas de « Ila » ou « Elia ». Elles sont mortes, fit le musicien sur un ton un peu sec qui l'étonna lui-même. Maintenant, c'est Alix et Lixae. Et c'est pareil pour toi.

-Il semblerait, oui.

-Le Supérieur a dû te donner un nouveau nom ?

-Ouais.

-…et c'est quoi ?

-Leixan.

Demyx sourit.

-Et ben…Bienvenue dans l'Organisation XIV, Leixan.

******

-Alors, qu'a dit Vexen ?

-Que tout était en ordre. Et que ça l'étonnait.

Demyx et la Numéro XIV parlaient en marchant lentement dans les couloirs du Manoir, la jeune fille venant de quitter l'infirmerie après que le Numéro IV l'ait examinée.

Demyx ne fut pas surpris de l'étonnement qu'avait dû ressentir le scientifique. Lui-même était encore tout perturbé par les évènements passés. Le coma des filles, leur réveil inattendu, l'arrivée de Leixan…Tout était allé très vite, ne lui laissant pas le temps de s'adapter. Maintenant, tout ce qu'il manquait, c'était le retour d'Alix et Lixae. Comment savoir quand elles reviendraient ? Étaient-elles en sécurité ou le Mur avait-il finalement eu raison d'elles ?

Le musicien sentit son estomac se nouer à cette idée. Et cette Leixan qui ne semblait pas être plus avancée que lui - si ce n'était encore plus ignorante - concernant cette histoire de Mur. Le musicien ne savait pas quoi penser d'elle. Cela ne faisait que quelques heures qu'elle avait fait surface, et si Demyx avait pu se rendre compte de quelque chose à son sujet, c'était qu'elle n'était pas bavarde.

Il chercha à engager la conversation.

-Pour le moment on n'a rien de particulier à faire alors…Tu veux que je te fasse faire un tour du Manoir ? proposa Demyx qui pensait que ce serait un bon moyen de faire connaissance.

-Pas besoin.

-Comment ça ?

-Je connais déjà le Manoir.

-…et comment c'est possible, ça ?

-J'ai les souvenirs d'Ila et d'Elia. Pardon, Alix et Lixae, rectifia la jeune fille qui avait vu Demyx sur le point de la reprendre.

Il sembla au musicien qu'elle avait aussi levé les yeux au plafond, mais c'était dur à voir.

-Donc tu connais déjà les différentes pièces du Manoir et les membres de l'Organisation ?

-Ouais.

-Mais alors, comment ça se fait que tu te sois enfilée dans la chambre de Naminé, sachant qu'une fois à l'intérieur tu n'avais aucun moyen de t'enfuir, à moins de savoir utiliser les couloirs de Ténèbres ?

-…parce que je voulais y aller.

-Hein ? Mais dans ce cas, pourquoi tu t'y es pas rendue directement au lieu de nous faire courir après toi pendant vingt minutes ?

-Je pouvais pas. Y avait toujours quelqu'un qui m'empêchait de rejoindre sa chambre. Des membres de l'Organisation.

-Mh…et pourquoi tu voulais absolument aller dans la chambre de Naminé ?

La fille ne répondit pas et Demyx décida de ne pas insister.

-En tout cas, ne recommence pas. On n'a pas le droit d'y aller comme ça. Juste pour…

-…lui donner à manger. Je sais.

…Elle avait véritablement les souvenirs d'Alix et Lixae. C'était une idée qui mettait le musicien très mal à l'aise. Qu'on puisse comme ça puiser dans les souvenirs des autres…Brrr.

Heureusement, ils étaient de retour au niveau des chambres, ce qui allait permettre à la conversation de prendre une autre tournure.

-Bon, et bien…Il reste une petite heure avant le repas. Tu veux rester un moment seule dans ta chambre ou…

-Ouais. J'y vais.

Bon. De toute évidence, elle avait envie d'être tranquille un moment. Demyx n'allait pas insister.

-À plus tard alors, fit le musicien en la regardant s'éloigner déjà en direction de ses quartiers.

-À plus tard.

Demyx la vit disparaître dans sa chambre et fermer la porte derrière elle. Il ne savait pas encore quoi penser d'elle, mais elle lui semblait déjà être un drôle de numéro.

« Vivement qu'Alix et Lixae reviennent. »

Vivement.

******

À 18h30 du soir, les Numéros IX et XIV se rendirent ensemble à la salle à manger. Ils étaient seuls lorsqu'ils y arrivèrent, et ils s'assirent en bout de table dans le silence, les seuls bruits pouvant être entendus provenant de la cuisine où le cuistot d'un soir s'affairaient. Le cuistot en question se révéla être Axel lorsqu'il quitta quelques instants ses fourneaux pour passer la tête dans la salle à manger.

-Salut la miss, fit-il avec un petit signe de tête en direction de la jeune fille. Hé Dem', viens voir par là deux secondes. J'ai besoin de tes conseils de penseur renommé.

Le Numéro IX se leva de sa place, surpris, puis il rejoignit Axel après avoir assuré à Leixan qu'il ne serait pas long. Cela n'avait pas l'air de la déranger, de toute manière.

-Qu'est-ce qui t'arrives ? s'enquit le musicien une fois qu'ils furent seuls dans la cuisine. T'as tout fait cramer, c'est ça ?

-Mais non ! Tout va comme sur des roulettes, fit Axel très décontracté. C'est pas parce que t'es une catastrophe en cuisine qu'il faut penser que tous les autres le sont. Je voulais juste savoir comment ça se passait avec la nouvelle. T'as appris des trucs sur elle ?

-Pas tellement, fit Demyx pas mécontent de discuter avec Axel. Elle parle pas beaucoup. C'est déjà pas mal d'arriver à lui faire aligner trois mots. Mais si je me fie à ses paroles, et j'ai pas trop de raison de ne pas le faire, Alix et Lixae ne seraient pas là.

-Pas là ? Comment ça ?

-Euh….difficile à expliquer, fit Demyx qui n'avait guère envie de devoir expliquer à Axel toute l'affaire du Mur et ce qui s'ensuivait. Par contre, y a un truc assez fou qu'elle peut faire.

-Ah ouais ? Quoi donc ? demanda le Numéro VIII tout en vérifiant que ses plats ne brûlaient pas.

-Elle a tous les souvenirs d'Alix et Lixae.

-…tu déconnes ?

-Non.

Axel garda le silence pendant quelques instants.

-Mouais…Note que ça m'étonnerait pas tant que ça, finalement. Ce serait même assez probable. T'es sûr qu'elle a vraiment tous leurs souvenirs ?

-Tous, je ne sais pas. Mais elle m'a quand même dit des choses qu'elle n'aurait pas pu deviner comme ça, d'elle-même.

-Mh…ça demande vérification, déclara Axel en croisant les bras. Viens avec moi.

-Quoi ? Quelle vérification ? fit Demyx en suivant le Numéro VIII hors de la cuisine.

-Pour voir si elle a bien tous leurs souvenirs. On va…Oh oh.

Axel s'arrêta brusquement et Demyx manqua lui rentrer dedans.

-Qu'est-ce que tu fais ?!

Le musicien ne tarda pas à se rendre compte de lui-même de ce qui se passait. La salle à manger n'était plus vide. Alors que les deux papotaient en cuisine, d'autres membres de l'Organisation étaient arrivés et s'étaient installés autour de la grande table. Larxene était parmi eux.

Et elle semblait s'intéresser à la Numéro XIV.

Elle surplombait la jeune Nobody qui était restée assise à table. La blonde devait être au courant de l'arrivée de Leixan. Évidement. Tout se savait si vite, dans ce Manoir.

Demyx traversa la pièce pour aller les rejoindre, passant en coup de vent à côté de Xaldin et Lexeaus qui étaient déjà assis à table, dépassant Xigbar qui, une bouteille à la main, s'apprêtait à aller mettre son nez dans la cuisine pour voir ce qui y était préparé.

Alors qu'il avançait, le musicien se sentit retenu au niveau du bras par une main.

-Attends, lui souffla Axel. Regardons plutôt comment ça se passe, fit-il avec un signe de tête en direction des Numéro XII et XIV.

-Mais…Larxene…tenta Demyx.

-Si elle a vraiment les souvenirs d'Alix et Lixae, elle ne sera pas déstabilisée puisqu'elle saura à quoi s'en tenir avec notre sadique de service. C'est le moment de voir si ce qu'elle dit à propos de ses souvenirs est vrai.

Demyx n'était pas convaincu, mais il obtempéra et se contenta de regarder, à quelques mètres de distance des Numéros XII et XIV.

-Lève toi, faisait Larxene à l'attention de la cadette.

La jeune fille s'exécuta et fit face à la Nymphe. Cette dernière examina le visage de la Numéro XIV, les sourcils froncés.

-On dirait une aveugle, lâcha la blonde avec un air méprisant.

La Numéro XIV ne dit rien, se contentant de regarder la femme avec - en apparence du moins - la plus grande indifférence.

-Alors, tu vois ou pas ? Es-tu aussi aveugle que tu en as l'air ? se moquait Larxene.

-Je vois, répondit simplement Leixan.

Larxene la toisa encore du regard pendant quelques secondes avant de donner une tape non douloureuse mais peu flatteuse pour l'ego sur le côté de la tête de la jeune fille.

-Tâche de voir les bonnes choses et de ne pas te laisser berner, fit la Nymphe avec dureté avant de s'éloigner et d'aller s'asseoir plus loin à table.

La Numéro XIV, dont le visage était resté neutre tout du long se passa alors d'un mouvement presque convulsif la main dans les cheveux et contre son crâne là où Larxene l'avait touchée, la mâchoire un peu serrée. Puis elle se rassit à sa place en bout de table comme si de rien n'était.

Demyx la rejoignit et Axel retourna dans la cuisine pour retrouver ses fourneaux. S'il avait été en face d'Alix, le musicien lui aurait demandé comment elle se sentait après les attaques de la Numéro XII. Mais ce n'était pas Alix qu'il avait devant les yeux. C'était Leixan, et elle ne semblait pas avoir tant que ça besoin de se confier après ce qui venait de se passer. Demyx garda donc le silence, respectant l'envie de tranquillité de la jeune fille, et il se contenta de regarder les autres membres de l'Organisation rentrer les uns après les autres dans la salle à manger. Roxas fut le dernier à arriver, et il alla s'asseoir à côté de la Numéro XIV.

Puis Axel amena les différents plats qu'il avait préparés et tous purent se mettre à manger et remplir leurs estomacs qui criaient famine. Alors qu'Axel et Demyx mangeaient de bon cœur (Demyx n'avait presque rien avalé au dîner, là ça commençait à creuser), Roxas et Leixan montraient bien moins d'enthousiasme.

-Quoi, c'est pas bon ? fit le Numéro VIII en les voyant picorer dans leurs plats.

La fille se contenta d'un signe négatif de tête, l'air perdue dans ses pensées, et Roxas opposa :

-Mais non. C'est bon. J'ai juste pas très faim.

-T'es malade ?

-Pas à ce que je sache. Je suis juste…fatigué.

-Mouais…ça, c'est une excuse pour pas bouffer mes petits pois, fit le Numéro VIII avec un clin d'œil à son ami.

Roxas sourit un peu mais ne mangea pas plus. Axel était néanmoins content. Ça faisait un moment que le Numéro XIII et lui n'avaient pas échangé plus de deux phrases à la suite. Peut être Demyx avait-il finalement raison et que la mauvaise humeur et distance qu'avait prise Roxas n'étaient que passagères. Il espérait que ce soit le cas.

Leixan ne tarda pas non plus à déposer ses services sur son assiette encore à moitié pleine. Demyx, qui lui avait engouffré la nourriture, la vit regarder en direction de l'autre bout de la table. Enfin, c'était dur à voir où elle posait les yeux. Néanmoins, s'il se fiait à son angle de tête, elle devait bel et bien être en train de regarder dans la direction des autres membres de l'Organisation. Pour une fois qu'elle semblait vraiment s'intéresser à ce qui se passait autour d'elle…

Axel sembla remarquer lui aussi le manège de la Numéro XIV. Il en profita pour poser la question qui apparemment lui brûlait les lèvres.

-Hé…parais que t'as tous les souvenirs d'Alix et Lixae…C'est vrai ?

Leixan se tourna vers lui et le regarda pendant quelques instants en silence. Demyx était quasiment certain qu'elle était en train de fouiller dans les souvenirs des filles pour recueillir toutes les informations possibles concernant le Numéro VIII.

-Ouais, c'est vrai, répondit finalement la jeune fille.

Le Numéro VIII sourit.

-Alors, ça te dérange si je vérifie cette affirmation ?

Pas de réponse de la part de la fille. Axel continua.

-Donne moi des infos sur chacun des membres de l'Organisation, lâcha le roux avec un air de défi.

Demyx voulut protester et lui dire de la laisser tranquille, mais le Numéro VIII lui donna un coup de coude dans les cotes en le regardant et en ricanant, l'air de penser : « laisse, on va se marrer ».

La jeune fille ne parut pas surprise par cette requête. Juste un peu ennuyée. Néanmoins, elle reporta son attention sur l'autre côté de la table, faisant glisser son regard sur chacun des membres qui, pour la plupart, étaient en pleine discussion avec leurs voisins.

-L'homme aux cheveux argentés est le Supérieur. C'est lui qui accueille les nouveaux membres de l'Organisation. Celui à sa droite et qui se ressert à boire, c'est le Numéro II, Xigbar. Il aime conduire le vaisseau de l'Organisation mais on ne le lui permet pas souvent. Celui en face, c'est Xaldin. Dans le monde sous l'eau que vous avez visité avec Alix et Lixae, il était transformé - à moitié - en orque. Le grand homme qui est à côté, c'est le Numéro V, Lexeaus. Il ne parle presque jamais, et c'est lui qui a amené Lixae à l'infirmerie quand elle allait mal. L'homme blond en face s'appelle Vexen. C'est le Numéro IV. Il traite les nouveaux de néophytes et travaille actuellement sur la réplication. A côté de lui, il y a Zexion. Alix et Lixae ne le connaissent pas bien. En face, c'est Saix. Lixae le craint car elle a de mauvais souvenirs de leur première rencontre. Ensuite, c'est Luxord, le Numéro X. Il a entraîné Alix et l'a mise en difficulté une fois en se transformant en carte et en se cachant à plat sous ses pieds. L'homme aux cheveux roses est Marluxia. Il semblerait qu'il a une réelle passion pour les fleurs. La fille, c'est Larxene. Elle aime faire souffrir les gens et Lixae la déteste. Quant à vous trois, vous êtes les Numéros VIII, IX et XIII. Vous avez les pouvoirs du feu, de l'eau et de la Lumière. Axel et Demyx, vous avez été une fois pris dans une avalanche durant une mission sur un autre monde. Roxas, tu te bats avec une clé géante, une…(Leixan fronça un peu les sourcils, butant sur le mot) Keyblade, et tu as déjà dû une fois ranger les livres de la bibliothèque par ordre alphabétique après avoir faire une bêtise.

La Nobody se tût finalement, ayant fait le tour des membres de l'Organisation.

-Ben là, j'crois que t'as eu ta preuve, glissa Demyx discrètement à Axel.

-Ouais…Mais dis moi, c'est toi qui lui as parlé de notre problème avec l'avalanche ?

-Ben non, justement !

-Tu me rassures. Quelle idée ça aurait été que d'aller raconter à qui veut bien l'entendre cet épisode humiliant de nos vies.

-Surtout humiliant pour toi, en fait.

-Surtout pour moi.

Les deux Nobodys continuèrent de discuter un peu, Roxas et Leixan ne participant pas à la conversation.

Certains membres de l'Organisation, ayant fini de manger, prirent congé. Demyx fut surpris de voir Leixan se lever à son tour, quelques minutes seulement après que lui même ait reposé ses services.

-Tu pars déjà ?

-Je veux aller dans ma chambre.

-Attends, je t'accompagne.

Demyx ne voulait pas paraître collant, mais il souhaitait également être là si jamais Alix ou Lixae se manifestaient. La Numéro XIV ne montra ni plaisir ni irritation à la venue du musicien. Elle le laissa la suivre, se contentant de marcher en silence dans les nombreux couloirs du Manoir. Demyx, qui lui avait le plus grand mal à garder le silence trop longtemps, ne put s'empêcher d'entamer une nouvelle fois la conversation.

-Qu'est-ce que tu sais d'autre sur Roxas ?

D'accord, la question pouvait sembler étrange. Mais le Numéro IX s'était dit que ce serait peut être le moyen de découvrir pourquoi le Numéro XIII s'était éloigné d'eux – et surtout d'Axel – ces derniers temps. Peut être Roxas s'était-il confié à Alix ou à Lixae ? (quoique…pourquoi aurait-il été parler à Lixae ? Enfin, on ne savait jamais)

-…Pourquoi tu demandes ça ?

-Pour savoir. Simple curiosité.

La Numéro XIV garda le silence pendant quelques instants.

-Je ne sais rien de plus de très intéressant, répondit-elle finalement avec calme. Niveau souvenirs, je ne peux que me baser sur ses interactions avec Alix et Lixae. Il n'y a rien de particulier.

Ok…Il n'était pas beaucoup plus avancé. Et bien, il allait tenter le coup autrement.

-Et Axel ? Tu sais quoi d'autre sur lui ?

-Sur lui ? Presque rien. Alix et Lixae ne le connaisse pas tant que ça. Je sais juste qu'il maîtrise le feu et…

La jeune fille s'arrêta soudainement de parler et de marcher.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Demyx en s'arrêtant à sa hauteur.

Elle ne dit rien mais l'ombre de la panique passa sur son visage qui perdit un peu de ses couleurs. Elle se mit à tâter de ses mains les poches de son manteau et à travers celles que son pantalon présentait sur les côtés.

-Merde…

-Qu'est-ce que tu…commença le musicien qui s'interrompit lorsqu'il la vit se mettre à courir.

Il la suivit, ne comprenant pas ce qui se passait, complètement largué.

-Tu peux m'expliquer ce que tu fabriques ? ! fit-il tout en courant à ses côtés.

Elle ne répondit pas (comme si elle n'avait pas entendu) et il insista.

-Leixan ! !

Cette fois ci elle réagit.

-Je…je dois trouver…

Mais elle s'arrêta là. Cela mit les nerfs de Demyx à rude épreuve, mais il décida d'observer plutôt que de tenter d'intervenir.

Il la suivit et entra avec elle dans la chambre qu'elle allait désormais partager avec Alix et Lixae (si Alix et Lixae revenaient. Non, ne pas penser de cette manière. Rester positif). Une fois à l'intérieur de la pièce, elle tourna un peu en rond, l'air de ne pas savoir ce qu'elle voulait faire exactement ou par quoi commencer.

-Euh…je peux aider ? tenta le musicien.

Elle leva une main et fit un petit claquement de langue, marquant ainsi d'irritation. Elle cessa soudainement de s'agiter et pendant une dizaine de secondes ne fit plus un mouvement et ne prononça aucune parole. Demyx devina qu'elle était une fois de plus en train de fouiller dans les souvenirs d'Alix et Lixae. L'expression de son visage était redevenue à peu près neutre mais le Numéro IX savait que ce n'était qu'une façade. À l'intérieur, elle bouillait.

Soudain la jeune fille se précipita vers l'armoire blanche qui reposait contre l'un des murs de la chambre et elle en ouvrit les portes vivement avant de regarder rapidement à l'intérieur de haut en bas. Demyx s'approcha derrière elle et la regarda faire. Elle se baissa tout à coup et s'accroupit avant de fouiller le fond de l'armoire. De plus en plus intrigué, le musicien la vit repousser quelques manteaux noirs qui avaient glissé des cintres sur lesquels ils avaient été accrochés à la va vite. Finalement, sous les masses de tissu noir apparut quelque chose de blanc et de tout replié sur lui même, tel un monstre blafard tapi dans l'ombre de l'armoire, prêt à sauter sur l'enfant imprudent. Leixan le prit en main et celui-ci se déplia : cela n'était qu'un T-shirt blanc de taille moyenne ayant été roulé en boule. Il n'intéressait visiblement guère Leixan car celle ci le jeta sans plus de cérémonie sur le sol derrière elle. À la place elle s'empara d'un autre vêtement que le retrait du T-shirt avait révélé, Demyx comprenant finalement que ces habits étaient ceux que devaient porter les filles avant leur arrivé au Manoir Oblivion. Le nouveau vêtement que Leixan avait saisi était un jean couleur bleu foncé. La main de la Numéro XIV partit fouiller avec frénésie une des poches du pantalon avant d'en ressortir quelque chose que Demyx ne distingua pas bien, les doigts de la Nobody s'étant refermés dessus.

La jeune fille sembla alors retrouver son calme. Elle semblait même soulagée. Elle avait serré son poing autour de l'objet trouvé et gardait les yeux fermés, l'air d'accorder une prière silencieuse à un dieu quelconque. Quelques instants plus tard elle se remit lentement debout et repoussa les pans de son manteau pour avoir accès aux poches de son pantalon dans une desquelles elle avait visiblement l'intention de ranger l'objet non reconnu. Demyx intervint :

- Je peux voir ce que c'est ?

La fille interrompit son geste, l'objet toujours en main. Elle le ramena à hauteur de visage, puis ouvrit son poing. Demyx s'approcha et regarda. C'était un briquet. Un simple briquet de couleur rouge qui semblait avoir déjà bien vécu.

Leixan le mit finalement dans la poche de son pantalon.

-C'était ça qui te mettait dans un état pareil ? demanda le musicien un peu perplexe.

Elle ne dit rien (pour ne pas changer) mais leva les yeux vers lui et, bien que décrypter un regard blanc fut difficile, le Numéro IX le trouva dur. Il décida de ne pas insister. Si Leixan n'avait pas envie d'en parler, il ne devait pas la forcer. Mais la jeune fille s'exprima finalement, avec calme.

-C'est un souvenir de Men…de ma mère, dit-elle.

Cette fois ce fut Demyx qui garda le silence, lui laissant le choix de continuer ou pas. Mais elle n'ajouta rien de plus.

-Je voudrais me reposer.

-Hein ? Ah…d'accord.

Demyx battit en retraite vers la porte de la chambre, comprenant que la jeune fille désirait rester seule. Il se demanda si c'était la réapparition du briquet qui l'avait un peu perturbée. Il n'y avait néanmoins rien de moins sûr. D'après ce qu'il avait vu durant la journée, Leixan n'était pas la plus volubile des personnes. Peut être souhaitait-elle rester simplement seule un moment.

-Je…je vais dans ma chambre. Si jamais tu as besoin de quelque chose, tu demandes, d'accord ?

Elle hocha positivement la tête. Le musicien passa la porte et la laissa seule dans la pièce. Il se dirigea lentement vers sa chambre, un peu déçu. Qu'allait-il faire à présent ? Il n'était même pas 20h30. Si Alix et Lixae avaient été là, ils auraient sans doute passé la soirée en compagnie d'Axel et Roxas. Mais les filles n'étaient pas là (Dieu seul savait où elles pouvaient bien être, en fait), Roxas se mettait à l'écart, et Axel se lamentait de ne pas pouvoir parler avec le Numéro XIII.

Il semblait qu'il allait passer la soirée seul. À moins qu'il aille voir les autres membres de l'Organisation ? Xigbar, par exemple ?

…Non. Finalement, ça ne lui disait rien. Il irait s'installer tranquillement dans sa chambre et se coucherait peut être un peu plus tôt que d'habitude. Cela lui ferait sans doute le plus grand bien.

Il se rendit donc dans sa chambre désordonnée et s'installa comme il put sur son lit recouvert de disques et de Bds. Il invoqua ensuite son sitar et commença à faire quelques notes. Il jouait doucement, songeant à ce que les autres pouvaient bien être en train de faire.

Si le musicien eut été doté de pouvoirs puissants, ou s'il avait été une petite mouche capable de voleter de pièces en pièces, il aurait pu voir que Xigbar était dans la cuisine en train de fouiller dans le réfrigérateur, à la recherche de quelque chose à manger, n'ayant pas trouvé le repas d'Axel assez à son goût. Il aurait pu voir Larxene et Marluxia discuter tranquillement dans la salle de séjour, installés dans deux fauteuils confortables. Il aurait pu savoir que Roxas s'était lui aussi enfermé dans sa chambre et qu'Axel errait dans les couloirs du Manoir sans savoir quoi faire. Il aurait su que Xaldin était en train de s'entraîner avec vigueur, pas encore fatigué malgré la longue journée qui s'était écoulée. Il aurait pu voir Zexion, en compagnie de Lexeaus, assis à la table de la salle à manger, un livre posé devant lui et un verre de lait à portée de main. Il aurait su que Luxord était en train de faire un solitaire dans sa chambre et que Xemnas et Saix, dans le bureau du Numéro I, s'entretenaient en ce qui concernait les prochaines missions à accomplir. Et bien sûr, s'il avait été une petite mouche, le musicien aurait également su, sans surprise, que Vexen était retourné à son laboratoire.

C'est ainsi que chaque membre de l'Organisation passa sa soirée jusqu'à ce que la nuit soit suffisamment avancée pour que chacun regagne son lit et se laisse glisser dans un sommeil sans rêve.

******

À 7h00, le réveil du Numéro IX se mit à sonner pour le plus grand déplaisir du jeune Nobody. Sa main tâtonna sur la table de nuit encombrée et chercha mollement l'objet bruyant. Une fois l'appareil maudit redevenu silencieux, le musicien roula sur le dos dans son lit et, les yeux encore à demi fermés, se demanda pourquoi il se sentait nerveux.

« Alix et Lixae ! »

Étaient-elles revenues ? Y avait-il eu du nouveau pendant la nuit ? Maintenant que la question lui était retournée à l'esprit, le musicien n'eut plus aucune envie de dormir. Il bondit littéralement de son lit tel un cabri avant de s'habiller en quatrième vitesse. N'ayant pas la patience de se vêtir tout à fait avant d'aller prendre des nouvelles, le Numéro IX sortit à pas de course de sa chambre avec seulement son pantalon et son haut noir mis de travers. Évidement, il fallait qu'il croise des gens dans le couloir.

-Hey Dem', fit Axel qui lui était déjà tout prêt, t'as le slip qui dépasse du pantalon.

Vexen, qui passait également par là, en rajouta une couche.

-Numéro IX, cette tenue est indécente !

-Euh…j'm'excuse, lâcha rapidement Demyx avant de continuer sa route vers la chambre de la Numéro XIV et de toquer à la porte.

-Je vais en parler au Supérieur, insista Vexen. Se promener à demi nu avec les sous vêtements qui dépassent est tout simplement…

-Mais laisse le, il va sans doute s'envoyer en l'air, se marra Axel. C'est pas parce que ta vie sexuelle est inexistante que tu dois en priver les autres, mon pauvre Vexen. À toute à l'heure, Dem', fit le Numéro VIII en s'éloignant avec un petit signe de la main et un grand sourire aux lèvres.

Tandis que le scientifique s'étouffait d'indignation, le Numéro IX, lui, habitué aux railleries d'Axel s'en retournait à ses affaires, à savoir le fait que l'on ne lui avait pas répondu quand il avait toqué. Il s'apprêtait à recommencer mais le panneau de bois s'ouvrit avant et il fut interrompu en plein geste, pris de court. La Numéro XIV passa sur le seuil, déjà entièrement habillée, ce qui surprit Demyx.

-Oh…salut…fit-il maladroitement. Tu as bien dormi ?

-Je n'ai pas dormi, répondit-elle.

Il laissa s'échapper une petite exclamation de surprise.

-T'as pas dormi ? T'étais pas fatiguée ?

-Non. Je n'ai refait surface qu'hier. La dernière chose que je voulais, c'était dormir, fit la fille d'un ton neutre tout en retournant dans sa chambre.

Demyx la suivit à l'intérieur.

-Mais alors t'as fait quoi pendant toutes ces heures ? T'es allée faire un tour dans le Manoir ?

-Je suis restée ici.

-…pas trop ennuyée ?

-Non.

Elle ne dit plus rien pendant quelques instants puis alla s'asseoir sur son lit. Demyx attendait, semblant avoir oublié jusqu'au pourquoi il était venu la voir dans sa chambre. Elle ne tarda néanmoins pas à lui faire retrouver ses esprits.

-J'ai une bonne nouvelle.

Le musicien la regarda avec attention.

-Laquelle ?

-Alix est revenue.


Et bien voilà, c'était donc le premier chapitre de ce début de deuxième partie de l'histoire. Là non plus l'action n'est pas très présente, mais il faut bien poser un peu les bases de la suite de l'histoire avant de repartir de plus belle^^

Vous devez vous dire que mes chapitres sont de plus en plus courts (d'ailleurs, les deux suivants seront du même gabarit…même moins pour le quarantième) mais c'est vrai que je tiens à découper mon histoire de manière précise, d'où le fait que je ne regroupe pas en un seul chapitre deux qui sont plutôt courts. Néanmoins, ne vous en faites pas (du moins pour ceux qui aiment les longs chapitres XD): il y en aura encore, des chapitres de 12'000 mots et plus. C'est juste qu'il faut du temps avant d'y arriver^^ Quoi qu'il en soit, j'espère que vous aurez apprécié la lecture.

A la prochaine !

Réponses aux reviews anonymes

- Soanne 5.9: Oulà, j'ai eu les deux reviews en même temps, alors répondons à l'une puis à l'autre^^ Et oui, Sora va bientôt débarquer dans le Manoir puisque nous entrons gentiment dans la période « Chain of Memories » (il m'a fallut 37 chapitres pour ça…moi, lente ?XD). J'ai l'impression que tu aimes bien Sora, mh ?^^ Et effectivement, Axel se montre sous un jour nouveau dans le chap' 36...On dirait pas, mais il en a beaucoup dans la caboche, ce cher Numéro VIII !

Contente que ma fin t'ait plut ! Si j'ai donné envie de lire la suite, mon but est atteint ! (*danse de la victoire*)

Ce dont Xemnas voulait parler ? En tout cas, sûrement pas de Luxord (désolée Demyx, pour le coup, t'étais à côté de la plaque XD) !

La suite est donc arrivée et j'espère que ça t'aura plut^^

Merci de me lire, surtout que ça fait aussi un moment que tu suis ma fic qui doit paraître bien longue lol

À la prochaine^^

- wing sephi: XD C'est vrai que c'est chiant pour ça, les vacances…Loin de chez toi, tu loupes tous les bons trucs qui sortent (perso, c'est les films qui me passent toujours sous le nez…Mais aussi être loin de chez moi alors que je SAIS que les fics que j'aime vont se voir ajouter de nouveaux chapitres m'énerve à un point !…Mais mis à part ça, les vacances, c'est cool XD).

Hm…c'est vrai que les yeux blancs, ça fait un peu peur…Et sur Alix/Lixae, ça fait trop bizarre XD

Merci (encore une fois !) pour tes reviews toujours sympathiques^^ J'espère que la suite te plaira !

Bon, allez, j'vais me mettre au chapitre suivant, moi !

À la prochaine^^