Déclaration : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter. Merci à Russel T Davies et à la BBC de les avoir créés.
Bêta et encouragements : Réa S, tout aussi précieuse ^^
MADE BY TORCHWOOD
Chapitre 38 : Le notaire
En file indienne, tenant fermement nos mugs en mains- nous ne les lâcherions pour rien au monde- nous nous dirigions vers la salle de conférence d'où provenait une sonnerie insistante. Avant de prendre l'appel, je regardais les membres de mon équipe tour à tour. Ils semblaient tous nerveux et c'était bien compréhensible. Tosh ajustait ses lunettes sur son nez, Ianto sa cravate et Owen se collait à Tosh plus que de raison … bon, ce n'était peut-être pas du stress pour Owen. Avec Tosh, ils étaient habituellement si professionnels, que ces marques de tendresse me paraissaient encore incongrues. Il fallait juste que je m'y habitue. Je les rassurais, en leur servant un sourire réconfortant avant de ne prendre l'appel.
Après les présentations, j'explicitais à Abigaël les fonctions de chacun ainsi que notre manière de travailler. Elle ne fut pas surprise, elle me connaissait déjà ce qui allait simplifier nos relations. Elle tiqua un peu quand je lui refusais l'accès au Hub, elle devait penser que cela faisait partie des bases de notre confiance mutuelle. Elle allait s'habituer. Elle voulait absolument nous rencontrer et nous proposa de venir sur sa base, mais je refusais avant même la fin de sa phrase. De mon point de vue, il était trop tôt, elle pensait en revanche que cela nous permettrais de dépasser tout cela, bien qu'elle comprenait parfaitement nos réticences. Ianto ne se prononça pas et même s'il paraissait calme, j'imaginais qu'il était d'accord avec moi. Je pris son silence comme tel. Il avait préparé le matin même toute une série de dossiers qu'il voulait étudier avec Abigaël, nous les laissâmes donc travailler tous les deux.
- Tu t'es fait plaisir Jack, me lança Owen alors que nous quittions tous les trois la salle de conférence. Nous pouvions encore entendre Ianto et Abigaël, il lui proposait un rendez-vous hebdomadaire ... Owen me dévisageait toujours, attendant une justification quelconque avec son air « je_sais_très_bien_ce_que_tu_as_en_tête ». Bien sûr la beauté d'Abigaël, même par écran interposé ne lui avait pas échappée.
- Suzie m'avait dit la même chose pour Ianto, fis-je remarquer.
- Elle n'avait pas totalement tort, rétorqua Owen sans se démonter.
- Jack, interpella Tosh alors qu'Owen et moi nous nous regardions en chiens de faïence, tu ne vas pas le laisser seul avec elle ?
- Ce n'est pas Mace, la rassurais-je en détachant mon regard de celui d'Owen. Les dossiers lui obéissent, avec moi ils font de la résistance … je n'ai pas grand-chose à faire là-bas.
- Tu devrais quand même faire attention, me réprimanda-t-elle malgré un sourire qui apparaissait sur ses lèvres et qu'elle cacha tant bien que mal en baissant la tête.
- Je le ferais, Tosh.
Sur ce, à moitié rassurée, elle repartie vers la salle principale et son cher ordinateur.
- Owen, crois-tu que Ianto puisse faire un peu de sport ?
Il n'avait pas bougé après le départ de Tosh, il me regarda en plissant les yeux, me scrutant.
- Par sport tu entends …
- Footing, abdominaux, boxe …
- Mouais, lâcha-t-il pas vraiment convaincu.
- Owen ! A quoi pensais-tu ?
- Oh là, le style offusqué te va mal ! Je te connais Harkness, à quoi supposais-tu que je pensais ? !
- Tu crois vraiment que je te demanderais la permission pour cela ?
- Pas faux … Bon, ok, je capitule. Je dirais oui, sans forcer. En fait, il n'était pas en bonne forme avant sa détention, ça devait faire quelques années qu'il se nourrissait mal. Et puis rester enfermé si longtemps sans voir la lumière du jour, c'est vraiment mauvais pour la santé. Il a beaucoup de carences et il a puisé dans ses maigres réserves pendant sa grève de la faim. Il remonte la pente, doucement, mais crois-moi je vais y veiller.
- Je sais Owen.
- Franchement, c'est à se demander ce qu'ils foutaient à Torchwood 1.
- Lisa était son médecin, plus concentrée sur sa télépathie que sur sa santé je suppose ... elle lui a fait passer des tests. Plutôt incisifs d'après ce que j'ai compris. Il ne s'est pas vraiment appesanti.
- Putain … bien sûr, ce n'est pas vraiment son genre de raconter. De laisser entrevoir ses failles ou ses secrets … tiens, ça me rappelle quelqu'un.
- Owen …
- Je ne saurais rien, n'est-ce pas ? Tosh s'est fait à l'idée, elle t'admire tellement. Mais moi j'ai un peu plus de mal. Tu vis ici ? Pourquoi on ne le savait pas ?
- C'est plus simple pour gérer la faille.
- Tu nous caches tellement d'autres choses … On ne sait rien de toi !
- Tu me fais confiance ?
- Oui … bien sûr que oui.
- C'est primordial, Owen, tu le comprends ?
- Ça va ! Tu vas me menacer ou quoi ?
- Je te donne le choix de partir si cela ne te convient pas, indiquais-je calmement. Je ne le souhaite pas Owen. Mais, saches que tu as ce choix.
- Je te fais confiance Jack et je veux rester. Mais ça ne veut pas dire que cela me plaît.
- J'ai reçu le message Owen. Si on revenait à Ianto ?
Il expira fortement, pris quelques instants pour digérer ce que je venais de lui dire. Depuis le temps, il s'était fait une raison mais les événements récents avaient ravivé sa curiosité. Je le comprenais … c'était pourtant de mon devoir de lui cacher mon immortalité. Si cela venait à se savoir … je préférais ne pas y penser. Comme pour Ianto, j'avais été l'objet d'études brutales, cela recommencerait, et ils seraient en danger inévitablement. Ianto savait, c'était déjà suffisamment dangereux … mais si réconfortant de savoir que quelqu'un d'autre comprenait ce que je vivais.
- C'est un genre de syndrome de Stockholm, si tu veux mon avis, dit-il après un moment de réflexion. Une manifestation de l'inconscient poussée par le premier but de tout être humain, la survie, expliqua-t-il.
- J'étais arrivé au même genre de conclusion, sans le baratin.
- Mouais. Bon, je vais voir nos nouveaux pensionnaires. J'espère que l'Unit va venir les chercher rapidement, ça commence à faire beaucoup, je ne suis pas vétérinaire, moi.
- Tu poseras la question à Ianto quand il aura fini.
Celui-ci ne sortit de la salle de réunion qu'après trois bonnes heures de travail. Je n'eus pas le temps de l'intercepter avant qu'il n'atteigne la petite cuisine. Quand je le rejoignis, il se préparait un cachet.
- Est-ce que tout va bien ?
- Oui, c'est juste un mal de crâne.
- Alors, qu'est-ce que tu penses d'Abigaël ?
- Tu l'as bien choisie Jack.
Aï, allait-il me faire les mêmes reproches qu'Owen ? pensais-je.
- Elle va au fond des choses, continua-t-il, elle est très organisée mais sans la rigidité et la stupidité de Mace. C'est reposant et même temps stimulant ...
Bien, bonne réaction … Marrant la différence entre eux deux. Je craignais qu'il me reproche sa beauté, il aurait été pourtant naturel de sa part qu'il me fasse la remarque. Mais c'était Owen qui s'en était chargé. Est-ce que Ianto me faisait confiance ou taisait-il ses craintes ? Il ne me l'aurait pas dit de cette manière … non, non, il me faisait confiance.
- Jack ? fit-il en me tirant de mes pensées.
- Tu disais ?
- Elle est brillante, on a bien bossé … d'où le mal de tête, conclue-t-il en souriant.
Je déposais un baiser sur son front, j'étais tout simplement content de le voir sourire et ravi de sa réaction avec Abigaël. Ravi d'avoir eu raison sur l'entente entre leur professionnalisme.
- J'ai rendez-vous avec Norris dans une heure à son hôtel. Tu veux … venir ? proposa-t-il manifestement hésitant.
- Norris ?
- Le notaire Jack.
- Oh, je l'avais oublié celui-là.
- Il ne m'a pas oublié, lui. Il croupit à l'hôtel depuis quelques jours et il voudrait repartir sur Londres au plus vite …
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'aurais bien aimé que tu viennes avec moi, je n'y connais rien aux héritages. Tu as déjà dû connaître cela plusieurs fois … mais, Norris, qu'est-ce que tu lui as fait ?
- Rien, je t'assure. J'étais juste un peu, comment dire, énervé.
- Tu lui as fait peur, reprit-il, il était complètement paniqué à l'idée de te revoir. C'est malin, déjà que j'ai clairement senti qu'il n'avait pas envie de me voir non plus …
Je haussais les épaules l'air de rien. Evidemment que j'étais énervé ce jour-là, cela faisait six jours que nous étions sans nouvelles. J'étais mortifié, totalement désespéré oui … il ne se rendait pas compte de l'état dans lequel je me trouvais … et tant mieux.
- Bon, je vais y aller seul, j'espère que l'on pourra tout régler en une fois mais j'en doute.
- Tu y as déjà réfléchi ?
- Oui, fit-il en préparant les cafés.
Il n'avait pas envie d'en parler apparemment, je n'insistais pas, c'étaient ses affaires de « famille ».
Il distribua sa tournée avant de quitter le Hub et moi je rejoignis mon bureau. Tosh déboula mon bureau moins d'une minute après son départ.
- Tu le laisses partir seul ?
Je me levais pour embrasser la pièce principale du Hub.
- Je vois que tu as déjà ouvert les caméras de surveillance, dis-je en souriant et en retournant lentement vers mon bureau.
- Ce n'est pas une raison, Jack …
- Relax Tosh, il est sorti sans appréhension. Fais-lui confiance.
- Mais ce n'est pas lui qui m'inquiète !
- Je sais bien Tosh. Nous n'avons pas le choix … il faut le laisser vivre une vie normale.
- Cela ne me plaît pas … mais je crois que tu as raison, c'est juste … que c'est encore si récent. Bon, je vais quand même le suivre jusqu'à l'hôtel.
- Ok. Merci.
Peut-être avait-elle raison … je le poussais vers une vie normale, créant autant d'opportunités de l'enlever. J'avais cru devenir fou sans savoir ce qui lui arrivait, je m'en voudrais à mort s'il lui arrivait quelque chose. Mais ce n'était pas une existence de vivre ainsi dans la peur. A vingt-trois ans, on peut espérer autre chose de la vie, même s'il n'avait pas vraiment d'alternative, pas d'autre choix que de travailler pour Torchwood. J'avais déjà retconné des agents qui quittaient Torchwood, parfois avec leur consentement mais plus souvent à leur insu. Le retcon ne marcherait pas avec lui, sa seule mémoire photographique était un obstacle au médicament. Sans parler du reste … les plus obstinés finissaient par se rappeler. Pas d'alternative.
En même temps, Tosh s'inquiétait pour deux ... pour le moment, j'étais tranquille.
Ianto revint assez tard de son rendez-vous, j'avais déjà renvoyé Tosh et Owen chez eux malgré leurs protestations. Je m'étais demandé combien de chefs devaient insister à ce point pour que leurs employés fassent moins d'heures … décidément rien n'était jamais normal ici.
- Alors ? demandais-je alors que Ianto passait la tête par la porte de mon bureau.
- Le mal de tête est revenu …
Il entra complètement pour s'affaler sur mon canapé.
- Ça va être long … c'est très pénible en plus …
Je m'approchais de lui.
- Je lui fais quasiment tout vendre. J'ai choisi quelques œuvres de charité, le reste sera placé … j'en ai aussi gardé une partie pour ma sœur.
- Tu ne m'as jamais parlé de Rhiannon.
- Tu as écouté nos conversations, me reprocha-t-il.
- Tous les moyens étaient bons pour te retrouver, répondis-je sur la défensive.
- Je sais, excuse-moi, je suis vraiment crevé.
- Est-ce qu'elle a des dons comme toi ?
- Non, tu te doutes qu'ils lui ont fait passer des évaluations. Heureusement pour elle, elle a une mémoire normale et bien sûr elle n'est pas télépathe.
- Ianto, le réprimandais-je.
- Quoi ! Ma vie serait plus simple.
- C'est certain, mais ça ne serait pas toi. Tu es spécial …
- On pourrait parler d'autre chose ? coupa-t-il.
- Ok, ok.
- Oh, j'allais oublier, je l'ai chargé de me trouver un appartement. Le plus prés possible du Hub, j'ai demandé deux chambres et une cuisine séparée. Ça va ?
- Tu aurais pu chercher toi-même.
- Je lui ai demandé, c'est déjà pas mal ! dit-il avec humeur.
Pas à prendre avec des pincettes ce soir, me dis-je.
- J'ai aussi gardé un cottage d'Yvonne, il n'est pas trop loin d'ici. Quand la faille nous le permettra, on ira voir ?
- Avec plaisir. Tu n'as pas faim ?
- Non. Je vais me coucher.
Sur ce, il quitta précipitamment mon bureau, me laissant perplexe. Je me préparais tant bien que mal un repas rapide avant de le rejoindre dans sa chambre. Je me doutais que l'entrevue avec le notaire n'avait pas été une partie de plaisir mais je me demandais si c'était la seule raison à sa mauvaise humeur.
Je l'observais depuis le couloir du Hub. Il était sous la couette, éclairé seulement par une faible lumière, son ipod entre les mains. J'entrais, il n'avait pas besoin de m'entendre pour détecter ma présence. Soi-disant qu'il repérait mes phéromones à des kilomètres. Sans parler de son troisième œil, celui de son esprit. Je commençais à me déshabiller lentement en me disant qu'il me foutrait dehors s'il ne voulait pas de moi. Il ne dit rien et je pris ce silence comme une permission. Je me glissais sous la couette en me rapprochant de son côté plus chaud que le mien. Je posais une main amicale sur son épaule en murmurant son prénom même s'il ne pouvait pas l'entendre. Il se tourna et son regard me suppliait de ne pas poser de question …
Ne pas caillouter pour cette fin !
Je n'ai plus beaucoup d'avance (1 malheureux chapitre) et très peu de temps pour écrire ... des excuses pour vous faire patienter quelques jours pour connaître le fin mot de ce rendez-vous avec le notaire.
J'espère que malgré cela le chapitre vous a plu. J'attends vos messages avec impatience ^^ ce sont mes p'tis bonheurs à moi.
Un big merci à tous, je suis hyper gâtée et cela me pousse à continuer.
Je répond toujours (sauf oubli involontaire, dans ce cas réclamez votre dû !) mais parfois je n'ai pas pu répondre faute de compte, alors je le fais ici, donc merci à Marie, Elenou, Weholls et Namm.
Le premier paragraphe du chapitre suivant :
"Ce n'était vraiment pas mon genre de m'imposer ou d'obtenir des réponses qui ne souhaitaient pas être données … Je laissais Ianto gérer seul ses démons intérieurs, j'avais compris à son regard implorant qu'il ne souhaitait pas se confier. Je m'endormis bercé par le ronronnement des machines du Hub, j'aurais préféré le corps de mon partenaire mais je dus me contenter de cette berceuse si familière. D'habitude rassurante, cette fois elle me remémora ma solitude avec une régularité que je trouvais bien cruelle. Je me levais en pleine nuit et après lui avoir enlevé ses écouteurs qui délivraient toujours leur flot continu de musique. En regardant son visage endormi, je laissais vagabonder mes pensées. Les révélations, les réponses qu'il m'avait apportées au sujet de mon immortalité en suscitaient tellement d'autres, réveillaient en moi tant de souvenirs …"
Merci de suivre cette histoire, à bientôt !
