Chapitre 37 – Premiers contacts
Quelques secondes plus tard, Mélina lui faisait face, elle était embêtée par son attitude. Elle lui dit doucement presque dans un murmure :
- Désolée, je crois que vous avez
réveillé certains de mes mauvais souvenirs.
- Du
genre ?
- …
- Désolé.
- Je n'ai pas envie
de parler de cette période là, surtout que je ne m'en
souviens pas très bien. Mes réactions sont comment
dire, instinctive. Elles ont lieux à certains moment, parfois
contrôlable parfois incontrôlables. Des fois j'arrive à
reprendre le dessus sans aide, comme je viens de le faire.
Un silence lourd se fit sentir, Mélina vit son sac et elle dit :
- On peut y aller c'est ça ?
- Oui.
-
Bien.
Méthodiquement elle remit son manteau.
- Ou allons-nous maintenant ? demanda le nettoyeur.
- Ou vous voulez. J'ai fait les deux choses que je devais
faire.
- Ecouter le répondeur peut-être ?
- …
Elle n'était pas très chaude, mais elle n'avait pas le choix. Elle appuya sur le bouton et une voix de garçon se fit entendre. Mélina la reconnut tout de suite, elle ferma les yeux, son interlocuteur parlait en anglais :
- « Qu'est ce que tu fous Mélina ! Tu as vu ce qu'ils ont fait ? Tu veux vraiment qu'ils le fassent ! » Mélina se crispa et elle dit si bas que Ryo n'en était pas sûr :
- Et qu'est ce que tu veux que je fasse… murmura-t-elle.
Et comme pour répondre à son interrogation, la voix de garçon se fit à nouveau entendre :
- « Fais ce qu'ils te disent de faire, et tu seras tranquille… (la voix se fit plus basse) Mais c'est quoi ce truc ? Comment ça se fait que tu te sois fait, toi aussi enlevée ? Bon je dois te laisser, je sais que tu leur as échappé, j'espère que tu feras tout pour que rien ne se passe pour ton frère… »
Mélina soupira et effaça le message.
Elle n'avait pas besoin de l'écouter davantage. Elle se
retrouvait malgré elle, piégée. Si elle ne tuait
pas le client de Saeba, c'était son frère qui serait
la cible.
Elle ne voulait pas le tuer, mais si pour récupérer
son frère elle devait le faire, elle le ferait peut-être…
Pour le moment elle devait laisser sa chance à City Hunter.
Elle priait pour qu'ils trouvent ou était son frère.
A partir de ce moment là, elle interviendrait auprès
des commanditaires…
Pour le moment elle ignorait qui exactement
tirait les ficèles de tout ça. Pour cela, il faudrait
que City Hunter fassent des recherches sur leur client.
Car même
s'ils faisaient des recherches sur elle, ils ne trouveraient rien
d'extraordinaire, enfin sauf si…
Le nettoyeur la sentait absent, soudain il la vit écarquiller les yeux et se tourner vivement. Elle ramassa son sac et dit :
- Il faut qu'on parte ! Si non ils risquent de détruire ce pavillon et je ne tiens pas à me justifier auprès de mon père.
Quelques secondes plus tard ils se retrouvèrent dans les rues froides. Ryo prit son sac et la guida dans les rues pour atteindre au plus vite le métro mais c'était sans compter sur les cinq gus chargés d'impressionner la jeune fille, même s'ils ignoraient pourquoi.
Ils étaient présents, ils les
suivaient sans même se cacher, et étrangement le
nettoyeur ne sentait aucune tension meurtrière de leur part.
Ils virent que ce style d'intimidation ne faisaient rien à
la jeune fille qui discutait de tout et de rien avec l'homme qui
l'accompagnait. La discussion n'était que façade,
elle demandait au nettoyeur si il y aurait un noël blanc, il fut
surpris par l'aspect calme de sa cliente.
Et puis tout
s'enchaîna assez rapidement, un des types lança un
projectile dans leur direction.
- Ils ont pas fait ça ? demanda Mélina.
Alors qu'elle posait la question Ryo la protégea
de son corps alors qu'une explosion qui fit sursauter le voisinage.
Le nettoyeur l'aida à se lever et lui dit de courir mais la
jeune fille se contenta de marcher.
Ryo ne comprenait pas son
attitude, comment pouvait-elle être aussi calme. Cette dernière
lui dit :
- J'ai pas le droit de courir.
« Qu'est ce que c'est encore que cette histoire songea le nettoyeur » alors qu'une libellule qu'il chassa rapidement en lui disant que c'était pas le moment.
Sans lui demander son reste, il lui prit la main et
la força à le suivre en courant. Malgré toute la
volonté de sa cliente il sentait qu'ils ne pourraient pas
courir longtemps. Il faut dire que le temps qu'il fasse un pas elle
en faisait trois.
Les types derrières eux, avaient sortis
leurs armes et les coups de feus commencèrent à se
faire entendre.
Tout à coup un 4x4 fit un dérapage
et une mitraillette fut braqués sur eux, instinctivement Ryo
plaqua sa cliente au sol, alors que le type avec la mitraillette
tirait contre les cinq poursuiveurs.
Un homme grand s'approcha
et s'accroupit face à eux et il dit :
- Mademoiselle Therryana.
Mélina qui était encore un peu étourdie leva un regard interrogateur et finit par sourire en demanda :
- Mathias que faites-vous là ?
- Hum, j'ai
entendu dire que vous aviez été enlevée, et
finalement appris qu'ils avaient échoué mais que par
contre que votre frère… Enfin, c'est pas le lieu.
Une montagne s'affaissa et regarda le jeune fille au sol. Et il dit :
- Il faudrait y aller. Saeba.
- Falcon !
Le nettoyeur se redressa, il toisa les deux hommes. L'un d'eux avait certainement un rapport avec les flics son odeur ne laissait aucune hésitation.
- Il faut y aller, intervint Mélina. Vous
nous déposez chez monsieur Saeba ? demanda-t-elle.
- Ouais
grogna l'armoire à glace.
Ryo et elle montèrent à l'arrière de la voiture et elle s'appuya sur le siège avant ou se trouvait Mathias. Elle osa demander :
- Vous êtes ?
- Falcon.
- Et votre vrai
nom c'est ?
- …
- C'est pas grave ! Vous mesurez combien
? Vous ressemblez à…
- Une baleine, intervint Ryo.
Falcon lâcha le volant sous l'œil effrayé du passager avant. Qui tenta de le maintenir droit !
Mélina regarda alors cette armoire à
glace essayer d'étrangler le nettoyeur. L'espace d'un
instant elle songea à intervenir. Elle fixa les deux hommes
avec intérêt mais restait perdue dans ses pensées.
Et puis il se passa quelque chose d'étonnant !
Le géant
car pour Mélina s'en était un, devint écarlate
et bredouilla pour elle un « pardon ».
Elle cligna
des yeux plusieurs fois alors qu'un corbeau passait derrière
elle en tenant une pancarte : « et oui, les plus grands sont
les plus timides ».
Elle sortit de sa rêverie et s'accrocha à
nouveau au siège du passager avant une fois que Falcon
reprenait sa position.
Elle demanda :
- Mathias…
- Oui ?
- C'est qui cet homme ?
Visiblement il connaît Monsieur Saeba donc ça veut dire
qu'il est du milieu !
- Je suis un ancien mercenaire répondit-il
en grognant.
- Je vois. Mathias, comment vous vous êtes
rencontrés ?
- C'était il y a longtemps
Mademoiselle. Quand j'ai su qu'il y avait des hommes qui
voulaient… j'ai pensé qu'un peu d'aide ne serait pas
du luxe. Je ne suis qu'un modeste pilote.
- Ouais c'est ça
dit-elle doucement. Vous oubliez Mathias de préciser que vous
avez fait parti pendant plusieurs années d'une équipe
de déminage avant de démissionner.
- …
Ils entrèrent tous dans la cage d'escalier
et Ryo s'assit sur les marches de l'escalier. Mélina
s'adossa au mur mais n'écoutait pas ce qui se passait.
Mathias se présenta et dit qu'il était chargé
de conduire les jumeaux ou ils le souhaitaient dans le monde, il
était simplement le pilote de l'avion.
Le nettoyeur le
décortiqua, il avait une chemise doublée et un blouson
épais mais sans manche. Il portait un jean et des baskets
noires. Il avait un regard dur malgré la couleur bleue-claire
de ces derniers. Il avait enlevé ses lunettes et s'agenouilla
devant la jeune fille. Pourtant le regard qu'il portait sur la
jeune fille était doux et compréhensif, le nettoyeur
était sûr que ces yeux étaient capables de tout
voir. Mathias lui demanda à cette dernière :
- Vous n'êtes pas blessée ?
- Non
ça va.
- Vous m'en voyez ravis. Monsieur Moore ne me
l'aurait pas pardonné.
- Monsieur Moore ? l'avocat ?
demanda-t-elle surprise.
- Oui. Moore, a toujours veillé à
votre sécurité. A votre avis pourquoi un ancien
démineur s'embêterait à conduire votre famille
à travers le ciel ?
- …
- Je suis chargé
d'assurer votre protection.
- Vous n'êtes pas très
efficace dans ce cas là, intervint Ryo.
- Je ne le suis pas
chargé dans le sens ou vous l'entendez, si j'ai bien
compris cette charge vous incombe. Moi je m'assure juste que
l'avion arrive à bon port, et qu'il n'y ait pas des
tentatives d'attentat contre cette jeune fille. Je reste cependant
à votre disposition si vous jugez City Hunter avoir besoin
d'aide. Je ne suis certainement pas aussi fort que vous, mais je me
débrouille pas mal.
- Pour mon frère ?
- Je suis
désolé, je n'ai aucune information mais demandez à
Ijuin, il aura peut-être des informations pour vous. Sur ce,
messieurs, mademoiselle je vais vous laisser.
Il sortit une carte de sa poche et la tendit à la jeune fille.
- Voilà ou je serais le temps de votre séjour
ici.
- Merci.
- Bonne soirée. Falcon, je compte sur
toi.
La personne concerna grogna quelque chose comme « ouais ».
- Mademoiselle fit-il dans un grognement.
Mélina sursauta et le détailla et se demanda encore une fois quelle pouvait bien être sa taille. Elle se sentait si minuscule face à lui. Bizarrement entouré des deux nettoyeurs elle se sentait paisible et en sécurité, il lui dit :
- Je ferais des recherches pour vous. En souvenir de
mon amitié pour Mathias.
- Je vous remercie beaucoup.
-
A quel numéro, dois-je signifier les informations.
Mélina fouilla dans ses poches et en sortit un bout de papier et un crayon. Elle écrivit le numéro de l'appartement ou ils se trouvaient une heure seulement auparavant.
- Bien.
Le géant partit.
Mélina resta
perplexe et se demanda pour l'énième fois en quelques
minutes (Nda : Non pas la taille de Falcon ') pourquoi Maître
Moore, s'inquiétait tant pour sa sécurité.
- Pourquoi l'avocat de la famille Kay, s'intéresse-t-il à ma sécurité à ce point ?
Lentement elle monta les marches, à un rythme
plutôt lent. Ryo la suivait et se demandait comme gérer
la présence de Falcon auprès de la cliente. Visiblement
ce dernier était très professionnel car rien de sa
rancœur ne filtrait.
Alors qu'ils arrivaient presque sur le
palier et qu'ils avaient passé la première porte
délimitant les deux derniers étages du reste.
- Y'a quoi là-haut ?
- Le toit.
-
C'est tout ?
- Oui tout ce que vous saurez !
- Bien. A au
fait vous savez quelle est la taille de Monsieur Falcon ?
Le nettoyeur tomba à la renverse, et lui demanda pourquoi ça l'intéressait. Elle lui dit :
- Bah, il est immense ! Je suis curieuse c'est tout.
Un corbeau passa derrière le nettoyeur qui finit par lâcher :
- Aucune idée.
Ryo ouvrit la porte et ils pénétrèrent dans le salon, le regard de Mélina se posa sur le client de Saeba. Si seulement elle était moins scrupuleuse, elle l'aurait tué et jamais son frère ne se serait fait enlever pour agir sur elle comme pression. Mais Gabriel et Tony avaient raison de dire qu'une fois entrée dans la spirale, elle ne pourrait plus en sortir, tout du moins indemne. Pour le moment elle se retrouvait dans un obscur tunnel, d'un côté la spirale et de l'autre un long chemin sombre et au fond une lumière. Et à cet instant Mélina hésitait entre la lumière et les ténèbres. Car pour atteindre la lueur de l'espoir, il faut faire beaucoup de sacrifice et elle n'était pas sûre de les supporter.
Elle soupira et dit bonjour, ensuite elle prit son sac de vêtement des mains de Ryo et alla dans sa chambre. Comme il l'avait presque pas lâchée dans l'appartement elle n'avait pas pu récupérer son arme. Elle soupira une deuxième fois et mis son sac dans un coin.
Puis elle ressortit de la chambre, elle savait
qu'elle aurait droit à quelque chose proche d'un
interrogatoire et pour faire face à ça, il lui fallait
manger quelque chose. Elle pénétra dans la cuisine
juste après avoir demandé l'autorisation de se
servir. Elle se dirigea de suite vers le frigo, elle y trouva du
comté, elle s'en coupa un bout et trouva du pain frais pour
aller avec. Ensuite elle prit sur le bord de l'évier un
verre qu'elle remplit d'eau.
Elle s'installa à table
et ferma les yeux, elle les frotta.
- Est-ce bien sérieux ? demanda le nettoyeur.
- Quoi donc ?
- Frotter tes yeux, tu dois te faire opérer
bientôt non ?
- Si j'écoutais ces fichus médecins,
je devrais avoir les deux yeux bandés. Et si j'écoute
aussi mon père, je devrais être tranquillement allongée
sur un lit, ne pas lire, ne pas écouter de la musique pour
évidemment épargner mes oreilles. En gros rien faire et
attendre. Dès mon prochain anniversaire qui est pour bientôt
! je récupère « ma liberté » !
Actuellement je n'ai pas le droit de faire de sport ni de courir.
En gros, si je les écoute, je ne fais que survivre de manière
végétative. De toute façon je vais reposer mes
yeux.
Et tout simplement elle les ferma après avoir récupéré son pain et fromage.
- Mélina ?
- Oui ?
- C'est qui celui
qui a laissé le message sur le répondeur… il avait
l'air de te connaître.
- C'est exact. Je le connais.
-
Il avait l'air de savoir de quoi il parlait.
- …
- Tu
connais ceux qui ont enlevé ton frère. Il te
conseillait de faire ce qu'ils veulent…
Le visage d'enfant se fit sérieux, trop sérieux.
- Je… j'ai promis à mon frère que je ne ferais pas ce qu'ils demandent.
La sonnerie du téléphone, sortit
Mélina de ses réflexions. Les deux nettoyeurs et la
jeune fille se dirigèrent vers le téléphone. La
lumière était verte…
Mélina finit par
décrocher.
