Par mrscage Cher Bon Dieu, Une autre calme journée passe depuis mon retour à New York. Tous les jours commencent de la même façon. Je me lève, je prends une tasse de café, je dis bonjour a Susanna avec baiser sur ses lèvres et je pars pour le théâtre. Je ne pense plus et je retourne à mon rôle dans « Roméo et Juliette ». M. Hathaway a dit qu'il comprenait ma réaction mais il m'a fait promettre de ne plus jamais boire et que je ne partirai plus sans crier gare. Je ne le ferai plus. Pas seulement parce que je le lui ai promis, mais aussi parce que je l'ai promis a ma demoiselle Taches de son. Je joue mon rôle pour elle, tous les jours de ma vie : la scène est le seul endroit ou je me sens vivant et tous les soirs, je reviens à Susanna. Nous sommes fiancés, je l'ai demandé en mariage quand je suis revenu de Chicago. Si elle avait eu sa jambe, elle aurait sauté de joie ! Je sais que je ne devrai pas dire ça : elle a perdu sa jambe en me sauvant. Susanna m'a sauvé la vie, maintenant je dois être son esclave. Croyez-moi mon Dieu, ça va. Je vais l'épouser des que je me sentirai capable de faire l'amour avec elle, parce maintenant, la pensée de coucher avec elle me dégoûte. Ce n'est pas a cause de sa jambe, c'est parce que mon cœur appartient à Candy. Je ne me vois pas faire l'amour à une autre fille, c'est tout. Depuis la dernière fois que j'ai vu Candy, je me sens plus adulte…Les jours heureux de St. Paul, les bons souvenirs de l'Ecosse sont si loin maintenant que je me demande parfois s'ils sont vraiment arrivés. Peut être que tout n'était qu'un rêve…Ce qui est vrai c'est Susanna, son amour pour moi et mon devoir pour elle. Va-t-elle me libérer un jour de ce fardeau ? Cher Bon Dieu, Je ne sais plus quoi écrire. Tous les jours, c'est la même chose. Apres avoir présenté mes excuses a tout le monde, je n'ai plus rien à faire avec ma vie. Je suis entre vos mains et je me fiche du futur. Je n'ai pas de frayeur ou de regret, ni de haine, ou de la douleur ou de l'espoir… je ne sens rien. A la place de mon cœur, il y a un vide… c'est si froid… je comprends mon père à présent. Je me vois dans dix ans : je serai exactement comme lui. La douleur est tellement insupportable que j'ai dû éteindre mon cœur pour survivre. Je ne pense pas que je puisse aimer à nouveau. Pauvre Susanna, elle attend à ce que je l'aime. Elle ne m'a même pas demandé où j'étais lorsque je suis revenu. Je sais qu'elle peut attendre pour toujours, mais pour toujours ce n'est pas assez long pour faire l'amour. Je ne peux pas l'aimer, point final. Je ne peux aimer personne d'autre que moi-même. J'ai appris ce qu'était l'amour par Candy, et maintenant que je ne suis plus avec elle, j'ai oublié comment aimer… Les premiers jours, je pensais que Susanna allait me libérer un jour que je pourrai retourner chez Candy. Maintenant je sais que ce n'était qu'un rêve enfantin. Susanna me veut pour elle même et elle va me garder pour toujours. Ça va… Ça n'a plus d'importance à présent…Même si elle me laisse partir un jour, je ne serai plus le Terry que j'étais et Candy aura continué sa vie. Peut être qu'elle se trouvera bientôt un mari. Elle mérite d'être heureuse… Un de nous deux doit au moins être heureux ! La seule chose pour laquelle je pourrai prier c'est son bonheur. Je me souviens quand je rêvais que je serai celui qui allait la rendre heureuse. J'allais l'épouser… Elle allait être ma femme. Maintenant… Je dois rendre Susanna heureuse, mais à chaque fois que je vois son visage… me regardant de cette façon, je veux lui donner un coup de poing. ! Désolé… je ne voulais pas dire ça… elle m'a sauvé la vie. Je lui appartiens… Elle peut faire tout ce qu'elle veut avec ma vie. Et ça va, après tout ma vie ne vaut plus rien. Cher Bon Dieu, Je n'aurai jamais cru que ça pourrait arriver. Je n'aurai jamais cru que ce journal allait me sauver un jour. La dernière fois, lorsque je suis revenu du théâtre, le dîner n'était pas prêt et Susanna attendait dans le salon avec un regard bizarre. Elle dit » « Terrence, nous devons parler ». Je ne l'ai jamais vu aussi sérieuse et aussi en colère. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Ensuite elle se mit à crier sur moi ! Elle dit que je pouvais lui donner un coup de poing si je voulais tellement le faire. Je la regardais sans comprendre ce qui n'allait pas lorsqu'elle me jeta le journal au visage. Elle dit : « J'ai tout lu ! Tu me déteste, je te dégoûte et je suis si stupide, moi qui espérais qu'un jour tu finirais par m'aimer ! Pendant tout ce temps, tu me méprisais ! ». Désolé dis-je. J'étais vraiment désolé. Je n'aurai jamais cru qu'elle le trouverait et qu'elle le lirait un jour. Je lui ai dis que ce que j'ai écris ne voulait rien dire, que je l'ai choisi et que j'allais rester avec elle. Elle me traita de menteur et elle se mit à pleurer. Je suis allé à ses cotés, je voulais la consoler, je me sentais mal. Elle était celle qui m'avait sauvé et au lieu de lui être reconnaissant et la rendre heureuse, je l'ai fait pleurer. Elle se calma un peu et elle me dit qu'elle était aussi désolée. Elle dit qu'elle s'était rendu compte combien elle était égoïste et qu'elle savait que mon cœur appartenait a une autre, mais elle pensait que j'allais l'aimer avec le temps. Elle ne savait pas que j'avais besoin de Candy pour me sentir vivant. Elle espérait que j'allais l'aimer si elle attendait assez longtemps. Quand je lui ai dit que je la choisissais elle, elle m'a vraiment cru et elle avait décidé d'attendre toute sa vie jusqu'au jour ou je serai complètement a elle. Elle a dit que mon journal lui a ouvert les yeux et elle m'a dit de partir. Je dis que je ne la quitterai jamais, que ma responsabilité était de prendre soin d'elle. Elle dit : « Je ne veux pas être ta responsabilité, espèce d'idiot, je veux ton amour ! Peux-tu me donner ton amour ?! » Je n'ai pas pu répondre. Je me suis rendu compte qu'elle ne voulait plus vivre une vie de mensonge. Elle a dit qu'elle ne me pardonnerait jamais, parce que le soir de la première de « Roméo et Juliette », je ne l'ai pas écouté quand elle m'a dit de suivre Candy. Elle a dit que c'est elle qui lui a donné le courage ce soir la. Elle a raison. Je voulais faire la chose honorable et je n'ai fait que la faire souffrir. Elle m'a supplié de partira et de ne par revenir. Je ne voulais pas partir, j'avais peur qu'elle essaye de se suicider. Elle comprit pourquoi j'hésitais et elle me dit qu'elle ira bien. « Ce soir la je voulais mourir parce que je ne voulais pas venir entre Candy et toi…Si tu ne pars pas maintenant, je vais me tuer rien que pour te libérer de ton devoir. Alors pars ! Si tu veux que je vivre, va… chez elle » Dit-elle. J'entends encore sa voix dans ma tête. Je lui ai dit aurevoir et je suis parti. Ça semblait si bizarre. Tous les sentiments qui m'ont quitté depuis la dernière fois que j'ai vu Candy, revinrent un par un. D'abord, j'ai eu « pitié » de Susanna et ensuite j'étais « soulagé ». Quelques minutes après, j'étais heureux ! J'ai couru pour parler à M Hathaway, pour lui demander quelques jours de vacances. Je lui ai dit ce qui s'était passé entre Susanna et moi. Il m'a donné une semaine et ce n'était pas assez pour moi. Devinez d'où j'écris ? Sur son arbre, sur as colline Pony… après avoir parlé à M. Hathaway, j'ai pris le train et je suis allé a Chicago a la clinique où elle travaillait. Je n'ai pas pu la trouver, mais j'ai eu la chance de rencontrer Albert. Je lui ai tout dis, il était ravi de voir que j'avais mis de l'ordre dans ma vie depuis la dernière fois qu'il m'a vu. Il m'a dit qu'il arrangeait une petite fête pour Candy à la maison Pony et il me demanda d'aller avec lui. Maintenant tout le monde s'amuse et je suis assis en train de respirer l'air frais, en essayant de trouver le courage de la rencontrer. Je ne sais pas comment je vais réagir quand elle allait me voir. Je suis tellement nerveux. Tout s'est passé très vite que je ne sais pas comment me sentir. Etait-ce un rêve ? Suis-je vraiment ici si près de Candy ? Ou est-ce que vous vous amusez avec moi ? Est-ce que je vais me réveiller et me retrouver dans mon appartement a New York ? J'ai si peur… je suis prêt a tout, je dois la voir. Allons-y !
