Salut vous !
Encore un chapitre à vous mettre sous la dent ! Il n'est pas très long mais il est déjà tard, je travaille tôt demain et je n'ai pas le temps d'écrire plus… En plus je me suis à moitié déboîté l'épaule ce week-end, vous vous en foutez mais j'ai maaaaaaaaaaal !
Dans les dernières reviews, certaines d'entre vous m'ont fait remarquer que mes scènes de sexe étaient trop violentes. C'est peut-être vrai. Non, en fait, c'est souvent vrai. Mais je voulais exprimer la violence de la passion de Severus pour Hermione, et aussi son désespoir, et il me semblait que ces sentiments ne pouvaient se traduire que de cette façon chez lui, puisqu'il n'est pas très bavard dès qu'il s'agit de sentiments… Mais vous avez constaté qu'il peut aussi être très doux. Donc non, ce n'est pas une espèce d'instinct masochiste refoulé de ma part, au cas où cela vous aurait traversé l'esprit ^^, c'est juste le personnage qui m'a dicté la façon d'écrire son histoire.
Voilà ; c'était la minute je-me-justifie-parce-que-je-ne-supporte-pas-la-critique (lol non sérieusement je suis open pour toutes vos remarques, ça m'intéresse, et je ne demande qu'à m'améliorer, alors n'hésitez jamais). Et maintenant, place à la lecture de cet avant-dernier chapitre de ma fic… Enjoy !
OoO
Cela faisait maintenant deux jours qu'Hermione était au Terrier. Severus l'avait accompagnée jusqu'à la porte, mais il n'y avait personne dans la maison. Elle l'avait donc enjoint de repartir sans plus attendre pour Aryos, et il s'était exécuté, non sans lui avoir donné un baiser d'adieu qui l'avait laissée tremblante, brûlante de désir, et heureuse qu'il n'y ait aucun témoin pour la surprendre dans cet état.
Les Weasley n'avaient pas caché leur étonnement de la trouver sur le seuil de leur porte ce soir-là, mais Molly et Arthur avaient été plus que ravis de l'accueillir.
Cependant, Hermione n'avait pu se résoudre à leur expliquer la totalité des événements qui venaient de se dérouler. Malgré l'assurance de Severus, malgré la ferveur de son baiser, elle ne pouvait s'empêcher de craindre… quoi, au juste ? Qu'il ne revienne pas ? Elle ne savait pas exactement, mais se refusait à entretenir trop d'espoir, de peur que, une fois de plus, quelque chose ne vienne briser à nouveau ses rêves.
Elle avait donc simplement expliqué à ses amis, tous ayant accouru au Terrier pour l'occasion, qu'elle n'était plus reine d'Aryos et que, peut-être, son mariage avec Draco allait être annulé. Alors qu'elle en était arrivée à ce point de son récit, Ginny la fixa avec une grande intensité, les yeux brillants, mais sans oser poser la question, ce dont Hermione lui fut reconnaissante. Ron, toutefois, fut moins diplomate. Les yeux ronds, il exprima tout haut ce que tout le monde pensait tout bas : allait-elle retourner avec Rogue ?
La jeune femme avait rougi, détourné le regard, puis répondu très vite :
« J'aimerais que l'on ne parle pas encore de ce… de cette étape-là avant quelques jours, si ça ne vous dérange pas. »
Tout le monde avait immédiatement compris. Ron avait paru mortifié de son indélicatesse mais, d'un sourire, elle lui avait fait comprendre qu'elle ne lui en voulait pas. Molly, au comble de la joie de voir sa « presque fille » délivrée d'une situation qui la rendait si malheureuse, avait alors posé une autre question, destinée à détendre l'atmosphère, mais qui avait produit l'effet inverse :
«Alors, comment as-tu réussi à ne plus être reine, ma chérie ? avait-elle demandé d'un ton affectueux.
D'écarlate, Hermione était devenue livide. Ce n'était réellement pas le moment d'expliquer cela, encore moins à Molly…
« Je crois que la réponse à cette question attendra aussi quelques jours, c'est bien ça ? » avait alors gentiment rétorqué Ginny, sous le regard éperdu de gratitude de son amie.
L'assemblée avait ensuite décidé qu'il ne servait à rien d'interroger plus avant la jeune femme, et l'on avait choisi de simplement laisser libre cours aux joies des retrouvailles.
Mais à présent, cela faisait deux jours. Deux jours entiers qu'il était parti, et Hermione n'avait aucune nouvelle. Combien de temps cela prenait-il d'annuler un mariage, dans le monde sorcier ? Certainement pas autant que pour un divorce Moldu, raisonnait-elle, sinon Severus n'aurait pas eu l'air aussi assuré de revenir rapidement. Mais que signifiait rapidement pour lui ? Quelques jours ? Quelques semaines ? Et pourquoi ne donnait-il pas de nouvelles ?
Elle avait été tentée d'écrire, puis s'était ravisée, supposant que l'on n'avait pas besoin d'elle et qu'elle n'avait qu'à prendre son mal en patience.
Ron, Harry et Ginny séjournaient au Terrier, eux aussi, profitant de la présence de leur amie qu'ils n'avaient pu voir depuis le procès. Tous avaient pris quelques jours de congés, sentant qu'elle avait bien besoin de distractions, et ne lui posant plus la moindre question sur ce qu'il s'était passé.
Mais ils ne pouvaient être sans cesse avec elle et ce soir-là, deux jours après son arrivée, Hermione, seule dans sa chambre, ruminait de sombres pensées. Attendre, encore… Sa vie, depuis un certain temps maintenant, se résumait à attendre. Par pitié, faites que cela cesse ! supplia-t-elle intérieurement en se mettant au lit.
Le lendemain matin, c'est une Hermione épuisée par sa nuit d'insomnie et de mauvaise humeur qui descendit dans la cuisine rejoindre ses amis pour le petit déjeuner.
« Tu as l'air en super forme ! » ironisa Harry, qui reçut un coup de coude de la part de Ginny.
Hermione leur jeta un regard noir tout en se saisissant du bol le plus grand qu'elle put trouver pour son café. Puis elle se souvint que le café à haute dose n'était pas très bon pour les bébés. D'un autre côté, elle avait bien besoin de sa dose de caféine aujourd'hui… Elle resta un long moment, hésitante, la cafetière dans une main, le bol dans l'autre, le regard perdu dans le vague.
« Qui a appuyé sur le bouton off ? » lança Ron sur le ton de la conversation. Ginny et Harry éclatèrent de rire, ce qui fit sursauter la jeune femme et la ramena à la réalité. Avec un soupir, elle se versa une infime quantité de café, y additionna un grand volume d'eau, et se prépara à boire son insipide breuvage.
Tout à coup, un grattement se fit entendre contre la vitre de la cuisine. Le courrier était arrivé.
« J'y vais, fit Ginny en se levant et en ouvrant la fenêtre.
Trois hiboux entrèrent dans la pièce, se dirigeant vers les destinataires de leurs missives. L'un d'eux se posa devant Hermione, qui contemplait sombrement son bol d'eau chaude foncée, et un grand silence se fit tout à coup dans la pièce. Elle releva la tête. C'était un hibou noir ; il la contemplait froidement, la patte tendue.
Le cœur d'Hermione rata un battement. Elle se releva brusquement, faisant tomber sa chaise derrière elle, et tenta fébrilement de décrocher le message de la patte de l'oiseau. Mais ses mains tremblaient trop et Ginny dut venir à son aide. Lorsqu'elle eut enfin détaché la lettre, le hibou poussa un ululement moqueur, et s'envola dans une élégante dignité qui n'était surpassée que par celle de son maître.
Hermione décacheta le parchemin avec une avidité qui l'aurait fait rougir si elle n'avait été aussi impatiente.
Hermione,
Tu souhaitais reprendre ton nom de jeune fille ; c'est chose faite.
Je pense que tu en seras heureuse, même si j'avoue que j'aimerais te voir prendre un autre nom que celui de Miss Granger…
J'arriverai peu après que tu aies reçu ce message, je ne peux plus attendre pour te voir et t'emmener à la maison.
J'espère que tu vas bien. J'espère que vous allez bien tous les deux.
Severus.
Le souffle coupé, Hermione se laissa retomber sur sa chaise, serrant si fort la lettre que ses articulations en devinrent blanches. L'émotion qui l'envahit était si forte qu'un instant elle crut qu'elle allait exploser.
« C'est… une mauvaise nouvelle ? » s'inquiéta Ginny.
Elle releva la tête et constata que ses amis la fixaient avec anxiété. Elle devait avoir l'air bouleversée. Du coin de l'œil, elle aperçut Molly et Arthur qui l'observaient, debout à l'entrée de la cuisine, hésitants.
Enfin, ses sentiments lui permirent de reprendre un peu le contrôle d'elle-même. Un immense et irrépressible sourire monta à son visage. Les autres parurent un peu soulagés.
« Alors, tu n'es plus Mrs Malefoy, j'imagine ? questionna Harry.
- Non, parvint à prononcer Hermione.
- C'est vraiment terminé ? fit Molly.
- Oui, c'est fini. C'est fini », murmura la jeune femme. Et elle fondit en larmes.
Un instant plus tard, tous étaient autour d'elle, la serrant dans leurs bras, la félicitant. Molly avait les larmes aux yeux ; Ginny pleurait de soulagement pour son amie. Hermione elle-même se sentait si heureuse qu'elle avait envie de le hurler à travers ses larmes.
Puis une pensée traversa son esprit – Il arrive -, et elle bondit hors de la pièce.
« Mais où vas-tu ? s'alarma Ron.
- Me préparer », cria-t-elle depuis l'escalier qu'elle montait précipitamment.
Parvenue dans sa chambre, elle commença à emballer ses affaires à la hâte ; pour la dernière fois, l'espérait-elle. Elle n'avait pas sorti grand-chose en deux jours, s'étant tenue prête à partir à tout instant, aussi ce fut vite terminé. Elle se rendit alors dans la salle de bains pour se rafraîchir un peu et être plus présentable. Elle essaya de ne pas penser à la petite phrase que Severus avait incluse dans sa missive ; phrase qui laissait présager un bonheur si grand qu'elle se demandait si elle pourrait le supporter.
Même si j'avoue que j'aimerais te voir porter un autre nom que celui de Miss Granger…
Le méritait-elle ? Méritait-elle réellement ce bonheur ? En cet instant, elle se sentait si forte, si heureuse qu'elle avait tendance à penser que oui, elle le méritait bien, après tout ce qu'elle avait traversé!
La cloche suspendue à la porte d'entrée se mit à tinter. Hermione sursauta, puis se précipita hors de la chambre et dévala les escaliers en trombe.
« Hermione ? s'étonna Molly, qui avançait vers la porte de la maison. Mais qu'est-ce qui…
- C'est lui ! » cria la jeune femme sans s'arrêter
Elle ouvrit la porte à la volée et, l'instant d'après, elle était dans les bras de Severus, succombant sous ses baisers.
Une éternité, ou quelques secondes, plus tard, elle reprit pied avec la réalité. Severus la serrait dans ses bras, déposant de légers baisers sur ses joues et son front. Ses yeux si noirs brûlaient d'un feu intérieur, et reflétaient une joie qui était aussi la sienne.
« Je t'aime, Hermione Granger, murmura-t-il.
- Je t'aime, Severus Rogue ».
Il sourit, et elle eut l'impression que le soleil venait de s'éclairer.
« Bon, vous entrez ou vous sortez ? » fit une vois amusée. C'était Ginny, qui avait rejoint sa mère dans l'entrée et leur souriait. Hermione réfléchit un instant, puis répondit :
« On entre. Je pense que je vous dois des explications, si ça vous intéresse toujours… »
Ginny ne se donna pas la peine de répondre. Elle prit son amie par le bras et l'entraîna à l'intérieur en ignorant le regard noir que lui adressait Severus, sans doute irrité qu'on lui enlève sa dulcinée, alors qu'il venait juste de la retrouver.
Deux heures d'explications plus tard, Hermione remerciait chaleureusement Molly et Arthur pour l'avoir hébergée, et ses amis pour avoir été là jusqu'au bout. Severus se tenait à ses côtés, une main posée sur sa taille, prêt à la retenir si elle tentait de s'enfuir (!). Il salua la maisonnée, avec dans la voix des intonations nettement plus chaleureuses que d'habitude, et Molly y vit un heureux présage.
Après des promesses de bientôt se rendre visite, le couple s'éloigna. Severus prit Hermione dans ses bras, avec une tendresse et une douceur qui surprirent la mère de Ron. Elle ne l'en aurait pas cru capable, admit-t-elle pendant qu'elle les regardait disparaître. Mais cela aussi, c'était une bonne chose.
Lorsqu'ils arrivèrent au manoir, Severus entraîna Hermione jusqu'au salon où il l'avait emmenée deux jours auparavant, mais cette fois-ci, son accueil était beaucoup plus chaleureux.
« Bienvenue chez toi, murmura-t-il à son oreille tout en la faisant s'asseoir sur le confortable canapé.
- Merci, répondit-elle avec un immense sourire.
- Comment te sens-tu ? lui demanda-t-il alors, scrutant son visage à la recherche du moindre signe d'inconfort ou de souffrance cachée.
- Je ne me suis jamais sentie aussi bien, je crois.
- Tu as l'air fatiguée.
- Je le serai beaucoup moins à partir de maintenant, assura-t-elle. Comment va Draco ?
- Il va très bien. Ses ministres ont été impressionnés par la façon dont il a réussi à se débarrasser de toi, répondit Severus avec un sourire. Ils le prenaient pour un gringalet ambitieux ; maintenant ils constatent qu'il possède les qualités de dirigeant des Malefoy au plus au point. Ils commencent à le respecter plutôt que de le craindre. Mais ils se méfient toujours de sa politique. Il faut qu'il fasse ses preuves à long terme.
- Mais est-ce qu'ils ne vont pas essayer de lui faire épouser quelqu'un d'autre ?
- Ils le pourraient, ils en ont le droit. Mais ils savent qu'il se libérera de la candidate de la même façon qu'il l'a fait avec toi, alors ils préfèrent attendre un peu, pour voir.
- Et tu penses qu'il ne risque rien, avec tous les ennemis qu'il a là-bas, de tous les côtés ?
- Je me suis personnellement occupé de la sécurité de ses appartements : un attentat est donc exclu. Il sait reconnaître la plupart des poisons. Il sait se battre. Il ne se laissera jamais attaquer par derrière. Il reste toujours la possibilité du coup d'état, mais d'ici à ce que cela se produise, il aura suffisamment montré à son peuple à quel point il est différent de son père, et ils y renonceront probablement. De plus, j'ai profité de mon passage là-bas pour mettre hors d'état de nuire les plus dangereux et les plus influents de ses ennemis. Je pense qu'il s'en sortira très bien.
- Hors d'état de nuire ? C'est-à-dire ? s'amusa Hermione.
- Vous posez trop de questions, Miss Granger, souffla son amant en plantant son regard dans le sien. Et ce n'est pas de parler que j'ai envie maintenant. »
