Un grand merci à Jekovael pour son dernier commentaire. Ce fut un grand plaisir pour moi de t'avoir fait hurler de joie. Les plaisirs jouissifs devraient continuer, peut-être pas dans ce chapitre-ci mais certainement dans le suivant.

CHAPITRE 10

" Ce que savait Gabriel "

Note de l'auteur : ce chapitre commence là où se termine le chapitre 8.

- Helen, ma trousse médicale, dans la chambre. Tout de suite.

Et tandis que l'ancienne sans-abris retournait rapidement dans l'appartement, John Watson dévala les marches de l'escalier. Il se pencha sur la jeune femme évanouie sur le sol du vestibule du 221b Baker Street et la prit dans ses bras en disant : " Maggie. " La vieille femme compris et le précéda jusqu'à sa chambre et là, elle défit le beau dessus de lit blanc au crochet qui avait tant plu la veille à la petite Aurore et enleva la couette. Miranda, toujours sans connaissance, fut allongée sur le lit.

Helen arriva bientôt, portant une sacoche de médecin de cuir brun, l'une de ces sacoches semblable à celles que l'on faisaient autrefois. En réalité, c'était une très ancienne sacoche qui se trouvait dans la famille Watson depuis la fin du XIXe siècle et ayant appartenu a cet aïeul dont John n'avait jamais vraiment chercher à connaître l'histoire. Sans doute l'aurait-il dut car, sur l'un des côtés de la sacoche, on pouvait lire gravé en lettre dorées : John H. Watson, M. D.

- Helen, tu vas m'aider, dit-il en lui prenant la sacoche des mains. Maggie, s'il vous plaît, veuillez fermer la porte.

La porte de la chambre se ferma sur les mystères qui se déroulent habituellement lorsqu'un médecin examine un patient. Chaque personne réunie dans le petit salon de Margaret Hudson essaya d'entendre ce qui se passait dans la chambre. Vainement. Ils se regardaient en silence, n'osant poser la question que tous se posaient.

- Dis-moi, mon petit, qu'est-il arrivé ?

Dans le vestibule, Anthea était assise sur la première marche de l'escalier. Le petit garçon qui était arrivé tout à l'heure avec Miranda était devant elle et la regardait avec méfiance.

L'enfant ignorait où il se trouvait ni même si il était vraiment en sécurité. Depuis qu'il s'était sauvé de la maison du Maître avec la jolie dame, ils avaient couru sans s'arrêter pour arriver jusqu'ici. Et il le savait, si jamais le Maître arrivait à les retrouver, il serait sans pitié. Peut-être les battrait-il tous les deux comme il avait battu la jolie petite fille noire ? Peut-être même leur ferait-il ce qu'il avait fait au jeune monsieur qui était enfermé dans la cave ?

Anthea se disait que ce ne pouvait être que lui, l'enfant que Mycroft avait vu dans ses songes. Oui, bien sûr, c'était bien lui. Anthea le savait et c'était presque monstrueux d'y penser : il était tout à fait dans les goûts pervers de Sieger Holmes. Petit et menu, de longues boucles blondes et de grands yeux bleus dans un joli visage au teint de porcelaine. Qu'avait dit Aurore ? Qu'il était joli comme une poupée ? Oui, c'était cela. Joli comme une poupée, une fragile petite poupée de porcelaine.

Mais cet enfant était comme une image de déjà vu tel qu'il était ainsi vêtu d'un vieux jean, d'un pull défraîchi et de baskets éculées. Un enfant vêtu de haillons. C'est bien ainsi qu'Aurore lui était apparue la veille. Ce petit Gabriel était un enfant qu'il fallait protéger et Anthea ne savait pas pourquoi, ce rôle semblait lui être dévolu. Elle ne savait pas vraiment ce qui lui arrivait. Elle ne s'était jamais vraiment intéressé aux enfants, bien qu'il était inexact qu'elle ne les aimaient pas. Au contraire. Mais depuis qu'elle avait tenue baby Angela dans ses bras...

- Je m'appelle Annie, lui dit-elle. Je suis la soeur de Miranda. Et toi, tu es Gabriel, n'est-ce pas ?

- Oui, murmura le petit garçon d'une voix timide. Comment vous savez ?

- C'est Mycroft qui me l'a dit.

Le petit garçon leva brusquement la tête et regarda la jeune fille avec des yeux ronds de surprise.

- Mycroft ? s'exclama-t-il. Comme le monsieur qui m'a parler dans ma tête ? Alors, il existe vraiment ?

- Bien sûr qu'il existe vraiment, lui dit Anthea en riant. Il est ici, dans cette maison et tu pourras le voir si tu veux. Mais, dis-moi Gabriel, pourrais-tu me dire ce qui est arrivé ? Est-ce qu'on a fait du mal à Miranda ?

Le petit garçon baissa à nouveau la tête, un peu honteux de ce qu'il s'apprêtait à raconter. Il savait que c'était de très vilaines choses et que cela allait faire beaucoup de peine a cette si belle demoiselle.

- Le Maître, il a... il a fait beaucoup de mal à Miranda, dit-il d'une voix à peine audible. Il lui a donner le fouet, pas le martinet mais le long fouet. Et puis, il l'a battu encore. Et puis, il lui a fait des choses... des choses... méchantes, très méchantes. Et Mira, elle a beaucoup crier. Vraiment beaucoup.

- Et tu as vu tout cela ?

- Oh, oui ! J'étais caché mais le Maître m'a vu. Y m'a battu pour me punir et puis, y m'a enfermé dans la chambre avec Mira. Mais Mira a dit qu'on devait se sauver pour prévenir. Parce que la dame devait aller a Saint-Christophe faire la piqûre a... a... au jeune monsieur qui était enfermé dans la cave et a qui le Maître a cassé les jambes. Il l'a rattrapé, alors ? Et la jolie petite fille noire ? Il l'a rattrapée aussi ?

- Non, rassures-toi, il ne l'a pas rattrapée. Mais, dis-moi, est-ce que tu sais ce que c'est que Saint-Christophe ?

- Oh, oui ! C'est un hôpital, je crois.

- Et la dame ?

- C'est la soeur de maître James. Elle a donné une petite bouteille a Mira pour qu'elle la fasse une piqûre a... a... au grand frère. Une piqûre qui fait mourir. C'est le Maître qui a demandé. C'est la même piqûre que la dame doit faire au jeune monsieur.

" Oui, bien sûr, " se dit Anthea. " Shannon Riordan, l'infirmière du service psychiatrique de St Bart. Et la piqûre, c'est... Oh, bon sang ! "

Elle se leva rapidement et tendant sa main au petit garçon :

- Viens vite, Gabriel. Il faut prévenir les autres.

Lorsqu'il entra dans le salon, lorsqu'il vit tous ces gens qui s'y trouvaient et qui le regardait avec tant d'intérêt, trop d'intérêt, Gabriel, apeuré, baissa craintivement la tête et se serra contre Anthea. Puis, il aperçut Aurore. Il la reconnut. C'était elle. C'était la jolie petite fille noire qui avait échappée au Maître, celle qui s'était enfuie avec le jeune monsieur qui était enfermé dans la cave.

- C'est lui, s'exclama la fillette. C'est Gabriel.

Elle sauta des genoux de Greg et, courant presque, alla jusqu'au petit garçon. Là, devant le regard plutôt stupéfait de l'assistance, elle le prit par la main et l'emmena vers le policier qui les vit venir jusqu'à lui en souriant. Parce qu'Aurore n'avait plus rien de la fillette craintive qu'elle était encore quelques instants plus tôt. A son tour, elle se faisait protectrice.

-Je suis Aurore, dit-elle. Lui, c'est monsieur Greg. Faut pas avoir peur. Il est gentil, monsieur Greg.

Gregory Lestrade, en effet, sourit gentiment en regardant le petit garçon. Mais Gabriel gardait la tête obstinément baissée. Craintif. Apeuré.

- Elle est où, Mira, dit-il d'un air farouche. Je veux voir Mira.

A ce moment, la porte de la chambre s'ouvrit et John Watson apparut. Chacun le regarda, anxieux d'avoir des nouvelles. Des nouvelles qui, semble-t-il, n'allaient pas les rassurer tant le regard du médecin était sombre dans son visage fermé.

- Comment va ma soeur ? demanda Anthea, anxieuse.

- Elle ne va pas bien, je dois l'avouer, lui répondit John. Elle est dans un tel état que je me demande comment elle a réussie à arriver jusqu'ici. Ce monstre ! Il l'a... Il ne lui a suffit que quelques heures pour...

- Seigneur, ma pauvre Miranda ! gémit la jeune fille. Mais, est-ce qu'il l'a...

- Oh, oui ! Cela ne fait aucun doute. Je lui ai donné les premiers soins, mais il faudrait qu'on lui fasse des examens. Dîtes-moi, Annie, la clinique Sainte-Mary dépend bien du MI6 ?

- Oui, John.

- Et dispose-t-elle d'un service gynécologique ?

- Bien sûr. Y compris un service pédiatrique et une maternité. Le MI6 prend en charge la santé de son personnel ainsi que celle des membres de leur famille.

- Ah, très bien. Pourriez-vous donc demander qu'on nous envoi une ambulance ? Je pense que lord Sieger n'en restera pas là et qu'il fera tout pour la retrouver de crainte qu'elle ne nous parle. A Sainte-Mary, elle sera vraiment en sécurité. Et...

- Elle ne vous a donc rien dit ?

- Non, absolument rien. J'ai n'ai même pas réussi à lui faire raconter ce qu'il lui été arrivé, elle ne fait que pleurer. Mais c'est tellement visible sur son corps, que je n'ai pas eu à lui poser de questions.

Non, Miranda n'avait rien dit. Lorsqu'elle était revenue à elle, la jeune femme s'était jetée dans les bras de John en pleurant. Il avait fallut de longues minutes et toute la psychologie de John Watson pour la convaincre de se laisser examiner. Mais pour qu'elle accepte qu'on la déshabille... Honteuse, humiliée de se montrer nue devant celui qui était peut-être devenu pour elle un grand ami mais qui n'était simplement qu'un ami, elle enfouie son visage dans ses mains. Etais-ce son corps aux formes parfaites qu'elle refusait de montrer ou bien les signes évidents de ce qu'elle avait subie ces dernières heures ?

Ce qu'elle avait subie ? John le savait, il le voyait. Sous ses yeux et sous ceux des deux femmes - Margaret Hudson qui tentait de réconforter Miranda et Helen Perkins qui promettait a son bourreau bien plus que des malédictions bibliques - se dessinaient les souffrances que la jeune femme avait endurée. Elle avait été battue, terriblement battue. Son corps était meurtri, couvert d'ecchymoses, de bleus qui, déjà, noircissaient. Mais cela n'était rien à côté de... Oui, bien sûr, elle avait été fouettée. Son dos, depuis les épaules jusqu'aux reins, était couvert de profondes coupures. Mais ces horribles blessures ne couvraient pas seulement son dos, elles courraient sur ses seins, sur son ventre. Tant de souffrance que John ne pouvait pas admettre. Mais il savait que le monstre qui avait malmenée, maltraitée la douce Miranda ne s'était pas arrêté là. Et lorsque qu'il voulut pousser plus loin son examen, la jeune se recroquevilla en le suppliant de ne pas la toucher. Le docteur John Watson sut alors que son travail s'arrêtait là. Miranda avait été... Cela ne faisait aucun doute et seule une femme médecin pouvait désormais intervenir.

Miranda reposait maintenant sur le lit de Mme Hudson. On lui avait passée l'une des confortables chemises de nuit de la propriétaire du 221b et sous la couette que l'on avait remontée sur son pauvre corps martyrisé, elle avait fermée les yeux mais continuait à pleurer silencieusement.

- Ce qui lui a valu un tel traitement est évident, dit John. Le fait que Mycroft soit encore en vie et j'imagine très bien ce que Sieger Holmes doit penser en ce moment. Il ne va pas vouloir en rester là. Il faut donc mettre Miranda à l'abri le plus rapidement possible. Et puisqu'elle à besoin de soins...

- Je vais tout de suite appeler pour qu'on nous envoi une ambulance, lui dit Anthea. A Sainte-Mary, elle sera parfaitement en sécurité. Mais, John, celui qu'il faut aider, c'est Sherlock et je sais depuis peu que c'est devenu une question de vie ou de mort.

- Oui, mais comment ? Où est-il ? Que faire pour le retrouver ?

- Mais je le sais. Gabriel me l'a dit. Il m'a tout dit.

John se tourna vers le petit garçon qui se tenait toujours près de Greg. Gabriel ne savait pas pourquoi, mais il se sentait parfaitement en sécurité près de cet homme dont il ne savait rien quelques instants plus tôt. Peut-être étais-ce parce qu'il avait passé son bras autour des épaules de la jolie petite fille noire qui se serrait contre lui et semblait bien s'y sentir ? Une telle chose était donc possible ? Pouvait-on vraiment faire confiance a un adulte sans qu'il ne vous demande pas certaines faveurs ?

Mais que lui voulait donc l'autre homme ? Il s'était approché de lui, il se tenait maintenant accroupi devant lui. Il avait l'air gentil, cet homme. Il venait de parler de Mycroft, l'homme qui lui avait parler dans sa tête et qui existait vraiment, il venait de parler de... de Sherlock, ce qui semblait être le véritable nom du jeune monsieur qui était enfermé dans la cave. Il semblait s'inquiéter pour lui et paraissait beaucoup l'aimer.

- Dis moi, mon petit, lui demanda doucement John. Tu sais vraiment où se trouve Sherlock ?

Mais Gabriel, rentrant la tête entre les épaules, recula d'un air craintif. Apeuré, il regardait autour de lui, cherchant la jolie jeune fille qui avait été si gentille avec lui depuis son arrivée dans cette maison. Anthea compris. Elle alla jusqu'à lui et passa ses bras rassurants autour des frêles épaules du petit garçon qui se blotti contre elle.

- Tu n'as aucune raison d'avoir peur, lui murmura-t-elle d'une voix rassurante. Personne ne te feras de mal. Toutes les personnes qui sont ici sont là pour te protéger. Le Maître ne se te fera plus jamais de mal. C'est cela qui t'inquiète, n'est-ce pas ?

- Oui, mademoiselle.

- Tu voudras bien parler avec le docteur John, n'est-ce pas ?

- Oui, mademoiselle.

- C'est très bien, dit John à son tour. Et comme je suis certain que tu es un très gentil petit garçon, tu accepteras bien de nous aider à retrouver Sherlock ?

- Oui, monsieur. J'ai tout dit à la jolie demoiselle. J'y ai dit que le jeune monsieur qu'étais dans la cave l'est maintenant à Saint-Christophe. Et que c'est un hôpital. Et que la dame l'est partie là-bas pour y faire la piqûre qui fait mourir. Et que c'est le Maître qui l'y a demandé.

John regarda Anthea.

- Est-ce vrai ? lui demanda-t-il.

- Oui, répondit la jeune fille. Cette dame n'est autre, semble-t-il, que Shannon Riordan, l'infirmière du service psychiatrique de St Bart, la soeur de Jim. Et c'est cette même Shannon Riordan qui semble-t-il à remis a Miranda ce produit qu'elle devait injecter à Mycroft et dont nous détenons la seringue qu'elle nous a laissée. Et d'après ce que m'a dit Gabriel, c'est ce même produit qu'elle doit injecter à Sherlock.

- Sherlock serait donc a Saint-Christophe ? L'institution psychiatrique qui se trouve au sud de Croydon ?

- N'en doutez pas, docteur Watson, intervint Rebecca. Je pensais que le choix de Saint-Christophe était une grave erreur de se sa part puisqu'il en avait déjà utilisé les services, mais Sieger Holmes semble vouloir que l'histoire se termine là où elle a commencée.

- Mon Dieu, mais que veux-tu dire ? s'exclama soudain Greg. De qu'elle histoire veux-tu parler ?

- De notre histoire à nous deux, Gregory. Et de celle de notre fils. Tout est arrivé à cause de la naissance de Sherlock. Même si à l'époque Sieger Holmes ne s'intéressait plus... sexuellement à moi depuis longtemps, il me considérait toujours comme sa propriété. Alors, lorsque Sherlock vint au monde, il considéra cela comme une trahison. Je m'étais donnée a un autre : une faute impardonnable. Je devais donc disparaître. Alors, pourquoi ne pas me faire passer pour folle. Il m'a d'abord fait enfermer a Saint-Christophe, puis ce fut la Suisse, cette maison de santé à Meringen.

- Où tu as tenté de...

- De me suicider ? Grand Dieu, non. Je n'ai jamais essayer de me tuer. Je voulais vivre, bien au contraire. C'est sans doute pour cela que j'ai survécu a ma chute dans ce torrent glacé. Je n'ai jamais sauté du haut des chutes de Reichenbach, on m'y a poussée, on m'y a jetée... sur les ordres de Sieger Holmes. Mais je raconterais cela plus tard, car pour le moment... J'y ai bien réfléchi et je pense que le choix de Saint-Christophe pour faire disparaître Sherlock est évidente. C'est là-bas que l'histoire doit se terminer là où elle avait commencée.

- Mais bien sûr, c'était donc cela, s'exclama soudain Sally Donovan. Il nous disait où le trouver et nous n'avons absolument rien compris. Bon sang, nous avions la preuve sous les yeux et nous aurions pu retrouver Sherlock depuis plusieurs heures.

Chacun la regarda sans comprendre.

- Le message qui a été découvert sur l'écran de l'ordinateur du docteur Sowerby a St Bart nous disait tout. Que disait-il déjà ? Ah, oui. " ... L'enfant est perdu à jamais. Après la mère, le fils. Après les chutes, la rivière. Mais cette fois, personne ne l'aidera à traverser. " A nous de prouver le contraire et d'aider l'enfant à traverser la rivière.

Chacun la regardait, ne comprenant toujours pas lorsqu'un éclat de rire retentit dans la pièce.

- Bien sûr, Saint-Christophe, s'exclama Chiarra. Quoi ? Personne n'a donc deviné ? Saint Christophe était un homme qui, selon la légende, aurait pris l'enfant Jésus sur ses épaules pour l'aider à traverser une rivière.

- Mais oui, s'écria John en se frappant le front du plat de la main. C'est tellement évident que nous n'avons rien compris. Nous sommes tous stupides, tellement stupides. Et nous aurions sauver Sherlock depuis longtemps si nous étions pas si lents d'esprit. Il faut que nous y allions, il faut partir tout de suite. Mais... Oh, non. Miranda. Je ne peux pas y aller, je dois m'occuper de Miranda.

- Non, non, John, lui dit Anthea en lui montrant son portable qu'elle tenait dans sa main. Allez-y. Je vais m'occuper de ma soeur. Je viens d'appeler et une ambulance arrivera dans quelques minutes. J'accompagnerai moi-même Miranda a Sainte-Mary. Et j'ai également demandé que l'on renforce la surveillance autour de la maison.

- La surv..., s'étonna Greg. Parce que la maison est surveillée ?

- Bien sûr, lui dit Anthea. Depuis hier, des agents du MI6 sont en planque à différents points stratégiques de Baker Street. Ils n'ont jamais quitté la maison des yeux. Je doute fort que quiconque puisse s'introduire ici sans ma permission. Et vous-même, inspecteur, vous ne vous en êtes pas douté mais plusieurs de mes hommes ont assuré la protection de votre domicile la nuit dernière.

Stupéfait, le policier écarquilla les yeux en regardant cette jeune fille d'à peine vingt-six ans qui, si jeune qu'elle était, paraissait avoir tant de pouvoir qu'elle était capable de monopoliser plusieyrs agents des services secrets pour protéger de simples civils presque sans importance.

Mais Anthea s'était approchée et se penchant vers lui, murmura :

- Vous n'êtes pas sans importance, inspecteur. Vous êtes pour moi la personne la plus importance au monde. Chaque personne ici présente est la personne la plus importante au monde.

Greg la regarda et lui sourit.

- Vous êtes quelqu'un de bien, fillette, lui dit-il. Oui, vous êtes vraiment quelqu'un de bien et votre Mycroft a beaucoup de chance de vous avoir près de lui.

Puis, se levant :

- Bon, alors allons-y. Il faut faire vite. Il est presque 12 h 30 et Saint-Christophe se trouve a bien quarante-cinq minutes de route d'ici.

- Je vais également vous accompagner, ajouta Rebecca. Je n'ai actuellement pas d'ordre de mission, je ne suis pour le moment qu'une simple civile mais j'ai gardée ma carte professionnelle avec moi. Je pense que la présence d'un agent d'INTERPOL pourrait faire impression si jamais on vous fait quelques difficultés comme je le suppose. Quand au Lieutenant Mareuil, je ne pense pas que les hommes de ma nièce se vexeront s'il reste pour assurer la protection des personnes ici présentes.

- Quoi ? s'exclama soudain une voix vexée. Et moi alors ? Personne ne me croit donc capable d'assurer la protection des miens ?

William Holmes affichait sur son visage l'air absolument offusqué d'un homme blessé dans sa virilité ou, pour le moins, d'avoir été oublié.

- Allons, William, lui dit doucement Anthea. Cela n'a rien de personnel, mais tu n'as vraiment rien d'un homme d'action.

- Ben voyons ! grogna ce dernier en croisant les bras et en détournant la tête.

Mais une main douce et réconfortante se posa sur son bras.

- Notre nièce à raison, William, lui dit Elisabeth. Et comme je le suppose, il ne se passera rien nous avons peut-être mieux à faire.

Elle lui murmura quelques mots à l'oreille.

- Oui, tu as raison, approuva-t-il. Il serait bon de faire quelque chose et se ne sera apparemment pas du luxe... Je m'excuse, Annie. Je me suis quelque peu emporté et tu avais parfaitement raison.

La jeune fille le regarda en souriant et, vivement, alla jusqu'à lui pour l'embrasser sur les deux joues.

- Mais il reste une dernière chose à faire, dit John Watson.

Il se tourna vers le sergent Donovan.

- Je n'ai pas réussi à m'en assurer, mais Miranda a certainement été sexuellement agressée d'une manière ou d'une autre. Aucune chance ne doit être laissée à Sieger Holmes de s'en sortir. Il faudrait donc que des prélèvements soient effectués, des photographies prises de ses blessures. Pourriez-vous demander à quelqu'un de Scotland Yard de se rendre à Sainte-Mary ?

- Bien sûr, docteur. Je vais prévenir le service médico-légal.

- Et je crois qu'il faudrait que la seringue que nous a laissée Miranda soit rapidement analysée. Nous devons rapidement savoir de quel sorte de poison Mycroft a failli être victime. Je l'ai laissée là-haut, sur la table de nuit dans la chambre de Sherlock. N'oubliez pas la lettre que Miranda nous a également laissée, elle est là sur la table basse.

- Ne vous en faîtes pas, docteur. Je me charge de tout.

- Merci, Sally. Merci pour tout... Et bien, allons-y. Il est tant de partie.

Déjà, il se dirigeait vers la porte, suivi de Rebecca. Alors que Greg se levait pour les suivre, une petite main brune agrippa sa manche. Baissant les yeux, il rencontra le regard anxieux d'Aurore.

- Monsieur Greg, s'il te plaît, gémit la fillette des larmes dans les yeux. Ne me laisse pas, monsieur Greg.

- Oh, ma petite chérie, lui dit-il en s'agenouillant devant la fillette. Je ne peux pas t'emmener avec moi, je ne sais pas que je vais trouver là-bas. Ne t'inquiète pas, mon petit amour, je reviendrais bien vite. Tu n'as pas oubliée, n'est-ce pas, où nous devons aller cet après-midi ?

- Non, monsieur Greg. Nous devons aller voir le monsieur qui doit me donner à toi, pour que tu deviennes mon papa.

- Oui, et toi tu seras très bientôt ma fille chérie.

Disant cela, Greg pris le joli visage d'Aurore entre ses mains et l'embrassa. Puis, il se leva et sortit rapidement du salon. La petite fille entendit bientôt la porte d'entrée se fermer derrière lui. Alors, le coeur bien gros, elle alla jusqu'à la fenêtre et, soulevant un coin du rideau, elle regarda monsieur Greg, le docteur John et madame Rebecca monter dans la voiture. Et lorsqu'elle débarra et s'éloigna, lorsqu'elle disparue de sa vue, la petite fille fondit en larmes.