Bonjour tout le monde !
Un passage rapide pour essayer d'avoir un délai correct entre deux chapitres. Je ne m'attendais pas à un tel accueil pour cette deuxième partie, et j'en suis plus que ravie :)
Merci à celles qui tiennent au long des chapitres, celles qui s'obstinent à lire (SoleilVert tu as beaucoup de courage d'avoir attendu tous ces chapitres mdr), celles qui mettent des reviews ou qui ont juste la curiosité de venir lire :)
Merci. Je n'ai pas de meilleur mot que celui-ci, pour vous exprimer toute ma gratitude et ma reconnaissance. Et merci à Garance pour sa collaboration.
Je n'ai pas d'idée précise concernant le nombre de chapitre dans cette deuxième partie, je sais ce qui doit y venir mais après... Advienne que pourra :)
Bonne lecture à vous, à très vite.
Prenez soin de vous.
Tiffany.
=X=
Chapitre 2 : Tu sais, comme avant
8 mai 2010.
Point de vue d'Edward.
Tanya et moi sortions ensemble depuis trois mois, et j'essayais au mieux d'être un petit-ami prévenant et à l'écoute, malgré les auditions de fin d'année. Notre avenir en année suivante au conservatoire était directement décidé par les résultats de ces examens, et j'espérais de tout mon cœur avoir réussi à franchir cette étape importante. Il me semblait que tout s'était bien déroulé. J'avais maîtrisé mon morceau, sans rien jouer d'extravagant. J'avais préféré me contenter d'une chose simple, mais à ma portée, permettant ainsi d'enjoliver la mélodie à ma façon et montrer ce dont j'étais capable.
Il était déjà acquis que Tanya continuerait au conservatoire. Elle en était déjà la représentante lors des galas, jouant pour notre établissement. Elle était une musicienne fantastique, et avait un talent bien supérieur à certains de nos professeurs. Le piano était toute sa vie, parfois aux dépends de notre vie de couple mais elle était heureuse ainsi, derrière un clavier.
Pour décompresser de nos examens, elle m'avait invité chez ses parents, en Autriche. Ils y étaient revenus vivre à l'entrée de Tanya au conservatoire, pour profiter de leur retraite. J'avais été bien reçu, parfaitement bien même, et me sentais à l'aise parmi eux. J'espérais que ma famille se déciderait à venir passer quelques jours en Allemagne pendant cet été. Je ne voulais pas revenir à Forks, malgré la surprenante réponse de Bella à mon courrier. Je n'avais pas spécialement attendu de réponse, et lire les quelques lignes de sa main avaient broyé mon cœur dans un étau.
Ainsi, Evan marche et dit « mama »... et elle lui parle de son oncle Edward...
J'aurais aimé que Bella glisse une photo de lui dans son courrier... que je vois à qui il ressemble...
- Edward...
Je me tournai vers Tanya qui était là, allongée sur son lit de jeune fille en nuisette. Sa chambre était deux fois plus grande que mon appartement à Berlin, et les tons écrus et beige sublimaient son physique de déesse. Elle était lovée contre moi, langoureuse, sa jambe repliée sur mon bassin. Ses lèvres étaient partout sur mon cou et mon visage, sa langue taquine. Elle s'emparait de ma bouche, sa main sur mon torse, et glissait sa langue contre la mienne. Je répondais à son baiser, pour me noyer dans le flot de ses gestes. Elle me tenait contre elle, douce, et pourtant... pourtant ce n'était pas pareil...
Pareil que qui ? Que Bella ?
Je la voyais, Bella. Elle, contre moi. Sa peau, le satiné de son épiderme, ses lèvres pleines et généreuses. Délicates et pures...
- Edward... J'ai trop attendu... J'en ai envie...
Tanya. Sa main s'aventurait sur mon tee-shirt, jusqu'à la lisière de mon boxer, avant de passer sous l'élastique. Sa langue jouait sur ma peau, et je fermais les yeux.
Bella retirant mon tee-shirt, pour couvrir mon torse de baisers humides alors que son bassin ondulait contre le mien...
- Edward... Edward ?
Tanya.
Il n'y avait plus aucun mouvement sur mon corps, ni plus au sud. Tanya s'était redressée sur ses coudes, sourcils froncés.
- Edward... Tu n'es pas du tout avec moi, là...
- Désolé... Je... Tu sais... Il y a tes parents, alors...
Ma petite-amie me fixait.
- Nous sommes à l'étage, seuls... Ils sont partis au restaurant, je te rappelle...
Tanya était tout sauf une idiote, et elle avait bien saisi toute l'importance que Bella avait eu dans ma vie. Elle avait été patiente, allant à mon rythme. Elle n'avait rien bousculé entre nous, se contentant de me donner des baisers quand elle pouvait et de quelques « câlins » plus poussés. Mais jamais je n'étais encore passé à l'acte avec elle. Parce que donner du plaisir à une autre femme, me semble être insurmontable... Comme si j'avais oublié le manuel à Forks...
Je me redressai sur mon oreiller et soupirai.
- Désolé...
Elle se retournait sur son flanc gauche.
- C'est pas grave... Tu n'as pas envie, je comprends...
Tanya est une fille bien... Elle ne mérite pas ça... Je me penchai vers elle, et embrassais son épaule.
- Excuse-moi, c'est juste que... je n'ai pas retouché une femme depuis... depuis Bella et... je suis désolé... j'y arrive pas...
- Je comprends...
- Tanya... Je... je...
« Je t'aime » ? Non... Non, pas encore... Même si je le voudrais vraiment...
- Tu es importante pour moi... Je ne veux pas tout gâcher...
J'entendis alors un sanglot.
- Non... Ne pleure pas... s'il te plaît...
J'embrassai sa tempe.
- Tanya, tu es incroyablement belle et douce... Généreuse et compréhensive et... Je te promets que je vais essayer... Mais j'ai encore du mal...
- Ça va faire un an, Edward... Un an bientôt que tu es parti... Il serait temps que tu tournes la page...
- Je vais essayer, je te jure que je vais essayer...
- Essayer n'est pas assez... Moi je t'aime... Et je n'en peux plus d'être auprès de toi, mais de ne pas avoir de contact avec toi... J'ai envie que tu me fasses l'amour, j'ai envie d'être avec toi de cette façon aussi... J'ai envie que tu me trouves belle... J'ai... mais encore un refus, Edward...
Je soupirai. Je lui fais du mal...
- Je dois avoir un trouble de l'érection... tentais-je.
Elle eut un petit rire et elle me balança son oreiller en pleine figure en souriant.
- Va consulter, alors !
Je souriais et lui rendais son oreiller. Elle se recouchait et je me serrais contre elle.
- Je vais essayer...
- Je te crois... Mais ne soyez pas trop long, monsieur Cullen...
J'embrassai son épaule et fermai les yeux. Alors que le sommeil l'emportait, je n'arrivais pas à trouver le chemin de Morphée. Tanya était au pays des rêves depuis des heures maintenant, qui passaient pour moi à une allure bien trop lente. Je me levai pour aller aux WC, et descendais au rez-de-chaussée.
J'attrapais le grand bloc-notes des parents de Tanya, et un stylo. Parce qu'il n'y a qu'elle qui faisait taire mes peurs, et me permettais de trouver la paix.
« Bella.
Je t'écris d'Autriche, où je suis chez les parents de Tanya. Tu m'as demandé de te parler d'elle, et bien... Elle est incroyablement patiente et compréhensive... Depuis que nous sommes ensemble, j'ai parfois du mal à... à occulter les souvenirs en ta présence. Mais elle comprend, et désamorce les conflits là où une autre femme aurait pris la mouche.
Je ne sais pas si j'arriverais un jour à t'oublier. Ne pas penser à toi quand je la serre dans mes bras, ne pas imaginer tes lèvres quand je l'embrasse. Je vais te paraître dur, mais je voudrais tout oublier pour me concentrer avec elle. Et pourtant, je n'y arrive pas. Tu es là, derrière mes paupières, dans ma tête sans arrêt et c'est encore pire depuis que j'ai reçu ton courrier.
Mais ne t'arrête surtout pas de m'écrire.
J'ai été heureux de savoir qu'Evan a fait tous ces progrès ! J'aurais aimé avoir une photo de lui. Je vais être masochiste mais a-t-il des ressemblances avec les Cullen ? Avec moi ? Je sais que je ne suis pas son père, mais Emmett et moi avons quelques airs de ressemblances... Alors, je me demandais simplement si...
J'espère avoir réussi mon admission en deuxième année. J'ai pensé à revenir à Forks cet été, et puis j'ai réfléchi que c'était bien trop tôt encore. T'écrire est une chose, parce que je sais que si l'envie me prend, je peux jeter ce courrier à la poubelle et ne plus jamais t'envoyer de lettres. Mais si je te croisais dans la rue, je ne pourrais pas faire de retour en arrière. Tu serais là, avec ton fils dans tes bras ou dans une poussette et alors, je sais que ce serait dur. Je ne reviendrai pas tant que je ne serai pas prêt à te voir. La seule pensée de t'apercevoir me fait mal, me fait tellement mal. Je ne sais pas si je le veux, ou si je ne le veux pas.
Je ne trouve pas le sommeil. Je ne veux plus dormir, parce qu'à chaque fois que j'essaie je rêve de toi. Depuis une semaine, tu es dans chacun de mes rêves et quand je me réveille, tu as disparu et un océan est de nouveau entre nous. Je rejette de toutes mes forces ces pensées, qui me poursuivent toute la journée. Je voudrais être réellement avec Tanya, à tous les niveaux, mais tu as certainement gardé avec toi un bout de moi.
Je voudrais être meilleur pour Tanya, mais je n'y arrive pas. Et ça fait si mal, si tu savais... Ok, il est presque quatre heures du matin, je suis sans doute un peu trop fatigué.
Edward. »
.. ::..
12 juin 2010.
Point de vue de Bella.
Même plus d'un mois après, lire les lignes d'Edward me faisaient toujours autant de mal. Je connaissais par cœur chaque mot, chaque signe de ponctuation. Et à chaque lecture, la même sensation de vide sous mes pieds, et d'un vertige m'attirant inévitablement vers le bas. La sensation de savoir qu'il souffre tant, à cause de moi, est la pire des punitions que l'on pouvait m'infliger.
Que je souffre, mais pas lui...
J'avais essayé d'être forte, d'être sa meilleure amie et me réjouir mais c'était difficile de le faire, alors, quand Evan s'était endormi le soir où j'ai eu cette lettre, je me suis laissée aller dans ma chambre. Je ne pouvais pas infliger tout cela à mon fils, qui avait déjà bien trop subi dans les premières semaines de sa jeune vie.
Sur le coup de l'émotion, je m'étais dit que je ne lui répondrais pas. Si ma présence lui fait tant de mal, j'accepterais de me tenir éloignée. Mais je ne pouvais pas le laisser errant entre deux femmes. Il méritait de refaire sa vie avec quelqu'un de bien.
Il me restait une grosse demi-heure avant de partir chercher mon fils chez sa nounou. J'avais débauché voilà deux heures de la bibliothèque mais Carmen m'avait demandé de laisser Evan un peu plus afin qu'ils terminent l'activité pour la fête des mères. Mon premier collier de nouilles... J'attrapais mon vieux cahier et déchirais une page.
« Edward,
J'ai relu sans cesse ta lettre, à chaque minute de libre que j'ai eu. Je l'ai emportée partout avec moi, dans ma poche de jeans, pour la ressortir dès que j'en avais l'occasion. Peut-être pour me rappeler tout le mal que j'ai fait dans ton existence.
Tu vas me dire que j'ai bien mérité de recevoir ces mots de ta part, de me les prendre en pleine tête pour toute la souffrance que je t'ai infligé, et que je t'inflige encore.
Crois-le ou non, mais je suis désolée que tu n'arrives pas à te libérer avec Tanya, par ma faute. Je voudrais que les choses soient différentes pour toi, que tu puisses être réellement avec elle, et pas seulement physiquement. Et même si je prétends le contraire, moi non plus je ne cesse de penser à toi. A chaque fois que je croise le regard de mon fils, ce n'est pas le visage de ton frère que je vois mais le tien. A chaque fois que je me couche dans mon lit, je me retourne et trouve ta place vide. A chaque fois que je vais chez tes parents déposer le petit, j'ai envie de courir à l'étage pour voir ta chambre et retrouver ton odeur partout même si je suppose qu'elle a dû s'évaporer.
Je ferais parfois n'importe quoi pour avoir un signe physique de ta présence. Est-ce que tu as conscience qu'à chaque fois que je vois le grand sapin en bordure de forêt avant chez toi, je pense à toi ? Oui, je suis sûre que tu te souviens de ton arrêt-pipi contre ce sapin...
C'est d'ailleurs le plus grand de tous... Engrais magique ? Qui sait...
Je ne sais finalement pas quoi te conseiller pour être totalement avec Tanya, si ce n'est d'essayer de l'être. Elle a l'air d'être une gentille fille, très douce et certainement formidable puisque tu lui accordes toute ton attention. Ne laisse pas passer cette chance de refaire ta vie avec quelqu'un de bien. Tu es un garçon tendre et généreux, tu mérites quelqu'un qui saura prendre soin de toi comme il le faut. Car c'est pour ça que tu es parti, pour refaire ta vie loin d'ici... L'Allemagne et ce conservatoire ne t'apporteront que des bonnes choses, j'en suis certaine.
Je suis sûre que les allemands ne peuvent plus penser comme avant s'ils ont croisé ton chemin. Tu es l'homme le plus beau, et pas seulement physiquement, que j'ai connu. Aucun ne t'égale. Tanya a eu raison de venir à ta rencontre, ne la déçois pas.
Je compte sur toi pour être le petit-ami merveilleux que tu as été pour moi. Reste comme tu sais être, tendre et sincère, et tout ira bien. Tanya mérite sans doute que tu sois avec elle, et je t'encourage à aller vers elle, à te noyer avec elle pour mieux refaire surface. La seule chose que je souhaite réellement, c'est que nous ne soyons plus des étrangers l'un pour l'autre. Non, jamais.
Sache que tu pourras toujours compter sur ta vieille copine, pour ce genre de conseils... Tu sais, comme avant.
Bella.
PS = Je te joins une photo d'Evan. J'espère que tu en veux toujours une. Il grandit chaque jour un peu plus et je suis sûre que tu aimeras particulièrement cette photo. Il suit les traces de son grand-père. »
J'attrapais une photo posée sur la poutre en bois autour de la cheminée de mon fils en tenue de supporter des Mariners. Maillot, pantalon de jogging et casquette de l'équipe de baseball préférée de mon père. Et celle d'Edward, aussi. J'inscrivais à l'arrière ces quelques mots :
« De gros bisous à tonton Edward.
Evan »
Je glissais la photo dans l'enveloppe, et inscrivais l'adresse d'Edward avant d'inspirer un bon coup. Je préférais encore vivre à l'écouter me parler de Tanya, que le perdre définitivement et être toute seule. Je ne pouvais occulter toute mon amitié, mon amour, pour lui. Après tout, il a été, et est certainement toujours aujourd'hui, mon tout.
J'attrapais mon sac et me rendais chez la nounou, qui vivait à dix minutes à pieds du domicile de mon père. Emmett était venu exprès quand j'avais commencé à rechercher un mode de garde, et m'avait donné son avis sur les femmes rencontrées et sur les crèches visitées. Nous étions tombés d'accord sur cette dame d'une trentaine d'années qui gardait trois enfants à temps plein. Malgré le fait qu'il ait été complètement irresponsable le soir de la fête de son frère, il faisait de gros efforts pour s'investir auprès de notre fils. Il avait fait le déplacement pour être avec moi pour visiter les nounous, et se tenait régulièrement informé des progrès d'Evan par des appels réguliers. Bien sûr, il le prenait un week-end sur deux avec lui.
Les choses entre Rosalie et lui se tassaient, et il essayait d'être plus disponible pour elle. Il l'emmenait souvent en voyage, pour deux ou trois jours, pour tenter de reconsolider les liens qu'il avait détruit en lui faisant un enfant dans le dos.
D'ailleurs, je devais me dépêcher parce qu'Emmett venait chercher Evan ce soir pour ce week-end.
Je toquais contre la porte du domicile de la nounou, qui apparut une petite minute après avec Evan dans ses bras et une petite fille d'environ trois ans accrochée à sa jambe, la bouche pleine de chocolat.
- Oh ! Bonjour Isabella ! Hey Evan, tu as vu qui c'est ? C'est maman !
Mon fils me fit un large sourire et me tendit ses bras.
- Oh salut mon chéri ! Ouais, t'es tout beau ! Comment ça a été ?
- Très bien comme d'habitude, même s'il a eu un petit appétit !
- Ah bon ?
Evan qui ne mange pas est FORCEMENT le signe que quelque chose ne va pas.
- Oui, je vous ai remis une grosse moitié de sa purée aux brocolis dans votre boîte, il en a mangé quatre ou cinq cuillères...
- Oh... Bah alors bébé ? Et le reste ?
- Il a mangé son yaourt, et son goûter normalement...
- De la coquinerie alors ? Hein ?
- Certainement...
- Et la sieste ?
- Une heure tout pile !
- D'accord, super ! Je vous amène le règlement en début de semaine...
- Il viendra ?
- Pas lundi, son papa ne le ramène que lundi soir... D'ailleurs on va y aller, il va t'attendre...
- Très bien ! Bon week-end alors Evan !
- Tu dis au-revoir ?
Evan agitait sa petite main très vite en direction de sa nounou et après avoir récupéré son sac, je fis un arrêt dans une poste pour envoyer le courrier d'Edward. Mais la présence de mon fils ne me laissa pas le temps d'être nostalgique.
J'eus à peine le temps de lui donner son bain, et d'être éclaboussée dans tous les sens, que la sonnerie de la porte d'entrée se fit entendre.
- Viens, c'est papa qui est là...
Je descendais et ouvris à Emmett.
- Salut !
- Salut Bella ! Hey ! Salut petit homme !
Derrière lui se tenait la silhouette blonde et figée de Rosalie. Emmett prit Evan de mes bras pour l'embrasser. Mais il se produisit alors une chose qui nous arrêta. Evan tendit les bras à Rosalie en souriant.
- Gafininani !
Il eut un petit cri, et Emmett souriait.
- Je crois qu'il veut te dire bonjour, Rose...
Evan ouvrait et fermait ses petits poings tendus vers la copine d'Emmett, en souriant et en s'agitant. Rosalie eut une hésitation, avant de se laisser aller.
- Bonjour Evan...
Elle le prit dans ses bras et alors que je ne m'y attendais pas, mon fils appuya sa tête contre l'épaule de Rosalie et s'apaisait instantanément.
Ses câlins... Evan fait un câlin à Rose...
Rosalie caressa le dos de mon fils doucement, et le berça quelques instants.
- C'est un super accueil ça... Moi aussi je suis contente de te voir...
Evan releva la tête pour la voir.
- Aguagouzigani !
- Oui, d'accord ! Moi aussi !
Evan avait l'air si sérieux que je ne pus m'empêcher de rire, accompagnée par Emmett. Un câlin à Rosalie... C'est bien la première fois qu'il nous fait ça...
- Finissez de rentrer...
Emmett entra, suivi par Rosalie et Evan. Elle le reposait au sol et il vint en marchant jusqu'à moi. Je l'attrapais dans mes bras.
- Alors, comment ça va ? Demanda Emmett
- La nounou m'a dit qu'il n'a pas mangé sa purée de brocolis...
Emmett leva les yeux au ciel.
- Ah ouais mais ça t'étonne ? De la purée de brocolis, Bella ! Franchement hein... Même moi j'en voudrais pas !
- J'essaie de varier ses goûts ! Il mange de tout !
- Elle a raison ! Il faut le faire goûter à tout ! Trancha Rosalie. Et puis toi, tu es difficile !
Wow... Et ben...
- Merci Rosalie... souris-je.
Elle me rendit un timide sourire, avant de s'asseoir.
- Sinon je lui ai pris la fièvre du coup, mais il n'en avait pas... Peut-être quelque chose qui l'a dérangé, ou de la coquinerie... Il en a mangé hier soir de la purée de brocolis, donc ce n'est pas qu'il n'aime pas... Tu surveilleras sa température ce week-end, et s'il a quoi que ce soit je viendrai le chercher !
Emmett soufflait.
- Je sais m'en occuper, aussi !
- Je sais... Je te fais confiance...
Jusque là, je n'avais rien trouvé à redire sur l'attitude paternelle d'Emmett.
- Ok, ses affaires sont prêtes ?
- Comme toujours... Je ne t'ai mis que trois bodys pour faire le voyage, s'il y avait un accident de couche... Tu as le reste chez toi ?
- Ouaip !
Il s'était équipé en vêtements, couches et autres accessoires afin d'éviter de tout transporter à chaque fois.
- Oh attends, il doit me rester un fond de purée de carottes avec une saucisse, je vais te le donner il adore ça !
Emmett me suivit jusqu'à la cuisine. Je sortais l'assiette du frigo, et mis le tout dans une petite boîte de conservation.
- Voilà !
- Merci...
- Attends, je vais lui mettre deux petits fromages frais à la confiture... Pour son goûter... Et j'ai fait des petites madeleines à l'orange... Tu lui en donnes deux après sa compote et son yaourt à quatre heures... Et s'il a encore faim, tu lui...
- Bella ! Je sais... S'il a encore faim je lui donne la moitié d'une autre compote... Je connais l'affaire ! Tu le répètes à chaque week-end ! J'ai tout noté, ne t'en fais pas... souriait Emmett.
Bon d'accord... J'en fais un peu trop, c'est ça ?
J'emballai le tout dans une petite poche de congélation.
- Tiens...
- Merci...
- Autre chose ?
- Alice m'a dit que... que tu avais eu des nouvelles d'Edward ?
Ah...
- Oui... Il m'a écrit...
- Et comment... comment il va ?
Que faire ? Que dire ? Rajouter du conflit ? Me positionner entre eux deux ? Non, plus jamais...
- Il a l'air... heureux... là-bas...
- Il le mérite, c'est un chouette gosse...
- Ouais, comme tu dis...
- Et... ça marche pour lui? Enfin j'veux dire, le conservatoire, tout ça...
-Oui, ça a l'air... Il s'épanouit et il a trouvé quelqu'un...
- Oh...
- Ouais...
Oui. C'est la réalité des choses. Il a rencontré une autre femme.
- Et ça marche avec elle ?
- Oui... Il a l'air bien dans sa tête... enfin je crois...
- Ok... J'suis content pour lui ! Et toi, tu le vis comment ?
- Moi ?
- Oui, toi...
Bonne question...
- Je me réjouis pour lui, je suppose... Je suis déjà très chanceuse qu'il veuille bien me reparler... Il pourrait avoir tourné la page définitivement et il me donne de ses nouvelles... Tu ne sais pas à quel point je m'en sens reconnaissante...
- Je comprends... Et tu lui écris ?
- Oui, j'ai fait partir une lettre tout à l'heure...
- Oh dommage... Et il te parle de moi des fois ?
- Pas vraiment...
- Ouais... C'est normal... C'était une question idiote... S'il te répond, tu pourras lui dire que...
- Je t'arrête tout de suite, Emmett ! C'est à toi de lui transmettre tes propres messages...
Je ne voulais plus être entre les deux. Plus avoir à faire de cachotteries. Ne plus être un intermédiaire.
- Juste lui dire, s'il t'en parle, que je suis sincèrement désolé... et que j'espère du fond du coeur que tout va bien pour lui...
- Ok...
- Merci Bella !
- Mais rien ne t'empêche de t'excuser par tes propres moyens, Emmett !
Il acquiesça et retourna au salon. Evan riait à gorge déployée sur les genoux de Rosalie, qui souriait et s'amusait à le balancer légèrement. Elle me tendit mon fils que j'embrassais à de très nombreuses reprises, avant de le laisser partir avec son père pour le week-end.
Je me sentais heureuse, une heure plus tard, quand Charlie rentra du commissariat. Le silence de la maison était insupportable et une fois le rangement et le nettoyage fait, je me retrouvais comme une idiote sans aucune activité.
- Je vais à la pêche dimanche, tu auras la maison pour toi pour te relaxer !
- Je pourrais venir ?
- Toi ? A la pêche ? Pouffa Charlie.
- Ouais... Je déteste vraiment être toute seule quand Evan s'en va... Il occupe tellement de place... Et ça fait longtemps que l'on n'a pas fait quelque chose juste toi et moi... tu sais, une journée papa-fifille !
Charlie eut un petit sourire.
- Tu vois, on te l'avait dit qu'un jour tu te sentirais seule quand ton fils ne serait pas avec toi... Et tu ne nous croyais pas...
- C'est vrai...
Je ne m'étais jamais sentie aussi mère que maintenant, et ce sentiment accroissait de jour en jour... Pour rien au monde je ne regrettai tout ce chemin avec Evan, même si ça n'avait pas toujours été simple.
- Tu viens avec nous, alors ? Je te préviens, on part à six heures... Pas sept, six !
- Bien chef !
Charlie se levait, et je ne saurais pourquoi mais voir cet homme tolérer toutes les frasques de sa fille, en étant encore le père formidable qu'il était me donnait envie de l'étreindre. Je me levai à mon tour et me dirigeais vers lui pour l'enlacer.
- Hé beh... Qu'est-ce qui se passe, fillette ?
- Je t'aime Papa... Merci pour tout ce que tu as fait pour moi depuis qu'Evan est là... Merci de nous permettre de rester avec toi...
Il enroula alors ses bras autour de moi.
- Tu es ma petite fille, Bella. Et maintenant que tu connais ce sentiment d'un parent qui aime davantage son enfant à chaque seconde, tu peux comprendre ce que je ressens pour toi... Moi aussi je t'aime chaque jour un peu plus...
